Winter's Delights
Auteur : kate_lear
Titre : Winter's Delights
Pairing : Sherlock/John (et Evander/le serveur, on the side)
Rating : M
Warnings : Aucun. Promis, j'ai réfléchi à fond et je n'ai rien trouvé qui mérite de vous prévenir. A part peut-être une overdose de fluff, de Noël, et plus d'OCs que vous ne pourriez l'imaginer.
Résumé : C'est Noël, et Sherlock emmène John chez lui pour rencontrer toute la famille Holmes.
Note de la traductrice : Bonsoir tout le monde ! Comme promis, voilà la deuxième partie de cette traduction (qui, je le rappelle, en compte trois - plus une sorte d'épilogue, plus ou moins). Merci à toutes et à tous pour vos adorables reviews ; à ma grande honte, je dois vous avouer que mon beta et moi ne nous attendions pas à croiser autant de fans français de Sherlock. Wow, shame on me ; mais of course nous sommes ravis de découvrir un fandom aussi enthousiasme !
Voilà, encore merci pour vos commentaires (si j'ai oublié quelqu'un, n'hésitez pas à me le signaler) et surtout merci à mon adorable BETA-POKEMON, F., qui non seulement corrige plus vite qu'un Firebolt en plein vol mais dont le petit frère est toujours malade (mais grâce aux voeux de Thecrasy je suis sûre qu'il ira mieux :D) ! La suite dans deux/trois jours guys !
Winter's Delights
Ils venaient de pénétrer dans un vaste jardin d'hiver, envahi de plantes et d'arbustes ; des bancs de pierre couraient le long des murs, et deux autres autres étaient placés au centre de la pièce. A chaque coin, du lierre et des fleurs luxuriantes tombaient en cascade depuis les pots suspendus au haut plafond, et l'air était agréablement frais après la chaleur du salon.
Posant l'écharpe et son verre vide sur un banc, John eut à peine le temps de remarquer les guirlandes étincelantes que quelqu'un avait artistiquement installées sur le montant des portes-fenêtres (il se demanda si c'était une idée de Mel, les décorations ressemblaient tout à fait à son style) avant que Sherlock ne lui relâche brusquement le poignet, comme si sa peau l'avait brûlé ; le brun finit par laisser échapper : « Ecoute, je suis désolé. »
« Pour quoi ? » John pensait déjà savoir, mais s'il avait jamais eu besoin de clarifications avant d'entamer une conversation difficile, c'était bien maintenant.
Sherlock indiqua d'un geste de la main la pièce qu'ils venaient de quitter. « Toute ma famille semble croire que nous… que nous… »
« Qu'on sort ensemble ? »
« Oui, ça. Je suis désolé. Si tu veux partir, ça ne me dérange pas. Je peux t'appeler un taxi, tu devrais arriver à temps à la gare et pouvoir prendre le dernier train pour Londres, et je peux très bien inventer une raison pour expliquer à ma famille que - »
« Sherlock, stop. » John avait été momentanément frappé de mutisme en entendant d'abord Sherlock s'excuser puis lui débiter comment il allait passer le reste de soirée, mais il finit par retrouver assez de voix pour lui demander : « Ralentis, s'il te plait. Tu me donnes mal à la tête. Pourquoi est-ce que je voudrais rentrer à Londres ? »
« Parce que tout le monde », Sherlock fit un nouveau signe de la main en direction du salon rempli des gens terriblement intelligents, un peu étranges, mais tous charmants qui constituaient la famille Holmes, « tout le monde dans cette pièce pense que nous sommes un couple. Un fait que même toi, tu finiras forcément par remarquer. Quand quelqu'un a la même opinion sur la nature de nos relations à Londres, ça te met mal à l'aise, et tu prends souvent la peine de corriger les gens. J'ai pensé que tu trouverais insupportablement embarrassant d'avoir à dire à toute ma famille qu'ils ont tort, mais que tu serais tout aussi gêné d'avoir à te comporter avec moi comme ils s'attendent à ce que tu le fasses, alors j'ai cru que tu voudrais partir ; tu peux, rien ne t'oblige à rester. »
« Eh bien, je ne veux pas partir, d'accord ? Et bordel, bien sûr, évidemment que j'avais remarqué, merci beaucoup. M'insulter n'aide pas beaucoup, tu sais. » John soupira. « Mon dieu, j'aimerais bien que tu te détendes un peu. »
Les pommettes de Sherlock avaient pris une teinte d'un rouge profond, presque pourpre, qui contrastait violemment avec sa pâleur habituelle ; et alors que John prenait une longue bouffée d'air frais, le brun se détourna et commença à faire les cent pas, agité. John se souvint brusquement d'une odeur de chlorine et de Sherlock se grattant la tête avec le canon d'un revolver chargé, alors que lui ne pouvait faire que regarder - il voulait lui enlever son arme, mais ses jambes étaient trop faibles pour porter son poids et il était incapable de se relever -
« Alors, pourquoi est-ce que tout le monde pense qu'on est ensemble ? Je veux dire, une ou deux personnes qui se trompent, je peux le comprendre, mais toute ta famille… Est-ce que quelqu'un leur a dit quelque chose avant qu'on arrive ? »
Lorsqu'il vit que son ami n'avait pas l'air décidé à répondre, John répéta : « Sherlock, est-ce que quelqu'un - »
« Je t'ai entendu la première fois. » Il cessa de tourner en rond comme un dément mais refusait toujours de croiser son regard. « C'est Mycroft, bien sûr. Ce crétin, ce connard de Mycroft, qui n'a jamais rien de mieux à faire que de fourrer son putain de nez dans mes affaires et de tout gâcher - »
« Sherlock - »
Sherlock jurait rarement. Non parce qu'être poli ou décent lui importait, mais parce qu'il disait toujours (nonchalamment, bien sûr) que c'était le signe d'un vocabulaire limité ; alors entendre cette réplique ne l'avait pas tant choqué en elle-même (ancien soldat, merci bien, il avait l'habitude d'entendre des insultes) que son origine. Mais maintenant Sherlock fixait la porte d'un œil noir, le rouge aux joues et de toute évidence vexé ; il donnait l'impression de réfléchir sérieusement à l'idée de se précipiter à nouveau dans le salon et d'empaler Mycroft avec son parapluie.
« Sherlock », répéta John. Il se déplaça pour se mettre face à lui et essayer de le forcer à focaliser son attention sur lui. « Je suppose que le sens de l'humour de ton frère est encore plus étrange que ce que je croyais, mais même - pourquoi est-ce qu'il aurait été raconté à toute ta famille que j'étais ton copain ? »
« Parce que », répliqua amèrement Sherlock, son regard noir toujours fixé dans la direction de son frère par-dessus la tête de John, « il essaie depuis des mois de me faire adopter son point de vue. Parce que c'est un sournois, hypocrite, gras, machiavélique - oh, je vais le tuer. »
John lui attrapa le bras et le retint fermement alors que Sherlock passait à côté de lui pour se précipiter vers la porte. « Eh bien, je suppose que s'entretuer serait considéré comme suivre la tradition de Noël au sein d'un nombre de familles britanniques, bien que je ne parle pas d'expérience. Mais avant que tu n'ailles le tuer, est-ce que ça te dérangerait de me dire qu'est-ce qu'il a essayé de te forcer à faire ? Juste pour savoir, pour quand je serai au Yard en train de verser ta caution. »
Prenant une profonde inspiration, Sherlock dégagea son bras d'un mouvement brusque et se redressa - il avait l'expression d'un homme se rendant à sa propre exécution.
« Est-ce que tu te souviens du premier soir où on s'est rencontrés, pendant le cas avec le chauffeur de taxi, celui que tu as pris la liberté de baptiser 'Une Etude en Rose' sur ton blog ? »
« Oui », dit John, refusant de se laisser distraire par l'insulte implicite sur la façon dont il avait résumé l'affaire.
« Et au restaurant tu me poussais à te déclarer quelle était mon orientation sexuelle, comme si connaître quelle étiquette restrictive la société décide de coller sur quelqu'un allait t'aider à identifier les gens et à tellement mieux les connaître - »
« Sherlock. »
« Oui. Bien. Bref. Je t'ai dit que j'étais marié à mon travail et désintéressé par toute forme de relation sexuelle avec toi. »
« Je m'en souviens bien. » John se rappela qu'il avait été froissé à l'époque, juste un peu. Après tout, il n'avait même pas dit qu'il pourrait être intéressé (même s'il lui aurait fallu être aveugle pour ne pas noter le physique saisissant de son nouveau colocataire) et déjà Sherlock avait pris bien soin d'assurer à John qu'il ne ressentait absolument aucune forme d'attirance envers lui.
Mais maintenant il sentait une pointe de curiosité, presque d'espoir, naître dans sa poitrine. Si cette conversation hésitante que Sherlock avait toutes les peines du monde à lui entamer vraiment finissait par prendre la direction à laquelle il songeait… eh bien, il ne pourrait qu'en être heureux. Vraiment heureux, en fait.
Sherlock eut une quinte de toux et jeta un nouveau coup d'œil par-dessus la tête de John. « Eh bien, même si c'était sans doute la vérité à cette époque, des évènements ultérieurs m'ont amené à réaliser que je pourrais, éventuellement, me mentir à moi-même maintenant si je disais que la situation n'avait pas changé. »
Quand John avait quinze ans, il avait eu la distincte impression d'être le maître de l'univers lorsque Jennifer Thomson, la plus jolie fille de sa classe, lui avait envoyé une carte pour la Saint-Valentin. Ils étaient gaiment sortis ensemble pendant deux mois avant qu'elle ne le largue pour un nouvel élève qui venait juste de s'inscrire à l'école - un nouvel élève à moitié espagnol et à l'air bien plus exotique que lui. Il s'agissait de la dernière fois où il se souvenait avoir ressenti une telle sensation d'exultation et d'allégresse dans l'estomac alors que quelqu'un lui annonçant être amoureux de lui. Même quand cette personne avait l'air aussi malheureuse à ce sujet que Sherlock en cet instant.
« Donc tu es en train de dire que tu - m'apprécies ? »
Sherlock eut un soupir méprisant. « Bien sûr que je t'apprécies, je tolère ton obsession ridicule du rangement et les articles de ton blog consternants de bêtise au sujet ma 'spectaculaire ignorance' depuis quasiment un an maintenant. »
Cette réplique irritée rendit John sûr et certain qu'il était sur la bonne voie, et il insista. « Je veux dire, tu as envie de sortir avec moi. »
« Mon dieu, tu parles comme si nous étions tous les deux des gamins de treize ans - »
« Sherlock ! »
« Oui, oui, très bien. J'en ai envie. De sortir avec toi, si c'est comme ça que tu veux appeler ça. Ca te va ? Il y a un haut pourcentage de chances pour que tu ne sois pas intéressé, ou que tu sois même potentiellement dégoûté - même si c'est une très faible possibilité, tu t'es montré être une personne généralement tolérante - alors laisse-moi t'assurer que je ne ferai rien. J'ai réussi à résister à ton attrait physique jusqu'ici et je ne pense pas avoir le moindre problème à persister dans cette voie. »
Détournant les yeux, Sherlock ajouta avec mauvaise humeur : « Mycroft m'encourage à t'en parler depuis des mois maintenant ; ce stupide imbécile est aussi romantique qu'une jeune fille de l'ère victorienne. De toute évidence il a pensé que notre traditionnelle réunion familiale de Noël serait une bonne opportunité pour provoquer cette conversation entre nous, et je suis certain qu'apprendre le succès de ses plans le rendra extatique. »
« Tu as dit », commença lentement John ; il essayait de toutes ses forces de se concentrer, mais une petite voix dans sa tête ne cessait de lui murmurer 'il a dit « des mois » - il ressent ça depuis des mois' et son esprit refusait d'imaginer autre chose que ce que serait la sensation des lèvres de Sherlock contre les siennes, « qu'il y avait un haut - »
« Pourcentage de chances pour que tu ne sois pas intéressé, mais que tu n'avais pas besoin de te sentir physiquement menacé pour autant, oui, oui, je m'en souviens. Quoi ? Tu as besoin d'une preuve plus probante ? J'aurais cru qu'un ancien soldat pourrait - »
Sherlock interrompit sa diatribe acerbe quand John fit un pas en avant, s'approchant si près de lui qu'il pouvait sentir son souffle sur son visage, et lui murmura : « Et dans le cas peu probable où je serais intéressé ? »
Sherlock baissa les yeux vers lui ; John ne le touchait pas encore, mais il avait bel et bien pénétré le périmètre de sécurité que le brun prenait soin de conserver en permanence autour de lui. Enfin, maintenant que John accordait à cette question toute l'attention qu'elle méritait, il n'y avait qu'avec lui que Sherlock ne s'était jamais donné cette peine.
« Dans ce cas-là », répondit ce dernier, la voix soudainement étranglée, « tu ferais effectivement mieux de t'inquiéter. Beaucoup, même. »
Sherlock avait sur lui l'odeur des vêtements fraichement lavés qu'il portait et des traces subtiles de l'aftershave qu'il utilisait en de rares occasions, lorsqu'il voulait faire un effort. Il avait laissé les premiers boutons de sa chemise ouverts ; John pouvait voir le creux de sa gorge, le minuscule grain de beauté sur son cou. Sherlock finit par déglutir, nerveux.
« Sherlock », murmura-t-il, et dieu, sa propre voix ne se ressemblait plus du tout à ce qu'elle était d'habitude. « Tu peux m'embrasser. Maintenant, de préférence. »
A l'occasion, il s'était laissé aller à imaginer ce que cela ferait, d'embrasser Sherlock ; pour dire la vérité, même plus souvent qu'« à l'occasion ». La première chose qu'il avait remarquée, c'était que Sherlock avaient des lèvres pleines et bien dessinées qui semblaient faites pour être embrasser pendant des heures, et souvent il s'était représenté Sherlock et lui enlacés sur le sofa passant leurs soirées ne rien faire d'autre. Mais la deuxième chose qu'il avait notée avait été que si Sherlock (avec sa haute taille et sa posture d'escrimeur) décidait de refuser un baiser de sa part, il ne lui suffirait que de se redresser et de lever le menton et John se retrouverait sur la pointe des pieds et l'air idiot.
Mais le brun ne s'était pas redressé en cet instant précis ; en fait, Sherlock s'était même penché, sa posture droite comme la justice complètement oubliée, de sorte à ce que John n'eut qu'à lever le visage vers lui pour pouvoir l'embrasser.
La première fois que leurs lèvres se touchèrent ne fut pas parfaite - leurs nez se heurtèrent lorsqu'ils penchèrent tous les deux la tête du même côté, et le baiser de Sherlock atterrit plus près du menton de John que sur ses lèvres - mais Sherlock finit par lâcher un grognement impatient, plaça ses mains de chaque côté du visage de John et fit une deuxième tentative qui se révéla infiniment meilleure.
Les lèvres de Sherlock étaient presque brûlantes et bien plus douces que ce dont elles avaient l'air - mais là encore, John avait plutôt l'habitude de les voir pincées, réduites en une ligne désapprobatrice alors que leur propriétaire se plaignait de son ennui ou de l'idiotie profonde du monde qui l'entourait. Non sans délicatesse, John passa sa langue sur la lèvre inférieure de son ami et immédiatement Sherlock entrouvrit la bouche en réponse, pressant sa langue avec ardeur contre la sienne. Quand John l'imita, le brun en profita pour faire une brève tentative d'incursion dans sa bouche, le taquinant une seconde avant de reculer ; John laissa échapper un gémissement et Sherlock recula avant de le dévisager.
« Mais qu'est-ce que tu as bu ? »
Il lui passa un bras autour de la taille et s'en servit pour les rapprocher de nouveau ; John céda à l'envie de s'appuyer contre la paume qui recouvrait toujours sa joue tout en répondant, « Du caïpirinha. Le nouveau mojito, d'après Evander. »
« Je t'en prie, ne mentionne pas Evander maintenant », murmura Sherlock, penchant son visage vers lui pour l'embrasser de nouveau.
« J'aurais cru que tu aurais pu le déduire en voyant ce qu'il restait dans mon verre », fit John au même instant.
Sherlock jeta un coup d'œil par-dessus l'épaule de son partenaire en direction du verre en question, encore à moitié rempli de glace en train de fondre et de restes de citron, posé sur un des hauts bancs de pierre. « Je… non, je n'avais pas remarqué. »
Et cela devait bien signifier quelque chose, songea John alors que la bouche de Sherlock trouvait à nouveau la sienne et que ses yeux se fermaient. Cela devait avoir son importance - Sherlock avait été si nerveux à l'idée d'avoir cette conversation avec lui qu'il avait manqué de remarquer quelque chose d'aussi évident - mais John n'avait aucune idée de ce que cela signifiait exactement.
Cette fois, leurs lèvres étaient déjà entrouvertes lorsqu'ils s'embrassèrent et leur baiser fut tout de suite presque violent - brûlant et urgent, une promesse définitive qu'ils ne s'arrêteraient pas là, et il fit naître dans l'esprit de John des images qui lui firent craindre un instant que ses jambes ne soient plus capables de supporter son poids. Il tendit le bras derrière lui, cherchant à l'aveuglette un mur ou un banc contre lequel s'appuyer.
Soudainement Sherlock le poussa en arrière et, stupéfait, John crut pendant une demi-seconde qu'il le repoussait avant de réaliser que le brun lui avait fermement agrippé les hanches ; Sherlock le fit reculer jusqu'à ce qu'il sente le rebord d'un des hauts bancs de pierre dans le creux de son dos. Avec soulagement, John s'y appuya et passa sa main dans la nuque de Sherlock, appui qu'il utilisa pour forcer ce dernier à se baisser ; il en profita pour l'embrasser férocement et passa son autre main sous la veste de son ami pour agripper sa chemise.
Quand Sherlock recula pour lui mordiller l'oreille et presser de fervents baisers dans son cou, John rejeta la tête en arrière, essayant de rendre sa gorge plus accessible aux lèvres enthousiastes de son partenaire - en cet instant, il aurait bien apprécié avoir quelques centimètres de plus. Depuis qu'il avait emménagé avec Sherlock, il n'avait cessé de se répéter qu'il n'était pas petit, pas vraiment. Par Saint-George, la taille moyenne d'un homme au Royaume-Uni était d'un mètre soixante-dix-sept et il ne faisait que quelques centimètres de moins ; ce n'était pas de sa faute si son colocataire avait approximativement la taille de la perche d'un champion olympique de saut en hauteur et de surcroît était si mince qu'il donnait l'impression d'être encore plus grand qu'il ne l'était vraiment.
Frappé par une idée, John s'agrippa au bord du banc de pierre et se hissa dessus. Sherlock avait de toute évidence eu la même idée puisqu'il s'empressa de placer ses mains sur ses fesses et essaya de l'y aider - ce qui se conclut par un entrochequement de dents et John donnant accidentellement un coup de genoux à Sherlock dans la hanche. Et une autre partie de l'anatomie de ce dernier, bien plus sensible, ne dut son salut qu'aux réflexes surnaturels et au bond adroit du brun - sinon, leurs activités de la soirée auraient été fortement compromises. Mais lorsque John haleta un « Désolé ! Mon dieu, je suis désolé, je voulais pas - » mortifié, Sherlock eut un petit rire et se rapprocha à nouveau de lui, écartant les genoux de John désormais assis et se glissant entre eux.
Oh, c'était tellement mieux. Les mains de Sherlock étaient partout, ou du moins il en avait l'impression : elles agrippaient ses bras et ses épaules, caressaient ses cheveux, et se glissaient dans le creux de son dos pour le pousser à s'avancer plus près du bord du banc - ainsi ils étaient pressés l'un contre l'autre de la poitrine jusqu'aux hanches. Sherlock, le découvrit John, avait surtout de grandes jambes ; avec John assis au niveau de ses hanches, leurs visages étaient à la hauteur parfaite pour s'embrasser. Il avait conscience de sentir l'érection de Sherlock contre l'intérieur de sa cuisse - quelques baisers suffisaient à l'exciter à ce point - et, oh, John s'entendit laissa échapper un gémissement avide alors qu'il enroulait ses jambes autour des hanches de son partenaire.
Les pommettes de Sherlock étaient passées d'un rouge vif à un rose soutenu - mais c'était l'excitation et le plaisir qui en étaient la cause cette fois - qui s'étendait maintenant à ses joues et son nez. John pouvait sentir son souffle brûlant et saccadé sur sa peau lorsque Sherlock lui embrassa l'oreille et murmura, la voix tremblante, « Regarde-toi. Mon dieu, est-ce que tu as la moindre idée de ce que j'ai envie de te faire ? »
John se sentir rougir, et il fit glisser l'une de ses mains des boucles brunes de Sherlock jusqu'au bas de son dos avant de la laisser descendre jusqu'à ses fesses ; il finit par murmurer, la voix rauque, « Non. Mais peu importe ce que c'est - tout me va, la réponse est oui. »
Sentir les hanches étroites de Sherlock entre ses jambes était désespérément excitant. Après avoir entendu sa réponse, le brun l'embrassa et le prit par les hanches, pressant leurs érections l'une contre l'autre, séparées seulement par quelques centimètres de tissu et John laissa échapper ce qui ressemblait étrangement à un glapissement.
Quand quelqu'un s'éclaircit la gorge de façon manifeste, John sursauta et faillit mordre la lèvre de Sherlock. Ce dernier tourna la tête immédiatement et John put voir Mel et Evander qui se tenaient dans l'encadrement de la porte. Mel avait les joues un peu roses, et Evander leur adressait un grand sourire.
« Désolé de vous interrompre », dit-il, l'air tout sauf désolé, « Mais Mycroft nous a demandé de venir vous chercher pour vous dire que le dîner est servi. Il ne voulait pas venir lui-même, il a dit qu'il y avait certaines choses qu'il n'avait vraiment pas besoin de voir. »
Même s'il souhaitait de toutes ses forces que le sol s'ouvre sous ses pieds après avoir été surpris les mains plaqués sur les fesses de Sherlock, et qu'il était tout à fait conscient d'avoir les jambes autour de ses hanches, John ne put s'empêcher de sourire à l'idée de Mycroft prononçant cette réplique de sa voix sèche et toujours si sérieuse.
Quand Sherlock fit mine de reculer, il lui agrippa les hanches de ses genoux dans un pur réflexe de panique. Les dix dernières minutes (ou quinze ? vingt ? Il aurait été bien incapable de le dire) l'avaient définitivement excité plus que de raison, et il n'avait vraiment pas envie que les cousins de Sherlock puissent voir à quel point - même si Evander n'y verrait sans doute aucun inconvénient. En fait, c'était plutôt même parce que Evander n'y verrait aucun inconvénient.
Sherlock lui jeta un bref coup d'œil, et dit simplement, « Nous arrivons dans une minute. »
Il voulait de toute évidence les faire partir, mais Evander s'attarda un instant. « Vous savez, vous êtes vraiment mignons, tous les deux. Vous êtes ensemble depuis plusieurs mois, et pourtant on dirait que vous vous embrassez comme si c'était la première fois. »
« Dégage, Ev. Il n'y a pas dans le coin des serveurs que tu puisses aller sexuellement harceler ? »
Evander leur adressa un clin d'œil. « Déjà fait, mon cher - j'ai un petit rendez-vous après le dîner. Si j'ai autant de chance que cette écharpe, je m'estimerai heureux. »
Alors que John commençait à réaliser qu'il était effectivement assis sur quelque chose de moelleux, Mel prit le bras d'Evander et l'entraîna dans une autre pièce en essayant d'étouffer son rire ; Sherlock donnait l'impression d'essayer de se forcer à froncer les sourcils et non d'éclater de rire lui-même.
Seuls à nouveau, il dévisagea John avec attention. « Ca va ? »
Une question absurdement polie pour quelqu'un qui, à peine trois minutes plus tôt, avait embrassé John jusqu'à en perdre haleine, qui avait l'air toujours débraillé et décidément bien différent de ce qu'il était d'habitude. John ne put retenir un éclat de rire, et il prit soin de graver dans sa mémoire l'expression perdue de Sherlock.
« Ca va », finit-il par répondre, souriant comme un fou. « Super bien, en fait. Je viens juste de m'offrir en spectacle à deux de tes cousins, je me suis fait embrasser comme jamais depuis des années, et maintenant je vais devoir partager le repas de Noël avec ta famille alors que je n'ai jamais été excité de toute ma vie. Et pour couronner le tout… », John bougea un peu ; Sherlock laissa échapper un murmure incompréhensible et resserra ses mains sur sa taille. « … je suis assis sur l'écharpe que Mel m'a donnée. »
Il reprit l'écharpe en question et la lui montra ; Sherlock lança au tricot un regard de mépris absolu mais s'abstint de tout commentaire, faisant de toute évidence un effort pour rester poli.
John ajouta, naturel, « Je l'aime bien, en fait. Je pense que je vais la mettre sur les scènes de crimes. »
Sherlock perdit son self-control. « Hors de question. Cette écharpe est déjà un crime à elle toute seule. »
« Bon, speut-être que je ne la mettrai qu'à Baker Street, alors. »
« Si tu penses que je pourrais t'embrasser alors que tu portes - »
« Peut-être que je vais la réserver pour quand je voudrai te déshabiller, te faire asseoir sur une des chaises de la cuisine et t'attacher les mains dans le dos. Je me mettrai à genoux devant toi - je pourrai te sucer, si tu veux. Tu devras me regarder faire, mais », il prit soin de faire une pause pour laisser ses déclarations faire effet, avant de continuer, « tu ne pourras pas me toucher. Mm, quoique, juste pour être sûr, il faudra peut-être que je t'attache les chevilles aussi ; je vous connais, toi et ton imagination. »
John se sentit rougir - énoncer à haute voix un de ses fantasmes le mettait mal à l'aise - mais voir Sherlock déstabilisé en valait le coup.
« Je te laisserai faire. » Ce dernier n'avait pas mis longtemps à retrouver ses esprits et se pencha vers lui pour lui murmurer à l'oreille d'une voix rauque, glissant sa main jusqu'à l'érection de John toujours prisonnière de son pantalon : « Je te laisserai faire, tu le sais ? »
Frissonnant en sentant le souffle de Sherlock sur sa peau et ses doigts élégants traçant le contour de sa braguette, John fit remarquer d'une voix faible, « Tu ne m'aides pas vraiment à retrouver mon calme pour le dîner, là. »
« Désolé. »
Mais Sherlock n'avait pas le moins du monde l'air désolé quand il se recula et laissa John descendre du banc. Après avoir épousseté son pantalon, ce dernier prit une profonde inspiration et pria pour que la fraîcheur du jardin d'hiver suffise à faire disparaître la teinte rouge de ses joues et l'excitation qu'il sentait enflammer le sang qui coulait dans ses veines.
« Tu sais, tu n'es pas obligé d'assister au dîner si tu n'en as pas envie. » Au lieu de regarder John, Sherlock se focalisa sur sa veste qu'il reboutonna avant de se passer la main dans les cheveux. « On m'a dit que le dîner de Noël avec ma famille pouvait être un peu… épuisant, donc si tu préfères nous pouvons monter directement dans la chambre et nous y faire apporter un plateau. Comme tu veux. »
John avait encore l'esprit embrumé par leurs baisers, et maintenant Sherlock lui demandait son avis sur ce qu'ils allaient faire plutôt que de lui aboyer des ordres - génial, il en avait même la tête qui tournait. Il finit par réussir à répondre : « Quoi ? Sherlock, bien sûr que je veux dîner avec eux. Je les trouve charmants. Un peu fous, et ils sont tous ridiculement talentueux, et c'est possible qu'un jour ils essayent de dominer le monde… mais ils sont charmants. »
« Oh, eh bien », et Sherlock adressa un sourire à ses boutons de manchettes alors qu'ils les remettaient en place. « C'est… bien. Parfait. »
Soudainement, John eut une horrible intuition et, avec un sourire nerveux, il lui demanda : « Oh mon dieu, on ne va pas manger quelque chose d'affreux, genre du daim ou de l'ortolan, n'est-ce pas ? Est-ce que je vais devoir avaler quelque chose de politiquement incorrect ? »
« Non, John. » Sherlock leva les yeux au ciel et prit la direction de la salle à manger ; John lui emboîta le pas. « Et je ne sais pas très bien d'où te vient cette idée que je suis issu d'une famille d'aristocrates. Oncle Jasper vient juste de gagner sa deuxième étoile au Michelin, donc je suppose qu'il a dû envahir la cuisine avec une horde d'assistants et que nous allons manger ce que son inspiration lui aura dicté de nous préparer. Je peux t'assurer que ce sera très bon, quel que soit son choix. »
Alors qu'ils traversaient la pièce adjacente (vide, en dehors des serveurs qui discutaient et débarrassaient les verres vides), John se dit qu'il pouvait deviner quelle était la personne qui avait décrit la famille de son ami comme étant 'épuisante' et demanda à voix haute : « A la banque, en mars… Pourquoi est-ce que tu as pris l'affaire que te proposais Sebastian, si vous vous êtes quittés en si mauvais termes tous les deux ? »
Sans le regarder, Sherlock haussa nonchalamment les épaules. « Nous avions besoin de cet argent. »
Tu veux dire que moi, j'avais besoin de cet argent, songea John, jetant un coup d'œil au profil impassible du brun et se souvenant que ce matin-là il lui avait justement demandé, mal à l'aise et embarrassé, de lui prêter un peu de monnaie. Et dans l'heure qui avait suivi Sherlock avait accepté l'affaire d'un ex qu'il détestait probablement, tout ça pour pouvoir lui donner l'argent en question.
Quelque chose dans son expression convainquit John que son ami n'avait définitivement pas l'intention d'en discuter. Pas ici, et peut-être même jamais ; alors il choisit de continuer sur un autre sujet. « Si tu as un tel réseau de cousins qui ont tous réussi, pourquoi est-ce que tu cherchais un coloc ? »
« Aucun d'entre eux ne voulait de moi. »
Sherlock avait l'air vexé et il ne put s'empêcher de sourire, s'efforçant tout de même de garder son sérieux et de ne pas éclater de rire quand il dit : « Vraiment ? Oh, c'est incroyable. Quelle honte, vraiment. »
« Oui, très bien, merci beaucoup. » Sherlock lui lança un regard noir, mais John décela l'ombre d'un sourire sur ses lèvres. « Je suis au courant : je suis un colocataire difficile ; je l'avais dit à Stamford. »
« Et encore une chose : si 'Sherlock' est ton deuxième prénom, alors quel est le premier ? »
Sherlock avait ouvert la porte du hall et se tenait en retrait pour lui permettre de passer en premier, et quand John se retourna pour croiser son regard Sherlock leva les yeux (qui étaient apparemment fixés quelque part dans la région de son postérieur) et fronça les sourcils avant de lui demander : « Maintenant que nous nous sommes embrassés, tu penses que ça te donne carte blanche pour me poser toutes les questions qui te passent par la tête ? »
« C'est possible », sourit John - il appréciait plutôt cette idée. « Alors, c'est quoi ? »
Alors que le brun ouvrait la bouche pour lui répondre (ou changer de sujet, au choix, John s'attendait aux deux), le bruit d'un gong résonna quelque part dans les entrailles de la maison.
« Oh », fit Sherlock, l'air ravi. « Ca, c'est le dîner. »
John fut infiniment soulagé de découvrir que le repas ne ressemblait pas du tout à ce à quoi il s'était attendu (quelque chose d'horriblement chic, éventuellement avec un service de table en argent et un silence pesant). Plusieurs conversations animées se tenaient déjà en même temps autour de l'immense table, et Sherlock indiqua discrètement du coude à John deux sièges vides à l'une des extrémités. Leur arrivée tardive ne leur attira aucune remarque - bien que le sourire que Mel leur adressa battait de loin celui du chat de Cheshire, et la grand-mère de Sherlock leur accorda un regard indulgent et affectueux que John considéra presque plus perturbant que le sourire de la jeune fille.
La table était envahie d'une multitude de plats, et au lieu des serveurs en cravate noire que John avait redoutés, les gens semblaient se servir eux-mêmes - on entendait voler de nombreuses remarques du style « Envoyez les légumes par ici, voulez-vous ? » et « Lance, passe les pommes de terre à ton grand-père ». Mais la seule chose à laquelle John prêtait vraiment attention, c'était la main que Sherlock laissa posée sur son genoux pendant la plupart du repas, et sa voix qui lui décrivait à l'oreille en quoi consistait la plupart des plats. Content de pouvoir expliquer le rouge qui lui montait progressivement aux joues par les bouteilles de vin qui circulaient de convive en convive, il eut cependant bien du mal à manger comme un être humain civilisé et à se retenir d'entraîner directement Sherlock jusqu'à leur chambre.
Ce dernier avait d'ailleurs l'air d'éprouver les mêmes difficultés que lui - il n'ôtait sa main que pour faire passer les condiments ou le vin à qui les réclamait avant de la replacer immédiatement sur la jambe de John, comme s'il s'attendait à ce qu'il disparaisse ou cherche à partir si rien n'était là pour le retenir. Son attitude était étrangement attachante, même si cela accrut de beaucoup les difficultés qu'éprouvait John à formuler des réponses sensées aux questions que lui adressaient les divers membres de la famille assis avec eux au bout de la table et qui ne semblaient vouloir cesser de l'inclure dans leurs conversations.
Quand on eut servi le café et que les gens commencèrent à se séparer en petits groupes, déplaçant leurs chaises le long de la table pour se rapprocher des membres de la famille avec lequels ils n'avaient pas encore parlé, tante Octavia vint les voir pour se présenter et demander à John comment il trouvait la chambre qu'il partageait avec Sherlock. Olivia était une femme grande et élégante, habillée d'un tailleur parfaitement ajusté qui lui donnait l'air d'être la PDG d'une multi-nationale au chiffre d'affaires annuel de plusieurs milliards de livres ; et quand elle leur demanda avec sollicitude : « Vous êtes bien sûrs que vous avez tout ce dont vous avez besoin, tous les deux ? », John essaya de ne pas rougir en se rappelant du contenu de leur table de chevet.
« Ca va », balbutia-t-il.
Sherlock, cet imbécile, avait encore une fois disparu quelque part, et John résista à l'envie de le chercher des yeux et de lui faire signe de venir à sa rescousse.
« Rappelez-moi dans quelle chambre vous êtes… ? »
« La… euh, la chambre Moyen-Orient. »
« Oh oui, c'est vrai », sourit-elle. « J'espère que vous l'aimez. Je me souviens encore, quand je l'ai décorée ; j'ai particulièrement apprécié de m'occuper de cette pièce. Enfin, chaque chambre a son caractère, mais j'aime vraiment beaucoup ma chambre Schéhérazade. J'ai pensé qu'elle vous plairait à tous les deux, étant donné que vous êtes vous-même un conteur. »
Elle lui offrit un nouveau sourire malicieux, mais John était trop stupéfait pour vraiment l'apprécier. « Désolé, mais vous avez refait l'intérieur de toute la maison vous-même ? »
« Oui. La décoration intérieure et la restauration de bâtiments historiques ont toujours été une de mes passions. Assurez-vous de jeter un coup d'œil au plafond de votre chambre, c'est l'une de mes parties favorites de la maison. »
Sur-le-champ, John s'imagina avec précision allongé sur l'énorme lit, fixant le plafond sans le voir, gémissant, alors que Sherlock embrassait son estomac avant de descendre plus -
Octavia décida d'encourager allègrement le fil de ses pensées lorsqu'elle ajouta : « En particulier la partie juste au-dessus de votre lit. Ca m'a pris des jours pour la finir. »
« Oui, d'accord, très bien », répondit John, espérant que sa voix ressemblerait à autre chose qu'à un glapissement mortifié. Elle le regardait avec un air si poli qu'il lui était juste impossible de faire le lien entre cette femme et les préservatifs disposés avec soin dans leur chambre ; juste à l'instant où il s'apprêtait à faire ses excuses et à prendre la fuite, Sherlock revint vers lui. Il prit place juste derrière John, laissant ses doigts se perdre dans sa nuque - John sentit sa peau le picoter et ses joues s'enflammer.
« Bonsoir, tante O », fit Sherlock, toujours aussi poli, sans la moindre trace de la grossièreté qui avait fait promettre à Anderson le mois dernier encore qu'il allait finir par l'étrangler. « Merci de nous avoir invités. »
« Oh, mais ce n'est rien, c'est délicieux de pouvoir te revoir. » Octavia adressa un sourire chaleureux à son neveu, et John prit un moment pour se demander (et ce n'était pas la première fois de la soirée) comment Sherlock, plus renfermé et glacial que toutes les personnes de sa connaissance, avait fait pour grandir au sein d'une famille aussi accueillante et démonstrative.
« Qu'est-ce que vous comptez faire maintenant, les garçons ? »
« J'ai pensé que je pourrais faire faire à John le tour de la maison », répondit Sherlock avec affabilité, glissant avec adresse le bout de ses doigts dans le col de la chemise de John pour caresser le haut de son dos. « Puisqu'il n'a pas eu le temps de visiter avant le dîner. »
« Une idée merveilleuse », lui accorda Octavia. « En fait, nous en parlions justement. Tu dois t'assurer qu'il ait bien l'occasion de prêter attention aux détails du plafond de votre chambre. »
Sans avertissement, elle leur sourit d'un air entendu, et quand John se retourna sur son siège il fut stupéfait de voir que le teint de Sherlock avait viré à l'écarlate.
« J'y penserai », réussit-il à répondre. « Viens, John. »
« Enfin, qu'est-ce qu'il t'arrive ? » lui demanda ce dernier alors qu'ils se frayaient un chemin jusqu'au hall d'entrée. « Plein de gens font tout le temps des remarques sur nous à Londres et ça ne t'a jamais dérangé. »
Sherlock prit une profonde inspiration. « Oui, eh bien. A Londres, je ne savais pas… », et il réajusta nerveusement sa veste alors que sa voix se faisait un peu plus rauque, « … j'ignorais comment tu embrassais. Ou quel goût tu avais. Maintenant… les choses sont différentes. »
« Je sais. Ecoute, Sherlock, quand elle a dit… elle ne voulait pas vraiment dire… »
« Oh, il est bien possible que si. Qui sait ? C'est plutôt difficile à dire, avec tante O ; elle ne dit jamais rien ouvertement mais Papa a toujours raconté qu'elle avait un certain sens de l'humour. Et tu as vu ce qu'il y avait dans la table de chevet. Ev s'entend très bien avec elle - c'est la première de la famille à qui il a annoncé qu'il était gay, avant même de le dire à ses parents. »
Il s'étaient arrêtés en plein milieu du hall (carrelé de noir et blanc, avec des murs de lambris sombres) et Sherlock reprit. « Eh bien. On commence ? »
Levant les yeux, John découvrit qu'Octavia était, au fond, bien plus traditionaliste dans sa décoration de Noël qu'il ne l'était lui-même. Sherlock se tourna vers la porte d'entrée principale et alla jusqu'à : « La maison originale construite sur ce site a été érigée en - » avant qu'il ne s'interrompe en sentant la main de John sur sa nuque.
Enchanté par cette nouvelle capacité à le distraître que John venait de se découvrir, ce dernier en profita pour l'attirer vers lui avant de l'embrasser doucement, chastement, leurs lèvres se touchant à peine plus d'une seconde.
« Je ne proteste pas, bien au contraire », murmura Sherlock lorsqu'ils se séparèrent, son souffle brûlant contre la bouche de John, « mais c'était en quel honneur ? »
La main toujours délicatement posée contre sa gorge, John leva les yeux au plafond et le brun eut un reniflement dédaigneux en apercevant le bouquet de feuilles d'un vert profond et orné de baies blanches éclatantes.
« Superstition païenne », souffla-t-il, alors même qu'il entraînait John dans un second baiser. Un baiser lent, langoureux, qui fit frissonner John de la tête aux pieds - et qui fut une fois de plus interrompu par le bruit de quelqu'un se raclant la gorge. Quand ils se retournèrent, ils virent Mycroft qui les observait avec un amusement mal déguisé.
« John, vous avez de toute évidence une très mauvaise influence sur mon frère. L'année dernière à la même époque il se moquait sans réserve des traditions de Noël. Sherlock, il me semble qu'il est de mon devoir de t'informer que les gens sont sur le point de sortir de la salle à manger ; je suis certain que tu préférerais ne pas avoir à leur offrir un tel spectacle quand ils arriveront ici. »
Sans attendre de réponse, Mycroft salua John d'un signe de tête et reprit son chemin vers le salon.
« Mon dieu, il va être insupportable pendant des mois après ça », maugréa Sherlock.
« Sûrement. Mais il l'a mérité, tu ne crois pas ? »
Sherlock se contenta de répondre par un grognement irrité, mais John savait qu'il était d'accord avec lui. Pendant tout le dîner, il avait vu son ami non seulement remplir le verre de son frère sans qu'on le lui demande et lui passer les chocolats sans faire la moindre remarque sarcastique, mais même lui adresser un petit sourire quand Sherlock avait cru que personne ne les regardait. Selon les critères des frères Holmes, c'était probablement le plus proche équivalent d'une chaleureuse étreinte et de remerciements démonstratifs.
Détournant les yeux du dos de son frère qui disparaissait derrière une porte, Sherlock sembla remarquer pour la première fois que le bras de John se trouvait toujours autour de sa taille et dit, avec hésitation : « Tu sais, quand la plupart des gens visitent la maison, ils ont tendance à commencer par le haut avant de s'attaquer aux étages inférieurs. »
John n'aurait pas cru possible d'entendre Sherlock avoir l'air aussi gêné, mais il parvint à dissimuler son sourire et à répondre avec sérieux : « Eh bien, on doit la suivre la tradition, non ? Passe devant. »
Il relevait pratiquement du domaine de l'impossible de ne pas admirer les jambes et les fesses de Sherlock alors que ce dernier montait l'escalier devant lui, et John ne se donna même pas la peine d'essayer. Quand ils atteignirent le haut de l'escalier Sherlock murmura, apparemment un peu essouflé : « Alors, par où est-ce que tu veux commencer ? Il y a la salle de bains style Renaissance, ou la chambre décorée comme… »
Sherlock perdit ses mots lorsque John prit sa main dans la sienne et entremêla leurs doigts. Il pencha la tête sur le côté, faisant semblant de considérer sérieusement la question alors que Sherlock fixait avidement sa bouche, avant de dire : « Eh bien, je suppose qu'on pourrait toujours commencer par notre - »
« Très bien. »
« Je veux dire, ta tante a vraiment dit que - »
« En effet. »
« Parfait alors. »
John pouvait parfaitement sentir Sherlock se rapprocher à chaque pas un peu plus de lui alors qu'il les entraînait vers la porte de leur chambre et en actionnait la poignée. Dès qu'ils furent tous les deux à l'intérieur Sherlock l'attira contre lui ; sa main caressa sa joue et ses lèvres déposèrent une infinité de baisers révérents sur le visage de John, traçant les contours de ses sourcils et de son nez, avant de finalement se poser sur sa bouche.
TO BE CONTINUED
