Bonjour ! :)
Voici mon deuxième chapitre, relativement court lui aussi. J'espère qu'il vous plaira, même si Pétunia n'est pas du tout reconnaissable. Elle est sensée être devenue une "warrior", mais j'avoue qu'elle a davantage l'air d'une folle à lier prête à buter tout ce qui bouge xD
D'où, d'ailleurs, le titre de ce chapitre, qui est en référence à Rocky. Bref, chanson super connue, qui sied plutôt bien à l'état d'esprit du moment de Pétunia qui se prépare au combat.
Rappel : l'écriture italique est réservée aux pensées. Simple notif'.
Sans transition, je vous souhaite une bonne lecture en espérant que cette suite ne vous décevra pas.
J'ai les grandes (très grandes, plutôt) lignes de la trame, mais sinon j'écris vraiment sans idée précise et détaillée du scénario. Voila pourquoi je risque de mettre du temps à la publication ou de multiplier les maladresses, et je m'en excuse d'avance.
Sur ce, merci à vous, et bonne journée/soirée/nuit !
Chapitre II
L'œil du tigre – Survivor
Mon seizième anniversaire.
Faut que ça pète, que ce soit d'enfer, que ça dégomme !
Et je me suis arrangée pour que ce soit le cas, mais dans le sens strictement littéral des termes, et certainement pas à la manière dont les jeunes le conçoivent de nos jours.
Il s'en est passé du temps depuis que j'ai tenu ce journal dans mes mains, laps de temps durant lequel je me suis préparée, mentalement et physiquement. Parce que ce que j'y ai lu, dans « La Gazette du Sorcier », ça ne m'a pas du tout plu. D'abord parce que je ne comprenais qu'un terme sur deux. Des histoires d'Avada-quelque chose, de « détraqueurs », de « moldus »…
Cependant, j'ai été assez maline, tout de même, pour comprendre que tout n'était pas rose dans le monde magique de Disney. J'ai donc laissé de coté la guerre froide que j'avais moi-même engagée avec ma sœur, et je lui ai collé l'article sous le nez. Sans préambule.
« Ca veut dire quoi, ça ? »
Elle a d'abord cru que je lui reprochais la présence de ce journal, et a commencé à s'excuser. Quand elle a compris que je lui demandais de m'expliquer, j'ai cru devoir lui creuser une tombe.
En réalité, c'était un fait choquant pour toutes les deux. Moi, Pétunia, profondément jalouse de ma petite sœur, et qui plus est rancunière, j'avais brisé un silence ponctué d'insultes, et cela afin de comprendre son « monde ». C'était un virage à 360 degrés, et j'en suis même venue à me demander si tout cela n'était pas en effet une histoire de degré : celui des vapeurs d'alcool utilisé dans mes corvées ménagères.
Lily a bégayé quelques explications à propos de l'article, et je ne vous donne ici que l'essentiel : on suspectait un méchant sorcier de s'amuser à torturer et à tuer des braves gens, c'est-à-dire des gens comme moi, des « moldus », des sans pouvoirs.
L'enflure. J'vais lui enfiler sa baguette dans le fion, ça lui passera l'envie de s'amuser avec nous…
Une simple pensée en l'air ? Pas du tout. Elle a germé, elle a grandi, croissant au fur et à mesure des articles similaires et des rumeurs de recrutements. J'ai commencé à me renseigner sur le monde des sorciers, subtilisant discrètement les livres de ma sœur. J'ai amassé des informations, principalement sur les moyens de tuer ces prestidigitateurs de pacotille, d'une autre façon qu'en utilisant de sortilège de la mort. Oui, je voulais bel et bien faire la peau à ces meurtriers. Et je m'imaginais cela dix mille fois plus jouissif de les achever avec des moyens tout ce qu'il y a de plus banals. De toute façon je n'avais pas d'autres choix.
Au cours de mes recherches, je tombais parfois sur des histoires de sorciers, morts « stupidement ». Dans l'antiquité, par exemple, un sorcier, ayant gagné de nombreuses guerres grâce à des procédés magiques (ce qui n'était pas très juste, selon moi), avait fini par bouffer les pissenlits par la racine à cause d'une vieille qui lui avait lancé une tuile sur la tête (Justice !). Un autre, au Moyen-âge, avait tout bêtement oublié de lancer son sortilège Gèle-Flammes et avait donc péri sur le bûcher, trop confiant en lui pour se rendre compte que les flammes le brûlaient bel et bien…
Ces petites anecdotes me confortaient dans l'idée que les sorciers n'étaient pas déjà tous très…fute-fute, mais encore moins invincibles. Ils étaient comme nous, moldus, sensibles aux chocs, au feu, aux balles, aux lames, aux noyades…La seule différence, c'était la baguette et les différents sorts qui pouvaient les protéger. Je me suis donc concocté, comme je le précisais au début, un anniversaire des plus…explosifs.
J'ai prévu que la scène se déroulerait dans une cabane abandonnée, à quelques kilomètres de chez moi.
A l'intérieur, mes produits ménagers, des aérosols, de l'alcool, des allumettes, une bonbonne de gaz, de la colle à contact, quelques armes à feu prises de mon club de tir, un pistolet à clou, un panel d'armes blanches, des piques à brochettes, une bouteille d'essence récupérée lorsque je faisais le plein de ma moto –qui sera elle-même cachée derrière la cabane dans l'éventualité d'une fuite, mes dents et mes poings qui ont fait beaucoup de boxe.
Comme je l'ai dit, cela fait pas mal de temps que je mijote ce coup. A la grande surprise de ma famille, je me suis soudainement mise aux sports de combat, aux motos, aux armes blanches, aux films de guerre, et autres trucs de garçons. Ca change largement de la Pétunia que l'on connait, n'est-ce pas ?
Eh bien, si je devais faire ma propre psychanalyse, j'avouerais que tout cela, c'est réellement un coup de folie. De folie furieuse, même, si l'on considère la rage que j'ai éprouvée en réalisant que des gens, que j'estimais malgré moi extrêmement chanceux, puissent s'en prendre à ceux qui devaient déjà vivre dans la déception.
Je n'ai plus vu que ça dans ma vie, qu'un salopard qui s'arguait de considérer les moldus comme des sous-êtres. Et ma haine n'en était que alors que davantage exacerbée, car d'un coté, je dois l'admettre, je me sentais terriblement inférieure à ma sœur. Vaincre ce Voldemort par mes propres moyens, alors même que les sorciers peinent à lui mettre la main dessus, reviendrait donc à vaincre ma sœur et sa supériorité écrasante en tout domaine.
Et, surtout, même si je tente à tout prix de chasser cette idée stupide de mon esprit, j'ai l'espoir que tuer ce sorcier me donnerait ses pouvoirs.
- Pétunia, tu n'aurais pas jeté mon exemplaire de la Gazette du…
Non, je ne l'ai pas jeté, je suis actuellement en train de lire avec délectation sa Une. Sur la photo, des sorciers vêtus d'accoutrements bizarres se massent devant un mur en brique. Ils ont tous des expressions ahuris, hébétés, pointent du doigt, semble effrayés ou bien tentent de rire discrètement dans leurs barbes. Parce que sur le mur, lisiblement tracée à la bombe rouge, s'étale ce qui est à mon avis la plus belle phrase de toute l'histoire de la littérature.
« Voldy, si tu savais…
ta baguette où je t'la mets !
- Une moldue »
J'avoue m'être inspirée d'une phrase scandée pendant les manifestations qui font rage à mon époque.
Vous vous demandez sûrement pourquoi…Et bien, depuis quelques temps, je m'amuse à exciter l'attention et la colère de ce cher Voldy, afin de l'attirer dans mes filets. Cette inscription est la dernière, et j'ai caché avec celle-ci, plus loin (derrière une poubelle, plus précisément) un petit carton, comme une carte de visite, avec l'adresse de ma cabane. En espérant que mon cher copain mène son enquête et tombe dessus.
Je tends le journal à ma sœur, et lui dis simplement, afin de justifier mon intérêt soudain :
- Faudra que j'envoie des fleurs à celui qui a fait ça…
La joie et l'excitation m'assaillent littéralement, mais ma sœur n'est au courant de rien –personne n'est au courant de rien- et aussi je m'efforce de conserver un ton détaché et blasé. Le résultat me convient, et je pense que je n'ai déclenché aucune suspicion chez Lily, qui s'empresse de retourner dans sa chambre en lisant l'article.
Moi aussi je décide de partir, et j'enfile mes bottines noires renforcées par des socles en métal, testées et approuvées dans le dégommage de testicules. Je suis habillée tout en noir, très utile pour l'occasion, certes, mais aussi parce que ma garde-robe ne me permet que cela.
Je respire et bois un bon coup (et pas de l'eau, non non…), range dans ma veste le poing américain que j'avais oublié, et, tel Rocky se dirigeant vers le ring, avance vers ma moto d'un pas sûr tout en me préparant mentalement.
