Voici enfin le nouveau chapitre, et je ne saurais que trop m'excuser pour ce retard.
Vous aurez donc aujourd'hui de la sueur et du sang, des flammes et des armes en tout genre. C'est un chapitre qui a été plutôt dur a écrire pour moi, le type de la narration ne permettant pas de décrire par exemple la douleur : on a affaire aux pensées et actes directs. Pas donc de comparaison ultra lyrique (car qui se ferait un poème épique dans sa tête alors qu'il est en train de se faire arracher un membre ?), mais je ne voulais pas non plus céder à la facilité du "-Ahhhhhh ! Putain ça fait mal !".
Non non, ne vous inquiétez pas, notre Pétunia ne va pas souffrir tant que ça. Enfin juste un peu ;)
Je tiens d'ailleurs à rajouter que le reste de l'histoire ne se limitera pas à ça, hein ! Parce que trop de warrior attitude tue la warrior attitude, m'est avis.
Que voulais-je rajouter d'autres...?
Ah oui ! Changement de mise en page : un texte plus aéré, plus espacé, et peut-être plus agréable à lire ainsi.
Sur ce, merci énoooooooormément à toutes vos reviews, alertes et mises en favoris ! J'espère que cet épisode ne vous décevra pas (il était trop casse-gueule celui-là T_T), et que vous aurez une très bonne lecture :)
Chapitre III
Highway to Hell - AC/DC
Ces enfoirés me font poireauter. Ils ne se prennent vraiment pas pour de la merde, ces sorciers. On les invite au carnage du siècle, et ils se font désirer ?
Tant pis, prenons notre mal en patience, et préparons pour ces special guests un cocktail digne d'eux. Du genre un cocktail explosif.
Molotov, de son doux nom.
Fait maison.
Et si c'est pas du service ça : directement prêt à consommer.
Non, franchement, je crois que je mérite quelques étoiles. Et j'espère qu'il les verra, ce Lord Machin-Truc, les étoiles, lui danser devant les yeux, juste avant qu'il ne voie la lumière blanche.
Je parle bizarrement ?
C'est normal, je suis au summum de l'excitation. Je crois que la dernière fois que j'ai ressenti ça, c'était lors du test de mes bottes renforcées à l'acier. Depuis ce jour, Vernon Dursley doit avoir un testicule de moins.
Ou un de plus.
Ne dites rien, il l'avait cherché : cet espèce de fada des perceuses avait essayé de m'attirer dans je ne sais quelle soirée désastreuse, se perdant dans tout une argumentation sensée m'y convaincre, m'enroulant sans préavis ni inquiétude (et comme si cela augmentait sa force quasi-nulle de persuasion…je dis « quasi-nulle » parce que j'y serais allée, à cette soirée, s'il m'avait menacée de m'embrasser avec la langue), m'entourant, disais-je, les épaules d'un de ses bras.
Dans sa main se tenait toujours sa Black & Decker sans fil, dix-huit volts, trois vitesses, jusqu'à 850 rotations à la minute.
Ma réaction ?
Coup d'adrénaline, bond sur le coté avant que l'engin ne me perce la poitrine ou une côte, ou ne s'enroule dans les cheveux. Puis pour faire bonne figure – et afin que pour une fois, ce crétin serve à quelque chose- première expérience à but scientifique sur l'attraction et la répulsion exercée entre acier et glandes génitales, que j'ai malheureusement beaucoup de mal à approfondir, faute de volontaires au poste de cobayes (rendant ainsi mes observations irrecevables en raison du protocole méthodique des chercheurs).
Bref, ne nous attardons pas davantage sur ce merveilleux souvenir, et préparons quelques bouteilles en verre.
Oh !
On tape à la porte.
Quelle galante attention de me prévenir de ton arrivée, mon petit Voldy. Je n'en attendais pas autant de ta part.
Bien, à présent, j'imprègne le tissu qui recouvre le bouchon d'un produit hautement inflammable, et y met feu. Je tiens la bouteille à bout de bras tandis que la gerbe de feu autour du bouchon commence à prendre de grandes proportions.
- Entreeeez !
Ma voix est cristalline et enjouée, comme si j'attendais un invité avec un énorme gâteau à étage et un porte-jarretelles.
La porte grince et apparait dans l'encadrement un…homme, d'une stature immense.
Attendez, vous êtes sûrs que c'est un homme ?
Parce que je trouve personnellement cette pilosité plus que suspecte.
Et ces doigts jaunes et crochus aussi.
Et cet habit qui semble trop le serrer aussi.
Et ces yeux effrayants de psychopate aussi.
Et putain, mais c'est quoi cette odeur ?
- Une moldue ! Une vraie…
Il a l'air étonné, mais de façon ravie. Du genre à sourire de toutes ses d…Eûrk !
Un seau, s'il vous plait, viiiiiite !
C'est quoi ces trucs ?
Pointus, et sales, sales, sales, saaaaales ! On dirait qu'il a décidé d'élever tout un écosystème entre ses dents. Il doit y avoir un million de petites bêtes là-dedans, si l'on additionne les mortes et les vivantes.
Houla, il tend une main en ma direction, du genre gros pervers devant les magasines en haut du rayon, dans les Tabac-Presse.
- Viens-là ma jolie. Tu sais, j'adore les enfants. Viens-là et montre-moi ce que tu tiens dans ta…
PAUSE.
Je profite de cet arrêt sur image (ou l'on voit une bouteille enflammée remplie d'essence être expulsée vers un mec sale et puant) pour causer d'un petit truc qui m'a toujours fascinée : les gens qui causent et parlent de leur vie alors qu'ils sont sensés tuer, déchiqueter et démembrer dans d'atroces souffrances leur adversaire. Et ce qui me choque encore plus, ce sont ces putain de victimes qui ne sont même pas fichus de profiter de ce temps de bavardage pour attaquer, mais écoute gentiment voire entretiennent la causette. Heureusement qu'il y a toujours les personnages secondaires pour vous sauver la peau à la dernière seconde, hein…
Bref, tout ça pour dire que je n'allais certainement pas perdre de temps à écouter ce qu'il avait à dire, désolée pour ceux que ça intéressait.
Merci de votre attention.
MARCHE.
Le spécimen non identifié évite le projectile avec une rapidité surprenante. La bouteille se brise sur le sol, et l'essence auparavant contenue hermétiquement dans la bouteille entre en contact avec la flamme qui s'agrandissait autour du goulot. Sous l'impact, le combustible est projeté tout autour : l'essence enflammée atteint la cape (ridiculement grande) du sorcier tandis que je me couche derrière des caisses ignifuges.
Alors que l'autre abruti essaie d'éteindre le bout de tissu (plutôt que de s'en défaire tout simplement….vraiment pas futé ces sorciers, moi je vous dis !), je balance une bombe d'aérosol vers le brasier.
Et…rien.
Moi qui pensais que, même contenu dans la bombe d'aérosol, le gaz finirait par provoquer une explosion…
La chaleur n'est pas assez forte, peut-être.
En tout cas, c'est un fail, dirait-on.
Aie, notre sorcier a propulsé un jet d'eau sur sa cape grâce à sa baguette, faute de quelconque accès d'intelligence. Il prend le truc à moitié cramé entre ses doigts, et me lance avec une voix plus rauque et plus bestiale que jamais :
- C'est le Maître qui m'a offert cette cape, espèce de sous-race. Je vais te le faire payer très cher !
Merde.
Merde et re-merde.
C'est pas l'bon gars.
C'est bon, casse-toi, c'est pas toi que je veux.
Rentre chez toi, vas te laver les dents, et laisse-moi avec l'autre mégalo.
- Et pourquoi l'abruti congénital qui te sert de maître ne vient-il pas lui-même, pauvre chien d'esclave ?
C'est bon, ça. Enervons-le, histoire qu'il appelle Voldy, et qu'on en finisse une fois pour toutes.
Mais… ? Attendez là, il rigole ? Enfin…c'est sensé être un rire, ce son ?
Nan mais franchement, les sorciers sont décidément des gens bizarres.
- Tu croyais franchement que le Seigneur des Ténèbres, le plus grand sorcier de tous les temps, allait prendre la peine de venir en personne pour une pauvre moldue telle que toi ?
Cette fois-ci, je me la ferme et ne balance rien, de peur que le combat ne s'engage à nouveau, l'empêchant d'appeler son maître.
Arf.
J'aurais du lui balancer un autre Molotov à la gueule, vu qu'apparemment, il n'est pas du tout décidé à appeler l'autre seigneur de mes fesses.
Il s'avance lentement, je saisis une nouvelle bouteille, et sans qu'aucun de nous deux ne s'y attende, l'aérosol explose enfin. La puissance est impressionnante, et j'ai juste le temps d'apercevoir le sorcier se volatiliser par magie avant de me couvrir derrière mes barricades personnelles, au fond de la cabane.
Les murs de planches commencent à s'enflammer. Heureusement que j'ai pensé à recouvrir le plancher d'une moquette incombustible, récupérée dans une vieille discothèque. Cette horreur pleine d'étoiles colorées me sauve la vie.
Et sinon, où est passé l'autre ?
Ca m'inquiète, parce que la téléportation –ou quelque soit le nom que l'on donne à ça chez les sorciers- n'était pas prévu dans les 348 scénarios que je m'étais faite.
Ok, vigilance maximum.
J'avoue que la tension monte significativement, avec ce tour de passe-passe.
Regarder à droite, à gauche, devant, derr…
Mon pistolet à clou vient se heurter à la masse volumineuse du sorcier. Malheureusement, à cause de ce gabarit de colosse, je n'atteins que le gras du ventre…peu de chance de mettre un organe vital en danger, donc.
En plus, on dirait que les quelques clous fichés dans son bide ne font absolument AU-CUN effet à l'autre tête de troll (comment ça, c'est une expression sorcière ?). Il me regarde avec une lueur carnassière et s'avance…lentement. Toujours lentement. Je ne comprends pas, il veut faire durer le plaisir ?
En tout cas, moi, j'en profite pour lui ficher autant de clous que je peux dans la main qui tient sa baguette, la tendant dangereusement vers moi.
Ah ! Là, ça a l'air de lui faire un peu plus mal !
Il me flanque une droite magistrale avant que je ne puisse faire quoi que ce soit. Le pistolet valdingue je ne sais où, tandis que dans la pièce, la chaleur se fait de plus en plus étouffante. Acculée contre mes propres barricades, n'ayant visiblement pas l'occasion de chercher une autre arme sans qu'il n'en profite pour me lancer un sort, je dégaine mon poing américain.
Là, normalement, c'est l'instant que je préfère.
L'autre bête poilue ricane tandis que je brandis mes mains dans une posture de boxe. Oui, c'est ça, rigole.
C'est que ça l'amuse le peti…le grand.
Il tend les bras de chaque coté de son corps, se mettant à découvert, et me dit :
- Eh bien, vas-y !
Exactement ce que je voulais.
Alors que toute son attention est portée sur mes poings fermés, je lui balance (enfin ! j'y croyais plus !) ma chaussure…là où ça fait mal. Très mal.
Trèèèèès mal, même, vu la façon dont il hurle et se tient l'entrejambe. Son cri est quasi inhumain ! Je ne pensais pas que cette tactique aurait autant d'effet sur un sorcier. Mais bon, tant qu'on y est, qu'il est en posture de faiblesse, je lui assène quelques coups bien enchaîné, qui lui dégomme la mâchoire (j'ai horreur de ce craquement significatif) et l'arcade sourcilière (mon dieu ! ça pisse le sang).
Cette histoire est beaucoup plus gore que je ne l'avais prévue.
Tant pis.
Où sont mes armes à feu ?
Ah ! Les voil…
Je ne vois plus que cette putain de moquette pleine d'étoiles, maintenant. Le tacle par derrière, c'est vraiment une tactique lâche ! En plus je me suis mordue la langue en m'écroulant par terre.
Et là…finies les plaisanteries à deux balles, c'est à mon tour de crier.
Je sens des choses pointues et puissantes se ficher dans mon dos, me ramenant en arrière tandis que j'essaie de ramper en sens inverse. L'autre enflure m'enfonce les ongles dans la chair, et je ne peux rien faire, oppressée contre le sol. Ca me brûle, et j'ai comme l'impression qu'il m'arrache le dos par lambeaux.
Ca brûle, bordel bordel bordel...
Respire.
Mais je peux pas. Et je ne peux m'empêcher de crier, de remuer mes pieds et mes jambes dans tous les sens en espérant qu'ils atteignent quelque chose.
Cette histoire est beaucoup plus sanglante que je ne l'avais prédit.
Reprenons nos esprits.
Du sang froid.
J'aperçois un pique à brochette qui est juste devant moi. Il doit être là depuis tout à l'heure, mais occupée à me débattre et à hurler, je ne l'ai pas tout de suite remarqué. L'arme fermement saisi dans ma main, je m'apprête à me retourner et…
Je cris à nouveau.
