Héhooooooo...Il y a quelqu'un dans cette caverne ?

Et oui, mesdames, mesdemoiselles, messieurs (O_o ?), je me suis surestimée. Je ne peux pas mener plusieurs histoires de front d'un seul coup de baguette, déjà que lorsque je ne m'occupe plus que d'une, bah...je fais de gros retards.
Enfin bon, j'ai décidé de reprendre cette histoire (maintenant que j'ai du temps \o/), même si euh...je ne me souviens plus tellement où je voulais aller avec cette histoire.

Enfin bon, trêve de blabla, je nettoie les toiles d'araignée qui se sont tissées au plafond, et je vous envoie un chapitre tout chaud...bouillant.

Bonne lecture :)


Chapitre 4

The nobodies - Marilyn Manson

Y'a un truc qui va pas.

Une chevelure rousse qui ne devrait pas être là. Et cette odeur de propre. Et cette sensation de confort moelleux.
Oui, y'a décidément un truc qui cloche, parce que je devrais être en train d'agoniser seule sur une moquette pourrie, en train de cracher mes dents et mes intestins.

Je suis déçue.

- Pétunia ! Pétunia, est-ce que ça va ?

Bordel, cesse donc avec ta voix de crécelle, j'ai l'impression qu'une chorale de castras m'aboie dans les oreilles.

J'essaie de me retourner, histoire de foutre un vent à la rouquine, mais une douleur vive dans le dos m'empêche de faire quoi que ce soit. Cette saloperie de monstre doit bien pouvoir se faire un sac à main avec tout ce qu'il m'a scalpé.

Enfin, comme je n'ai absolument aucune envie de parler à ma sœur, et surtout d'entendre ses remontrances, je regarde ailleurs histoire d'abréger toute tentative de conversation.
Un lit blanc. Tiens, il y a des rideaux. Et plein d'autres lits blancs, et plein d'autres rideaux.
Et euh…des murs en pierre ?

- J'suis où, là ?

- A Hogwarts, me fait ma sœur avec ce que j'estime être de l'aigreur.

- Hein ? Tu te fous de moi ?

- J'aurais préféré. Tu es…tu es une pauvre abrutie ! commence-t-elle à hurler sans transition logique.

Je me relève subitement sur ma couche, regardant tout au autour de moi. C'est donc ça, Hogwarts ?

- T'es contente ? Hein, t'es contente ? Tu es à Hogwarts ! continue Lily avec colère. Bravo ! Je te félicite ! C'est cool, hein ?

- Tu mens.

- Quoi ?

- Je ne peux pas être à Hogwarts, je suis une moldue.

- Non.

Sa voix est soudainement devenue faible. C'est pour ça que je me retourne enfin vers elle. Ce qu'elle vient de dire, et la façon dont elle vient de le dire me rend soudainement curieuse vis-à-vis de la tournure de la conversation.

Lily a la tête baissée. On dirait qu'elle va pleurer.

- Non Pétunia, tu n'es plus une moldue.

- Tu veux dire…que je suis devenue une sorcière ?

Lily ne répond pas, mais secoue négativement la tête.

Mince, loupé.
Les larmes commencent à tomber toutes seules sur ses joues.

Ca sent le roussi.

Et puis merde…qu'est-ce que je suis, en fait ?

- T…tu…bégayes ma sœur, tu n'es plus une moldue, mais tu n'es pas une sorcière.

J'avais cru comprendre, merci bien. Et j'avoue que je suis sérieusement en train de m'impatienter.

- Bon alors, tu vas me dire ce que je suis, bordel ?

Oups.

Lily me lance un regard noir qui ne présage rien de bon. Elle ravale ses larmes, crispe sa mâchoire et me tient :

- Je vais te dire ce que tu es, Tunie. Mais avant, laisse-moi te dire que je n'ai jamais rencontré quelqu'un d'aussi stupide que toi. Laisse-moi te dire également qu'il n'y a pas plus mauvaise actrice et piètre voleuse, et heureusement, parce que c'est grâce à ta petite comédie avec le journal que j'ai compris que c'était toi l'inconsciente qui provoquait le Seigneur des Ténèbres !

Oui, et… ? Je suis qui, non de dieu ?

- Si je n'avais pas prévenu Dumbledore à temps, tu serais réduite en charpie à l'heure qu'il est. Mais bon, ça, tu dois l'avoir deviné, n'est-ce pas ?

Elle me raille. Mais j'attends.
Je veux juste savoir ce que je suis, crénom de zeus, pas la peine de me faire tout un discours.

Bâillons voir un peu, histoire qu'elle comprenne qu'il est temps de me dire quelque chose qui m'intéresse.

- Très bien, puisque tu t'en fous à ce point, je vais simplement te poser une question, pauvre écervelée. Est-ce que tu sais qui tu as affronté ?

- Un monstre sale plein de poils qui ferait mieux d'aller se laver les dents, je réponds au tac au tac.

- Exactement. Un monstre du nom de Fenrir Greyback. Et ce monstre, laisse-moi te l'annoncer, est un loup-garou.

Le ton se veut enthousiaste, mais Lily n'est pas la pro du cynisme ni de l'ironie, aussi arrive-elle tout juste à articuler sa phrase entre deux sanglots refoulés.

- Tu veux dire que je suis…

- Il t'a lacérée et mordue dans le dos, me coupe-t-elle. Alors…alors oui, tu as toutes les chances de devenir…comme lui.

Oh. Mon. Dieu.

Non !

- Attends, attends, tu veux me dire que je vais devenir aussi poilue et que…je vais devoir me trimballer un millier de bestioles sur moi et… ?

Le rire aux éclats de ma sœur me coupe brusquement. C'est bizarre de voir quelqu'un pleurer et rire en même temps.

- Non, Pétunia, la pilosité et la saleté de Greyback ne sont que des choix personnels, me répond-elle avec l'air attendri d'une maman qui explique la vie à un enfant particulièrement idiot. Tu vas rester exactement comme tu es, excepté les nuits de pleine lune.

- Exactement comme je suis maintenant, hein ?

- Exactement. A part peut-être un certain attrait pour la viande et des capacités sensorielles décuplées…

Oh…Ca devient intéressant !

- Pourquoi tu souris ? reprend ma sœur suspicieusement.

- Ben quoi ? C'est plutôt cool, non ?

Elle a l'air de ne pas en croire ses oreilles. Elle explose à nouveau :

- Mais tu es…tu es vraiment exaspérante ! Tu es devenue un monstre, Tunie, un monstre qui n'hésite pas à tuer ses amis les soirs de pleine lune ! Et toi, tout ce à quoi tu penses, c'est aux quelques avantages d'être loup-garou ?

- Mais pourquoi tu m'fais chier avec ça, Lily ? Je trouve que la situation n'est pas si embarrassante que ça, je fais avec agacement.

- Pas si embarrassante que ça ? Est-ce que tu as la moindre idée des conditions dans lesquelles tu vas devoir vivre ? Même dans le monde des sorciers, tu vas être rejetée ! Tu sais pourquoi tu es ici, à l'infirmerie de Hogwarts, et non à l'hôpital public de Sainte Mangouste ? Parce tu aurais été fichée, étiquetée et considérée à vie comme un monstre, un fardeau ! Mais aussi parce qu'à présent tous les partisans de Tu-Sais-Qui doivent être à ta recherche !

Houla, tout doux, caaalme. Elle va finir par s'étouffer, ce qui serait dommage pour moi parce que j'ai toujours parié que ce serait sa crinière rousse qui s'en chargerait.

- Je m'en fiche.

- Tu t'en fiches ? Mais c'est génial, dis-moi ! Le monde va tout à coup beaucoup mieux, puisque mademoiselle Pétunia s'en f…

- TU VAS LA FERMER, OUI ?

Je gueule. Oui, je gueule. Elle m'énerve. Elle me sort par tous les trous.

- Ca te va bien de dire ça, ma chère Lily la petite sorcière. Comment tu crois que je me sens en tant que pauvre moldue pathétique, hein ? Depuis le début, on n'a d'yeux que pour toi ! Ca ne t'est jamais arrivé de te retrouver seule à chialer le soir parce que le rêve que peut réaliser ta sœur t'est inaccessible, n'est-ce pas ? Ca ne t'est jamais arrivé de souhaiter un truc tellement fort que t'es prête à te faire démembrer pour y arriver !

- Je…

- Tu n'as pas à me faire de leçon sur mon inconscience, ou mon indifférence, dis-je en commençant à chialer. T'as jamais rien foutu pour arriver à quoi que ce soit, jamais ! Tout ça parce que tu as un don, un putain de don de mes couilles qui fait qu'il y a des enfoirés qui se croient meilleurs que les autres !

- Arrête…

- M'arrêter ? Mais pourquoi m'arrêter ? je proteste. Tu ne veux pas savoir pourquoi j'ai fait toutes ces conneries ? Tu ne veux pas entendre à quel point je hais…(fichu sanglot) à quel point je hais ce sentiment d'injustice ? (je reprends mon souffle) Ne me juge pas. Ne me juge pas parce que tu es la dernière qui en ait le droit. Moi, je considère que j'ai le droit d'éprouver ce plaisir égoïste d'avoir au moins une fois expérimenté quelque chose d'extraordinaire. Quitte à ce qu'on me renvoie les conséquences en pleine gueule. Alors maintenant tu fermes ta jolie gueule avec tes remontrances, et tu me laisses seule.

Je lance mon regard le plus noir, baigné de larme, à cette fichue fille qui me sert de sœur. L'air penaud, elle commence :

- Tunie, je…

- Dégage.

J'ai vraiment pas envie de continuer.
Laisse-moi seule, je veux chialer un bon coup comme un bébé, avec au moins le peu de dignité qu'il me reste. Alors barre-toi, et ne me regarde pas pendant que je suis dans cet état.

- Je veux juste…

- DEGAGE !

Elle sursaute violemment à l'entente de mon cri.

Je tourne la tête et fixe un point au loin, sentant petit à petit les soupapes lacrymales céder.
Vas-t-en, vite.

- Désolée.

Elle a si bien murmurée cette dernière parole que je mets un petit moment à comprendre ce qu'elle vient de dire. Sur ce, je l'entends s'éloigner et, après un temps incroyablement long, refermer une porte derrière elle.

Je maudis ces murs de pierre.

Parce que je n'ai jamais autant entendu mes pleurs résonner.