Hello tout le mooooonde !
Et oui, comme vous pouvez le constater, mon irrégularité est des plus... irrégulière (hum hum ^^'). Ainsi, après une loooooongue absence, je reviens avec des chapitres enchaînés à quelques jours près.
Bref, cette fois-ci, encore beaucoup de blabla, mais je tenais à laisser à Pétunia sa chance d'expliquer tout ce qu'elle reproche aux sorciers, après avoir pu avouer ce qu'elle reprochait à sa soeur.
J'avoue que c'est le personnage qui m'a fait découvrir le plus gros "virage sentimental". Parce qu'auparavant, je ne pouvais vraiment pas me la voir. Mais après avoir connu son histoire, m'être mise à sa place, et maintenant l'animer, j'avoue que...j'ai beaucoup d'affection pour elle (oui, je sais, c'est un personnage de fiction, et oui, je sais, je peux pas vraiment dire ça parce qu'au final, c'est tout de même un OOC ^^').
Au passage, ne doit pas supporter mon traitement de texte. Je dois à chaque fois remettre les tirets de conversation et remanier parce que ça me nique carrément mes paragraphes (je m'en suis rendue compte avec le chapitre précédent, et vous aussi certainement). Le plus bizarre, c'est qu'auparavant ça ne faisait pas cela, et que je n'ai absolument rien touché au format ou quoi que ce soit de mon traitement de texte. Donc si vous remarquez des incohérences, j'en suis désolée, j'essaierai de les rectifier.
Enfin bref, je vous souhaite comme d'habitude une bonne lecture, merci à vous et à vos commentaires encourageants, et à bientôt je l'espère (j'essaierai ! =/)
Chapitre 5
Killing in the name - Rage against th machine
J'aime pas ce vieux. Il a l'air trop sympa, trop sage aussi.
Le genre de personne qui t'énerve dès qu'elle ouvre la bouche, parce que tu sais alors qu'elle a systématiquement raison, et que tu sais tout aussi bien que tu vas passer pour un con si tu tentes de la contredire. Pourriture de pseudo-Ghandi.
Monsieur le directeur m'observe en silence depuis un petit moment déjà. J'ai l'impression d'être chez le psy.
Je regarde son bureau, un vrai bordel, avec plein d'objets non identifiés, dont quelques trucs certainement réservés à l'astronomie, mais qui font penser au premier abord à des instruments bizarres destinés à des pratiques sexuelles tordues.
Il y a également cet oiseau à la tronche rabougrie et aux plumes racornies, mais qui n'a apparemment jamais laissé la moindre trace de chiure dans la pièce. Si je pense à cela, c'est qu'il y a quelques années, j'ai eu comme projet d'élever mes propres pigeons voyageurs, histoire de montrer que je pouvais avoir un moyen de communication aussi classe que ces satanés hiboux. J'ai vite abandonné, compte tenu du nombre considérable de fientes que ces boules de plumes étaient capables de larguer. Ma conclusion en est que soit certains animaux du monde sorcier n'ont même pas besoin de chier, soit que ce n'était pas entièrement du bluff dans Mary Poppins.
- Pétunia Evans, me sort enfin monsieur le directeur. Tu me mets, si tu me permets de te tutoyer, dans une situation très délicate.
- Veuillez m'excuser, mais je ne vois pas en quoi vous êtes mêlé à cette histoire. Alors oubliez tout ça, laissez-moi partir, et tout redeviendra dans l'ordre pour vous.
Ca me fait littéralement chier de demander à quitter l'endroit que je cherche à rejoindre depuis des années, mais je ne veux la condescendance de personne.
- Ce n'est pas ce que tu as toujours souhaité, me répond-il comme s'il avait deviné mes pensées.
Je remarque que sous ses mains, posées sur son bureau, reposent quelques lettres un peu froissées. Je reconnais là les missives que je lui avais envoyées des années auparavant afin de le supplier de m'octroyer une place dans son école.
Je ressens une certaine honte en repensant à ce que je considère à présent comme une tentative de désespérée. Implorer. J'avais imploré.
Je ne m'abaisserai plus jamais à cela !
- J'ai changé d'avis, depuis, je lui balance avec tout le dédain dont je suis capable.
- Ah oui ? Et aurais-je l'honneur de savoir ce qui t'as détourné ainsi de ton projet ?
Le ton est taquin. Il ne me prend pas au sérieux.
Non, évidemment, ce serait trop ridicule de penser qu'une pauvre moldue aurait subitement arrêté de baver sur la sorcellerie, n'est-ce pas ?
Fichu magicien, je lui offre l'occasion d'éviter des soucis, et il se fiche de moi. Typique.
- Vous voulez savoir ? A cause de cette fichue prétention de la part des gens comme vous ! Je ne pourrais pas supporter d'être cernée de gens aussi narcissiques et dédaigneux.
- Pétunia, ne te méprend pas, me dit doucement le directeur avec un air toutefois plus sérieux. Il n'y avait pas une seule once de moquerie dans la question.
- Ah oui ? Je l'aurais pourtant cru. Après tout, pour les sorciers, je ne suis qu'une sale moldue de rang inférieur, non ?
- Tous les sorciers ne pensent pas ainsi…
- Je pense que c'est justement le contraire. Si on n'essaie pas de nous réduire en esclavage, on se fiche complètement de nous.
- Cela est tout à fait…
- Par pitié, ne vous fatiguez pas à le nier. Il vous suffirait de quelques coups de baguettes pour éradiquer la faim dans le monde, non ?
- Hélas, d'après certaines lois de la magie…
- Vous auriez pu mettre rapidement fin aux deux guerres mondiales !
- Des sorciers étaient malheureusement engagés des deux co…
- Je ne veux aucune de vos justifications ! Aucune ! Je suis assez renseignée là-dessus, et vous ne pouvez nier que vous ne pourriez pas le faire ! Tout ça au final, c'est une question de volonté, mais vous n'en avez aucune lorsque ça ne vous concerne pas directement. Vous pourriez faire disparaitre l'arme nucléaire, vous pourriez bâtir rapidement des maisons pour les sans-abris, faire disparaître les détritus et la pollution, protéger des espèces menacées, et faire tellement de choses !
Je m'emporte tellement que je suis à présent à moitié levée, le cul au bord de ma chaise.
- Au lieu de cela, qu'est-ce que vous faites ? Vous ne BOUGEZ PAS un seul doigt lorsqu'une bande de néo-nazis essaie de NOUS TUER ! NON, vous vous BATTEZ comme des chiens pour savoir qui, entre les gobelins et les moldus, vous allez asservir en premier ! Pendant qu'il y a des gens dehors, qui MEURENT et qui CREVENT LITTERALEMENT LA DALLE !
- Pétunia…Mademoiselle Evans…s'il vous plait. Ecoutez…
Sa voix est calme, très patiente. Ca m'énerve ces gens qui ne s'énervent jamais.
Je me rassois correctement, cependant prête à bondir à la moindre occasion. J'ai l'impression d'être une ressors vivant ces derniers temps.
- Je pourrais répondre point par point à toutes vos questions, mais ce n'est ni le moment ni l'intérêt de cette conversation.
Je lui lance un regard noir. Ce que je viens donc de dire est insignifiant pour lui ?
- Je me contenterai simplement de te répondre ceci : saches qu'il y a actuellement un bon nombre de sorciers engagés dans des causes humanitaires. Il est toutefois difficile d'engager des actions de grandes envergures, puisque nous ne voulons pas être découverts. Nous ne voulons pas être harcelés, comprends-tu ?
- Ce serait tout à fait normal, je réponds en serrant les dents. Vous avez ce don qui vous facilite la vie, je considère donc cela comme naturel d'en faire profiter les plus…malchanceux.
Albus Dumbledore ne me répond pas. Il m'observe avec un drôle de petit air. Du genre…paternel. Affectueux.
Qu'est-ce qu'il lui prend ? Ne sommes-nous pas supposés être en train de nous disputer ?
- Les soucis de tes prochains te préoccupent davantage que toute autre chose, n'est-ce pas ? J'ai eu l'occasion de rencontrer plusieurs…moldus (il dit cela d'un ton hésitant, surement par crainte de me vexer) qui nourrissaient l'envie de devenir sorciers. Cependant, très peu parmi eux en faisaient le souhait à des fins aussi altruistes.
- Gardez vos flatteries, monsieur le directeur. Vous vous trompez. Je suis tout ce qu'il y a de plus égoïste. Si je suis arrivée ici à moitié scalpée, c'est parce que par fierté j'ai voulu décapiter un mégalo. Tout ça n'est que rancune personnelle, rien d'autre.
Le directeur se tait à nouveau, et me fixe encore avec cet air attendri de celui qui découvre le bon coté des personnes, même après des propos ouvertement stupides et égocentriques.
Crétin de pseudo-Yoda.
- Très bien, Pétunia Evans. Je suis forcé de te céder l'avantage. A présent, si tu le permets, nous devons discuter des conditions dans lesquelles tu vas devoir vivre avant de trouver une situation davantage…stable.
- Je ne…
- Pour des questions de sécurité, reprend-il en haussant le ton d'une manière si ferme que je me demande si c'est le même homme ou s'il ne souffre pas de schizophrénie, tu vas devoir te cacher ici. Hogwarts est l'endroit le plus sûr. Jusqu'à ce que nous élaborions pour toi un refuge adapté à ta nouvelle condition, tu devras te soumettre à mes directives. Et je n'admets aucune objection, déclare-t-il en m'avisant ouvrir la bouche.
Je ne comprends vraiment pas pourquoi il s'évertue à m'aider, à présent. Il pourrait tout simplement me relâcher, ce serait tellement plus facile pour l'un comme pour l'autre : lui pour vivre en paix, et moi pour retrouver et dégommer l'autre secoué du bocal.
J'éprouve aussi une certaine amertume : il faut donc que je me fasse à moitié dépiautée par un monstre pour qu'on me prenne enfin en considération ?
Je crois que je déteste décidément le monde magique. Putain, oui, je le déteste à en crever. D'abord parce qu'il vous fait rêver, et que ça fait mal. Ensuite parce qu'il vous fait gerber, et que ça fait tout aussi mal de voir un idiot de rêve utopiste se révéler être une fourberie sans nom.
Serait-ce si difficile de se contenter d'être ravi de pouvoir voler sur un balai, avant d'aller aider son prochain en ne souhaitant rien d'autre que la paix dans le monde ?
Evidemment, il faut que ces crétins de sorciers soient égocentriques et nourrissent potentiellement le projet de devenir les maîtres du monde, comme de bons méchants qui se respectent.
Monde pourri !
- Pétunia, reprend Dumbledore d'un ton à nouveau doucereux. J'aimerais te présenter quelqu'un.
Je le regarde avec suspicion. Quelqu'un ? Un flic ? Un médecin ? Un psy ? Je m'en suis tellement coltinée, ça me les briserait foutrement que les sorciers aient aussi ce foutu réflexe de me « présenter » des personnes destinées à comprendre ce qu'il n'y a pas à comprendre.
- Il s'appelle Rémus, et tu vas pouvoir discuter avec lui de beaucoup de choses pour lesquelles, malheureusement, je demeure inutile.
Avant que je ne puisse articuler quoique ce soit, j'entends le grincement d'une porte derrière moi. Je me retourne et aperçois un gringalet fiché comme une statue dans l'encadrement, qui ne s'attendait apparemment pas à ce que la porte s'ouvre.
Il ne ressemble pas ni à un flic, ni à un psychiatre, ni à quoi que ce soit d'autre. Juste un petit jeune pré pubère qui doit faire un peu trop la fête avec ses amis le soir, aux vues de ses cernes aussi grands que le croissant fertile mésopotamien. Ses vêtements, à l'origine noirs, ont cet éclat terne et fadasse que l'on retrouve dans la garde-robe de ceux qui ignorent de toute évidence quel type de lessive choisir.
Je me fais la réflexion que le travestissement doit être une véritable mode chez les sorciers : la robe pourpre et or de monsieur le directeur ne m'a pas franchement choquée, tant je le perçois comme un vieux troué de la cafetière, mais la robe pas-tout-à-fait-noire du p'tit jeune, là…
- Rémus, entre je te prie. Nous avons beaucoup de choses à nous dire. Oh, pardonnez-moi, la politesse me fait défaut : un bonbon ?
.
Lorsque le directeur m'a annoncé son plan de rester à Hogwarts, je n'ai pas du tout songé à…ça.
- Attends, tu veux dire que j'vais devoir me planquer…dans un arbre ? je demande au petiot.
- Il y a un tunnel, me dit-il sur un ton d'excuse. Il mène à une cabane, à Pré-au-Lard.
Pré-au-Lard ? Par la mère Michelle, quel est donc ce nom suspect ?
Avant que je ne puisse faire quelconque remarque sur la tendance plus que douteuse qu'ont les sorciers à chercher des noms bizarres à tout ce qu'ils trouvent, Rémus fait voltiger une branche à l'aide de sa baguette, et celle-ci vient se ficher dans un recoin de l'arbre.
Ok, et… ?
- Tu peux y aller. Glisse-toi dans le trou.
Je lui fais les gros yeux.
Nous sommes dans un monde magique, non ? Pourquoi n'y a-t-il pas de portail enchanté, ou d'armoire magique, ou même de tableau dans lequel on peut sauter ?
Il est vraiment, vraiment sérieux ? Tout ce qu'ils ont trouvé, c'est de se glisser dans un trou sombre et caverneux ?
Pas que j'en sois effrayée dois-je vous apprendre que « Evan » en gallois signifie « jeune guerrier » ?
Non, c'est simplement que, question imagination, ils ont franchement merdé.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demande l'élève d'un ton soucieux.
- Rien, je tente de réprimer mes élans d'enthousiasme.
Sans m'étaler sur le sujet, je m'enfonce cahin-caha dans un tunnel, tâtonnant dans le noir, avant de me vautrer royalement dans une aspérité.
- Désolé. Attends, je t'éclaire.
Je considère avec agacement le jeune sorcier. Les magiciens n'ont décidément aucun sens pratique.
Il vient se placer devant moi, et je le suis dans un long couloir, avant que nous débouchions sur une volée d'escaliers en bois à la solidité plus que suspecte. Je n'en fais pas grand cas, après tout j'ai déjà affronté un loup-garou.
Enfin, nous arrivons dans une pièce, et je peux admirer…un taudis.
Oui, un taudis misérable, avec une charpente délabrée, des poutres qui pendent dangereusement ici et là, et des meubles qui semblent avoir vécu pas mal de guerres.
- Désolé, répète encore une fois le garçon en soulevant une petite commode renversée à terre. On ne contrôle pas vraiment ce qu'on fait quand…enfin tu vois. C'est pour ça que c'est un peu désordonné…
Un peu ? UN PEU ?
Diantre, je sens même mes pulsions maniaques ressurgir, alors même que j'avais réussi à les dompter il y a quelques années ! C'est dire de l'ampleur des dégâts.
- Bon, euh…désolé (c'est quoi cette manie de s'excuser systématiquement ?), mais je dois y aller, avant le couvre-feu, tu vois.
Je ne réponds rien, trop occupée à dresser mentalement la liste des produits ménagers qui me seront nécessaires à la réhabilitation de cette cabane, non hurlante, mais branlante.
Pour les tâches de sang sur le bois…javel, marc de café ou vinaigre blanc ? Et puis c'est quoi comme bois ?
J'entends le môme me lancer un au revoir timide, et j'entreprends de visiter le reste de ma nouvelle « demeure ».
Je découvre que l'étage n'est pas aussi piteux que le reste. Il y a même un lit dans un recoin, qui tranche franchement avec le reste de la maison, puisqu'il s'agit d'un élégant pieu à baldaquin, tout propre et entier. On dirait une œuvre d'art dans une décharge publique.
Je m'assois sur le matelas –un peu trop mou à mon goût- et songe à la patience dont je vais devoir faire preuve face à l'inactivité qui me guette.
Ah, parce que vous croyiez franchement que j'allais me trimballer dans l'école, introduite parmi les sorciers ? Alors même que certaines vermines de cette école songent sérieusement au fait d'aller rejoindre plus tard l'autre enflure ?
Et surtout, qu'est-ce que j'y foutrais, moi, la sans-pouvoir ? N'y a-t-il pas plus louche que de laisser entrer une moldue dans une école de sorcellerie ?
Je raconte ça comme s'il s'agissait d'un truc évident. Mais tout ce que je fais, c'est de vous rapporter l'argumentation de monsieur le directeur. Et je dois avouer que je suis tombée des nues lorsque j'ai compris qu'au final, je ne verrai probablement jamais l'intérieur du château de conte de fée.
Aussi, quel était le plan ?
Eh bien, de rester cloitrée des journées entières dans cette fichues cabane aux fenêtres condamnées, en attendant sagement la nuit que je puisse enfin sortir.Ca ne me va, mais alors, pas du tout.
Je m'allonge sur le lit, devisant de mon plan.
Demain, oui, demain soir, je quitterai cet endroit, et Voldy souhaitera plus que jamais retourner dans l'utérus de sa mère.
