En avant pour le chapitre 4 ! On va mettre un peu plus d'action là dedans ! Hop hop hop !

Bonne lecture !

Bisous cramés,

Pyro


Ace regardait son adversaire, les sourcils froncés, les poings serrés, prêt à se battre. Il changea imperceptiblement sa position, posa la main sur le manche de son arme. Son opposant avait la même expression concentrée. Un faux mouvement et le carnage débuterait. Il retroussa ses lèvres sur ses dents dans un rictus féroce.

Ça va faire mal, pensa Sabo à ses côtés. Il recula un peu, ne voulant pas faire partie des dommages collatéraux.

-C'EST PARTIT ! hurla son frère.

Il leva son arme, et la planta violemment dans l'assiette en face de lui avant d'engouffrer à toute vitesse sa première bouchée de spaghettis. Non moins rapide, Luffy maniait sa fourchette avec au moins autant de dextérité et il enfournait des quantité de nourriture à une vitesse hallucinante. Et la bolognaise volait partout.

-À TERRE ! cria Sabo alors qu'une boulette fonçait sur Ussop.

Le garçon au long nez se jeta sur le sol, et la viande percuta le mur derrière lui. Ouf ! pensa-t-il.

-Faites attention avec la nourriture, sinon vous en aurez plus pour la semaine ! menaça Sanji.

-Dix berries qu'Ace gagne, dit Satch à Marco.

-Pas preneur. Luffy a aucune chance. Il a jamais gagné jusqu'ici, j'vois pas pourquoi ça changerait.

-NAMI ! ATTENTION ! NAMIII ! hurla Ussop.

Trop tard. La boulette de viande projetée dans les airs s'écrasa dans la longue chevelure rousse de la jeune femme qui mangeait tranquillement sur la table voisine et leur tournait le dos. Tout le monde se figea. Même les deux D. Qui déglutirent. Elle se retourna avec un joyeux sourire.

-Qui ? demanda-t-elle d'une voix douce.

D'un même mouvement vif, les deux frères se désignèrent l'un l'autre du doigt.

-Vous avez deux minutes pour ranger tout ce bordel. Après, je m'énerve. Compris ?

Ils hochèrent la tête, et en une minute et trente seconde, la table fut débarrassée et lavée.

-Bieeen... Et maintenant... DÉGAGEZ !

La tête basse, penauds, les deux bruns sortirent de la salle à manger, sous le regard noir de Nami et les sourires moqueurs des autres pensionnaires. Tout aurait pu en finir là si seulement...

-Mais tu sais, Nami, ça te va bien la boulette de viande dans les ch'veux. On dirait que t'as un p'tit champignon sur la tête. C'est marrant.

Il a pas dit ça hein ? Pitié, dites-moi qu'il a pas dit ça...

-Luffy ?

-Qu'est-ce que t'as Ace ?

-T'es qu'un crétin.

-Mais pourqu...

-REVENEZ ICI TOUS LES DEUX ! J'VAIS VOUS APPRENDRE LA POLITESSE MOI !

-AAAAAAAAAAHHH !

Les deux frères s'enfuirent du pensionnat sans demander leur reste, les rires et les sifflements des autres résonnant à leurs tympans.

Nom de Dieu ! Heureusement que Trafalgar était pas dans la salle ! Sinon, je crois que je serais foutu !

-Bon, bah... Match nul ! s'exclama Luffy.

-Rêve, gamin ! Pour la merde dans laquelle tu nous a foutus, c'est moi qui gagne ! Bon, j'vais m'balader ! On s'voit c'soir !

-Ace ! Reviens ! C'est moi qu'ai gagné ! Ace !

Il lui fit un signe de la main sans se retourner et s'éloigna en sifflotant.

xxxxxxxxxx

-C'est toujours comme ça ? demanda Robin à Ussop.

-Oh non ! Des fois c'est pire ! Quand Sabo s'en mêle, ça peut vraiment dégénérer. Ces trois-là ensemble sont infernaux.

-Ah oui ? répondit la brune en se tournant vers le blond.

-Euuuh... Nan mais l'écoute pas, il exagère toujours...

Robin pouffa et regarda autour d'elle.

-Eh bien cet endroit m'a l'air vraiment sympathique. Je suis heureuse d'y être enfin arrivée. N'est-ce pas Zoro ?

-Grrmmbl...

-Pourquoi il râle ? s'enquit Sabo.

-Parce que nous aurions pu avoir une chambre au Moby Dick depuis deux semaines s'il n'avait pas passé son temps à se perdre.

-Pas de ma faute si les rues se ressemblent toutes, grommela le vert. Et puis les policiers ça aide pas non lus !

Elle rit derechef et reporta son attention sur le dernier des trois frères présents.

-Heureusement qu'un beau blond nous a aidé, ajouta-t-elle avec un clin d'œil.

Sabo rougit et se gratta nerveusement la tête.

-Euuuh... Nan mais y a pas de quoi, c'est normal... J'vous fais visiter ? proposa-t-il pour reprendre contenance.

-Avec joie.

-Ouais, pourquoi pas.

Ses habitudes de noble reprenant le dessus un instant, il offrit galamment son bras à la jeune femme (ce qui lui valut un ''Noooooon !'' désespéré de Sanji), et les entraîna dans les couloirs.

Le pensionnat était en fait un petit manoir divisé en trois, dont Newgate avait hérité à la mort de l'un de ses amis de longue date, Gol D. Roger. L'extérieur était en pierre blanche avec un toit d'ardoises grises. De grandes fenêtres, trois portes de bois noir immenses et cinq hectares de parc, champs et lacs tout autour. Le terrain était ceinturé par une dense forêt qui cachait le bâtiment aux yeux des résidents de la cité qui se trouvait à un ou deux kilomètres. Au sud du bâtiment, la forêt laissait place à la plage puis à la mer.

L'aile droite comprenait un étage. Au rez-de-chaussée, il y avait la cuisine et la salle à manger. Au premier, on trouvait plusieurs petits salons que les pensionnaires appelaient familièrement les ''Salons Digestions''. Il y en avait cinq, tous dans différentes ambiances pour que chacun en ait un dans le quel il se sente à son aise.

Dans l'aile gauche, au rez-de chaussée, on trouvait l'infirmerie, et quelques salles de classe pour les plus jeunes. Le bureau de Newgate et celui des quelques employés qui l'aidaient à gérer le Moby Dick étaient situés à l'étage.

Le centre était composé du Hall, de la Grande Salle, et d'une immense bibliothèque. Le premier étage était dédié aux dortoirs des garçons, et le second à celui des filles. Au dessus, sous le toit, un immense grenier complètement vide avait été divisé et aménagé en plusieurs chambres à lit double. Et sur la porte menant à ce grenier, on pouvait simplement lire : ''Tâchez de ne pas faire trop de bruit ! - B.B.''

Dans le parc, en plus des grands terrains herbeux uniquement dédiés à la détente, il y avait quelques terrains de jeu et d'entraînement avec un matériel varié qui permettait à tout le monde d'y trouver son bonheur. Et sur la plage se tenait un petit local où étaient rangés du matériel de pêche et de voile. Les deux catamarans et le dériveur que possédait Newgate étaient sagement posé sur le sable à ses côtés, prêts à être gréés et à prendre le large.

Autant dire qu'avant de purger sa peine en prison, Barbe-Blanche le truand avait mit tous l'argent qu'il avait gagné en sécurité sur un compte dans le petit paradis fiscal d'Alabasta. Et avec le temps, ça avait finit par donner un joli pactole qu'il avait blanchit en l'utilisant pour faire le bonheur de sa nouvelle famille.

Robin fut particulièrement intéressée par la bibliothèque, bien entendu, et Sabo se dit que s'il la cherchait un jour quelque part, il viendrait ici en premier ! Quand à Zoro, il passa un temps fou à détailler chaque équipement sportif, en particulier ceux de musculation et de kendo.

Alors qu'il retraversaient le Hall pour aller dans l'un des salons de l'aile droite, quelqu'un poussa la lourde porte d'entrée, et un chapeau de paille passa prudemment par l'ouverture.

-Elle est partie ?

-Nami ? devina Robin. Oui, elle est montée dans sa chambre.

Luffy poussa un soupir de soulagement et, toute inquiétude oubliée, il s'approcha d'eux en sautillant.

-Vous avez vu tout le Moby Dick ? demanda-t-il.

-Ouais, répondit Zoro. J'ai tout mémorisé, c'est pas si grand que ça.

-Hahaha ! Je parie c'que tu veux que tu vas atterrir dans le dortoir des filles pendant au moins une semaine tous les soirs avant de savoir où est ta chambre ! rigola le brun.

-N'importe quoi !

-Ok ! Alors tu paries quoi ?

-... Grrmbl... J'parie pas avec toi.

Sabo et Robin se joignirent au rire de Luffy, et Zoro grogna, appréciant peu d'être le sujet de moquerie de ses amis.

-Ouais, bon bah ça va !

-Tiens en parlant de chambre, dit soudain le blond. Vous savez avec qui vous partagez la vôtre ?

-Eh bien Monsieur Newgate...

-Eh Robin ! Faut l'appeler Père, pas monsieur ! s'exclama le plus jeune.

-Ça va me prendre du temps de m'y habituer, sourit la brune. Donc il nous a donné un papier avec nos numéros de chambre et les noms de locataires... Je suis dans la chambre trois-cent-cinq avec Nami et... Alvida ?

Sabo et Luffy grimacèrent de concert.

-Bonne chance, compatit le blond. Nami est déjà pas facile, mais Alvida est insupportable ! Toujours à dire qu'elle est magnifique, blablabla... Une vraie peste.

-Oh, je m'y ferais. On se connaît depuis longtemps, Nami et moi, et je ne suis pas du genre à me laisser marcher dessus, déclara-t-elle avec un petit sourire inquiétant. Et toi, Zoro ?

-Ben moi j'ai qu'un seul coloc' et c'est... Oh putain d'merde non !

-Quoi ? C'est qui ? s'enquit Luffy en lisant par dessus son épaule, avant d'éclater de rire. HAHAHA !

-Nom d'un chien ! C'est cet enfoiré de cuistot à deux balles !

xxxxxxxxxx

Ace déambulait en sifflotant dans les rues de la ville, s'amusant à passer dans les quartiers chics pour choquer les bourgeois, avec sa tenue débraillée et surtout incomplète. On était en été, et dans d'autres coins de la cité, son torse nu n'aurait attiré les remarques de personne. Ou du moins, pas des remarques dépréciatrices. Mais ici, si on avait pas une chemise attachée quasiment jusqu'au cou, on ''faisait tache'', et il entendait les chuchotements et les commentaires outrés des petites vieilles, des femmes rigides, et des hommes d'affaires qui passaient près de lui. Et ça le faisait bien marrer. Tu m'étonnes que tu t'es barré de là, Sabo. C'est l'enfer cet endroit !

Mais bientôt, ses pas le menèrent aux bas quartiers de sa jeunesse, et sa bonne humeur s'envola alors qu'il marchait dans les rues étroites entre les immeubles. Il repartit quelques années en arrière, avant qu'il ne rencontre ses deux frères. Devant ce collège, là, à droite, il avait dealé de la came à des petits gamins qui n'avaient pas quinze ans. Là, dans cette impasse sombre, il avait vendu des faux diamants à des bijoutiers trop crédules. Ah, et dans cet immeuble, il avait fait cramé sa première scène de crime. Un mec qui avait éventré et décapité sa femme avec un rasoir mal aiguisé... Une vraie boucherie. Il avait jeté l'essence, puis l'allumette, et il était descendu dans une petite ruelle pour vomir. Au fil du temps, voir des cadavres l'avait quelque peu désensibilisé, et il n'avait même pas regardé les derniers qu'il avait nettoyé, les traitant comme des morceaux de viande parmi tant d'autres.

-Stop ! Arrête toi immédiatement !

L'interjection qu'il venait de saisir malgré sa rêverie le ramena à la réalité, et il regarda partout autour de lui. L'ordre ne semblait pas lui être adressé, mais son expérience dans la rue le poussa à jouer la carte de la prudence. Il enleva son chapeau pour le laisser pendre dans son dos, prit un foulard dans sa poche pour le nouer autour de ses cheveux et mit une paire de lunettes de soleil sur son nez. Puis, il s'appuya nonchalamment contre un mur, regardant sa montre comme s'il attendait quelqu'un. En quelques secondes, il avait changé d'identité et passait inaperçu parmi les passants.

Les cris se rapprochèrent, et il leva les yeux. Il aurait été suspect de sa part de se comporter comme si de rien était alors que tout le monde regardait ce qui se passait. Un bruit de course, et il vit un jeune se faire poursuivre par cinq hommes en costume noir, armés au vu de la bosse dans leur veste. Il lui fallut moins d'une seconde pour reconnaître le fuyard.

Trafalgar ! Qu'est-ce qu'il fout ici ? Mouais, bon, on s'occupera de ça plus tard, mon grand. Apparemment les flingues qu'ils ont dans leur poches sont pas de simples joujous et ces types sont sûrement pas des enfants de cœur ! Bouge-toi les fesses !

Il se redressa et entra dans un immeuble proche. Il enleva son déguisement de fortune, remit son chapeau sur sa tête et monta sur le toit. Il repéra bien vite la course poursuite.

Bon, alors... Je connais pas vraiment Trafalgar, mais comme il arrête pas d'hésiter devant chaque croisement, il doit pas connaître le coin. Il est sur le trottoir de droite et ces types sur celui de gauche donc logiquement, il va tourner à droite... Ouais, j'peux le faire.

Il s'élança. Les espaces entre les toits des immeubles étaient assez réduits pour être passés en sautant, et il avait apprit rapidement à traverser tout le quartier de cette façon pour échapper aux policiers. Il en connaissait les moindres recoins, les moindres sorties, les impasses, toutes les échappatoires possible. Il sauta de bâtiments en bâtiments, coupant le virage que Law s'apprêtait à faire. Juste au moment ou celui-ci tournait, il descendit de l'immeuble sur lequel il était par l'escalier de service et se précipita au devant de lui.

-Trafalgar !

Law tourna la tête dans sa direction, et Ace se contenta de lui faire un signe de tête signifiant qu'il devait le suivre. Le chirurgien fronça les sourcils avant de hocher la tête et d'obliquer dans sa direction.

Tout en vérifiant régulièrement qu'il ne semait pas son camarade, le jeune homme l'entraîna dans un dédale de ruelles toutes plus étroites et sombres les unes que les autres.

-Ils ont des chiens ? demanda-t-il soudain à Law, sans s'arrêter.

-Tu crois que j'me suis arrêté pour leur demander ? ricana le chirurgien, essoufflé.

-T'as bien dû entendre s'il y avait des aboiements !

Law le regarda, étonné, et Ace se sentit soudain mal à l'aise. Merde. J'avais besoin de faire l'arrogant, évidemment ! Tu parles que mainten...

-Ouais, ils ont un ou deux chiens, finit-il par répondre.

Le jeune homme hocha la tête.

-Ca va pas nous faciliter la tâche. Viens par là !

Il attrapa Law par le poignet et l'entraîna dans une nouvelle ruelle qui se révéla être une impasse, fermée par un mur de trois mètres de haut.

-Bravo Portgas ! Bien joué, merci pour le coup de main !

-Fais comme moi, répondit simplement Ace.

Il crocheta une prise sur le mur inégal, mit le bout de son pied dans une anfractuosité minuscule, et en quelques secondes, il était en haut. Il cala ses pieds de l'autre coté et se pencha vers Law.

-Allez, monte et chope ma main !

-Me donne pas d'ordre Portgas !

-Désolé, mais on a pas trop le temps de jouer à ça là !

Le chirurgien tendit l'oreille et se rendit compte qu'effectivement, de furieux aboiements se rapprochaient. Il grogna et fit ce qu'Ace lui demandait, dédaignant sa main pour se laisser tomber souplement de l'autre côté du mur. Le jeune barman l'imita.

-Tout en souplesse, commenta-t-il avec un sourire. Allez, viens, on se casse. Le mur va les ralentir, pas les arrêter, c'est juste pour déstabiliser leurs molosses. Faut qu'on trouve une épicerie.

Il se remit à courir, et s'il haussa un sourcil, Law ne dit rien et le suivit.

Dans la tête d'Ace, c'était la panique. Une partie de son cerveau restait concentrée sur leur course, analysant chaque option d'échappatoire à sa portée. L'autre était envahie par un tourbillon de pensées qui n'avaient qu'une seule chose en commun : l'homme qui courait à ses côtés. Qu'est-ce qu'il foutait dans ce coin pourri ? Pourquoi il était poursuivi ? Putain, c'qu'il est beau ce mec... Attend, j'sais même pas s'il est célibataire ! C'était qui ces types ? Merde, je suis suivis par Trafalgar Law ! C'est moi qui le sauve ! Est-ce qu'il est hétéro ? Ce serait bien ma veine ! Qu'est-ce qu'il a fait pour s'attirer ces emmerdes ? Les questions tournaient encore et encore, sans suite, sans lien entre elles, juste des points d'interrogations qu'il devrait examiner plus tard, au calme.

Il secoua la tête et reporta son entière attention sur ce qu'il faisait. Il commençait à avoir mal aux poumons malgré son endurance, et même s'il ne laissait rien paraître, Law devait être plus ou moins dans le même cas. Il repéra enfin l'enseigne qu'il cherchait et entra en trombe dans la boutique. Par bonheur, elle était vide, à l'exception d'un homme d'environs quarante ans, assis au comptoir.

-Ace ! s'exclama-t-il. Que me vaut l'honneur ! Ça doit bien faire deux ans que je t'ai pas vu dans le coin !

-Salut Max ! Ouais désolé, j'ai déménagé.

-Je vois. Le Moby Dick hein ? C'est bien. Et qui est ce jeune homme derrière toi ?

-C'est...

-Un ami, l'interrompit Law.

Ace tourna la tête vers lui, étonné, avant de secouer la tête. T'emballe pas, mec. Il a dit ça parce qu'il avait pas l'choix. Max plissa les yeux, pas dupe.

-Un ami hein ? Anonymat oblige je suppose ? Très bien. J'ai l'habitude. Eh Ace ! Comment vont tes frères ?

-Plutôt pas mal, mais on a pas le temps là. On est poursuivis.

-Qu'est-ce que t'as fait, encore ? demanda l'épicier en soupirant.

-Hey ! C'est pas moi ce coup-ci ! Et puis j'ai pas vraiment le temps de te raconter.

-Hahaha ! Bon, OK. Qu'est-ce que tu veux ? Comme d'hab' ?

-Ouais s'il te plaît ! Tu le mets sur mon compte ?

-T'as pas de compte, Ace !

-Je sais ! Façon de parler ! Vu qu'tu m'fais tout gratuit...

-T'as sauvé ma fille, j'te dois bien ça ! Tiens, y a tout ce dont t'as besoin, dit-il en lui tendant un sac plastique.

-Merci Max ! J'passerais te voir un d'ces quatre.

Ils s'apprêtaient à sortir de l'épicerie, mais des cris et des cavalcades se firent entendre. Ace grimaça.

-Porte de derrière ? demanda-t-il.

-Tu connais l'chemin, répondit Max en envoyant son pouce par dessus son épaule.

-Et toi, tu sais quoi faire.

-Comme d'hab' !

Le jeune homme le remercia d'un signe de tête et sortit par le fond de la boutique, Law dans son sillage. Très vite, les aboiements se firent de nouveau entendre derrière eux. Ace plongea la main dans le sac et repéra bien vite au toucher ce qu'il cherchait. Il donna une boîte cylindrique à Law et en prit une deuxième pour lui.

-Du poivre, annonça-t-il simplement. Les chiens vont perdre notre piste si on en sème derrière nous, ça va agresser et perturber leur odorat.

Law remarqua qu'il prenait soin de ne pas donner d'ordre, mais simplement d'expliquer ce qu'il devait faire. Il laissa un sourire en coin étirer sa bouche et fit comme Ace lui avait conseillé. Il ouvrit la petite boîte et, suivant l'exemple du jeune homme, il en jeta de grosses poignées par dessus son épaule, en prenant bien soin d'en étaler un peu partout. Quand les boîtes furent vides, Ace les fit bifurquer à quatre-vingt-dix degrés et ils retrouvèrent la rue principale où la course poursuite avait débuté. Il ralentit et se mit à marcher normalement, comme si de rien était. Le chirurgien l'imita, comprenant qu'il voulait passer inaperçu dans la foule.

-Tu devrais enlever ton bonnet. Déjà que t'es grand, mais en plus si tu mets un truc hyper reconnaissable sur ta tête, ils vont te repérer direct.

Law hésita, mais finit par suivre son conseil.

-T'en sais des choses, Portgas. À croire que t'as passé ton enfance à fuir.

Ace rougit et marmonna un truc inintelligible, ce qui fit ricaner le chirurgien.

-Alors ? insista-t-il.

-Disons que... Ouais, j'suis dev'nu un expert pour semer les crétins de la poule.

-La poule ?

-La police. C'est comme ça qu'on les appelle ici.

-Je vois.

Ace se gratta nerveusement la tête. Maintenant que la course était calmée, et que l'adrénaline commençait à redescendre, il se sentait de plus en plus mal à l'aise à côté du jeune homme, et ne cessait de lui jeter des regards en coin. Pour se donner une contenance, il reprit le déguisement rapide qu'il avait mit plus tôt, et Law suivit chacun de ses mouvements avec attention. Quand on est médecin, on est attentif à chaque détail.

Soudain, les voix des hommes en noir se firent entendre à nouveau.

-Merde. Tiens, met ça sur ta tête, s'il te plaît, dit Ace en lui donnant son propre chapeau. Et retourne ton T-Shirt. Ça devrait suffire.

Après un regard acéré au chapeau orange qu'il trouvait un peu trop coloré pour lui, Law s'exécuta et le posa sur sa tête. Mais les voix se rapprochaient. Le plus jeune jura de nouveau et fit la première chose qui lui passa par la tête. Quelque chose qu'il faisait avec Sabo ou Luffy quand ils étaient poursuivis et qu'ils devaient détourner l'attention d'eux. Il attrapa Law par la taille, le plaqua contre un mur et colla son visage dans son cou, jouant les amoureux transis.

Puis, son cerveau rattrapa enfin ses gestes et il se raidit.

-Déso...

-Tais-toi ! Ils sont pas encore passés ! siffla Law dans son oreille.

Il le sentit bouger, refermer ses bras dans son dos et appuyer son visage dans ses cheveux. Ace retint son souffle, le cœur battant à tout rompre, le cerveau sérieusement atteint. Il... Je... Nous... Enfin... D'accord, je crois que je vais me sentir mal. Ou bien. En fait, j'en sais rien. Mmmm... Il sent bon... Il ferma les yeux, inspira discrètement son odeur et sentit un frisson parcourir sa colonne vertébrale. Law sentait... Les fruits. Bien loin de l'odeur d'hôpital à laquelle il s'attendait, il avait une odeur sucrée et exotique. Il crut reconnaître la menthe, la fraise et... la noix de coco ? Pourtant... Du peu qu'il savait de lui, Law venait du Nord, non ? Pas vraiment le terrain idéal pour faire pousser des cocotiers...

Ses pensées furent interrompues quand Law le relâcha. Il se recula immédiatement, rouge d'embarras avant de tenter de s'expliquer.

-Je euh... Je suis désolé ! C'est la première idée qu'il m'est passé par la tête, j'ai pas réfléchit et... Comme on faisait ça tout le temps avec Sabo et Luffy... Enfin non ! Pas les câlins, mais euh...

Law sourit en coin en le regardant s'empêtrer. Puis, lassé du spectacle il se détourna.

-Euuh... Trafalgar ?

-C'est la dernière fois que tu me donnes un ordre Portgas. Pigé ?

-Ouais...

-Y a quoi d'autre dans ton sac ?

-Euh... Max nous a mis des sandwiches, des desserts et de l'eau. Oh ! Et du chocolat ! sourit-il comme un enfant.

-Eh bien... Il est seize heure. Allons manger ces sandwiches dans le parc de la ville. Ça te dis ?

Ace resta un instant sans rien dire, estomaqué par ce qu'il venait d'entendre avant de sourire.

-J'te suis !