L'inspiration m'est venue, alors voilà déjà le chapitre 6 ! Et ouaip !

Je précise que toute ressemblance avec des personnes de la vie réelle est totalement fortuite. Enfin, probablement...

Bonne lecture, et bonne rigolade, j'espère !

Bisous cramés !

Pyro


Les trois frères poussèrent la lourde porte de bois pour atterrir dans un bazar indescriptible. Partout, des pensionnaires affairés couraient dans tous les sens, criant des ordres et des questions, les bras chargés de... trucs... indescriptibles. Ils se regardèrent un moment avant que quelque chose n'entre dans l'esprit du blond.

-L'anniversaire de Père ! s'écria-t-il.

-Merde ! J'avais complètement zappé !

-OUAIS ! On va faire la fête et manger !

-Ah ! Vous voilà vous trois ! Vous étiez passés où cet après-midi ? les apostropha Marco.

-Bibliothèque, répondit Sabo.

La pièce était insonorisée pour ne pas déranger les lecteurs, il était donc normal qu'il n'ait rien entendu.

-Chambre, écouteurs sur les oreilles, dit Luffy en haussant les épaules.

-Sorti, justifia Ace.

-Bref, on s'en fiche. Sabo, tu vas avec les filles et Izou pour rédiger les invitations. Ils sont dans la troisième salle de classe.

-J'peux savoir pourquoi j'me retrouve qu'avec des gonzesses ?

-Parce que ton p'tit frère tiens pas assez en place pour rester tranquille plus de trois minutes, et que Ace doit bosser au bar ce soir, donc il aura pas le temps. Et puis y a Izou !

-Ouais, bah c'est bien c'que j'dis, grommela le blond avant de se diriger vers l'aile gauche.

Son grand frère ricana, et le blond fit demi-tour pour venir lui murmurer quelques mots à l'oreille. Ace pâlit et déglutit.

-Mais... Mais ça t'regarde pas !

-Oh que si ! Salut grand frère !

Et le journaliste s'éloigna en agitant la main, sous les regards curieux des deux autres.

-Bon, Luffy, toi tu vas avec Zoro, Ussop et les autres pour les décorations. Et si j'te vois traîner près des cuisines, t'auras affaire à moi !

-Oui chef !

Et le garçon partit en sautillant rejoindre ses amis, sous le regard suspicieux du blond. Blond qui finit par se tourner vers Ace.

-Et toi, t'as une heure pour prendre une douche, manger un truc, enfiler ta tenue et filer au taf !

-Ça va, crâne d'ananas. Détend-toi...

-L'ananas t'emmerde ! L'anniversaire de père est demain, et j'suis un peu sur les nerfs parce que j'ai pas envie que votre trio de monstre gâche tout !

-C'était un accident l'année dernière !

-Ouais, c'est aussi ce que tu m'as dis y a deux ans !

-Rooooh ! J'pouvais pas savoir que les rideaux étaient inflammables !

-T'as déjà vu des rideaux ignifugés ?!

-Ouais ! … Non.

-Allez, va bosser, crétin de pyromane !

Ace lui tira puérilement la langue, puis s'enfuit dans sa chambre pour prendre une douche. Une fois cela fait, il enfila sa tenue de barman puis descendit aux cuisines.

-Oh ! Satch ! Tu peux m'filer de quoi bouffer ? J'dois partir dans vingt minutes !

-J'comprendrais jamais comment tu fais pour partir à la bourre et arriver à l'heure au boulot ! railla le cuisinier en posant une assiette de nourriture devant lui. Allez, magne toi un peu !

-En fait, pour arriver à l'heure, je cours sur le chemin. Tu devrais essayer un jour, nargua le brun en regardant avec insistance le ventre du châtain.

-Je t'emmerde, Ace. Je suis parfait comme je suis !

Il pouffa et le cuistot s'éloigna pour retourner à ses préparatifs. La fête était le lendemain, et Sanji et lui avaient beaucoup de boulot. Le barman termina son repas et se leva, laissant son assiette vide sur la table. Il se ferait engueuler demain, mais tant pis. Il était vraiment en retard. Il se dirigea vers les classes pour prévenir Sabo qu'il ne rentrerait pas avant cinq heures à cause du rush du vendredi soir, et jeta un coup d'œil par la vitre avant d'entrer dans la pièce. Il se figea.

Qu'est-ce que Trafalgar fout avec Sab' ?

Oubliant toute idée de retard, il observa un instant ce qu'ils faisaient. Apparemment, Law demandait quelque chose à son cadet, et celui-ci paraissait assez amusé par l'idée. Ça craint, Portgas. Carrément même. Il ne savait pas pourquoi, mais il avait la nette impression que le sourire carnassier qu'ils échangeaient était dirigé contre lui. Le chirurgien finit par se détourner et se diriger vers la porte. Il sortit et tomba nez à nez avec Ace.

-Tiens, Portgas. Tu ne devrais pas être parti pour le bar à cette heure ?

-Euh... Si, mais j'dois dire un truc à Sab' d'abord, expliqua le jeune homme, nerveux.

-Je vois. J'ai une autopsie à faire dans une heure. Un type qui s'est peut-être fait assassiné. Bref.

Il se rapprocha d'Ace et planta ses yeux gris dans les siens.

-Je viendrais sûrement boire un coup après, alors réserve moi tes services, dit-il doucement de sa voix grave.

Encore une fois, le jeune barman supplia son subconscient de ne pas analyser la phrase de travers.

-J'suis disponible pour tout l'monde tant que j'suis derrière le comptoir. On s'voit au bar, alors, Traf', dit-il très vite en entrant dans la salle de classe.

Ce qu'avait dit Law atteignit alors pleinement son esprit. "Je viendrais sûrement boire un coup après...". Il se rappela la dernière fois que le chirurgien lui avait commandé quelque chose et la façon dont ça s'était terminé. Oh non, pas encore ! gémit-il intérieurement.

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-Salut tout l'monde ! s'exclama Ace en poussant la porte du Bar de l'Arnaque.

-Salut tout seul ! répondirent-ils en cœur avant d'éclater de rire.

-Les mecs, vous faites cette blague tous les soirs...

Le jeune homme secoua la tête en souriant et se dirigea vers les vestiaires. Il haussa un sourcil en se regardant dans le miroir et boutonna sa chemise jusqu'au col en riant tout bas. Il se passa de l'eau sur le visage pour se rafraîchir, se recoiffa et se brossa les dents. Rituel obligatoire, une bonne haleine et un sourire Colgate sont importants pour servir les clients. Et surtout les clientes.

Il sortit en sifflotant de la pièce et prit sa place au comptoir. Il se baissa pour vérifier que ses bouteilles étaient toutes là, à leur place.

-Hey Cherry ! Tu peux descendre me chercher deux bouteilles de Cointreau et une de curaçao ? J'en aurais pas assez pour assurer la première vague.

-J'y vais, joli cœur !

-Merci !

La jeune femme partit à la cave pendant que le jeune homme lavait ses verres. Shakky sortit des coulisses de la scènes, et se dirigea vers ses barmen. Elle ébouriffa les cheveux de Jack, fit la bise à Cherry qui était remontée, et se posta devant Ace, sévère. Il sourit en coin et s'inclina outrageusement.

-Merveilleuse Shakky, déesse de mes nuits, tu es en beauté ce soir...

-Ace trésor, soupira-t-elle. Ta chemise.

-Il me manque un bouton ? fit-il mine de paniquer.

-Non, tu en as trois en trop. Mais ça, tu le sais déjà ! Quand je pense que Newgate me dit que tu te balades torse nu en permanence, au Moby Dick...

-Je m'en voudrais de trop t'éblouir, belle patronne, susurra-t-il, narquois.

-Ce n'est pas moi que tu dois éblouir, chéri. Mais les petites minettes que tu sers au bar. La plupart reviennent uniquement pour Jack et toi, tu sais...

Ace vit Jack bomber le torse du coin de l'œil, et éclata de rire. Puis il rendit les armes avec un clin d'œil.

-Ok, c'est bon, j'les détache. Tu serais capable de me faire une retenue sur mon salaire rien que pour ça !

Il défit deux boutons, mais la brune s'avança pour en enlever encore un troisième.

-Tu veux me mettre torse nu, aussi ? rigola-t-il.

-... Ne me provoque pas, trésor.

Elle le regarda un long moment, puis sourit.

-Chiche ? demanda-t-elle.

-Oh non, Shakky. Même pas en rêve ! s'exclama-t-il, soudain sur la défensive.

-Allez, Ace ! l'encouragea Jack. J'le fais avec toi, si tu veux ! On va rameuter plein de monde ! C'est vendredi soir, lâche toi ! Les filles sur scène, elles se mettent en sous-tifs tous les jours j'te signale !

Ouais, sauf qu'elles ont pas un mec dont elles rêvent toutes les nuits depuis un an qui va passer ce soir, elles, bouffon ! Ferme la !

-Non.

-Ace trésor...

Il baissa les yeux vers sa patronne.

-S'il te plaît ?

Il soutint son regard un moment avant de soupirer et de passer sa main sur ses yeux.

-Je sens que je vais le regretter, marmonna-t-il.

Shakky sourit et plaqua un baiser sonore sur sa joue. Il enleva sa chemise, imité par Jack, et elle partit les déposer dans le vestiaire. Elle en revint une demi-minute plus tard avec deux cravates bleues. Elle en donna une à Jack qui la passa en rigolant, peu farouche, et tendit l'autre à Ace qui la considéra, bougon.

-Tu veux pas m'mettre des oreilles de lapin aussi, tant que t'y es ?

Elle le regarda attentivement, vivement intéressée, et il paniqua. Elle va quand même pas OSER ? Mais elle se contenta de rire devant son air terrorisé, et s'éloigna en chantonnant.

-Sadique, marmonna le jeune homme avant de nouer la cravate autour de son cou.

Le temps qu'il se prépare, les premiers clients entrèrent. Et il y eut une précipitation féminine certaine à venir au bar. Il crut même en apercevoir une ou deux s'éventer avec leurs mains. Putain, cette affiche... Shakky, tu m'le paieras ! J'sais pas encore comment, mais tu m'le paieras !

-Bonjour ! Un Mojito, s'il vous plaît !

-Et pour moi, une Tequila Sunrise !

-Un Gin Fizz !

-Mesdemoiselles, mesdemoiselles ! Je vous en prie, du calme ! Je vous servirais chacune votre tour, dit Ace en forçant un sourire sur son visage.

Putain, je supporte pas ces pimbêches avec leurs mini-sacs bons qu'à y mettre des capotes ! Son irritation s'envola alors qu'il commençait à préparer les boissons, et il entama sa danse. Rhum, sucre glace pilée, menthe et citron. Et un Mojito. Jus d'orange, tequila et grenadine. Une Tequila Sunrise. Sucre, citron, gin et Perrier. Voilà le Gin Fizz.

Ses mains virevoltaient, agiles, et il oubliait même sa tenue, ou plutôt, son absence de tenue. Il partait dans son monde de création, et continuait à danser.

-Je pourrais avoir un Équateur s'il vous plaît ?

La voix de la jeune femme qui venait de passer commande n'était pas hystérique comme celles d'avant, et il la regarda avec intérêt. Il tenta de cacher sa surprise. Une punk ? La jeune femme avait des cheveux teintés de bleu, des tatouages un peu partout, et des piercings là où il n'y en avait pas. Il aimait bien ces personnes qui se foutaient de ce que la "bonne société" pensait d'eux et s'habillaient et se coiffaient selon leur envie. Il lui fit son plus beau sourire et prépara son cocktail avec un soin particulier. Après tout, elle était la seule qui ne l'ait pas agressé avec sa voix criarde et son décolleté provocant. Enfin bon, dans son cas, il n'y avait pas grand-chose pour provoquer cela dit...

Rhum blanc, liqueur d'anis, jus de raisin, curaçao.

-Vous vous appelez ?

-Sarah.

-Et voilà, mademoiselle Sarah. J'espère qu'il vous plaira.

-Merci.

Elle lui sourit et s'éloigna pour s'asseoir à une table, seule, regardant les danseuses.

-J'voudrais un Bambou, s'te plaît, m'sieur !

Ace baissa la tête vers le jeune garçon qui venait de lui demander sa boisson. Il réfléchit un instant, se repassant la recette dans la tête. Pas d'alcool, c'est bon.

-Bien sûr, bonhomme. Attends deux minutes !

Jus de mangue, citron vert, sirop de coco, sirop de menthe.

-Et voilà !

Il lui tendit son verre et le gamin monta sur un tabouret et s'assit avant de prendre le verre à deux mains et de mettre la paille dans sa bouche, sous l'œil vigilant de sa mère, que Ace repéra un peu plus loin. Il soupira. Encore une maman célibataire qui trempait dans des trucs pas nets et qui avait rendez-vous ici. Il réfléchissait là dessus tout en servant ses boissons et ne le vit pas s'approcher.

-Tu peux me servir un Ace Maison ? demanda sa voix grave.

Ace sursauta et se tourna vers Law, qui le regardait attentivement, accoudé au bar. Il rougit en reprenant soudain conscience de son apparence.

-Euuuh... C'est un cocktail sans alcool, tu sais ?

-Je sais. Je conduis ce soir.

Le jeune homme hocha la tête et prépara la boisson. Un Ace Maison hein ? Pourquoi justement celui-là ? Il prépara le cocktail, nerveux, et le servit au chirurgien. Ce dernier le regardait faire, attentif à ses mouvements fluides, et souriait en coin, indéchiffrable. Il prit sa boisson et lui tendit un billet. Ace secoua la tête.

-C'est Cherry qui s'occupe de ça.

-Je sais, c'est un pourboire.

Il ouvrit de grands yeux.

-C'est... Beaucoup trop pour un pourboire !

-Arrête de râler et prends-le !

Sans lui laisser le temps de protester d'avantage, Law s'éloigna pour s'asseoir à la table qu'occupait Sarah, la punk qu'il avait servit plus tôt. Il le vit engager la conversation, et bientôt, ils riaient tous les deux. Il se força à détourner le regard et reprit sa danse et son sourire charmeur.

Mais quoiqu'il fasse, il ne pouvait empêcher ses yeux de revenir sur le couple que formaient les deux tatoués. Ils s'entendaient un peu trop bien à son goût. Son sourire se figea, perdant sa chaleur, alors que la jalousie lui tordait le ventre. C'était stupide. Law ne sortait même pas avec lui. Il n'avait pas le droit d'être jaloux de la jeune femme. Pourtant il l'était. Indéniablement. Il grogna et reporta son attention sur ses commandes. Il eut le temps de servir deux boissons avant que son portable ne vibre. Il regarda le SMS, au cas où ce serait encore Luffy ou Sabo qui se seraient mis dans les ennuis. Mais non, c'était un numéro inconnu. Un peu surpris, il ouvrit le message.

Jaloux, Portgas ?

Il resta bouche bée et leva les yeux sur l'endroit où était attablé Law. Celui-ci était toujours tourné vers Sarah et l'écoutait tranquillement. Mais son sourire avait changé. Il était devenu moqueur, vaguement sarcastique. D'accord. Soit il joue avec moi, soit il se fout de moi. Et comment il a eut mon numéro ? Le souvenir de Law discutant avec Sabo avant son départ lui revint. Je vais l'tuer. Ouais, j'vais m'le faire façon Portgas. Lentement. Décidant de ne pas répondre, il continua de servir ses cocktails. Il se passa quelques minutes avant qu'il ne reçoive un nouveau message.

C'est pour moi que tu t'es habillé comme ça, Portgas ? Plutôt sexy...

Il regarda de nouveau le chirurgien. Son sourire était devenu franchement goguenard. Ouais, y a pas que Sabo que je vais massacrer. J'rajoute Shakky et Jack sur la liste. Putain... Après maladroit et demeuré, voilà qu'il doit me prendre pour un pervers, maintenant... Génial ! Bon, allez, finis ton service. T'as un fratricide à commettre, après.

Malgré tout, les messages le perturbaient. Ils avaient beau être moqueurs, Law s'intéressait-il à lui au point de demander son numéro à son frère ? Était-il enfin rentré dans sa vie ? Avait-il cessé d'être transparent pour le beau métisse ? Son cœur chanta à cette idée, et c'est un grand sourire aux lèvres qu'il poursuivit sa danse. Non sans enregistrer le numéro du chirurgien dans son répertoire.

xxxxxxxxxx

Pendant qu'Ace entamait son service au bar, Luffy aidait Ussop et Zoro à placer guirlandes et lampions un peu partout dans la Grande Salle. Il avait tenté plusieurs fois d'aller fureter en cuisine, mais toujours le vert l'avait retenu par le col de sa chemise. Son ami le connaissait tellement par cœur qu'il le retenait avant même qu'il n'ait amorcé un mouvement pour s'éloigner. Zoro était avec lui depuis ses dix ans. Ils avaient grandi ensemble dans la rue, se protégeant l'un l'autre. Pourtant, Luffy n'avait jamais pu le considérer comme un frère comme pour Ace et Sabo. Il y avait quelque chose qui l'en empêchait.

Zoro était né sur le pavé. Il était le fils d'une prostituée qui l'avait élevé comme elle le pouvait avant que sa maladie ne l'emporte, à ses dix ans. Il avait été recueilli par un vieux bonhomme qui ramassait des gamins dans la rue pour les entraîner à voler pour lui. Il avait rencontré Luffy dans la bande des chapardeurs, qui avait huit ans à l'époque. Le gamin avait été chargé de lui expliquer les "ficelles du métier", et ils étaient très vite devenus amis. Mais les deux garçons ne se satisfaisaient pas de cette existence vouée à servir quelqu'un d'autre, parfois au péril de leurs propres vies. Ils s'étaient enfuis ensemble. Le vieux les avait cherchés un moment avant de lâcher l'affaire.

Ils avaient traînés un moment, mendiant ou faisant des boulots pas chers payés pour avoir de quoi se nourrir. Puis ils avaient découvert les combats d'arènes. C'est là qu'ils avaient rencontré Sanji. Il s'était joint à eux, et au fur et à mesure, ils avaient construit une petite bande qu'ils avaient nommé la Bande du Chapeau de Paille, en hommage au chapeau dont leur chef ne se séparait jamais.

Car Luffy avait été, et était toujours, incontestablement leur chef, malgré son jeune âge. C'était lui qui les avait trouvé, qui leur avait offert la joie de vivre et l'amitié, alors que la plupart d'entre eux étaient sur le point d'abandonner.

Dans le cas de Zoro, alors que le garçon lui avait donné cette amitié, lui, il lui avait rendu l'amour. Parce que oui, le jeune homme musclé et impitoyable qu'il était était tombé amoureux du gamin brun qui courait partout. Et ce depuis qu'ils s'étaient échappés de chez le vieux ensemble. Ils partageaient les mêmes galères depuis si longtemps, s'étaient sortis de tellement d'embrouilles qu'il avait arrêté de compter.

Lorsqu'ils avaient dû se séparer, il y a deux ans, il avait cru qu'il ne le reverrait jamais. Mais il l'avait retrouvé, ici, dans ce pensionnat. Et il était résolut à le faire sien.

Enfin pour l'instant, il était surtout résolut à le faire rester en place. Et c'était pas gagné.

-Luffy, putain ! Viens nous aider !

-Mais j'ai faiiiiiim ! Ça sent tellement bon par là...

-Tu fais comme tout l'monde ! T'iras manger quand on aura fini ! Viens m'aider et tiens l'échelle sinon j'vais tomber. Faut que j'accroche ça là-haut.

En grommelant, Luffy s'exécuta et maintint l'escabeau en place pendant que le vert montait accrocher des lampions au plafond. Mais Ussop, qui passait près d'eux avec des guirlandes plein les mains, le bouscula. Le mouvement fit bringuebaler l'échelle qui s'écroula, emportant Zoro avec elle.

-ZORO ! s'écria le brun. Tu vas bien ? Rien de cassé ?

Le vert se releva en grognant, s'assurant que tout fonctionnait parfaitement dans son corps, puis il fusilla Ussop du regard. Le brun au long nez déglutit et se rappela soudain qu'il avait énormément de choses à faire de l'autre côté de la pièce.

-T'es sûr que ça va ? s'inquiéta Luffy.

-Ouais, ouais... On a vécu pire, à l'époque, tu t'rappelles ?

-Ouais, c'est sûr.

Le garçon lui sauta soudain au cou, dans un de ces élans d'affection dont il avait le secret. Et dont lui seul connaissait la raison. Zoro resta un moment interdit, avant de lui rendre son étreinte, s'imprégnant de son odeur de pommes et de sable chaud qui lui avait tant manqué. Puis, Luffy le relâcha.

-Allez, viens. On va manger, lui dit-il en lui souriant de toutes ses dents.

-Luffy... On a pas encore fini avec les décorations...

Le garçon gémit.

-Mais j'ai faiiiiiiiiiiiiiiiim !