Bon, alors j'vous préviens tout de suite ! Vous savez ce qu'est une courbe sinusoïdale ? (Si vous savez pas, Google est votre ami !) En gros, cette courbe représente l'humeur de ce chapitre. Voilà ! XD

Bien, on va en apprendre beaucoup sur l'un des personnages, un peu sur un autre... Mais je vous laisse lire tout ça par vous-même.

Je précise que j'ai rajeunis Robin exprès. Elle n'a pas 30ans comme dans le manga, mais 24. Sinon, l'écart d'âge serait trop grand.

Bonne lecture !

Bisous cramés !

Pyro


-Luffy... T'en es à combien de verre ?

-Euuuh... Trois ? Ou p'têtre quatre... J'sais pas trop...

-Faut vraiment que t'arrête de fréquenter Zoro !

-Crève Ace ! C'est mon meilleur pote !

-Je sais, je plaisantais... J'te préviens, c'est le dernier cocktail alcoolisé que j'te sers ! T'es pas encore majeur, p'tit frère.

-Ça va Ace... Il va pas conduire ce soir.

-Ouais, bah c'est pas toi qui va l'porter jusqu'à son lit, complètement torché, Sab' ! Alors épargne moi ta morale et va faire danser ta gonzesse !

-On est pas ensemble !

-Raison de plus !

-Tsss...

Ses deux frères s'éloignèrent, l'un rejoignant sa bande d'amis, l'autre le suivant pour retrouver une jolie brune, sous l'œil narquois de son aîné.

La fête en l'honneur de Barbe-Blanche était déjà bien entamée. Tout le monde s'amusait. Newgate était aux anges et passait son temps à boire et à plaisanter avec ses amis et ses enfants. Son rire résonnait dans toute la salle. Satch et Sanji faisaient des allers-retours entre la cuisine et la grande salle, Ussop s'était improvisé DJ et s'assurait de mettre la bonne ambiance. Avec l'aide d'Izou, Alvida et Hancock avaient organisé un concours de beauté pour élire la « Reine de la Soirée », à la grande frayeur des autres pensionnaires. Ace avait été assigné aux boissons avec plusieurs autres résidents et s'attelait à sa tâche avec entrain. Et Marco avait été chargé d'accueillir les invités extérieurs.

À propos d'invités extérieurs, il y en a justement une qui venait d'arriver. Elle alla saluer Barbe-Blanche qui lui donna une accolade à lui briser les côtes, et se dirigea ensuite vers le bar improvisé.

-Salut, trésor. Tu me sers un verre ?

-Bien sûr, douce Shakky, répondit Ace avec un sourire.

-Martini dry. Deux olives.

Ace lui prépara sa boisson, et la lui tendit.

-Je suis vexée, trésor.

-Qu'est-ce qu'il y a ? s'inquiéta le jeune homme.

-Ici tu ne fais pas toute une histoire pour ta chemise.

Il éclata de rire, suivit par la jeune femme.

-Ici j'suis avec des gens que j'connais.

-Tu marques un point.

Il s'éloigna pour servir d'autres personnes, mais revint vite à sa patronne, qui avait été rejointe par un autre homme. Cheveux blancs, petite barbe au menton, lunettes en demi-lune et sourire bon enfant, il faisait bonne impression dès le premier regard. Mais ses yeux bleus paraissaient transpercer tous ceux qui les croisaient.

-Ace ! Laisse-moi te présenter un vieil ami. Silvers Rayleigh.

-Enchanté, dit le brun en lui serrant la main.

-De même, répondit Rayleigh. C'est donc lui le petit mousse de ton bar dont tu n'arrêtes pas de me parler ?

-Le «mousse» ? releva Ace.

-Rayleigh était marin auparavant. Il a aidé Newgate pour pas mal de trafics maritimes, et ils sont devenus amis. Jusqu'à ce que les deux se retirent du monde de l'illégal pour passer des vieux jours tranquilles.

-Aujourd'hui, je ne suis plus que réparateur de bateaux, mais j'aime ça. Ça me permet d'arnaquer mes clients sans problème.

Il éclata de rire, vite suivit par les deux autres.

-Bon, j'vais aller voir ton bienfaiteur, signala ensuite le vieil homme. Ça f'sait un bail qu'on s'était plus revus. Allez, salut les jeunes !

Il s'éloigna en agitant la main, et Ace remarqua alors sa tenue. C'est moi ou il n'a qu'un short de bain sous sa cape ce type ? Drôle de bonhomme...

La musique changea soudainement et Ace sourit. Il alla voir les autres barmen de la soirée.

-Shakky va me tuer si je ne la fait pas danser. J'peux vous laisser dix minutes ?

-Bien sûr, vas-y !

-Merci les gars.

Il revint vers sa patronne, s'inclina et lui tendit la main.

-M'accorderez-vous cette danse ?

Elle accepta avec amusement et ils se dirigèrent tous les deux vers la piste où ils se mirent à tourner doucement au milieu des autres couples. Il aperçut de loin Sabo danser avec Robin et sourit.

-Dis, Shakky... Tu crois que tu te marieras un jour ? demanda-t-il soudain.

-Non, je ne pense pas, répondit-elle après un instant de réflexion.

Elle lui fit un sourire sarcastique.

-Tu sais, il n'y a qu'un seul jeune homme avec qui je souhaiterais éventuellement me marier, et malheureusement, à part une nuit d'ivresse totale à Jaya, il monte pour l'autre équipe...

-Oooh zut... Il monte pour l'équipe rose ? déplora son cavalier.

-Oui...

-Quelle tragédie !

-Je sais... Mais... C'est le lot de toutes les belles histoires d'amour..., soupira-t-elle, faussement abattue.

Il la fit tourner pour la mettre dos à lui et approcha sa bouche de son oreille.

-C'était pas à Jaya, c'était à Yuba, ma belle. Et c'était génial.

Elle rit, il déposa un baiser sur sa joue.

-Va à l'hôtel, grogna Sabo qui s'était rapproché avec Robin.

-Va voir ailleurs si j'y suis, fouineur !

La musique s'achevait à peine qu'un grand fracas de porte se fit entendre.

-OH LE VIEUX ! J'AI SOIF ! ABOULE LE RHUM !

-Ne pourrais-tu pas être plus discret ?

Newgate s'approcha et identifia rapidement les deux nouveaux venus.

-Eh ben te v'là enfin, Poil de Carotte ! T'es en retard ! Et t'as ramené le neurasthénique avec toi ? Bienvenue chez moi !

-HAHAHAHA ! Joyeux anniversaire, vieux forban !

-Mes condoléances pour ton décès prochain, ajouta l'autre homme avec un sourire sardonique.

Barbe-Blanche se contenta d'éclater de rire et de les entraîner à sa suite. Il furent arrêtés par un gamin fonçant dans leur direction.

-SHAAAAAANKS !

-Hey, salut Luffy !

xxxxxxxxxx

Avec Shanks et Mihawk dans la salle, la soirée fut nettement moins calme. Enfin, surtout à cause du Roux. Luffy et lui dans la même pièce garantissait une animation certaine. À l'époque où il volait avec Zoro pour celui qu'ils appelaient simplement le Vieux, ils s'étaient faits poursuivre par trois ou quatre chiens policiers. Les voyant en mauvaise posture, et en passe de se faire déchiqueter par les molosses, Shanks s'était interposé et avait perdu un bras dans l'affaire. Les garçons s'étaient enfuis, mais l'avaient recroisé quelques jours plus tard. Luffy s'était précipité vers lui en s'excusant et ils avaient fini par sympathiser. Le Roux lui avait donné son chapeau de paille, son trésor selon lui, en signe d'amitié et de respect, et depuis, le garçon le considérait comme le père qu'il n'avait jamais eu.

Il l'avait revu des années plus tard, alors qu'il venait d'arriver au pensionnat, et savoir que Shanks et Newgate étaient amis l'avait rendu profondément heureux. Il pourrait revoir son protecteur souvent !

Pour l'instant ils discutaient et riaient aux éclats, faisant un boucan de tous les diables que Sabo avait du mal à supporter.

-Ça ne va pas ? demanda Robin.

-J'ai la tête qui tourne. Trop de bruit. Ça te dérange si on va un instant dehors ?

-Pas du tout, j'ai moi-même besoin de respirer un peu.

Les deux jeunes gens se dirigèrent vers la grande porte et sortirent du bâtiment. L'air frais leur fit du bien, et ils soupirèrent de soulagement. Ils marchèrent un moment avant de se retrouver sur la plage qui bordait le parc. Ils s'assirent sur un rocher plat et le silence s'installa. Pendant de longues minutes il n'y eut aucun bruit, si ce n'est celui du ressac des vagues sur le sable. La nuit était tiède, les nuages absent, le croissant de lune brillant.

-Tu as trouvé un boulot qui te plaît ? demanda soudain Sabo.

-J'ai trouvé un poste de bibliothécaire dans une petite boutique qui vend des livres de jardinage, répondit la brune.

-Tu n'as pas répondu à ma question.

Robin sourit. Elle aurait dû savoir qu'elle n'arriverait pas à tromper le blond. Après tout, dans le trio, c'était lui qui récoltait les informations.

-Eh bien... Disons que ce n'est guère... Épanouissant, admit-elle.

Sabo hocha la tête. Oui, il pouvait imaginer que ce n'était pas un emploi de rêve.

-Tu aurais aimé faire quoi ?

-Tu es bien curieux.

-Je veux en savoir plus sur toi.

-Les informations ça se paye.

Ils échangèrent un sourire amusé, et le blond se surprit à admirer le reflet des étoiles dans les yeux de la jeune femme.

-Très bien. Que veux-tu en échange de tes... informations ? s'enquit-il, beau joueur.

-Une réponse à une question, dit-elle avec un sourire innocent.

Il vit le piège venir à des kilomètres, aussi gros qu'un immeuble, mais acquiesça tout de même.

-D'accord, j'y répondrais, quelle qu'elle soit. Mais je veux mes informations d'abord.

-Posez vos questions, monsieur le Grand Reporter.

Il lui tira la langue et elle pouffa.

-Eh bien... Ce que j'aimerais savoir vraiment, c'est qui tu es. Tu as vaguement raconté que tu faisais partie de la bande de mon frère et que c'est pour ça que la police te cherchait, entre autres. C'est le « entre autres » qui m'intrigue. Que faisais-tu avant de rencontrer Luffy et les autres ?

Elle resta un instant silencieuse, son visage se fermant peu à peu à mesure qu'elle ressassait ses souvenirs. Ils n'étaient visiblement pas tout roses, et le blond s'en voulut d'avoir fait remonter des souffrances qu'elle avait visiblement réussi à enterrer.

-Robin ? Je suis désolé, je ne voulais pas... Tu n'es pas obligée de répondre.

Elle inspira un grand coup.

-Non, c'est bon. Je peux t'en parler. Laisse moi juste le temps.

Il hocha la tête et ne dit plus rien, la laissant rassembler ses idées.

-Je ne suis pas née sur cette île. Ma mère, Nico Olvia, était une auteure exploratrice, toujours à parcourir le monde pour trouver l'inspiration. Ses romans marchaient bien, et elle avait beaucoup d'argent. Elle possédait un bateau avec lequel elle voyageait d'île en île sur Calm Belt, toujours seule. Pas d'attaches, pas de point de repos. L'aventure à l'état brut.

-Ce devait être palpitant, dit Sabo.

-Peut-être... Un jour, loin d'ici, elle accosta sur une petite île nommée O'Hara. Son bateau avait essuyé une violente tempête et avait besoin de réparations qui demanderaient plusieurs mois. Elle fut hébergée par un vieux savant qui s'appelait Clover. Professeur Clover. C'est sur cette île qu'elle rencontra mon père.

Elle leva le nez vers le ciel, rêveuse.

-Elle m'a raconté plus tard qu'il avait les cheveux aussi noirs que les siens étaient blancs, et qu'il était extrêmement intelligent. Là où ma mère était romancière, lui était mécanicien. En fait, c'était lui qui était en charge de réparer son bateau. Ils tombèrent amoureux, mais ma mère ne s'attardait jamais au même endroit trop longtemps. Quand le bateau fut prêt, elle le supplia de venir avec elle, mais il refusa. Elle partit donc seule, sans savoir qu'elle était enceinte. Si elle l'avait su, peut-être que ma vie aurait été différente.

-Comment peux-tu être sûre que cette homme était bien ton père ?

Elle tourna la tête vers lui, vaguement amusée, et il se rendit compte de ses paroles.

-Enfin euh... Je ne veux pas dire... Si ta mère l'aimait, évidemment que... Mais des fois... Euh...

-Des fois ?

-Nan, oublie, grogna-t-il en regardant ses mains posées sur ses genoux.

Dans le genre maladroit... Toi qui te vante d'être le plus malin des trois, tu devrais peut-être réviser tes leçons d'humilité, mon grand ! Il fut tiré de ses pensées par un léger rire.

-Je suis sûre que c'est mon père, parce que ma mère me l'a affirmé. Je n'ai pas besoin de plus.

Il s'empourpra et hocha la tête.

-Excuse-moi.

Elle sourit, puis reprit son récit.

-J'ai passé onze ans de ma vie avec elle, sur ce bateau, à parcourir Calm Belt. Nous ne passions jamais plus d'un mois dans une ville. Je n'avais aucun ami, aucune relation. Juste ma mère. Un jour, nous sommes arrivés sur une petite île voisine de l'île de la Baleine. Une île où le commerce d'esclaves est légal et des plus florissants.

Elle eut un rire sans joie et Sabo ferma les yeux. Oh non...

-Des marchands nous ont capturés. Ma mère s'est débattue pour me sauver, et a tué l'un d'eux en l'étranglant parce qu'il m'avait frappée. Ils lui ont tiré une balle dans la tête sous mes yeux.

Il posa sa main sur celle de la jeune femme, et elle lui fit un signe de tête, reconnaissante.

-Je suis restée seule avec eux. Je n'avais personne vers qui me tourner, personne chez qui m'enfuir. Alors je me suis résignée. J'ai été achetée par un homme nommé Aokiji, un officier de police, l'un des seuls qui soit contre le commerce d'humain. Il me traitait bien, même s'il n'était pas très doué pour les relations humaines. J'ai passé cinq ans chez lui. Mais un jour il a été renvoyé de l'île, muté ailleurs, et il a dû abandonner tous ses biens. Moi y compris. Et les marchands m'ont récupérée. J'avais seize ans.

Elle serra les poings.

-J'ai été revendue sur cette île, dans un bordel. Je te passe les détails, mais j'y ai passé six ans avant de trouver le courage de m'enfuir. Quand j'ai eu vingt-deux ans, je me suis sauvée, et j'ai passé deux mois à errer dans la rue. J'allais sauter d'un pont quand Luffy m'a trouvée.

Cette fois, elle eut un sourire attendri sur le visage.

-Il m'a attrapé le bras, m'a faite descendre du rebord et m'a posé son chapeau sur la tête. Je ne sais pas pourquoi, mais ça m'a fait pleurer. Là, Nami est venue me prendre dans ses bras. Je me souviens leur avoir tout raconté. Il a mit une main sur mon épaule, et il m'a sourit, sans rien dire. Ça faisait du bien de ne plus être seule. Il a beau avoir sept ans de moins que moi, je le respecte comme s'il était mon grand frère. Et je l'aime de la même manière.

Sabo sourit. Oui, Lu' à beau être un crétin, il n'a pas son pareil pour entrer dans le cœur des gens. Robin inspira longuement et se tourna vers lui, retrouvant son sourire malicieux.

-Alors... On en arrive à la question que je voulais te poser, n'est-ce pas ?

Oh oh...

-Dis-moi pourquoi tu t'intéresses autant à moi, Grand Reporter ?

Et putain de bordel de saloperie de merde !

-Euuuh... Eh bien, c'est que..., bafouilla-t-il en se grattant la tête.

-Oui ?

-Hum comment dire... Si je veux en savoir plus sur toi, c'est que je te trouve... Intéressante et que... J'ai envie de...

Elle se rapprocha de lui et plongea ses yeux bleus dans ceux de Sabo, qui déglutit. Il se laissa emporter et oublia ses hésitations.

-J'ai envie de me rapprocher de toi, parce que tu me plaît. Et ça depuis que je t'ai vue pour la première fois, murmura-t-il.

Le sourire de la jeune femme s'élargit, et elle s'approcha de lui, lentement. Il se pencha vers elle, leurs souffles se mêlèrent, et il ferma les yeux. Leurs lèvres s'effleurèrent, leurs bouches s'entrouvrirent, et enfin, ils les unirent. La main de Robin était toujours sous celle du jeune homme, et il la pressa doucement. Leurs lèvres bougeaient ensemble, lentement, sans chercher à aller plus loin. Un baiser tendre et chaste qui fit battre son cœur à un rythme effréné.

Elle se recula doucement et sourit.

-Jamais personne ne m'avait embrassé comme ça.

-C'est un reproche ? demanda-t-il en lui rendant son sourire.

-Je ne sais pas... Recommence pour voir ? Que je me fasse une idée plus précise...

Il se pencha à nouveau vers elle... Et son portable sonna. Elle dégagea sa main, posa un baiser sur sa joue et se leva pour s'en retourner au pensionnat. Il sortit l'appareil, identifia machinalement le numéro, et regarda le message qu'il avait reçu.

Bah t'es où ? On te cherche !

Ramène-toi, ils ont apporté le dessert !

Lu'

-NAN MAIS IL LE FAIT EXPRÈS, C'EST PAS POSSIBLE !

xxxxxxxxxx

Le rire de Doflamingo résonna derrière lui. Il se débattit, mais les deux hommes qui l'avaient immobilisé s'y connaissaient en matière de nœuds de corde. Les miroirs qui ornaient toute la pièce, y compris le sol et le plafond, lui montraient chaque angle de vue de ce qui allait se passer. Des larmes de rage coulèrent de ses joues.

-Laissez-moi ! Détachez-moi !

-Eh bien, eh bien, mon petit Law... Tu te rebelles contre ton patron ?

-Ne faites pas ça !

-Et pourquoi je ne le ferais pas ? Tu as tenté de t'enfuir, Law. Tu en payes les conséquences.

-Arrêtez, je vous en prie...

Le flamant attrapa durement son visage entre ses mains et approcha sa bouche de son oreille.

-Ça t'apprendra à la laisser te tourner la tête, susurra-t-il. Tu es à moi.

Il lâcha son visage et disparut de son champ de vision direct, même s'il put suivre les mouvements de son reflet.

-Je te préviens que si tu fermes les yeux, je le verrais, dit Doflamingo en désignant les miroirs. Et ce sera encore pire. Commençons.

Cri. Souffrance. Douleur du cœur, douleur du corps.

-NOOOOOOOOOOON !

Law se réveilla en hurlant et se redressa d'un coup dans son lit. Il passa une main sur son front couvert de sueur, regarda machinalement la pendule et soupira. Trois heures du matin. Étant peu à l'aise dans ce genre d'événements, il avait quitté la fête à minuit à peine, et était monté se coucher. Mais d'après ce qu'il pouvait entendre, la musique résonnait toujours. Il grogna, enfila un T-shirt et sortit de sa chambre.

Il descendit, évita la Grande Salle, traversa le Hall et se dirigea tout de suite dans le jardin. Il s'assit sur un banc et prit sa tête dans ses mains. Ce cauchemar, toujours le même, le hantait depuis plus d'un an maintenant. Il n'en pouvait plus de revivre cette scène encore et encore. Il aurait voulu...

-Traf ?

Le chirurgien leva la tête et avisa Ace qui le regardait, légèrement inquiet. Immédiatement, il revêtit son masque et étira ses lèvres d'un sourire sarcastique.

-Eh bien, Portgas. On déserte son poste ?

Le jeune homme haussa les épaules et s'assit à côté de lui, légèrement nerveux.

-Les gars sont trois au bar, ils peuvent se débrouiller sans moi. J'allais aller me coucher, mais j't'ai vu sortir. T'avais l'air... Préoccupé ?

L'affirmation s'était muée en question. Law s'efforça de ne pas laisser paraître son exaspération. De quoi j'me mêle ? J'ai juste besoin d'être seul ! Va-t-en !

-Juste un crétin qui m'a réveillé avec un coup de fil, mentit-il. J'ai prévu de le disséquer vivant demain matin.

Ace tiqua, et le chirurgien se douta tout de suite qu'il n'était pas dupe. Toutefois, il n'insista pas. Ils restèrent un moment silencieux, puis le jeune barman prit la parole, hésitant.

-Hey Traf'... J'peux t'poser une question ?

-Tu viens pas de le faire ?

-Oh pitié... Sab' fait tout le temps cette blague, c'est super chiant !

Law ricana.

-Vas-y.

-Eh bien... Tu penses vraiment qu'on est amis ?

-Je n'ai pas d'amis.

-Mais...

-J'ai juste des gens que j'apprécie plus ou moins. Ce sont ceux à qui j'accepte de parler, généralement.

Ace réfléchit un instant.

-Et moi, c'est plutôt plus ou plutôt moins ?

Le chirurgien sourit, carnassier. Je vais le faire mariner un peu...

-J'y réfléchis encore...

Le jeune homme hocha la tête et se leva. Enf... Ah zut, j'ai oublié de lui dire !

-Au fait, Portgas. Tu te rappelles l'autopsie que j'ai dû faire hier soir ?

-Oui ?

-Un homme retrouvé calciné dans une boutique des bas quartiers. On a reçu aujourd'hui les résultats des analyses d'empreinte dentaire.

Il s'interrompit et regarda Ace.

-Max est mort.