Allez, c'est partit pour la suite. Je me suis permis quelques libertés avec le nom du CP9, et puis vous allez en apprendre plus sur l'organisation de l'île, et celle du Moby Dick, quelque part. Et l'apparition d'un nouveau petit personnage, parce que je voulais en rajouter un de ce type dans ma fic :3

Allez, j'arrête de vous embêter.

Bonne lecture !

Bisous cramés !

Pyro


-Le CP9 ? Jamais entendu parler, dit Ace.

-Ça ne m'étonne pas, répondit Law. Leur nom complet est : la Section 9 des Chasseurs de Prime. Ils sont employés par les grandes organisations pour mettre la main sur des personnes insaisissables, contre des sommes faramineuses.

-Mais alors ils travaillent pour le gouvernement ou pour les criminels en puissance ?

-Ni l'un ni l'autre. Ils travaillent pour celui qui paie.

Ace resta un instant pensif.

-Je vois. Et pourquoi ils te couraient après ?

-Doflamingo me cherche.

-Pourquoi ?

Le chirurgien resta silencieux, et le barman n'insista pas.

-La Section 9 des Chasseurs de Prime... Ça veut dire qu'il y en a huit autres ?

-Bravo, Sherlock ! Tu sais compter ! railla Law

-Je t'emmerde, Traf' !

Le métisse ricana.

-En fait, il y en a neuf autres. La plus puissante est le CP0. Quand ils sont contactés, c'est que c'est un gros poisson qui est recherché. Un très gros poisson.

Ace hocha la tête et se leva.

-Bon, bah j'ai plus qu'à les débusquer et à leur casser la gueule. Fastoche !

-Bien sûr, Portgas ! Et j'irais dire à tes frères que tu t'es fait buter ! Nan, t'approches pas de ces types. Ils pourraient en avaler quinze des comme toi et avoir encore faim après. De toute façon, tu les trouveras jamais. Ils n'ont pas de planque. Leur seul moyen de préserver leur anonymat, c'est leur couverture, et je t'assure qu'elle est en béton. Ils ont des femmes, des enfants, un métier, des passe-temps... Le gouvernement les protège parce qu'il a besoin d'eux pour exécuter leur sale besogne. Quand quelqu'un en sait un peu trop sur les petites affaires d'un homme politique important, les Chasseurs de Primes reçoivent l'ordre de... Supprimer le problème. Les grands truands les embauchent plus pour des vengeances personnelles.

Ace sentit un frisson lui parcourir l'échine. Supprimer le problème, hein ? J'imagine que cette suppression doit être plutôt dans le genre... Définitif.

-Mais pourquoi s'en prendraient-ils à Max ?

-Parce qu'il m'a aidé à m'en sortir, répondit le chirurgien, morose. On ne peut pas berner facilement le CP9.

-Comment tu sais tout ça ?

-Doflamingo les employait souvent pour retrouver des gens qui ne payaient pas assez vite leurs dettes.

Law détourna le regard, et Ace ne put s'empêcher de se demander quelle était la dette du chirurgien. Mais il ne posa aucune question. Il ne voulait pas le braquer, et puis il savait qu'il n'aurais de toute façon pas de réponse.

-D'ailleurs, Portgas... Fais-moi plaisir, évite de te balader seul dans la rue, tu veux ?

Ace sentit son cœur s'accélérer.

-Tu t'inquiètes pour moi ? sourit-il, se donnant un air sûr de lui.

Law se contenta de lui faire un sourire énigmatique, et se leva à son tour.

-Bon, j'vais y aller. Faut que j'prenne une douche, quelqu'un m'a invité à dîner.

-C'est qui ? demanda le jeune homme, dans un élan de jalousie.

Le chirurgien le regarda, amusé, et haussa un sourcil.

-En quoi ça t'intéresse ?

-Euh... Comme ça, pour savoir, c'est tout.

Law ricana et s'approcha de lui jusqu'à ce que leurs nez se touchent presque, plongeant ses yeux gris dans les prunelles noires d'Ace. Ce dernier déglutit. Recule, mon vieux ! Tu vas faire une connerie ! Ordonne à ton corps de bouger de là, vite fait !

-Jaloux, Portgas ? s'enquit le métisse d'une voix suave.

-Tu m'as déjà posé cette question, marmonna Ace. Par SMS...

-Et tu n'as pas eu la décence d'y répondre. Alors dis-moi. Jaloux ?

-Je... Hum... Un peu, balbutia-t-il, hypnotisé par le regard de Law.

Le chirurgien sourit en coin et pencha légèrement la tête sur le côté, se rapprochant encore. Le cœur du jeune homme parut s'arrêter une brève seconde avant de repartir dans un galop frénétique, et sa raison eut de sérieux ratés. Il sentit le souffle de Law effleurer ses lèvres et ferma les yeux, attendant les sensations dont il rêvait depuis des mois.

Le métisse recula.

-Intéressant, dit-il seulement avec un petit sourire.

Ace ouvrit les paupières, et le regarda sans comprendre, l'esprit encore embrumé.

-Au fait, reprit Law sur le ton de la conversation en regardant ses ongles. J'ai jamais été invité à dîner. Je voulais juste voir ta réaction.

-Je... Tu...

-On se voit au self, Portgas. Tâche de revenir sur terre d'ici là. Ciao !

Il se détourna et s'éloigna les mains dans les poches, aussi décontracté que s'il venait de parler de la pluie et du beau temps.

… Lui aussi j'vais l'buter.

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-Luffy ? T'es là ?

-Entre Zoro ! J'suis dans la salle de bain, j'arrive !

Zoro entra dans la chambre et s'assit sur le lit de son ami, posant un sac à côté de lui.

-J'ai d'mandé des sandwiches au permanenté du sourcil, dit-il. J'ai pas envie d'manger en bas ce soir. Tu restes avec moi ?

-Ouais, si tu veux, lança Luffy depuis la pièce d'à côté. T'façon, Ace a sûrement envie d'être seul, et Sabo va vouloir passer la soirée avec Robin.

-Oh ! Ils sont ensemble, finalement ?

-Ouais, ils nous l'a dit quand on rangeait le catamaran, cet aprèm'.

-Sérieux ? C'était pas vraiment le moment pourtant..., s'inquiéta le vert.

-Au contraire. Il a fait ça parce qu'il savait que ça intéresserait Ace. Il lui a donné une occasion de se foutre de lui, pour lui changer les idées, expliqua le brun. Bon, t'as pris triple viande pour moi ?

Zoro sourit. À croire qu'à sa naissance, il lui ont collé le cerveau dans l'estomac.

-Ouais, t'inquiète. T'en es où ?

-J'arrive, j'me bat avec le tapis d'bain, j'arrive pas à le remettre droit. Tiens, la playlist que j'voulais t'faire écouter est dans mon PC. Vas-y, mets-la.

Le vert s'exécuta, et s'assit face au bureau pour ouvrir l'ordinateur de son ami. Il identifia tout de suite les chansons rien qu'à leur titre.

-J'te remercie de croire que j'connais pas U2, Luffy, ricana-t-il.

-J'peux pas savoir, moi ! Allez, mets la première.

Le garçon s'approcha de Zoro et s'accouda sur son épaule, lisant les titres par dessus sa tête. Le vert tourna la tête vers lui et ferma immédiatement les yeux en retenant sa respiration.

-Luffy, recule s'te plaît.

-Bah pourquoi ?

-Juste recule.

Il sentit le bras de Luffy quitter son épaule et soupira de soulagement. Il l'entendit s'asseoir sur son lit.

-Qu'est-ce qu'il y a ? demanda le brun, étonné.

-T'aurais pu t'habiller, quand même !

-Ça va, j'ai une serviette !

-Ouais, bah c'est bien c'que j'dis ! grogna-t-il en se tournant vers son ami. Tu devrais pas te balader à moitié nu comme ça ! Et surtout pas quand il y a quelqu'un dans ta chambre !

Luffy pencha la tête sur le côté, et le regarda un moment, sincèrement surpris.

-Mais... C'est pas juste quelqu'un, c'est toi ! Alors c'est bon !

Zoro rougit et passa une main dans ses cheveux, gêné. Il y eut un moment de silence, puis un sourire malicieux vint étirer les lèvres du garçon. Oh oh..., pensa-t-il. Qu'est-ce qu'il a encore imaginé ?

Luffy se leva et s'approcha de lui, pas plus habillé qu'avant. Il se pencha jusqu'à mettre son visage à la hauteur du vert, s'appuyant sur ses cuisses fermes, et leurs yeux s'accrochèrent.

-Alors comme ça, t'as envie de moi ? susurra-t-il soudain.

Pour le coup, Zoro faillit tomber de sa chaise et prit la couleur d'une tomate trop mûre.

-Mais... Je... Ça va pas de balancer des trucs pareils comme ça ?! Et puis j'ai rien dis !

-T'as pas eu b'soin. J'l'ai vu dans tes yeux, dit Luffy en réduisant encore la distance les séparant.

Le vert agrippa les bords de la chaise et se recula jusqu'à ce que le dossier lui rentre dans le dos. Trop proche. Beaucoup trop proche, et déroutant, surtout. Il n'avait aucun contrôle sur ce qui se passait, et quelque part, ça le terrifiait.

-Pourquoi tu t'enfuis ? murmura le brun. T'en as envie, non ?

Zoro ouvrit la bouche pour parler, mais sa voix resta bloquée dans sa gorge. Luffy ne lui laissa pas le temps de se reprendre et se pencha encore, jusqu'à sceller leurs lèvres. Le vert écarquilla les yeux une seconde, avant d'accepter le baiser et de les fermer.

Les lèvres de Luffy étaient douces et sucrées, légères comme une caresse. Il passa une main hésitante dans ses mèches noires pour appuyer le baiser, et le brun répondit en entrouvrant la bouche pour laisser passer la pointe de sa langue. Elle s'insinua entre les lèvres de Zoro, pour aller chercher sa sœur, et elles s'entremêlèrent lentement, se savourant l'une l'autre.

Lorsque le vert recula la tête pour briser l'échange, Luffy papillonna un moment des yeux, avant de le regarder en souriant.

-Tu veux toujours t'enfuir ? se moqua-t-il à mi-voix.

Zoro lui fit son sourire en coin et le repoussa. Il se leva, le fit tomber sur le lit et se pencha sur lui pour l'embrasser à pleine bouche. Heureusement pour son contrôle, la serviette resta en place par une quelconque intervention divine. Sinon il n'aurait pas pu se retenir, et il ne voulait surtout pas précipiter les choses.

-Non, je ne vais pas m'enfuir. Tu peux même compter sur moi pour te coller aux basques maintenant..., gronda-t-il en mordillant son cou.

Luffy rit sous ses caresse, et finit par le repousser.

-Allez, laisse-moi m'habiller avant qu'Ace ou Sabo arrivent, sinon ils vont te massacrer.

Il baissa la voix.

-Et pire encore, imagine que ce soit Hancock qui débarque...

-AAAAH ! Dis pas des trucs pareils ! Allez hop ! Debout ! Va t'habiller ! s'exclama Zoro, faussement paniqué.

Ils éclatèrent de rire, et se relevèrent. Le garçon attrapa des vêtements au hasard et passa dans la salle de bain pour les enfiler.

-Au fait, Zoro ?

-Mmmm ?

-Sanji, il nous a mit quoi comme dessert ?

Le vert secoua la tête. Ou alors, ils lui ont mit l'estomac dans la tête. Au choix.

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Rayleigh monta les marches qui menaient au bureau de Newgate, et toqua à la porte. Lorsque la voix tonitruante de l'ancien truand lui donna la permission d'entrer, il pénétra à l'intérieur de la pièce.

-Salut, Edward. Comment tu vas ?

-J'tiens la forme, Rayleigh.

-Tu sais que c'est pas qu'une simple question de courtoisie, réponds-moi franchement.

Il y eut un moment de silence, puis le géant soupira.

-Bah ! À toi j'peux bien l'dire. Ça me ronge, je commence à en ressentir les effets quand j'fais un effort.

-Je vois.

-Mais j'te préviens, vieux débraillé ! Pas un mot à Shakky, au rouquin, ou à n'importe lequel de mes enfants, c'est clair ?

-T'inquiète, j'dirais rien à personne. Tu sais bien que c'est pas mon genre. J'ai gardé le secret pour Roger, j'le garderais pour toi.

Newgate hocha la tête et lui désigna un chaise.

-Assieds-toi, Rayleigh.

-Pourquoi tu m'as demandé de v'nir ?

-Y a pas que toi. J'ai appelé Poil de Carotte et Face d'Enterrement aussi.

Le vieux bateleur éclata de rire.

-J'espère pour toi qu'il t'entendra jamais l'appeler comme ça ! s'exclama-t-il.

-Appeler qui comment ? demanda Shanks en entrant dans la pièce.

-T'occupe, le Jeunot. Venez vous asseoir. Faut qu'on cause.

Les deux hommes prirent place devant le directeur du pensionnat, attentifs. C'était rare qu'ils se retrouvent tous les quatre depuis la mort de Roger.

Newgate, Roger et Rayleigh avaient été la première génération des grands truands de l'île. Ils étaient surnommés par tout les hors-la-loi les Trois Empereurs. Chacun avec leur noms de code, respectivement Barbe-Blanche, le Roi des Pirates, et le Seigneur des Ténèbres. Quand Roger était mort, Newgate avait hérité du Moby Dick. Il avait placé les papiers dans un coffre sécurisé, avec l'argent qu'il avait gagné. Ensuite, il s'était rendu et avait payé sa dette à la société, pour repartir sur des bases saines afin de créer le pensionnat. Rayleigh, lui, avait simplement abandonné la truanderie et avait disparu. Les autorités le recherchaient encore, officiellement, du moins. Mais officieusement, l'affaire était close.

Quand les Trois Empereurs avaient disparu, quatre nouveaux truands, appelés les Quatre Rois, avaient reprit leurs affaires. Avec plus ou moins de succès. Shanks et Mihawk avaient percé ensemble. Le Roux était la « face publique » de leur affaire, tandis qu'Œil de Faucon agissait dans l'ombre, et réglait les détails les plus sordides (et les plus délicats, car Shanks avait tendance à tout prendre à la rigolade...). Le troisième a être devenu un mafieux en puissance était Doflamingo, alias Joker. Et le quatrième était Jinbei, dit le Paladin des Mers car il imposait sa loi sur les côtes et les voies maritimes, comme Roger avant lui.

Le point commun entre ces sept personnages était qu'ils étaient tous connus de la police, mais qu'ils étaient tous intouchables. Par manque de preuve. Aucun d'eux ne pouvait être punis, à moins qu'ils ne se rendent, comme l'avait fait Newgate.

-Bon, j'suis déçu que Jinbei ait pas pu venir, mais il est sur une autre île, et j'fais pas confiance à son second, commença Barbe-Blanche.

-Ah ouais ? J'me demande bien pourquoi ! railla Shanks. Pourtant, Arlong est une vraie tête d'ange...

-Ta gueule le Roux ! J'en étais où ? Ouais. On a un gros souci, à propos de nos vies, et de celle du pensionnat.

-Qu'est-ce qui se passe, Edward ? crache le morceau, réclama Rayleigh.

-Vous connaissez tous le contrat qui me lie à Sengoku, le chef le la poule ?

-Il vous laisse tranquille, toi et tes jeunes, à condition qu'ils ne rechutent pas et que toi non plus. À partir du moment où ils demandent asile et qu'ensuite ils se tiennent à carreau, il peut rien contre eux, c'est ça ? résuma Shanks.

-Ouais. Mais cet arrangement à une faiblesse.

-Laisse-moi deviner, Newgate, intervint Mihawk. C'est le fait qu'il ait été passé entre Sengoku et toi personnellement, et non entre toute l'organisation gouvernementale et toi.

-Exactement. Autrement dit, quand Sengoku ne sera plus à la tête des forces de police, le contrat sera caduque, et le Moby Dick ne sera plus qu'un repaire d'anciens délinquants qui n'ont pas encore été punis.

-Et c'est la même chose si c'est toi qui quitte la direction du centre, n'est-ce pas, Edward ?

-Oui, Rayleigh. Mais c'est pas moi le problème, c'est Sengoku. Il va démissionner.

-HEIIIN ? Attend, le Vieux ! T'es pas sérieux là ? s'exclama Shanks.

-J'ai l'air de plaisanter, rouquin ?

Mihawk leva les yeux au ciel alors que son amant manquait de tomber de sa chaise.

-Ok, j'ai b'soin d'un verre de rhum, grommela le Roux. Quoique, une barrique serait plus efficace, j'crois.

-Qui est candidat à la succession ? demanda le Faucon. Est-ce que...

-Nan, il n'en fera pas partie, je sais de qui tu veux parler, Mihawk. Il a le choix entre trois candidats. Sakazuki Akainu, Borsalino Kizaru, et Kuzan Aokiji.

-Le Chien Rouge, le Singe Jaune, et le Faisan Bleu... Les trois amiraux... Et merde, grogna Rayleigh.

-Et on peut pas renouveler le contrat avec l'un d'entre eux ? demanda Shanks. En faisant gaffe aux termes cette fois.

-Ça dépend de qui est élu. Avec Aokiji, c'est possible, c'est même probable. Il est juste, et surtout, il prône la « Justice Tranquille », comme il dit. Il sera plus que ravi d'avoir des têtes en moins à courser dans les rues. Avec Kizaru, ce sera plus dur, mais on peut y arriver en négociant ferme. Le problème, c'est que celui qui est en tête de liste...

-C'est Akainu, murmura le bateleur.

-Et cela m'étonnerait qu'il se laisse amadouer, ricana Mihawk avec un sourire en coin.

-Bon... Bah moi j'vois qu'une chose à dire, annonça Shanks. On est royalement dans la merde.

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Après avoir dîné avec Sabo, Robin, Ussop et Marco, Ace était ressorti du pensionnat. Ce que lui avait révélé Law lui trottait dans la tête depuis le début de la soirée, et il n'avait que peu participé à la conversation pendant le repas. Il s'enfonça dans la forêt, marchant sans vraiment savoir où il allait.

Le CP9... Comment j'vais pouvoir coincer ces types ? Nan, en fait, il suffirait que j'en coince un... Celui qui a foutu le feu. J'en sais quelque chose, faut pas être quinze pour mettre le feu à un bâtiment. Faudrait que j'demande à Sabo de s'renseigner. Il me trouverait sûrement des indices. Ouais, mais j'veux pas le mêler à ça. Si ces types, ces Chasseurs de Primes sont aussi rancunier que Traf' le prétend, j'veux pas qu'il se retrouve impliqué. Ni lui, ni Robin, parce que c'est sûr qu'elle voudrait l'aider...

Il progressait entre les arbres, en proie à ses réflexions. Des couvertures en béton, hein ? Qui connaît les secrets du Gouvernement...? La poule, bien sûr. Sengoku doit forcément être au courant. Et les Trois Empereurs et les Quatre Rois aussi... Père accepterait peut-être de m'aider ? Nan, sûrement pas. Max faisait partie de mes amis, mais lui ne le connaissait pas. Il ne voudrait pas que je risque la prison pour ça. Alors Rayleigh ? Non plus, de ce que j'ai vu, le vieux bateleur est plutôt placide. Shanks voudra jamais non plus... Reste Mihawk.

Mihawk était le plus susceptible de l'aider. Mais... Rien que d'y penser, il en avait des sueurs froides. Aller demander de l'aide au Faucon ? Autant chanter la sérénade à un mur de prison. Le mur serait plus réceptif et plus aimable, sans aucun doute. Pourtant, s'il voulait venger Max, il n'avait pas trop le choix.

Il interrompit ses réflexions en entendant les buissons à côté de lui se mettre à bouger. Il s'immobilisa, attentif. Un ours ? Un loup ? Il s'était enfoncé profondément dans la forêt, et il n'était pas rare de rencontrer des prédateurs. Le buisson sur sa droite remua de nouveau.

-Yip !

Ace sourit et s'accroupit pour regarder à travers le feuillage. Un renardeau. Il avait la patte coincée dans un piège de braconnier. Un simple collet pour le petit gibier, heureusement, pas un piège à loup.

-Bah alors, bonhomme ! Comment t'as fait ton compte, hein ?

Il tira un couteau et avança sa main libre dans le buisson. La bête gronda et se ramassa, la queue entre les pattes.

-Allez, t'inquiète pas mon grand. Je vais pas te faire de mal...

Mais le renardeau ne semblait pas décidé à le croire, et il planta ses crocs dans sa main. Le sourire d'Ace s'accentua. Des toutes petites quenottes de rien. Pas de quoi fouetter un chat. Il resta un instant immobile, et attendit patiemment que l'animal se rende compte lui même qu'il n'y avait pas de danger. Voyant que rien ne venait riposter à son attaque, le petit desserra les mâchoires et lécha la blessure, comme pour s'excuser.

-Bah voilà, tu vois ? Allez, laisse-toi faire, murmura le jeune homme, rassurant.

Il approcha de nouveau sa main, et maintint le renardeau au sol pour ne pas qu'il bouge. Puis il trancha le lien d'un geste sec. Il le souleva par la peau du cou et l'amena devant son visage. L'animal tenta de lui mettre un coup de patte, et il rigola.

-Et ta mère, elle est où ? Hein ? Ouais... Elle s'est tirée quand elle a vu qu'elle arrivait pas à te libérer, hein ? Tu vois, moi c'est mon père qui s'est barré..., dit-il amèrement.

Le renard pencha la tête sur le côté et jappa. Le sourire d'Ace revint étirer ses lèvres.

-Si j'te laisse là, tu vas crever. Allez bonhomme, accroche-toi, j'te ramène chez moi !

L'animal jappa de nouveau, et le jeune homme le prit plus confortablement dans ses bras. Ramener des animaux au pensionnat n'était pas interdit, du moment qu'ils ne faisaient pas de vagues. Hancock et ses sœurs avaient des pythons énormes, Sanji avait un chien, Shachi un chat aussi gras qu'un loukoum...

-Comment j'vais t'appeller... ?

Il réfléchit à un nom en revenant vers le Moby Dick, et c'est en sortant de la forêt qu'il se décida. Il observa la fourrure rousse de son nouvel ami, et il trouva tout de suite.

-Hiken. Je t'appellerais Hiken.

Le renardeau jappa et lui lécha la main, sous le regard vaguement attendrit du jeune homme.

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Ace entrait dans sa chambre pour présenter Hiken à ses frères, quand il fut bousculé par Izou.

-Aïe ! Fais gaffe, mec !

-Pardon Ace ! Faut que j'vous parle à toi et tes frères !

-À ct'heure-ci ? Il est quasiment onze heures du soir.

-Qu'est-ce que t'as Izou ? demanda Luffy. Hey Ace ! C'est quoi c'que t'as dans les bras ?

-T'as l'air complètement paniqué, renchérit Sabo.

-Les gars, vous avez intérêt à vous planquer comme il faut demain.

Les trois frères oublièrent complètement la bestiole qui s'agitait dans les bras d'Ace lorsque la même appréhension leur prit le ventre.

-Y a Garp qui passe au pensionnat.

Ace, Sabo et Luffy se regardèrent avec la même expression de terreur sur le visage. Et ils eurent tous les trois la même réaction.

-Oh. Merde.