J'ai quelques jours de retard, mais bon... J'ai eu des soucis de déménagement, on va dire. J'espère que vous me pardonnerez cette petite bévue ^^

J'vous préviens, pas beaucoup d'actions ici, mais dans les prochains chapitres, ça bougera un peu plus ! Promis !

Pour ceux qui suivent Les Maximes du Sabre, je suis désolée, je ne sais pas quand je vais pouvoir poster... Nan, posez ces haches ! Voilà ! En douceur... EHEEEHH *esquive une arme*. Bandes de taré(e)s !

Bonne lecture quoiqu'il en soit !

Bisous cramés !

Pyro


Planqués sous le grand escalier du Hall, les trois frères écoutaient anxieusement ce qui se passait autour d'eux.

-Tu crois qu'il va nous en vouloir ? chuchota Luffy à Ace.

-Ben vu qu'on a dit que la police et l'armée c'était pour les vieux babouins décrépis comme lui, et pas pour nous..., commença l'aîné.

-... Y a des chances oui, compléta Sabo en frissonnant.

-BANDE DE SALES GOSSES ! MONTREZ-VOUS OU VOUS ALLEZ GOÛTER DE MON POING !

-... On a aucune chance de s'en sortir en l'assommant, je suppose..., marmonna le plus jeune.

-Aucune, répondirent en cœur les deux autres.

-Yip !

Horrifiés, les trois garçons tournèrent la tête en direction d'Hiken, qui arrivait en trottinant vers eux.

-Nan ! Putain, Ace, si ton renard nous fait repérer, j'le donne à Sanji ! menaça le blond.

-Hiken ! Dégage ! ordonna le barman.

Il aurait pu tout aussi bien parler à une cafetière, ça aurait fait le même effet. Le renardeau continua à s'avancer joyeusement vers eux en jappant. Alors qu'ils essayaient désespérément de lui faire peur pour qu'il s'en aille, deux énormes mains les saisirent par les chevilles et les tirèrent tous les trois de leur planque.

-AAAAAAAHHHH !

-J'VOUS AI EU ! ALORS, ON CROYAIT S'EN TIRER COMME ÇA ?

Griffant le parquet pour essayer de se retenir, au point d'en arracher des copeaux, les trois garçons tentèrent tant bien que mal d'échapper à la poigne de fer de Garp, sous-directeur de la police et bras droit de Sengoku. Mesurant pas loin de deux mètres, et affichant des muscles taillés dans le granit malgré son âge, il n'eut aucun mal à les soulever par les chevilles, tête en bas, devant son visage. Ace dans une main et les deux autres dans l'autre.

-Lâche-nous le Vieux ! cria Sabo.

-On veut pas devenir policiers ! Ni militaires ! C'est tout ! ajouta Luffy.

-Vous voulez rester des petits truands toute votre vie ? tonna le géant.

-Pas du tout ! On a déjà un boulot, c'est tout ! s'exclama Ace.

-Pas Luffy !

-Pas encore, mais dès que j'aurais dix-huit ans, je trouverais quelque chose !

-Oui, la police !

-NON ! clamèrent ensemble les trois frères.

Garp les reposa à terre et leur enfonça son poing sur la tête, chacun leur tour.

-AAIIIE ! Putain, j'aime pas quand tu fais ça ! hurla Luffy en se tenant le sommet du crâne.

-Ça vous apprendra à vous foutre de moi ! gronda Garp.

Les autres pensionnaires s'approchèrent pour voir ce qui se passait, et Ace distingua Law parmi les visages curieux. Il affichait un sourire goguenard en le regardant se frotter la tête, assis sur les fesses. Le barman rougit et se releva d'un bond.

-Tu peux cogner autant que tu veux, tu me feras pas changer d'av...

BANG ! BANG ! BANG !

-AAAIIIE ! Ace ! Tais-toi, bon sang ! se plaignit Sabo.

-Pourquoi tu nous a frappé ?! geignit Luffy. On a rien dit nous !

Garp éclata de rire et se gratta la nuque, vaguement gêné.

-L'habitude, sans doute, s'excusa-t-il.

-TON HABITUDE, TU SAIS OU TU PEUX TE LA... ? s'emporta Ace

BANG ! BANG ! BANG !

-ACE ! TA GUEULE ! hurlèrent les deux autres en se tenant encore une fois le crâne.

Le jeune homme grommela, mais n'ajouta rien, et leur agresseur partit en sifflotant vers le bureau de Newgate, les mains dans les poches.

-Complètement taré, grogna Sabo.

-J'ai mal à la têêêêête..., gémit Luffy.

-Allez, amène-toi, j'vais t'mettre de la glace là-dessus. Tu viens, Ace ?

-Nan, j'ai quelqu'un à aller voir, dit-il. J'vous rejoins plus tard.

-Ça roule. Allez, Lu'.

-Boboooo...

Ace les regarda partir avec Hiken, puis se dirigea vers la bibliothèque. Il passa devant Law sans un regard, tête haute, et entendit vaguement un ricanement amusé. Il retint un reniflement agacé. Indifférence. C'était le maître-mot. Sinon, il allait encore s'attirer les railleries du chirurgien. Il poussa la lourde porte de bois sombre et entra.

Il se sentait un peu bizarre, dans cet endroit. Les hautes étagères grimpaient jusqu'au plafond, remplies de livres à la couverture ouvragée, parfois très anciens, il le savait. Il avait l'impression d'être tout petit, écrasé, perdu dans une cathédrale du savoir. Des échelles immenses étaient dispersées un peu partout contre les meubles de bois clair, donnant le vertige avant même de monter dessus.

Il s'avança entre les rayons de livre en rentrant la tête dans les épaules, comme s'ils allaient lui tomber dessus, et se dirigea vers le fond de la salle. Comme prévu, il était assit dans un coin sombre, confortablement installé dans un fauteuil de cuir, un livre énorme et richement orné à la main. Machinalement, Ace en déchiffra le titre. Kokuto Yoru, Sabre de la Nuit, Porteur de Mort. Ouais... Rassurant.

-Portgas, dit simplement Mihawk sans lever les yeux. Que me vaut le désagrément de ta visite ?

Génial. Ça commence bien.

-J'aurais besoin de ton aide.

Œil de Faucon le regarda, et il se retint de partir en courant. Ses yeux étaient vraiment terrifiants. Comment faisait Shanks pour supporter cette vision tous les matins au réveil ?

-Mon aide ? Et en quel honneur te l'accorderais-je ?

-Je veux venger la mort d'un ami.

Les prunelles d'or parurent briller une seconde, avant de reprendre leur apparence dure. Mihawk esquissa un sourire en coin.

-Vraiment ? Et tu comptes sur moi pour régler son compte à quelqu'un ?

-Non. La partie sanglante, je m'en charge. Je veux juste des renseignements.

-Pose toujours ta question, je verrais si j'ai envie d'y répondre, déclara le truand en replongeant dans son ouvrage.

Pourquoi ce type a toujours besoin d'être aussi... Crispant ? C'est insupportable.

-Je veux retrouver le membre du CP9 qui a mit le feu à une petite épicerie, il y a quelques jours.

Pour le coup, Mihawk fut surpris, même si son visage resta aussi lisse et froid qu'une plaque de verglas. Le jeune avait vraiment l'intention de se frotter à ces types ? Il n'était peut-être pas si ennuyeux, finalement.

-Très bien. Le membre de leur équipe qui est le plus souvent chargé de tout nettoyer derrière eux est un certain Blueno.

-Comment je peux le trouver ?

-Tu veux le tuer ?

-Je ne sais pas encore.

-Tu n'es pas sûr de toi. Tu ne pourras rien faire si tu n'as pas prit tes résolutions.

Ace détourna le regard, se soustrayant aux yeux terrifiants du Faucon. Son cerveau bouillonnait d'idées, analysant chaque situation, chaque action qu'il devrait faire, chacune des conséquences que ça entraînerait. Il avait l'habitude.

Il tourna à nouveau le regard vers Mihawk, déterminé.

-Je vais lui faire goûter à sa propre médecine.

Œil de Faucon eut un sourire fourbe, et ses prunelles brillèrent d'un éclat nouveau. Puisque le gamin y tenait tellement, il allait lui donner ce qu'il voulait. La suite des événements promettait d'être passionnante...

xxxxxxxxxx

-Tu peux pas t'empêcher de les terroriser à chaque fois que tu leur rends visite, hein, Garp ?

-Ils en ont vu d'autres, répondit le géant en haussant les épaules. Et tant que je le pourrais, je m'efforcerais de les ramener là où est leur place !

-Leur place est ici jusqu'à ce qu'ils décident d'en partir, Garp. Le fait que tu viennes tous les mois à l'improviste ne changera rien ! Surtout si tu continues à leur taper dessus, railla Newgate.

-On verra ça ! Les deux premiers sont des cas désespérés, mais j'pense qu'il y a encore de l'espoir pour Luffy.

-C'est ton préféré, avoue.

-J'l'ai inscrit ici à mon nom en comptant sur toi pour qu'il fasse quelque chose de sa vie ! Alors oui, c'est un peu mon préféré, c'est vrai.

Newgate se rappelait parfaitement du jour de l'arrivée des trois frères, deux ans plus tôt. Ce soir-là, il pleuvait des cordes, en plein été. Il était au milieu d'un rendez-vous avec le fameux Garp, ici présent, quand on avait tambouriné à la porte d'entrée. Marco avait ouvert et s'était retrouvé nez à nez avec trois garçons trempés jusqu'aux os, grelottants, vêtus d'habits qui tenaient plus de la loque que du vêtement, et avec un même sourire lumineux sur le visage.

Le grand blond les avait emmené dans le bureau de Barbe-Blanche, et il avait fallut les inscrire. Nom, prénom, âge, date de naissance...

Portgas D. Ace, dix-huit ans, 01/01/94.

Alistair Sabo, dix-sept ans, 20/03/95.

Luffy, environ quinze ans.

Luffy ne connaissait ni son nom, ni sa date de naissance. Newgate avait essayé d'insister pour qu'il s'en trouve un, mais rien a faire, le garçon n'avait pas voulu en démordre. Il était Luffy au Chapeau de Paille, point.

Le contrat passé avec Sengoku stipulait que Barbe-Blanche devait régulièrement lui envoyer une liste de ses pensionnaires, avec nom, prénom et âge, histoire de les laisser tranquille si des policiers les croisaient dans la rue. Donc si le garçon ne trouvait pas de nom, il était sûr de finir en prison un jour ou l'autre.

Garp avait alors proposé de l'inscrire à son nom, comme ça le problème était réglé. Il lui avait choisit la date de naissance de sa défunte mère, et le tour était joué. Il s'arrangerait avec Sengoku pour que cela reste secret.

Monkey D. Luffy, quinze ans, 05/05/97.

Depuis, le garçon l'appelait « Grand-Père », ou « Papy », et, fraternité oblige, ses deux aînés aussi. La belle affaire.

-Mais bref, tu te doutes sûrement que ce coup-ci, c'est pas qu'une visite de courtoisie, reprit Garp.

-Ouais. Tu veux me parler d'Akainu, c'est ça ? tenta de deviner Newgate.

Le sous-directeur de la police hocha la tête.

-S'il est nommé, et ce sera sûrement le cas, il va te poser de sérieux problèmes.

-Sans rire ?

-Déconne pas ! Tes pensionnaires et toi, vous êtes dans la merde !

-J'suis au courant, mais qu'est-ce que tu veux que j'y fasse ? J'peux pas saboter la nomination, ni buter cet enfoiré !

-Bien sûr que non ! s'énerva Garp. Mais tu peux te protéger toi, et peut-être certains de tes « enfants » en en dénonçant quelques-uns !

Barbe-Blanche resta un instant estomaqué, avant de se lever lentement. Si le policier était un géant, lui le dominait d'une bonne tête.

-Venant de Sengoku, une telle proposition ne m'aurait pas étonné, mais venant de toi...

-Attend, laisse-moi...

-Sors de chez nous, gronda-t-il.

-Écoute, Newgate...

-DEHORS ! COMMENT OSES-TU ME DIRE ÇA ? JAMAIS JE NE LES LIVRERAIS, TU M'ENTENDS ? JAMAIS ! DÉGAGE AVANT QUE J'ME METTE VRAIMENT EN BOULE, GARP !

Newgate donna un coup de poing dans le mur, y laissant une marque, et le policier comprit qu'il valait mieux en rester là pour cette fois. Il se leva et sortit, tête haute.

Le Vieux savait faire peur quand il s'y mettait...

xxxxxxxxxx

-AÏE !

-Oops ! S'cuse moi Luffy !

-M'ébouriffe pas les cheveux, Zoro ! Mal à la tête...

-Désolé, j'vais faire gaffe.

Avec précaution, le vert passa sa main derrière la nuque du brun, et l'amena à lui pour l'embrasser. Allongé sur son lit, dans la chambre des trois frères, Luffy avait demandé à Zoro de le rejoindre aussitôt Sabo partit voir où était Ace. Et le jeune homme s'était empressé d'obéir. Il avait secoué la tête en voyant le bandage sur la tête de son ami, et s'était assis à côté de lui, blasé. Franchement... Comment il fait pour se retrouver en permanence dans les emmerdes ?

Approfondissant le baiser, Zoro passa ses mains sur le torse du garçon, laissé visible grâce à sa chemise ouverte. Luffy frissonna, se renversa sur le matelas, entraînant le vert avec lui, et glissa une main dans ses cheveux pour l'attirer encore à lui. Le mouvement amena leurs bassins l'un contre l'autre, et le gémissement du brun se mêla au grognement de Zoro.

-Mmmn...

-Fais pas ça, Luffy...

-Faire quoi ? s'étonna-t-il.

-Ça. Ce bruit.

-Pourquoi ?

Zoro enfouit son visage dans le cou de Luffy, et inspira profondément son odeur.

-Ça m'excite, marmonna-t-il d'une voix rauque.

Le garçon sentit un violent frisson courir le long de sa colonne, et ne put s'empêcher de laisser échapper un nouveau geignement. En faisant exprès de le glisser dans l'oreille de son ami.

-Luffy !

-Désolé.

-Mon œil !

Ils se regardèrent un instant, puis l'hilarité l'emporta sur leurs tentatives de rester sérieux. Leur rire secoua leurs corps entremêlés, et Zoro reprit possession de la bouche du brun. C'est normal qu'il me fasse cet effet alors qu'on ne sort ensemble que depuis... Hier ? s'inquiéta-t-il mentalement.

-Lu', j'ai pas trouvé Ace, il est pas reve...? J'PEUX SAVOIR C'QUE VOUS FOUTEZ ?

Surpris, les deux amants se tournèrent vers la porte.

-Oh merde, marmonna le vert.

-Sabo ! s'exclama Luffy. C'est pas...

-Si tu dis "c'est pas c'que tu crois", je te jure que je t'en colle une ! grogna le blond avant de sortir son portable.

-Oh non, Sab'... Fais pas ça ! dit le brun en se levant d'un coup, paniqué. J't'en supplie, appelle pas Ace...

-Un peu que j'l'appelle ! rétorqua-t-il. Allô ? Ace ? Il faut que...

-C'est important ?

-Euh... Relativement, répondit-il interloqué par le ton agacé et pressé de son frère.

-Si c'est relativement, ça peut attendre ! J'suis occupé !

Sabo éloigna le téléphone de son oreille, bouche bée.

-L'enfoiré ! Il m'a raccroché au nez !

xxxxxxxxxx

Ace sortit de la bibliothèque renseignements en poche et sourire aux lèvres. Le temps de se prévoir un alibi solide, et de prévenir Shakky de son absence au bar, il avait prévu d'agir dans une semaine. Une semaine pour tout peaufiner. Largement suffisant.

Perdu dans ses pensées, il se dirigea dans le jardin. La matinée était bien avancée, mais il n'était pas encore midi, et beaucoup de pensionnaires étaient dans le parc. Il s'allongea dans l'herbe, en attrapa un brin pour le mordiller et laissa son esprit dériver sur ses prochaines actions.

-Tu te balades toujours torse nu, Portgas ?

Tiré de ses pensées, il leva les yeux et découvrit Law qui le regardait de haut, son sempiternel bonnet sur la tête malgré la chaleur estivale. Son sourire arrogant et parfaitement charmeur lui fit rater un battement de cœur, mais il n'en laissa rien paraître.

-Traf' ! Maintenant que t'as fini de te foutre de moi, tu viens t'excuser ?

-Si je te disais oui ?

-J'te croirais pas une seconde.

Le chirurgien ricana et s'allongea à côté de lui, mains sous la tête, incarnation parfaite de la décontraction.

-Je sais ce que tu es allé demander à Mihawk, finit-il par dire.

-En quoi ça te concerne ?

-En rien. Mais j'croyais t'avoir dit de pas aller te balader seul dans la rue ?

-Tu t'inquiètes, Traf' ? nargua Ace.

Law se redressa, obligeant Ace à faire de même pour ne pas être en position d'infériorité. Le barman plongea dans ses yeux gris, tentant de saisir ce à quoi le métisse pensait.

-Et si je te disais oui ? murmura ce dernier d'une voix chaude.

Ace déglutit.

-J'te croirais toujours pas.

Le chirurgien esquissa un sourire.

-Tu aurais tort...

Le cœur d'Ace s'arrêta une fraction de seconde, avant de repartir à toute vitesse. Tremblant, il passa une main derrière la nuque de Law, et appuya légèrement, s'attendant à tout moment à se faire rejeter, ou à ce que le beau métisse se moque de lui et de sa crédulité. Mais l'intéressé se contenta d'approcher son visage, et de pencher légèrement la tête sur le côté.

Il effleura les lèvres du barman des siennes, et posa une main sur sa joue. Sa langue vint retracer l'ourlet des lèvres sucrées, avant de s'immiscer entre elles, cajoleuse. Ace ferma les yeux et entrouvrit la bouche. Enfin...

Il pressa un peu plus fortement sur la nuque bronzée, et sentit le chirurgien sourire. Toutefois, il se plia à sa demande informulée et approfondit le baiser, amenant leurs bouches l'une contre l'autre. Le barman soupira de délice, et enroula leurs langues. Elles se caressèrent lentement, avides, curieuses mais prenant leur temps. Le goût de Law était étrange, mais pas désagréable. Un mélange de menthe et d'épices douces qui lui donna envie d'en goûter plus. Il ouvrit les lèvres au maximum pour en saisir toutes les saveurs.

Ils finirent pas se séparer pour respirer, mais avant qu'ils aient pu dire quoique ce soit, le portable d'Ace sonna.

-Merde... C'est Sabo. Faut que j'réponde.

-Allô ? Ace ? Il faut que...

-C'est important ? le coupa-t-il, agacé, s'attirant un sourire narquois de Law.

-Euh... Relativement.

-Si c'est relativement, ça peut attendre ! J'suis occupé !

Et sur ces bonnes paroles, il raccrocha et éteignit l'appareil. Le chirurgien ricana.

-Je te sens quelque peut agacé, Portgas...

-Nan ! Tu crois ? grogna-t-il. Faut toujours qu'ils me dérangent au mauvais moment !

-Pourtant, s'ils avaient vraiment besoin de toi, tu laisserais tout en plan pour aller les sauver.

C'était une affirmation, pas une question, et Ace le regarda, légèrement surpris. Law affichait son éternel sourire en coin, mais il était cette fois teinté d'une douce tristesse.

-Ben ouais... Ils sont mes frères... C'est mon rôle de prendre soin d'eux. Surtout que j'suis l'aîné.

-...

Le chirurgien resta un instant silencieux, les yeux perdus dans le vague, jusqu'à-ce que son sourire sarcastique habituel ne revienne étirer ses lèvres.

-T'en auras mis du temps ! railla-t-il.

-Du temps ? s'étonna le barman.

-Pour m'embrasser.

-Hein ? Mais... C'est toi qui..., balbutia le jeune homme.

-En tout cas, j'ai tout à t'apprendre, niveau baiser langoureux. J'espère juste que tu te débrouilles mieux au pieu, ricana le chirurgien.

Ace rougit et détourna les yeux, extrêmement vexé.

-Je t'emmerde Traf' ! grommela-t-il.

-Allez, c'est bon... Dis-toi que plus tu t'entraîneras et plus tu deviendras doué.

-J'vais commencer maintenant, alors ! s'exclama-t-il, son aplomb retrouvé.

Il s'empara à nouveau de la bouche du métisse, et s'efforça de prendre le contrôle du baiser, mais toujours, la langue de Law le bloquait, et il se retrouva à se laisser faire comme précédemment. Il envoya valdinguer son bonnet en agrippant ses cheveux, et le chirurgien se vengea en jetant son stetson au loin. Il envahit la bouche d'Ace, prenant totalement possession de lui, et l'explora lentement. Son palais, ses gencives, ses lèvres, sa langue... Le barman, lui, avait un goût à la fois sucré et braisé, comme du caramel laissé un peu trop longtemps sur le feu, et Law le dégusta lentement.

Ce fut lui qui brisa le baiser, et il étouffa un rire alors qu'Ace se tendait vers lui pour tenter de renouer aussitôt le contact. Puis il soupira.

-Après tout, tu fais ce que tu veux, Portgas, mais je t'aurais prévenu.

-Tu parles du CP9 ?

Law n'estima pas la question assez pertinente pour être digne d'une réponse, et se recula pour se lever, récupérant son bonnet au passage.

-Traf' ! Attend !

-Quoi ?

-Tu... Euh... Tu vas où ?

-Eh bien, manger. Il n'est pas loin de midi, et je commence à avoir faim. Je te manque déjà ?

Merde ! Question piège ! Il se contenta d'un haussement d'épaule peu compromettant, et Law ricana, pas dupe.

-Allez, ciao, Portgas !

Et le chirurgien s'éloigna, les mains dans les poches. Ace le regarda s'en aller, et détailla sa silhouette élancée. Lorsqu'il put enfin détourner les yeux, il alluma son téléphone et lut le message que Sabo lui avait envoyé.

-... QUOI ?!