B'jour mesdames et messieurs (on a le droit de rêver !) ! Bien, je veux vous dire quelques mots avant de commencer.
D'abord, j'ai été assez occupée ces derniers temps et beaucoup d'entre vous n'ont pas reçu de réponses à leurs reviews. Je vous prie de m'en excuser, et je promet de recommencer à répondre à chacun d'entre vous personnellement à partir de maintenant.
Ensuite, désolée pour les deux placements produits, mais bon... Ils sont venus comme ça et j'ai pas envie de les enlever ^^' Oui, je suis bizarre et j'assume.
Ce chapitre est la suite directe du chapitre 10, le 11 n'ayant été qu'une parenthèse. Donc on reprend au moment où Ace découvre le sms que Sabo lui envoie lorsqu'il découvre la relation de Luffy et Zoro ^^
Mana, la première partie de ce chapitre t'es entièrement dédicacée !
Et ma chère Harlem, il y a quelques clins d'oeils à nos conversations disséminées dans ces lignes ! ;)
Bien, j'arrête de vous embêter !
Bonne lecture !
Bisous cramés !
Pyro
-Euuuh... Les gars, du calme...
Ace échangea un regard avec Sabo et eut un sourire féroce, avant de reporter son attention sur leur future victime. Victime qui regarda nerveusement derrière lui, avant de passer la main dans ses cheveux verts. Luffy ne viendrait pas le sauver, ses deux aînés l'avaient enfermé dans la chambre, et si le barman avait pu avaler la clef, il l'aurait fait sans hésitation. Il entendait d'ailleurs le garçon hurler le nom de ses frères en tambourinant à la porte.
-C'est pas la peine de vous énerver...
-Depuis combien de temps ? siffla le blond.
-Hier ! Juste hier !
-Hier, hein ? ricana Ace sinistrement. Et vous en êtes déjà là ? Tu crois pas que c'est un peu rapide ?
-Mais... C'est pas... Enfin, on allait rien faire ! tenta de se défendre Zoro.
-Tu vas m'faire croire que vous étiez en train de jouer au Monopoly ? gronda Sabo, menaçant, alors que son frère faisait craquer ses poings.
Le blond était plutôt du genre tolérant, en règle générale. Compréhensif et à l'écoute des autres, il s'emportait rarement. Mais quand il s'agissait de ses frères, et notamment de son petit frère, il devenait vite... Comme Ace. Impulsif et protecteur. Alors voir un type qui devait faire deux fois le poids de Luffy, en muscles, le coincer sous son corps... Disons qu'il s'était vite senti l'âme d'un guerrier avide de sang.
Zoro réfléchissait à toute allure. Il ne pouvait décemment pas se battre avec les frères de Luffy, sans compter qu'il se ferait sûrement latter. Il était fort, mais quand même. Alors, il fit volte-face et s'enfuit dans un couloir lambda, cherchant à mettre le plus d'espace possible entre ses cheveux verts et eux.
Ace allait se précipiter à sa poursuite, mais Sabo le retint par le bras. Le journaliste secoua la tête, et s'appuya contre le mur du couloir, bras derrière la nuque.
-Laisse tomber, ricana-t-il. Il devrait pas tarder à repasser...
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La semaine passa horriblement lentement pour Ace, qui ruminait son désir de vengeance du matin au soir. Même ses rêves, quand il arrivait à s'endormir, concernaient son plan. Mais enfin, le moment qu'il attendait arriva. Il avait prévu d'agir de nuit, et ne cessait de regarder nerveusement les chiffres rouges de son réveil. À minuit, il se leva silencieusement de son lit, tâchant de ne pas réveiller Luffy. Heureusement, Sabo était sorti avec Robin, et n'était pas encore rentré. Sinon, il aurait eut un mal fou à ne pas se faire griller.
Il enfila un jean, un T-shirt peu voyant, délaissa son chapeau et son collier, et n'enfila qu'un foulard autour de son cou. Loin de son style vestimentaire habituel, cette tenue lui permettrait au moins de passer inaperçu, et de ne pas se faire reconnaître plus tard. Il termina par une veste en cuir noire et s'estima prêt.
Il s'approcha de son bureau, et griffonna rapidement un mot, qu'il posa sur l'oreiller de son cadet. Puis, il s'approcha du lit de Luffy, et sourit. Il était étendu sur le dos, bavait et avait les pieds à l'emplacement de la tête. Un des raison pour laquelle il restait seul dans son deux places. Parce qu'il prenait deux places. Il lui ébouriffa doucement les cheveux. Son frère marmonna dans son sommeil et se retourna, se couchant sur le flanc. Ace hésita un instant, et se pencha pour embrasser son front.
Puis, il recula et ouvrit son placard. Il en sortit une vieille boîte ouvragée, cadeau de Max, après qu'il eut porté secours à Asma. Il souleva le couvercle, et prit avec précaution ce qu'elle contenait. Chuintement.
La lame de la dague brilla doucement à la lueur de la lune.
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-Law ! Law ! Aide-moi !
Le jeune homme se débattit tant bien que mal contre les liens qui le retenaient attachés à une colonne de marbre. En vain.
-SÉLÉNÉ ! Arrêtez ! Lâchez-la ! Elle n'y est pour rien !
-Au contraire, elle y est pour beaucoup..., susurra une voix à son oreille.
-Joker ! Laisse-la tranquille ! C'est entre toi et moi !
Doflamingo ricana et s'approcha de la jeune femme, toujours retenue par Pica. Elle se tétanisa, terrifiée.
-Je... Laissez-moi..., implora-t-elle, ses yeux verts se mouillant de larmes.
-Séléné ! Ne le laisse pas t'intimider ! Il n'attend que ça ! Bats-toi !
Mais Séléné ne réagit pas. Le flamant saisit son visage dans sa main, écrasant ses joues, et la regarda longuement, son sourire s'élargissant de secondes en secondes. Il se tourna finalement vers Law et passa sa langue sur ses lèvres.
-Je dois reconnaître que même au plus fort de ta trahison, tu gardes bon goût, dit-il d'une voix mielleuse.
-Ôte tes sales pattes de son visage, gronda le chirurgien en s'agitant de plus belle.
-Ooooh..., susurra-t-il à l'adresse de Séléné. C'est qu'il tiendrait vraiment à toi... Moi qui le croyait incapable d'aimer...
Le truand éclata de rire mais la relâcha. À nouveau, il se dirigea vers le métisse, et approcha son visage du sien. Il colla sa bouche à son oreille et chuchota quelques mots, avant de lâcher un ricanement quand il vit l'air horrifié de Law.
-Tu... Tu ne vas pas faire ça ? murmura ce dernier. Tu... Tu n'as jamais été aussi cruel, même avec tes pires ennemis !
Le sourire de Doflamingo se fana, et il saisit brusquement Law à la gorge.
-LAW ! hurla Séléné.
-Personne, je dis bien personne n'a le droit de trahir ma famille, siffla-t-il. Mes ennemis ne sont rien pour moi. Là est la différence.
-Laisse-la tranquille, gronda le chirurgien, refusant de s'écraser sous la menace.
Le truand retrouva son sourire à toute épreuve et le relâcha.
-Bien, nous avons beaucoup à faire, et je n'ai pas toute la journée, chantonna-t-il. Allez, on accélère un peu, maintenant.
-RELÂCHE-LA ! hurla le métisse. FAIS-MOI CE QUE TU VEUX MAIS LAISSE-LA !
Joker l'ignora et se tourna vers Pica.
-Emmène-la dans la salle des miroirs, ordonna-t-il. Et dis à Vergo de venir se charger de lui. Je n'en ai pas pas pour longtemps.
L'homme hocha la tête et chargea la jeune femme sur son épaule. Le métisse se débattit contre les cordes avec l'énergie du désespoir, mais échoua à se libérer, encore une fois.
-Law !
-Séléné ! NON ! SÉLÉNÉ ! SÉLÉNÉ !
-Doc' ! Doc' réveille-toi ! Allez putain !
Law ouvrit les yeux brusquement, haletant, et reconnu Kidd, penché sur lui. Il passa sa main sur son visage, et tenta de reprendre une respiration normale. En grognant, le mécanicien se redressa, le laissant se rasseoir correctement dans le fauteuil.
-Ça fait presque une heure que tu te débats comme putain de fou furieux, t'as même failli m'en mettre une !
-Si j'avais réussi mon coup, je pense que je n'aurais pas trouvé ma tête à sa place originelle en me réveillant, sourit le chirurgien.
-C'est pas impossible, répondit l'autre en lui retournant son sourire.
Il y eut un moment de silence, puis le roux reprit la parole.
-Franchement, mec, faudrait peut-être que tu consultes.
-Hors de question, refusa Law immédiatement, sur la défensive. Mes problèmes et mon passé ne concernent que moi.
-Au moins, tu devrais en parler à quelqu'un.
-Toi, tu connais l'histoire.
-Ouais, mais c'est pas toi qui me l'a racontée.
Le métisse ne trouva rien à répondre et ferma les yeux, tentant de dénouer ses muscles.
-Je veux pas qu'on m'enferme, marmonna-t-il finalement, presque malgré lui. Pas encore.
-Il est pas question de t'enfermer, crétin de toubib, râla Kidd. Juste de te faire parler, pour t'aider ! Putain, toi plus que n'importe qui devrait comprendre la différence entre psychologie et psychiatrie !
-J'me méfie de tout ce qui a rapport avec les types en blancs qui savent pas qu'une chemise se noue devant et pas derrière, ricana Law.
-T'es crevant, mec.
-T'es pas le premier à me le dire, Eustass.
Le silence s'installa de nouveau, et le chirurgien le savoura, focalisant son esprit sur ses propres battements de cœur, qui finissaient doucement de s'apaiser. Cet exercice était devenu une sorte de réflexe depuis que...
-Hey ! Mec ?
-Hm ?
-T'es sûr que tu veux rentrer chez toi cette nuit, dans ton état ? J'm'en voudrais si tu t'endormais au volant, j'perdrais mon fournisseur de bière.
-Je me disais aussi, le jour où le grand Eustass me dira un mot gentil, pour le coup, c'est lui qu'il faudra enfermer.
-Ouais, ouais... Bon, allez, répond !
Law soupira.
-Oui, il faut que je rentre. J'ai des choses à terminer avant demain matin.
-'Kay.
Kidd se resservit une bière, et monta dans sa chambre. Le métisse sourit. Il était rare que Eustass Cap'tain Kidd s'embarrasse de politesses. Mais ça lui convenait parfaitement. Ça le changeait des hypocrites autour de lui, qui lui disaient bonjour avec le sourire, et qui lui crachaient dessus dans son dos.
Il sortit de la maison, grimpa dans sa voiture, et mit le contact. Machinalement, il regarda la pendule du tableau de bord. Minuit et demi. Humpf... J'suis pas couché avant trois heures, avec tous les papiers que j'ai à faire...
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Ace poussa la porte et pénétra dans le bar de Little Garden. Il fut un instant la cible de beaucoup de regards curieux avant que l'attention ne se détourne de lui. Avec un petit sourire, il s'avança jusqu'au comptoir et s'y accouda. Il repassa son plan en boucle dans sa tête et décida qu'il lui fallait quelque chose de fort.
-Une vodka s'il-vous-plaît.
-Poliakov ? demanda le barman.
-Parfait.
-Voilà monsieur.
-Merci.
Il but une gorgée, et l'alcool lui brûla la gorge, puis il se retourna pour observer la salle bondée. Il avait choisit l'heure où il y avait le plus d'affluence, histoire d'avoir une excuse. Il paya, s'avança jusqu'au fond du bar et saisit le dossier d'une chaise.
-J'peux m'asseoir ici ? demanda-t-il à un homme seul à une table. Désolé, mais il n'y a plus de place nulle part.
L'homme le regarda un moment avant de hocher le menton. Pas très causant, songea Ace. C'est pas plus mal, j'vais pouvoir mener la conversation. Il se posa sur sa chaise, et resta un instant silencieux, analysant le type du regard. Il était monté comme une armoire à glace, était très grand, presque autant que Garp, et avait l'air renfermé des gens qu'il ne valait mieux pas énerver. Le jeune homme sourit en songeant que c'était exactement ce qu'il avait l'intention de faire.
Bon, apparemment, il se souciait de sa présence comme de sa première paire de chaussettes trouées. Eh bien, il allait se rappeler à son bon souvenir.
-C'est plutôt sympa, ici. Vous êtes un habitué ?
-Ouais.
-Vous vous appelez comment ? Moi c'est Adam !
L'homme regarda sa main tendue, et la serra en soupirant.
-Blueno, se présenta-t-il à son tour.
Ace eut un sourire carnassier.
-C'est pas commun comme nom, ça. Vous venez d'où ?
-Est de l'île. Enies Lobby.
-Sympa comme ville ?
-Bof.
Le barman s'amusait de plus en plus. Ce type et ses réponses à la courte lui permettaient de poser ses questions sans se faire envahir par des palabres incessantes. Le pied intégral ! Il remarqua soudain l'absence de verre devant son « interlocuteur » et avala une gorgée du sien.
-Vous buvez pas ?
-Pas pendant le service.
-Oh ! Alors vous travaillez ici ? Vous faites quoi ?
-Bouncer.
Ace sourit. C'est vrai qu'il a bien la tête de l'emploi... Un videur, donc ? Le bouncer était en effet un videur qui se postait à l'intérieur de l'établissement et se chargeait de mettre dehors les clients qui voulaient faire un peu trop les malins. Il choisissait une place stratégique pour observer toute la salle et pour pouvoir intervenir le plus rapidement possible. Celui du Bar de l'Arnaque était Zoro, depuis peu.
Il resta silencieux un moment, comme s'il cherchait quoi ajouter.
-Dites, vous avez entendu parler de cette épicerie qui a brûlé, dans le coin ?
Il vit nettement les muscles de Blueno se crisper et jubila intérieurement. Si ce type était censé être un espion, il n'était vraiment pas doué.
-Ouais, j'ai lu ça dans le journal. Accident apparemment.
-Mouais, j'y crois pas trop... Moi j'ai un pote dans la police, qui m'a dit d'autres trucs...
Il se ménagea une pause pour finir son verre et observer attentivement le bouncer. Même s'il ne le regardait pas, il savait qu'il avait maintenant toute son attention. Il se pencha vers lui, et continua sur le ton de la confidence.
-Paraît qu'ils ont retrouvé des empreintes. Il a pas voulu me donner les détails, mais il travaillerait dans le coin...
-Conneries, répondit Blueno en haussant les épaules. Voulait faire son intéressant.
-Bof, c'est pas le genre de mon pote, mais si tu le dis...
Il regarda dans le vague un moment, attendant patiemment sa réaction. Qui ne se fit pas attendre longtemps.
-Excuse-moi. Dois parler au patron, y a un type louche là-bas.
Le bouncer se leva et l'abandonna là pour se diriger vers le comptoir. Ace en profita pour se lever et sortir. Il se dirigea vers les ruines de la boutique de Max, son cœur s'accélérant à mesure qu'il avançait, et finit par courir pour évacuer la tension. Il sentait l'adrénaline monter en lui, et le sang pulser à ses oreilles.
Il s'arrêta devant ce qui avait été une porte d'entrée, et souffla longuement. Blueno ne serait pas long, il en aurait mit sa main à couper. Il entendit soudain des pas lourds résonner derrière lui et se retourna, la main crispée sur le manche de sa dague, cachée dans un pan de sa veste.
-Ok, morveux. Dis-moi c'que tu sais. Tout de suite.
Quand on parle du loup...
-Ce que je sais ? répéta Ace à voix basse, lourde de colère contenue. Je sais qu'il s'appelait Max. Je sais qu'il était mon ami. Je sais qu'il avait une femme et une fille, qu'il aimait plus que tout. Je sais qu'il m'a sauvé à plusieurs reprises, et que c'était un homme bon, juste, et honnête. Je sais qu'il ne méritait pas de finir brûlé par des salopards. Je sais que tu fais partie du CP9, et que c'est Doflamingo qui vous a envoyé le tuer, toi et tes potes. Et je sais aussi que tu n'as pas d'arme à feu sur toi.
Blueno resta silencieux, et Ace sortit sa dague, lentement, se débarrassant de sa veste au passage.
-Maintenant, tu vas venir te battre, et je vais te tuer ici. À l'endroit où il est mort par ta faute.
« Je vais lui faire goûter sa propre médecine, » avait-il dit à Mihawk. Il voulait lui faire mordre la poussière. Où en l'occurrence, les cendres de ce qui restait de la vie de Max.
Silencieux, sans pousser un cri, il s'élança.
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Law apposa un point final sur la feuille d'identité qu'il avait devant lui, et regarda sombrement la dizaine d'autres formulaires du même acabit qu'il lui restait à remplir. Il jeta un œil à la pendule. Une heure et demie... Eh bah ça va pas m'aider à faire disparaître ma fatigue, cette merde... Il soupira et décida de s'accorder une pause pour aller se faire un café. Il sortit de sa chambre et traversa le couloir. Il passa devant la chambre d'Ace et de ses frères et avisa Sabo qui rentrait, exténué. Le blond ouvrit la porte et parcourut brièvement la pièce du regard, avant de remarquer le chirurgien.
-Oh... Salut Trafalgar, marmonna-t-il.
-Bonsoir.
-T'as pas vu Ace ? L'est pas dans la chambre...
-Eh bien, il est de service ce soir, il me semble, avança Law.
Le blond agita la main.
-Nan, travaille pas c'soir. L'avait aut' chose à faire, j'sais pas quoi... Nom de Dieu, j'suis mort...
Le métisse sentit une froide appréhension lui nouer le ventre, et s'efforça de rester calme.
-Tu n'aurais pas une idée de l'endroit où il pourrait être ?
-Nan... En fait, j'pensais qu'il serait avec toi... Il doit traîner dans un bar, en ville. Il reviendra demain matin, t'inqu...
-Où est le renard ? demanda-t-il subitement.
-Hein ?
-Son renard ! Il est où ?
-C'est Penguin qui le garde. Pourquoi ?
Law ne répondit pas et se précipita pour toquer à la porte de son ami, qui lui ouvrit, grognon.
-Putain... Mais vous avez tous décidé de me faire suer, cette nuit, ou quoi ? grogna-t-il. Déjà que y a sa saloperie là... Qu'est-ce qu'il y a Law ?
-Donne moi le renard, s'il te plaît !
Le vétérinaire ouvrit de grands yeux.
-Alors là, avec grand plaisir ! s'exclama-t-il en se précipitant vers la cage d'Hiken pour l'en sortir. J'vais enfin pouvoir dormir ! Merci ! Tu veux une laisse et un collier avec ?
-Oui, merci.
Il embarqua Hiken, qui jappait et s'agitait dans tous les sens, et descendit l'escalier à la volée. Il passa le collier autour du cou du renardeau, y attacha la laisse, et sortit du manoir. Il décrocha ensuite son téléphone, composa le numéro de Kidd et attendit.
-Quoi ?
Law s'apprêtait à répondre, lorsqu'il entendit des bruits passionnés en arrière plan. Il se plaqua une main sur les yeux. Qui, à part Eustass Cap'tain Kidd, décrocherait en pleine séance torride, honnêtement ?
-Désolé de te déranger en plein sommeil, Eustass, nargua-t-il. Mais j'ai besoin de toi.
-Ça peut pas attendre demain ?
-Ace est allé se venger du CP9.
Il eut un moment de silence.
-Ok, j'arrive tout de suite. On s'rejoint où ?
-Little Garden. Je te retrouve là-bas.
-Y a que nous deux ?
-Oui.
-Ok, j'emmène Heat alors. Et...
-Ouais, prend-le aussi.
Kidd raccrocha, et Law s'engouffra dans sa voiture, posa Hiken sur le siège passager et démarra en trombe.
-Je compte sur toi pour le retrouver, dit-il en débarrassant le renard de sa laisse.
-Yap ! approuva Hiken.
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Ace évita un coup de poing qui lui aurait brisé le nez, glissa le long du bras tendu, et envoya le manche de sa dague dans le ventre de son adversaire. Blueno grogna, mais ne vacilla pas. Il tenta d'attraper le jeune homme par le col, mais ce dernier fut plus rapide et évita sa main. Il sauta en arrière, mettant une distance de sécurité entre lui et son opposant et se remit en garde, haletant.
Bon, Blueno était un espion médiocre, sinon mauvais, mais pour ce qui était du combat à mains nues, il se défendait. Très bien, même. Ace avait déjà encaissé plusieurs coups, et il était sûr d'avoir au moins une côte fêlée. Nom de Dieu, ce mec a un crochet droit de tueur ! Heureusement que j'l'ai pas pris dans la mâchoire !
Toutefois, Ace avait la rapidité et la souplesse pour lui, et compensait son infériorité physique avec talent. Autant dire que le combat était serré. Le bouncer avait plusieurs estafilades sur les bras et la joue, et son T-shirt noir était lacéré à plusieurs endroits.
-Je vais devoir te tuer, morveux. Tu en sais beaucoup trop.
-C'est pas moi qui serais entre quatre planches demain soir, ça je peux te le garantir, rétorqua-t-il.
Le jeune homme attaqua de nouveau, pressé d'en finir, dague en avant. Il esquiva un premier coup de poing, et avisa une ouverture dans la garde de son adversaire. Il s'y engouffra, visant le flanc.
Erreur.
Il n'y avait pas d'ouverture, seulement un piège dans lequel il s'était jeté tête baissée. Il tenta de s'en extirper en modifiant son attaque, mais la main droite du colosse se referma sur sa gorge, tandis que la gauche le désarmait avec une facilité insultante, plantant la lame dans la cendre sous leurs pieds. Le colosse le souleva et le plaqua contre une portion de mur calciné qui tenait toujours debout. Conscient que se débattre ne ferait qu'épuiser son souffle et accélérer son étranglement, Ace s'immobilisa, muscles tendus, attendant l'opportunité de se libérer.
Se doutant toutefois qu'elle n'arriverait pas.
-Tu crois que tu es le premier gamin au sang un peu trop chaud qui essaye de se venger de nous ? grogna Blueno. Je t'ai repéré dès que tu es entré dans le bar. C'était vraiment pas sorcier. Ta dague n'était même pas correctement cachée, et tu t'es dirigé vers moi immédiatement au lieu de jouer la comédie. Et je t'ai vu analyser mes réactions comme je verrais un poids lourd me foncer dessus. Tu as beaucoup à apprendre, niveau discrétion. Même si j'avoue que tu te bats plutôt bien.
Alors... Je me suis fait balader depuis le début ? Putain c'te honte... Ace, mon grand, t'es qu'une sombre tache ! J'me disais aussi que c'était trop facile... Bordel de merde ! J'veux pas crever ici, pas comme ça...
-J'te propose un truc, Gigantor, asséna soudain une voix derrière le bouncer. Tu le lâches et tu repars en vie. Ça te tente ?
Avec difficulté, Ace tourna la tête pour essayer d'apercevoir le nouveau venu malgré son adversaire. Il ne le reconnut pas tout de suite, mais finit par mettre un nom sous les cheveux roux.
-Kidd ! s'exclama-t-il tant bien que mal. Qu'est-ce...
-Qu'est-ce que j'fous là ? J'viens sauver le p'tit cul d'un crétin sans cervelle.
-C'est pas avec ça que tu vas inverser la donne, dit simplement Blueno.
Il se retourna, entraînant Ace dans son mouvement et le plaquant dos à lui. Il posa une main ferme sur sa joue.
-Appuie sur la détente et je lui brise le cou, déclara-t-il.
C'est alors que le jeune homme remarqua l'arme que Kidd tenait dans les mains. Il écarquilla les yeux. Un TMP ? D'où ce mec a une mitraillette planquée dans son salon ? C'est quoi ce dingue encore ?
En réponse à la menace, le grand roux enleva le cran de sécurité. La prise sur la mâchoire d'Ace se resserra.
-Euuuh... Kidd ? T'es gentil, mais c'est ma nuque qui est menacée là !
-T'inquiète, Portgas, je maîtrise.
Le mécanicien eut un sourire dangereux. Ok, il est complètement frappé ce type, songea le barman, désespéré. Soudain, Blueno poussa un grognement, et sa main sur la joue d'Ace se relâcha. Le jeune homme en profita pour se dégager d'un coup de coude et s'éloigna en hâte.
-Qu'est-ce qui s'est passé ?
-Regarde ses chevilles, Portgas !
Il baissa les yeux et éclata de rire.
-Hiken !
Le renardeau avait planté ses quenottes à l'arrière de la cheville du bouncer, assez profondément pour lui faire relâcher sa concentration. Il esquiva un coup de pied qui lui était destiné et rejoignit Ace au galop. Blueno tenta de le rattraper, mais une masse noire le percuta avant qu'il ait pu faire quoique ce soit.
Un doberman gigantesque venait de lui sauter dessus, et s'accrochait comme un diable à son bras, en grondant furieusement.
-Bien joué, Heat ! clama Kidd.
Le bouncer tenta d'asséner un coup au chien, mais il s'immobilisa lorsqu'une lame froide se posa sur sa gorge.
-Je serais toi, je ne ferais pas ça, susurra une voix qu'Ace reconnut immédiatement. Kidd est plutôt chatouilleux quand on touche à son cher toutou, et je n'aurais aucun scrupule à le laisser t'abattre.
-Traf' !
Le chirurgien appuya plus fort la lame de son scalpel sur la gorge du colosse, et darda ses yeux gris dans ceux du jeune homme.
-Je croyais t'avoir dit de ne pas traîner seul en ville, Portgas ?
