Oui, oui, oui. Je sais, j'suis à la bourre. Mais j'suis plus débordée quand j'suis en vacances que quand je suis en cours. Vous le croyez ça ?
Bon, j'en profite pour vous prévenir. Je suis dans un coin paumé où je n'ai pas internet. J'y ai uniquement accès sur mon lieu de travail, et c'est pour ça que mes publications auront un rythme plutôt aléatoire. De plus, à partir du 25, je ne serais plus capable de poster jusqu'au 10 août. Voilà pour les prévisions d'été. Après le 10 août, on verra bien ^^'' De plus, même si je peux les lire sur mon portable, je ne pourrais pas répondre à vos reviews... M'enfin, n'hésitez pas à en mettre quand même, parce que je les lirais de toute façon ! :D
Bon, nouveau chapitre sinusoïdal... Héhéhé, j'adore faire des chapitres comme ça u_u
ATTENTION : La scène en italique est plutôt perturbante. Si vous n'aimez pas la torture psychologique, vous êtes prévenus. Vous pouvez éventuellement la sauter, j'en ferais un résumé dans un prochain chapitre. Voilà !
(Frappez-moi, vous avez le droit) : Dédicace à ma Patate Chaude, j'ai nommé Harlem. Nyaaah... Les cheveux d'Ace...
Oh, et OUI, je psychote à mort sur ses yeux et son odeur, au Portgas. Ainsi que sur les mains de Law et son sourire. Voilà ! u_u
Bien, j'arrête mon blabla inutile.
Bonne lecture !
Bisous cramés !
Pyro.
Ace était assis sur son lit, tête baissée, encadré par ses frères toujours aussi furieux, et dominé par Barbe-Blanche et ses deux mètres vingt eux-même. Hiken, terrorisé par l'allure de ces derniers, était caché sous le sommier, et paraissait ne plus vouloir en sortir.
-Je peux savoir ce qui t'es passé par la tête ? tonna-t-il.
Il se recroquevilla sous la voix de stentor de son père adoptif.
-Désolé Père. J'le f'rais plus, promis.
-Réponds à ma question ! Et regarde-moi quand je te parle !
Le jeune homme déglutit et leva les yeux.
-C'est juste que... Max était un ami qui était vraiment important pour moi et...
Sa voix se brisa sur les derniers mots, et Barbe-Blanche soupira.
-Approche, ordonna-t-il.
À contrecœur, Ace se leva et fit un pas vers le géant qui le toisait de toute sa hauteur. Brusquement, Newgate se courba, mit un genoux à terre et le serra contre lui de toutes ses forces. Ace eut un instant de surprise, mais finit par lui rendre son étreinte.
-Tête brûlée, marmonna son père adoptif. Tu n'imagines même pas à quel point on a eut peur pour toi, surtout quand la Face de Craie nous a dit ce que tu comptais faire.
Ils vont tous me tenir le même discours ou quoi ?
-Quand à ta punition...
-Faut le priver de desserts pour deux mois ! intervint Luffy en criant.
-Crétin ! siffla Sabo en lui assénant son poing au sommet du crâne. La ferme, tu interromps Père !
Newgate se releva en souriant.
-C'est Shakky qui décidera. Elle a particulièrement tenu à avoir ce privilège.
-Attends... Ça veut dire qu'elle est au courant ?
Sabo ricana derrière lui, et Ace se retourna pour voir le sourire narquois de son blond de frère. Je sais pas combien de fois je t'ai menacé de mort pendant deux semaines, mais là, j'te jure que j'vais me venger, Sab' ! Et pas qu'à moitié, crois-moi !
Puis, il gémit en se représentant ce qu'allait lui faire subir sa patronne. Je sens que mon retour au boulot va être... Atroce. J'ai pas intérêt à faire le malin avec mes boutons de chemise demain, moi...
Barbe-Blanche ébouriffa les cheveux des trois garçons et sortit de la pièce. Immédiatement, Hiken déboula de sous le lit et bondit sur Ace.
-Yap ! Yap yap !
-Toi, je m'occuperais de toi après, grogna le jeune homme en se tenant la côte. Va falloir qu'on prenne une décision, bonhomme...
-Qu'est-ce qu'il a fait ? demanda Luffy.
-Tu sais, le mec qui a fait brûler la boutique de Max ? Celui de qui j'étais parti me venger ?
-Ouais ? Bah quoi ?
-Bah il l'a tué.
Il y eut un moment de silence pendant lequel ses deux petits frères considérèrent le jeune renard avec des yeux ronds.
-Tu nous fais marcher là ? Hein ? tenta Sabo.
-Non, il l'a vraiment mis à terre.
-Trop COOOOL ! hurla Luffy. Un super renard de combat ! C'est GÉNIAL !
-Ouais, bah en attendant, s'il pouvait éviter de se transformer en bête fauve, ça m'arrangerait, grimaça-t-il.
-Tu peux le confier à Penguin, suggéra le blond. Il connaît sûrement un comportementaliste ou un dresseur qui pourra s'assurer que tout va bien.
-Ouais, j'irai le voir demain. Enfin, tout à l'heure. Bref, j'm'en occuperais plus tard. Vous le laissez pas sortir de la chambre, surtout.
-Où tu vas ? s'enquit le journaliste.
-Faire examiner ma côte.
-Oooh... Laisse-moi deviner. Le docteur est un beau métisse tatoué, parfaitement musclé et au sourire ravageur ?
-La ferme Sab'.
-Pas de bêtises, hein ?
-Ta gueule !
xxxxxxxxxx
Ace toqua doucement à la porte de Law. À cause de son travail, le légiste avait le privilège d'avoir une chambre individuelle. Les enquêtes dans lesquelles il intervenait étaient parfois classées confidentielles, et il pouvait arriver qu'il doive ramener des « échantillons » à domicile. De quoi décourager d'éventuels colocataires.
-C'est ouvert.
Le barman poussa la porte et entra dans la pièce refermant soigneusement derrière lui. Il regarda tout autour de lui.
La chambre était spacieuse, divisée en deux espaces distincts. L'un était apparemment réservé à son travail, et comprenait un bureau immense sur lequel étaient soigneusement classés et empilés plusieurs dossiers étiquetés. Au mur, des résultats d'analyses, des schémas anatomiques, certains reliés entre eux par des fils rouges et agrémentés d'annotations sur des post-it. Il avisa une étagère où trônaient des flacons sur lesquels il préféra ne pas attarder son regard, et une autre qui peinait à ne pas s'effondrer sous le poids des nombreux livres qui y étaient rangés. Le dernier meuble était une petite table d'opération où étaient étalés différents instruments de médecine.
L'autre espace était la « réelle chambre » de Law et ne comportait qu'une grande armoire et un lit double dans lequel on aurait facilement pu loger trois personnes. Le lit était un peu particulier, puisqu'il était entouré d'un léger rideau rouge sombre, sans doute pour ne pas voir la mini-salle d'opération d'à côté. Les draps étaient blancs parsemés de taches noires, et Ace y attarda un peu trop longtemps son regard. Une toussotement non loin de lui le fit sursauter, et il se retourna pour voir le chirurgien qui le regardait avec un sourire narquois, assis sur la chaise devant le bureau.
-Intéressé, Portgas ?
-De toute façon, j'suis hors service ce soir, grogna le jeune homme.
Law ricana, et il entreprit de changer de sujet.
-On t'a jamais dit que ta chambre ressemblait à celle d'un psychopathe ? demanda Ace en désignant les papiers punaisés au mur et les pots de formol.
-Non, parce que personne n'est jamais entré ici.
Le barman resta silencieux un moment, assimilant la phrase.
-Même Penguin et Shachi ? Même Kidd ?
-Penguin et Shachi n'ont jamais voulut entrer pour ne pas mettre le nez dans mes enquêtes. Ils sont trop calés en médecine l'un et l'autre pour ne pas saisir ce qu'il y a au mur. Ça pourrait nous causer des ennuis à tous les trois s'ils étaient au courant, ces petits papiers sont assez confidentiels.
-Et Kidd ?
-Eustass a trop tendance à casser tous ce qu'il y a de fragile dans une pièce pour que je le laisse entrer ici, ricana Law. C'est un peu l'éléphant dans le magasin de porcelaine.
-Si je comprend bien, je suis le premier qui ait l'immense honneur de pénétrer dans ton espace privé ? sourit Ace.
-En effet.
-Je suis flatté.
Il fanfaronnait, mais ma situation le touchait plus qu'il ne le laissait paraître. Il regarda une nouvelle fois la pièce, remarquant des posters et des photos au dessus du lit qu'il n'avait pas vu avant. Il s'approchait pour les détailler lorsque Law l'appela et lui demanda de s'asseoir sur la table. Il revint vers lui et obéit sans protester, grimaçant lorsque la douleur lui vrilla le côté.
-Enlève ton T-shirt, Portgas.
Ace rougit et s'exécuta, passant son vêtement par dessus sa tête, et le métisse ne put s'empêcher de saliver intérieurement. Décidément, à chaque fois qu'il le voyait torse nu, il avait la même pensée. Le gosse avait un corps de rêve ! Peau à peine hâlée, muscles parfaitement dessinés dont les formes ressortaient à chaque respiration, quelques cicatrices qui n'enlevaient rien à son charme, au contraire, et... Et monstrueuse trace noire sur son flanc gauche. Il grimaça. Ouais, pas vraiment le moment de baver.
Avec précaution, il posa ses mains sur la blessure, cherchant à palper en douceur pour évaluer l'étendue des dégâts. Il sentit Ace se raidir.
-Déstresse, Portgas. Je ne pense pas que ça mérite une radio, mais faut que tu me fasses confiance. Redresse-toi le plus possible, jusqu'à ce que tu ne puisses plus supporter la douleur.
Le barman grimaça une nouvelle fois, mais hocha la tête et s'exécuta. Law évalua sa position et lui demanda ensuite de se pencher en avant. Pendant dix minutes, il lui fit faire divers mouvements pour localiser précisément le dommage et sa gravité, puis il posa de nouveau ses mains sur son côté et ferma les yeux pour mieux sentir ce qu'il y avait sous ses doigts. Outre le grain de sa peau chaude.
Ace tenta de garder une respiration égale, alors que les longs doigts agiles du chirurgien parcouraient son flanc. Plus facile à dire qu'à faire.
-Bon... Douzième côte fêlée, diagnostiqua le chirurgien. C'est pas très grave, c'est une côte flottante, mais tu vas devoir faire attention quelques temps. Une bonne semaine tranquille et ça devrait être bon.
-Une semaine ? Et... C'est quoi les trucs que j'ai pas le droit de faire ?
-Tous les sports, les tâches qui demandent des mouvements trop amples. Tu évites par exemple de te baisser pour aller chercher ton renard sous ton lit, répondit-il avec un sourire narquois. Même si j'avoue que ça va me manquer.
-La ferme, grogna Ace. Et le boulot ? J'peux aller au bar ou pas ?
-Je ne vois pas pourquoi tu ne pourrais pas. Elle n'est pas cassée, juste fêlée. Essaye juste d'être vigilant.
Le jeune homme grimaça. Fait chier ! J'vais pas y échapper à cette saloperie de punition ! Law se retourna et fouilla dans son armoire pour en sortir une trousse à pharmacie. Il revint avec une boîte et en sortit deux comprimés qu'il tendit à Ace, suivi d'un verre d'eau.
-Avale ça, ce sont des antidouleurs.
Le jeune homme s'exécuta, puis il remit son T-shirt et se leva de la table.
-J'vous dois quelque chose pour la consultation, Docteur ?
-Parce que tu crois que j'en ai finis avec toi ?
-Ben... T'as pas terminé ?
-Tu dors ici, Portgas.
…
…
…
HEIIIIIIIIIIIIINN ?
-Euuuh... J'te demande pardon ?
-Tu dors ici, répéta Law, impassible. Je veux être sûr de pouvoir intervenir vite si mon diagnostic n'était pas le bon, donc tu restes. Pourquoi ? Il y a un problème ?
-...
Ouais... Non... J'sais pas... Nom de Dieu... Faites qu'il mette un matelas par terre... Non, faites qu'on dorme ensemble... Faites que...
-Bon, quand tu auras réparé ton court-circuit..., ricana le chirurgien.
xxxxxxxxxx
Law termina de ranger les papiers sur son bureau et grogna en regardant le réveil sur sa table de nuit. Quatre heures du matin. J'ai pas pour habitude de faire ça, mais je crois que je vais sécher le boulot demain. De toute façon, avec le nombre de congés payés qu'ils me doivent...
Il sourit pour lui-même et se retourna vers son lit, où Ace était déjà étendu sur le flanc, face à lui, et le regardait.
-Tu ne dors pas ?
-Pas fatigué.
Le chirurgien haussa les épaules, et enleva son T-shirt et son jean avant de se glisser à ses côtés et de tirer le rideau. Ils se regardèrent un moment, et il ne put s'empêcher de se féliciter d'avoir trouvé une excuse pour qu'il reste. Il savait pertinemment que son diagnostic était le bon, il ne s'était jamais trompé avant, alors pourquoi ce serait différent aujourd'hui ? Le seul bémol était sa côte en vrac. Dommage que Hiken ait tué Blueno, au final. Il l'aurait bien fait lui-même. Un de plus ou un de moins...
Il retint un grondement en songeant au bouncer qui avait blessé Ace. Rien que pour ça, il méritait mille fois la mort.
-Ta côte, ça va ? demanda-t-il.
-Ouais, ça peut aller... J'suis un peu dans le brouillard. Ça doit être les médocs.
Law hocha la tête, et tendit la main pour caresser sa joue. Ace ferma les yeux et fit un mouvement pour se rapprocher de lui, mais le chirurgien fut plus rapide. En douceur, il renversa le jeune homme sur le dos et se maintint au dessus de lui. Il perçut nettement son souffle s'accélérer et plongea dans ses yeux noirs.
-Je suis pas censé éviter tout mouvement nocif ? murmura Ace.
-Je ferais attention, sourit-il doucement. Je suis médecin, je te rappelle.
-C'est vrai.
Lentement, le métisse se pencha sur lui et caressa ses lèvres de sa langue. Le jeune homme soupira contre sa bouche, fermant les yeux, et Law l'embrassa doucement, laissant leurs langues se mêler. Il s'appuya un peu plus sur Ace, laissant leurs torses se rapprocher jusqu'à se toucher, prenant soin de ne pas peser sur lui.
Ce fut le barman qui brisa le baiser. Il ouvrit les yeux comme s'il sortait d'un rêve, et sourit au métisse qui le surplombait. Le chirurgien était un véritable bipolaire, passant en une seconde du légiste indifférent et maître de lui à l'homme séducteur et passionné qui l'embrassait. C'était un peu déroutant, mais d'un autre côté, savoir que lui seul pouvait voir ce deuxième aspect de sa personnalité envoyait des papillons dopés à la caféine dans son ventre.
-Hey... Traf' ? murmura-t-il.
-Mmm ?
-Merci.
-De quoi ?
-De m'avoir soigné, et... D'être venu pour moi.
-Chut.
Law l'embrassa à nouveau, et Ace ferma les yeux, se laissant faire avec délice. Le métisse glissa ses mains sur ses poignets pour les relever au dessus de sa tête, et approfondit le baiser, qui prit un tour passionné inhabituel. Le barman y répondit avec ardeur et gémit dans la bouche du chirurgien.
Soudain, la lampe de chevet s'éteignit d'un coup, plongeant la pièce dans le noir, et Law se recula légèrement et se crispa.
-Sûrement l'ampoule qui a grillé, sourit Ace dans l'obscurité. C'est rien de grave... Traf' ?
Le chirurgien ne répondit pas, et resserra sa prise sur les poignets du jeune homme. Il se mit à trembler violemment, et un gémissement lui échappa.
-Traf ? Traf, ça va ? s'inquiéta-t-il.
La respiration hachée de Law lui donna sa réponse, et il essaya de se dégager pour pouvoir... Agir, faire quelque chose, mais le métisse le maintenait contre le matelas avec une force démesurée.
-Traf' !
Le noir... Le noir et le froid... Le silence, seulement brisé par le « plic plic » régulier des gouttes d'humidités qui tombent du plafond, et les râles d'agonie de la personne présente avec lui dans le cachot.
La sensation des liens autour de ses poignets et de ses flancs, et du sang coulant le long de son dos nu. Nu, comme le reste de son corps, immobile depuis des heures... Peut-être même des jours, impossible de le savoir. Le temps est inaccessible ici.
L'odeur étouffante de la moisissure du cachot, l'odeur métallique du sang, l'odeur putride de la mort.
Le noir... Le noir opaque, palpable, qui s'insinue en lui à chaque inspiration, envahissant lentement son corps. S'infiltrant dans ses poumons pour les empêcher de fonctionner correctement. Se glissant dans son cerveau pour le faire sombrer lentement dans la folie. Pénétrant son cœur pour le tuer à petit feu.
Le froid... Le froid du sol sous ses jambes, et de l'air autour de lui. Le froid des chaînes qui lui rentrent dans la peau du dos et des reins...
Le froid du corps nu attaché au sien par ces mêmes chaînes.
La respiration sifflante de la femme qui agonise lentement contre son épaule, lovée dans une étreinte qui aurait pu être celle d'un couple amoureux.
Le sang de Séléné qui serpente lentement sur son dos, s'écoulant de l'entaille sur sa gorge, savamment infligée pour que sa mort soit lente et douloureuse.
La voix, sa voix à lui, rendue rauque à force de répéter les mêmes mots, inlassablement, litanie pour le préserver de la folie qui le menace.
-Excuse-moi... Séléné, je t'aime... Pardonne-moi... Excuse-moi...
La rage. L'impuissance. La douleur. La résignation.
Le silence, absolu cette fois. Les gouttes d'eau se sont tues. La respiration sifflante de son aimée aussi.
Le froid du corps qui s'affaisse définitivement sur lui. Le froid des larmes qui coulent sur ses joues alors même qu'il croyait ne plus pouvoir pleurer. Il n'a même plus la force de crier.
Et le noir... Le noir qui l'envahit définitivement, alors qu'il s'effondre, évanouit, contre le corps sans vie de celle qu'il a aimé.
-TRAF' ! Reviens, allez !
-...
Se débattant de toutes ses forces, Ace réussit enfin à dégager l'une de ses main. Il tenta d'abord d'amener Law à lui, ou de le faire simplement bouger, mais le chirurgien s'était tétanisé, et il n'y parvint pas. Alors il attrapa son portable sur la table de nuit, et alluma l'appareil. La lueur de l'écran se répandit dans la pièce.
Lumière. Lumière qui déchire le noir, des heures après que Séléné soit morte. Law cligne des yeux, s'efforçant de s'habituer à la clarté qui inonde soudain sa prison. Il lève des yeux vides de toute émotion vers la personne qui a ouvert la porte. Ah. Son geôlier est venu mettre fin à ses jours, on dirait. Peut-être que Doflamingo a jugé qu'il ne mourrait pas assez vite à son goût...
-C'est bon, Doc ! C'est fini. J'te sors d'ici.
Law détacha ses doigts du poignet d'Ace, et se releva lentement. Le barman se redressa et tendit la main vers sa joue pour la caresser d'un geste apaisant.
-Traf'... Ça va ?
-...
Le métisse revint enfin à l'instant présent, et plongea dans les prunelles noires d'Ace, emplies d'inquiétude. Ce noir-là était le seul qui le rassurait, et qui le calmait.
-Désolé, Portgas. L'obscurité me rend... Un peu nerveux.
-Un peu nerveux ? T'es le roi de l'euphémisme à deux balles !
Law eut un sourire en coin, et Ace soupira.
-C'est bon, Portgas, monte pas sur tes grands chevaux.
-Je monte pas sur mes grands ch'vaux, comme tu dis. J'ai juste flippé pour toi !
Il se gratta la nuque, gêné, et planta ses yeux dans le regard gris de Law.
-Si tu veux en parler, j'suis là...
Le chirurgien ferma les yeux et se laissa tomber à côté du jeune homme, qu'il enlaça.
-Pas ce soir, Ace.
-D'accord.
Le barman se blottit contre lui pour inspirer son odeur et soupira. Il faudrait du temps à Law pour lui faire confiance au point de tout lui raconter. Quelques heures plus tôt, alors qu'ils se trouvaient face à Blueno, Law était resté en arrière pour parler avec le bouncer, laissant Ace et Kidd en tête à tête. Le mécanicien lui avait vaguement parlé des cauchemars du chirurgien, et de son obstination de tout garder pour lui. Il lui avait aussi dit qu'il serait sans doute le seul à qui il se confierait.
Ace se dégagea doucement de l'étreinte du métisse.
-Je ferais mieux de réparer ta lampe avant de dormir, dit-il en forçant un sourire sur son visage.
-Étagère du haut, dans l'armoire.
Il changea l'ampoule, alluma la lumière, et revint se lover dans les bras de Law, laissant échapper un gémissement lorsque sa côte blessée se rappela à lui.
-Dors, Portgas. Tu en as besoin.
Ouais, bah j'suis pas sûr que ce soit moi qui soit le plus concerné par le manque de sommeil, mon grand ! grogna-t-il intérieurement en regardant les cernes prononcés du chirurgien. Mais le sommeil le rattrapa, et il finit par s'endormir, le nez dans l'épaule de Law.
Lorsqu'il sentit la respiration d'Ace ralentir, le métisse enfouit son visage dans ses cheveux noir et inspira longuement son odeur braisée. Les souvenirs du cachot se rappelèrent une nouvelle fois à lui, mais la sensation des mèches douces contre son visage, le parfum du jeune homme, et son corps chaud blottit contre lui l'empêchèrent de perdre pied. Il releva légèrement la tête, et observa la table d'opération par la fine ouverture du rideau.
S'il avait eu le moindre de ses instruments avec lui, il aurait été capable de la sauver, il en était sûr. Ne serais-ce qu'en abrégeant ses souffrances... Mais Doflamingo lui avait tout pris. Après lui avoir donné une vie, il la lui avait arrachée des mains, comme ces mauvaises blagues qu'on fait aux enfants quand on leur offre un nouveau jouet.
Ace était la seule chose qu'il avait obtenu de lui-même depuis la jeune femme, et ça le mettait d'autant plus en danger. Se rapprocher autant que ça de lui était peut-être une erreur. Séléné était morte pour ça... Et parce qu'à l'époque, il appartenait à Doflamingo.
Mais est-ce que ça avait vraiment changé ? Était-il vraiment libre ?
Il serra plus fort le jeune homme contre lui et enfouit une nouvelle fois son visage dans ses cheveux. Tourmenté par des questions auxquelles il n'avait pas de réponse, il mit longtemps à s'endormir. Il y parvint finalement, bercé par la lente respiration d'Ace et par son parfum sucré.
xxxxxxxxxx
Lorsque Ace se réveilla quelques heures plus tard, Law dormait toujours. Il sourit. Dans son sommeil, le chirurgien avait roulé sur le côté et lui tournait le dos. Le jeune homme détailla les lignes de ses muscles et se retint de les retracer du doigt. Le métisse avait besoin de sommeil, il ne servait à rien de le réveiller. Il se remémora sa panique de la veille et frissonna. Pour ébranler un type comme Law, il fallait quelque chose de particulièrement cruel et traumatisant. Qu'est-ce qu'il avait bien pu subir... ?
Il se retourna pour jeter un coup d'œil à son portable. Quatorze heures. Il soupira et se leva, veillant à ne pas réveiller le chirurgien, qui ne fit que se tourner vers lui. Il hésita un instant, et se pencha pour déposer un léger baiser sur ses lèvres. Puis, il attrapa ses vêtements, se rhabilla en silence, et sortit de la chambre.
Law regarda la porte se fermer et eut un sourire en coin. Hormis ses souvenirs douloureux lorsque l'ampoule avait grillé, il y avait longtemps qu'il n'avait aussi bien dormi. Résolu à grappiller quelques heures de sommeil en plus, il enfouit son nez dans l'oreiller qu'Ace avait utilisé et ferma les yeux.
xxxxxxxxxx
Ace poussa la porte du Bar de l'Arnaque et dévala les escaliers en silence, tentant de passer sans se faire repérer.
-Tiens ! Si c'est pas le faux malade ! s'exclama Jack en le voyant arriver.
Et merde... Raté !
-Salut, vieux... Shakky est là ?
-Derrière toi, Ace, répondit son ami.
Il sursauta et se retourna, ouvrant de grands yeux sur sa patronne qui le regardait, indéchiffrable.
-Sha... Shakky ! Tu es ravissante, ce soir...
-Laisse tomber les politesses, trésor, répondit-elle. Tu n'y échapperas pas.
-Allez, sois cool quoi...
La jeune femme laissa un sourire parfaitement machiavélique étirer ses lèvres, et Ace déglutit. J'le sens pas... J'le sens vraiment pas DU TOUT !
-Cherry ? appela Shakky. Tu peux m'apporter ce que j'avais mis de côté pour notre joli cœur ? Merci.
Cherry lui amena une boîte en carton toute simple, que la gérante ouvrit et présenta à Ace. Méfiant il regarda à l'intérieur, et releva la tête, horrifié.
-Tu vas pas m'faire ça ?!
-Bien sûr que si.
-Nan... Shakky, pitié ! Tout c'que tu veux mais pas ça !
-Tu n'as pas le choix.
-Pas le costume de Bunny Girl..., gémit-il.
-Oh que si ! Et dépêche-toi de l'enfiler, sinon je te fais monter sur scène avec !
Rageur, il empoigna la boîte et entra dans les vestiaires avant de claquer la porte derrière lui, sous les rires de ses collègues. Mettre la jeune femme en colère n'était pas du tout conseillé. Il se déshabilla en marmonnant des insultes, et se figea en entendant des coups légers contre le battant.
-Quoi ? aboya-t-il.
-Au fait, beau brun..., lui dit Shakky à travers la porte, et il imagina parfaitement son petit sourire innocent. Le petit Monkey vient d'appeler... Il m'a dit de réserver une place pour un certain Trafalgar Law qui passerait ce soir... Ça te dit quelque chose ?
-... J'VAIS LE DÉMOLIR À COUPS DE PELLE CE P'TIT ENFOIRÉ !
