Mesdames messieurs (haha), bien le bonjour !
Allez, on y va pour un nouveau chapitre plein de révélations... Et de nouvelles questions aussi, sinon, ça s'rait pas drôle. Posté avec un peu de retard, et dédicacé à une certaine personne qui a un peu besoin de se changer les idées en ce moment, et qui se reconnaîtra. Oh, et qui devrait normalement me défoncer à coups de haches à la fin de ce chapitre ! XD J'suis vache avec toi, ma pauvre...
Ceux qui suivent les MDS peuvent sauter le prochain paragraphe, les autres, restez là, j'ai un truc à vous dire.
Il est très probable que je mette MES fics EN PAUSE cette année. Mes études sont difficiles, et j'ai plusieurs concours à passer, alors il faut que je me concentre. Je reviendrais de façon sûre vers avril-mai, normalement. D'ici là, si je poste un chapitre, ce sera à titre exceptionnel, ne vous attendez pas à un rythme de publication régulier. [Ils s'y attendent plus depuis longtemps, vu que t'es toujours en retard...] Oh la ferme !
Autre chose, on m'a signalé une incohérence dans l'histoire. Dans le premier chapitre, j'évoque le fait que Marco ne sait rien de la gay-ttitude d'Ace, alors que dans les suivants, je mentionne le fait qu'ils soient sortis ensemble. Cela a été corrigé, et j'ai fais quelques modifications du premier chapitre. Marco est bien sorti avec Ace, donc, mais les autres ne le savaient pas.
Un dernier truc, après j'vous laisse tranquille. Qui voudrait que je fasse un résumé du passé des personnages ?
Voilà, je ne vous embête pas plus longtemps.
Bonne lecture !
Bisous cramés !
Pyro
Law se lève silencieusement et sort de la tente, délaissant son futon vide. Il sait qu'il rêve. Comment pourrait-il en être autrement ? Ace n'est plus à ses côtés, et il n'est nulle part sur la petite plage. Leurs vêtements non plus, d'ailleurs, ceux qu'ils ont laissé éparpillés un peu partout dans le sable.
L'aube pointe à peine, la brise est douce. Et les cheveux de la femme qui lui fait face volent doucement dans le vent, masquant en partie son visage. Elle ne porte qu'une longue robe blanche, et même ses pieds sont nus.
-Maman..., souffle Law.
-Tu es devenu beau, Trafalgar.
Le métisse reste immobile, incertain de ce qu'il doit faire. Incertitude qui vole en éclat lorsqu'elle ouvre les bras. Il s'avance vers elle, lentement d'abord, puis presse le pas pour finalement la prendre dans ses bras. Elle referme les siens autour de son torse, et il plonge son visage dans ses cheveux. Il esquisse un sourire quand il se rend compte qu'elle lui arrive à peine à l'épaule.
-Tu m'as manqué, M'man...
-Je suis toujours là, tu sais.
-Oui, mais c'est plus pareil... T'es plus là pour de vrai...
Il ferme les yeux, inspire son odeur de lavande, celle du produit qu'elle utilise pour laver le linge. Et il se sent comme... rétrécir. Une descente en enfance, qui paraît durer des heures alors qu'elle ne dure probablement que quelques secondes. Maintenant, il agrippe la robe blanche, son petit visage enfoui contre le ventre de sa mère. Elle lui caresse la tête, doucement.
-Tu restes pas, hein ? demande-t-il avec sa voix d'enfant, presque accusateur.
-Je ne peux pas, mon chéri, dit-elle doucement.
-Alors, pourquoi t'es venue ?
Elle ne répond pas, et se met à sa hauteur, s'agenouillant doucement dans le sable. Elle lui sourit tendrement et lui caresse la joue.
-Pour te dire bonjour.
-C'est nul.
Elle rit doucement, et petit Trafalgar ne peut que sourire. Son rire, c'est comme un millier de clochettes de cristal qui tintent en même temps. Il se jette à nouveau dans ses bras, et il ferme les yeux, fort, en enfouissant son visage sous ses cheveux blonds.
-M'man...
-Est-ce qu'il te rend heureux, mon chéri ? demande-t-elle soudain.
Law rouvre les yeux et les baisse sur sa mère. Il est redevenu adulte, et c'est lui qui lui caresse la joue, maintenant.
-Il n'est pas trop pénible, sourit-il.
Elle lui rend son sourire et acquiesce doucement. Puis, elle se hisse vers lui pour embrasser sa joue.
-Je suis heureux pour toi. Et ton père ? Tu t'es enfin réconcilié avec lui ?
-P'pa est... différent depuis que tu es partie, M'man... Je ne l'ai pas vu depuis un moment.
Son sourire devient mélancolique, et elle baisse les yeux.
-Il t'aime, tu sais, Trafalgar ?
-Ça n'a plus d'importance, M'man. Pas après ce qu'il a fait.
Elle secoue la tête avec tristesse, et un long soupir lui échappe. Puis, elle lève son beau visage vers le ciel.
-Tu ne vas pas tarder à te réveiller. Je dois partir.
-Déjà... On se reverra, M'man ?
-Peut-être, chéri, peut-être...
Elle le prend une dernière fois dans ses bras, et il la serre très fort contre elle.
-Je t'aime, M'man...
-Je t'aime aussi, Trafalgar. Sois heureux.
Une respiration plus tard, elle a disparu. Devant Law, il n'y a plus que la mer et le soleil qui se lève lentement. Et une odeur de lavande qui flotte dans l'air matinal.
xxxxxxxxxx
Law se réveilla en douceur, les yeux sur le ciel bleu qu'il pouvait voir à travers l'ouverture du toit de la tente. Son rêve lui revint en mémoire, le plongeant dans une douce nostalgie. Il poussa un long soupir et passa une main dans ses cheveux, se demandant vaguement l'heure qu'il était. Puis, il baissa les yeux sur le corps à moitié couché sur lui avec un petit sourire.
Ace avait le nez dans son cou, un bras passé autour de son torse et une jambe entre les siennes. Il passa un doigt léger sur sa joue tachetée, et l'enleva de justesse lorsque dans un geste inconscient, son amant se donna une légère claque, comme pour tuer un moustique. Il soupira, et se retourna en marmonnant dans son sommeil. Law étouffa un rire, et se redressa doucement, laissant ses yeux courir le long du corps nu à ses côtés. Ace se retourna sur le dos, changeant de position encore une fois, et le chirurgien se demanda comment il avait fait pour ne pas le réveiller plus tôt.
Soudain, quelque chose attira son regard, et il fronça les sourcils. Il avança la main, et caressa le haut de la cuisse de son amant, attardant les doigts sur les petites marques brunes qui la tachetaient. La peau était légèrement plissée, pas assez pour que ce soit détectable au toucher, mais suffisant pour que ce soit visible à l'œil nu. La seule raison pour laquelle il ne les avait pas remarqué la veille, c'était parce qu'il faisait nuit. Des brûlures... Pas forcément profondes, mais dans une zone qui fait affreusement mal... Et nombreuses... Qu'est-ce qui t'es arrivé, Ace ?
Le Ace en question s'agita sous le toucher du métisse, et finit par ouvrir les yeux. Il dégagea ses cheveux de son visage, bailla, et lui sourit.
-... Hey..., souffla-t-il.
-Bien dormi ?
-J'ai eu pire... Et toi ?
-Pareil.
Le barman se redressa et s'avança pour prendre son amant dans ses bras, se blottissant contre lui, enfonçant son nez dans son cou pour inspirer son odeur épicée. Law sourit, narquois.
-On est câlin au réveil, Portgas ?
Ace pouffa.
-Des fois, Sabo doit me donner des baffes pour que j'le lâche quand j'me réveille... J'fais même pas exprès en plus ! Une fois, j'ai même failli l'embrasser pendant que j'dormais. J'te raconte pas la torgnole qu'il m'a mise, rigola-t-il.
Le chirurgien eut un petit rire, puis répondit à son étreinte. Il le serra contre lui, et s'appuya sur son corps pour le renverser sur le futon. Le dominant de son corps, il se pencha sur lui pour lui donner un long baiser sensuel. Ace soupira d'aise dans sa bouche, et referma ses bras sur lui. La main de Law caressa sa joue, glissa dans son cou, et descendit lentement le long du corps du jeune homme, le faisant frissonner. Sa paume retraça la courbe de son omoplate, puis de ses côtes. Elle suivit le creux de ses reins, avant de s'attarder sur l'arrondi de sa fesse. Puis elle bifurqua pour remonter sur le haut de sa cuisse, là ou les marques brunes parsemaient sa peau. Ace se figea.
-... C'est quoi, ça, Ace... ?
-Un passé de "nettoyeur" laisse des traces, c'est tout, marmonna-t-il, nerveux.
-Arrête, il n'y en a que là. Ça ne peut pas être un hasard.
-C'est rien, j'te dis !
Soudain sur la défensive, Ace le repoussa et enfonça ses jambes sous le duvet qu'ils avaient partagé, le regard sauvage. Trafalgar le scruta un moment, puis soupira. Il n'était pas non plus un modèle d'honnêteté, alors forcer son amant à lui parler serait d'une hypocrisie sans nom.
-D'accord, Portgas. Comme tu veux.
Ace se détendit, et son regard s'apaisa. Puis il grimaça.
-J'crois que j'vais aller tremper dans l'eau un moment, j'me sens un peu... Courbaturé, là...
Il y eut un moment de silence, puis Law s'autorisa un léger rire, alors que le jeune homme faisait résonner le sien, haut et clair. La tension retomba, et le chirurgien se leva, oublieux de sa nudité, pour sortir de la tente, alors que son amant tentait toujours de s'asseoir correctement sans grimacer. Ace effleura les brûlures sur sa propre peau, et fronça les sourcils. Il avait presque réussi à les oublier, en trois ans... Une boule énorme lui noua la gorge, et il ferma les yeux, tentant de se soustraire aux images qui lui revenaient en mémoire.
Quelque chose lui tomba dessus, à travers l'ouverture du toit de la tente, le sortant de ses pensées. Il identifia sa chemise, et rattrapa son jean de justesse, avant que la boucle de ceinture ne lui arrive dans le front. Il grommela des insultes en passant son haut sur ses épaules, et écarquilla les yeux lorsqu'une chaussure fila dans sa direction. Il l'esquiva de justesse, mais ne put éviter la deuxième, qui le percuta en plein visage, semelle en avant.
-ÇA VA PAS NON ? brama-t-il.
Le ricanement caractéristique de Law lui parvint, et il faillit lui renvoyer la paire à l'aveuglette, mais s'abstint en se disant qu'il ne parviendrait sûrement pas à le toucher... Et qu'en plus, il lui redonnerait des munitions. Boutonnant sa chemise, assez longue pour cacher l'essentiel, il sortit de la tente à son tour. Trafalgar n'était nulle part en vue, mais ses vêtements étaient rassemblés près du rivage. Ace haussa les épaules et s'avança dans l'eau, délaissant encore une fois sa chemise, pour essayer de se rincer au mieux.
-Tu m'expliques l'intérêt de mettre ta chemise pour l'enlever deux minutes après ? railla une voix dans son dos.
Le barman se retourna vivement vers le métisse. Ce dernier le regardait en souriant en coin, assis sur un rocher, un peu plus loin, seulement vêtu de son boxer.
-J'ai pas l'habitude de m'balader à poil, Traf' ! Même pour faire dix mètres, ça m'dérange ! se défendit-il.
-... Dit celui qui est torse nu en permanence...
-C'est pas pareil !
Law ricana, mais n'insista pas. Effectivement, ce n'était pas pareil. Ace n'avait rien à cacher qui soit sur son torse. Il posa son menton sur sa main et l'observa se laver. Sans qu'il puisse l'empêcher, son sourire se fit moins moqueur, et ses yeux plus tendres. Il ferma les paupières et se remémora leur nuit, frissonnant au souvenir d'Ace allant et venant sur lui. Puis son rêve lui revint en mémoire, et son sourire s'évanouit.
-... Traf' ? Ça va ?
-Mmmm ? Je réfléchissais, répondit le chirurgien en ouvrant les yeux.
Il descendit du rocher et tendit une serviette à son amant, qui sortait de l'eau. Ace se sécha sommairement, avant de la nouer autour de sa taille.
-Tu réfléchissais à quoi ?
-Je pensais à ma mère, Portgas.
Le barman écarquilla les yeux, avant de les baisser, mal à l'aise. Il ne se sentait pas de poser des questions à Trafalgar après la façon dont il l'avait envoyé bouler plus tôt. Pourtant, à sa grande surprise, ce fut le chirurgien qui parla le premier, s'asseyant dans le sable.
-En fait... Ce n'était pas ma vraie mère, mais elle est la seule que j'aie un jour appelé "Maman". Je suis né au nord de l'île, dans les montagnes. Je ne l'ai su que plus tard, mais mes géniteurs étaient très pauvres, et n'avaient pas les moyens de me garder. Un jour, un riche jeune couple est venu chez nous pour passer la nuit. L'homme s'appelait Doflamingo, et la femme, Ellena.
Ace s'assit contre lui, la joue sur son épaule, et Law se mit à jouer distraitement avec ses cheveux, enroulant et déroulant les mèches noires autour de ses doigts tatoués, le regard perdu dans le vide.
-Ils étaient venu skier dans le coin, et ils s'étaient égaré quand le brouillard s'était soudainement épaissi. Mes géniteurs les ont accueilli, et leur ont offert ce qu'ils avaient, c'est à dire pas grand-chose, mais Ellena et Doflamingo les ont seulement remercié, sans leur reprocher quoique ce soit. Au cours du repas, l'alcool à pas mal coulé, d'après ce que mon père m'a raconté ensuite, et mes géniteurs ont parlé du problème que je leur causait. Ellena a eu pitié de moi, et elle leur a offert de m'emmener pour que je grandisse avec eux. Doflamingo a immédiatement été d'accord.
Trafalgar s'interrompit et ferma les yeux.
-Mes géniteurs m'ont vendu à la famille Don Quichotte, et je ne les ai jamais revus. Je devais avoir à peine trois ans. Tout ce dont je me souviens de ce soir là, moi, c'est d'une poignée de main entre mon géniteur et celui qui allait devenir mon père, et l'étreinte chaude de celle qui serait bientôt ma mère. Deux jours plus tard, je partais pour le sud de l'île, vivre dans la grande demeure balnéaire de la famille Don Quichotte. Je découvris que j'avais trois frères, tous trois tout aussi adoptés que moi. Pica, Trebol et Diamante.
Le chirurgien inspira longuement, et rouvrit les yeux, baissant le regard sur Ace pour se rendre compte qu'il l'observait intensément, le visage grave. Law sourit et se laissa tomber en arrière, s'allongeant sur la plage, un bras sous la tête. Immédiatement, son amant s'étendit contre lui, toujours aussi silencieux. Les doigts tatoués du métisse caressèrent lentement son dos, et il reprit la parole.
-Mes frères étaient... Différents de moi. Ils aimaient se mêler aux autres, jouer, embêter les filles... Je restais dans mon coin, à observer ce qui se passait autour de moi. À l'image de l'endroit où j'étais né, j'étais froid et inhospitalier, selon eux. Mais j'aimais profondément ma mère et mon père, et pendant les dix premières années de ma vie avec eux, si je passais du temps avec quelqu'un, c'était avec l'un d'entre eux. M'man me racontait des histoires et me chantait des chansons, et P'pa m'apprenait à lire, à écrire et à compter.
Ace fronça les sourcils, tentant de se représenter Law jeune, mais échoua. Son histoire n'était pas si triste qu'il avait craint. Au final, il avait trouvé des parents aimant, et il avait grandi dans un milieu aisé, où il avait pu recevoir une éducation correcte. Mais quelque chose lui disait que ça n'allait pas durer. On atterrit rarement au Moby Dick en ayant eu une enfance heureuse. Trafalgar déglutit, et sa voix devint blanche, détachée, sans émotion apparente.
-Je venait tout juste d'avoir treize ans quand ma mère est morte, fauchée par un automobiliste ivre, en se promenant sur une rocade. Le choc lui a brisé la nuque, et elle est morte sur le coup. Elle... n'a pas souffert.
Ace se figea contre lui, choqué. Il y eut un long silence, avant qu'il ne réagisse enfin. Il se blottit contre Law, qui referma ses bras sur lui.
-Je suis désolé, murmura-t-il.
-Ce n'est pas toi qui conduisait ce camion, Ace, ne t'excuses pas pour rien, répondit Law à voix basse. Ensuite... Rien n'a plus jamais été pareil.
-... Il s'est passé quoi ?
Trafalgar resta silencieux, et le barman comprit qu'il n'en saurait pas plus pour l'instant. Ils restèrent un long moment ainsi, Ace assimilant ce qu'il venait d'apprendre, et Law perdu dans ses souvenirs d'enfance. Puis, le métisse soupira et se redressa, entraînant son amant dans son mouvement.
-Allez, viens. Habille-toi, il est temps qu'on rentre.
Ace acquiesça, et ils se levèrent pour enfiler leurs vêtements, maintenant qu'il étaient à peu près secs. Ace pesta copieusement en se rappelant que son boxer avait disparu, et Trafalgar éclata de rire, sous le regard surpris du jeune homme. Il était rare que le chirurgien se laisse aller à rire d'aussi bon cœur. Il finit par le rejoindre dans son hilarité, et la tension retomba à nouveau.
Ils replièrent la tente en discutant de tout et de rien, se lançant des piques à tout va, et grimpèrent dans la voiture. Law mit le contact et démarra, s'engageant avec souplesse sur le bitume.
-Hey... Traf' ?
-Mmmm ?
-Comment vous avez découvert cet endroit ?
-Un pur hasard. Ma mère devait aller voir une amie qui habite dans les environs, et elle m'avait emmené avec elle pour que je sorte un peu de mes livres. On est tombés en panne, et pendant qu'elle essayait d'appeler quelqu'un, je suis parti de mon côté pour explorer le coin. J'étais plutôt curieux, à l'époque, précisa-t-il en souriant. Je suis passé derrière l'arbre, et j'ai trouvé le sentier et la plage. Je suis descendu sans prévenir ma mère, et quand elle m'a retrouvé, elle m'a tellement crié dessus que je m'en souviendrais toute ma vie !
Ace pouffa en imaginant petit Trafalgar se faire sévèrement gronder par une femme.
-Elle disait que cet endroit lui rappelait à quel point elle tenait à moi, sourit le métisse. Parce que me voir disparaître, ce jour-là, a été l'une des plus grandes peur de sa vie.
-... Comment elle était ?
-Elle était minuscule, sourit Law. Elle arrivait à peine sous le menton de mon père... En se hissant sur la pointe des pieds. Elle était blonde, avec de grands yeux verts, et une voix très douce...
Le métisse sourit tristement, perdu dans ses souvenirs, et le barman tenta de se représenter la jeune femme qu'avait été Ellena Don Quichotte. Mais une autre image se forma dans son esprit, et une grimace de souffrance déforma son visage. Il serra les poings et se força à calmer sa respiration, et à contrôler l'envie qui l'avait soudainement saisi au cœur. Il avait promis à Sabo qu'il ne recommencerait plus. Plus jamais.
-Ace ?
Ace tourna la tête vers son amant, et s'aperçut que ce dernier le regardait, les sourcils froncés. Il jura mentalement et se força à sourire.
-Yep ?
-... Non, rien, oublie.
Le barman soupira discrètement de soulagement, et Trafalgar se reconcentra sur la route, l'esprit plein de questions sur son passager. Qu'est-ce qui t'es arrivé, Portgas D. Ace ? Un jour, tu ne pourras plus afficher le masque de bonne humeur que tu portes en permanence, et ce jour-là, il faudra bien que tu me parles.
xxxxxxxxxx
Ace passa la porte de sa chambre avec la seule et unique intention de prendre une douche chaude, et surtout longue. Contournant le lit où Luffy dormait encore, il grogna en s'approchant de la salle de bain. L'eau coulait déjà, donc Sabo était dessous. En soupirant, il entra dans la salle d'eau et attrapa sa brosse à dent.
-Te gênes pas surtout, fais comme si j'étais pas là ! lui lança son frère derrière la paroi vitrée.
-Mmm-mmm, répondit-il en secouant la tête, la bouche pleine de dentifrice.
-Tsss... Tiens, bah puisque t'es là, rends-toi utile et file-moi ma serviette ! réclama le blond en arrêtant le jet d'eau.
Le barman la lui tendit, et finit de ses rincer la bouche alors que Sabo sortait de la cabine de douche et ouvrait la fenêtre pour aérer la pièce. Puis le brun se déshabilla à son tour pour prendre sa place. Son cadet haussa un sourcil.
-... Tu mets plus de sous-vêtements, toi, maintenant... ?
-Longue histoire.
Sabo haussa et les épaules et sortit de la pièce. Ace passa derrière la paroi vitrée, et laissa l'eau chaude couler dans son dos et chasser le sel de sa peau. Le jet massa ses épaules, et il soupira d'aise, laissant ses muscles se détendre. Il ferma les yeux, et son esprit se déconnecta de la réalité pour se mettre à dériver.
Il repensa à ce que Law lui avait révélé, et se mordit la lèvre. Il ne comprenait que trop bien ce que le chirurgien avait pu ressentir. La plupart des pensionnaires du Moby Dick le comprenaient, d'ailleurs. Beaucoup n'avaient plus de parents. Leur père, c'était Newgate, mais pour certain, c'était assez difficile à accepter. Ace avait mit longtemps à accepter l'affection de Barbe-Blanche. Au départ, il était contre l'idée d'aller au Moby Dick. Sabo, lui, était pour, et il y avait eut de violentes disputes entre eux à ce sujet. Finalement, l'aîné avait finit par céder en constatant qu'ils avaient de plus en plus de mal à trouver de quoi se nourrir, et que ses cadets dépérissaient à vue d'œil.
Il se savonna les cheveux en se demandant si Law considérait Newgate comme son père, lui aussi, et si cela pouvait un peu atténuer sa peine. Sa peine... Il avait bien conscience que Trafalgar ne lui avait révélé qu'une infime partie de ce qu'il avait dû supporter plus jeune. Peut-être qu'un jour il lui en dirait plus, mais cela voudrait dire que lui aussi devrait se confier. Et il n'était pas sûr d'être prêt pour ça.
Ses mains descendirent laver son corps, et il sourit en se rappelant les caresses de son amant sur sa peau. En se concentrant, il arrivait presque à sentir ses paumes sur sa peau et ses lèvres sur les siennes. Il secoua la tête et se débarrassa de ces sensations avant de devoir se laver à l'eau froide.
Juste à temps, puisque la porte s'ouvrit dans son dos.
-Sab' ? C'est toi ?
-Ouais... Oh putain ! Euuuh... Ace ?
-Quoi ?
-... Tu m'fais confiance ?
-Euh... Ouiiii ?
-Garde les yeux fermés et recule lentement vers moi.
Ace se crispa et ne put s'en empêcher. Il se frotta les paupières pour se débarrasser de l'eau qui l'empêcherait d'y voir clair et ouvrit les yeux.
-AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHH ! Putain de bordel de saloperie de... !
Énormes. C'est le seul mot qui vint à l'esprit du barman alors qu'il reculait précipitamment pour mettre le plus de distance possible entre son visage, et les trois araignées qui pendaient juste devant. Sauf qu'un sol de douche, ça glisse. Surtout quand on essaye de courir à reculons dessus, et pieds nus qui plus est.
Ace sentit d'un coup le sol se dérober sous ses pieds et tomba vers l'arrière, percutant la paroi vitrée de la douche, qui céda sous son poids. Il atterrit sur son frère, au milieux des débris de verre, alors que le jet continuait à déverser des trombes d'eau sur eux. Tous les deux rencontrèrent durement le sol en hurlant.
Alerté par le bruit, Luffy se réveilla en sursaut et se précipita dans la salle de bain.
-Ace ? Sabo ? Vous allez bi... PFAHAHAHAHAHAHAHAHAAAAAA ! ÉNORME ! Vous devriez voir vos têtes !
Sabo était assis au milieux du verre brisé, et se frottait la tête, ses vêtements complètement détrempés. Ace tentait tant bien que mal de se relever sans glisser à nouveau, nu comme un ver.
-Nom de Dieu, ACE ! C'est quoi que tu comprends pas dans "GARDE LES YEUX FERMÉS !" ? éructa le blond
-Tu pouvais pas juste me dire que j'avais ces bestioles devant l'nez au lieu de jouer au "Fais-Moi Confiance" ?! rétorqua son frère. Et d'abord, par où elles sont entrées, ces saloperies ?!
-Bah par la fenêtre, abruti ! T'as pas pensé à la fermer avant de prendre ta douche !
-Et merde... Père va m'passer un d'ces savons, encore...
-Tu parles, ça va juste le faire marrer, pouffa Luffy. Par contre, Dadan, elle, elle va pas être contente.
Les trois frères frissonnèrent de concert en pensant à l'intendante du pensionnat, Curly Dadan, qui s'occupait de tout l'aspect technique du bâtiment. Elle n'était pas réputée pour être un modèle de patience et de tolérance, même si en vérité, elle avait le cœur sur la main. Le plus jeune des trois s'avança pour arrêter l'eau, et chassa les araignées en ricanant. Sabo se releva à son tour, s'empêtrant dans ses vêtements gorgés d'eau, et pestant contre les frères irresponsables. Puis il se tourna vers Ace, et écarquilla les yeux. Oh merde...
-Euuuh... Ace ?
-Laisse tomber, j'te fais plus confiance, grogna ce dernier.
-Nan mais c'est pas ça, abruti ! Tu saignes de partout !
Ace se regarda dans le miroir et jura. Il était couvert d'estafilades et de coupures plus ou moins profondes.
-Law va m'en vouloir si j'vais l'voir pour ça..., grimaça-t-il. Il a pas mal de boulot, alors... J'vais aller voir la toubib.
-Euuuh... T'es sûr de toi, là ? s'inquiéta Sabo. J'te préviens, t'y vas tout seul !
-Elle fait flipper, renchérit Luffy.
-Oh allez, elle est pas si terrifiante que ça, la vieille Kureha...
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Trafalgar accrocha sa blouse au porte-manteau, se lava les mains, et sortit de la morgue. Il venait de refaire une autopsie du corps de Kizaru. La façon dont il avait été tué n'avait aucun sens. Sentant un mal de tête pointer son nez sous son crâne, il soupira et sortit son téléphone.
-Yo, Doc !
-Eustass. Je te dérange, peut-être ?
-Nan, j'suis en train de réparer une bécane pour Franky, mais j'suis chez moi, répondit Kidd. Tu veux passer ?
-Oui, il y a... Une affaire sur laquelle je voudrais ton avis.
-'Kay, mais t'es d'ravitaillement !
-Comme d'habitude, Eustass, sourit le chirurgien.
-C'est ça d'avoir un salaire de toubib ! Allez, à toute !
Une demi-heure plus tard, Law était assis dans le fauteuil du salon de Kidd, ce dernier avachi dans son canapé, en face de lui, une bière à la main.
-Vas-y, raconte, fit le roux.
-Tu as toujours des contacts chez Joker ? demanda-t-il.
-Ça s'pourrait. Pourquoi ?
-Un tueur par fléchettes empoisonnées, ça te dis quelque chose ?
Le mécanicien prit son temps pour réfléchir, sirotant sa bière de temps à autres. Les yeux fermés, les sourcils froncés, il passait en revue toutes les informations qui avaient pu remonter jusqu'à lui.
-Là, j't'avoue que j'vois pas. C'est quoi l'embrouille ?
Law lui relata les circonstances de la mort de Kizaru sans entrer dans les détails, mentionnant toutefois la lettre de menace qui lui avait été adressée. Lorsqu'il eut terminé, Kidd s'était redressé et le fixait, extrêmement concentré. Il n'y avait pas beaucoup de choses qu'il prenait au sérieux, mais Doflamingo et ses embrouilles en faisaient clairement partie.
-Après réflexion, je pense que les vêtements que l'Amiral portait n'étaient pas ceux avec lesquels il a été tué, déclara Law en croisant ses doigts sous son menton. Mais pourquoi lui avoir volé la tenue qu'il avait avant son meurtre, dans ce cas ?
-Pour récupérer quelque chose qu'il y avait dedans ?
-Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir simplement pris l'objet dans sa poche ?
-Pas faux..., admit le roux. J'avoue qu'tu m'pose une colle, Doc. J'vais essayer d'parler à... Mon contact, comme tu dis, et j'verrais s'il peut t'avoir que'qu'chose, mais j'te garantis rien.
-Merci.
Kidd éclata de rire.
-C'est bien la première fois qu'le grand Trafalgar Law vient m'demander mon aide pour une enquête, et en plus, me remercie !
-Les circonstances sont particulières, sourit le légiste. N'y prends pas goût, ça risque de ne jamais se reproduire.
Ils s'interrompirent quand Killer passa dans le salon, son masque sur le visage, et un journal sous le bras.
-Oh... Salut Law, fit le blond.
-Bonsoir.
-Hey, Captain ! J'crois qu'il y a quelque chose qui va t'intéresser là-dedans ! lança le nouveau venu en tendant le journal au roux.
Ce dernier s'en empara et regarda la première page. Il écarquilla les yeux et resta bouche bée. Alarmé, Trafalgar se redressa su son siège.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
Sans un mot, Kidd lui tendit le journal. Law déchiffra les gros titres, et ses mains se crispèrent sur le papier.
Héros du jour: Don Quichotte Doflamingo sauve un enfant d'une mort certaine !
L'article relatait comment le grand truand avait, "au mépris de sa propre vie", récupéré un enfant dont la poussette avait roulé sur la route, alors même qu'une voiture fonçait dessus. Doflamingo avait été interviewé, et avait simplement annoncé qu'il "avait agit sous le coup de l'impulsion, car il ne pouvait pas rester là sans rien faire".
Law serra les dents, et le papier menaça de se déchirer. Bon sang, mais à quoi il joue ?!
