Devinez qui c'eeeeeest! (Et oui comme vous le constatez cette semaine elle est réveillée à temps un miracle hein.C'est nous que voilà en cette belle journée pour une nouvelle...) Une nouvelle quoi dis? Une nouvelle quoi? Dis dis dis! (publication tu croyais que je parlais de quoi? une chose à pas changer depuis la semaine dernière. C'est pas vrai elle s'est rendormie décidement faut tout faire: DEBOUTTTTTTTTTT) Heein ? Ah oui pardon, publication nouvelle, nouveau chapitre, nouvelles péripéties, tout plein de suspens, de truc et de bidules avec un petit peu de ça pour saupoudrer le tout! (voilà vous mixez l'ensemble et vous obtenez un nouveau chapitre pleins de bonnes choses) on s'en est bien sortie sur ce coup-là hein? Hein qu'on est douée! (on est douée, bah quoi ? oui on s'envoie des fleurs vu que personne le fait pffff!) baisse la tête, vlà le vaaaaase! (c'est toi qui est visée va savoir pourquoi. bon reste baissée ok j'ai encore besoin de toi et eux aussi même s'ils ne le savent pas encore. On arrête avec notre grande tirade afin que vous profitiez de votre lecture.)pourquoi t'as pas d'escabeau? Oui bonne lecture! (euh on s'en va titeufounette à sortit les cailloux, on se barre ahhhhhhhhhhhhhhhhhh la prochaine!) COOOOOUUURSSSSSSSS!

L'ambulance roulait tous feux hurlants, j'entendais les voitures changer précipitamment de files pour lui libérer le passage. Ben était toujours fermement agrippé à ma main, sa puissance n'avait de cesse de m'impressionner, j'avais dû sauter dans l'ambulance avec eux car même inconscient, il me tenait encore assez fort pour m'empêcher de me libérer, d'ailleurs j'aurais refusé de rester là à attendre de ses nouvelles même s'il ne s'était pas cramponné à moi. Quelque chose me liait à lui, quelque chose de fort que je refuserais de laisser partir sans pour autant pouvoir lui donner un nom.

Nos mains jointes reposaient sur la civière désormais, elles passaient à l'origine en diagonale par le torse de Ben mais je m'étais contorsionné pour repasser du côté de sa main droite, celle qui me tenait, quand j'avais senti avec horreur les os brisés du champion se soulever à chaque inspiration laborieuse sous mes doigts. Mon poignet était donc fortement tordu de ce fait mais je m'en moquais totalement, j'étais même soulagé que sa conscience ait vacillée car il souffrirait le martyr à son réveil mais je demeurais très inquiet pour lui, le sang qui coulait de son oreille disait commotion mais surtout hémorragie cérébrale, Ben devait passer au bloc d'urgence sous peine de garder de graves séquelles par la suite !

L'ambulancier qui était à l'arrière avec nous parlait à un rythme effréné, je percevais quelques mots par ci par là, entièrement focalisé sur le champion que je suppliais intérieurement de s'accrocher.

La blouse blanche parla de sa tension en chute libre et de ses réactions qui faiblissait : « Il plonge » l'entendis-je dire, je suivais le rythme cardiaque erratique de Ben sur le moniteur et resserrais ma main sur la sienne en parlant pour la première fois à voix haute :

- Allez tiens le coup champion, continue à te battre ! Accroche-toi bon sang !

L'ambulancier me jeta un coup d'œil avant de lui injecter une substance, je l'ignorais totalement, toujours concentré sur Benjamin et sur le moniteur, j'étais tendu à l'extrême, répétant sans arrêt « Allez, allez » et de longues minutes passèrent avant que Ben ne soit enfin stabilisé, son cœur battait de nouveau au bon rythme mais les deux mots de l'ambulancier ne quittait plus mon esprit : « Il s'enfonce » le coma était proche, c'était le risque dans notre métier mais c'était souvent la dernière chose qui puisse nous arriver avant qu'on soit forcé de raccrocher.

Nous étions arrivés devant l'hôpital, l'ambulance fut forcée de ralentir pour prendre un dernier virage et je grognais intérieurement sur leur lenteur, je voulais déjà qu'on y soit, que Ben soit pris en charge et hors de danger, je voulais entendre le médecin me dire que Ben n'avait rien de grave, juste un peu de fatigue mais je savais qu'il n'en était rien, qu'il était inutile de me voiler la face, si Ben se remettait de ses blessures sans garder de séquelles, il ne le ferait pas en une semaine, il lui faudrait du temps, beaucoup de temps.

L'ambulance s'immobilisa, je me levais d'un bond et me cognais violemment le crâne contre le toit de métal, mon poignet craqua sous le choc et je pestais une seconde en me frottant le crâne de ma main libre, j'ouvrais aussitôt les portières dans la précipitation, je n'avais qu'une idée en tête, faire décharger Ben au plus vite. L'infirmier posa sa main sur mon épaule et me demanda de me calmer avant de me refaire passer de l'autre côté de Ben pour que nos mains sont de nouveau dans le bon angle, ça faciliterait la descente mais je me refusais à laisser son bras peser sur son torse, aussi le tins-je à quelques centimètres au-dessus de lui pour éviter d'aggraver ses éventuelles autres blessures. Ensemble, nous déchargeâmes Benjamin de l'ambulance, l'équipe était déjà là pour nous accueillir et je leur en étais reconnaissant. L'ambulancier fit son récap aux infirmières tandis que nous courrions dans les couloirs jusqu'à atteindre le médecin de service. Il consulta rapidement la fiche que lui donnait l'ambulancier avant de se tourner vers moi, j'avais observé les nouveaux arrivants rapidement avant de me focaliser de nouveau sur le champion inconscient mais le regard du médecin sur moi avait immédiatement attiré mon attention et je l'écoutais attentivement :

- Monsieur, vous êtes de sa famille ?

Je secouais la tête négativement, me sentant soudain inutile et en dehors de ma place, ce n'était pas moi qui aurait dû tenir sa main et pourtant, je me refusais toujours à essayer de briser sa prise autour de mes doigts, je pourrais toujours prétendre qu'il était trop fort pour moi ou que j'avais peur d'aggraver ses blessures en me libérant mais la vérité c'est que je me sentais profondément lié à lui et que séparer nos mains briserait ce lien tenu alors je m'accrochais le plus longtemps possible.

D'accord, qu'est-ce que vous pouvez me dire sur lui, antécédents médicaux, allergies ?

Je ne sais pas, je… Il faut demander à son coach, je le vois qui arrive là-bas, lui le sait, il sait tout ce qu'i dire sur son champion.

Le médecin s'éloigna rapidement, ses yeux s'étaient brièvement posés sur nos mains liées mais il n'avait fait aucun commentaire mais j'avais perçu son interrogation sur le moyen de nous séparer, je l'avais entendu parler de faire préparer le bloc en urgence et de besoin d'autorisation à une infirmière, il fallait l'opérer immédiatement!

J'ai suivi l'ambulance en état de transe, je ne voyais rien d'autre que le véhicule devant moi roulant à une allure folle dans laquelle était mon gamin. J'avais a de nombreuses reprises vu Ben blessé, mais là je savais que ses blessures surtout celle de la tête était très grave, j'avais peur comme jamais je souhaitais qu'une chose c'est que mon petit s'accroche, qu'il tienne bon et continu sur sa lancer de victoire. Je n'avais pas d'enfant mais celui dans l'ambulance était comme le miens, le fils que je n'avais pas eus, mes réactions et ma peur étaient plus celle d'un père voulant que son fils aille bien que d'un coach voulant que son champion se batte. Nous nous étions mutuellement trouvés tous les deux, lui n'ayant pas de père et moi n'ayant pas de fils, une sorte de lien indescriptible nous liés à jamais et je priais pour que mon tout petit s'en sorte. Je ne prenais pas la peine d'essuyer les larmes qui coulaient sur mes joues, elles étaient le résultat de mon état émotionnel, au plus profond de moi j'avais eus la certitude que le match finirait mal, que les blessures seraient sérieuses, mais là à cet instant-là seul chose que je voulais c'était que ma peur soit plus sérieuse que ses blessures. J'étais rassuré par le fait qu'il n'était pas seul, il avait Randy avec lui, auprès de lui et ça c'était bien, car même si le gamin avait provoqué mon champion, qu'il éprouvait un besoin enfantin de l'affronter, il avait tout mis de côté pour soutenir mon garçon ne voulant pas le lâcher, voulant être à ses côtés jusqu'au bout. Ces deux-là étaient très différents, mais au moment où Ben en a eu le plus besoin Randy lui a offert son aide, son soutiens et sa force et ne l'avait pas lâché allant même avec lui dans cette ambulance. J'arrivais le plus vite possible au moment où les portes de l'ambulance se refermaient sur eux, j'étais terrifié mais je savais que la présence de Randy ferait tenir mon gamin. Je suis arrivé peu après l'ambulance, il y avait un branlebas de combat, faut dire qu'il y avait aussi bien Ben à soigner que Heathen qui était juste devant lui, les dégâts sur les deux étaient importants. Une infirmière me renseigna et me dit d'attendre le médecin qui ausculté Ben, je ne tenais pas en place, je cherchais Randy mais il était introuvable. J'entendis qu'on prononcé mon nom et je fus surpris de voir apparaitre Hunter et Shawn à mes côtés, tous deux semblaient inquiets tout comme moi, mais le plus touché si je puis dire ce fut Hunter il semblait anéanti et profondément inquiet pour Ben. Nous attendions en silence que quelqu'un vienne enfin nous dire ce qu'il en était et là un médecin approcha et appela mon nom.

Doc: Mr Adams?

Coach: Oui c'est moi, alors comment va Ben?

Doc: L'état de benjamin est inquiétant je ne vous le cache pas Est-ce qu'il y a moyen de prévenir ses parents, il doit subir une intervention rapidement et j'ai besoin d'un consentement.

Coach: Ben n'a pas de parents, son père l'a abandonné petit et sa mère est morte il y a plusieurs années de ça, je suis la personne a prévenir en cas de besoin de soins médicaux voici l'attestation.

Doc: Très bien, j'ai demandé au jeune homme qui est avec lui s'il y avait des médicaments auquel Ben est allergiques et il m'a dit de vous demandez

Coach: Randy? Randy est toujours avec lui?

Doc: Oui il est auprès de son ami, d'ailleurs j'espère qu'il arrivera à lâché la main de mon patient pour que je puisse l'opérer, visiblement ni lui ni Ben ne semble vouloir se défaire de l'autre. Bon niveau indication médicale?

Coach: Je suis soulagé que Randy soit avec lui Ben et les hôpitaux ça fait deux et la présence de Randy semble le calmer, pour ce qui est des antécédents médicaux de Ben tous est là depuis son plus jeune âge, vous avez tout ce qu'i savoir sur lui. Je vous en prie prenez soins de mon petit docteur.

Doc: Ne vous inquiétez pas Mr Adams votre garçon est entre de bonne main, je vous remercie pour le dossier, je vais y allé et je vous tiens au courant le plus rapidement possible.

Coach: Merci docteur.

Le médecin repartit laissant les 3 hommes dans le couloir, l'état de Ben était très préoccupant mais il était entre de bonne main. Je ne fus pas surpris d'avoir appris que Randy était avec lui et qu'aucun des garçons ne voulaient lâchés prise, ils étaient têtu mais cette fois c'était dans le bon sens.

Le médecin revint d'un pas vif vers nous, je n'avais jusque-là pas prêté attention à lui, totalement tourné vers Ben mais à l'heure de la séparation, je voulais être sûr qu'il serait à la hauteur.

Il tenait un dossier à la main, très probablement le dossier médical de Benjamin remis par son coach tout comme Vince et John avaient le mien en cas d'urgence. Il avait certainement dû le lire en vitesse tout en questionnant le coach Adams et vu l'expression concentrée de son visage, l'opération était encore plus urgente que je ne le pensais. Il semblait avoir la quarantaine, c'était jeune pour un chirurgien, peut-être un peu trop d'ailleurs et je me tendis instinctivement en l'observant approcher, je n'avais que quelques secondes pour ça mais c'était bien assez pour moi, j'avais toujours eu la capacité d'intégrer les informations en un seul coup d'œil, capacité que j'avais accru de par mon métier. Aussi j'eus le temps d'observer son allure générale, sa façon de se déplacer avec assurance et calme, ses mains détendues autour du dossier malgré l'urgence de la situation témoignaient de sa maîtrise de lui. Son regard était vif, perçant même et brillait d'intelligence et de compréhension. Il me rendit mon regard en s'arrêtant à côté de la civière et je hochais la tête au bout de deux secondes supplémentaires « Ok tu fais l'affaire mon gars ! » Alors je me concentrais de nouveau sur Ben, il était temps de libérer ma main mais je n'en avais aucune envie, comme s'il avait perçu mes intentions depuis son inconscience, Ben resserra encore sa prise autour de mes doigts, la rendant douloureuse, mes doigts exsangues avaient blanchi à force d'être aussi comprimés mais je m'en moquais éperdument, sans que je n'en comprenne la raison, il était le seul qui comptait à mes yeux pour le moment. Je posais ma seconde main en douceur sur la sienne, tentant d'ouvrir ses doigts en vain, le médecin me proposa son assistance mais je la déclinais d'un geste de la tête avant de laisser glisser mes doigts sur son poignet, je les positionnais avec beaucoup de précision avant de serrer fortement à mon tour, les nerfs ainsi comprimés finirent par se détendre pour m'échapper et la main de Ben se rouvrit d'elle-même. Le médecin me lança un petit sourire appréciateur, cette technique était douloureuse pour celui qui la subissait en temps normal mais Ben n'était plus en mesure de s'en plaindre sinon il m'aurait très certainement cassé la gueule pour ça ! J'aurais pu utiliser cette technique pour me libérer de sa prise lors de notre première rencontre mais il m'avait eu par surprise et puis quelque chose en lui me poussait à sans arrêt le défier, à le faire sortir de ses gonds peut-être que sa froideur apparente trop similaire à celle que j'affichais me rendais dingue mais je voulais à tout prix savoir ce qu'elle cachait !

Le sang revenait en masse dans mes doigts, comme des milliers de fourmis rouges dans mes veines et je sentais mon cœur palpiter jusque dans mes ongles, je m'aperçus alors avec stupeur que celui de Ben battait à l'unisson du mien avant de me traiter intérieurement d'idiot, c'était tout à fait logique puisque les doigts de Ben reposaient en partie dans le creux de mon poignet, il devait sentir mon cœur battre depuis qu'il s'était agrippé à ma main et s'était accordé à son rythme tout comme il l'aurait fait sur n'importe quelle musique persistante. Privé de ce lien, son cœur s'emballa brusquement avant d'avoir d'épouvantables ratés qui nous mirent tous dans un état de stress encore pire qu'avant. Le toubib donna alors le signal de départ pour le bloc et je lui demandai :

Prenez soin de lui, s'il vous plait !

C'est promis ! Me répondit-il en se ruant vers le bloc accompagné de ses infirmières.

Il ne s'était écoulé que 10 minutes depuis notre arrivée aux urgences, une éternité selon moi et les heures qui allaient suivre seraient encore pire !

Je restais immobile dans le couloir, les yeux rivés sur la porte par laquelle Ben avait disparu, j'avais encore la sensation de sentir ses doigts autour de ma main, comme un mirage et j'inspirais profondément en espérant que ce n'était pas la dernière trace qu'il laisserait dans ce monde.

« Tiens le coup champion » pensais-je fortement.

Je sentis une main se poser chaleureusement sur mon épaule et bien avant d'entendre la voix qui l'accompagnait, je savais qui en était le propriétaire. Elle m'avait sèchement tendue une bouteille d'eau quelques jours plus tôt avant de m'aider à me relever pour me pousser dans une minuscule voiture.

Viens t'asseoir gamin ! Me dit le coach Adams avant de m'entraîner vers la salle d'attente et je le laissais faire en silence.

Nous nous étions rué au bloc dès que mon patient avait lâché la main de son ami et je me battais désormais pour le stabiliser, son rythme cardiaque était erratique depuis qu'il était séparé de l'autre garçon, Randy si je me souvenais bien, un sacré gaillard d'ailleurs, son regard était celui d'un prédateur pourtant il changeait du tout au tout quand il le posait sur Ben, il semblait au supplice de le voir dans cet état. Je travaillais vite pour stopper son hémorragie cérébrale et réparer les dégâts avant qu'il ne lui reste des séquelles irréversibles. L'infirmière lui avait déjà administré plusieurs doses d'adrénaline pour booster son cœur sans résultat, ajouté à ce que lui avait donné l'ambulancier, on était désormais au maximum, lui en donnerait plus causerait davantage de dégâts que de bienfaits, c'était à lui de se battre désormais !

Il nous lâche ! lança mon infirmière quelques minutes plus tard.

La tension du patient faisait le yoyo depuis quelques minutes et nous donnait des sueurs froides mais jusqu'ici il avait tenu le coup, je n'avais fait que la moitié de mon job quand son cœur s'arrêta pour de bon, je retirais précipitamment mes mains de son crâne en demandant le chariot d'urgence et lui balançait un premier choc sans résultat, je fis augmenter le voltage avant de réitérer, 3 fois, 4 fois et toujours aucune réaction, mon second me fit signe de laisser tomber mais je m'entêtais en disant :

Allez gamin, un effort, y a des tas de gens qui t'attendent dans la salle dehors et j'ai promis à ton copain de te remettre en état, quelque chose me dit que si je lui annonce que j'ai foiré, je vais me retrouver dans le même état que toi, j'ai rien contre toi mais ça me tente pas alors bagarre-toi un peu bon sang !

Je le choquais une cinquième fois et son cœur repartit enfin à notre soulagement à tous, j'attendais qu'il soit de nouveau stable avant de reprendre l'opération délicate. Le gars était dans le coma désormais mais c'était prévisible fut ses lésions, il était déjà à moitié parti à son arrivée et seul la présence du grand brun auquel il s'était accroché avec l'énergie du désespoir l'avait empêché de sombrer, depuis leur séparation, c'était comme s'il lâchait prise, c'était très étrange.

Mais son cœur était reparti et c'était tout ce qui comptait pour le moment, le môme se réveillerait en son temps quand j'aurais fini de refermer son crâne, ensuite je passerais aux autres blessures moins graves qu'il avait.

J'avais été anéanti par l'état de Ben, quand je l'ai vu s'écrouler au sol et que j'ai vu le sang couler de son oreille mon cœur s 'est arrêté, j'étais dans un état catatonique, je me suis écroulé contre le mur, peu importe que ma réaction paraisse hallucinante pour certains, je vivais un moment que je ne souhaitais à personne. Je pris à peine conscience de la présence de Shawn, de ses paroles, du fait qu'il me relève et m'emmène à la voiture, du trajet vers l'hôpital, j'étais choqué. Je suis sorti comme un fou de la voiture suivi de près par mon ami et nous avons rejoint le coach qui marchait de long en large dans le couloir, aucune parole ne fut prononcée et puis pour dire quoi, il n'y avait rien à dire juste à attendre. Quand le médecin se dirigea vers nous mon cœur battit encore plus vite qu'avant, la boule que j'avais dans le ventre et dans la gorge gonflait à chaque pas qu'il faisait, il fallait que je sache. J'étais focalisé sur les paroles du docteur, l'état de Ben était alarmiste, ses blessures semblaient graves, j'avais peur pour lui, mais alors que je croyais avoir touché le fond de ma douleur personnelle, les paroles du coach sur la famille de Ben furent difficile à entendre, mon cœur sombra un peu plus pour le gamin. J'avais émis un hoquet de surprise et je savais inconsciemment que Shawn l'avait entendu, je savais que je devrais lui dire le pourquoi de mon état et pourquoi je réagissais comme ça, mais pas maintenant, pas là j'en étais incapable. Le docteur repartit avec le dossier médical de Ben, nous laissant dans ce qui était la pire des situations: L'Attente, parce qu'à partir de là c'était la seule chose que nous pouvions faire Attendre et prier.

Le temps passait lentement, trop lentement. Adams m'avait ramené à la salle d'attente avec les autres, j'avais vu Shawn et hunter s'éclipser du coin de l'œil pour discuter, vu la tension qu'ils dégageaient, le sujet devait être grave mais contrairement à mon habitude ça ne m'intéressait pas, je ne pensais qu' à ben qui était en salle d'op pour ce qui me semblait être des heures, un coup d'œil à la pendule m'appris qu'il n'y avait que 45 minutes en fait et je grinçais des dents en maudissant le crétin qui avait fait installer une horloge dans cette salle, il ne manquait plus que le tic tac stressant pour compléter le tableau. Je sentais le regard du coach se poser sur moi à intervalles réguliers, j'avais l'habitude qu'on m'observe mais le regard d'Adams était interrogateur, il cherchait en moi une réponse d'une question qu'il n'avait pas posée et je n'étais pas sûr d'avoir envie d'y répondre même s'il s'y risquait, j'avais pour optique de ne jamais donner de fausses raisons d'espérer à ceux qui m'approchaient. Les minutes défilaient lentement, rythmées par le balai des infirmières, il était tard désormais, presque tôt même, l'hôpital s'endormait doucement, son immense moteur fonctionnait au ralenti dans un doux ronronnement qui m'exaspérait, les services de garde s'échangeaient et les chuchotements joyeux du personnel signifiaient commérages mais je n'y prêtais pas plus attention qu'au reste jusqu'à ce que je sente une main se poser sur ma cuisse, immobilisant ma jambe qui battait frénétiquement depuis un long moment.

Doucement gamin ! Me dit Adams d'un ton un peu bourru. T'agiter comme ça ne fera pas avancer les choses plus vite.

J'observais son profil faussement impassible sans être dupe avant de lui demander :

Comment faites-vous ?

Il haussa les épaules et je compris immédiatement ce qu'il taisait, vu la façon de combattre de Ben, il devait être coutumier des urgences !

Combien de fois ?

Celle-ci est la 12ème, ce n'est jamais plus facile pour autant. Quand il a débuté, sa mère n'était pas trop chaude, elle n'avait que lui et avait une peur bleue de le perdre mais tu l'as vu comme moi, ce gamin est têtu et elle a fini par l'accepter mais les premières blessures sont arrivées et elle a eu peur de nouveau, je te raconte pas la crise quand il a fini aux urgences la première fois ! J'ai cru qu'elle allait m'écharper ! Rit-il en se remémorant la scène.

Je regardais le coach avec une sorte de tendresse toute nouvelle pour moi, ce gars était ce qui s'approchait le plus d'un père pour Ben et je le comprenais, j'aurais voulu d'un père comme lui.

Ben l'a calmée et a repris ses matchs et on a fini une nouvelle fois dans cette salle d'attente, c'est ce jour-là qu'elle m'a fait promettre de toujours prendre soin de lui, je ne le savais pas encore à l'époque mais elle était malade et il ne lui restait plus beaucoup de temps à vivre, quand son état s'est aggravé, Benjamin a voulu tout abandonner pour prendre soin d'elle maie elle a refusé, elle lui a dit qu'il la rendait fière chaque jour et qu'il fallait qu'il continue, alors Ben s'est battu avec encore plus d'acharnement pour la rendre encore plus fière, il a défié des types plus fort que lui et il a gagné à chaque fois en bien sûr, on s'est retrouvés de nombreuses fois dans cette salle à attendre de ses nouvelles même si cette fois est bien la pire de toute. Quand sa pauvre mère s'est éteinte, Ben s'est renfermé sur lui-même et il n'a plus jamais été le même, il n'avait qu'elle lui aussi et elle était tout pour lui !

Il se tut quelques instants en m'observant avant de reprendre :

Et toi gamin ? Pourquoi t'es aussi sombre ?

Je ne suis pas sombre.

Mouais passons. Je peux te demander autre chose ?

Au point où on en est !

Qu'est-ce que tu as bien pu lui dire pour le foutre dans une rage pareille ?

Quelque chose pour lequel j'aurais à m'excuser.

Le silence retomba, le gamin n'en dirait pas plus, je l'avais compris, il était comme mon Ben pour ça, sa mine était encore plus sombre qu'avant si possible et je me laissais retomber contre mon dossier, tandis que lui était toujours aussi tendu sur sa chaise, il allait avoir des crampes d'enfer s'il continuait comme ça ! Il fallait que je le détende mais pour l'instant le silence était de mise.

Alors que nous étions tous les quatre dans l'attente des résultats de l'opération de Ben, je ne pouvais lâcher des yeux mon meilleur ami, depuis l'arène il agissait et réagissait bizarrement et je voulais savoir pourquoi. Je vis le coach parler avec Randy et je profitais de ce moment pour entrainer Hunter un peu plus loin il était temps qu'il me dise ce qui n'allait pas. Depuis le temps que je le connaissais je n'avais jamais eus de mal à le faire parler mais là c'était différent mais j'étais décidé à avoir le fin mot de l'histoire alors je le poussa à bout et il finit par craquer. Avec une voix hachée par l'émotion il me raconta toute l'histoire, j'étais abasourdi par ses révélations, moi qui croyais tout savoir de lui, j'étais confus. Voyant que je ne disais rien il baissa la tête en disant un faible Pardon, je n'avais rien à lui pardonner alors je le pris dans mes bras lui offrant comme à chaque fois le réconfort dont il avait besoin. Maintenant je savais, je comprenais, le principal à ce moment précis était que Benjamin s'en sorte sans trop de dégâts, le champion qu'il était ne pouvait abandonner.

J'étais assis avec Randy dans la salle d'attente, si depuis un moment personne ne parlait, petit à petit un dialogue s'installa, le sujet était Ben bien sûr, son combat, ses blessures, l'espace de quelques instant nous étions unis par l'angoisse. Le gamin serré fortement ses mains, regardant le sang de Ben sur ses doigts, je savais qu'il avait essuyé l'oreille de Ben et il semblait focalisé dessus. Je le remerciais de sa présence auprès de mon petit ce qui le surprit mais en même temps lui fit plaisir, il n'avait pas fait ça pour faire genre, non il avait agi instinctivement et c'était bien ça le plus beau. Je ne voyais plus à mes côtés le garçon arrogant et suicidaire qui avait provoqué mon garçon, non je voyais un jeune homme inquiet et attachant, une autre facette de lui qui j'en étais sûr était visible à peu de gens, dans le fond il me rappelait mon petit, ils avaient beaucoup de points communs ces deux-là, mais ils agissaient et réagissaient différemment. Petit à petit je l'amenais à parler de ce qu'il avait vu, du combat, de ce qu'il en avait pensé, je l'écoutais attentivement à chaque mot qu'il prononçait je voyais les émotions défiler sur son visage, il revivait le match et c'était beau à voir, l'espace de quelques instant j'avais à mes côtés un gamin totalement différent, je voyais le vrai Randy. Il avait vu la façon de faire de Ben, avait vu de quoi il était capable, en l'entendant parler avec éloquence du combat je découvris un autre aspect de lui, je savais qu'une fois Ben hors de danger, il reprendrait son rôle de dur à cuir, qu'il ferait tout pour affronter mon champion, même s'il avait vu de ses yeux leurs différences, il voulait combattre Ben avec insistance, faire ses preuves lui aussi, McMahon avait tout faux avec le môme, lui aussi avait un joyau dans son entreprise mais il le façonnait mal d'où les réactions de Randy. A la pensée de leurs futurs confrontations je souris légèrement, ces deux-là n'avaient pas fini de nous en faire voir.

J'observais Adams du coin de l'œil tout en discutant avec lui de Ben et de son match, il me regardait, m'écoutait avec attention et quelque chose qui ressemblait à du plaisir, de la joie, on avait l'impression qu'il adorait m'écouter parler, je n'avais jamais ressenti ça avec personne, d'ordinaire que je parle ou me taise ne faisait pas une grande différence, ma bande d'amis m'écoutait bien sûr mais aucun adulte de l'âge du coach ne perdait son temps pour ça, je comprenais pourquoi Ben semblait tellement l'aimer, outre le fait d'être orphelin, cet homme avait l'art et la manière de nous faire nous sentir important et intéressant, il avait une façon de nous regarder comme si nous étions unique, il façonnait tous ses « p'tits gars » comme s'ils étaient des diamants à l'état brut, il trouvait le meilleur en eux et le développait jusqu'à faire d'eux les meilleurs, Ben en était l'exemple le plus flagrant, à la différence de Vince qui se contentait de rechercher les meilleurs de par le monde, leur offrant un contrat alléchant rempli de promesses et de zéros mais qui finissait toujours par une déception monumentale pour la superstar, alors, il mettait plus de zéros pour la garder ou la flanquait dehors sans le moindre état d'âme. Travailler pour Vince revenait à se transformer en marchandise, des objets cassables et jetables, échangeables à volonté alors qu'Adams avait quelque chose de profondément humain dans sa façon de me regarder, oui Ben avait beaucoup de chance de l'avoir ! Mes pensées revenaient sans arrêt vers lui dans cette salle d'op, mes mains étaient couvertes de son sang, ça pouvait avoir un côté horriblement morbide sauf que je ne considérais pas une seule seconde que Ben puisse ne pas s'en sortir, c'était un battant, il allait se relever une fois de plus j'en étais sûr, d'ailleurs Adams aussi en semblait persuadé ou alors c'était un vrai pro pour masquer ses émotions, je savais qu'il avait peur aussi au fond de lui, il parlait de Ben comme de son fils et c'était un peu ce qu'il était après tout, il l'avait vu grandir, l'avait formé et pris sous son aile, depuis la mort de sa mère, il était son unique point de repère et bien qu'il prenait soin de tous ses autres garçons, Ben était différent d'eux, il serait toujours le premier dans le cœur du coach.

J'avais enfin fini d'opérer le jeune homme, après plusieurs grosses frayeurs, allant de sa baisse de tension à son arrêt cardiaque, j'avais enfin réussi à le rafistoler maintenant il fallait attendre et croiser les doigts. Je me dirigeais vers le groupe d'hommes dans la salle d'attente, je savais que l'attente pour eux avait dû être énorme, faut dire qu'avec les dégâts du jeune homme 4h au bloc était raisonnable. A mon approche et presque instinctivement Randy leva les yeux et bondit de sa chaise, suivi par le coach et les 2 autres hommes.

- Comment va-t-il docteur ? Demanda Randy précipitamment.

- L'opération s'est bien passée, je ne vous cache pas qu'il nous a fait de grosses frayeurs, il a fallu lui injecter plusieurs doses d'adrénaline pour faire remonter sa tension. De toute ma carrière je n'avais jamais vu ça, dès l'instant où Randy a séparé leurs mains, la tension de Ben n'a cessé de chuter, il était resté calme tout ce temps uniquement parce qu'il calquait son rythme cardiaque à celui de Randy mais privé de ce lien il a commencé à sombrer c'était hallucinant comme si d'un coup il avait perdu son repère du jamais vu pour moi j'ai dû mentionner le prénom de Randy et il s'est calmé. Mais en plein milieu de l'intervention son cœur s'est arrêté et après 5 chocs son cœur est reparti. J'ai donc fini de stopper l'hémorragie et soigné ses autres blessures sans problème.

- Il va bien alors mon garçon est hors de danger ?

- Il va bien, mais suite à son arrêt il est malheureusement tombé dans le coma.

- Vous avez dit qu'il allait bien, c'est ça que vous appelez bien vous ?

- Calme toi Randy, ton ami va bien, il est dans le coma oui mais vu son état c'est en quelque sorte une bénédiction, son corps pourra se reposer plus facilement que s'il était conscient car j'ai l'impression que s'il avait été éveillé il n'en aurait fait qu'à sa tête

- C'est vrai Ben n'est pas un malade facile, il n'écoute personne que lui-même surtout quand il s'agit de son corps. Le docteur à raison Randy le fait qu'il soit inconscient va faciliter sa guérison. Mais dites-moi il se réveillera quand ?

- Je ne peux pas vous le dire, il peut se réveiller demain, comme dans 1 semaine voir plus, c'est à lui de jouer dorénavant. Nous allons le surveiller de près car, dans son état, les prochaines 48h seront décisives.

- Pour ses autres blessures qu'en est-il ? demanda faiblement Hunter

- Hormis sa commotion, il souffre de contusions multiples et à eut 4 côtes brisées. Tout cela va guérir doucement avec du repos et du calme. Je vais retourner auprès de lui maintenant une infirmière viendra vous indiquez le numéro de sa chambre quand il y sera.

- Merci docteur, merci pour tout.

- Je n'ai fait que mon métier, messieurs.

Sur ces derniers mots je suis reparti auprès du jeune homme, comme je l'avais dit j'allais le surveiller de près, il était solide mais avec des blessures pareilles il fallait être vigilent. J'espérais qu'une fois dans sa chambre, il aurait à ses côtés Randy, sa présence auprès de mon patient avait un effet bénéfique et c'est ce dont il avait besoin, mais je ne m'en faisais pas j'étais persuadé que le grand gaillard sera le premier à l'atteindre histoire d'être sûr de son état, sur que son cœur bat et que son ami aussi se batte.

Je venais de recevoir des nouvelles de l'hôpital, il était temps d'aller annoncer à tous ce qu'il en était, personne n'avait voulu partir sans savoir. Les nouvelles n'étaient pas franchement bonnes je ne fus pas surpris, mais l'état de Ben était sérieux, faut dire qu'avec le match et les coups qu'il avait pris il ne pouvait en être autrement. Décidément il me fallait ce prodige, j'attendrais le temps qu'il faudra pour ça, qu'il se retape comme il faut, mais ma détermination était d'autant plus grande après ce soir. Arrivé dans la grande salle un lourd silence se fit, mes athlètes et les collègues de Ben attendaient le verdict.

- Je viens d'avoir l'hôpital, concernant Heathen il a la clavicule cassée, le nez brisé, des côtes fêlées, un genou broyé et une petite hémorragie. Les conséquences sont cette fois définitive, il ne catchera plus jamais.

- C'est pas qu'on s'en foute Vince, mais ce que nous voulons savoir c'est comment va Ben ? Demanda Taker

- Je me doute bien que l'état de Heathen n'intéresse personne, c'était juste pour signaler que le Champion a atteint son objectif. Le plus important maintenant, concernant l'état de Ben, d'après Shawn le gamin a fait des frayeurs à tout le monde, il a fait plusieurs chute de tension au cours de l'opération, il a de nombreuses contusions, des côtes de cassées et surtout une hémorragie cérébrale. Il a fait un arrêt cardiaque au cours de son opération mais son médecin à réussit à le faire revenir. Après 2h d'intervention son état est stationnaire, malheureusement il est dans le coma et personne ne sait quand il se réveillera, les prochaine 48h seront décisives. Voilà tout ce que je sais, son coach, Randy, Hunter et Shawn sont toujours à l'hôpital avec lui, la seule chose que nous pouvons faire maintenant et attendre. Je vous conseille d'aller dormir, la soirée à était éprouvante pour tout le monde.

Je suis repartis les laissant seuls, il n'y avait plus rien à faire ni à dire, il fallait attendre et voir. J'espérais que Ben se rétablirait vite c'est tout ce qui comptait. La réaction de tous concernant Heathen ne m'avait pas surprise, comme moi personne ne s'intéressait à son cas, le champion avait bien mené son match et avait atteint son but, jamais plus Heathen ne remonterait sur un ring. Le gamin avait du potentiel, il savait ce qu'il voulait, comment l'obtenir et faisait tout ce qu'il fallait pour y arriver, un vrai Champion, un Champion qui ferait fureur dans ma société. La WWE avait trouvé son nouveau souffle, peu importe le temps et l'argent il me fallait ce garçon.

Les Superstars présentent pour la soirée ainsi que les collègues de Benjamin avaient attendu des nouvelles du champion avec impatience alors quand Vince était apparu le visage fermé tous avaient compris que son état était très sérieux. Ils avaient accueilli l'annonce sur l'état de Heathen avec une indifférence quasi totale seul l'état de Ben les inquiétait et les intéressait. La déclaration sur son état les avaient figés, il était vraiment mal en point, apprendre que son cœur s'était arrêté avait soulevait un " NON" terrifié, suivis d'un soulagement quand ils avaient su qu'il était toujours en vie, il était dans le coma et les prochaines 48h seront décisives pour lui mais le principal était qu'il était vivant. Personne ne doutait à cet instant qu'il allait s'en sortir, après l'avoir vu sur le ring, il n'y avait aucune hésitation qu'une fois encore le Champion allait s'en sortir vainqueur. La foule se dispersa, la soirée avait été intense en émotions, ce match, cette rencontre et surtout Benjamin, étaient dans la tête de tous, ce gamin était un sacré bonhomme au sens propre du terme qui portait son nom de scène à merveille, Invictus signifiant l'Invincible, oh oui il l'était plus aucun doute la dessus.

Je n'arrivais pas à croire ce que le docteur avait dit, l'opération de Ben s'était bien passée jusqu'à son arrêt cardiaque, il nous a fait part de l'étrange phénomène qui s'était produit à savoir qu'au moment où Randy a lâché la main de mon petit son cœur s'est emballé. Le docteur n'avait jamais vu ça, tout le temps où ils avaient été ensemble, Benjamin avait gardé son calme malgré son inconscience en calquant son rythme cardiaque sur celui de Randy, alors privé de ce lien il avait sombré. Le médecin n'a pas voulu abandonné alors tout en ne lâchant rien il avait mentionné le prénom de Randy et c'est à ce moment-là que Ben étaitt revenu, ces deux-là étaient liés c'était certain. Il m'en avait créé des frayeurs depuis que je le connaissais, mais il n'avait jamais été aussi mal en point, aussi vulnérable, mais une fois encore le champion qu'il est, avait gagné son duel. J'étais soulagé comme pas possible, il était dans le coma oui, mais le principal était qu'il était vivant, quand le médecin repartit je me tournai vers les autres, j'avais envie de pleurer, pas de douleur mais de joie. Je vis Randy à mes côtés le discours du médecin l'avait lui aussi touché alors je fis ce que je faisais avec mes petits je le pris dans mes bras, il fut surprit mais me rendit mon étreinte, ce gamin était quelqu'un de bien quand il n'avait pas son masque de dur à cuire. Je vis Shawn prendre Hunter dans ses bras, eux aussi semblaient soulagés de l'état de Ben, faut dire que mon gamin ne laisser personne indifférent la preuve était là. Nous sommes retournés dans la salle d'attente, je ne quitterais pas et je pense les autres aussi, cet hôpital sans avoir vu Ben, m'assurer qu'il allait bien et lui dire que j'étais là à ses côtés.

L'infirmière vint nous trouver quelques minutes plus tard, elle nous annonça le numéro de la chambre de Ben et nous demanda de ne pas rester trop longtemps compte tenu de l'état de Ben, elle insista aussi pour qu'on y aille qu'un à la fois, je trouvais ça un peu stupide vu que le gamin était dans le coma et qu'on ne risquait pas de le fatiguer mais on acquiesça tous, Hunter et moi firent signe au coach d'y aller le premier, après tout c'était lui le plus proche de Ben et je regardais mon ami reprendre peu à peu des couleurs, il semblait toujours aussi malheureux et mal dans sa tête mais une partie de la peur avait disparue, Randy nous regarda une nouvelle fois mais ne posa aucune question, il devait être très préoccupé lui aussi pour agir comme ça, la vipère voyait toujours tout et ne laissait jamais passer une occasion de glaner une info, il les conservait précieusement pour mieux les ressortir au meilleur moment pour lui mais cette fois, il se tut et quand Adams ressortit quelques minutes plus tard, Randy nous fit signe d'y aller avant lui. Je suivis Hunter pour lui donner le courage de franchir la porte de la chambre mais n'entrait pas avec lui, ce n'était pas là ma place, je le savais bien, une dizaine de minutes passa et Hunter ressortit bouleversé, je le pris dans mes bras et nous quittions l'hôpital ensemble rapidement, nous avions croisés Adams et Randy en pleine discussion et les avions salué rapidement à distance, je ne souhaitais pas m'attarder plus, Hunter avait besoin de souffler et de parler. Je vis du coin de l'œil le coach taper serrer l'épaule de Randy avant de s'éloigner à son tour et Randy se dirigea doucement vers la porte de la chambre.

J'entrais doucement dans la chambre, Ben reposait inerte sur son lit, la tête entourée d'un épais bandage, sa couverture remontée jusqu'à mi-torse dévoilait le haut d'un autre bandage, ses côtes cassées pensais-je, j'avais eu l'occasion de les sentir bouger sous mes doigts dans l'ambulance, sensation que je n'étais pas prêt d'oublier, son corps immense portait déjà les stigmates de son combat, elles s'étalaient en tâches rouges violacées à noires sur sa peau blafarde, il n'avait jamais paru plus fragile que dans ce moment-là ! Je contemplais, interdit, celui qui hier encore été mon pire rival dans mon esprit et le chagrin s'engouffra dans mon cœur comme un immense raz de marée, j'avançais jusqu'au lit avec précaution, comme si je risquais de le réveiller en envahissant son espace et la pensée me traversa l'esprit qu'il n'apprécierait probablement pas de me trouver ici et pourtant j'étais incapable de reculer. Doucement, je m'approchais jusqu'à ne plus être qu'à quelques centimètres de lui, je m'attendais à tout moment à le voir ouvrir les yeux pour me fusiller du regard mais il resta immobile, alors mu par l'instinct, je glissais ma main dans la sienne, les nouant comme elles l'étaient depuis le stade, je cherchais à retrouver ce lien étrange qui nous avait lié depuis cet instant, anxieusement j'attendais qu'il referme ses doigts sur les miens aussi fortement qu'il l'avait fait mais il n'eut là encore aucune réaction. Alors je me laissais tomber lourdement sur la chaise posée près du lit, me demandant vaguement qui l'avait laissée là et laissais ma tête retomber dans mes mains de désespoir, Ben n'était pas là mais je ne pouvais me résoudre à le quitter.