SALUT! (Chut elle va t'entendre.) Qui? (La petite avec ses cailloux bien sûr, on annonce le chap vite fais et doucement pour pas réveiller la lanceuse hein parce que je suis mourru moi, courir 1 semaine ça va une fois hein!) Courir une semaine? T'es pas bien ou quoi, planque toi la prochaine fois, c'est pour ça que t'as encore rien foutu sur le nouveau chapitre?(Le nouveau chapitre était fini je te précise et si tu t'étais pas barrée lâchement, eh oui mademoiselle la trouillarde, j'aurais pas eus à faire un marathon.) Ben quoi j'avais d'autres priorités moi!(bref je suis crevée alors tu regardes d'un côté moi de l'autre et au premier mouvement suspect on se tire.)Question! (Oui?)On se barre dans quel sens? Non parce que ça serait con de se rentrer dedans en fuyant hein!(comme la semaine dernière toi de ton côté et moi du mien, tu pars à gauche moi à droite) voilà là c'est plus clair! Euh... c'est où la droite? (droit devant toi rohhhhh! bon faut faire vite elle peut arriver à tout instant) alors sauve qui peut! (ouais donc voilà nouveau chapitre en ligne, bisous et à la semaine prochaine enfin si on est toujours en vie.) Toi je sais pas mais moi c'est sûr, elle a besoin de moi, ça tournerait pas sinon, n'est-ce pas mon apprentie? (Je t'en foutrais d'une apprentie moi.) oh révolte en vue, je sors la muselière? (Attenti...trop tard le cailloux a atteint sa cible, bon bah moi j'y vais à la prochaine.) * DEAD*

Ben gisait immobile sur son lit, je m'étais laissé tomber sur la chaise depuis quelques instants, ma main dans la sienne comme lors de notre arrivée à l'hôpital des heures plus tôt, j'étais épuisé mais je ne pouvais me résoudre à le laisser, les autres n'avaient passé que quelques minutes dans la chambre avant de partir, ils devaient sans doute tenter de dormir désormais, tout comme Ben dormait mais d'un sommeil que je souhaitais à personne. La soirée avait été longue entre les matchs de la WWE puis le très long match de Ben et d'Heathen, j'avais entendu les infirmières parler de lui avec le médecin, il était en triste état, Ben avait réussi son coup, cette fois-ci, il était hors d'état de nuire définitivement, il avait bien mérité de se reposer un peu maintenant, juste un peu avant de revenir vers nous.

Tu m'entends mon pote ? Le repos éternel, c'est pas pour tout de suite, alors t'as intérêt à t'accrocher ou tu peux compter sur moi pour venir te botter le cul jusque dans l'Au-delà !

Je me sentais un peu stupide, si Ben décidait de lâcher prise comme il l'avait fait en salle d'op', je ne pourrais rien faire pour l'en empêcher, d'ailleurs je n'étais même pas sûr qu'il puisse m'entendre et si c'était le cas je l'imaginais très bien éclater de son rire sans joie depuis son coma avant de me fixer d'un air narquois, celui-là même qu'il avait eu en me regardant lors de mon premier défi. Quand j'avais renouvelé ma demande hier soir, il m'avait considéré comme un fou suicidaire, fou je l'étais sans aucun doute mais suicidaire certainement pas, j'avais encore des tas de choses à voir et à faire et vaincre Benjamin Cooper était en tête de ma liste actuelle, mais pour ça il fallait qu'il se réveille pensais-je à moitié endormi.

Je m'éveillais légèrement quand quelques heures plus tard, les infirmières entrèrent pour vérifier la tension et les pansements de Ben mais je restais immobile, la tête appuyée contre le dossier du fauteuil, elles chuchotèrent en entrant et l'une d'elle s'étonna de ma présence, la seconde lui répondit doucement :

Chuuut, ne le réveille pas Cécile, le docteur a dit de ne surtout pas les séparer et de les laisser dormir, il paraît que la présence de ce monsieur maintient le cœur du patient.

C'est donc lui dont tout le monde parle !

Oui, c'est lui.

Il est drôlement mignon. Gloussa-t-elle avant d'être réprimandée par sa chef. Dommage qu'il est cet air si sérieux et torturé jusque dans son sommeil.

C'est normal enfin, son ami ne va pas bien du tout allons.

Elles quittèrent la chambre juste après et je me redressais pour me lever et m'étirer, lâchant la main de Ben juste quelques minutes pour détendre mes muscles noués d'être resté si longtemps dans la même position et je repensais à la conversation dont j'avais été le témoin involontaire. Le médecin avait visiblement autorisé ma présence illimitée auprès de Ben, c'était une bonne chose, ça m'éviterait de devoir forcer le passage ou d'entrer illégalement dans sa chambre pour le voir car je devrais très bientôt reprendre la route pour reprendre ma tournée, 48h avait dit le doc, je ne partirais pas d'ici avant d'être sûr que Ben soit vraiment hors de danger, qu'importe ce qu'en penserait Vince, j'avais pris ma décision, Benjamin passait avant tout le reste.

Je reviens m'asseoir à son chevet, l'apercevant à peine dans les premières lueurs de l'aube qui passaient entre les barres du store roulant, ma main retrouva la sienne, elle commençait déjà à refroidir et je m'aperçus qu'il avait un peu froid, alors doucement, en veillant à ne pas déranger les perfusions et autres appareils qui s'accrochaient à son corps, je posais mon pull que je venais de retirer sur son torse avant de reprendre une nouvelle fois ma place sur la chaise, veillant cette fois à ne pas me rendormir enfin du moins essayer.

Je n'avais comme à chaque fois pas dormi de la nuit, mes pensées dirigées vers mon garçon, il était vivant mais dans un sale état, pire que d'habitude cette fois les conséquences avaient dépassées mes craintes. Je ne pouvais m'empêcher de penser à la mère de Ben, elle me l'avait confié et une fois encore il se retrouvait sur un lit d'hôpital pour une durée indéterminée et c'était le plus dur à accepter, j'avais failli à ma promesse de prendre soin de lui. Il s'en était passé des choses en à peine 24h, le combat avait été l'un des plus terribles que j'avais vu surtout ceux de Ben, je m'attendais à de lourdes répercutions mais pas à ce point-là, ça non. Puis le diagnostic du docteur sur l'état de santé de mon petit, la terrible attente qui chaque fois était plus longue et plus dramatique que la précédente et enfin le résultat et le choc de savoir qu'il était dans le coma cette fois-ci. Le seul point positif dans tout ça était la présence de Randy, non seulement pour Ben mais aussi pour moi, j'avais eu l'occasion de découvrir un jeune homme formidable, pas de masque, le vrai lui et il était très attachant. Malgré son envie de se battre contre mon champion, il ne l'avait pas quitté d'un pouce, seulement le temps de l'opération, l'attente pour lui avait été aussi terrible que pour moi, nous étions ensemble et dans le même état d'esprit. Quand enfin j'avais pu voir Ben j'avais eu très mal, le voir si paisible, mais en même temps si fragile allongé dans son lit, m'avait vrillé les tripes, le garçon fort, têtu, courageux et battant, était affaibli, sans défense et vulnérable, jamais je ne l'avais vu comme ça. Je l'avais vu au pire moment de sa vie, anéanti et meurtri par la perte de sa mère mais là c'était différent, le malade s'était lui.

Après une rapide douche, le lendemain, je m'étais dirigé vers l'hôpital, voir comment s'était passé la nuit de Ben, être avec lui à ses côtés, il ne fallait pas qu'il soit seul, il avait en horreur les hôpitaux alors il était hors de question qu'il se réveille tout seul. J'étais monté à sa chambre et comme un con, un réflexe stupide né des années d'habitude, j'avais frappé doucement à la porte, qu'est-ce que je croyais moi ? C'était idiot mais ce que je voulais c'était entendre un léger " Entrez" mais aucun son ne me parvint alors doucement j'avais ouvert la porte pour découvrir que la chambre n'était pas vide et je restais choqué par ce que je vis. Ben était toujours dans le même état que la veille, mais il n'était pas seul, non à ses côtés lui tenant la main comme la veille, assoupi la tête à côté de leurs mains jointes se trouvait Randy. Je souris à cette vue, il n'avait pas quitté le chevet de Ben, il était resté avec lui tout ce temps lui tenant compagnie et lui montrant son soutien. Décidément ses garçons étaient différents, mais une fois la carapace passée ils se ressemblaient beaucoup, bien que Ben était plus fort pas uniquement physiquement. A en croire le docteur un lien les unissait tous les deux et j'en avais la preuve devant mes yeux, aucun des deux ne lâchait rien, il restait plus qu'à espérer que la force de Randy sera suffisante pour que Ben revienne parmi nous. Avec un dernier regard sur ce beau tableau, je refermais doucement la porte sur eux les laissant seuls, je descendis prendre un café je reviendrais plus tard. J'étais rassuré mon petit avait quelqu'un à ses côtés et pas n'importe qui, quelqu'un de fort, un combattant comme lui.

Quelques heures plus tard, un léger remue-ménage me tira de ma torpeur, le jour était bien levé cette fois et j'entendais le chariot à roulettes traverser le couloir, le bruit léger de quelqu'un qui frappe à une porte avant de l'ouvrir, quelques mots échangés et le passage à la chambre suivante, c'était l'heure du petit-déjeuner et j'entendis mon ventre grogner fortement, mon dernier repas remontait au midi, j'avais prévu de manger un morceau après la soirée mais je n'en avais pas eu l'occasion et maintenant le stress passait, mon estomac se rappelait à moi avec colère.

Quelqu'un frappa doucement à la porte de la chambre et surprit, je me tournais vers elle en indiquant d'entrer, une jeune femme entra et j'identifiais immédiatement sa voix, Cécile.

Mr Orton ?

Je hochais la tête pour signifier qu'il s'agissait bien de moi et elle ajouta :

Le docteur m'a chargé de vous apporter ce plateau déjeuner, il a aussi ajouté qu'il passerait vous voir Benjamin et vous d'ici une petite heure.

Très bien, remerciez-le de ma part, je vais l'attendre ici alors.

La jeune femme reprenait sa tournée tandis que je commençais mon petit-déjeuner, un peu surpris tout de même de la gentillesse du personnel et surtout du médecin à mon égard mais puisque ça me permettait de ne pas quitter Ben d'une semelle, je n'allais pas m'en plaindre.

Quelques instants plus tard, quelqu'un frappa de nouveau à la porte, je pensais à une autre infirmière et invitais de nouveau à entrer pour découvrir le coach Adams de retour aux nouvelles de son poulain, il ne semblait pas vraiment surpris de me voir, plutôt heureux même alors que je m'étais aussitôt tendu en attendant des reproches qui ne vinrent pas. Adams vint vers moi avec un sourire et me serra chaleureusement la main.

Salut petit, heureux de te voir ici !

Vous n'êtes pas fâché ?

Fâché ? Mais non, tu as veillé sur mon gamin toute la nuit, pourquoi serais-je fâché ?

Ben comme j'avais l'interdiction de l'approcher…

Laisse ça petit, c'est pas l'essentiel pour le moment, t'as une sale mine tu sais, tu devrais penser à te reposer toi aussi !

Je tournais la tête vers Ben, incapable de le laisser et le coach reprit joyeusement :

Deux bourriques pour le prix d'une ! Super !

Navré ! Répondis-je en souriant malgré moi.

Très crédible, le môme ! Va te prendre une douche pendant que je veille sur lui, ça te fera du bien !

Je sens si mauvais que ça ? Plaisantais-je.

Pour toute réponse, le coach se saisit d'une de mes mains en la levant pour me la montrer, elle portait encore les traces de sang de Ben et je hochais la tête, toujours aussi réticent à laisser Benjamin malgré la présence du coach.

Il me semble qu'il y a une salle de bains dans cette chambre ! Me dit-il et je me traitais d'idiot de ne pas y avoir pensé moi-même.

Lorsque je revins quelques instants plus tard, tout propre, je trouvais le coach à ma place et je restais en retrait, Ben étant stable, je sortis quelques minutes, j'avais un appel à passer de mon côté et à ma grande surprise, Vince se laissa facilement convaincre de me libérer de mes deux shows pour que je puisse rester avec Ben, à vrai dire, il m'y incita même à la fin de notre conversation et je soupçonnais ce vieux renard de coach d'être passé par-là avant moi.

Le médecin nous rejoignit un quart d'heure plus tard, j'avais regagné la chambre dès la fin de mon coup de fil et j'observais Adams et Ben, l'homme veillait sur lui comme sur son fils et je restais en retrait au début pour ne pas le perturber jusqu'à qu'il me dise de son ton bourru que je commençais à particulièrement affectionner:

Viens t'asseoir gamin, discute pas, y a bien assez de place pour deux dans cette chambre.

Alors je tirais ma propre chaise à côté de lui et me mis à étudier le visage de Ben, les bleus étaient totalement sortis désormais et ils marquaient son corps dans un patchwork géant assez laid à regarder, le coach posa sa main brièvement sur le pull qui recouvrait toujours Ben en levant un sourcil et je répondis en haussant les épaules :

Il avait froid.

Je vis le coach sourire, mélange d'amusement et d'affection et je me demandais à quoi il pensait qui le rende si joyeux quand on frappa de nouveau à la porte qui s'ouvrit pour livrer cette fois passage à l'homme qui avait sauvé la vie du champion cette nuit.

J'entrais dans la chambre rapidement, le coach et le jeune homme était là à m'attendre et je leur souris en disant :

Coach Adams, Monsieur Orton.

Randy. Me répondit ce dernier et je hochais la tête en corrigeant :

Randy. Bon la bonne nouvelle de la journée c'est que Ben a très bien passé la nuit, ses fonctions sont restées parfaitement stables et il n'a pas refait d'hémorragie, il est donc quasiment hors de danger, la journée et la nuit à venir seront-elles aussi essentielles mais on peut d'ores et déjà affirmer que Benjamin va s'en sortir.

Les deux hommes me sourirent avec joie, bonheur que je partageais en jetant un rapide coup d'œil aux relevés de la nuit de mon patient. Un contrôle rapide m'apprit que ses fonctions étaient de nouveau à la baisse et je m'emparais de la main de Randy en disant :

Permettez ?

Le jeune homme me laissa faire avec surprise tandis que je remettais la main de Ben dans la sienne, il fallut moins d'une minute pour voir le changement s'opérer sur le moniteur, mes propres doigts posés dans le creux du poignet de Randy me confirmèrent ce que je savais déjà, leur deux cœur battaient à l'unisson désormais.

Fantastique ! Ne pus-je m'empêcher de dire à haute voix. Du jamais vu !

Le coach observa le phénomène en se mordillant la lèvre avec inquiétude avant de demander :

Est-ce que ça veut dire que Randy ne pourra pas lâcher Ben sans risques ?

Non, ça veut juste dire qu'il vaudrait mieux qu'il évite de le faire trop longtemps au moins pendant les premières 48h, soit jusqu'à demain soir.

L'homme se tourna vers Randy sans rien dire et le jeune homme lui répondit aussitôt :

Ne vous inquiétez pas coach, je ne le lâcherais pas, c'est promis.

Le soulagement se peignit aussitôt sur son visage et je les laissais tranquille en leur disant que tout allait bien se passer avant de refermer la porte derrière moi.

J'étais toujours aussi surpris par ce phénomène, Randy ne semblait pas très proche de Ben, à la différence de son coach alors pourquoi était-il celui auquel mon patient s'accrocher pour se battre ? C'était un vrai mystère !

Comme promis, Randy ne quitta pas Ben plus de quelques minutes par jour, il dormait peu, veillant inlassablement sur mon patient et il semblait tellement épuisé désormais que je commençais à craindre pour sa propre santé mais Ben avait franchi le cap des 48h grâce à lui et il allait enfin pouvoir se reposer un peu maintenant !

Les jours suivants, Randy ne l'avait pas quitté une minute suite à la demande du docteur mais je savais que ce n'était pas là, la seule raison, Randy ne restait quelque part que s'il en avait envie, il était de ces esprits libres, chevaux sauvages, impossible à dompter totalement, il était bien comme mon Ben sur ce point-là mais j'appréciais son obstination car elle était la preuve d'un caractère fort.

Je faisais de fréquents allers retours pour ma part, je veillais à ramener de quoi manger à Randy et surtout à ce qu'il se nourrisse, j'avais un souvenir mémorable de lui tentant de manger des petits pois avec une fourchette de la main gauche, le repas s'était transformé en pugilat et j'en avais ris aux larmes pendant de longues minutes, Randy m'avait lancé un regard fier et agacé, un de ceux que Ben me lançait à l'adolescence quand je le taquinais et mon sourire s'élargit, c'était ça, Randy était la copie conforme de Ben à 15 ans, il n'avait pas eu la chance qu'on l'aide à développer son talent et été devenu l'homme qu'il était aujourd'hui, un talent gâché et aigri même si je percevais la profonde humanité qu'il y avait en lui.

En revenant un peu plus tard dans la journée du second jour, j'avais frappé à la porte comme d'habitude, mais cette fois pour une bonne raison, je frappais pour Randy qui m'invitait immanquablement à entrer de sa voix grave mais cette fois je n'obtins aucune réponse, j'ouvris doucement la porte et entendis une voix d'homme chuchoter, Randy parlait doucement à mon gamin, il lui demandait de se réveiller, de revenir pour moi au moins, j'avais été touché qu'il lui offre son pull la première nuit pour le réchauffer mais je l'étais davantage encore maintenant. Il avait tout abandonné sans hésiter pour rester auprès de lui, alors qu'ils étaient presque des inconnus l'un pour l'autre, leurs échanges étaient loin d'avoir été tendre et pourtant, tendre Randy l'était maintenant tandis qu'il regardait mon champion en commençant à lui parler de tout et de rien, de sa guérison physique qui avançait bien, de ce qu'en disait le docteur, il plaisantait sur le steak énorme qu'il lui ramènerait à son réveil et je ressortis doucement pour lui laisser le temps de finir. Je revins un quart d'heure plus tard et frappait un peu plus fort à la porte pour que Randy m'entende cette fois, il avait besoin de repos, il fallait que je le remplace un peu. J'avais déjà proposé à Randy de faire installer un lit à côté de celui de Ben, qu'il puisse dormir confortablement quelques heures au moins mais il avait refusé et je n'avais pas insisté en voyant son air obstiné, le même que celui du jeune Ben quand je lui demandais de se reposer et qu'il refusait en continuant de s'entraîner, je ne cessais de voir des similitudes entre eux et leurs différences ne les rendaient que plus intéressants, Ben avait révélé la part humaine de Randy et elle était magnifique.

Le midi du 3ème jour, je quittais l'hôpital, le coach avait contacté Shawn et Hunter, le lendemain matin de l'opération pour qu'ils m'apportent quelques vêtements propres et quelques affaires perso, Hunter semblait très touché par l'état de Ben mais bien que ça continuait à m'intriguer, je ne posais toujours pas la moindre question, je restais concentré sur Ben, j'avais remarqué que son cœur s'emballait en même temps que le mien quand je m'énervais et j'avais très vite dû apprendre à contrôler mes sautes d'humeur pour ne pas influer sur Ben, la nuit mon rythme cardiaque ralentissait également celui de Ben et je me forçais à rester éveillé pour que son cœur fonctionne plus vite, j'avais l'étrange conviction que ça accélèrerait sa guérison et puis lorsque la fatigue avait raison de moi, je ne pouvais plus lui parler et je ne voulais pas qu'il se sente seul et abandonné, je lui parlais presque sans arrêt, si au début, je l'exhortais à se réveiller, j'en étais venu à lui parler de tout et de rien, des autres, de leurs réactions sur le match, de son combat, du temps qu'il faisait ou de celui depuis lequel il dormait, je plaisantais sur la longueur exagérée de sa sieste pour un petit combat de rien du tout et je rêvais de le voir me lancer son regard noir en retour tandis que les bleus palissaient lentement sur sa peau. Les traces de ses doigts sur mon cou avaient, elles aussi quasiment disparues, je me rendais compte que j'avais passé beaucoup de temps à les effleurer en ruminant ma revanche avant son coma, désormais, je n'aspirais qu'à le voir rouvrir les yeux.

Mais il était temps de reprendre la route pour quelques heures, Vince m'attendait pour le show de ce soir et malgré mes craintes de laisser Ben, je ne pouvais pas y déroger, le personnel m'avait certifié qu'il prendrait bien soin de lui en mon absence, que je pouvais désormais lâcher sa main sans grand risque pour Ben mais même minime, un risque restait un risque et j'avais bien du mal à me décider à le prendre. Le coach vint prendre ma place et me serra dans ses bras à mon départ, j'avais de plus en plus de sympathie pour lui et je ne cessais de répéter à Ben de se réveiller pour son coach au moins.

J'arrivais à la dernière minute pour le show, je me précipitais dans les vestiaires sans tenir compte des remarques des uns et des autres, je jetais mon sac sur le banc avant de me changer précipitamment, quelques minutes d'échauffement bâclé dans le vestiaire et je fonçais sur le ring pour mon match, j'étais fatigué, seul les nerfs me tenaient encore debout malgré tout je m'assurais d'offrir un bon spectacle pour le public avant de me ruer une nouvelle fois dans les vestiaires, une douche de 5 minutes et 3 autres pour me changer une nouvelle fois et j'étais reparti, je devais détenir le record du passage éclair pour un show, c'était le troisième match que je faisais depuis le coma de Ben, le lâcher m'était pourtant toujours aussi difficile car je savais ce qui se produisait à chaque fois que j'étais contraint de le faire !

Depuis son arrivée, Ben était sous surveillance constante, plusieurs fois par jours les infirmières venaient le voir, prendre sa tension et constater l'évolution de sa guérison. Mais jusque-là aucun signe du jeune homme indiquait qu'il allait se réveiller, le Docteur était confiant malgré tout, le gamin était un battant et tant qu'il se maintenait il n'y avait pas de quoi se formaliser, chaque patient réagissait différemment. Le même spectacle s'affichait à eux quand ils passaient la porte, leur patient calme et paisible avec à son chevet Randy que tous connaissaient maintenant, il ne quittait pratiquement plus son ami, écoutait attentivement les conclusions des visites, parlait à Ben en surveillant le moniteur cardiaque guettant un signe qui jusque-là ne venait pas. Mais voilà d'un coup la situation prit une tout autre tournure, Ben faisait de plus en plus peur aux infirmières et à son médecin, il faut dire qu'après chaque départ de Randy le même scénario se produisait. Les infirmières voyaient Randy partir et peu de temps après l'alarme de la chambre de Ben s'enclenchait, signe d'une défaillance de sa part. Aujourd'hui le docteur donnait ses recommandations pour ses patients à l'infirmière en chef, ils virent passer Randy qui les salua d'un hochement de la tête, comme chaque jour il partait faire son travail et revenait après, les portes de l'ascenseur étaient à peine fermée que l'alarme retentit encore. Le docteur et l'infirmière se précipitèrent dans la chambre du champion, une fois encore sa tension chutait et son cœur s'emballait, c'était la 3e fois et cette fois le résultat était catastrophique. Après une énième injection d'adrénaline, sa tension se stabilisa, son cœur mit un peu plus longtemps, le docteur scrutait attentivement son rythme cardiaque qui baissait de plus en plus c'était mauvais signe, les palettes étaient déjà prêtes, il regarda Ben et lui dit doucement: « Accroche-toi champion, Randy arrive » Il était hors de question qu'il lâche maintenant, il avait fait le plus gros. Après 10 min le constat fut clair et net, le visage du docteur se crispa, Ben avait sombré dans un coma plus profond et il ne répondait plus à aucun stimuli, un peu comme si d'un coup il avait décidé de ne plus se battre. Infirmière et docteur sortirent de la chambre, redoutant le retour de Randy, il allait à coup sûr s'en vouloir de son absence comme les deux fois précédentes, car celle-là avait pour résultat la régression de la guérison de Ben. Randy revint 3h plus tard et fut interpellé par le docteur qui était resté pour le voir, il lui annonça la situation et comme prévu le visage de Randy se figea, il tourna le dos au médecin et fonça dans la chambre du champion, Ben lui avait déjà fait le coup, il paniquait en son absence mais se calmait à son retour, cette fois serait similaire. Il s'assit à ses côtés, lui dit qu'il était revenu et prit sa main, ses yeux étaient braqués sur le moniteur, mais cette fois il ne vit aucun signe de réaction du champion, il leva les yeux vers le médecin et celui-ci fit la seule chose qu'il pouvait, mettre sa main sur l'épaule du garçon en signe de soutien. Randy retenait ses larmes, Ben ne réagissait plus à son contact, leur lien qui jusque-là le maintenait, été rompu il ne pouvait y croire, à peine 3h d'absence et Ben avait lâché prise, il avait sombré encore plus profondément dans l'inconscience, plus loin de lui.

J'étais affalé sur ma chaise auprès de Benjamin, cette fois-ci je l'avais perdu pour de bon, depuis le 3ème jour, j'étais contraint de m'absenter régulièrement quelques heures pour faire mon travail, je redoutais toujours le moment de lui lâcher la main pour partir, malgré les affirmations du docteur disant que je pouvais le laisser sans risques désormais, les réactions de Ben en mon absence témoignaient du contraire, chaque fois que je partais, Ben lâchait prise, son cœur avait des ratés, comme s'il ne parvenait plus à battre tout seul sans le repère du mien, le coach avait essayé de prendre ma place pour cela mais sans résultat, les infirmières et docteurs étaient contraint de le ramener vers nous à grand renfort de produits. Mes deux premières absences avaient été mal vécues par le champion mais très vite après que j'ai repris sa main, il s'était de nouveau stabilisé et le médecin était satisfait. Malgré tout, mes départs forcés m'angoissaient de plus en plus, je m'en voulais un peu plus à chaque fois de le laisser.

A mon retour cette fois-ci, l'angoisse ne m'avait pas quitté une seconde, agrippée à mon cœur comme une araignée dans sa toile, en voyant le docteur venir vers moi alors que son service était fini depuis plus d'une heure, mes doutes furent confirmés, Ben avait encore une fois fait des siennes, son air grave m'effraya mais ses propos furent encore plus durs à encaisser. Incapable de me résoudre à croire que Ben s'était enfoncé en mon absence, à cause de moi, je m'étais précipité dans sa chambre, le docteur sur les talons, je m'étais emparé de la main de Ben avidement, sans aucune douceur, la serrant en lui disant que j'étais là, que j'étais revenu pour lui mais cette fois, son cœur ne réagit pas à ma présence, cette fois l'électroencéphalogramme resta inerte, le docteur me serra l'épaule en signe d'amitié et de compassion et je sentis les larmes me monter aux yeux. L'homme sortit et je joignis mes mains devant ma bouche, en pleine détresse, celle de ben était toujours coincée entre les miennes, j'espérais vainement que davantage de contact le ramènerait vers moi, je ne pouvais pas supporter l'idée de le voir plonger plus bas encore qu'à son arrivée par ma faute. Ses autres lésions guérissaient bien, le bandage autour de sa tête avait disparu depuis deux jours, ses côtes reprenaient doucement leurs places grâce à l'inactivité forcée de Ben, le médecin avait été très optimiste jusqu'ici mais cette fois Ben était dans un coma profond, rien ne laissait plus entendre qu'il finirait par se réveiller.

Une rage immense me saisit, j'avais la folle envie de tuer Heathen, ce monstre était responsable de l'état de Benjamin, que ce dernier l'ait réduit en charpie ne me suffisait plus désormais car Ben ne se réveillerait peut-être jamais pour pouvoir célébrer cette victoire. Lâchant la main de Ben, je sortis en trombe de la chambre et me heurtais de plein fouet au coach Adams, nous avons tous deux chancelé sous le choc et Adams m'attrapa pour se rééquilibrer tout autant que moi. Il avait plongé son regard dans le mien avant d'hocher la tête et me dis :

Viens avec moi avant de faire une connerie plus grosse que toi gamin.

Je tentais d'échapper à sa prise, la chambre d'Heathen était à l'étage en dessous, j'y serais très vite mais le coach ne me laissa pas faire, il me tenait avec une force surprenante pour son âge et sa stature et mes nerfs finirent par lâcher pour de bon, je fondis en larmes tandis qu'il me disait en m'attirant dans ses bras pour me réconforter :

Viens-là, chuuuut, ça va aller. Ben est un battant tu sais petit, il va revenir, il faut lui faire confiance, ça prendra juste un peu plus de temps mais tu peux me croire quand je te dis qu'il va se réveiller et nous en faire voir de toutes les couleurs pour s'échapper de l'hôpital.

Je souris malgré moi à cette image et remerciais le coach qui proposa de descendre boire un café ensemble à la cafétéria, j'acceptais rapidement, Ben ne ressentait désormais plus ma présence, je ne pouvais plus rien faire pour l'aider à par l'exhorter à se battre.

Je ne savais pas où j'étais, j'étais perdu mais en même temps si calme, ça faisait un long moment que je n'avais pas ressenti une telle plénitude, un tel apaisement, j'étais bien, très même. Une chose néanmoins me chiffonnais cette sensation d'être seul, tout seul, la dernière chose dont je me souvenais c'était la sensation et la pression de la main de Randy, je savais au plus profond de moi que c'était lui, j'étais capable d'identifier son toucher c'était dingue une pression et je réagissais. Mais là plus rien, plus de pression, plus de sensation, plus de contact, je n'avais plus ce repère, cette soudaine réalisation me fit mal, une fois encore j'avais le sentiment d'être abandonné, comme quand ma mère m'avait quittée, une fois encore je devais avancer seul, c'était semblait-il ma destinée: être seul.

D'un coup le flou dans lequel j'étais pris des teintes, des contours et je reconnu le parc dans lequel j'allais enfant avec ma mère, le lieu qui représentait pour moi l'un des derniers endroits où j'avais été pleinement heureux. Je savais au plus profond de moi que c'était impossible, je ne pouvais pas être là, dans ce parc, mais malgré ma prise de conscience je continuais à avancer, comme jadis j'avançais lentement, arpentant les chemins si familiers, arbres, bancs, airs de jeux, coin pique-nique, lac, tout était fidèle et si réel, comment était-ce possible? J'avançais seul sur les chemins, respirant l'air, écoutant chaque son produit, me dirigeant vers un banc, Le banc, celui sur lequel ma mère et moi nous étions si souvent assis face au lac, parlant de tout et de rien appréciant juste la compagnie de l'autre. Une fois trouvé, je m'assis et regarda l'eau paisible, comme moi tout était paisible, comme si la nature copiait mon état d'esprit, une nouvelle fusion se faisait et celle-là semblait plus durable. Je me perdis dans mes souvenirs, revoyant tout, les mauvais comme les bons moments, j'étais spectateur de ma propre vie, une sensation très étrange. Je revu mon enfance, les jours heureux où la seule chose importante était la fierté de ma mère, son amour et son soutien, puis vint le souvenir de ma rencontre avec mon coach, cet homme qui m'avait appris tant de choses, qui m'avait offert son amour, ses conseils et sa présence, il m'avait montré ce que l'image d'un père devait être, moi qui enviais tant mes amis qui eux avaient la chance de rentrer chaque soir chez eux auprès d'une maman et d'un papa, une vraie famille.

Je n'avais pas eu de père, mais ma mère avait pris les deux rôles sans sourciller, elle avait fait son maximum pour que son tout petit soit heureux et elle avait réussi, j'avais été heureux. Puis vint les souvenirs douloureux, la découverte de la maladie de ma mère, la colère que j'avais ressenti à cette annonce, c'était pas juste je n'avais qu'elle et d'un coup on voulait me l'enlever. D'un enfant heureux, un adolescent épanoui, je passais à un adulte en colère, en colère contre le monde, alors cette colère je l'évacuais sur le ring, seul moyen de ne pas devenir fou. J'avais causé malgré moi tant de peur à ma mère, à chaque fois que je me retrouvais à l'hôpital je la voyais anéantie, mais dès qu'elle me voyait à nouveau debout et prêt à remettre ça elle me regardait et me souriait avec amour, fier du champion qu'elle avait élevé. Plus je gagnais de combat et plus elle perdait le siens jusqu'au jour fatidique où elle me quitta non sans m'assurer une dernière fois de son amour et de sa fierté. J'étais à ses côtés, lui parlant de mes combats, essayant de la faire rêver et puis elle me regarda, me sourit et me dit c'est mot que jamais je n'oublierais: il est temps bébé, je vais partir mais sache que je suis fier de toi fier de l'homme que tu es devenu et que je t'aime plus gros que l'univers, c'était notre phrase " plus gros que l'univers". Je ne voulais pas qu'elle parte, qu'elle m'abandonne, j'avais encore besoin d'elle moi, je n'avais quelle, je caressais sa joue tendrement en lui disant à mon tour notre phrase, m'approchant doucement et l'embrassant, mais voilà quand j'ai relevé la tête elle avait ferlée les yeux pour de bon, son visage était paisible, elle affichait un sourire, elle ne souffrait plus, sa souffrance prenait fin la mienne commencée. A ce souvenir les larmes coulèrent sur mes joues, je donnerais tout ce que j'ai pour la revoir, la prendre dans mes bras, sentir à nouveau son parfum et son amour, je voulais ma mère. D'un coup comme une réponse je sentis une main sur mon épaule, je ne bougeais plus, je reconnaissais cette touche si particulière, la sienne, je n'osais pas bouger c'était impossible, j'avais fermé mes yeux ne voulant pas les rouvrir, j'étais accroché à a ce rêve ultime. J'entendis son déplacement, sa présence me faire face, sa main sur mon menton, me relevant doucement la tête et puis:

-Bébé regarde-moi, ouvre tes beaux yeux pour moi.

Je ne pouvais pas, ouvrir les yeux et me retrouver à nouveau seul pas moyen.

- Bébé s'il te plait regarde-moi mon ange.

- Maman c'est toi? C'est impossible tu ne peux pas être là?

- Oui mon cœur c'est moi, je n'ai jamais cessé d'être à tes côtés.

- Si tu es là c'est que...que je suis mort c'est ça?

- Non mon ange tu n'es pas mort, tu es dans le coma rappelle toi.

- Dans le coma t'es sûre? la dernière chose dont je me souviens c'est avoir gagné mon combat.

- Oui tu as gagné, mais tes blessures étaient importantes, tu étais dans un léger coma et d'un coup tu as lâché prise, pourquoi?

- Je...Je suis fatigué maman, fatigué de me battre, fatigué d'être seul, je suis si fatigué maman.

- Je comprends mais tu n'es pas seul, tu as Will à tes côtés, il t'aime comme un fils et puis tu as ce jeune homme.

- Qui?

- Le jeune homme qui ne t'a pas lâché, celui qui est à tes côtés, qui tiens ta main, lui aussi a besoin de toi

- Randy?

- Oui Randy, il est avec toi tu sais

- On se connait à peine tous les deux et on n' est pas amis je doute que mon absence lui pose problème. Je sais que Will aura de la peine mais je veux rester avec toi, je supporte plus d'être sans toi, s'il te plait me laisse pas encore une fois

- Bébé, tu dois repartir c'est pas ton heure, tu as encore plein de chose à vivre, pleins de combats à gagnés, de rencontre à faire, ta vie n'est pas finit. J'aimerais tant te garder avec moi mais ça serais purement égoïste de ma part, tu dois repartir et continuer à faire ce pour quoi tu es né, ta battre et gagner. Je suis est sera toujours fier de toi.

- Comment? Comment repartir maman?

- Prends la main qui ne quitte plus la tienne, accroche-toi à elle et laisse toi guider, il t'attend !

- Je t'aime maman, tellement si tu savais !

- Je t'aime aussi mon ange, je serais toujours à tes côtés. Il est temps que tu repartes mon bébé, va et soit heureux tu le mérites plus que quiconque.

- Je t'aime maman plus grand que l'univers !

- Je t'aime aussi bébé plus grand que l'univers.

Je me suis levé, prit ma mère dans mes bras la serrant avec la force du désespoir, ne voulant pas la lâcher, je l'avais retrouvée et je devais encore la perdre, la vie était cruelle. Elle se recula doucement, essuya mes joues et me sourit, puis doucement elle s'éloigna pour finir par disparaître à jamais. J'étais choqué, je me suis rassis sur ce banc ne sachant pas quoi faire et comment le faire, plus de repère, de direction, j'étais à nouveau seul, seul avec ma douleur, cette douleur qui de nouveau m'envahissait, comme si mon corps prenait le contrôle, me guidait, lui savait quoi faire alors je me laissa partir de nouveau. Je flottais de nouveau, tout redevenait flou, plus d'images, de lieu, rien j'étais dans les limbes avec pour seul guide cette sensation, une pression, je ressentais à nouveau un lien, une touche si familière, alors lentement je suivis les conseils de ma mère et me dirigea vers cette sensation qui m'envahissait de plus en plus, comme un noyé je refaisais surface doucement.