Bon nous revoilou pour ce nouveau chapitre j'espère que vous êtes en forme, moi oui par contre j'en connais une qui l'est moins hein c'est vrai? (m'en parle pas, j'ai une migraaaaaaaaaine!) je veux bien te croire, en même temps les cailloux faut les éviter par se mettre en dessous. Bon rasure toi elle les a rangés enfin, pour le moment.( c'est vrai? En même temps tu m'avais pas expliqué non plus! Bon si elle les a rangés, je veux bien faire une brève apparition, coucou! Voilà je repars) Quand je vous dis que je suis pas aidée moi, courageuse mais de loin hein? (Je te proute d'abord, qui est-ce qui est encore allée filmer le combat de Randy et qui s'est pris un Anderson KO sur la figure, ben c'est moi alors hein!) pas ma faute si mademoiselle se prend pour le nouveau réalisateur en vogue. ( Et comment! Une future star en devenir!) La gueule de la star tiens. Bon allez arrête tes âneries qu'on en finisse avant qu'elle revienne avec l'artillerie lourde. ( Ah non si elle revient jm'en vais) Elle est pas là alors annonce ou c'est moi qui m'en vais (Bon j'annonce, j'annonce alors !) Oh non sérieux reprend toi j'en peux plus moi ! (Alors un chapitre tout beau tout mignon plein de féerie et de bisounours... Comment ça non?) t'es sur d'avoir participer à l'écriture toi? (Il me semble oui. J'ai mis le titre et le point final. Quoi n'y a pas de titre? Ben si !)C'est bien de signaler ton manque de participation. Bon bah comme d'hab je fais tout le boulot, alors voilà un tout nouveau chapitre avec encore une fois une bonne dose de... Sérieusement vous y avez cru je vais quand même pas tout vous dire, pour le découvrir foncer lire. (Voilà ben heureusement que je suis venue moi!) Si tu le dis bon toi tu retournes te cacher et moi bah je vais déprimer. Allez bisous à tous et à la prochaine ! (Déprimer? Pourquoi? Je te manque déjà c'est ça?) T'es la seule qui ose le demander rohhhh. (J ose tout moi tu le sais bien !) Sauf annoncer notre chapitre, courageuse va !

(Jvoulais pas t enlever le plaisir!) J'abandonne (J'ai encore gagné c'est trop facile, bisous à tous)

Je revins dans la chambre de Ben environ une heure plus tard, j'avais longuement discuté avec Adams, il était parvenu à me calmer, il avait instantanément compris ma fureur en croisant mon regard tout à l'heure, j'étais surpris de sa capacité à lire en moi, personne n'y était parvenu aussi facilement jusqu'ici, sûrement parce que personne encore ne s'était donné cette peine.

Malgré moi, je ne cessais d'être surpris par cet homme qui n'était rien pour moi il y a quelques jours, tout juste un inconnu, un vieux bougon avais-je même identifié en lui au premier regard, il ne m'avait fallu que très peu de temps pour savoir quel personnage il était, un homme sympathique et attachant qui tentait de se montrer distant en jouant les bourrus et pourtant, je n'avais jamais vu quelqu'un d'aussi impliqué auprès de ceux qui comptaient pour lui, il était à 100% derrière chacun de ses petits, les connaissant personnellement presque mieux qu'eux-mêmes, l'affection qu'ils lui portaient en retour était amplement méritée, mais moi qui n'étais pas l'un de ses petits, je ne m'étais pas attendu à ce qu'il se préoccupe de moi, mon côté méfiant et désabusé m'incitait à croire qu'il ne le faisait que parce que ma présence maintenait son champion en vie mais je savais que c'était faux, cet homme n'était pas du genre à jouer double-jeu, il n'aimait pas les faux-semblants et tandis qu'il me regardait droit dans les yeux en me raisonnant, je compris qu'il m'avait percé à jour malgré mes ruses. Mon inquiétude réelle pour Ben m'avait trahie et il m'avait attrapé le poignet à travers la table, le serrant pour me réconforter en me disant :

Tu sais gamin, tout foutre en l'air en commençant par toi sur un coup de tête ne résoudra rien, je sais que c'est difficile, ton caractère a tendance à parler en premier et tu fais des conneries que tu regrettes ensuite mais tu juges alors qu'il est trop tard pour réparer, jvais te dire un truc que je dis à chacun de mes gamins quand ils arrivent à ma salle, il n'est jamais trop tard pour bien faire ! Et toi, tu es un gars super, écoute un peu plus ta tête et ton cœur que ta fierté et tu obtiendras tout ce qu'il te manque encore !

Je ne suis pas un de vos gamins. Avais-je répondu avec morgue, refusant de montrer que j'étais touché par ses propos et ses attentions pour moi.

Il avait souris, amusé et sans me lâcher des yeux, il avait répondu avant de se lever et de partir :

Peu importe, tu aurais pu être l'un d'eux !

J'étais resté là quelques minutes à réfléchir à tout ce qu'il m'avait dit puis j'étais remonté à la chambre de Ben et depuis j'étais assis sur ma chaise, la main dans la sienne bien que ça ne servait plus à rien, une geste qui était devenu une habitude, j'en avais presque autant besoin que Ben, sa main était chaude dans la mienne, Ben était en vie, rien n'était perdu, le coach avait raison !

Ben, y a des tas de gens qui t'attendent, faut vraiment que tu te réveilles maintenant, j'aime pas te voir dans ce lit en plus, jpréférerais presque que tu me colles au mur comme la dernière fois au moins je serais sûr que tu es toujours bien en vie !

Je m'approchais de lui, posant mes coudes sur le matelas, parlant plus bas, comme pour lui chuchoter des secrets à l'oreille, c'était peut-être idiot, mais j'espérais de nouveau voir une trace de lui sur ces fichus moniteurs !

Je ne sais pas si tu m'entends Benji, honnêtement, j'aimerais me convaincre que tu as entendu chacun des mots que j'ai pu te dire depuis que tu es ici, j'ai dû dire beaucoup de conneries aussi, non jte vois venir, j'ai pas dit que des conneries non plus ! En tout cas je voulais te dire que ton coach est très fier de toi, à mon avis il va quand même te passer un savon pour avoir pris des risques inconsidérés comme il dirait mais à la façon dont il parle de toi, dont son regard s'illumine, je peux te dire qu'il est vachement fier de ce que tu as accompli jusque-là ! Et justement, je sais que la tentation peut être là de t'arrêter là, devoir accompli et basta mais tu as encore des tas de choses à faire ici, des rêves à réaliser j'en suis sûr, des matchs à remporter, d'ailleurs, y a un p'tit merdeux des bacs à sable qui attend toujours sa chance de te foutre ta raclée, tu voudrais pas rater ça hein ?

Je relevais la tête brusquement, j'avais peut-être rêvé mais il m'avait semblé voir un pic sur l'EPG, comme s'il m'avait entendu du fin fond de son coma et se moquait de moi, ou bien il devait rager et m'insulter copieusement, je m'en moquais, il pourrait me dire tout ce qu'il voulait à son réveil, je ne le contredirais pas, à condition qu'il revienne !

Et t'entends, Bennychou ? La belle aux bois dormant ça te va pas du tout ! J'ai rien contre les boucles blondes mais franchement tu ferais mauvais genre avec ça toi ! Tu vas quand même pas m'obliger à aller te chercher un prince charmant non ? Quoiqu'avec tes danseuses, il doit y avoir de quoi faire là-bas !

Un nouveau pic me répondu et cette fois j'étais sûr de l'avoir vu, je souris doucement, Ben devait bouillir dans son coma et avoir une envie folle de me répondre, je repensais à notre première conversation, à l'échange des plus gentils qui en avait découlé, Ben avait un sacré répondant ! J'avais trouvé à qui parler ce jour-là ! Et j'explosais de rire en repensant à nos propos, deux pics successifs apparurent sur l'écran, c'est ça amène-toi pensais-je.

Toi et moi ça ne fais que commencer, reviens-moi champion !

Je continuais doucement à suivre cette sensation, ce toucher qui me guidait vers le haut malgré l'envie que j'avais de rester auprès de ma mère je suivais ses conseils ils m'avaient toujours été bénéfiques. Petit à petit je commençais à ressentir la pression et la poigne un peu comme si j'étais tombé dans un trou et que quelqu'un me hissais à bout de bras vers le sommet, me ramenais vers l'extérieur, je me laissais guider par cette sensation de bien-être. Après le toucher, l'ouïe me revint, ce Bip qui résonnait de plus en plus à mes oreilles, j'étais incapable de dire à quoi il correspondait mais il ressemblait à une douce mélodie, à la fois forte et calme, un son qui amplifiait ma quiétude. Je battis des yeux, je me réveillais doucement après une bonne nuit, un peu brumeux mais reposé, chose qui ne m'était pas arrivé depuis un moment, j'avais enfin eu une bonne nuit de sommeil.

Quand enfin j'ouvris complétement les yeux, je souris fort de ce repos salvateur, bien que je ne reconnus pas ma chambre j'étais paisible, je regardais vers la gauche d'où provenait le Bip et je fus un peu surpris de voir cette grosse machine, mon sourire s'agrandit car je savais où j'étais et je savais que j'allais une fois encore me faire engueuler par le coach. A cette pensée je repensais à ce toucher, cette main qui tenait la mienne et je la serrais, il était temps de signaler à mon coach que j'étais éveillé, je tournais la tête pour voir la sienne qui serait mémorable et là je fus choqué, ce n'était pas le coach mais Randy qui était là, qu'est-ce que c'était que ce cirque ? Tous ce temps, cette main, ces sons c'était lui ! Je n'arrivais pas à y croire, j'étais déconcerté pour le moins et d'un coup mon instinct réagit, il reprit le dessus, malgré le sourire de Randy je me braquais, après tout nous n'étions pas amis il n'avait rien à foutre ici.

Pourquoi t'es là?

Il m'observa une seconde, presque surpris, il avait l'air sur le point de dire quelque chose d'important mais il se ravisa et répondit :

Je voulais te féliciter pour ton match. Bien joué champion, beau combat même s'il a failli te coûter la vie.

C'était un risque à prendre.

Pourquoi ? Pour la foule? Pour la gloire?

Pour quelque chose que tu ne connais pas: l'authenticité !

Mes combats sont authentiques.

Authentiquement truqué oui. Tout est prévu, calculé, rien n'est vrai, des combats pour fillette pré-pubertes. Tu diras à ton boss que je ne suis et ne serais jamais une de ses marionnettes.

Je lui dirais.

Mon corps s'était mis en mode automatique et les paroles étaient sorties d'elles-mêmes, crues et brutes mais je m'en foutais, je voulais savoir pourquoi il était là et vu nos échanges précédents, je ne voyais pas l'intérêt d'être cool avec lui. Il avait semblé surpris et choqué de mon ton, il m'avait répondu avec calme mais son visage lui disait une toute autre histoire, mais j'avais mis de côté cet élément et je le rembarrais en lui donnant un message pour son patron, décidément ces deux-là me gonflaient et ils devaient comprendre ce que NON voulait dire. Suite à notre échange dont j'étais sorti une fois encore vainqueur, il avait quitté la pièce, espérons que cette fois ça serait pour de bon, j'avais un nouveau regain d'énergie mais cette incertitude sur son visage me choquait, je secouais la tête doucement, rien à faire de ce qu'il ressentait, il n'avait pas de place dans ma vie point barre.

Ben était réveillé, ce qui était inespéré il y a quelques heures encore, lorsqu'il s'était enfoncé hier en mon absence, le médecin avait perdu espoir qu'il se réveillerait assez vite et pourtant moins de 24H plus tard, il avait ouvert les yeux ! Je n'avais plus quitté Ben depuis mon retour de la cafétéria, je n'avais pas de shows aujourd'hui, un vrai soulagement, je lui avais parlé presque non-stop pendant tout ce temps. Je m'étais aperçu que je m'étais endormi lorsque j'avais senti la main de Ben se refermer sur la mienne, j'avais levé la tête d'un bond et observé le moniteur avec angoisse puis Ben par lui –même, sa main s'était refermée une seconde fois et ne s'était pas rouverte cette fois-ci, pas de doute, Ben se réveillait, la pression qu'il exerçait sur mes doigts était aussi forte que lors de notre montée dans l'ambulance, son rythme cardiaque changeait sur le moniteur, d'abord erratique, il s'était soudain stabilisé sur son propre tempo, quelques secondes plus tard, Ben avait ouvert difficilement les yeux, il m'avait regardé en me souriant, sourire que je lui avais rendu. Puis il avait froncé les sourcils, son sourire disparu ! Les quelques mots que nous avions échangé ensuite avait été rude, cueillit à froid par les propos et la dureté de la voix de Ben, je n'avais pas su quoi répondre d'autre que ces félicitations d'usage, Ben m'avait immédiatement pris de haut avant de m'envoyer paître et porter un stupide message comme un vulgaire postier.

Alors je m'étais levé sans dire un mot de plus, vexé par les propos de Ben, que lui et moi n'évoluons pas dans le même monde était une évidence, même pour moi et je n'avais aucune intention de le nier, pourtant après une semaine passée à le veiller inlassablement, persuadé de l'existence d'un lien qui n'avait visiblement existé que pendant son coma, j'avais bêtement espéré un meilleur accueil de sa part, j'avais oublié que pour lui, cette semaine n'avait pas vraiment existé, que dans son esprit, on était le lendemain de son match, il n'avait d'ailleurs même pas pensé à me demander quoi que ce soit d'autre que la raison de ma présence dans cette chambre. J'étais l'intrus, celui qui l'avait défié et insulté, celui qui devait lui présenter des excuses, je lui avais promis de le faire à son réveil mais il ne m'en avait pas laissé le temps, il avait clairement mis un terme à cette conversation en m'envoyant transmettre un message à Vince et soudain je me fis la réflexion que Ben pensait sûrement que j'étais là pour le recruter, je me moquais bien qu'il entre un jour à la WWE, je ne voulais qu'une chance de l'affronter, n'importe où, n'importe quand, je voulais ce match plus que tout il y a une semaine encore, puis je n'avais plus voulu qu'une chose, son réveil.

Je voulais juste voir ses yeux s'ouvrir de nouveau, quitte à ce qu'ils soient noirs en se posant sur moi, tout comme j'aurais pu accepter qu'il m'étrangle une seconde fois, rien que pour me prouver qu'il en était toujours capable, son agressivité verbale était toujours intacte à première vue, ainsi que sa mémoire, je n'avais pas pu juger de sa mobilité complète mais de ce que j'avais vu, elle semblait correcte, je refermais la porte doucement derrière moi et croisais le coach qui arrivait en sens inverse, sans m'arrêter je lui dis :

Il est réveillé.

Bonjour Randy, hein ? Il est réveillé, ça y est ?

Oui. Je continuais à m'éloigner dans le couloir d'un pas amorphe.

C'est génial ! Hé ! Randy, où vas-tu ?

Prévenir les infirmières.

Je regardais Randy s'éloigner d'un pas lourd, lourd de chagrin ? Me demandais-je en l'observant incrédule, disparaître au fond du couloir après avoir échangé deux mots avec l'infirmière de garde qui se leva précipitamment en lançant à son tour un regard appuyé à Randy. Il avait veillé sur mon petit pendant une semaine, sans jamais prendre le temps de se reposer, quand Ben avait sombré plus profondément, il avait eu l'air désespéré et furieux. Je me souvenais de son regard lorsqu'il était sorti en trombe de sa chambre hier, il avait l'air de quelqu'un prêt à faire une énorme bêtise et ce n'était pas difficile de deviner qu'il s'apprêtait à rendre visite à Heathen vue la rage folle qui l'habitait alors. J'avais eu du mal à le tenir en place, je n'avais pas la force de Ben et j'avais dû déployer toute la mienne pour l'empêcher de m'échapper et faire la plus grosse connerie de sa vie.

Ensuite, nous étions descendu discuter calmement, je lui avais fait comprendre qu'il se trompait, que Ben avait déjà obtenu sa vengeance en brisant sa carrière, qu'il connaissait les risques et assumait ses choix jusqu'au bout même maintenant qu'il était dans le coma. Enfin, s'en prendre au Pitt Bull par colère était le geste d'un lâche et ce n'était pas digne de lui, il m'avait alors demandé comment je pouvais savoir ce qui était digne de lui ou non, vu que je le connaissais à peine et je n'avais pu m'empêcher de rire, il était d'une obstination des plus amusantes pour moi car là encore, il m'avait rappelé mon jeune Ben. Randy avait disparu désormais et je soupçonnais mon champion d'être responsable de sa fuite, il faudrait que je lui en demande la raison mais pour l'heure, l'essentiel était d'aller le retrouver et de m'assurer qu'il allait bien.

Après le départ de Randy je tentais de remettre mes idées en place, de me souvenir de ce qui c'était passé, pourquoi j'étais là? Pourquoi lui était là? Mais c'était flou, une seule certitude mon match contre Heathen, ça je m'en souvenais en partie, il avait été brutal mais j'avais gagné, j'avais enfin mit un point final à cette histoire c'était le principal. Alors pourquoi ce sentiment de vide? Comme s'il me manquait un élément essentiel? Un élément qui semblait me calmer comme jamais? Depuis que cet avorton était sorti de ma chambre et de ma vie j'avais comme l'impression qu'un vide avait pris place en moi, non sérieusement c'était quoi ce cirque ? D'un coup la porte s'ouvrit violement, limite si elle n'avait pas traversée la pièce, à croire que les hôpitaux n'étaient plus ce qu'ils étaient, pas moyen d'être au calme. Une infirmière suivie de mon coach apparurent le sourire aux lèvres, surpris et heureux de me voir réveillé bah quoi une nuit de repos c'est pas extraordinaire, si? Un homme entra à leur suite et demanda à mon coach de sortir quelques instants, il me posa des questions auxquels je répondis comme je pu étant donné que j'étais encore un peu embrumé, il m'annonça que mon état allait vite s'améliorer, qu'il n'avait jamais vu un homme tel que moi avec de telles réactions de toute sa carrière et qu'il était content que je sois enfin de retour, puis il sortit suivit de l'infirmière laissant place à mon coach. Comme à chaque fois il prit place à mes côtés, me sourit et moi j'attendais comme toujours l'engueulade qui allait suivre mais bizarrement elle ne vint pas, je le regardais et je vis sur son visage une légère tristesse.

- Quoi? Pas d'engueulades? Pas de « t'en loupe pas une toi »? Rien de tout ça ?

- Non pas cette fois ça te surprend hein pas vrai? Il n'y a pas que toi qui réserve des surprises tu vois !

- Je vois ça, depuis quand vous êtes aussi calme? J'ai compris, vous avez puisé dans ma réserve d'anti douleur et vous planez, c'est pas beau la drogue, coach, surtout à votre âge !

- Je t'en foutrais de mon âge, je suis encore capable de t'en coller une tu sais alors motus !

- M'en foutre une, j'aimerais bien voir ça tiens, si vous n'êtes pas drogué alors pourquoi cet air sombre? J'ai gagné mon match, prit une nuit de repos et le doc a dit que j'allais vite guérir donc pas de quoi vous en faire.

- Ben, tu te souviens de quoi au juste?

- Pas grand-chose à part mon combat et ma victoire pourquoi?

- Mince, bon tout d'abord tu as effectivement gagné ton combat mais il a eu lieu il y a une semaine pas hier comme tu le crois, tes blessures étaient telles que tu es tombé dans le coma mon garçon, tu avais une commotion cérébrale et au cours de l'opération, tu as fait un arrêt cardiaque. Tu nous as foutu de sacrée frousses cette semaine tu sais !

- Une semaine, sérieux ? Ouah je comprends mieux pourquoi je suis en pleine forme moi ! Une semaine de repos rien de tel. Si c'est ça qui vous mets dans cet état je vous demande pardon coach, pardon pour vous avoir inquiété comme ça.

- Je sais mon grand mais il n'y a pas que ça qui m'inquiète, le départ de Randy, son regard déconfit et son départ me surprennent, je comprends pas

- Il n'y a rien à comprendre, d'ailleurs il n'avait rien à foutre là, j'en ai ma claque de lui et son patron, je lui ai dit et je crois que cette fois le message est passé.

- Oh Ben tu ne sais pas ce que tu viens de faire là, il n'était pas là pour son patron ou pour te provoquer, en fait, il n'a pas quitté ton chevet depuis que tu es ici.

- Pourquoi il aurait fait ça?

- Quand tu t'es écroulé à l'arrière scène c'est lui qui t'a rattrapé, il t'a tenu la main et a fait le trajet avec toi, vos mains étaient soudées ensembles et pas moyen de vous séparer. Au moment où il a fallu que tu ailles au bloc Randy t'a enfin lâché et d'un coup ton rythme cardiaque s'est emballé, il fallait faire vite alors le doc t'a emmené. Randy est resté avec moi, nous avons parlé et depuis ton retour du bloc il était à tes côtés s'il avait le malheur de lâcher ta main, ton cœur partait en vrille, mais quand il la reprenait tu te calmais alors il est resté avec toi, il ne t'a pas quitté une minute trois jours durant. Il a fallu qu'il aille travailler, il a du s'absenter 3 fois et la 3ème a été terrible, tu as sombré dans un coma plus profond, quand le gamin est revenu et qu'il a appris ton état, il a foncé ici et a repris ta main mais cette fois tu n'as pas réagi, il s'en est voulu d'être parti, de t'avoir laissé et il a voulu aller finir Heathen pour t'avoir mis dans ce lit j'ai dû intervenir et le calmer quand il a été calme de nouveau il est revenu ici et n'a plus bougé, attendant ton réveil. Il t'a parlé tout le temps, dormant peu, guettant le moindre signe de réveil de ta part alors quand il m'a dit que tu étais réveillé, j'ai été surpris de son air affligé, lui qui attendait ça depuis 1 semaine mais vu ce que tu m'as dit, je me doute que tu n'as pas été tendre avec lui.

- Cette pression, ce murmure c'était lui tout ce temps?

- Oui c'était lui.

- Merde ! J'arrive pas à y croire, je veux dire il m'a provoqué et la seule chose qu'il voulait s'était m'affronter alors j'ai cru...

- Tu as cru qu'il était là par intérêt, tu avais de quoi douter mais sa présence était totalement désintéressée.

- Le con, j'ai sauté aux conclusions sans savoir, j'ai fait fort cette fois.

Mon coach se tut et moi aussi, j'avais merdé cette fois, Randy m'avait veillé tout ce temps et moi je l'avais envoyé chier comme une merde, bien joué, Ben bien joué ! Je devais lui faire mes excuses, le remercier pour son attention et son temps, car même si j'avais du caractère je savais aussi reconnaitre mes torts et m'excuser quand il fallait et c'est ce que je devais faire c'était la moindre des choses après tout ce qu'il avait fait. Il devait revenir que je puisse m'expliquer et après ça chacun reprendra sa route, il méritait bien ça et j'espérais qu'il serait indulgent pour que je puisse lui parler. Personne à part ma mère et mon coach ne m'avait veillé lors de mes séjours à l'hôpital, ils étaient ma famille alors le voir à mon chevet m'avait surpris, mais après avoir entendu mon coach, je me sentais minable de ma réaction et de mes paroles, je lui en avais fait voir à lui aussi durant cette semaine, je ne pouvais pas en rester là, je devais réparer mes conneries. Même si sa présence et ses actions étaient encore déroutantes pour moi je voulais le revoir, lui parler et obtenir son pardon, j'arrivais à peine à comprendre ce besoin au fond de moi de l'avoir à nouveau à mes côtés mais je le voulais plus que tout autre chose en ce moment.

- Coach vous avez son numéro?

- A qui?

- Randy, vous avez son numéro?

- Oui je l'ai pourquoi?

- Je voudrais que vous l'appeliez et que vous lui demandiez de venir s'il vous plait, je veux m'excuser auprès de lui et lui expliquer pourquoi j'ai réagi comme ça.

- Je vais l'appeler tout de suite.

- Merci coach !

Mon coach sortit de la chambre avec un petit sourire, j'espérais que Randy dirait oui et qu'il allait revenir, j'avais merdé et comme à chaque fois j'allais assumer et réparer mes conneries. Je me sentais coupable de l'avoir mal traité et mal jugé aussi ouvertement sans savoir ce qu'il avait fait pour moi, au fond de moi cette sensation de bien-être revint petit à petit à la pensée qu'il allait, je l'espérais revenir me voir, je croisais les doigts pour qu'il le fasse même si je ne le méritais pas, je méritais qu'il refuse de venir et de m'écouter, je l'avais blessé injustement.

Le coach était partit depuis au moins 20 minutes, je guettais son retour pour savoir si Randy avait accepté de venir mais jusque-là rien, bon en même temps vu le gars et mes paroles 20 minutes de conversation c'était peu il ne me restait plus qu'à être patient et ça c'était pas facile pour moi, la seule chose avec le fait de présenter mes excuses à Randy qui comptait c'était sortir d'ici, j'avais déjà largement profité de l'hospitalité comma ça. Quand 10 autres minutes passèrent je me résignais, il n'allait pas venir et je le comprenais, pourquoi il le ferait je ne le méritais pas, il faudra que j'attende de sortir pour aller le voir et m'excuser en personne. Je tournais la tête vers la fenêtre, laissant mon regard se perdre dans le vague, petit à petit des images de mon combat me revinrent en mémoire, c'était intense en tout point mais j'avais atteint mon objectif c'était le principal et puis comme si je regardais un film les images continuèrent à venir, ma sortie de scène, le public en folie, les applaudissements, l'escalier avec en son bout les superstars et divas de la WWE qui m'applaudissaient et ce vertige qui m'était venu d'un coup. Comme au ralenti, je me revis tomber vers l'avant et sentit d'un coup des bras m'encercler et me tenir, je le vis lui, lui qui m'avait rattrapé, m'avait tenu, m'avait parlé, avait pris soins de moi et j'entendis à nouveau sa dernière phrase: Le combat n'est pas fini, reste avec moi Champion !

Je revis ce moment jusqu'au dernier mot, le dernier regard inquiet de sa part avant que je m'écroule dans ses bras, je vis celui qui m'avait maintenu en vie, je vis: Randy. J'étais tellement perdu dans mes souvenirs qu'il ne fallut un petit moment pour entendre un léger frappé à ma porte, quand enfin je repris pied je dis d'un ton neutre d'entrer à mon coach, je ne pris pas la peine de tourner la tête, au fond de moi je savais ce qu'il allait me dire, que Randy ne reviendrait pas, que la danseuse que j'étais pouvais aller se faire foutre et bien profond, d'un coup à la pensée du mot Danseuse je fronça les sourcils, je l'avais entendu le dire quand il était venu me voir la 1ére fois mais j'avais l'impression de l'avoir entendu à nouveau dernièrement, c'était étrange, mon cerveau s'embrouillait .Un léger raclement de gorge se fit entendre et je tournais enfin la tête, j'étais choqué, il était là, il était venu et l'espace d'un instant nos regards s'entrechoquèrent, mais le contact fut rompu quand il baissa les yeux, un silence de mort se fit, c'était à moi de jouer.

- Merci d'être revenu Randy j'aurais compris que tu ne le fasses pas.

- J'avais rien de mieux à foutre alors…

- Je sais que tu es occupé et encore une fois je te remercie d'être venu je ne le méritais pas surtout après t'avoir parlé comme je l'ai fait.

- Oui bon je suis là alors va à l'essentiel, j'ai pas toute la journée non plus, il y en a qui bosse pendant que d'autre se repose !

Je souris légèrement à ses paroles, c'était le Randy que je connaissais, arrogant, fier et grande gueule.

- Bon je m'excuse rarement, mais là je te le dois, quand je me suis réveillé, j'ai été choqué de te voir là, à mes côtés, heureux que j'ouvre les yeux, je croyais que c'était mon coach, d'habitude c'est lui qui tient ce rôle alors tu comprends te voir à sa place m'a déstabilisé. Après que tu sois parti et que le doc m'ait ausculté mon coach est venu et m'a parlé, il était confus de ton état à la sortie de ma chambre et je lui ai dit ce qu'il s'était passé et là il m'a tout raconté, en fait je n'avais pas la moindre idée que ça faisait 1 semaine que j'étais là, je croyais que le match datait de quelques heures à peine. Il m'a raconté qu'à partir du moment où je me suis écroulé jusqu'à mon réveil tu n'avais pas quitté mon chevet.

- Si je suis partis 3 fois, et pendant mon absence tu n'as fait que des conneries, fallait que tu attires l'attention comme d'hab'

- J'ai appris ça aussi et je m'excuse aussi pour ça, je voulais pas te faire peur, tu n'as pas à te sentir coupable pour le fait que j'ai sombré plus bas tu sais c'est pas ta faute

- En partie si, à chaque fois que j'ai lâché ta main tu perdais pieds je le savais pourtant !

- Randy arrête, mon état était sérieux, tu pouvais pas savoir, personne ne pouvait alors arrête de t'en vouloir, je vais bien ok c'est tout ce qui compte. Donc je voulais te remercier de m'avoir soutenu, d'avoir veillé sur moi alors que rien ne t'y obligé, je t'en suis reconnaissant crois moi, j'ai pas l'habitude que quelqu'un en dehors de mon coach s'inquiète pour moi alors je suis un peu farouche, mais ça n'excuse pas mon comportement alors j'espère que tu voudras bien accepter mes excuses elles sont sincères.

- Je le sais et je te remercie de les avoir faites je sais que c'est pas facile pour toi.

- Je demande rarement pardon sauf pour les personnes que j'en juge digne et tes actions envers moi le sont, bien que je ne comprenne pas pourquoi tu l'as fait, je te suis reconnaissant d'avoir été à mes côtés tout ce temps jusqu'à mon réveil, les hôpitaux et moi ça fait deux, si tu n'avais pas été là je me serais surement barré vite fait.

- Vite fait je crois pas, ramper vers la sortie à la vitesse d'un escargot, c'est pas discret !

- Tu parles par expérience là non?

- Non moi je rampe façon reptilienne plus efficace, et puis ton coach m'a parlé de ton amour pour les hôpitaux et je voulais pas que tu réveilles seul je savais qu'une fois encore tu aurais fait des conneries.

- Pas faux t'as pris plein de renseignements sur moi on dirait, je vais devoir faire gaffe à l'avenir.

- Possible qui sait j'ai peut-être un dossier sur toi au cas où.

- Ouch pas facile à avoir, mes dernières conneries remontent à la maternelle alors bonjour la réputation que j'aurais après ça !

- Intéressant ça, je vais devoir faire de plus amples recherches moi. Bon je vois que tu es fatigué, je vais y aller ok et merci pour les excuses ça me touche vraiment. Allez Champion repose toi !

- Merci d'être venu et d'accepter mes excuses, je vais suivre ton conseil et me reposer faut dire que le coma ce n'est pas de tout repos. Fais attention à toi et merci d'avoir été là !

- Personne t'a demandé de pioncer pendant 1 semaine non plus, Mr la feignasse voulait juste des vacances. Fais attention à toi aussi Ben !

Randy se dirigea vers la porte doucement sans bruit quand il posa la main sur la poignée il se retourna vers moi et nos regards se lièrent de nouveau, de nouveau cette sensation d'un lien fort me prit dans le ventre et puis cette sensation de calme tout le temps où il a été là ne m'avait pas échappée, qu'est-ce que ça voulait dire au juste ? Le son timide de sa voix me sortit de ma torpeur

- Ben je peux revenir te voir demain?

- Bien sur tu peux, j'en serais ravi même. A demain Randy, repose toi bien !

- Repose toi aussi. A demain Ben.

Sur ces derniers mots et un dernier sourire notre contact visuel se coupa, il sortit de la chambre avec la promesse de revenir demain et j'en étais content, j'aimais bien nos petits duels verbaux et sa présence m'apaisait, rare était les personnes qui avaient cette emprise sur moi. Peu de temps après le coach revint me voir pour me dire au revoir, je le remerciais pour Randy et il sourit, il quitta à son tour ma chambre, j'étais à nouveau seul, bon dieu que ça allait être long jusqu'à demain.

Maintenant que Ben était réveillé et hors de danger, je n'avais plus aucune excuse pour revenir aussi souvent à l'hôpital surtout que ma tournée renforcée par des tas de dates supplémentaires me prenait beaucoup de temps et d'énergie mais malgré moi, je faisais en sorte de passer au moins une fois par jour à l'hôpital pour voir Ben, même si pour cela je devais passer de longues heures sur la route. Chaque jour j'entrais dans sa chambre, heureux de le voir réveillé et même grincheux, le coach avait raison, Ben n'était pas un malade facile, il protestait de plus en plus souvent contre sa présence ici et Adams avait bien des misères à le faire tenir tranquille, le coach m'avait confié que mes visites quotidiennes l'aidait considérablement à patienter, même s'il ne me l'avouerait jamais avait-il ajouté en plaisantant, la main posée sur mon épaule avec amitié.

Le coach et moi nous étions liés d'amitié durant la semaine de coma de Ben et j'étais agréablement surpris de la voir perdurer malgré le réveil de son champion, je n'étais plus vraiment nécessaire pour Ben malgré les dires d'Adams. Mais pour ma part, j'avais besoin de lui rendre visite, pour être sûr qu'il allait bien et je n'étais absolument pas motivé par l'objectif de le défier ensuite, j'avais relégué ces préoccupations-là au second plan.

J'avais juste modifié l'ordre de mes présences, je passais davantage de temps au stade et sur les routes qu'à l'hôpital désormais mais je ne laissais pas passer une journée sans venir le voir.

J'étais passé le lendemain de son réveil pour lui annoncer que je devais reprendre ma tournée et que j'aurais moins de temps pour venir le voir, il avait hoché la tête montrant qu'il comprenait et nous avions changé de sujet, nous avions discuté de tout et de rien pendant une bonne heure avant que je ne me lève en lui serrant la main, seul moment où nos mains se liaient de nouveau. Je lui avais souris avant de me retourner pour quitter la chambre et il m'avait demandé en hésitant :

Randy ? Tu repasses quand ?

Tu t'ennuies déjà de moi ? Avais-je plaisantais.

Disons que les journées sont longues et que ta sale face de rat les occupe en partie.

Je m'étais retenu de rire difficilement, sa fierté l'empêchait d'admettre qu'il appréciait mes visites et il avait choisi de m'insulter pour se donner une contenance mais je n'étais pas dupe !

Demain, Ben, je passerais demain.

D'accord, fais bonne route pour ton spectacle de marionnettes.

J'avais souri de plus bel et avait refermé la porte derrière moi, doucement mais sans tristesse cette fois. Le lendemain j'étais fidèle au rendez-vous, j'étais arrivé un peu après la fin des heures de visites mais les infirmières m'avaient laissé passer sans problème, j'étais resté 2h en sa compagnie pendant qu'il avalait ce qui tentait vaillamment de ressembler à un plateau repas, je l'avais regardé faire en me retenant de rire devant sa mine dépitée avant de descendre chercher un encas à la cafétéria et de remonter le voir, je mangeais mon sandwich avec appétit et bonne humeur sous son regard envieux et après quelques minutes, j'avais sorti le jumeau de mon repas de mon manteau pour lui donner, il m'avait remercié avec surprise avant de se jeter dessus voracement.

Quand j'étais parti ce soir-là, il m'avait demandé avec la même réserve que la veille si j'allais passer le lendemain, j'avais acquiescé en sortant et depuis je concluais chacune de mes visites d'un « à demain » J'avais également pris l'habitude de lui rapporter de quoi manger à chacune de mes visites.

Je passais le voir en tentant de rester le plus longtemps possible bien que ça me contraignait chaque jour à rouler plus et à dormir moins. Le troisième jour depuis son réveil, j'avais eu tant à faire que je n'avais pu regagner l'hôpital qu'en pleine nuit, j'étais arrivé sur la pointe des pieds, jetant un œil à l'horloge du hall au passage qui indiquait 00h27, Ben devait dormir très certainement à cette heure-ci, j'avais salué les infirmières de garde à voix basse et l'une d'elle m'avait dit que Ben m'avait attendu aujourd'hui et qu'il était d'une humeur exécrable, j'avais souris avec amusement avant d'entrer dans la chambre du champion endormi, après l'avoir regardé quelques minutes, j'avais déposé son repas du jour sur la table de chevet et était ressorti sur la pointe des pieds. Ben dormait, à moi d'en faire autant et j'étais retourné dans ma voiture, m'effondrant de fatigue sur la banquette arrière. Le lendemain matin, je suis sorti tout ankylosé de ma voiture, affamé et toujours aussi épuisé mais il fallait que je fasse quelques courses avant de repasser voir Ben qui devait être réveillé désormais. Ben guérissait bien selon le médecin, ses blessures à la tête et ses bleus avaient tous disparus désormais, il ne restait plus que ses côtes à ressouder, le plus long à faire !

Quelques heures plus tard, j'étais de retour à l'hôpital, j'avais pris le temps de prendre une douche et de me changer pour ne pas arriver avec mes vêtements tout froissés ce qui n'aurait pas manqué d'attirer l'attention de Ben, il avait élevé l'art de l'observation à son plus haut niveau, c'était la première fois que quelqu'un parvenait à me prendre à défaut à ce niveau-là. Je frappais doucement à deux reprises et Ben m'indiqua d'entrer, j'entendis le sourire dans sa voix et j'ouvris la porte. Ben marchait dans la chambre à petits pas, torse nu, il étirait ses muscles ankylosés par son inactivité forcée, j'observais ces gestes avec attention, le médecin avait raison, Ben guérissait très bien, il avait presque l'air à 100% et je lui souris, heureux.

Merci ! Me dit-il en désignant d'un geste du menton la boule d'aluminium qui traînait sur la table de chevet, unique vestige du repas que je lui avais laissé cette nuit.

De rien.

Tu avais raison, c'était délicieux !

Tu as aimé, c'est vrai ? Demandai-je avec un sourire.

Oui, j'ai adoré.

J'observais Ben faire ses exercices avant de regagner son lit d'un pas mesuré, ses côtes devaient le faire souffrir mais il n'en montrait rien, je m'écartais pour lui laisser le passage et lorsque Ben se fut installé, il se tourna vers moi, les sourcils légèrement froncés en disant :

T'as l'air crevé, Randy !

Disons que j'ai un planning de dingue à tenir depuis la gentille intervention de ton coach auprès de Vince.

J'en ai entendu parler oui ! Sourit Ben amusé.

Tu parles, toutes les dates du mois à faire et gratos en plus ! Un sacré roublard celui-là !

Ben éclata de rire avant de porter vivement la main à ses côtes, j'avançais la main vers lui, inquiet et il tourna la tête vers moi, son expression passant de la douleur à la rage en aboyant :

Me touche pas, j'ai pas besoin de ta pitié !

Ben, ça n'a rien à voir avec de la pitié, je…

Rien à foutre, casse-toi !

Furieux de sa réaction, je serrais les poings avec force en me dirigeant vers la porte, je l'ouvris avant de me tourner vers lui une dernière fois en disant :

Ok champion, on se retrouvera sur un ring alors, soigne bien tes bobos, jte laisserais aucune excuse pour te justifier quand je t'aurais éclaté sur le ring

ça aurait pu être intéressant, mais les combats de pantins, c'est pas mon domaine.

Sans répondre à son énième insulte, je refermais la porte et sautais dans ma voiture, démarrant en trombe, fou de colère, il ne voulait pas de mon amitié qu'il appelait pitié ni de moi en tant qu'adversaire, j'allais lui montrer qui j'étais une bonne fois pour toute, il n'aurait pas d'autres choix que de céder ! Lui et moi c'était devenu personnel ! Je levais les yeux une dernière fois sur la fenêtre de sa chambre, à temps pour voir une ombre écarter le rideau et regarder dans ma direction. A bientôt Champion ! Crachais-je à voix haute en voyant l'hôpital disparaître dans mes rétros.

23h30, je quittais le stade en trombe, la journée avait été longue et j'avais encore beaucoup de route à faire cette nuit, ma colère était toujours intacte, plus forte encore même maintenant que je roulais vers ma destination finale de la journée, j'avais attendu cet instant avec impatience, Ben refusait de me prendre au sérieux, j'allais le forcer à le faire, il ne pourrait plus me prendre de haut ensuite, lorsque je lui aurais prouvé que j'étais un adversaire digne de son altesse, il n'aurait plus d'autre excuse que la lâcheté pour refuser de m'affronter !

2h du mat', j'étais arrivé et attendu, j'avais réservé mon adversaire dès ma sortie de l'hôpital, il m'attendait lui aussi malgré l'heure, il n'aurait pas raté l'occasion d'affronter le champion de la WWE lui, au moins une preuve de son intelligence !

J'entrais dans la salle d'aspect miteux qu'on utiliserait pour l'occasion, malgré l'heure tardive, les tribunes étaient pleines, le message était bien passé et un sourire mauvais se dessina sur mes lèvres.

Quelques minutes plus tard, je me ruais sur Anderson comme un possédé, surpris par ma brutalité, il encaissa quelques coups puissants avant de se ressaisir et de m'envoyer valdinguer contre les parois de la cage. Je secouais la tête, sonné, voilà qui était clair ! Et sans attendre, je retournais au combat contre ce type, Anderson avait été le tout premier adversaire de Ben, il n'avait pas été trop dur à trouver, encore moins dur à convaincre, il ne restait plus qu'à le vaincre désormais, je le voyais comme un échauffement, le premier de la liste des types à écraser pour convaincre Ben.

La rage qui ne me quittait pas depuis le matin faisait son office, je frappais plus fort et plus vite que jamais, j'encaissais aussi très bien les coups de ce gars, il ne me résisterait pas longtemps !

13 minutes plus tard, je quittais la cage en vainqueur, j'avais récolté quelques coups et l'adrénaline retombant, je sentais nettement plus la douleur de ses attaques mais je m'en moquais, je l'avais vaincu, sans trop de mal même si j'avais conscience que Ben en aurait terminé avec ce type en beaucoup moins de temps que moi, c'était ma première victoire dans sa catégorie et pas la dernière !

Epuisé, je me laissais tomber dans un lit d'hôtel pour quelques heures, j'avais le temps de me reposer désormais, Ben ne m'attendait plus. L'hôtelier me réveilla à midi pour me demander d'évacuer la chambre ou de payer une seconde nuit, je décidais de repartir en chasse et quittais les lieux rapidement, il me fallut un peu plus longtemps que la veille pour dénicher un second adversaire de Ben pour la nuit, n'ayant pas de show à assurer cette nuit, j'avais le champ libre et décidais de taper plus haut, un adversaire de milieu de carrière de Ben me conviendrait parfaitement mais la plupart étaient à l'étranger pour le moment, des heures plus tard, mon téléphone sonna, j'espérais qu'il s'agissait de nouvelles pour un combat, j'avais fait courir le bruit un peu partout que je cherchais un adversaire, sans résultat pour le moment aussi fus-je déçu d'entendre la voix au combien familière du coach Adams et je soupirais en lui demandant ce qu'il me voulait encore.

T'es dans un mauvais jour petit ?

Non, mais là j'ai pas vraiment le temps, coach.

Jvais faire vite alors, c'est à propos de Ben.

Ben ? Il est arrivé quelque chose ?

Non, il va bien, ne t'en fais pas. J'ai un service à te demander.

Quoi, encore ?

Oui je sais que je t'en demande beaucoup depuis dix jours mais j'ai besoin de toi encore une fois, Ben veut te revoir, il s'en veut de t'avoir traité comme ça, il m'a dit que puisque tu ne venais pas à lui, il viendrait à toi.

C'est quoi ces conneries, il sait même pas où je suis de toute façon, qu'il reste à l'hosto pour se soigner, il me reverra bien assez tôt en face de lui sur un ring. Moi j'ai mieux à faire que céder aux caprices de sa majesté.

Tu es drôlement borné toi !

Et alors, ça vous pose un problème ?

Non, aucun, Ben aussi est borné.

Sans déc !

Ecoute Randy, je connais mon garçon, il n'a pas le fond mauvais, mais il y a longtemps qu'il est seul et il a perdu l'habitude de compter sur quelqu'un, c'est un gars fier, c'est pour ça qu'il t'a repoussé et je sais qu'il le regrette depuis ton départ même s'il ne le dira pas. Il sait ce qu'il te doit et pour ça il t'est reconnaissant.

Ah ouais ? C'est comme ça qu'il est reconnaissant lui ? ça fait deux fois en 3 jours qu'il m'envoie paître alors merci pour sa reconnaissance mais je m'en passerais !

Randy, je sais que c'est beaucoup te demander mais essaie d'être un peu compréhensif.

Vous vous foutez de moi !

Ecoute-moi gamin ! Cria Adams ce qui eut le don de me faire taire immédiatement. Ben est encore plus obstiné que toi, crois-moi sur parole pour une fois, il va quitter l'hôpital sois en certain et aggraver ses blessures en te cherchant, si tu n'en as rien à foutre c'est ok, ça prouvera juste que je me suis trompé sur ton compte depuis le début !

Un silence s'installa entre nous durant quelques secondes, malgré ma colère à l'égard de Ben, le coach avait raison, je ne pouvais pas le laisser prendre le risque de quitter l'hôpital pour me chercher, je m'en voudrais trop de l'avoir laissé faire en toute connaissance de cause, je soupirais intérieurement en me forçant à ravaler ma colère et répondit :

J'arrive. Je raccrochais sans lui laisser le temps de répondre.

Il me fallait deux bonnes heures pour regagner l'hôpital en voiture, j'espérais que Ben aurait la patience d'attendre jusque-là !

Quand j'arrivais dans le couloir de la chambre de Ben, une des infirmières vient vivement à ma rencontre, m'attrapant par le bras en disant :

Il était temps que vous arriviez ! Il est infernal depuis votre départ, il s'est même mis en tête de partir, son coach a bien des misères avec lui depuis hier !

Ne vous inquiétez pas Bernadette, je vais m'en charger !

Merci Randy !

Je hochais la tête avant de reprendre la route et alla jusqu'à sa porte à laquelle je frappais doucement comme à mon habitude.

Mouais ! Grogna Ben en me faisant sourire, il était vraiment grincheux !

J'ouvris la porte pour le découvrir en train de finir d'enfiler son jean, dos à la porte, il était temps d'arriver, Adams avait fait de son mieux, à mon tour.

Alors boucles d'or, il paraît que tu fais des misères aux infirmières !

Randy ?

Et oui !

Tu t'es perdu ?

En quelque sorte ! Tiens attrape ! Je lui lançais le paquet en réprimant une grimace, Ben l'attrapa avec adresse, un sourcil levé avant de l'entrouvrir en disant :

Le même que la dernière fois ?

Désolé, j'ai pas eu le temps de faire mieux !

Non, au contraire, c'est génial Ran'

Tant mieux !

Je me laissais tomber sur ma chaise avec difficulté, épuisé et perclus de douleur mais heureux malgré tout, Ben me dévisagea une seconde avant de demander :

T'es blessé ?

Faut croire que je me suis emmêlé les pieds dans mes ficelles

Excuse-moi pour ça, je me suis conduis comme un crétin.

Non, tu es un crétin.

C'est dur de l'admettre mais pour une fois, tu as raison.

Ben, tu apprendras à force de me côtoyer que j'ai TOUJOURS raison !

C'est ça et la modestie porte ton nom !

J'éclatais de rire en faisant fi de mes douleurs avant de reprendre mon sérieux pour dire :

Je te dois des excuses moi aussi.

Hein ? Comment ça ?

Pour ce que je t'ai dit à la salle la première fois, je suis sûre que ta mère était quelqu'un de très bien. Il suffit de te regarder pour le savoir.

Le coach t'a dit ?

Oui, je suis désolé, Ben.

Merci.

Allez, mange un bout, t'aura besoin de force pour ta tentative d'évasion ! Surtout qu'il te faudra me passer sur le corps pour ça !

Ben éclata de rire en se tenant les côtes, cette fois-ci je n'avançais pas la main vers lui.

Je devrais pouvoir passer sans trop de mal alors ! Plaisanta-t-il.

Pas si sûr ! J'ai un avantage que je n'hésiterais pas à utiliser, tu es un invalide, ta seigneurie des hospices !

Ben rit de plus bel et je me laissais tomber de nouveau dans ma chaise pour discuter avec lui, je restais une bonne heure à ses côtés avant de me lever. La main sur la poignée, je me retournais une dernière fois et lui souris en disant :

A demain, Ben !

A demain. Me répondit-il en souriant aussi.

Et laisse les infirmières souffler deux minutes hein !

Promis ! Dit-il en riant de plus bel.