Chapitre V
La haine rend plus fort, elle donne un courage et une détermination qui souvent échappent à l'amour. Alain Monnier
Le lendemain matin, Hermione se retourna dans son lit sans aucune envie de se lever. Mais l'idée d'aller en cours lui donna la motivation dont elle avait besoin.
Elle enfila son gilet bordeaux et son short en jean et prit sa robe de sorcier sous son bras avec son nécessaire de toilette. Entrant dans la salle de bain des préfets, elle se brossa les dents.
Quelques minutes plus tard, alors qu'elle se maquillait légèrement, elle entendit Malfoy entrer et l'aperçu dans le miroir. Il lui jetait un regard noir.
- Qu'est-ce que tu fais là, sale sang-de-bourbe ?
- A ton avis, sale serpent ? Je me maquille !
- Tu crois que ça arrangera ton physique ingrat ? se moqua-t-il se dirigeant vers la salle où se trouvait l'énorme baignoire.
- Tu veux l'essayer ? J'ai de quoi te faire paraître vivant dans cette trousse. Tu ressembles autant à un cadavre que tu me trouves laide, sourit-elle.
- Jamais je ne mettrais quoi que ce soit qui appartient à une moldue sur mon corps.
- Bonne douche Malfoy! répondit simplement Hermione en mettant son mascara.
Alors qu'il entrait dans l'autre pièce la porte d'entrée s'ouvrit sur Pansy Parkinson et Susan Bones. Hermione s'apprêtait à s'en aller pour éviter d'entendre de nouvelles remarques désobligeantes quand Pansy avisa sa trousse de toilette.
- Qu'est-ce que c'est là dedans ? demanda-t-elle intriguée.
- Des… produits de beauté moldus.
Pansy se mordit la lèvre sous le regard intrigué de Susan qui se brossait déjà les dents.
- Je peux voir ? Je n'ai pas réussi ma potion pour faire un beau teint hier soir…
- Hier soir ? Tu n'étais pas à la soirée dans nos appartements ? demanda Hermione en lui tendant son petit sac blanc à pois bleu.
- Non. C'est une longue histoire. Vous achetez ces potions dans un magasin ? demanda Pansy en ouvrant le sac.
- Oui. Dans un magasin moldu.
- Je m'en serais doutée, (voyant le visage près à exploser de son homologue elle rajouta) ce n'est pas péjoratif, c'est juste que si c'est moldu, c'est acheté chez les moldus…
Hermione observa Pansy ouvrir les pots, les sentir, les secouer,…
- Ça va Pansy ? Tu as l'air… différente…, osa demander la brune.
- Oh, eh bien, j'ai décidé de changer de manière d'être cet été. Comme toi je pense…
- Exact, murmura Hermione.
- Qui prend son bain ? demanda Pansy en entendant les robinets de la salle d'à côté.
- Malfoy, répondit sèchement la Gryffondor.
- Ah bon… J'vais lui dire bonjour.
Hermione la regarda sourire d'une manière déterminée, ses grands yeux verts plein de malice.
- Drago, comment tu vas ? demanda-t-elle en entrant dans la salle de bain après avoir déverrouillé la porte avec sa baguette.
Susan et Hermione se dévisagèrent lorsqu'elles entendirent un énorme bruit d'eau suivre une série d'insulte en tout genre de la part du jeune homme.
Quelques secondes plus tard, Pansy revint dégoulinante d'eau et de mousse, râlant de sa farce ratée.
- Je pensais pouvoir l'avoir…, soupira-t-elle en sortant sa baguette de sa poche. Mais il est trop rusé…
Hermione sourit à son air attristé plus qu'en colère. Son homologue se sécha d'un coup de baguette mais ses cheveux étaient plus plats que jamais.
- Je connais un sort pour tes cheveux si tu veux, proposa gentiment Hermione pendant que Pansy s'observait dans le miroir désespérée.
- LA SANG DE BOURBE, SI TU L'AIDES, TU VAS LE REGRETTER, la menaça Drago qui écoutait depuis son bain.
Hermione s'en fichait éperdument et à voir le sourire complice de la meilleure amie de Malfoy, ce ne devait pas être bien sérieux.
Elle entama un geste de sa baguette et les cheveux de la Serpentard se regonflèrent un peu, avec un aspect plus naturel.
- Merci Granger, articula silencieusement Pansy.
Elle prit ensuite le tube de mascara et l'appliqua sous les conseils d'Hermione sur ses cils. Susan demanda timidement si elle pouvait en avoir aussi. Un peu de blush pour chacune les réjouit, ainsi qu'un coup de crayon et du gloss à lèvres pour Pansy.
Hermione trouvait cette entente avec la Serpentard étrange. Elles ne s'étaient jamais parlées directement, mais elle pensait que la jeune fille la détestait autant que Malfoy.
- Je pense qu'il est temps qu'on aille en cours, annonça Susan pendant qu'Hermione lassait ses converses basses avec le drapeau anglais.
- Tu as raison. Granger et moi avons Défenses contre les forces du mal, répondit Pansy. Et toi ?
- Potions.
- Ma pauvre, pour un premier jour, vous allez morfler, compatit la Serpentard.
Jamais Hermione n'aurait pensé que Parkinson était capable de compassion. Drago sortit de la salle de bain alors qu'Hermione était penchée devant la porte attachant toujours sa deuxième basket.
- Granger, j'en ai marre d'avoir une vue sur ton arrière train chaque jour. Pourrais-tu ôter cela de ma vue ?
Hermione se retourna énervée mais Susan montrait sa montre pour indiquer qu'elles allaient arriver en retard à leurs cours.
- Bien. Je tâcherais d'y penser. Si de ton coté tu mets un masque, Malfoy.
Hermione sortit avec Susan et Pansy allait les suivre quand Drago la retint.
- Blaise a été con, Pansy, mais tu aurais dû savoir comment il est. Tu sais comment il est.
- Je le savais, j'avais juste envie de m'amuser un peu.
- Quoi ?
- J'avais envie de baiser Drago! Dit-elle crûment.
- Quoi ? répéta-t-il sonné par son langage. Mais tu es une fille ! Respectable de plus ! Pourquoi se rabaisser à faire ça avec un coureur de jupons ?
- Parce que je n'avais pas envie de chercher après « le bon ». Blaise était là moi aussi. Pourquoi c'est moi qui aurais dû dire non ? J'ai des besoins aussi, Drago. Et je ne suis pas une princesse. Ce n'était pas mon premier de toute façon, je n'ai pas gâché ma première fois.
- Pansy…
- Ah, oui, j'avais oublié, tu étais là la première fois ! Puisque c'était toi ! J'étais jeune, j'avais peur, j'ai gâché deux ans de ma vie à me retenir de coucher avec un garçon parce que j'avais perdu ma virginité par obligation, Drago. Mais maintenant j'ai décidé de changer. Je m'en fous des autres. De ce que mes parents veulent de moi. Je le ferai avec Potter si ça pouvait déranger mes parents
- Potter ? T'es pas sérieuse ?
- Non, ça c'était l'effet dramatique.
Drago lui sourit avant de passer la porte de la salle de bain.
Mais elle le fit stopper net en l'enlaçant d'un coup par derrière. Elle avait posé sa tête sur ses omoplates et ses mains étaient nouées sur son torse.
- Pansy ?
- Tu vas devoir t'y habituer parce que être affectueuse ça énerve très fort mes parents, marmonna-t-elle contre lui.
- Je ne serais pas obligé de t'en donner, au moins ? s'inquiéta Drago un peu dégouté par ce genre de geste de la part de son amie.
- Drago, tu sais, si tu laisses ta main sur les miennes comme ça, je ferais semblant que c'est pour m'en donner, sourit-elle en sentant la main de son homologue sur les siennes.
Il soupira et commença à avancer de façon à ce qu'elle le lâche. Malgré tout il était amusé par son comportement.
- On passe chercher à manger à la grande salle ? proposa Pansy en sentant son ventre.
Il acquiesça et tous deux descendirent les escaliers en courants.
La Grande Salle était presque vide, les cours commençaient cinq minutes plus tard, les élèves étaient donc pour la plupart déjà partis.
- Qu'est-ce que tu fais ? demanda Drago en voyant que Pansy mettait de la nourriture dans une serviette.
- Eh bien je prends de quoi me nourrir en marchant jusqu'à notre salle. Tu devrais faire pareil histoire qu'on n'arrive pas trop en retard. J'ignore quel prof nous avons.
- Ce vieux sénile ne l'a même pas annoncé hier.
Il fit comme Pansy mais mit juste un pain avec de la confiture de figue et avala d'un coup un grand verre de jus de citrouille.
Ils partirent d'un pas vif vers leur salle de cours.
Ils arrivèrent alors que le professeur allait fermer la porte.
- Je vous en prie, entrez.
Pansy la remercia d'un hochement de tête.
Harry observa la Serpentard. Elle avait beaucoup changé. C'était devenu une femme… Elle avait l'air déterminé. Il aurait juré l'avoir déjà croisée comme ça. Elle avait quelque chose de féérique… Enfin, de toute façon, c'était une Serpentard et la meilleure amie de Malfoy. Il n'avait aucune envie de s'attarder sur elle…
- Je me présente : Nymphadora Tonks, votre nouveau professeur de défense contre les forces du mal. Je suis aurore de formation. Je connais quelques têtes parmi vous mais j'aimerai qu'on fasse un tour de la classe. Vous me direz votre prénom et le meilleur sort de défense que vous savez lancer.
Le tour de classe fut rapide, Hermione et Harry souriaient beaucoup à Nymphadora qui semblait à peine plus âgée qu'eux et qui était bien plus sérieuse que lorsqu'ils étaient au square Grimmaud.
Neville était assis entre Ron et Hermione et fut très fière de dire qu'il savait lancer un Patronus. Malfoy ricana derrière eux.
- Monsieur Malfoy, pouvez-vous vous contenir ? C'est très bien Monsieur Londubat.
Hermione lança un dernier regard courroucé à son homologue et revint au cours, levant la main à quatre questions sur cinq du professeur.
Le reste du cours ce passa sans embrouilles même si les Serpentards étaient fidèles à eux-mêmes et extrêmement énervants. Hermione n'ayant pas eu le temps de manger, elle sentit son ventre gargouiller plus d'une fois et assez bruyamment. Harry lui lançait des regards interrogateurs auxquels elle répondait avec un sourire désolé.
Lorsqu'ils purent sortir du cours, Pansy tendit discrètement à Hermione un pain avec de la pâte à tartiner aux choco-grenouilles. Hermione bien qu'étonnée le prit en articulant un merci plein de gratitude.
- On a cours de quoi maintenant ? demanda Ron en traînant déjà les pieds derrière Harry et elle.
- Ron, je t'ai donné ton emploi du temps hier ! Est-ce que tu l'as seulement lu ?
- Ben non, je t'ai toi !
- Oh, Ron, vraiment parfois tu es décevant, soupira Hermione.
- On a Histoire de la Magie avec Serdaigle. Dépêche-toi Ron ! l'informa Harry.
- Je dois passer à la toilette avant !
Ses deux amis levèrent les yeux au ciel mais continuèrent d'avancer. Hermione commença à déguster son déjeuner.
- J'ai rêvé Hermione ou Pansy t'as donné ce pain ? demanda Harry alors qu'ils se dirigeaient dans un couloir plus sombre les forçant à ralentir.
- Oui c'est elle, répondit Hermione en rougissant. On a discuté ce matin et je n'ai pas eu le temps de manger.
- Discuter? Avec Parkinson? Mais de quoi s'agissait-il?
- De trucs de filles.
- Trucs de filles…, répéta Harry, abasourdit.
Hermione lui sourit.
Ils montèrent une dernière volée d'escaliers et s'engagèrent dans le couloir où se trouvait la salle. Hermione aperçut déjà ses homologues de Serdaigles et leur fit un signe de la main. Morgan Jones était une petite blonde très mignonne mais avec des air de fillette qui pouvait pousser les gens à la confondre avec une première année. Elle souriait tout le temps et rougissait sans arrêt. C'était une petite boule de nerf. Et Hermione cohabitait avec elle au plus grand bonheur de la blondinette.
- Harry, je te présente Morgan. Elle est préfète avec moi.
Harry serra la main de la jeune fille qui fit tomber tous ses livres en rougissant.
- Heureux de faire ta connaissance, sourit-il en l'aidant à tout ramasser. Hermione aurait voulu les aider mais elle-même était chargée.
Le cours d'histoire de la magie se passa très bien, le professeur avait directement commencé dans le vif du sujet. Ils voyaient l'évolution des mœurs sorcières entre le 19ème siècle et le vingtième. Apparemment, depuis le début du vingtième siècle existait un sort de contraception pour les jeunes sorcières. Le professeur annonça de but en blanc qu'un sort comme celui-là était lancé sur l'enceinte de Poudlard et c'était grâce à cela qu'il y avait de plus en plus de jeune sorcière instruite et que les grossesses d'adolescentes étaient quasi inexistantes dans le monde de la sorcellerie.
Hermione qui le nota, pesta d'apprendre de nouvelles choses sur son école alors qu'elle avait relu un nombre incalculable de fois « L'histoire de Poudlard ». Ron qui était bien sur arrivé en retard avait pris place à ses côtés et jetait des regards sur sa feuille, ne cessant d'être en retard sur les paroles du professeur.
Lorsque le cours se termina, ils se retrouvèrent tous dans la salle commune et Hermione apprit la nouvelle à Ginny. Lavande qui n'avait pas été présente au cours, ayant choisi l'option avec plus de cours de botanique comme Neville sembla subjuguée.
- Mais c'est merveilleux ! On peut faire ça quand on veut en fait ! s'exclama-t-elle.
- Je ne suis pas certaine que ce soit une sorte de promulgation, Lavande, la contredit Hermione. C'est plutôt histoire de protéger les jeunes filles…
- Mais c'est quand même une super bonne nouvelle ! s'excita Lavande. On va pouvoir faire ce qu'on veut quand on veut ! Hermione, Ginny, rendez-vous dans notre dortoir ce soir à 20 heures pour parler de nos projets !
- Ce ne serait pas mieux de faire ça chez moi ? proposa Hermione. J'ai une chambre immense et je ne dois mettre personne à la porte, moi.
- Ok ! J'en parlerai à Parvati !
Le soir, Lavande, Parvati et Ginny entrèrent dans la salle commune des préfets et avec Hermione, elles s'installèrent sur le sofa et les fauteuils en face du feu dans l'âtre. Lavande parlait un peu fort au goût d'Hermione qui craignait que ces collègues l'entende.
- On nous cache des choses dans cette école ! s'indigna Parvati.
Ginny et Hermione se lancèrent un regard pour vérifier si elles partageaient la même pense. Et c'était le cas : Parvati n'avait aucune idée de TOUT ce que Poudlard cachait…
- Le plus important maintenant c'est de savoir comment profiter de ce sort !
- De quoi vous parler ? demanda Morgan Jones en s'approchant.
Aucune des Gryffondors n'avait entendu la préfète entrer et le son de sa voix les firent sursauter.
- Morgan ! s'exclama Hermione en se levant.
- On parlait… des garçons les plus beaux de l'école ! affirma rapidement Ginny en ne mentant qu'à moitié. A ton avis, qui est le plus beau garçon de l'école ?
Morgan déglutit et noua ses doigts, gênée.
- Je ne sais pas…
- Ouh, la menteuse ! Je suis certaine que tu as bien ta petite idée!
- Eh bien…
- Allez, crache le morceau, elles ne te lâcheront pas de toute façon, lui conseilla Ginny.
- Je trouve Harry Potter très mignon…, osa-t-elle chuchoter.
- Harry ? s'étrangla Parvati.
Hermione jeta un regard à Ginny mais celle-ci ne bougeait pas d'un cil.
- Je sais que c'est ton ex-petit copain, Ginny mais je le trouve charmant…
- Il n'y a pas de mal. C'est vrai qu'il est séduisant, s'exclama Ginny contre toute attente.
Ses amies semblaient consternées par sa bonne humeur.
- Et toi, Hermione ? Trouves-tu toujours Ronald Weasley aussi beau ?
- En fait pas vraiment… C'est passé en fait… C'était une sorte de béguin de petite fille, je suppose, soupira la sorcière.
- Mmmh ! Pourtant c'était quasiment le seul garçon qui s'intéressait à toi ! se moqua Lavande.
Puis elle perçut la colère émanant de sa camarade.
- Enfin, je voulais dire que…
- Ne te fais pas de bile. J'ai bien compris que tout le monde ici est persuadé que je vais finir vieille fille. Mais il vaut mieux être seule que mal accompagnée. Sur ce, les filles, je vous prie de rejoindre votre salle commune.
Hermione ne daigna n'embrasser que Ginny pour lui dire au revoir et ignora ses deux autres amies. Megan semblait mal à l'aise derrière elle.
Juste au moment où les trois Gryffondor passaient le portrait, Pansy Parkinson entrait dans la salle commune.
- Salut, grogna-t-elle. Drago est-il là ?
- J'espère que non parce qu'on parlait de garçons, dit Megan innocemment.
Pansy leva un sourcil interrogateur et fixa Hermione qui levait les yeux, rouge comme sa maison.
- D'accord… Je peux l'attendre avec vous ? demanda presque timidement la vert et argent malgré sa tête haute et ses grands airs.
- Pas de problèmes, répondit Megan aussi sonnée qu'Hermione devant la presque gentillesse de la Serpentard.
Pansy détailla Hermione en s'asseyant sur le canapé.
- Joli le gilet. Moi aussi je devrais refaire ma garde-robe…
- Si tu veux pendant les vacances de Noël, je peux te faire découvrir le Londres moldu…
Pansy la regarda abasourdie. Hermione elle-même ne revenait pas de ce qu'elle venait de proposer.
- C'est gentil… J'y réfléchirais…
Au bout d'une poignée de minutes, Malfoy arriva chargé de son manteau et de son balai.
- Drago, le salua Pansy en se levant prestement.
Hermione, assise en tailleur devant la table basse referma le grimoire avec lequel Pansy et elle répondait à un devoir de métamorphose.
- Qu'est-ce que vous fabriquez là vous deux ? demanda sèchement le Serpentard.
- Oh… Hé bien, Granger me donnait un coup de main pour de devoir de Mac Gonagall.
- Vraiment ? s'étonna Drago en levant un sourcil inquisiteur.
- Comme tu peux le voir, commença Hermione.
- Toi, je ne t'ai pas sonné.
Hermione rougit de colère. Une année encore à se laisser parler de la sorte par un idiot qui se croit supérieur au monde entier. Elle ravala ses insultes, Pansy étant présente. Pourquoi commencer à mettre du désordre avec elle alors que la relation qu'elles avaient commençait à devenir vivable ?
Elle reboutonna un des boutons de son gilet qui s'était défait et se leva avant de prendre le grimoire.
- Je vais dans ma chambre, Pansy. Si tu as besoin de… plus d'explication pour le devoir, dit-elle en levant le grimoire pour illustrer ses propos.
Elle s'en alla, laissant les préfets de Serpentard seuls.
- C'est étrange comme vision, Granger et toi assises à la même table, grogna Drago en se laissant tomber dans le divan.
- Pourquoi donc ? Elle est finalement sympathique. Elle a quelque chose à l'intérieur d'elle, tu comprends ?
- Granger est enceinte ?
- Ce n'est pas ce que je veux dire ! Je veux dire par là que cette fille n'est pas juste une façade. Elle est là pour les autres, elle aime sincèrement ses amis…
- Toi aussi, tu aimes tes amis. Pourtant tu n'es pas une Sang-de-Bourbe.
- Vraiment, Drago, il va falloir que tu bannisses ce mot…, soupira Pansy en pinçant l'arrête de son nez.
- Pansy, j'ai été élevé dans une famille qui emploie ce mot comme pour parler du temps qu'il fera. Je ne peux pas changer comme ça.
- Moi aussi j'ai été élevée de la même façon. Mais tu es adulte maintenant. Enfin presque… C'est à toi de faire ton éducation, dit-elle d'un air résolu.
Elle se pencha vers lui, posant ses mains sur chacune de ses épaules.
- Tu peux changer avant de te faire tuer.
- Je n'aime pas quand tu parles comme ça, Pansy…
- Je dis ça parce que si tu continues à maltraiter les amis d'Harry Potter et les gens en général, on ne s'en sortira jamais. Je te suivrais toujours, tu le sais. Mais du côté de chez nous… On se fera tuer à coup sûr. Parce qu'on ne tuera jamais de sang-froid. Je ne pourrais jamais tuer quelqu'un en le regardant de les yeux. Tu pourrais tuer un innocent toi, Drago ? Moi je ne pourrais pas, s'emballa Pansy en commençant à tourner autour de la table.
- Parkinson, calme toi, lui intima Drago en lui attrapant le bras. On va trouver une échappatoire. Qui ne nécessitera pas que je devienne gentil avec Potter et sa bande.
- Vraiment, Drago… j'ai peur… j'ai peur comme je n'ai jamais eu peur auparavant….
- Ce n'est qu'une passade… D'ici une semaine ça ira mieux…
- Non, Drago. Tant que le Seigneur des Ténèbres sera au-dessus de nous, je ne me sentirai pas mieux… Je me sens prise au piège… C'est lui qui décide de notre sort… Il claquerait des doigts que nous serions morts…
Elle s'approcha de Drago et l'enlaça.
- Je ne veux pas que tu meurs Drago…
- Je ne mourrais pas, Pansy. Je suis un roc.
Elle s'esclaffa à cette dernière réplique.
-C'était nul comme réponse ! Ronald Weasley aurait fait mieux encore !
- Ne me parle pas de lui, je viens de manger…, gémit Drago en tapotant sur le dos de son amie, l'autre bras le long de son corps.
- Drago, il va falloir t'entraîner pour faire les câlins. Pour l'instant, tu es très mauvais.
- C'est parce que la tendresse c'est pour les faibles.
- Moi j'aime ça, maintenant.
- Je vais te trouver un charmant jeune homme à câliner si tu le souhaites.
- Tu vas fonder l'agence matrimoniale «Malefoy and Cie » ?
- Seulement si tu la fondes avec moi, déclara-t-il.
Elle le sera encore plus fort dans ses bras.
- Drago, c'est magnifique ce que tu me dis…
- C'est si peu de choses. Je vais cependant te demander de me quitter. Je dois me doucher. Et nous ne sommes pas assez intimes que pour que je te dévoile ma plastique parfaite.
Elle s'esclaffa en tendant la main pour lui ébouriffer les cheveux mais il l'intercepta et lui fit un baisemain.
Justin se rua dans la chambre d'Hermione au même instant où Malefoy passa la porte d'entrée pour rejoindre la salle de bains des préfets.
- Granger, tu vas tomber des nues ! Oh, pardon !
Hermione était entrain de passer son peignoir pour aller se doucher.
- Y a pas de mal, je suis cachée. Qu'est-ce qui te met dans cet état ?
- Drago et Pansy ont eu une discussion étrange ! Je suis arrivé au moment où Pansy disait que ce que Drago venait de lui dire était la plus belle déclaration !
- Tu es une vraie commère !
- Désolé. C'est dans mes gènes. Mon père est journaliste…
- Je te pardonne. Mais je ne te confierais jamais rien!
Il lui sourit.
- Tu penses qu'ils sont ensemble ?
- Je ne sais pas ce qu'il y a entre eux mais ils ont l'air accro l'un à l'autre. C'est la première année que je remarque ça, répondit la brune.
Justin hésita en la voyant partir vers la porte pour sortir. Devait-il lui dire que Malefoy était partit vers la salle de bain lui aussi ? Il trouvait ça drôle de laisser son homologue s'en rendre compte par elle-même.
Hermione passa la porte de la salle de bain après avoir donné le mot de passe. Elle entendit l'eau couler dans la pièce à côté. La gigantesque baignoire devait certainement être sollicitée. Elle ouvrit la porte et fut aveuglée par la buée de chaleur qui se précipita sur elle.
- Il y a quelqu'un ? demanda-t-elle.
Drago se figea. Il était au milieu de la piscine, nu dans la mousse et voilà que cette Sang-de-Bourbe se ramenait pour le déranger.
- Oui. Merci de me laisser seul, sale Sang-de-Bourbe.
- Il n'en est pas question. J'ai autant le droit que toi d'utiliser cette salle. Et puis rien que pour l'insulte, je ne m'en irai pas. Mets-toi ça là où je pense, Serpentard.
Il ricana en ramenant la mousse correctement autour de lui en entendant sa voix se rapprocher. Lui non plus ne voyait rien.
- Avoue que si tu restes c'est surtout pour avoir la chance d'apercevoir une fois dans ta vie le corps d'un homme digne de ce nom.
- Crois-moi ,je sais à quoi ça ressemble et ça ne me tente plus du tout.
Elle rougit directement après cette réplique. Elle détacha la lanière de son peignoir et le retira. Elle le posa sur un muret et se glissa dans l'eau, à l'opposé de Malefoy.
Elle nagea jusqu'aux robinets pour prendre du savon et entreprit de se laver en silence.
- Non… Granger, tu n'es pas entrée nue dans ce bain avec moi, quand-même ?
- Eh bien si ! Comme ça tu peux voir que je ne me soumets pas à ta soi-disant grandeur Malfoyenne !
- Je rêve ! Mais qu'as-tu fais cet été pour finir si dévergondée ?
Elle ne répondit pas, trop absorbée par son activité.
- Oh, je vois ! C'est cet été que tu as découvert le sexe opposé ! Eh bien félicitation, tu es devenue une femme !
- Je n'ai pas fait ça pour me prouver quelques choses, alors tu peux la fermer.
Elle se plaça sous un robinet d'eau pour se rincer. Une fois cette tâche terminée, elle sortit de la baignoire et enfila son peignoir.
- Oh, tu me laisses, enfin ?
- Oui, tes microbes de sang pur m'incommodent. A plus tard.
Elle sortit de la salle et rejoignit son dortoir.
Harry et Ron avait décider de se rendre à la salle commune des Serdaigles en douce pour finir un devoir qu'ils devaient rendre le lendemain en groupe de deux. Chacun était avec un élève de Serdaigle mais, ni Ron, ni Harry, n'avait travaillé. Ils étaient devenu trop grand pour entrer tout les deux dans la cape d'invisibilité, mais ils avaient tout de même tenter le coup.
- Il y a quelqu'un ? demanda une voix derrière eux lorsqu'ils descendirent les escaliers ouest.
Ils se figèrent.
- Je vous préviens, si je vous attrape, c'est un aller simple chez Rusard !
Ils se regardèrent du coin de l'œil. Cette voix appartenait à Pansy Parkinson. Et elle se rapprochait. Ils bifurquèrent dans un couloir.
- Continue, on voit nos pieds, je m'arrange avec elle, chuchota Harry avant de sortir de la cape une fois hors de la vue de la préfète.
- Elle va faire une seule bouchée de toi ! pleurnicha Ron.
Harry repartit droit vers la Serpentard et Ron, blanc comme un linge continua vers les dortoirs Serdaigle.
- Harry Potter ! s'exclama Pansy en voyant le jeune homme. Que fais-tu en dehors de ton dortoir à cette heure-ci ?
Voyant qu'il ne répondait pas, elle croisa les bras et lui jeta un regard noir.
- J'attends.
Je voulais aller rejoindre le dortoir des Serdaigles.
- Ah bon ? s'énerva-t-elle. Et tu n'essayes même pas de me mentir ? Tu ne manques pas d'air, je ne te savais pas comme ça, Potter. Est-ce qu'Hermione Granger est au courant que son meilleur ami est un coureur de jupons ?
- Oh, tu m'as mal compris, c'était pour un devoir qu'on…
- Ah, ça y est, tu mens enfin ! Je m'étonne que tu n'aies pas essayé plus tôt !
- Parkinson, tu te méprends !
- On va allez expliquer ça à Rusard !
Elle entama le chemin vers le bureau du concierge mais Harry l'arrêta d'une main sur l'épaule.
- Potter. Ne. Me. Touches. Pas.
Il retira sa main de la Serpentard et aperçut ses joues rouges.
- Pansy, si on discutait un peu…
- Pas question. Bureau de Rusard. Tout de suite. Pas un mot de plus. Ou je te saucissonne. Et je suis sérieuse.
- Je n'en doute pas…
- Suis-moi, Potter. Tu vas avoir à faire à Rusard. Il est de mauvaise humeur ce soir, tu le sais ?
- Comme toujours, soupira le Gryffondor en levant les yeux au ciel avant de lui emboiter le pas.
Hermione rentra dans sa chambre et enfila son pyjama-short. Elle sortit dans le salon pour s'emparer d'un bouquin de la bibliothèque. Ce soir elle avait besoin de lire un roman merveilleux plutôt qu'un livre historique. L'idée d'avoir presque vu Malfoy nu l'avait fortement dérangée. Elle avait repensé à Silvano et le souvenir de la nuit avec lui, avait réveillé sa fureur et même un peu sa tristesse.
- Mais que… ? Hermione Granger, je veux être ton objet sexuel ! s'exclama une voix derrière elle la faisant sursauter.
- Justin ! rigola-t-elle en se retournant. Tu m'as fait peur ! Et pour cette réflexion idiote, tu es barje !
- Mais regarde-moi cette silhouette !
Il la prit par la main et la fit tourner sur elle-même.
- Tu es à croquer. Une vélane serait jalouse de tes jambes… Et quelle paire de…
- Justin ! s'indigna Hermione. Tout le monde pourrait t'entendre!
- Je m'en fiche, le monde doit ouvrir les yeux sur ta beauté !
A ce moment-là une porte claqua.
- Quelle beauté ? Laisse-moi rire…
- Malefoy. Ne te voile pas la face. Même si tu critiques son sang, reconnais qu'elle est sexy à mourir comme ça…, plaisanta Justin.
- Et voilà que je partage mon salon avec une Sang de Bourbe et un traître à son sang… Je suis vraiment mal traité dans cet endroit…
Il monta les escaliers vers sa chambre.
- Bon, au moins il n'a pas rejeté l'idée que tu étais sexy en pyjama.. Et ce n'est pas donné à beaucoup de filles…
- Je dois donc me sentir flattée qu'un salaud me trouve sexy ?
- Un salaud et un homme parfait… Oui, je parle de moi pour le deuxième…
Elle sourit et lui donna un coup dans l'épaule avec son livre.
Drago arriva dans sa chambre extrêmement frustré. Il avait besoin d'une fille pour s'amuser mais ça faisait longtemps qu'il n'avait même plus cherché. Il aurait aimé avoir une fille dans son lit, là, maintenant pour satisfaire tous ses désirs. Il pensa au corps si peu vêtu de son homologue de Gryffondor en bas des escaliers. Elle aurait pu au moins éviter de rentrer dans la baignoire alors qu'il y était ! D'accord, il n'avait rien vu à ce moment-là, mais à présent il avait vu une grande partie de ce qu'il avait raté !
Il se changea, mit un jeans et une chemise avec l'écusson de préfet de Serpentard et sortit en trombe de sa chambre.
Hermione et Justin étaient allongés chacun d'un côté du divan face à la cheminée et lisaient tranquillement, les jambes entremêlées. Drago eut un haut-le-cœur en voyant cette scène de tendresse dégoutante.
- Faites ça ailleurs. Vous êtes répugnant. Des êtres tels que vous devraient être asexués, grogna-t-il avant de sortir de la pièce.
Justin et Hermione éclatèrent de rire avant de se replonger dans leurs lectures respectives.
Drago se promenait tranquillement dans les couloirs quand il aperçut une silhouette féminine dans un endroit plus sombre. Sentant que viendrait la délivrance en même temps que cette fille il se mit à la suivre et parvint à sa hauteur.
- Que fais-tu dans les couloirs à cette heure…, commença-t-il Brown ?
La jeune fille se figea et pâlit à la vue du Serpentard.
- Drago…, chuchota-t-elle, cramoisie.
- Pour toi ce sera Malfoy. Tu es libre ce soir, j'imagine. Que dirais-tu d'une partie de jambes en l'air ?
- C'est dégueulasse ! s'exclama-t-elle en tournant les talons, excédée bien que fière d'avoir eu une telle proposition du grand et beau et fort et musclé Drago Malfoy.
Alors voilà un deuxième chapitre pour me faire pardonner du retard excessif! :)
Je sais que j'ai merdé sur ce coup là, je vous prie de me pardonner! Pitié! :)
En tout cas, je prends beaucoup de plaisir à écrire cette histoire! :)
J'espère que vous en prenez autant à la lire!
