A toi l'honneur! ( Ben non, moi je suis en mode plancage!) Encore? ( vi elle en a après mon perso, alors toi d'abord) Ben que veux-tu? Dydy est un personnage gentil, attachant, drôle, tout moi quoi alors que Ben ben euh... Ouais c'est tout toi aussi en fait! ^^ ( ouais c'est pour ça que c'est toi qui commence) Bon, je me sacrifie, comme d'hab quoi, je dois avoir un tête de martyr, c'est pas possible autrement! Ste Lilou! ( Mouhahaha) Quoi c'est pas crédible? Bon, alors je fais très très très vite, c'est l'histoire d'un chapitre où Ben va encore être détesté et où Randy va encore en manger plein les dents, parce que lui aussi c'est un martyr forcément! quoi? Un martyr, pas un satyre! Rooh jvous jure, achète un sonotone ça urge! (bah voyons vlà le martyr toi, une tête de mule qui n'en fais qu'à sa tête et fait passer Ben pour le méchant, de toute façon m'en fiche.) Tu t'en fiches de quoi? Mode flippage. (que personne n'aime ben c'était courru d'avance, la perfection ne convient pas à tous le monde!) Ouh là, les chevilles ça va toujours? Tu as mis tes pantoufles avant j'espère! ( j'en mets pas et toc, bon allez voilà un chap où randy n'en fait qu'à sa tête, où ben tente de rester zen et...) t'es sûre qu'on a écris le même chapitre? (je crois mais là bouge parce quelle va arrivée et moi je veux être partis avant.) fuyoooooooooooooooons (byeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee.)

Chapitre 17

Après la confirmation du doc j'étais de retour chez moi pour 3 semaines d'arrêt, cette fois je n'avais pas eu le choix et mon Coach ne m'en aurait pas laissé non plus alors j'avais accepté à contre cœur. Pouvoir revenir dans ma Louisiane et plus précisément dans ma Nouvelle Orléans était un grand bonheur, dès l'instant où j'avais découvert cette ville j'y avais élu domicile, tout me plaisait ici, la vie, les gens, la musique et le fameux quartier français, petit clin d'œil à mes origines maternelle, j'avais trouvé mon paradis. J'allais devoir m'occuper car je n'étais pas le genre de mec à rester inactif, regarder le monde tourner en me tournant les pouces très peu pour moi, mais mon corps avait besoin de repos, je l'avais trop poussé à bout ces derniers temps, entre mon combat face à Heathen et celui avec Randy je ne l'avais pas épargné, il était temps que je le ménage car après tout c'était mon outil de travail. Le calme et l'isolement de ma demeure serait comme à chaque fois plus efficace que n'importe quel médoc, pas de voisins et surtout un silence quasi total apaiserait le tumulte qu'avait été ma vie ces derniers temps. Au programme, du repos, j'allais pouvoir faire ce que j'avais mis en suspens, réparer la vieille Harley achetée il y a longtemps, la remettre en état et refaire le design complet, j'avais hâte de pouvoir m'y mettre, redonner vie et refaire une seconde jeunesse à d'anciennes motos était mon dada, rien ne comptait à ce moment-là que le résultat. Pendant ce temps, ma concentration était uniquement basée sur ça, le boulot, les entrainements et les combats n'entraient pas en ligne de compte, je n'étais plus l'Invictus, non j'étais seulement Benjamin, un garçon qui aimait son calme et sa vie privée. Avec un peu de chance, j'aurais aussi le temps d'aller à la pêche avec le bon vieux Willy, c'était un ancien qui connaissait les bons coins, qui avait toujours une histoire à raconter et qui ne voyait en moi que le garçon avec qui il aimait parler pendant des heures, lui relater des moments de sa vie et sourire quand le jeune homme que je suis était émerveillé par ces images défilant devant ses yeux au fur et à mesure de l'histoire. Oui voilà le programme qui m'attendait et si mes côtes ne me faisait pas tant mal, j'en sautillerais d'impatience, j'étais chez moi, c'était que du bonheur. J'étais à la fin de ma 1ére journée, assis sur ma terrasse regardant le coucher de soleil qui donner à cette partie de Bayou une beauté particulière et oui je vivais dans le Bayou, j'avais eu un coup de coeur pour cette maison presque en ruine que j'avais retapée petit à petit et qui était aujourd'hui une merveille d'après mes amis qui y étaient venu. Finalement ce repos forcé était le bienvenu, je retrouvais mon sanctuaire, mon esprit et mon corps apaisés de toute tension inutile, j'allais recharger complètement mes batteries et revenir en pleine forme, dans 3 semaines je serais à nouveau à 100% de mes capacités, physiques et morales.

Je regagnais ma loge en boitant fortement, la cale que Ben avait exercé sur ma rotule pour me forcer à lâcher prise avait déjà fait de gros dégâts, même si je savais par expérience qu'il n'y avait pas mis toute sa force mais sa prise finale avait achevé le travail. Son saut sur mes genoux pour m'obliger à lui donner mes mains m'avait presque fait hurler d'agonie, je m'étais agrippé comme un forcené au tapis du ring et il en avait profité pour me saisir les poignets et achever sa planche de surf dans une remarquable efficacité compte tenu de son état, ses côtes avaient dû lui faire horriblement mal pour me tracter ainsi, surtout en prenant soin de mon poignet blessé. En y repensant, j'avais honte de moi, Ben avait pris garde de ne pas aggraver mes blessures, épargnant mon poignet et mes côtes toujours marquées du câlin d'ours de Franky, j'avais fait attention à ses blessures moi aussi les premiers temps mais il avait tout fait pour me pousser à bout pour que je le combatte vraiment, que je lui donne le meilleur de moi-même et au final, il avait fait ressortir mes pires côtés, ma colère, mon opportunisme et même une part de cruauté que je tentais de dissimuler tout au fond de moi autant que possible.

Peu d'hommes avaient été capables de réveiller intégralement la vipère, Ben lui, y était parvenu à plusieurs reprises dans ce seul match et il l'avait payé au prix de coups vicieusement placés dans l'abdomen et les côtes. A chaque fois que je me battais pour reprendre le contrôle, il me poussait dans mes retranchements, me piquant au vif pour me blesser, il me voulait hors de contrôle, il m'avait eu presque totalement.

J'avais repris le contrôle de la vipère à chaque fois mais pas sans de gros efforts qui m'avaient coûtés mes chances de victoire. Je me laissais tomber sur le banc avec lassitude, il n'y avait pas de colère dans le regard de Ben quand il s'était tourné vers moi en quittant le stade. Je revoyais encore sa façon de capter mon regard flou pour me dire son « game over » et partir. A cet instant précis, je ne savais pas si ma défaite était la raison de cette immense déception que je ressentais ou bien si c'était dû à son départ comme si je n'étais rien pour lui ! C'était le cas d'ailleurs, ce lien semblait l'irriter prodigieusement, il m'avait repoussé à plusieurs reprises mais je ne comprenais pas son acharnement à me rattraper ensuite. Ben était tellement contradictoire que je ne comprenais plus du tout quelles étaient ses intentions envers moi. Mais la seule chose qui était sûre pour moi désormais, c'était ce sentiment de culpabilité qui ne me lâchait plus à l'idée d'avoir peut-être aggraver ses blessures dans ce match.

Comme promis au coach Adams, je me pris quelques jours de repos après mon match contre son champion, j'en avais besoin pour soigner mes blessures d'une part mais aussi pour récupérer de la fatigue physique de ce mois de folie. Depuis ma rencontre avec Ben, je n'avais pas eu une minute de répit, entre les shows à gogo, le séjour de Ben à l'hôpital et mes allers-retours constants pour le voir, mes conneries pour obtenir mon match sans compter la semaine d'entraînement intensif sous le regard permanent du Taker. Je ne savais pas ce qui m'avait le plus épuisé entre l'entraînement et lui, sans doute lui, j'étais un solitaire, je me passais des autres sans problème, je vivais même mieux sans eux et sans mon respect pour ce vétéran, je l'aurais sûrement chassé très rapidement lui aussi.

J'avais toujours les nerfs à vif de sa présence omniprésente, je le sentais en permanence dès qu'il entrait dans la salle, certainement à cause de sa vigilance exacerbée à mon égard ! Quoi qu'il en soit, il était temps pour moi de décompresser et de savourer ma solitude avant de reprendre l'entraînement, ce match n'était pas notre dernière rencontre même si Ben l'ignorait encore, j'obtiendrais ma revanche et cette fois, je le battrais !

Trois jours plus tard, je franchissais de nouveau les portes de la salle pour reprendre l'entraînement avec bonheur. Taker n'était pas là, les autres étaient occupés et je m'autorisais un petit sourire satisfait en allant vers les engins. Mes blessures n'étaient pas encore guéries, surtout mon poignet, les entorses de Collins prenaient toujours plus de temps à guérir que les autres m'avait expliqué Ben pendant qu'il croyait que je ne l'écoutais pas, parce qu'il s'amusait à disloquer l'articulation en la forçant. Mal soignée par la suite, elles pouvaient faire souffrir à vie mais pour l'instant, j'avais plus important en tête que de me dorloter : revenir au sommet de ma forme et le dépasser, montrer pour de bon qui j'étais au champion et m'imposer enfin ! Mais pour ça, il fallait que je bosse, beaucoup, énormément même !

Deux semaines après mon match face à Ben, nos déplacements nous entraînèrent jusqu'à la Nouvelle-Orléans, Vince m'appela pour me faire part d'une demande d'interview d'un studio local auquel il souhaitait se rendre avec moi, j'acceptais sans grande motivation, j'avais bien mieux à faire que parler à la radio, exercice que je n'appréciais que modérément d'ailleurs !

Je venais d'arriver au studio de radio de ma ville, suite à mon absence certains fans demandaient régulièrement de mes nouvelles à mon coach et mes collègues donc cette interview avait été mise au point pour lever le voile et annoncer mon retour. Je n'étais un grand bavard d'origine alors c'était un petit supplice pour moi de le faire, d'autant que je ne serais pas seul et je n'avais pas la moindre idée de qui serait le 2e intervenant. Heureusement mon coach était présent à mes côtés, lui sera en régie pendant que moi je serais dans le studio, il avait profité de cette occasion pour voir comment j'allais et agréable surprise pour lui, j'allais on ne peut mieux.

On m'escorta donc dans la pièce où on m'indiqua mon siège, me signalant que le 2ème invité ne tarderait pas à arriver, durant ce laps de temps je signais des autographes et prit des photos avec le personnel de la station content d'avoir parmi eux la coqueluche de la ville. Je regagnais mon siège au moment où la porte s'ouvrit pour laisser place à nul autre que Randy. QUOI? C'est quoi cette histoire? Pourquoi lui? Qu'est-ce qu'il faisait ici?

C'était la 1ére fois depuis notre combat que je le revoyais et ma 1ére impression fut qu'il semblait être très en forme. Nos regards se percutèrent au moment où il prit place dans le fauteuil en face de moi, chacun jaugeait l'autre, punaise moi qui avait accepté à contre cœur de faire cette émission me retrouvais face à l'homme que j'avais tenté de repousser de ma vie, décidément le karma avait un drôle d'humour.

- Bonjour messieurs c'est un grand plaisir de vous recevoir parmi nous, avoir 2 grands champions dans nos locaux n'arrive pas tous les jours.

- Les deux hommes le saluèrent à leur tour avant de s'installer pour commencer l'interview :

- Ben, vous êtes le champion depuis 3 ans de la XPW basée à détroit mais vous êtes avant tout un lutteur libre, qu'est-ce que ça implique pour vous?

- La réponse est simple, faire partie de cette fédération en tant que lutteur indépendant m'offre exactement ce que je veux, lutter librement, ne pas avoir de limites et être capable de combattre sans retenue. Certains pourront se demander pourquoi je ne fais pas partie d'un grand groupe, mais là encore c'est un choix, je n'aime pas avoir de chaines, faire ce que je veux comme je le veux me résume parfaitement.

- Et pour vous Randy, qu'est-ce qu'implique d'être le champion de la WWE, la fédération de catch la plus médiatisée au monde?

- C'est une responsabilité de chaque instant, le champion a une image à défendre, à la différence de ben, je ne suis pas libre de mes décisions et de mes matchs, je suis sans arrêt sur les routes pour être présent à quasi l'intégralité des shows, c'est épuisant et grisant à la fois, on se sent vivre dès qu'on pose le pied sur la rampe d'accès au travers des hurlements de la foule, je suis sûr que Benjamin connait cette sensation lui aussi !

- A vous écouter Randy, j'ai l'impression que vous dites travailler plus que Benjamin...

- C'est comme ça que je l'ai compris aussi… Intervint Ben.

- Certainement pas! je ne me permettrais jamais de juger de la quantité de travail de Ben, je me contentais de dire qu'être champion à la WWE est une pression de tous les instants compte tenu de sa médiatisation de masse, on n'a pas le droit à l'erreur car à aucun moment l'attention des fans et adversaires ne se relâche. Cette absence de liberté dont raffole tant Mr Cooper est un sacré fardeau par moment.

- Donc si je résume ce que veut dire Randy, être champion de ma fédération est facile, pas de pression rien, un jeu d'enfant quoi. Comme vous je subis la pression, peut-être même plus de mon côté, comme vous le droit à l'erreur est interdit sinon mon adversaire aurait la partie facile et les fans n'en n'aurait rien à foutre, chacun sa façon de faire et d'agir, Mr Orton.

- Deux façons de faire, deux univers différents qui sont entrés en collision sur le ring de la WWE pour ce qu'on appelle d'ores et déjà LE match de l'année. Comment en êtes-vous arrivés à cette rencontre?

- Je ne dirais pas que c'était le match de l'année personnellement, disons le match le plus inattendu !

- Inattendu ou au contraire très attendu intervint le journaliste, Randy?

- Inattendu ou attendu, peu importe, disons que c'était une expérience intéressante !

- On parle d'un lien intéressant entre vous, on dit qu'à la fin de votre match contre Heathen vous vous êtes effondré dans les bras de Randy qui ne vous a pas lâché jusqu'à l'hôpital et même au-delà si mes sources sont exactes, peut-on parler d'une amitié?

Ben et Randy sursautèrent légèrement à l'entente du mot « lien », ce mot qu'ils avaient si souvent entendu dans la bouche du personnel médical ou du coach, ils ne pouvaient avoir oublié ça malgré la rivalité qui était née entre eux par la suite, ils échangèrent un regard pendant quelques secondes avant que Randy ne réponde :

- De l'amitié ? Non, n'allons pas jusque-là, inutile de donner de l'importance à ce qui n'en a pas, Benjamin tombait, je ne pouvais décemment pas le laisser s'écrouler à mes pieds, c'était juste un réflexe, j'aurais fait ça pour n'importe qui d'autre.

- Et vos allers retours constants entre vos shows et l'hôpital alors?

- La bouffe est infec dans les hôpitaux, ce n'est un secret pour personne, je me contentais juste de l'approvisionner pour que mon adversaire sorte de l'hosto en forme et avec assez de poids pour ne pas être déclassé en poids plume catégorie junior

- C'est surtout qu'il n'avait rien d'autre à foutre de son temps libre ! Comme vous le savez Randy adore être le centre du monde alors déambuler tous les jours devant les infirmières lui apportait sûrement le reste de sa dose d'attention journalière.

- Que veux-tu, les jolies infirmières sont mon point faible, tu préfères peut-être les infirmiers toi ? Dommage qu'il y en avait pas, tu serais peut-être resté à l'hosto plus longtemps !

- Les infirmiers non, ça t'aurait davantage plu à toi, vu que tu endossais ce rôle, mais comme tu le sais moi c'est les danseuses mon truc, d'ailleurs où ça en est de tes cours de claquettes, tu progresses?

- C'est toujours aussi tendu entre vous?

- On est toujours comme ça, personne ne vous avez prévenu ? T'as entendu ça Randy ? Personne ne lui avait dit comment on est quand on est réunis.

- C'est pas très fair play ça, le pauvre, tu crois qu'on devrait lever le pied pour pas l'effrayer? Non ne vous inquiétez pas, Ben est un vrai bisounours en fait, je pouvais jamais quitter l'hosto sans lui dire bonne nuit !

- Et Randy est une vrai guimauve, il voulait pas partir sans son câlin. Mais bon je pense qu'il est préférable de revenir à vos questions, car c'est pas sûr que nos images de durs à cuir tiennent le coup encore longtemps sinon !

- On ne m'avait effectivement pas parlé de vos talents de comique mais je suis sûr que vos fans apprécieront de le découvrir ! Randy, vous parliez de vos différences de style et de vie, est-ce cette absence de liberté qui vous a poussé à autant désirer autant ce match contre Ben? En tentant de l'obtenir par tous les moments, d'après ce qu'on a pu entendre et lire…

- Effectivement, ça a pu jouer sur ma décision de le défier mais je cherchais surtout un nouveau défi pour me faire les dents dessus et disons que la blague hilarante de Ben ce soir-là a encore si possible augmenté ma légère obstination de décrocher ce match.

- Te casser les dents dessus plutôt et quant à ta légère obstination, c'est bien le seul domaine dans lequel tu peux me vaincre, ça et la façon particulière dont il aime porter son slip, perso le string c'est pas mon style pas assez viril.

- On a le point de vu pour ce match du côté de Randy et vous Benjamin pourquoi avoir accepté ?

- Randy voulait du challenge, un combat Champion contre Champion et visiblement ceux de sa fédération ne l'intéressait pas alors je lui ai offert ce cadeau, et puis j'avais encore de l'énergie après Heathen alors pourquoi pas ?

- On ne vous a plus vu depuis la fin de votre affrontement contre Mr Orton, comment allez-vous Ben ?

- Je vais bien, je vous remercie!

- Un peu plus de détails peut-être ? Votre absence totale a surprise beaucoup de monde.

- C'est normal je suppose, je suis actuellement encore en convalescence.

Randy étant face à Ben, il vit très clairement sa stupeur à cette annonce, il avait blêmi d'un coup. Il lui avait caché l'aggravation de sa blessure ce soir-là faisant semblant que tout allait bien et Randy n'avait pas su que la blessure était revenue à son point de départ et c'était très bien comme ça. Ben voyait bien qu'il s'en voulait, il avait tout fait pour le préserver jusqu'à ce qu'il le pousse à bout. Cooper n'éprouvait aucun regret et aucune colère contre lui, il n'avait pas à se sentir coupable, c'était les risques du métier rien de plus. Randy baissa la tête et le journaliste reprit ses questions au même moment.

- Cette convalescence est-elle due à vos blessures face au Pitt Bull?

- Entre autre! Eluda-t-il désireux de changer de sujet.

- Comment ça entre autre? Je sais que les interviews ne sont pas votre truc mais vos fans veulent en savoir plus.

- Les fans ont ce droit en effet. Donc voilà suite à mon combat face à Heathen, j'avais de petits soucis aux côtes, l'une d'elle était récalcitrante à cicatriser. Lors de mon combat face à Randy celle-ci s'est fêlée plus fortement lors de la prise finale, j'ai été mis au repos 3 semaines le lendemain, il m'en reste encore une à faire et je pourrais à nouveau fouler les rings.

- Vous êtes en train de nous dire que vous avez affronté Mr Orton avec une côté fêlée et malgré ça vous avez réussi l'exploit de faire cette fameuse Planche de Surf, c'est hallucinant bravo, je trouvais ça déjà impressionnant mais apprendre dans quelle condition vous l'avez faite c'est carrément démentiel.

- Ce n'est pas la 1ére fois que je monte sur un ring blessé et surement pas la dernière, mais je suis content que le match vous ait plus.

- Qu'il m'ait plu ? Je crois parler au nom de tous les fans de catch en disant que ce match était fantastique, captivant d'un bout à l'autre !

- Merci.

- Randy, malgré votre défaite finale, ce match a-t-il comblé vos attentes ?

- Je suis un éternel insatisfait, c'est de notoriété publique, c'était un grand match, certes et je ne l'ai pas emporté, ce n'est pas l'essentiel, j'ai aimé pouvoir me mesurer à Ben et je n'oublierais sûrement jamais cette rencontre.

- A quand la revanche ?

- Il n'y en aura pas, c'était un match unique, j'ai donné à Randy ce qu'il voulait, ça s'arrête là, fin de l'histoire, rideau, chacun ses quartiers.

- Vraiment ? Pas de re match ? Randy votre avis ?

- C'est un sujet que nous n'avons pas encore abordé avec Ben, je ne peux donc pas me prononcer.

- Je le fais pour toi, pas de match, c'est fini, tu as eu ta chance, j'ai mieux à faire maintenant.

- Je te savais arrogant mais méprisant à ce point, même pour quelqu'un comme toi, c'est très en dessous de ta valeur !

- Même comme ça je reste au-dessus de la tienne et sans effort !

- Je croyais que tu étais un vrai champion! Tu crois que ta mère serait fière de te voir refuser les défis et snober les autres ainsi?

- Je suis un grand champion contrairement à toi mister string! Ne mêle pas ma mère à tout ça sombre connard, tu veux ton match retour tu vas l'avoir, mais cette fois je vais te démolir comme j'ai démoli mes autres adversaires, te voilà prévenu le mouflet! J'espère pour toi que tu as profité de tes pseudos combats pour parfaire tes prises et techniques qui étaient jusque-là nulles à chier. Quand on se retrouvera face à face à nouveau je vais te refaire ta gueule de jouvencelle, plus de retenue, tu veux l'Invictus tu vas l'avoir et cette fois je serais à mon maximum, repense à ce que j'ai fait au Pitt Bull parce que tu vas prendre la même chose. On se retrouvera sur le ring Champion de seconde zone et cette fois sera la dernière !

- Tu veux un avant-goût de mes prises nulles à chier?

- Oh mais je les connais tes fameuses prises tu y as même goûté toi-même, tu devrais peut-être exécuter celles de ton grand-père et de ton père eux au moins avaient du talent et du savoir-faire tout le contraire de toi. Pense aussi à ne pas trop fatiguer ton poignet fragile tocard, il serait dommage que tu ne puisses plus t'en servir pendant tes nuits solitaires. Profite encore un peu de ton misérable règne car non seulement ce match sera le dernier mais qui sais je serais peut être tenté, comme pour Heathen d'en faire le dernier de ta carrière aussi insignifiante que toi !

Cette fois-ci, Randy se dressa pour de bon face à Ben, poings serrés tout autant que ses lèvres, ses yeux fixes étaient fixés sur sa proie, la vipère était totalement réveillée et Ben connaissait bien ce regard désormais, il était signe de folie mais il n'avait pas le moins du monde peur de lui pour autant.

Le journaliste bondit à son tour et s'écria :

- Messieurs je vous en prie, un peu de calme !

Ben s'approcha avec les yeux entièrement noirs mais la vipère n'avait pas peur non plus, elle était prête à attaquer quand la porte s'ouvrit brutalement sur le coach Adams qui se plaça entre eux en disant, comme inconscient du danger auquel il s'exposait :

- Ça suffit gamin, arrête ça tout de suite, il n'en vaut pas le jus.

Le champion baissa les poings et quitta le studio en trombe aussitôt suivi de son coach, Randy sortit peu après et rejoignit Vince avec toujours autant de colère en lui :

- Non, mais c'était quoi ce plan foireux? La prochaine fois que vous me tendez un traquenard comme sa comptez sur moi pour vous présenter la note !

- N'oublie pas à qui tu parles Randy.

- Je n'oublie pas, croyez-moi je n'oublie jamais rien…

Randy sortit à son tour des studios en laissant Vince apprécier toute l'étendue de la menace voilée de Randy qui planait encore dans l'air, le journaliste lui lança un regard effaré et l'homme d'affaires haussa les épaules avec désinvolture avant de faire volte-face, un sourire aux lèvres.

Après l'échange des plus houleux que je venais d'avoir avec Ben, je m'étais précipité à la salle d'entraînement, pas pour préparer ce match, enfin pas vraiment mais surtout pour évacuer la rage qui refusait de s'éteindre depuis cette interview. Je n'avais pas voulu que les choses se passent ainsi, je n'avais même pas l'intention de réclamer mon match retour aujourd'hui sans cet imbécile d'interviewer ! J'avais éludé la question mais Ben lui s'était aussitôt montré affirmatif pour garantir l'impossibilité totale d'une nouvelle rencontre et sa supériorité dédaigneuse m'avait vraiment mis en colère ! J'en avais ras-le-bol qu'il me traite de haut, Mr le grand champion, Mr je me crois au sommet du monde et tous les autres sont de la merde ! J'avais de la patience mais là, il dépassait vraiment les bornes, après notre match, un minimum de considération n'était pas de trop quand même ! Alors, ok, j'avais pété un câble et tapé là où ça faisait mal, c'était pas fair play et alors ? Avec des têtes à claques pareilles, c'était la seule choses qui marchait, la provoc' !

Je soulevais des poids avec rage, elle me consumait de l'intérieur, me rendais aveugle, je ne pourrais pas réfléchir calmement avant de l'avoir évacuée. Je sentis Taker entrer silencieusement dans la salle et j'hurlais : « Dégage ! » sans me retourner, ce n'était pas le moment qu'il vienne me prendre la tête avec sa morale, j'avais bien assez de ma propre conscience comme ça ! Le vétéran sembla comprendre que j'étais sérieux et quitta la pièce, me laissant seul de nouveau.

Ben m'avait rejeté, avait joué avec moi en me balançant mes répliques, allant même jusqu'à me rire au nez, il m'avait jeté le reste de notre lien à la figure et malgré lui, je venais d'en recréer un entre nous, un lien de haine désormais !

Il me fallut plus d'une heure pour me calmer, mon poignet avait de nouveau doublé de volume, il était à nu depuis que Ben avait coupé mon bandage, je n'arrivais toujours pas à mettre la portée de ce geste au clair, ce n'était pas faute d'y avoir longuement réfléchi, Ben était décidément un mystère pour moi !

Je posais les poids et reprenais mon entraînement normalement, tout du moins, calmement mais avec autant d'acharnement que la semaine précédente, la nuit tomba, je m'entraînais toujours jusqu'à ce que je m'accorde une petite pause et c'est la dernière chose dont je me souvins avant de me réveiller le lendemain matin sur le banc de muscu, enroulé dans une couverture. Une seule personne connaissait ma présence dans la salle hier, j'aurais donc des excuses en plus à faire, décidément je les enchaînais en ce moment, tout autant que les conneries !

Je découvris également un paquet marron à côté de mon lit de fortune, il contenait un solide petit-déjeuner et du café encore bien chaud, Taker était donc passé une seconde fois, il y avait peu de temps. Ok ! Je lui devais des remerciements en plus des excuses, j'engloutis l'ensemble du contenu du sachet comme un mort de faim, mon dernier repas remonté à avant l'interview et j'avais brûlé pas mal de calories depuis, si j'avais tenté un coup pareil une semaine plus tôt, Mark aurait encore dû me ramasser par terre mais désormais, j'étais capable de plus, de beaucoup plus et ce n'était qu'un début ! Je filais sous la douche pour finir de me réveiller et je reprenais l'entraînement aussitôt. ¾ d'heure plus tard, j'entendis la porte s'ouvrir et j'identifiais aussitôt mon visiteur matinal, « Entre » lui dis-je en posant mes haltères. Je me levais pour l'accueillir et ses yeux sombres m'observèrent avec attention et un rien de colère, j'en comprenais la raison et appréciait sa tolérance et sa compréhension mais dit aussitôt :

- Désolé pour hier, Taker, j'étais pas d'humeur à avoir de la compagnie et merci pour tout ça… Dis-je en désignant la couverture et le sac désormais roulé en boule.

Il sourit légèrement et je pus me détendre, Taker me dépassait d'une demi-tête et ce n'était pas un homme qu'il fallait contrarier si on tenait à sa vie, je m'attendais à tout sauf à sa réponse :

- Bien dormi, kid ?

- Hum, merci.

- Tant mieux parce que tu as du boulot mais avant de commencer, tu vas me faire le plaisir de filer à l'infirmerie et au pas de course pour faire bander ce poignet.

Je n'osais pas protester pour ne pas abuser de ma chance d'avoir toujours une tête sur mes épaules et revenais ensuite à la salle.

Taker m'avait accompagné pour écouter les consignes des docteurs avec bien plus de sérieux que moi, puis comme la semaine précédente, je reprenais l'entraînement sous le regard implacable du dead man, il me laissait faire, n'intervenant que lorsque je prenais trop de risques ou que je m'y prenais mal, il marquait également les temps de pauses d'un ton qui ne souffrait d'aucune réplique, moi qui n'avais jamais eu de coach, je me retrouvais en prime avec une baby-sitter mais je ne m'en plaignais pas au fil des jours qui passaient.

Les gars étaient venus me trouver pour me parler de mon futur match et de l'interview chaude bouillante qu'on avait donnée, Ben et moi, quelques jours après notre match.

- Salut Randy, dis donc, c'est une sacrée interview que tu as donné là avec Benjamin !

- Il y avait une tension incroyable entre vous !

- Vos échanges de mises en boîtes nous ont bien fait rire ! Poursuivit Phil Mais ça a bien failli mal tourné non ?

- Alors c'est vrai ce que vous avez dit ? Il y aura un match retour ?

- Tout à fait vrai ! Répondis-je, n'ayant d'autre choix que de participer à cette conversation ennuyeuse désormais.

- Ouh là ! Après la colère dans laquelle tu as mis Cooper, tu es mal barré ! Dit John.

- Ce match est prévu pour quand ?

- Dès que Ben sera à 100%...

- A 100% ? Après la tannée qu'il t'a mise en étant qu'à 40%, si tu le laisses revenir à 100%, il va te massacrer pour de bon !

Je ne répondais pas à leurs propos, je m'étais rembruni et agacé, je reprenais mon entraînement sans tenir compte de leur présence et ils finirent par s'éloigner.

Ils ne croyaient pas en mes chances de le vaincre, ça n'avait pas d'importance, je ne comptais pas sur eux, je n'avais jamais comptais sur personne, et personne ne comptait pour moi sauf que… J'avais blessé Benjamin en invoquant le souvenir douloureux de sa mère, je n'en étais pas fier et l'expression malheureuse de son visage qu'il avait eu une seconde avant d'exploser de colère me hantait toujours depuis ce jour-là. Je me sentais mal au plus profond de moi-même, je n'étais clairement pas fier de ce que j'avais fait alors que je m'étais promis de ne plus jamais le faire, mais la supériorité arrogante de Ben avait eu raison de mes bonnes résolutions, mon caractère emporté avait repris le dessus, Ben avait fait ressortir, une fois encore, les côtes les plus noirs de ma personnalité et je n'avais pu contrôler mon besoin de le blesser en retour de ses propos méprisants. J'avais vraiment besoin de parler mais personne ici n'était assez important pour moi pour me confier, il y avait bien le Taker qui pouvait tenir ce rôle, mais je refusais de m'épancher sur lui, une seule personne au monde pourrait peut-être m'écouter mais j'en doutais fortement après ce qui s'était passé là-bas.

Taker m'observa une seconde tandis que les autres repartaient, je me sentais encore plus mal que les jours précédents, et il vint vers moi, posa sa main sur mon épaule avec paternalisme en disant :

- Fais ce que tu dois faire, Kid

- Je finissais mon dernier enchaînement avec rapidité et quittait la pièce pour aller téléphoner.

Le kid en avait gros sur le cœur, si la fureur avait cadencé son entraînement au tout début, un autre sentiment était très vite venu teinter ses enchaînements forcenés au quotidien, je ne connaissais pas assez Randy pour pouvoir vraiment mettre un nom sur cette émotion même si d'instinct j'appellerais ça du remord mais Randy ne m'avait pas laissé suffisamment m'approcher de lui pour que je puisse vraiment savoir ce qu'il avait en tête. J'avais vu la petite bande s'approcher, ils étaient ceux qui étaient le plus proche du gamin dans la fédération, presque des amis mais pour lui, ils n'étaient quasiment rien du tout. Randy refusait de s'attacher, j'ignorais pourquoi mais cette solitude pourrait lui causer bien des soucis, il semblait vivre la présence des autres comme une gêne permanente, insupportable, preuve en était de sa réaction violente à mon entrée dans la salle juste après son retour de l'interview. Je ne lui avais pas tenu rigueur de son emportement, je comprenais trop bien la violence de ses sentiments et j'avais quitté la salle en décidant de rester dans le secteur pour éviter tout accident. Le lendemain, il avait semblé beaucoup plus calme et il s'était levé à mon approche pour me saluer et s'excuser, je me souvenais de son regard un peu craintif lorsque je l'avais toisé avec un rien de colère, me retenant de sourire intérieurement !

Le kid n'avait pas changé, malgré ce qui s'était passé à l'interview, c'était un gamin respectueux, je ne comprenais pas la raison pour laquelle il avait si fortement blessé son adversaire en ravivant un souvenir douloureux, quelque chose chez Ben semblait réveiller d'étranges comportements chez Randy, si sa présence pouvait révéler le bon en lui, elle pouvait également faire resurgir ses démons.

La bande s'était éloignée, sans que Randy ne prenne la peine de répondre à leurs dernières phrases, il avait repris son entraînement comme si de rien était mais je voyais à la tension de ses épaules qu'il était particulièrement agacé et que quelque chose d'autre dominait chez lui. Je m'étais avancé vers lui et mes doutes s'étaient confirmés, alors je l'avais envoyé régler ses affaires, l'entraînement pouvait attendre sans problème.

Après cette interview catastrophique le monde serein que je connaissais depuis 2 semaines avait viré à l'apocalypse, quand j'avais vu arriver Randy, je fus surpris au combien de sa présence et je n'étais pas le seul, Ben et Randy le furent aussi il avait suffi de voir l'étonnement sur leurs visages même si le moment avait été fugace. Tout avait plutôt bien commencé, quelques piques, quelques chamailleries et ce qui me fit plaisir une cohésion entre les deux garçons, ils se chicanaient mais l'espace de quelques réponses ils avaient été en symbiose parfaite, mais voilà tout avait basculé à nouveau. Il avait suffi d'une malheureuse question et un cratère s'était ouvert emportant tout sur son passage, Ben avait remis son masque d'indifférence et Randy n'avait pas compris encore une fois sa raison, ce qui eut pour résultat de l'énerver jusqu'à ce qu'il commette l'irréparable aux yeux de mon garçon. Le ton était monté d'un coup, le journaliste avait eu peur à juste titre car dans la salle se faisait face La Vipère VS L'Invictus, fini les personnalités de Benjamin et Randy, ils avaient fait place à deux guerriers prêts à tout même à s'entretuer. Alors que le pire était sur le point de se produire j'avais tourné la tête pour guetter la réaction de l'homme qui se trouvait à mes côtés, il affichait un sourire ravi, il semblait se délecter de ce qu'il voyait et entendait, c'était limite s'il n'applaudissait pas en plus, mon garçon avait raison cet homme était le diable en personne, McMahon n'était rien d'autre que la réincarnation de Belzébuth. A l'instant où les garçons se levèrent d'un bond et que Ben jeta son casque je ne tins plus et me précipitais dans la salle, je devais intervenir et vite avant que le volcan qu'était devenu Ben n'entre en éruption. Je parvins à calmer le jeu et Ben sortit furieux comme jamais, cette fois le lien semblait rompu à jamais, cette amitié qui aurait pu les unir était visiblement impossible à vivre pour eux, leurs caractères volatiles reprenaient toujours le dessus, ils étaient pourtant si complémentaires parfois. Ben n'avait que quelques secondes d'avance sur moi mais quand je sortis à mon tour il avait disparu, je connaissais les endroits où il pourrait être, mais je le laissais seul du moins pour un moment, il était blessé, blessé par les paroles de Randy, blessé que la mémoire de sa mère fut presque souillée de cette façon, Randy savait pourtant, il savait ce qu'il risquait à faire ça mais non en bon idiot qu'il était parfois il avait une fois de plus dépassait les limites et le résultat était là. Ben à coup sûr allait lui faire payer ces paroles, dans l'état où il était et surtout le regard qu'il avait lancé à Randy avant de sortir, j'avais su que maintenant Randy avait rejoint la liste des ennemis de mon garçon tout comme Heathen avant lui, mais voilà Randy n'était pas Heathen, il n'avait pas son expérience et sa robustesse, je devais essayer de temporiser Ben afin qu'il ne fasse pas à Randy ce qu'il lui à promit: mettre un terme à sa carrière.

3 jours étaient passés depuis cette confrontation, dès le lendemain j'avais été voir Ben chez lui, la colère n'avait pas baissé d'un pouce, ses yeux étaient toujours aussi sombres, il ne parlait pas se contentant de regarder fixement dans le vide, son corps s'exprimait pour lui et je savais pertinemment à quoi il songeait ou ressassait. Tout en lui reflétait la colère, signe que les paroles et le ton employé par Randy étaient toujours là, repassant en boucle dans le seul but d'alimenter un feu déjà bien entretenu. Malgré sa colère et ce qui approchait le plus de la haine, mon gamin était surtout blessé, il ne l'avait pas montré mais depuis l'hôpital, il voyait en Randy un garçon qu'il avait apprécié à ses côtés, ils avaient partagés beaucoup de choses en peu de temps et les blessures antérieurs de Ben avaient eu pour effet qu'il se construise un mur autour de lui, un mur que Randy avait été sur le point d'abattre. Aujourd'hui ce mur était à nouveau en place avec une hauteur supplémentaire et des barbelés en prime, il s'était à nouveau retranché derrière ce rempart pour préserver son cœur déjà trop meurtri. Il disparut quelques heures sans un mot et c'est un appel de Tom qui dirigeait une salle de sport de la ville qui me prévint que Ben était à nouveau à l'entrainement, je fonçais là-bas et constatais effectivement que mon Champion était au travail. Tom vint me rejoindre et nous regardions le champion enchainer les coups avec rage, rapidité et force, la salle n'était pas pourvue de grand-chose mais suffisamment pour Ben, il aimait travailler ici quand il était chez lui, revenir à des bases normales. C'était un hangar aménagé sur les bords du Bayou St Jean, un endroit où les gamins de la ville venaient s'entrainer dans l'espoir qu'un jour eux aussi auront la joie de pouvoir combattre comme leur idole. Malgré le fait que Ben était là tout proche d'eux, ils restaient à distance, le regardaient faire et admiraient à l'œuvre cet athlète qu'ils adulaient, la simplicité des lieux et des personnes présentes suffisaient amplement au bonheur de Ben, pas de faux semblants, juste de la sueur et du travail. Mon regard ne le quittait pas et ce que je voyais me faisait peur, il avait de nouveau cette fureur en lui, la même qui l'avait habité à chaque fois qu'il avait dû affronter Heathen, devant nos yeux se trouvait un jeune homme bien mais qui ne dégageait plus que brutalité, férocité et rage, plus rien ne pourrait l'arrêter dorénavant. Le conquérant était de retour avec pour seul mot d'ordre: battre et détruire son adversaire, j'aimais mon gamin mais le voir comme ça me faisait mal, je devais me contenter d'être présent à ses côtés et le regarder faire. Sa côté étant remise complètement il n'avait plus de restriction, aucune limite sauf les siennes et malheureusement 3 jours de ressassement avait pour conséquence qu'aujourd'hui plus aucune barrière ne se dressait entre sa haine et Randy.

Mon téléphone sonna et il me fallut quelques secondes pour sortir de ma torpeur, quand je vis le nom de l'identifiant, j'hésitais à répondre, mes yeux allant du l'écran à Ben, je reculais doucement dans un coin de la salle afin que personne n'entende la conversation et je décrochais, je devais savoir et surtout confirmer mes soupçons.

- Allô! Dis-je d'un ton mordant.