c'est nous que vlàààààààààààà (oui nous voilà en cet froid fin d'après midi.) glacial même brrrr, je ressors mon bonnet pompom (je vous épargne la photo hein. bon on fait vite ma couette m'attend allez zou.) Tu veux pas que je te rapporte un chocolat chaud? (si tu veux pas de soucis.) J'arriiiive, raaaaah le tapis, oups pardon ma titoune, il était pas trop chaud dis? ( Non et heureusement pour toi, maintenant t'as plus qu'à tout laver. bon vu que Lilou doit nettoyer ses bêtises, je vous annonce la suite des aventures de Randy et Ben, alors ce chapitre comporte...)* frotte, frotte frotte avec un air penaud* il comporte quoi dis? (euh bah je sais plus en faite.) Alzheimer précoce les amis, vous voyez dans quelles conditions je travaille moi? Je pense sérieusement à me syndiquer moi! (ouais on va y penser bon le principal c'est que les deux garnements soient dedans donc après...) Ils y sont donc on est bons! (bon bah voilà donc nouveau chap avec les chouchous. bonne lecture et puis bah à la semaine prochaine. moi je file sous ma couette il cailleeeeeeeeeeeee.) En même temps s'il en manquait un, ça voudrait dire que l'une de nous deux n'aurait rien foutu... c'est pas con ça, titouneeeeeeeeeeeee Randy prend une semaine de vacances et moi aussi mouhahahahahha ( d'accord bah vous vous débrouillez avec la lanceuse de cailloux, note pour elle: Ben et moi on reste fidèle au poste, je dis ça je dis rien.) pourquoi c'est toujours moi qui se fait eu à la fin? ( parce que tu t'avance toujours trop vite. allez saluttttt.) Pas faux, euh note à la lanceuse, pas de vacances, promis! byeeeeeeeeeeeee.
Allô?
... Coach...
Oui randy? Qu'est-ce que tu veux?!
Je... Je n'aurais pas dû appeler. Désolé je ... Vais vous laisser...
Pourquoi avoir appelé si c'est pour raccrocher si vite?
Je vois que je dérange.
A ton avis? Qu'est-ce que tu veux gamin ?
Randy marqua un temps d'arrêt, il devait se rappeler de notre dernière conversation, de la dernière fois que je l'avais appelé gamin et de son rejet de ce nom.
…Discuter un peu. Finit-il par répondre.
Discuter de quoi au juste?
La vache vous n'allez pas m'aider pas vrai!
Pourquoi je le ferais? Tu clames haut et fort n'avoir besoin de personne et surtout pas qu'on t'aide non ?
D'accord. Autant pour moi! Je savais bien que c était une idée stupide
Tu y es habitué non, ces derniers temps c'est pas ce qui te manque. Bon et si tu me disais enfin de quoi tu veux qu'on parle?
Au son de sa voix et à l'emploi de ses mots je savais parfaitement ce que le gamin voulait mais je n'allais pas lui donner la part belle, j'avais l'habitude avec Ben. Comme avec lui, je savais qu'à ce moment précis un duel faisait rage dans la tête de Randy, un duel entre fierté et abandon. Il se retranchait derrière sa fierté pour ne pas montrer ses faiblesses mais parfois quand le besoin était trop fort, il baissait ses barrières pour obtenir un peu d'attention et d'écoute, et visiblement il manquait cruellement d'écoute ces temps-ci. J'étais en colère contre lui certes mais je ne pouvais pas tourner le dos et me boucher les oreilles, je devais être à l'écoute et lui faire savoir qu'il pouvait me parler sans craintes d'être jugé faible pour ça.
Ben... Comment va-t-il? Demanda-t-il hésitant.
J'aurais pu lui demander, comme il l'avait lui-même fait, s'il venait aux renseignements pour son match face à Ben mais ça ne mènerait à rien, je savais parfaitement qu'il n'appelait pas pour ça, sa culpabilité se ressentait déjà bien assez sans la renforcer et je savais que Randy raccrocherait aussitôt si je remettais ça sur le tapis, alors à la place je répondis :
D'après toi comment il va hein?
J'ai foiré je sais coach. J'voulais pas ça.
Tu as foiré oui et dans les grandes largeurs ! A quoi tu pensais bon sang?
Je ne pense pas vous le savez bien ! Même Ben le dit!
Je retins un soupir agacé avant de lui dire sèchement :
Dis pas de conneries, gamin. T'es loin d'être con tu oublies juste de réfléchir avant d'agir!
J'fais que des conneries.
Ça c'est vrai petit, t'en fais presque autant que tu en dis, ça reste un exploit en soit !
J'entendis le petit rire amusé de Randy, très bref, si bref même qu'il sembla mourir avant même d'être né, il allait plus mal que je le pensais, la culpabilité devait le ronger autant que la colère consumait Benjamin, il fallait qu'on en vienne au fait et Randy ne le ferait pas de lui-même.
Pourquoi avoir évoqué la mère de Ben, Randy ? Tu savais ce que tu faisais en faisant ça, tu connaissais sa réaction pourtant, il t'avait presque tué la première fois déjà ! Je te croyais un peu plus respectueux et réfléchi que ça gamin ! Je comprends pas franchement, l'espace d'un instant pendant cette interview je vous avais retrouvé tous les deux, vous chamaillant tout en vous soutenant. Alors pourquoi t'as fait ça Randy? Pourquoi cet affront, hein pourquoi?
Je savais parfaitement pourquoi il avait fait ça, pourquoi il avait tapé là où ça faisait mal, dès leur 1ére rencontre, il avait sans le vouloir trouvé le point faible de Ben et une fois encore il s'en était servi pour le blesser sans véritablement le vouloir. Le match retour n'était qu'un prétexte futile, un faux semblant derrière lequel il s'était retranché pour dissimuler la vraie raison. Les paroles et le ton employés par Ben pour justifier son refus avaient eu pour effet qu'une fois encore la situation avait dégénérer par manque de compréhension. Randy avait été blessé, il devait croire que Ben l'avait snobé et se désintéressé de lui mais ce n'était pas le cas bien au contraire. Maintenant je voulais voir si comme mon gamin, Randy allait camoufler ses vrais sentiments derrière un motif autre que la réalité, tenter de sauver les apparences pour garder le masque de dur à cuir qu'il gardait en permanence ou si au contraire il serait celui des deux qui l'espace de quelques minutes ravalerait sa fierté. Ces deux-là s'étaient bien trouvés, ils se ressemblaient énormément et c'est ce qui leur faisait peur je pense, avoir en face de soi une personne presque similaire et complémentaire les faisait agir et réagir conformément, ils avaient plus en commun que je ne le pensais, plus qu'un simple lien. Seront-ils capable un jour de voir leurs points communs et la force qui en découle plutôt que de s'en servir pour blesser l'autre?
Je n'avais pas le choix, coach c'était le seul moyen d'obtenir ce match. Quant au respect, vous savez que j'en ai énormément pour lui, il est temps que je parvienne à gagner le sien et pour mon côté réfléchi, vous savez ce qui en est. Répondit Randy, confirmant mes impressions.
On a toujours le choix, si tu avais bien réfléchis tu aurais trouvé le moyen d'obtenir ton match, mais utiliser ça c'est minable, je suis déçu, cette fois prépare-toi à subir sa colère, elle sera au maximum.
Je sais Coach, l'Invictus brisera ma carrière, il me l'a promis.
On dirait presque que c'est ce que tu attends de lui.
Si ma carrière insignifiante doit disparaître en même temps que le microbe que je suis, autant que ça soit face au meilleur mais pas avant de lui avoir prouvé que j'étais au moins digne d'être respecté.
Randy, le respect de Ben tu l'avais quasiment acquis, il t'appréciait même, mais après cette interview, tu as tout perdu. Sois prêt gamin car cette fois, il ne te fera aucun cadeau !
Je raccrochais sur le silence de Randy, inutile de poursuivre cette conversation, elle ne mènerait nulle part et je ne pouvais pas laisser Ben sans surveillance dans son état de colère et de haine permanent, j'avais déjà bien assez consacré de temps à son adversaire même si au fond de moi, l'idée qu'il n'ait personne à qui se confier, personne à qui parler pour soulager sa conscience me faisait mal au cœur, qu'était-il arrivé à ce gosse pour qu'il refuse de faire confiance à qui que ce soit ? Ben était la seule personne qui commençait à pouvoir tenir ce rôle pour Randy et son rejet l'avait bien trop blessé pour qu'il garde son calme, il avait réagi à l'instinct, attaquant pour ne pas se laisser blesser davantage, là encore Ben et Randy étaient similaires. Mais au final, Randy souffrait davantage d'avoir blessé Ben que des propres blessures que lui avait infligées mon gamin.
Randy était parti depuis une bonne demi-heure maintenant, connaissant le haut potentiel de conversation du petit, sa conversation devait être finie depuis longtemps mais il n'était toujours pas revenu s'entraîner et ça commençait à vraiment m'inquiéter ! Les choses avaient dû plus mal se passer que prévu, j'avais senti que Randy était de plus en plus étrange depuis quelques jours, après sa colère quasi insurmontable de son retour, un autre sentiment avait dominé chez lui, chaque jour un peu plus fort, je n'étais pas sûr de ce que c'était mais ça semblait le ronger de l'intérieur et ses yeux rouges témoignaient de son manque de sommeil, il fallait régler ça rapidement ou il ne serait vraiment pas en état d'affronter l'Invictus dans une douzaine de jours.
Je quittais la salle à mon tour pour rejoindre Randy, s'il était toujours en ligne, ce dont je doutais fortement, je n'aurais qu'à faire demi-tour et s'il ne voulait pas me voir, et bien, il m'avait prouvé qu'il savait comment faire pour me chasser !
Randy gisait assis sur un banc, dos à la porte, les épaules basses, les coudes posés sur ses genoux, la tête baissée elle aussi, OK, j'aurais préféré avoir tort sur ce coup-là mais l'urgence était de prendre soin du gamin et de le remettre dans le bon état d'esprit pour son match, un sacré challenge pour moi, je préférerais plutôt me prendre un coup de sledgehammer de Hunter à la place mais on ne choisit pas toujours dans la vie !
J'avançais doucement dans la salle, je savais que Randy avait conscience de ma présence, je lui laissais juste le temps de l'accepter ou de la refuser, son immobilité totale ne me renseigna pas beaucoup mais au moins il ne m'avait pas éjecté en hurlant cette fois et je me laissais tomber sur le banc à côté de lui en retenant un soupir devant sa mine défaite.
Ça s'est pas bien passé ? Demandais-je en tentant de lancer la conversation.
Bravo, Taker, le roi des euphémismes ! Crétin va ! Me dis-je mentalement en voyant l'expression de Randy confirmer mes pensées. Randy marqua un long silence, je le respectais, inutile de le brusquer, il ne parlerait que lorsqu'il l'aurait décidé et je patientais en silence moi aussi.
Le coach est un chic type ! Finit-il par dire.
Je ne le connais pas plus que ça mais il en a l'air oui, c'est lui que tu es allé appeler ?
Hum hum. Confirma Randy.
Pourquoi lui ?
Je ne pouvais pas appeler Ben après le fiasco de notre interview, il n'aurait pas décroché ou il m'aurait décroché la tête et même si y a rien dedans, j'en ai encore besoin.
Elle est loin d'être vide, Kid, tu oublies juste de t'en servir de temps en temps.
Il m'a dit quasiment la même chose !
J'esquissais une moue approbatrice, ok, le kid avait raison, le coach était vraiment un chic type !
Il t'a percé à jour lui aussi alors !
Oui, je comprends pas pourquoi il continue à s'intéresser à moi alors que je suis devenu l'ennemi juré de Ben désormais ! Moi à sa place, j'aurais même pas décroché et lui m'a écouté, comme si, comme si ce que j'avais à dire était important.
Tu mens Randy, tu aurais décroché toi aussi et tu aurais écouté aussi, la seule chose qui t'a retenu d'appeler Ben c'est la peur qu'il refuse de t'écouter et qu'il mette un terme définitif à tes espoirs de réconciliation avec lui. Et ce que tu as à dire est toujours important Randy, ce vieux bonhomme l'a compris immédiatement, chapeau à lui.
Comment tu fais ça ?
Savoir ce qu'il y a dans ta p'tite tête ? ça m'a pris du temps mais n'oublie pas que je suis le Dead man ! Tentais-je de plaisanter.
Randy me sourit brièvement et mon cœur fit un bond, il y avait longtemps que je ne l'avais plus vu faire même si son sourire restait teinté de tristesse. Alors Randy me raconta tout, il parla plus qu'il ne l'avait jamais fait depuis que je le connaissais et je ne l'interrompais pas une seule fois, j'écoutais ses confidences avec attention et surprise, personne ne savait vraiment qui était Randy ! Il se cachait tellement derrière son masque de dur à cuir qu'il était devenu inaccessible, Ben était sa faiblesse, il avait entamé son bouclier et l'avait blessé, Randy n'avait plus l'habitude, il avait réagi excessivement pour se protéger d'une autre blessure et il le regrettait. Quand il eut fini, je pris la parole doucement :
Effectivement, c'était pas très classe de ta part et surtout ce n'était pas toi, je peux comprendre que tu étais en colère contre lui mais tu sais toi-même que tu as merdé, je suis persuadé que tu le savais avant même de lui balancer ça à la figure ! C'était une attaque trop violente en réponse à sa phrase surtout compte tenu de son histoire.
Le kid baissa encore plus la tête, pris en faute, il ressemblait vraiment à un gamin qui se faisait gronder en ce moment et je repensais à Ben, à sa façon de l'appeler le moufflet, ça m'amusait beaucoup car ils avaient le même âge à quelques mois près mais la maturité ne venait pas de leur âge, juste de leurs histoires et de ce point de vue-là, Ben était effectivement plus mature que Randy !
Ce n'était pas le moment de l'enfoncer davantage, il devait se ressaisir sinon on courrait droit à la catastrophe pour leur rencontre. Alors j'ajoutais :
Je comprends tes scrupules kid, ils sont tout à ton honneur parce que c'est ce qui fait de toi le bon gars que tu es mais pour l'instant tes remords t'affaiblissent et c'est vraiment pas le moment, tu dois être plus fort pour le vaincre, tes excuses pourront attendre ensuite et c'est seulement en lui donnant le meilleur que tu auras une chance de te rattraper et d'obtenir ce que tu veux de lui.
Randy releva la tête, son regard brillait davantage et je le bousculais en disant :
Allez viens d'entraîner, donne-lui le meilleur de toi, gagne son respect pour de bon et ensuite tu verras pour t'excuser mais avant ça, tu as du boulot devant toi !
Randy se leva, l'air déterminé et regagna la salle d'entraînement, il reprit à plein régime, le visage figé de concentration et je repris mon poste d'observation à quelques mètres de lui.
Je venais de raccrocher avec l'organisateur de la publicité, l'évènement qui se profilait serait d'une ampleur encore plus titanesque que ce premier match, le rematch de l'Invictus contre Randy Orton, la vipère ! Des millions à encaisser sur une seule soirée. Le premier match de Randy avait déjà été très rentable, bien plus que ceux qu'il faisait d'ordinaire et le nom de son adversaire n'y était pas étranger, Randy était un bon produit à lui tout seul mais bien en dessous de la valeur financière de Ben, il me le fallait à tout prix ! Grâce à cette interview, la pression était tellement montée entre eux que le match à venir serait explosif, le public était déjà fou, les demandes de place et de renseignements saturaient les sites depuis la fin de l'interview, elle avait bien failli dégénérer, un très bon coup de pub ça ! J'avais bien fait de ne pas prévenir les garçons et le coach de la présence de l'autre pour cette entrevue, la surprise avait été totale et ils avaient donné un bon spectacle à eux deux, ils auraient sûrement tout gâché si je les avais prévenu ! Randy était furieux après moi à sa sortie de la salle, je m'en moquais totalement, on ne devenait pas le roi du catch en se faisant des amis et en ménageant la sensibilité des uns et des autres, on ne peut de toute façon pas ménager la chèvre et le chou et pour ma part, Randy n'était rien d'autre qu'un chou à mes yeux, un chou très cher, offrant de gros bénéfices mais un chou ! Sauf que pour le coup, le chou était devenu ma poule aux œufs d'or, sans son entêtement ridicule à affronter Benjamin, je n'aurais sûrement pas eu de telles occasions ! Rien de mieux qu'une rivalité réelle pour faire un match, les combattants n'en sont que plus crédibles, plus acharnés, ils donnent du grand spectacle en cherchant à détruire l'autre et le public adore ça, plus le public aime, plus je gagne d'argent, l'état des catcheurs à la fin du match ne m'importe guère en réalité et pour ce match, la seule chose qui comptait était que le champion adversaire s'en sorte bien pour que je puisse le faire intégrer mon roster, si Randy ne s'en remettait pas, il ne serait qu'un dommage collatéral de plus dans l'histoire de la WWE, un chèque de plus à signer avant de passer à autre chose. Tant qu'il m'apportait plus d'argent que je pourrais ensuite utiliser pour acheter Benjamin, ça me convenait !
Après cette interview de merde à laquelle je n'aurais jamais dû assister sans en connaitre tous les protagonistes, j'étais entré dans une colère sans précédent même mon explosion de rage face à Heathen faisait pale figure à côté. Sorti du studio j'étais allé évacuer ma rancœur dans la salle de Willy, j'étais surveillé bien sûr mais je m'en foutais à ce degré de fureur qui m'habitait personne ne m'approcherait ni me parlerait, j'étais hors contrôle, hors limite, personne ne pouvait apaiser l'agressivité qui m'avait envahie, j'étais le seul à pouvoir tempérer toute cette aigreur. Passé ce jour de déchainement, j'avais ruminé comme un dingue le lendemain, ne pas pouvoir pleinement me libérer de toute cette tension me rendait fou, m'entrainer était le seul moyen que j'avais pour rester maitre de moi-même. Le matin du 3e jour je fonçais donc chez le doc et j'en ressortis le sourire aux lèvres, j'avais enfin cette putain d'autorisation, mes côtes étaient parfaitement remises et je pouvais enfin me remettre au boulot à 100%.
Je regagna la salle de Willy pour me remettre au boulot, j'avais 13 jours pour canaliser cette haine afin de ne pas tuer ce connard en 2 prises, mettre au point mon match et mes prises et botter le cul de ce minable en deux deux. L'espace de quelques jours passés à ses côtés j'avais baissé mes barrières, je l'avais en partie intégré à ma vie, tissé avec lui ce qui aurait pu être le début d'une amitié plus qu'improbable, mais il avait tout détruit en quelques mots. Je m'en voulais d'avoir était faible, d'avoir cru l'espace de quelques jours que ce fichu lien dont le doc et le coach parlaient existé, j'avais été naïf et je me retrouvais aujourd'hui avec une nouvelle blessure de plus à mon actif. J'avais suffisamment morflé dans ma vie pour ne plus accepter que ça se reproduise, fort de cette nouvelle résolution je me fis la promesse de ne plus jamais laisser personne m'approcher comme il l'avait fait, je remettais mon masque de dur et repartais au combat.
La salle n'était pas pourvue d'un grand équipement, mais elle avait juste ce qu'il me fallait, des sacs de frappe, des poids, des barres, l'essentiel pour moi, j'étais un gars simple avec des besoins minimes. J'aiguisais mon corps à nouveau, le poussant au-delà des limites, allant toujours plus loin, peu importe la souffrance et les heures, j'étais au sommet et j'allais y rester. Au fil des jours mon corps commença à changer, ma silhouette prenait encore plus d'ampleur, mes coups étaient plus forts, plus rapides et plus incisifs, mon esprit était plus clair, j'étais à nouveau maitre de mon corps et parfaitement lucide, le guerrier que j'étais avant de le rencontrer était de retour cette fois bien plus redoutable. Ma maitrise retrouvée, mon nouvel objectif défini, j'étais motivé comme jamais, cette fois plus de retenue, j'allais lui foutre une branlée monumentale, une de celle dont on ne se relève pas, j'allais exterminer cette vermine pour de bon.
Alors que j'affutais mon corps, mon esprit était lui aussi sur la route de la vengeance, je n'allais comme à chaque fois rien laisser au hasard, mes règles et mes conditions, je n'avais aucun doute que ce cher McMahon allait tout valider après tout, combler mes désirs semblait le ravir alors soit qu'il en soit ainsi. J'allais habillement me servir de son avidité pour obtenir ce que je voulais, il se croyait fort et malin mais comme son trouffion, il n'avait pas le niveau face à moi, j'allais faire d'une pierre deux coups, battre sur mon terrain son soit disant champion en carton-pâte et remettre dans sa boite le diable qu'était McMahon. Tous deux allaient apprendre ce qui serait sans doute la plus grande des leçons, quand on se frotte à l'Invictus on en ressort boursoufflés et meurtrit, j'allais frapper là où ça fait mal pour chacun d'eux, pour l'un: son égo, et pour l'autre: son portefeuille. La date limite approchait et aucun des deux n'aurait ce qu'il veut à savoir, moi, j'allais en finir avec chacun d'eux et les rayer de ma vie à laquelle ils n'auraient jamais dû avoir accès. A la fin de cette journée j'avais mon plan d'action, il était parfait, il ne restait plus qu'à le divulguer à mon coach pour que les dispositions soient prises, une fois que ça serait fait j'aurais un autre point à régler avant d'en finir avec Orton.
Otunga fonçait vers moi tête baissée, je l'observais avec indifférence, ce qui paraîtrait comme du dédain aux yeux des spectateurs mais ce match n'avait aucun intérêt pour moi, je me contentais de me déplacer d'un pas pour le laisser passer à côté de moi et s'encastrer lui-même dans le poteau ! Quel idiot, cette rencontre n'était qu'une simple formalité pour moi, Otunga n'était pas un adversaire intéressant, pas même un tant soit peu doué et sa manie de se plonger dans un bain d'huile pour monter sur scène m'exaspérait, ça le rendait glissant et augmentait le risque de mal porter les prises d'autant que ça le rendait encore plus ridicule qu'il ne l'était à l'état naturel bien que je ne croyais pas ça possible à la base. J'utilisais moi-même de l'huile mais pas en de telles quantités, elle me rendait beau aux yeux des femmes, un sex symbol, une icône mais ce soir je me moquais de tout ça, j'avais bien mieux à faire que ces pitreries, 8 minutes 15 pour ce match ? Il allait m'en falloir de la patience pour combler les manques de ce guignol ! Je pouvais lui régler son compte en moins de deux minutes avant de commencer à m'entraîner pour Ben, désormais un seul coup me suffirait à l'étaler, je ne sais pas quelle patte il avait graissé pour obtenir un match aussi long contre moi, le champion de la WWE compte tenu de son niveau mais c'était ridicule ! A moins que MacMahon ne cherche à exacerber encore un peu plus mon agressivité en ne me donnant que des adversaires de seconde zone pour mes matchs. Je me faisais soudain l'impression d'être Ben à toiser ainsi mes collègues, ok Otunga était nul et il m'avait toujours agacé mais je ne l'avais pourtant jamais autant pris de haut ! Ben ne quittait pas mes pensées, je n'avais pas vraiment besoin de mon esprit pour gagner cette rencontre de toute façon ! Je me demandais s'il était devant sa télé ce soir aussi et s'il regardait mon match en me trouvant toujours aussi ridicule ! Bien que sa colère à mon égard devait l'empêcher de m'admirer jouer les marionnettes en face d'un pantin, il devait plutôt être en train de jeter des fléchettes sur un de mes posters au fond de sa salle d'entraînement, je ne pus m'empêcher de sourire devant cette image et Otunga se demanda la raison de ma soudaine hilarité. Je jetais un œil à l'arbitre pour savoir combien de temps encore je devrais faire ses pitreries avant de lui régler son compte et décidais qu'en fin de compte 3 minutes c'était encore beaucoup trop long ! Mon poing alla le cueillir juste sous la mâchoire et il s'effondra inconscient, je ne pris même pas la peine de le couvrir, je restais debout, immobile tandis que l'arbitre était forcé de me déclarer vainqueur par KO à son grand mécontentement ! Désolé les mecs mais j'ai mieux à faire que ces conneries !
Je quittais le ring pour me faire alpaguer par Matt Striker et ses questions stupides, j'étais pas tellement d'humeur pour ça non plus après la conversation téléphonique que j'avais eue avec le coach quelques jours plus tôt mais je ne pouvais décemment pas tout envoyer balader alors je m'arrêtais pour lui répondre. Je bâclais les réponses à ses premières questions, on me les avait déjà trop souvent posées mais lorsqu'il aborda le sujet du match et de l'interview, je me concentrais de nouveau sur lui et je saisis la balle au bond :
L'interview s'est assez mal finie oui, pas par manque de préparation il n'y en a pas eu du tout, disons que tomber dans un piège ne facilite pas vraiment les choses non plus ! Les relations entre Ben et moi ont toujours été tendues et cette petite rencontre improvisée l'a une fois de plus prouvé mais il y a tout de même une chose que je regrette profondément, c'est la façon dont s'est terminée cette interview et tout particulièrement les propos que j'ai pu lui tenir, ils étaient indignes d'un champion mais surtout indignes de moi, Ben, je ne sais pas si tu m'écoutes, mais je tiens à te dire que je suis vraiment désolé pour ça, je ne te demande pas ton pardon ni ta clémence en retour, je voulais juste que tu saches que le connard pathétique que je suis regrette vraiment d'être aussi con.
Sans attendre, je tournais les talons et plantais Stricker et son micro avant de disparaître dans les couloirs.
J'étais de nouveau à Détroit, la confrontation approchait et j'avais encore des choses à régler avant d'en finir avec Lui, mes exigences avaient été transmises et validées, je pouvais me concentrer uniquement sur le côté physique maintenant. Pour cette partie la rage qui m'encombrait me donnait un surplus de force qui avait fait grimper mon 100% à un beau 200%, j'étais habité d'une force et d'une rage surhumaine. Fort de cette puissance je m'étais même remis à un exercice que j'avais peu pratiqué ces derniers temps, mais m'y remettre avait été facile et surtout cette pratique avait du bon, je fortifiais encore plus mes muscles, j'étais encore plus concentré que d'habitude et j'exultais, cette discipline exigeait une endurance, une concentration et une fermeté de tout instant. De plus je n'avais pas besoin de grand-chose juste d'une barre, à l'origine c'était une discipline de gymnastique mais centrait uniquement sur l'utilisation de cette fameuse barre, vous devez vous demander de quoi je parle hein, ce sport s'appelle le Bar Brothers. Je consacrais bien 2 bonnes heures à cette pratique, mes biceps, épaules et abdos se raffermissaient au fil des heures, puis fini cette partie j'intensifiais le reste de mon corps, j'étais à nouveau une machine de guerre sans scrupule et avec pour seul but détruire et gagner. Je profitais de ces heures où ma concentration devait être au maximum car durant ce laps de temps au moins mon esprit me laissait du répit, la nuit était une autre histoire. Je dormais peu, ses dires revenaient sans cesse me hanter et je me réveillais plus furieux que la veille, alors pour anesthésier ma mémoire je m'épuisais volontairement, je ne voulais plus entendre sa voix, voir son visage et percevoir ses insanités, je voulais juste qu'il sorte de ma vie et de ma mémoire. Cette trahison me restait en travers de la gorge, j'avais baissé mes barrières pour être purement et simplement poignardé dans le cœur, il allait payer, payer pour avoir eu l'audace d'évoquer ma mère, payer pour son insolence mais surtout payer pour s'être joué de moi, il pensait me connaitre et savoir comment j'agissais mais il se trompait, personne ne le savait même pas moi. Chaque jour qui passaient je me découvrais un peu plus et j'étais loin d'avoir fait le tour de mes capacités. Encore une journée d'entrainement acharné car demain je réglais l'avant dernier point avant de passer au final, j'avais pris des dispositions derrière le dos de mon coach chose qui à coup sûr n'allait pas lui plaire, mes oreilles allaient chauffer mais qu'importe je devais le faire et ça me permettrait de refouler le ring. J'étais fou aux dires des organisateurs, c'est vrai que c'était pure folie de faire ça, je risquais de me blesser mais je m'en foutais comme de ma 1ére dent, oui j'étais fou, fou de douleur, de haine et de colère, et cette folie ne me quitterait qu'une fois ma vengeance accomplie.
Comme prévu mon coach eu vent de mes actions et je m'en pris plein la tête, passant de: T'es cintré ou quoi ? A Tu veux retourner à l'hosto c'est ça? Pour finir par Je croyais que tu voulais être au top pour défoncer Randy! Mais devant mon manque de réaction à ses paroles il avait une fois de plus capitulé, le pauvre ne savait plus quoi dire pour stopper ma fureur, Pardon coach! Pensais-je, mais je devais le faire pour redevenir le gamin que vous connaissez et aimez tant.
L'heure était venue, je remontais sur le ring, devant mon public, l'Invictus revenait en force pour assurer le show. Je n'allais pas me contenter d'un combat et hop au dodo, non ce soir j'avais pas moins de 3 combats à faire, avec 15 minutes d'intervalle entre chaque, du jamais vu, personne n'avait fait ça avant moi ce soir, et ce n'était pas la seule surprise que j'avais en réserve, ces adversaires je les avais déjà affrontés et vaincus, mais ce soir serait différent, j'allais leur montrer qu'on ne joue pas sur mes plates-bandes sans en subir les conséquences. Ils allaient payer pour ça, je m'étais renseigné sur le temps que j'avais mis pour les battre et décidé de le réduire de moitié, ça sera brutal, expéditif et humiliant à souhait.
Mon 1er adversaire était sur le ring quand ma musique retentit, la foule était déchaînée, putain que ça faisait du bien de revenir et d'être accueilli comme ça, tout en avançant lentement vers le ring, je puisais la force du public pour augmenter ma rage. Je monta et salua le public et je retourna faire face à Anderson, avant que l'arbitre lance le match je désigna l'écran géant au-dessus de la rampe, un compteur afficha 5 minutes, Anderson regarda sans bien comprendre ce que ça voulait dire et je lui souris, Tu vas pas tarder à comprendre tête de nœud! Pensais-je avec un sourire narquois.
La cloche sonna et j'attaquais direct et violemment, il fût déstabilisé pour le moins. Mes coups étaient rapides, vifs et puissants comme jamais, il n'avait pas le temps de se remettre sur pieds qu'il était à nouveau à terre, son regard était rempli d'incompréhension, je n'avais jamais agi comme ça et il avait perdu ses repères, alors qu'il tentait une fois encore de se relever, je l'agrippa à la gorge et le releva brutalement, voyant mes yeux, il croassa:
- Qu'est ce qui t'arrive? Pourquoi t'es fumasse comme ça?
Je ne pris pas la peine de répondre et tourna sa tête vers l'écran il affichait 4m55, je le lâchais et d'un coup je lui explosais la tronche sur le ring et me mit sur lui. L'arbitre fit le décompte et à la 3ème tape ma victoire fut validée et le compteur arrêté, 5 minutes ! Voilà le temps qu'il m'avait fallu pour en finir avec lui. Je quittais le ring pour aller me reposer avant mon 2ème match.
Le temps de mon 2ème combat arriva et comme pour Anderson, mon adversaire était déjà présent sur le ring quand une fois de plus ma musique se déclencha, le public était mitigé, entre folie et incompréhension mais la folie domina. Je gagnais de nouveau le ring et ne prit pas la peine cette fois de saluer le public, je me plaçais directement devant Franky et lui désignais à lui aussi l'écran. Le regard qu'il afficha marqua sa stupeur, il comprit que pour lui aussi le temps serait compté. A nouveau la cloche sonna et comme précédemment j'attaquais de suite, prises sur prises, coups sur coups, pas de pause, j'enchainais comme un dingue, comme un coureur sur la ligne d'arrivée. Franky se releva difficilement et je pris quelques infimes secondes pour voir le chrono 6 min 50, il suivit mon geste et tenta de me raisonner:
- Punaise Ben mollo! C'est à cause du môme c'est ça, je savais pas qu'il était ton protégé!
Il signa la fin du match avec ses dires, je l'explosais à son tour face contre terre et comme précédemment le code pin fût validé et le compteur stoppé sur 7 minutes. Je sortis du ring le laissant inconscient mais alors que je regagnais ma loge je repensais à ses paroles, il était peut être con et féroce mais lui avait visiblement réfléchi au pourquoi, pas si stupide que ça alors.
La fin du show était venue et par conséquent la fin de ma nuit de folie, mon 3ème et dernier adversaire entra sur le ring avec visiblement de l'inquiétude, qui sait ses petits copains l'avaient probablement orienté sur le nom de son adversaire. Pour la dernière fois ma musique résonna encore et là ce fut une explosion, du gros délire, le public était hystérique et mon adversaire lui consternait, ses doutes étaient confirmés, lui aussi allait subir ma colère mais avec un léger bonus. Le tintement de la cloche résonna et Collins se recula, mais je le regardais et sourit sournoisement, j'avais décidé que pour lui j'allais mettre un peu plus de temps, il se lança quand même conscient qu'il n'avait guère le choix. J'esquivais ses prises, lui rendit les coups qui eux atteignaient leurs buts le clouant au sol, je tournais autour de sa carcasse comme au fauve qui n'a rien bouffé depuis longtemps. Cette image me correspondait bien, j'avais été éloigné des rings et avait une envie de combat énorme, il se releva et voyant que je me dirigeais lentement vers lui il mit ses mains devant lui, je lui chopais le poignet droit et serra, il tomba à genoux sous la douleur que je lui prodiguais. Il regarda son poignet et comme Franky comprit le pourquoi à son tour:
- Putain Ben arrête! Je suis même pas allé jusqu'au bout avec le microbe, tu m'as même pas laisser le finir.
Mes yeux face aux siens lui fit prendre conscience de son erreur à lui aussi, sa phrase à peine fini, je lui pétais le poignet droit, ses cris de douleurs résonnèrent dans la salle, assimilés à celui de choc du public. Dernier coup d'œil au chrono de la soirée et je mis fin à ce déluge de colère, les comptes étaient réglés, mon message passé je pouvais me déplacer vers mon ultime but. Je sortis du ring et remonta la rampe m'arrêtant sous le chrono qui affichait 11 min, un dernier regard à Collins qui se tenait le poignet submergé de douleur et je sortis pour de bon mon 1er plan s'était déroulé à la perfection et sans accro, j'avais même eu un petit élan de colère supplémentaire grâce à leur tentatives pitoyables pour m'amadouer mais leurs paroles n'avaient eu que l'effet contraire. Je regagnais ma loge croisant mon coach qui affichait un regard incertain, je baissa pour la 1ére fois de la soirée les yeux, voir cet effarement dans ses yeux calma directement ma jouissance, il semblait déçu de mes actions et je devrais surement encore une fois justifier ça, mais pour le moment je voulais juste être seul.
Je finissais tout juste de m'habiller, la tension évacuée, il ne restait que la fatigue et la lassitude, alors que j'étais assis sur mon banc, le déroulement de la soirée repassa au ralenti devant mes yeux, la conclusion était synonyme du mot Parfait. La porte s'ouvrit doucement et je vis du coin de l'œil mon coach entrer, il referma la porte et resta là, ne voulant sans doute pas être trop proche de moi après ce que je venais de faire, cette conclusion me fit un peu mal, il n'avait jamais réagi comme ça.
- Maintenant que c'est fini, tu vas me dire pourquoi ce cirque? Pourquoi ces matchs?
- J'avais besoin de me faire les dents, revenir sur le ring avant la semaine prochaine rien de plus.
- Me prends pas pour un con gamin je suis pas d'humeur, ce que tu as fait ce soir était...
- Époustouflant, je sais !
- Débile, c'était débile voilà ce que c'était, alors pourquoi? Tu aurais pu être blessé avant même de pouvoir confronter Randy et mettre le point final que tu attends alors pourquoi?
- Vous voulez savoir pourquoi je vais vous le dire! Ma colère monta à l'énonce de son prénom
- Je voulais remettre de l'ordre et faire passer un message et je l'ai fait, remettre ces 3 connards en place pour avoir été assez stupides d'affronter un trou duc sans importance et sans envergure. Et je voulais aussi montrer à ce connard ce qu'était un Champion, ce qu'est un combat, ce qu'est un lutteur accompli et ce dont il est capable, ce merdeux ne tient même pas le temps d'un combat, là il verra de quoi moi je suis capable. Il m'a sous-estimé et va en payer le prix fort, il est hors de question que sa pathétique excursion dans ce milieu reste dans les mémoires de qui que ce soit sauf la sienne. Il a cru que j'allais rester sans rien faire et bien il a eu tort, je l'ai remis à sa place à savoir nulle part et je vais faire en sorte qu'il y reste pour de bon. Maintenant je vais rentrer à l'hôtel me reposer, la soirée a été certes gratifiante mais en même temps épuisante, et je veux reprendre le maximum de force pour lui régler son compte définitivement.
Je me levais d'un bond, prit mon sac et me dirigea furieux vers la porte, mon coach s'écarta ahuri de ce que je venais de lui dire et de quelle façon surtout, il était choqué de ce déferlement de haine, mais il m'avait poussé à bout. Je sortis rapidement et regagna ma voiture, merde à la fin j'avais fait mon job et on venait me faire chier avec ce ringard de 3ème zone, il allait sérieusement falloir qu'on arrête de titiller mes nerfs parce que sinon j'allais faire un carnage sans précédent.
Mon gamin venait de sortir furieux de la salle, instinctivement j'avais reculé pour le laisser passer même si je savais qu'il ne lèverait jamais la main sur moi, mais il était à bout et mon instinct de survie avait pris le dessus. Je savais qu'il me mentait, qu'il ne m'avait pas dit la vraie raison, il ne le fera jamais c'était certain, mais entendre ses mots et le ton employé ne laissait aucun doute sur son ressentiment. Cette révélation me fit encore plus peur pour le match qui allait l'opposer à Randy, il serait brutal et j'avais peur pour eux car aucun n'en ressortirait indemne, blessures physiques et psychiques allaient se juxtaposer, ne laissant rien d'autre qu'un énorme gâchis !
Kid, fais une pause.
Quoi ? Tu plaisantes ? Pas déjà ? Je viens à peine de commencer !
Je sais mais faut que je te montre un truc !
Ça peut pas attendre ?
Non, c'est important.
Ok.
Je posais mes haltères au sol et suivit Taker hors de la salle, intrigué plus qu'agacé, Mark n'aurait pas interrompu mon entraînement à 6 jours du match le plus important de ma carrière sans une bonne raison ! J'entrais dans une salle de diffusion à sa suite, il n'y avait que lui et moi dans cette pièce ainsi qu'un écran de télé allumé attendant de pouvoir diffuser. Je levais un sourcil interrogateur vers le Dead Man qui me fit signe de m'asseoir avant de lancer le film. Aussitôt le visage de Ben apparut à l'écran et je me crispais violemment, la dernière fois que je l'avais vu, son visage était un masque de haine pure, le mot meurtre brillait dans ses yeux, cette vidéo datait de la veille d'après la date affichée dans le coin en bas et son expression n'avait pas changé d'un pouce en surface mais dans ses yeux je voyais pourtant la blessure que je lui avais infligée se refléter dans leur noirceur d'encre.
Ben avançait dans les vestiaires sous l'œil de la caméra tandis que la musique de son adversaire retentissait, j'avais déjà entendu cet air mais je n'arrivais pas à me souvenir d'où jusqu'à ce que je vois le lutteur adverse apparaitre sur l'écran, Anderson ! C'est quoi ce délire ? Pourquoi Ben affrontait-il Anderson hier ? C'était un de ses tout premiers adversaires, ça datait de loin pour lui et ce n'était pas de son niveau, bien loin de là d'ailleurs.
J'observais attentivement la démarche de Ben à la recherche de la moindre petite gène, je n'en trouvais aucune et je devais admettre qu'il avait l'air en très grande forme, mieux encore qu'avant son match contre Heathen, je me demanda soudain si je devais être flatté ou terrifié du travail d'entraînement intensif qu'avait fait Ben pour notre match mais je repoussais la question en observant le match démarrer. Ben tourna la tête vers un écran chronomètre, je l'avais aperçu brièvement pendant son entrée sur le ring mais maintenant j'avais le temps de voir le temps affichait dessus et l'intérêt que Ben lui portait. 5 minutes ? Ok, c'était jouable face à Anderson, moi il m'en avait fallu.. moins de 8 pour emporter la rencontre. Par contre ce que je n'avais pas prévu c'est qu'il se montrerait aussi brutal face au pauvre gars, Anderson était pourtant un gars réglo lui, il l'avait joué à la loyale d'un bout à l'autre avec moi. Ben le saisit par la gorge et je laissais glisser moi-même mes doigts sur ma gorge à l'éveil de ce souvenir, je vis les lèvres du type remuer sans que la caméra ne parvienne à saisir le sens de ses mots mais je ne ratais pas la noirceur encore plus profonde du regard de Ben avant qu'il n'explose la tête de son adversaire sur le ring, compte de 3 sur compte à rebours, Ben avait calculé chacun de ses gestes pour finir la rencontre au moment exact de la fin du chrono. D'accord, ça donnait à réfléchir ! Ben quitta le ring et je me levais pour quitter la pièce mais Taker posa sa main sur mon épaule pour me faire rasseoir en disant :
Attends c'est pas fini.
Une coupure signalant un raccord apparut avant de livrer une nouvelle fois la place au ring de Détroit, Franky la brute se trouvait sur le ring, attendant nerveusement son adversaire, le chrono était toujours là aussi ne fus-je pas surpris de réentendre le thème musical de Ben même si je ne comprenais pas vraiment ce qu'il cherchait à faire en faisant ça. Les battre en un temps record, ok, ça j'avais compris, j'étais pas aussi stupide que j'en avais l'air selon ce champion-là mais quel était le message caché derrière ça ? Il cherchait à m'humilier une fois encore ? En prouvant qu'il pouvait les battre plus vite que moi ? Qu'il était le meilleur de sa catégorie ? Je le savais ça aussi ! Je n'aurais pas fait des pieds et des mains pour pouvoir affronter le second, je voulais le meilleur et personne d'autre mais s'il réaffrontait ces types là, ce n'était pas par hasard et la colère refit surface en moi lorsque je le vis toiser Franky en souriant d'un air mauvais tandis que son regard se portait une nouvelle fois sur le compteur, il aimait ça mépriser les autres visiblement ! J'allais lui apprendre à considérer les autres à leur juste valeur, l'Invictus allait enfin apprendre le respect face à moi ! Je ne laisserais pas passer cet affront sans réagir cette fois ! Son arrogance suintait de lui comme la merde qu'il était, je voyais le message s'affichait en grand au-dessus de sa tête de con, « Je suis un grand champion, tu es une merde, regarde comment je combats ! »
Ben se montra aussi violent que lors de son premier match et je ne le reconnaissais pas, quelque chose clochait, Ben n'était pas comme ça sur le ring d'ordinaire, il faisait de ce match sans intérêt pour lui quelque chose de personnel et seul Heathen et moi pensais-je avec un temps de retard avait eu le droit à ce type de « faveur » alors quoi ? Qu'est-ce qu'il avait à leur reprocher à ces types ?
Franky se fracassa au sol une fois de plus et je grimaçais en lâchant : « Punaise, Bennychou, t'as tes règles ou quoi ? » Taker rit doucement à côté de moi et je soupirais en pensant qu'il y a quelque temps, je lui aurais dit ça en face sans sourciller, c'était hors de question désormais. Le match touchait à sa fin lui aussi, comme Anderson, Franky tenta de lui dire quelque chose et finit écrabouillé sur le ring ! « Fermez-la les gars » dis-je à voix haute tandis que le compte de 3 se terminait, l'arbitre déclara Ben vainqueur et il quitta le ring de nouveau. Cette fois, je tournais la tête vers Taker sans me lever pour lui dire : « C'est pas fini n'est-ce pas ? » Le vétéran me confirma que non et je tournais de nouveau la tête vers l'écran, inutile d'avoir faire Harvard pour savoir qui serait le suivant sur la liste !
Lorsque la caméra capta le visage mort de trouille de Collins sur le ring, mon estomac se tordit, j'étais partagé entre deux émotions pour lui, ok ce mec était un sadique total qui méritait de compter ses dents sur le tapis du ring avec une loupe mais le voir aussi paniqué à l'idée de devenir la 3ème et dernière victime de Ben me déplaisait, je n'aimais pas la cruauté gratuite et Ben allait s'abaisser au niveau de ce monstre ce soir. A quoi bon ? Avais-je envie de lui crier mais comme de toute façon il ne me répondrait pas, je me contentais de laisser le match se dérouler sous mon regard impassible si tant est que cette boucherie puisse porter ce nom. Il avait prévu plus de temps pour Collins, comme s'il se réservait le meilleur pour la fin, vu qu'il ne m'avait pas laissé l'occasion de l'affronter, il pouvait difficilement prouver sa suprématie sur moi dans ce match. Et je ne voyais que moins encore l'intérêt de cette mascarade. Son égo était-il si démesuré qu'il fallait que tout se rapporte à lui, qu'il efface la moindre trace de mon passage, avant d'effacer celle de mon existence ?
Ben se montrait encore plus brutal qu'avant contre Collins et je ne pus m'empêcher de souffler un « pas si dur » en entendant l'homme crier de douleur après un énième vol plané, j'ignorais le regard de Taker sur ma nuque tandis que je regardais Collins tendre les bras devant lui comme pour empêcher Ben de l'approcher une nouvelle fois mais ce dernier s'empara de son poignet droit et je me raidis en attendant la suite inévitable, Collins dit quelque chose à son tour, Ben fit pression sur l'articulation qui se brisa dans un craquement sec parfaitement audible et écœurant, je blêmis en disant d'une voix blanche : « C'est à cause de moi tout ça ? » Le Dead Man se tourna une nouvelle fois vers moi mais je l'ignorais perdu dans mes pensées et si Ben avait fait tout ça pour moi ? Pour me venger ? Qu'est-ce que ça signifiait ? Qu'est-ce que ça impliquait surtout ? Je donnerais toute ma fortune sans hésiter pour savoir ce qu'il y avait dans le cerveau de Ben à cet instant-là ! Mais je me faisais sûrement des illusions, Ben me haïssait, il n'aurait pas fait ça pour moi, pas après cette interview de malheur, il faudrait que je règle mes comptes avec cette pourriture de McMahon après que tout ce cirque soit fini d'ailleurs ! Non Ben, n'avait pas voulu me venger, aucune chance, juste se la jouer une fois de plus, pour changer ! Et je quittais la salle pour reprendre mon entraînement. Ben était furieux et hautement instable, c'est noté Taker, compte sur moi pour être pire que lui alors !
J'étais allongé sur mon lit enfin au calme et heureux de pouvoir bénéficier d'un peu de repos, faut dire qu'une fois encore je n'y était pas allé de main morte ce soir, j'avais frappé un grand coup et fait ce que personne avant moi n'avait accompli. Je n'étais pas vaniteux ni prétentieux, rien de tout ça, non j'avais juste regroupé en un bloc un soucis que je devais régler au plus vite. Maintenant que c'était fait, j'allais pouvoir donner pleine mesure dans le dernier objectif que je m'étais fixé involontairement, mettre les barres sur les "T" et points sur les "I" définitivement. Mais pas ce soir, non ce soir j'allais laisser mon corps au repos et tenter d'en faire autant avec mon esprit, cette dernière partie n'étant pas gagné d'avance. Fort de cette résolution je m'apprêtais à éteindre les lumières pour sombrer dans un sommeil réparateur mais une personne en avait décidé autrement, de légers coups frapper à ma porte avec insistance ne me laissèrent pas d'autre choix que de me lever et d'ouvrir. Je fus surpris de voir mon coach sur le seuil, sans un mot il entra dans ma chambre, aucunes paroles ne fut prononcée mais je savais par expérience que la conversation sera unilatérale, il fallait que je laisse mon coach sortir ce qu'il avait sur le cœur sans rien dire. Il alla se poster devant ma télé m'invitant d'un signe de tête à m'asseoir ce que je fis, après tout je n'avais rien à perdre.
- Je ne vais pas te prendre trop de temps, mais tu dois voir ce qu'il y a sur ce DVD après je te laisserais.
- Je suis fatigué coach, on peut pas remettre cette petite séance vidéo à demain?
- Non on peut pas alors tu la regardes point.
Sur cette phrase il mit le DVD et appuya sur play, je fixais l'écran mais d'un coup quand l'image apparut ma colère remonta en flèche, c'était une putain de blague, à quoi il jouait, il venait me faire chier pour me montrer une vidéo de ce connard. Je me levais d'un bond désireux d'éteindre la télé et d'exploser ce DVD, je me foutais de ce qu'il comportait, je ne voulais plus rien avoir avec lui.
- C'est une blague, vous venez ici avec ce truc et espérez bêtement que je vais regarder comme un con. J'en ai rien à foutre de ça, je me fous de ce qu'il dit c'est clair, J'arrive pas à croire que vous ayez eu la stupidité de venir ici pour me faire voir ça! On change de camp Coach? Qu'est-ce qu'il y a vôtre nouveau protégé a besoin de votre aide et vous avez mis au point ce petit scénario et cette interview pour que je lui défonce pas sa gueule de minet c'est ça hein? Maintenant si vous tenez tant que ça à lui je vous conseille de reprendre votre film et de sortir avant que ma colère n'atteigne un point de non-retour, allez appeler ce trouffion et annoncez lui que votre plan a foiré et qu'il soit prêt car moi je le suis. Je vais lui démonter la gueule façon puzzle 10000 pièces et les parsemer aux quatre vents, ce connard ne sera plus qu'un vulgaire et pathétique grain de poussière quand j'en aurais fini avec sa carcasse.
- Benjamin, tu t'assois et tu regardes, après ce que tu as fait ce soir et la trouille que tu m'as foutue tu me dois bien ça. Eh oui tu m'as fait peur, je ne t'avais jamais vu comme ça et tu n'avais jamais eu la stupidité de transférer ta colère même par regard sur moi, alors je te le demande regarde et écoute pour moi gamin. Ce n'est pas un plan comme tu le prétends, je ne change pas de camp non plus et t'entendre le dire me fait mal, tu me connais pourtant je suis aussi loyal que toi. Toute cette histoire te transforme et je n'aime pas ça, je veux retrouver mon gamin c'est tout ce que je veux moi tu comprends, et pour info cette vidéo ne date pas d'aujourd'hui mais d'hier. C'est pour toi que je fais ça, pour j'espère que tu retrouves un semblant de calme et d'apaisement, regarde juste s'il te plait.
A l'entente de mon prénom complet j'avais eu un choc, je pouvais facilement compter sur les doigts d'une main les fois où il l'avait fait, généralement elles étaient dus au fait que j'avais franchis la ligne et c'était rare. Ses paroles et son regard me firent mal aussi, il avait raison je n'avais jamais retranscris ma colère sur lui jusqu'à ce soir, c'était pas volontaire, d'un coup, mon esprit repartit dans ma loge quelques heures auparavant, le revoyant choqué et apeuré par mon agressivité, je lui avais fait peur à lui, l'homme qui m'avait tant donné sans rien demander en retour sauf de faire attention à moi, l'homme qui m'avait épaulé et soutenu peu importe mes actions, toute cette histoire était en train de me transformer en monstre, un monstre que je n'étais pas. Bien que le point final n'était pas encore mit, je devais lui démontrer que le garçon attentionné et respectueux que je suis était toujours là, tapi derrière la colère et la haine, qu'il était toujours présent malgré la douleur. Alors sans aucune parole je me rassis la tête basse et il remit le film en route, je ne pouvais pas regarder me contentant d'écouter, c'était déjà bien suffisamment difficile pour moi, le son de sa voix me hérissait au plus haut point, mon corps entier se contracta mais je devais le faire, pour lui, pour mon coach, pour mon père de cœur.
J'écoutais cet abruti déblater sa tirade, j'en avais rien à foutre de ce qu'il disait moi, qu'il aille se faire pendre ce con, mais pas avant que je lui règle son compte. J'essayais de bloquer mon esprit pour ne pas entendre ses mots mais c'était comme si une force m'en empêcher, comme si je devais encaisser un peu plus de douleur venant de cette stupide andouille. Comme une éclaircie traversant un brouillard des mots me parvinrent:
- Ben, je ne sais pas si tu m'écoutes, mais je tiens à te dire que je suis vraiment désolé pour ça, je ne te demande pas ton pardon ni ta clémence en retour, je voulais juste que tu saches que le connard pathétique que je suis regrette vraiment d'être aussi con.
D'un coup je levais la tête pour regarder l'écran mais l'image ne montrait que cet enfoiré tournant le dos et s'éloignant de la caméra, non mais il croyait quoi lui ? Que j'allais lui pardonner oh non alors pas question il allait payer et le prix fort en plus. La seule vérité qui était sortie de sa bouche était qu'il avait enfin prit conscience qu'il était un connard pathétique, il progressait finalement.
Mon coach comme promis coupa la télé, reprit le DVD et se dirigea vers la porte, me laissant avec un faible:
- Bonne nuit gamin repose toi on se voit demain.
J'éteignis la lumière et me coucha, cette soirée ne finissait pas comme je l'avais prévu, et je me demandais encore pourquoi il avait fait ça? Pourquoi m'avoir montré ce moment? Je ferma les yeux et prit conscience que la haine qui m'habitait il y a encore quelques minutes avait diminuée, un petit rictus moqueur apparut sur mon visage, la filouterie de mon coach était toujours intacte, même si je doutais du réel sens de son geste il avait au moins eut pour résultat de m'apaiser un peu, mais pas suffisamment pour ne pas aller jusqu'au bout, car ma colère elle était toujours aussi forte et il n'y avait qu'un moyen de l'apaiser, la lâcher sans retenue.
Je venais de laisser mon gamin, maintenant seul dans ma chambre je pouvais à nouveau respirer calmement, sa montée de colère à l'entente de la voix de Randy ne m'avait pas surprise mais son ton lui encore une fois m'avait fait sursauter. Prenant mon courage à deux mains j'avais haussé la voix et mit en évidence le fait qu'il m'avait pris pour cible, j'avais vu le regret et la honte de l'avoir fait et je m'en étais servis pour qu'il accepte de voir ce segment. Je lui pardonnais ses actions sans aucun problème car jamais il ne me ferait du mal volontairement, trop de tension accumulée, trop de mots qui l'avaient blessé et il avait craqué c'était humain après tout, tout le monde a ses limites même si celles de Ben sont plus éloignées que celles d'un être normal. Il avait une sacré maitrise de lui mais il n'était pas de marbre lui aussi avait ses failles et ses plaies et en ce moment il semblait que personne ne voulait lui laisser le temps de guérir. Mes actions lui donneront matière à réflexion, il avait le droit de douter du pourquoi de mon action, mais je l'avais fait autant pour lui que pour Randy, je voulais les protéger tous les deux et faire en sorte que la situation puisse avoir une fin heureuse. Je souhaitais juste que la haine et la colère de mon gamin diminue, afin qu'il ne fasse pas ce qu'il pourrait regretter par la suite, car parti comme il était s'il montait sur le ring et affrontait Randy dans son état ses coups seront d'une brutalité sans précédent et une fois fait, avec le temps il s'en voudra d'avoir blessé Randy. Minimiser l'impact de ses coups, canaliser sa haine et sa colère, faire en sorte que plus rien n'envenime la situation jusqu'à leur match était ma priorité et peut être qu'après ça avec le temps ces deux-là seront en mesure de se revoir et reprendre qui sait le début de ce qui était une belle complicité.
