Chapitre VII : Joyeux anniversaire Drago
«Le mépris vient de la tête, la haine vient du cœur et l'un exclut l'autre. »
Arthur Schopenhauer
Hermione ferma les yeux. Oui, elle avait fini par descendre. Oui, elle était au milieu de la pièce. Oui, Pansy tenait toujours son bras. Oui, tout le monde la dévisageait. Et tout cela rendait Hermione mal à l'aise. Comment allait-t-elle remonter dans sa chambre assez discrètement pour échapper à la vigilance de la Serpentard ?
- Blaise, non ! cria un gars de Serpentard, dos à Hermione alors que le métisse commençait à descendre son dernier vêtement.
Lui-même était en caleçon vert bouteille et blanc, son dos doré taillé en V des fesses rebondies soulignée par les lignes du tissu. Des dizaines de petits grains de beautés foncés semblaient être disposés en constellation sur sa peau bronzée. Hermione ouvrit grand les yeux, choquée qu'un dos lui fasse un effet si affolant. Elle sentit le sang envahir ses joues et son cou. Quand il se retourna, Hermione eut le désespoir de voir qu'il s'agissait de Théodore Nott. Elle se flagella mentalement d'avoir senti du désir pour le dos d'un Serpentard. Enfin, à quel genre d'invités s'attendait-elle pour l'anniversaire de Drago Malfoy.
Une des filles de Serpentard avait caché ses yeux au moment où Blaise allait se mettre nu et elle subissait maintenant les moqueries de ses compagnons. Une autre, les cheveux blonds foncés, bien en chair et assez vulgaire draguait ouvertement Blaise qui souriait, aux anges.
- Hermione, vient boire avec nous ! ordonna Pansy en levant un verre de Bièreaubeurre devant son nez.
- Je ne sais pas trop si…
- Je ne te laisse pas le choix !
Elle l'entraîna vers des poufs disposés près des canapés. Drago était assis sur l'un deux, deux filles à ses côtés. Elles semblaient plus jeunes que tous les autres dans la pièce mais ça ne gênait pas l'héritier des Malfoy pour autant. Quand Hermione fut forcée de s'assoir en face de lui à coté de Pansy, il la foudroya du regard.
- Joyeux anniversaire Drago ! cria Blaise en lui lançant un soutien-gorge sur la tête.
Une fille, rouge jusqu'aux oreilles, se leva, les bras croisés sur ses seins et sortit de la salle des préfets.
Hermione but une gorgée de sa Bièreaubeurre qui semblait corsée avec un alcool plus fort et plus sucré. Elle regarda son verre avec un air étonné.
- C'est un mélange façon Nott, répondit Pansy à sa question silencieuse.
Hermione la regarda, semblant être traumatisée par ce que venait de dire sa nouvelle amie. Pansy qui comprit ce qui avait traversé la tête de la Gryffondor hurla de rire avant de la frapper. Les deux préfètes riaient à présent aux éclats.
- Astoria, vient deux minutes ! l'appela Pansy alors que son amie passait derrière Drago pour aller se réchauffer auprès du feu.
Astoria vint les rejoindre et la brunette lui raconta ce qu'elle avait cru comprendre suite à l'explication de la meilleure amie de Drago Malefoy. Ce dernier eut la désagréable vision d'Hermione très bien intégrée à ses amis à lui.
Le mélange « façon Nott » eut un effet rapide sur le système des filles qui se trémoussèrent très vite sur la musique qu'un sixième année changeait au fur et à mesure que la soirée avançait. Astoria et deux autres filles aussi belles qu'elle était debout sur la table et dansaient ensemble de façon très lascive. Goyle et d'autres spectateurs les regardaient en sifflant et en leur criant de se déshabiller. Hermione rigolait dans un coin avec Pansy et levait les pouces quand Astoria leur faisait des clins d'œil. Un garçon plutôt charmant vint chercher Pansy pour danser et celle-ci abandonna son amie que l'alcool rendait euphorique.
- Granger. Il me semblait avoir été clair. Je ne voulais pas de toi ici, s'insurgea Drago en l'attrapant par le coude.
- Et tu as changé d'avis ?
- Pas du tout ! Simule un malaise et retourne dans ta chambre !
- Tu crois que je n'ai pas déjà essayé ? Tu crois que j'avais envie de venir à ton anniversaire ? Auquel tu ne sembles même pas t'amuser, d'ailleurs.
- Je m'amusais avant que tu ne commences à te mettre mes amis en poches !
- Ça te dérange à ce point-là que des gens puissent m'apprécier malgré mon « sang souillé » ? s'énerva Hermione.
- Ce sont mes amis ! Tu te rapproches d'eux, tu te rapproches de moi, et ça, je refuse ! Tu n'as rien à faire ici ! Ne te sens-tu pas en danger ici ?
- Je ne crains rien de toi, Malfoy. Tu es faible, tu as trop peur d'avoir des représailles si jamais tu t'en prends à moi.
- N'importe quoi.
Il la tira vers le couloir des chambres de Justin et Megan et la poussa contre le mur du fond, dans un coin obscur.
- Tu vas faire quoi, maintenant, Malfoy, me passer à tabac ?
Il serra très fort ses deux bras en la pressant contre le mur. L'obscurité ne permettait pas à Hermione de voir son visage mais il devait être déformé par la colère.
- Les gars, vous vous roulez des pelles ? demanda Théodore Nott en frappant sur l'épaule du blond.
Il avait remis son pantalon, mais alors, juste ça. Hermione déglutit en le voyant. Elle regarda Drago qui renvoyait son ami d'un geste énervé. Il finit par laisser Hermione s'en aller. Il retourna s'assoir auprès des filles du canapé pour trouver un peu de plaisir à cette fête.
- Quelqu'un a vu ma ceinture ? interrogeait Théodore en criant pour passer au-dessus de la musique.
Mais bien sûr, l'alcool et la musique coulant à flot, aucun ne lui répondit.
Pansy dansait avec un beau brun tout en rigolant. Il la collait contre lui puis la faisait tourner. Hermione, elle avait rejoint Astoria. Cette dernière était un peu plus mal à l'aise que Pansy sur leur nouvelle entente mais s'autorisa quand même un sourire en la voyant esquisser des pas de danse très drôle avec ses bras. Théodore se rapprocha d'elles et passa ses bras autour des épaules des deux jeunes filles. Astoria le pinça pour qu'il la lâche mais il commença à la chatouiller. Hermione la défendit mais il la poussa pour la faire lâcher prise. Elle trébucha et tomba lourdement au sol.
- Oh, ça va ? s'inquiéta Nott en lui tendant la main.
Mais Hermione avait le souffle coupé et la tête qui tournait à cause de l'alcool. Elle ne répondit pas vraiment et se coucha une main sur la tête.
- Granger ! s'exclama Pansy en abandonnant son partenaire de danse.
- Je gère, je gère, soupira Hermione en levant le pouce.
- Tu veux que je te t'amène dans ton lit ?
- Non, c'est gentil, je n'ai déjà plus mal, mentit la Gryffondor.
Théodore la releva sans peine et lui épousseta les fesses. Elle le regarda intensément. Théodore Nott et son bronzage parfait était furieusement alléchant. Il passa une main sur son visage et posa sa tête sur son torse. Il lui sourit et la quitta pour aller lui chercher un verre d'eau.
- Merci, fit Hermione en prenant le verre qu'il lui tendait.
- De rien.
- Pourquoi tu t'inquiètes du sort de cette sale vermine ? s'exclama Malfoy en repoussant Théodore.
- C'est de ma faute si elle s'est fait mal, je voulais juste me faire pardonner, ce n'est pas un animal non plus.
- Elle ne mérite même pas que tu te fasses pardonner, ce n'est qu'une salope qui s'incruste parce qu'elle a envie de se faire sauter ! s'écria le blond, à présent rouge de colère.
Hermione se releva difficilement et peu gracieusement, fixa Malefoy d'un regard noir et lui assena une gifle magistrale. Il porta sa main à sa joue. La mâchoire crispée, il luttait contre l'envie de lui jeter un doloris sur le champ. Mais la salle était remplie de témoin même s'il était presque certain que ces gens seraient tous de son côté tellement il était craint.
- Je suis un être humain, Malfoy ! Quoique tu en penses, je mérite du respect ! Et toi, avec tes grands airs tu n'es même pas capable de te préoccuper de quelqu'un d'autres que de ta petite personne !
Elle s'en alla sans écouter les insultes que lui lançait le Serpentard. Pansy scruta son meilleur ami, d'un air désolé quand celui-ci lui jeta un regard noir. Elle baissa les yeux et lui tourna le dos. Blaise toucha l'épaule de Drago mais il fut vite repoussé.
Hermione était sortie du château. Elle avait marché rageusement. Cette année plus que d'habitude elle se sentait jugée par le Serpentard. Et jugée comme un parasite, comme une chose en trop dans ce monde et franchement, ça commençait à lui peser. Pansy avait changé d'avis sur elle ! Pourquoi pas lui ? Non pas qu'elle veuille devenir son amie mais, franchement que lui avait-elle fait de si atroce pour qu'il soit si odieux avec elle ?
Elle shoota rageusement dans une motte de terre. Quel culot il avait de se permettre de la traiter de la sorte ! En quoi son sang était une raison pour être un sale connard prétentieux et irrespectueux ? Elle gémit de rage et retint avec peine le cri qu'elle aurait voulut pousser.
Elle essuya des larmes qui commençaient à perler aux coins de ses yeux. Oui, elle avait bien remarqué qu'il y avait une différence entre les élèves qui venaient d'une famille moldue et ceux qui venaient d'une famille de sorciers. C'était plus facile pour ces derniers. Transplaner dans la rue de leur quartier, faire des duels dans le jardin pour s'entrainer, personne n'était étonné de ça dans le monde magique.
Elle se laissa glisser contre un arbre du parc et prit son temps pour reprendre son calme.
Drago Malfoy avait mis fin à la soirée en montant s'isoler dans sa chambre. Les filles avaient dû être presque portées par les élèves masculins jusqu'à leur dortoirs, le cocktails ayant définitivement fait trop d'effet sur elles.
Astoria dans les bras de Blaise était parfaitement bien et ils étaient même passés par la tour d'astronomie pour prendre un peu de bon temps ensemble. Blaise avait un peu profité de son état d'ébriété mais ne le regrettait pas. Elle était beaucoup plus ouverte aux nouvelles expériences en ayant un verre de trop dans son sang si pure.
Harry était accoudé à sa fenêtre. Il repensait à cette fille qu'il avait trouvée si belle sur le Chemin de Traverse la veille de la rentrée… Parce que maintenant il l'avait reconnue. C'était Pansy Parkinson…
Cette dernière avait par ailleurs choisit de terminer sa soirée dans le lit de Ben Harper, un jeune homme effacé qui avait accompagné sa sœur plus jeune, une des filles du canapé. Quand Hermione était partie, pour éviter de se sentir mal, elle avait eu la merveilleuse idée de s'occuper les pensées.
Ben Harper était un garçon plein de charme, même s'il n'était pas spécialement beau au premier regard. Il était peu souriant mais avait des yeux ténébreux sous ses cheveux broussailleux. Et des mains atrocement chaudes et douces qui parcouraient voluptueusement les courbes dénudées de la Serpentard. Sa façon d'embrasser n'était certes pas très passionnée mais plutôt romantique. Et, oui, Pansy Parkinson avait besoin de romantisme parfois…
Hermione avait réussi à rentrer dans le château en outrepassant la surveillance du concierge énervant. Elle entra dans la salle commune des préfets sans bruit et grimpa les escaliers vers sa chambre. Elle se déshabilla mollement avant de se coucher avec un gros pull à capuche douillet pour laisser sa tristesse s'échapper, puisque c'était cela, à présent, qui la berçait…
Le lendemain, la jeune surdouée ne se leva même pas pour aller en bibliothèque. N'ayant pas cours le samedi, elle le passait habituellement à compléter ses devoirs avec les livres mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui, elle voulait « ne rien faire ». Ce serait sa journée sans. Elle écoutera de la musique, elle trainerait avec son pull avec lequel elle avait dormit pendant toute la journée, elle lirait de la poésie d'Apollinaire et grignoterait sans se faire de repas. Elle ne voulait voir personne. Elle était bien assez peinée par ses pensées certes absurdes mais terriblement accablantes sur son sang que pour faire la conversation à un quelconque individu. Alors, oui, des gens mourraient, oui, la guerre planait au-dessus d'eux, oui, il y avait des problèmes bien pires pour le reste du monde mais à ce moment précis, Hermione Granger était dans un mauvais jour. Et pour ne rien arranger à son état maussade, elle comprit d'où lui venaient toutes ces émotions en allant à la toilette. Elle avait ses règles.
Ne voyant pas Hermione descendre, Justin alla frapper à la porte de la jeune fille. Il ne reçut aucune réponse mais entendit le son d'une musique à pousser au suicide passer sous la porte. Il réitéra son geste et une réponse bourrue lui parvint.
- Je veux être seule, aujourd'hui.
Il accepta son désir de solitude en descendant pour rejoindre ses amis dans la Grande Salle.
Le soir tomba et Ginny Weasley fut étonnée de ne pas voir son amie à aucun des repas. Elle se dirigea donc vers Pansy Parkinson qui soupait avec Susan Bones et ses copines, pour l'interroger.
- Hier, Drago a été un peu rustre avec elle. Elle est partie super énervée. Je ne l'ai pas vu rentrer mais Justin l'a entendue ce matin. Elle broie du noir si tu veux mon avis.
- Que lui a-t-il dit ce roi des idiots ?
- C'est de mon ami dont tu parles, Weasley. Mais il lui a lancé de nouvelles remarques sur son sang ainsi que son comportement libérer de cette année..
- Mais quel con ! Excuse-moi le terme Pansy, mais ami ou pas ami, il a certainement démonté Hermione !
- Je le pense aussi… Tu veux prendre le repas avec nous ? demanda-t-elle en avisant la place vide en face d'elle.
- Pourquoi pas…
Hermione était couchée sur le sol, en mini short de pyjama et pull. On aurait dit qu'elle était tombée et était restée dans la même position. Ses cheveux éparpillés, ses membres presque désarticulés, elle fixait le plafond le regard vide, écoutant les chansons déprimantes d'un ténor italien. Elle avait passé une heure sous la douche et ses cheveux encore un peu humides lui donnaient des frissons. Ou bien c'était la musique.
- Granger. Ouvre cette porte, asséna Drago après avoir frappé à la porte.
- Casse-toi. Je n'ai aucune envie de t'entendre sale serpent.
- Bon, si tu n'ouvres pas, je la défonce.
- Amuse-toi, grogna-t-elle en sachant très bien qu'il abandonnerait.
- Très bien.
Elle entendit le bruit de ses pas dans les escaliers quelques secondes après.
Pour une fois que Drago Malfoy allait écouter sa meilleure amie et faire un semblant d'excuse à cette idiote de sang-de-Bourbe…
Pansy retournait vers sa salle des préfets quand elle aperçut Harry et Ron rentrer de leur entrainement de Quidditch. Tout de rouge et or vêtus. Elle se cacha derrière un pilier pour écouter leur conversation quand ils passeraient près d'elle. Peut-être qu'ils parleraient de stratégie et qu'elle pourrait donner des renseignements à l'équipe de sa maison. Au moment où ils allaient passer, une voix masculine la héla. Et fit sursauter les deux Gryffondor.
- Salut Pansy, fit le jeune homme.
- Oh, malheur. Il s'agissait du gars de la nuit dernière. Et il arborait un sourire comme s'il allait la manger tout crue…
- Parkinson, tu nous espionnais ? demanda Weasley en la fixa d'un air suspicieux.
- A vrai dire, je me cachais de ce gars-là, mentit Pansy en montrant son camarade.
- Mais, enfin, pourquoi ?
- Ben, tu es très… intelligent mais pas très perspicace. Cette nuit, c'était juste pour rire, pour passer le temps. Tu comprends ? Donc, on reste… collègues de classe.
Ron et Harry pouffaient de rire en voyant la tête rouge d'humiliation du Serpentard. Qui tourna d'ailleurs les talons et s'en alla d'un pas rageur.
- Ne restez pas près de moi, vous puez la transpiration, s'exclama Pansy en s'éloignant des deux Lions.
Harry prenait une douche pleine de savon. Il ignorait pourquoi mais il craignait que Pansy ne lui répète qu'il puait. Comme quoi des paroles d'une fille peuvent vraiment traumatiser un mec. Il se récurait presque, s'essoufflant à force de frotter. En plus, il s'était senti bizarre après avoir compris que Parkinson avait couché avec un mec, juste comme ça, pour une nuit. Hermione et Ginny étant ses seules références féminines, il ignorait que des filles puissent se conduire de cette façon…
Le lendemain, Hermione se décida quand même à se reprendre. Elle savait qu'elle valait mieux que Malfoy, elle avait peut-être un sang pour lequel il fallait se battre mais elle le ferait avec bravoure s'il le fallait. Même si pour cela il fallait qu'elle tue Malfoy à mains nues. Enfin, non, sauf peut-être avec des gants en caoutchouc.
Le soir venu, Harry avait accepté de se rendre en salle d'étude avec Ginny pour faire plaisir à Hermione et quelle ne fut pas sa surprise de voir la plupart des élèves mélangés entre maisons. C'était pourtant le début du programme mit en place par les préfets (enfin la majorité). Dès qu'il mit les pieds dans la salle, il vit son ancienne petite amie assise aux cotés de Luna Lovegood et Stanislas Gentry, un élève de troisième de Serpentard. Ginny lui expliquait une potion assez compliquée et le pauvre semblait perdu.
Hermione échangeait des livres avec Pansy qui était magnifique habillée juste en Jeans et T-shirt kaki à longue manche retroussée. Il remarqua même que ses cheveux tenaient en un chignon catastrophique grâce à l'unique soutient d'un crayon à papier. Morgan Jones se retourna vers le Survivant, un sourire aux lèvres et lui fit signe de la rejoindre, elle et des garçons de Poufssouffle.
- Bonsoir Harry ! Tu es venu nous rejoindre ? Ça va faire plaisir à Hermione !
Celle-ci en entendant son prénom se tourna vers le groupe et se précipita vers Harry pour le serrer dans ses bras, le remerciant chaleureusement.
Neville se leva de la table où il était avec quelques deuxièmes années à qui il faisait un cours de remédiation sur les propriétés de la mandragore, et vint les rejoindre.
- Harry, quel plaisir de te voir ici ! Tu as besoin d'aide pour l'étude des plantes vivaces vénéneuses ? Si oui, je peux t'aider d'ici une dizaine de minutes, j'ai terminé ce devoir hier soir ! s'exclama maladroitement le passionné de botanique.
- J'ai presque terminé, Neville, mais c'est gentil. Je veux bien que tu y jettes un œil demain, si tu veux bien.
- Avec plaisir !
Il s'en alla auprès des deuxièmes années, le sourire aux lèvres, comme lors d'un jour de Noël.
- Ça se passe bien ? demanda Harry à Hermione espérant attirer l'attention de Pansy qui classait les feuilles d'un cinquième année à coté d'elle.
- Très bien ! Tu es venu nous aider ou bien demander de l'aide ?
- A vrai dire, j'aurais besoin d'aide pour Runes Anciennes mais je peux dispenser des cours de Défenses…
Il ne pouvait s'empêcher d'observer Pansy et les mèches qui se détachaient de sa coiffure et se déposaient lentement sur ses épaules pendant qu'elle se mouvait de gauche à droite avec une rapidité inimaginable. Malgré tout, Harry ne pouvait que la trouver incroyablement sexy dans ses vêtements sages mais presque moulants.
- Justement, Sara Middley de troisième ne trouve personne pour l'aider à vaincre un épouvantard, il lui manque de la théorie…
- Très bien, je m'en occupe !
- C'est elle, dans le coin. Elle attend son sauveur !
- Je suis son homme, alors, plaisanta le sorcier.
A cette phrase, Pansy se retourna et lui envoya un sourire narquois pendant une grosse seconde avant de retourner à son tri.
Lorsque la séance d'étude toucha à sa fin, il ne restait plus que quelques élèves éparses. Chaque préfet raccompagna les élèves de sa maison et ils se retrouvèrent dans la salle, tous sans exception pour faire un bilan, comme à chaque fois. Les élèves qui avaient donnés les cours restèrent pour entendre les remerciements qui leur étaient décernés.
- Je suis contente que vous soyez resté pour nous aider, assura Hermione. Un merci tout particulier à Neville qui a donné un cours particulièrement remarquable sur la mandragore à un groupe très complet.
- C'était avec plaisir, la rassura Neville.
- On a des plus en plus d'élèves d'ailleurs, on dirait que les cours ont de plus en plus de succès. Mais encore une fois, on aurait besoin de tous les préfets. On va aussi devoir faire deux séances par semaines pour alléger un peu le roulement. Une seule séance par semaine ou on se retrouve à quatre préfets et deux volontaires pour une quarantaine d'élèves ce n'est vraiment pas assez. On a besoin de vous tous pour que les volontaires ne soient pas des élèves qui avaient justement besoin de cours. Je pense à Harry qui a passé deux heures à aider une troisième alors qu'il était venu pour se remettre en ordre, lui. Merci, Harry.
- Oui, vraiment, asséna Megan. On n'est pas assez, il faut que les élèves qui viennent ne repartent pas bredouilles…
- Compris, Drago ? demanda Pansy.
- J'ai d'autres choses à faire.
- Alors quitte ton poste de préfet si tu as mieux à faire. On a pas besoin de personnes qui ralentissent le fonctionnement des projets d'études et qui ne font pas leurs rondes sérieusement, lui répondit sèchement Hermione.
- C'est parce que tu es entourée de ce que tu appelles tes amis que tout d'un coup tu recommences à mordre, Granger ?
- La ferme, Malfoy.
Les gars, les gars, soupira Justin. Calmez-vous, vous en parlerez en privé. J'ai dit en privé, pas dans la salle commune. Sur ce, hé bien, merci encore une fois. Prochaine soirée étude mercredi. Bonne nuit.
Le groupe se dissout et chacun retourna dans son dortoir.
A peine furent-il rentré que Hermione sentit que la porte de sa chambre s'ouvrait soudainement. Elle retira quand même ses chaussures en attendant la tempête.
- Toi ! s'exclama Malfoy en la pointant du doigt, l'air furieux. Ne tente plus jamais de m'humilier, en public ou pas ! Tu n'es rien, tu n'as rien à me dire ! Je fais ce boulot comme je le sens et toi, tu restes à ta place !
- C'est toi qui me parle de place mais tu es dans MA chambre. Dans la chambre d'une Sang-de-bourbe, oh mon dieu ! sors vite ! ironisa-t-elle.
- Je n'ai pas d'ordre à recevoir de toi !
- Sors d'ici, sale serpent ! persiffla-t-elle.
Au lieu de ça, il plongea dans le lit de la Gryffondor et s'y roula.
- Je n'en ai pas envie ! Tu es insignifiante, Granger.
- Mais tu as perdu la tête, ma parole !
Il se releva d'un bond et s'avança, un air fou dans les yeux.
- Les gars, votre ronde, leur rappela Justin en apparaissant dans l'embrasure de la porte.
Il semblait lassé de cette joute verbale journalière entre ses deux collègues. Ils ne se calmaient jamais. Ils étaient sans arrêt en colère l'un contre l'autre, en compétition perpétuelle…
- Tu la fais avec moi ? demanda Hermione.
- C'est ça, pour que tu viennes encore dire que je ne remplis pas mon poste ! On va la faire cette ronde et ensemble ! s'énerva Drago pendant que Justin s'éclipsait avant de devoir en entendre plus.
La ronde se passa dans une tension plus que palpable, les deux préfets marchant à cinq mètre l'un de l'autre. Hermione derrière observait avec énervement le Serpentard qui avait retiré son pull à longue manche et ne portait plus qu'un T-shirt noir ajusté. « Certainement un sur mesure pour sa majesté » pesta-t-elle intérieurement. Elle ne le dit pas tout haut, de peur de déclencher un nouveau combat qui aurait fini par rameuter Rusard et les professeurs. Elle pensa cependant que ce corps marchant devant elle était plus musclé, plus viril que celui qui lui avait été permit de toucher. Elle soupira en se demandant s'il elle devrait attendre de sortir de Poudlard avant de pouvoir refaire l'amour. Parce qu'ici, les plus beaux garçons étaient soit des salauds complètement idiots, soit des imbéciles pervers et obsédés. Malfoy boxait dans les deux catégories, ainsi que ces copains de Serpentard. Pourtant, ça lui manquait de ne plus éprouver de désir, même si au fond, ça ne lui était arrivé qu'une fois. Elle en arrivait même à vouloir toucher les fesses de son homologue pour voir si elles étaient aussi fermes qu'elles en avaient l'air. Dans sa fureur, elle failli se mettre des claques. Enfin, elle préférait lui en mettre à lui…
Rentré dans la salle commune, Drago jeta un dernier regard noir à Hermione et monta dans sa chambre. Elle se prit un livre dans la bibliothèque avant d'aller se coucher.
