Chapitre IX : La glace n'est pas pareille sous le soleil.
« Un soleil n'éclipse pas un soleil. Un soleil n'est jamais éclipsé que par des lunes. »
Victor Hugo
Ron et Ginny, eux avaient été envoyé dans une petite maison en bois sur une plage d'une des Îles Canaries. Ils sentaient tout deux qu'ils allaient souffrir de la chaleur et du soleil. Leur peau avait déjà rougi en à peine trente minutes d'expositions et c'était le coucher du soleil.
- J'aurai aimé avoir les cheveux blonds comme toi, Morgan, soupira Ginny en avisant le ton hâlé des épaules de son amie avec qui elle dressait la table sur la terrasse.
Astoria, elle, était assise sur une chaise en bout de table et faisait de l'origami avec les serviettes pour décorer lors du repas.
- On n'osera pas les utiliser si elles sont trop jolies, plaisanta Ron, en parlant assez bas pour que personne n'entende qu'il avait adressé la parole à une Serpentard.
Elle leva le visage vers lui et lui adressa un sourire timide qui étonna le Gryffondor.
Le soleil couchant projetait de magnifiques rayons orange et roses sur la mer et le sable, et jouait avec les verres en cristal déjà disposés près des assiettes.
Josh Duchesne de Gryffondor bataillait avec sa petite amie, Naomi, pour avoir la fin du paquet de chips. C'était grâce à Naomi s'il était dans cet endroit idyllique. C'était elle sui avait touché le Portoloin alors que Josh et Morgan rattrapait Astoria.
Ils étaient sous la protection de Marguerite Tusseldorph, âgée d'une soixantaine d'années, mère d'un professeur dont elle taisait le nom et grand-mère d'un petit sorcier de 8 ans passionné par Poudlard qu'elle gardait jusqu'aux vacances puisque son père était père célibataire. Chris, le petit garçon aux cheveux blonds comme les blés et aux yeux noirs charbonneux entourés d'épais cils couleur d'ébène se montrait très curieux et connaissaient déjà tous les prénoms des nouveaux habitants qui n'étaient là que depuis quelques heures. La cabane sorcière était ravissante, semblant aussi grande qu'un abri pour les outils de jardin vu de l'extérieur mais véritablement colossale qu'une villa à l'intérieure. Les meubles étaient patinés par le sable, ternis par le soleil, les couleurs pastel dominaient dans toutes les pièces.
Marguerite aimait particulièrement cet endroit reculé, un petit coin de paradis, partagé uniquement avec son petit-fils. Elle n'avait besoin de rien sinon de nourriture et son fils lui apportait chaque semaine un colis par la cheminée, en même temps qu'il venait embrasser Chris et dîner avec eux.
- Vous mangez toujours aussi bien dans votre école ? demanda Marguerite en posant un plat de courgettes farcies à la crème.
Morgan la suivait avec un saladier rempli de morceau de melon et de jambon d'Italie assaisonné au vinaigre de fraise.
- De bons petits plats comme ceux-là, c'est rare, en effet ! répondit Josh.
- Hein oui Granny que c'est les elfes qui font tous les repas à Poudlard !
- Oui, Chris ! Veux-tu bien passer le crumble de tomates à Ginevra ?
- J'insiste, appelez-moi Ginny, sourit l'intéressée.
- Miss, quand on a un prénom si beau, on ne l'écorche pas en le diminuant, répondit Marguerite en détachant chaque syllabe.
Son ton froid fit frissonner la jeune Weasley ainsi que son vaillant grand frère.
Le repas se passa merveilleusement bien, les élèves s'extasiant devant les talents culinaires de leur hôte. Seule une personne restait en retrait, les lèvres ostensiblement closes. Ses yeux aussi noirs que ses épais cheveux lisses le visage presque pareil à celui de sa jeune sœur mais en plus fermé et moins poupin, Daphné Greengrass n'avait rien mis dans son assiette. Elle n'avait rien à faire ici, avec eux. Avec des Gryffondor idiots et pathétiques et une vieille gâteuse. Elle détestait tellement sa sœur, si parfaite, si docile. Dans deux jours, elle s'entendrait à merveille avec les traîtres à leur sang, les Weasley. Ou bien cette Sang-mêlé de Morgan. Elle n'avait qu'une envie, vomir. Elle se leva de table et alla directement dans sa chambre, verrouillant la porte, et tant pis pour sa sœur.
La nuit tombée, Ginny et Morgan montèrent se coucher dans la chambre qu'elles partageaient avec Naomi. Astoria voulu les imiter en tentant d'entrer dans celle qu'elle partageait avec sa sœur mais elle ne sut ouvrir la porte. Elle comprit bien rapidement que sa sœur avait fermé à clé et décida de redescendre et d'attendre que les autres rejoignent leurs chambres. Elle dormirait ainsi dans le fauteuil du salon et ferait croire qu'elle s'était endormie là…
Le lendemain matin, Hermione fut réveillée par une légère pression qui la fit sursauter. Pansy avait passé son bras sur son ventre et l'étreignait comme un doudou.
- Pansy, grogna-t-elle en tentant de s'échapper. Lâche-moi…
Le soleil n'était même pas encore levé, il devait être sept heures, tout au plus. Un rapide coup d'œil au réveil digital confirma son hypothèse. Ils s'étaient couchés tard la nuit, refusant de se perdre de vue, même quelques heures et en entendant Sonia leur répéter qu'ils étaient en sécurité. Hermione aurait bien aimé dormir auprès d'Harry pour être certaine qu'il ne s'échapperait pas de la nuit pour aller sauver le monde, seul.
Elle avait vu Pansy réagir de la même façon avec Drago, s'endormant même avec lui, dans son lit. Il l'avait portée, endormie, jusqu'à côté d'Hermione pendant la nuit. Et cette dernière l'avait regardé s'en aller, sa silhouette svelte se détachant dans l'embrassure de la porte grâce à la lumière du couloir. Elle pensait qu'avec un garçon qu'elle prenait pour un Mangemort dans une maison retirée elle se sentirait en insécurité alors que tout compte fait, à voir comme il protégeait Pansy, il ne devait pas avoir plus envie que la Gryffondor que la guerre éclate. Hermione soupira. Elle sentit une boule se nouer dans son ventre quand elle pensa à Ginny et Ron qui étaient nul ne sait où, à Neville et Morgan, Justin, Seamus, Dean… Tous ces amis dont elle n'aurait certainement pas de nouvelles si tôt…
Après avoir pesté une dernière fois sur Pansy qui prenait toute la place, elle se leva du lit, enfila un son gros pull à capuche gris et descendit à pas de loup jusqu'à la cuisine. Elle se servit du jus de citrouille que Sonia avait mis au frigo et prit une brioche un peu durcie dans l'armoire. Elle trouva un pot de confiture encore fermé dans l'annexe qui servait de dépôt pour les vivres et commença à déjeuner, assise à table. Après quelques minutes, elle se posta près de la grande fenêtre et tenta d'apercevoir les premiers rayons du soleil. Si elle avait été ici pour des vacances et non en planque, elle aurait particulièrement aimé cet endroit magique. Mais malheureusement, elle n'était pas ici pour se prélasser mais pour s'inquiéter de son avenir et de celui de ses camarades. Enfermés ici signifiait qu'elle ne pouvait pas les aider ni combattre Voldemort… Pourtant elle savait à quel point Harry en avait aussi envie. Le tuer une fois pour toutes, l'assassiner froidement, l'étrangler de ses propres mains jusqu'à ce que plus un souffle ne puisse sortir de ses narines de serpent…
- Hermione, tu es déjà debout ? demanda Sonia en descendant les escaliers, vêtue d'un peignoir de grand-mère en polar rose usé.
- Oui. Pansy est encombrante dans un lit. Je comprends maintenant pourquoi Malefoy me l'a ramenée cette nuit.
Elles eurent un petit rire, imaginant chacune Pansy dormir à présent en étoile.
- J'ai bien envie d'aller me promener aujourd'hui…
- Pourquoi pas ? répondit Sonia en branchant la cafetière dans la cuisine afin de se faire une bonne tasse de café bien chaud ainsi que pour les autres. On pourrait vous montrer le village en bas, dans la vallée. Il est pittoresque et les habitants sont très acceuillants. Les plus jeunes parlent très bien anglais. Pour ce qui est des personnes âgées, tu ne tireras rien d'autre que du français très lent.
Elle se servit des céréales nature dans un bol et les mangea sèches.
- Il va d'ailleurs falloir aller faire quelques courses dans peu de temps. Blaine a échangé des gallions contre de la monnaie moldue à la banque. On a de quoi remplir des armoires de lait et de jus de citrouilles pour plusieurs mois. On a beaucoup de vivres mais on imagine que vous êtes en pleine croissance et que vous avez besoin de lait… Mais vu que ça pourrit, ce genre de chose on a préféré attendre que l'état d'urgence soit déclaré… Oh, je suis désolée de parler de ça… Je vois que ça t'affecte beaucoup…
- En effet… On a tellement paniqué… Sais-tu si tout le monde a pu se sauver ?
- En fait… Le professeur Flitwick est décédé… Et Mrs Chourave est dans un état grave pour tout te dire… Mais dans les élèves, à part quelques blessés qui ont du être transférés dans un hôpital magique d'Irlande, tous sont un peu partout en Europe grâce aux Portoloins. Le plan d'urgence à vraiment limité les dégâts…
- Mais que s'est-il passé ? demanda Hermione, étranglée par l'annonce de la mort de son professeur.
- Les Mangemorts ont réussi à entrer dans l'enceinte de Poudlard on ne sait encore comment. Ils ont défoncés la Grande Porte à coup de sortilège, ils ont blessés les élèves derrière qui rejoignaient la Grande Salle. Le Hall est à reconstruire, parait-il, et lorsqu'ils ont réussi à pénétrer la Grande Salle, il ne restait plus que quelques élèves qui cherchaient encore les Portoloins. Ils ont blessé deux filles de premières années et ont incendié la barbe d'Hagrid. Mais il ne s'est pas laissé faire et a frapper un des Mangemort avec une table. Pourtant il me semblait qu'elles pesaient leurs poids…
- En effet, sourit Hermione.
- Quoi qu'il en soit, le plan mit en place par les Aurores et l'Ordre vous ont sauvé…
- Tu fais partie de l'ordre ?
- Depuis cet été. J'ai reçu la visite de Nymphadora Tonks, mon amie lorsque nous étions à Poudlard, elle savait que je tenais un gîte avec Blaine dans un endroit sécurisé et reculé. Elle m'a demandé si j'étais prête à accueillir des sorciers en cas de pépins. J'ai bien sur accepté.
- Et Blaine c'est…
- Mon fiancé. Nous avons fait connaissance en sortant de Poudlard, c'est comique, non? Il était majordome dans un hôtel sorcier à Londres où j'ai été embauchée pour redécorer de façon moderne. Oui, j'ai fait des études d'architecte intérieur, j'adorais mon cours d'étude de moldu, j'ai donc voulu être en immersion avec eux. Et j'ai finalement terminé major de ma promotion.
- Eh bien bravo pour ton parcours !
- Merci, fit Sonia en faisant un geste modeste.
Elle commença à manger ses céréales et des pas se firent entendre dans les escaliers. Euan et Harry arrivèrent tous deux les cheveux hirsutes dressés sur leur tête.
- Salut, marmonna Euan.
Harry leur sourit, endormit en les saluant et embrassa Hermione sur la joue.
- Servez-vous, tout est dans l'armoire de droite à côté du frigo, informa Sonia.
A peine furent-ils assis que Terry et Damian les rejoints et bientôt, seuls les Serpentard manquaient à table. Quand Hermione remonta elle découvrit que pourtant, le lit qu'elle partageait avec Pansy était vide. Elle osa alors frapper à la porte des garçons verts et argents. La voix de Pansy répondit.
- Oui ?
Hermione poussa le bois grinçant et elle ne fut pas surprise de voir son amie couchée dans le lit de son ami, lui-même assit à ses cotés, la main passant nerveusement dans ses cheveux qu'il tentait de coiffer. Il était tout à fait honteux qu'une Sang-de Bourbe le voie non seulement en pyjama mais en plus décoiffé !
- Je me demandai où tu étais passée, avoua Hermione en ne portant attention qu'à la brune.
- Tu veux te joindre à nous ? proposa gentiment la Serpentard en se blottissant dans la couette.
A ses côtés, Drago se racla la gorge pour bien faire comprendre qu'il n'était pas d'accord qu'une souillon telle que Granger se mette dans son lit. Il reçut pour cela un coup de coude de la part de sa meilleure amie.
Hermione sourit et se dirigea vers celle qui l'avait invitée. Mais Drago s'était levé et lui attrapait le bras.
- Recule, Granger.
- Drago…, soupira Pansy en s'asseyant.
Les deux ennemis se défièrent du regard. La Gryffondor y mettait toute sa haine et le Serpentard toute sa colère. Comment osait-elle le défier ?
- Drago, ne la blesse pas, demanda Pansy.
Blaise ricana à cette demande.
- Elle n'a pas à être ici. Tu dors avec elle, c'est ton choix. Ne me l'impose pas. Elle n'est pas MON amie.
Hermione se débattit et fit lâcher prise au futur Mangemort qui grogna.
- Je t'ordonne de ne plus me toucher, Malefoy. Ne pose plus jamais tes mains sur moi. Ou tu le regretteras !
- Ce n'est pas toi qui me feras peur, Sang-de-Bourbe, grogna le blond, furieux.
Ils se dévisagèrent encore jusqu'à ce que Blaise intervienne.
- Les gars, si vous agissez comme ça tous les jours, on va finir par s'entretuer. Calmez-vous, faites comme si on était en vacances et ne vous chercher pas les noises.
- J'suis épatée, approuva Pansy en hochant la tête en regardant Blaise. Il a raison. Faites un effort. On est tous à cran, aucun de nous n'a envie d'être coincé ici mais on n'a pas le choix. Essayez de vous entendre… Drago, Hermione est très douée en magie, et elle aime beaucoup le livre de Dick Laurens, tu sais, celui qui est tout corné sur ta table de nuit tellement tu l'as lu.
- En effet…, avoua Hermione en sentant la poigne de son homologue se desserrer.
- Et… Hermione, Drago quand il avait cinq ans avait mis les talons de sa mère et avait décreté que c'était vraiment trop douloureux pour ses pieds, que jamais il n'obligera « son amoureuse à en porter ».
Hermione pouffa de rire alors que le Serpentard prenait une couleur rosée.
- Ça m'apprendra à raconter mes secrets à une Serpentard…
- Surtout quand tu as bu, ajouta malicieusement sa meilleure amie.
Leur complicité ne cessait de surprendre Hermione. Quoi que fasse Pansy, Drago ne lui en tenait pas rigueur. Et quand c'était Drago qui se conduisait en monstre, Pansy arrivait à démontrer son humanité. Par ce fait, Pansy lui pardonnait tout.
Drago lâcha complètement le bras de la Gryffondor et porta son regard, encore dur, sur Pansy.
- On va faire un pacte, nous tous ! Allez, allez, on descend ! s'exclama Pansy en se levant d'un bond et en courant vers la porte.
- Mais qu'est-ce qu'il te prend ? marmonna Blaise.
Elle soupira et alla chercher Drago pour le tirer par le T-shirt.
Ils arrivèrent dans la cuisine où toutes les discussions s'arrêtèrent lorsque leurs camarades les entendirent descendre.
- Tout le monde est là ? interrogea Parkinson. Chouette ! J'ai un truc génial à vous proposer ! On est ici pour un moment, alors pour que tout se passe au mieux, je propose qu'on fasse un pacte où chacun promet de faire un effort pour supporter les autres. On ne s'aime déjà pas beaucoup alors on risquerait de s'entretuer si on n'essaye pas au moins de se connaitre un peu.
- Et qu'est-ce que tu proposes ? demanda Terry qui paraissait enchantée, son sourire rayonnant dévorant la moitié de son visage.
- On fait une journée jeux de société en équipe et on s'oblige à faire connaissances avec ceux à qui on n'aurait jamais parlé à Poudlard.
- Pourquoi pas, accepta Harry.
- Je suis un génie, fit remarquer Pansy en s'installant à table près de Terry et en cherchant une boite de céréales non-vide.
Luna lui tendit un sachet pendant que Blaise et Zabini s'asseyaient ensemble un peu plus loin.
- On commence par quoi pour les jeux de société ? demanda Euan, peu friand de jeux pour enfants.
- Un monopoly ? leur proposa Blaine.
- C'est quoi ça, un monopoly ? grogna Blaise en repoussant verre de jus d'orange pas très bon.
- Non ! Un trivial poursuit ! s'exclama Pansy.
- Pansy, on n'en a pas version sorcier, on n'a que version Disney…, s'excusa Sonia.
- Mais c'est encore plus drôle ! répondit Hermione.
- C'est quoi Disney ? bougonna à nouveau Blaise.
- C'est bien, tu vas voir, le rassura Pansy alors qu'elle-même l'ignorait. Alors, Qui connait Disney ?
Des mains se levèrent : celles de Sonia, Blaine, Hermione, Harry et Terry. Euan prit la parole en premier pour dire qu'il voulait bien être avec Terry puisqu'il ne la connaissait pas mais qu'elle devait en savoir beaucoup sur ce sujet, vu l'enfant qu'elle était encore un peu. Terry le prit presque mal, jusqu'à ce que qu'elle aperçoive le sourire d'ange d'Euan.
- Blaise, tu vas avec Sonia ? proposa Pansy.
- D'accord, acquiesça le Serpentard, non mécontent d'être avec quelqu'un qui s'y connaissait.
- Damian et Luna avec Blaine, Hermione …
- Avec toi ! fit précipitamment la brune.
- Non ! Moi je t'aime bien, il te faut quelqu'un que tu n'aimes pas…
- Alors JE prends Zabini !
- Tu prends Malefoy et moi Potter et Emma. Adjugé ! trancha Pansy sans-même que la Gryffondor n'ait pu ajouter quoi que ce soit.
- Je te jure, je n'aime pas du tout Zabini ! insista Hermione.
- Oh mais je le sais. Mais tu aimes encore moins Drago Malefoy, susurra Pansy en véritable Serpentard qu'elle était.
Après avoir débarrassé la table de la salle à manger, ils s'installèrent tous autour du jeu qui semblait plus que menaçant aux yeux de Damian, Drago et Blaise. Tous les trois le regardaient en refusant de s'asseoir et de jouer. Emma, elle-même, ne semblait pas rassurée.
- Potter, je compte sur toi pour nous faire gagner ! exigea Pansy.
Hermione expliqua les règles du jeu qui furent vite acquises, puisque, tout de même c'était un véritable jeu d'enfant. Elle semblait plus qu'énervée de devoir être avec Malefoy et encore plus parce qu'ils n'étaient que deux et que les autres étaient trois. Les équipes furent rebaptisée par les initiales des joueurs, ainsi, A.A. (Terry Abbot – Euan Abercrombie) commençait suivi de P.P.F. (Potter – Parkinson – Emma Fyser) puis de Z.B. (Zabini et Sonia Bones). Après ceux-ci venaient G.M. (Granger – Malefoy) et C.L.U (Andrea Cleveland, Lovegood et Damian Unamore). Les questions étaient lues par l'équipe en face de celle qui jouait.
- Alors, A.A., commença Sonia, comment s'appelle le dragon dans Mulan ? Proposition A : Babette, B : Mushu…
- MUSHU ! coupa Terry en hurlant.
- Exact !
Ils remportèrent le point et ce fut au tour de P.P.F. de jouer.
- Dans quel hémisphère se déroule l'aventure de Nemo dans le Monde de Nemo ? lut Hermione.
- Je ne sais pas, répondit Harry sous les yeux plein d'espoir de Pansy.
- Quoi ? Mais à quoi tu me sers alors ?
- Je n'ai jamais vu ce dessin animé, répondit-il.
- Mais enfin ! C'est quoi ce dessin ?
- L'histoire d'un poisson qui cherche son fils qui s'est fait attraper par un plongeur expliqua Sonia.
- Vous avez des goûts douteux chez les moldus… Au hasard, je vais dire hémisphère Sud…
- Et tu gagnes le point ! fit Hermione.
Pansy fut ravie et frappa Harry sur le bras puisque celui-ci disait qu'elle avait eu la chance du débutant.
- Alors, Z.B, fit Luna, que recherchaient les colons britanniques quand ils ont rencontrés Pocahontas ?
- Qui est Poca…
- Oh, Blaise, ça devient redondant! S'exclama Pansy.
- La route des épices ? proposa Hermione en oubliant que ce n'était pas son tour.
- Non ! De l'or ! rectifia Sonia.
- Oui! C'est gagné! Applaudit Luna.
Terry s'empara d'une carte au hasard et lu à Hermione et Drago :
- Quel personnage fait son apparition dans « Une petite poule avisée » (« Silly Symphonies ») ?
- Merlin, c'est quoi cette question ? Granger, comme tu sais tout, réponds.
- Je n'ai jamais vu ce film, désolée…
- Mais tu as bien dû lire le livre, ricana Drago.
- Figure toi que j'ai passé l'âge de lire des livres pour enfants, moi, soupira Hermione.
- A la bonne heure. Au hasard, Pocahontas dont on parlait avant, répondit Drago.
- Pas du tout ! rit Terry. C'est Donald !
- Oh, c'est qui l…, commença Blaise avant de se faire assaillir par des morceaux de papiers que Pansy venait de déchirer. Mais à quoi sert ce jeu si vous ne nous apprenez rien ?
- Si vous voulez apprendre des choses sur Disney, j'ai de quoi vous cultiver ! leur apprit Sonia.
Elle partit en leur disant de la suivre dans le salon. Elle ouvrit une armoire à côté de la cheminée, remplie entièrement de cassettes vidéos et de DVD Disney. Terry poussa une exclamation admiratrice comme si on l'avait emmenée au parc Disneyland quand elle était gamine.
- Ah, c'est elle Pocahontas ? demanda Zabini en voyant la couverture d'une cassette.
- Exactement ! Oh, Sonia, on peut les regarder maintenant ? supplia Terry.
Hermione sourit devant tant d'innocence. Elle était vraiment attendrissante cette Terry avec son grand sourire émerveillé et ses grosses lunettes épaisses.
Ils avaient fini par se faire une soirée « Culture Disney » et avaient regardés –au grand damne de Drago- trois dessins animés pour enfants. Ils avaient eu droit au Roi Lion I, à Pocahontas et à Mulan. Hermione, qui connaissait toutes les répliques de ce dernier, se fit une joie de les citer avec Terry en même temps que les personnages, ce qui agaçait grandement Malefoy. Zabini par contre se prenait au jeu et se dandinait lors des chansons entraînantes.
- Les gars, j'ai faim, déclara Pansy en sentant son ventre se tordre à la fin de Mulan. Vous allez commencer à faire à manger ?
- Oh, non, commença Euan.
- Si, aujourd'hui c'est vous !
- Mais on ne peut pas en regarder un dernier avant de cuisiner ?
- Vous ne cuisinez pas tous ensemble ? demanda Blaine avant que Sonia ne le fasse.
- Non, les filles cuisinent un jour sur deux, expliqua Terry. Et aujourd'hui ce sont les mecs !
Les garçons se levèrent en râlant et se déplacèrent jusqu'à la cuisine où ils se répartirent les tâches, aidés par Blaine pour préparer de la soupe. Euan et Drago épluchaient les pommes de terre, Blaise et Damian coupaient les porreaux et les céleris et Harry pleurait en éminçant des oignons.
- Blaine, est-ce qu'on aurait des nouvelles de nos amis, bientôt ? demanda Harry.
- Je l'ignore, Harry. Je ne sais pas quand la situation avancera…
- Et vous savez qui a fait entrer les Mangemorts ? interrogea Euan.
- On a toujours aucune piste.
- Je suis certain que c'est Rogue, marmonna Harry entre ses dents.
- Ne parle pas de ce que tu ne connais pas, Harry, contredit Blaine en mettant une casserole d'eau à chauffer, aussi grande qu'un chaudron.
- On mange quoi ce soir ? demanda Terry en entrant dans la cuisine coupant court au silence de plomb qui était tombé.
- De la soupe du potager, ironisa Blaise.
- C'est vrai ? On a un potager ?
- Non, que de la neige, soupira Drago.
Après avoir dîné, Blaise qui avait fait croire à Terry qu'il y avait bien un potager, l'emmena dehors dans la neige pour lui prouver, soi-disant, ses dires. En fait il voulait juste profiter de son innocence pour l'envoyer valdinguer dans la neige en rigolant. Euan vint à la rescousse de son amie et attaqua Zabini avec des boules de neiges, bientôt suivi par Harry et Pansy qui avaient accourut. Seul Drago était resté dans le chalet alors que tous les autres s'amusaient dans la poudreuse. Mais c'était sans compter sur la détermination de Pansy qui sut le faire sortir et prendre part à la bataille qui faisait rage dans la nuit à la lueur du spot de jardin.
Sous le soleil des Îles Canaries, l'ambiance était aussi détendue. Sauf pour Daphnée Greengrass qui faisant la tête inexorablement. Elle participait aux repas avec les autres uniquement parce que Marguerite l'y obligeait. Ginny et Morgan s'étaient rapprochées d'Astoria et Naomi et elles bronzaient à présent toutes ensemble, vers seize heures après s'être baignée pendant une petite heure. Ron avait un peu du mal à s'entendre avec Josh qui était fort imbu de lui-même mais il appréciait sa compagnie plus que celle des moustiques. Il était entrain de muer tant sa peau pelait partout. Il ne sortait plus que lorsque le soleil se couchait et passait son temps à lire des magazines sur le Quidditch.
Un soir, quelques jours plus tard, à part Sonia et Blaine, et Damian et Emma qui étaient monté profiter d'un moment seul à deux dans la chambre des garçons, ils s'étaient tous endormit devant une cassette de La Petite Sirène qui avait suivi Shrek et Raiponce. Le générique tournait à vide, un écran noir allait bientôt suivre. Blaise était sur un coude dans le fauteuil du coin avec une couverture en poils beiges qu'il partageait avec Terry endormie à moitié sur lui, à moitié sur l'accoudoir. Drago était assis par terre sur des coussins mit en matelas et Pansy dormait au creux de ses bras, entre ses jambes repliées. Elle avait certainement raté beaucoup du dernier dessin animé puisque son visage était tourné vers le ventre plat du Serpentard et son bras droit enlaçait sa taille. Euan avait allongé ses jambes sur une chaise et penchait légèrement sur le côté, la bouche entrouverte. Quand à Luna, elle dormait en tailleur dans un petit fauteuil près de la cheminée. Harry tenait Hermione dans ses bras dans le grand fauteuil près de la fenêtre, la jeune fille couverte entièrement par une épaisse couverture polaire grise.
Hermione commença à papillonner des yeux et bailla. Elle se tourna vers Harry et sourit en ouvrant les yeux. Elle se dégagea lentement de sa prise et se leva. Elle alla dans la cuisine pour se servir un verre d'eau et s'assit sur la table, baignée par la lumière de la lune pénétrant par les fenêtres. Elle vit une silhouette se déplacer jusqu'à la cuisine à son tour.
- Granger, la salua Drago, ses cheveux brillants autant que le verre d'Hermione à la lumière lunaire.
- Malefoy.
Hermione était étonnée de n'entendre aucune insulte suite à son nom. C'était un salut cordial. Ils se regardaient tous deux, muet. Finalement, Drago alla se servir un verre d'eau lui aussi pour mettre fin à cet échange étrange. Il se rendait compte que la côtoyer autant cette année était bizarre. Elle qui, d'habitude baissait les yeux suite à ses insultes, commençait à lui répondre vivement. Bien sûr, malgré ses tenues moins strictes, elle n'était toujours pas assez belle que pour qu'il s'intéresse à elle. Elle avait bien besoin de cette crème qui empêchait ses cheveux de partir en tous sens et sans son bronzage, elle avait à présent ses yeux cernés de mauve, signe de sa fatigue et de son stress. Elle portait comme pyjama un pantalon en coton blanc ligné bordeaux et un T-shirt à longue manche blanc décoré d'une étoile brodée rouge et grise. Rien de très affriolant. Il fallait beaucoup plus de la part de cette fille pour attirer un Malefoy. Peut-être nue après des mois et des mois d'abstinence, il daignerait poser ses yeux sur elle. En attendant, elle n'était rien, pas même une proie probable. Elle éveillait même parfois du dégout chez lui. Enfin, depuis quelques jours, il devait s'avouer avoir passé du bon temps avec elle. Enfin, avec tous les autres. Ça lui aurait écorché les lèvres de le dire tout haut, mais il s'était amusé à jouer à des jeux de société bizarres, à regarder des films pour enfants moldus et à se promener dans la neige.
- Tu crois que tu tiendras parole pour cette histoire de pacte ?
- Aucune chance. Je suis l'ami de Pansy, je ne lui obéis pas.
- Elle risque d'être fâchée.
- Pas contre moi. Elle m'aime trop que pour me faire la tête. Au pire elle ne me parlera pas pendant une journée. J'y survivrai.
- Tu penses qu'elle pourra tout te pardonner ?
- A quoi penses-tu en posant cette question ?
- Si tu me tues, crois-tu qu'elle te le pardonnerait ?
Malefoy la fixa et s'approcha, déclenchant un frisson de frayeur chez son homologue.
- Pourquoi te tuerais-je ?
- La guerre, répondit simplement Hermione en le regardant droit dans les yeux.
- Pansy est dans mon camp. Elle me comprendra, quoi que je fasse.
- Tu pourrais tuer un être humain sans ciller, Malefoy ?
- Je pourrais te tuer là, maintenant de mes propres mains, ensuite je m'occuperai de Potter qui dort tranquillement et l'assommerai mortellement sans même qu'il n'ouvre un œil.
Hermione ouvrit la bouche pour l'insulter mais il s'approcha encore plus, jusqu'à ne plus être qu'à moins de dix centimètres de son visage. Cela suffit à faire oublier ses insultes à Hermione. Elle repensa tout à coup à la peau de Silvano contre la sienne pendant ses vacances, à ses baisers et ses mains la caressant à des endroits encore explorés par personne et frissonna à nouveau mais plus par crainte cette fois. Elle laissa même échapper un gémissement contre son gré et le regretta aussitôt.
- Oh, Granger, tu sembles affamée, souffla Malefoy.
- Tais-toi…
- C'était donc vrai, tu sais ce que c'est que de sentir quelqu'un ne faire plus qu'un avec toi…, susurra-t-il.
Loin de la choquer, cette phrase raviva des souvenirs de sensations qu'elle avait tenté d'oublier. Elle avala difficilement.
- C'était si bon que ça ? se moqua-t-il doucement.
- Arrêtes, Malefoy…
Elle avait fermé les yeux pour tenter de penser à autre chose mais ses pensées étaient décidément incontrôlables. Elle commença à s'éloigner, baissant doucement son dos pour échapper au souffle chaud de Drago qui caressait son cou et sa joue. Mais il s'immisça entre ses jambes écartées et la tira vers lui par les fesses.
- Malefoy, t'es en manques ou quoi ? grogna Hermione en le poussant sans même qu'il ne recule d'un centimètre
- Et toi ? ça te manque ? Cette sensation de plénitude ? Cette impression d'être hors du temps ? chuchota-il en passant ses mains sur la table.
Imperceptiblement, ses ongles se crispèrent sur le bois. Le parfum féminin et la chaleur qu'elle dégageait ajouté au fait qu'elle semblait dans un état second alors qu'il ne faisait que lui parler rendit Drago presque fou. Il sentait son cœur battre aussi vite que le sien et ses joues devaient être aussi rouges que celle de la Gryffondor. Elle sentait le jeans du Serpent contre son intimité qui commençait à devenir presque douloureuse tant elle lui envoyait des vagues de chaleur. Elle n'oserait jamais l'avouer mais elle avait envie de faire l'amour, là, maintenant. Elle en avait presque besoin.
Elle posa ses mains derrière elle pour prendre appui et se dégager plus facilement mais il posa ses mains chaudes et sèches sur les siennes et elle ne pu résister à entrelacer ses doigts aux siens. La chaleur se répandit dans tout le corps de la jeune fille tandis qu'il se penchait dans son cou pour respirer son parfum sans la toucher.
- Malefoy, qu'est-ce que tu fiches ? interrogea-t-il.
- Cesse de réfléchir pour une fois, Granger…
- Lâche-moi, je ne veux rien avoir à faire avec un Serpent tel que toi… Tu me dégoutes.
- Ce n'est pas ce que ton corps me demande, susurra-t-il.
Drago se redressa et s'en alla, un sourire carnassier aux lèvres.
Hermione reprit ses esprits, seule dans la cuisine, vida son verre d'eau d'une seule traite et posa sa main sur son cœur qui battait la chamade.
Elle avait eu envie de coucher avec Drago Malefoy…
