Salut à tous et toutes nous revoilà encore une fois pour la suite de nos aventures et mésaventures. ( de quoi tu te plains, les mésaventures, c'est toujours pour moi!)En même temps vu ton niveau de connerie le rôle ne pouvait être que pour toi Mr je gère Quedal. ( comment ça je gère quedal, tu dis pas ça quand on est rien qu'à deux chouchou)Si mais tu fais celui qui entend rien.( rooooh c'est petit ça, aussi petit que... bref je ne le dirais pas y a des chastes oreilles ici et jvoudrais pas te mettre dans l'embarras pour cette ... infirmité)Tu parles encore une fois de ta propre expérience mon pauvre t'es pas gâté hein. Bref dans ce nouveau chapitre, vous allez en découvrir plus sur moi, ma ville, ma maison et une nouvelle facette de ma personnalité. ( Une facette dont je me serais bien passé perso!)Ah oui? Tu disais pourtant pas ça en fin de soirée, mais bon encore une fois je suis la maîtrise et toi...( on l'a refait, tu es l'arrogance et moi la perfection)Je suis la maîtrise et toi la connerie sur patte voilà les bons termes, arrêtons nos chamailleries et laissons place à nos aventures! ( Pas trop envie moi d'un coup mais bon, les filles les ont écrites, alors hauts les cœurs, non pas haut de coeur enfin, et pourtant...)Tourne la tête de l'autre côté quand tu dis ça s'il te plait moi j'y vais avant que Mr ne régurgite son repas. A la semaine prochaine connaissant l'histoire j'ai hâte d'y être. bisous à la semaine prochaine. ( tu m'étonnes que tu as hâte! tortionnaire! a plus !)

Après cette remontrance attendue de Ben, Field devait bien se marrer, j'avais pris mon sac pour le jeter sur mon épaule, celle indemne puisque les 7h de vol sans pouvoir bouger alliés à la pression qu'il venait d'exercer sur mon épaule blessée avaient suffisamment réveillé la douleur pour que je ne prenne pas le risque de jouer les durs à cuire en posant la lanière de mon sac dessus mais avant même qu'elle n'atteigne sa cible, la main de Ben se referma sèchement dessus et il le posa sur sa propre épaule avant de me demander de le suivre.

Ok ! Il était encore fâché après moi et je venais juste d'arriver, voilà qui promettait pour la suite de notre cohabitation. Elle s'annonçait déjà plus difficile que prévue. Ben était d'une intransigeance totale, pas de place pour l'impro ou l'instinct, j'avais conscience que c'était ce qui le rendait aussi bon mais ça allait sûrement nous poser quelques soucis par la suite parce que je n'étais pas à proprement parler un bon petit soldat, loin s'en fallait ! J'avais toujours eu du mal à obéir aveuglément aux ordres et je savais que c'était ce qu'il attendait de moi.

On monta dans sa voiture et Ben démarra, je laissais le silence s'installer, ça ne m'avait jamais dérangé et je me doutais que Ben n'était pas du genre causant lui non plus, quelque chose me disait même que je n'entendrais sa voix que pour qu'il me donne les consignes à suivre.

J'étais dans un état en demi-teinte, heureux qu'il soit là, que notre plan ait fonctionné, que son boss ait eu une leçon bien méritée, mais de l'autre j'étais furieux contre son attitude frivole. Mon plan et mes consignes étaient parfaitement claires, mais là à cause de son enfantillage je devais déjà revoir le début de son entrainement. Il avait échoué à un premier test, celui de la franchise, je savais qu'il était blessé mais même devant le fait accompli, il avait persisté dans ses gamineries, je n'avais pas eu le choix que d'appuyer sur son épaule pour le faire réagir.

J'allais avoir du boulot moi vue son attitude, mes nerfs allaient morfler à coup sûr, nous prîmes le chemin vers ma voiture et je me chargea de son sac, il fut surpris par ce geste mais le ton de ma voix stoppa direct ses chances de me sortir une autre connerie ou protestation, je m'étais engagé à le former et à prendre soin de lui et c'est ce que je faisais, il devait penser que ma chevalerie le mettait dans le rôle de la damoiselle en détresse, bah vlà la damoiselle tiens, j'avais écopé d'un tirage au sort pourri encore une fois. Nous nous dirigions vers le parking il était proche de moi et épiait mes actions, mon silence et mon regard lui indiquèrent ce qu'il devait savoir, que je n'étais pas content et il venait à peine d'arriver ça promettait pour la suite. Dans la voiture un silence totale régnait, lui comme moi guettions du coin de l'œil l'autre, lui prostrait dans sa bêtise et moi dans l'appréhension de ce futur qui promettait d'être chaotique. Je roulais maintenant en dehors de la ville, je lui ferais découvrir ce lieu plus tard en espérant qu'il aimerait enfin si on ne s'est pas entretués avant, je pris la direction du port où je laisserais ma voiture comme à chaque fois que je rentrais chez moi, la deuxième partie du trajet se fera en bateau, j'adorais particulièrement ce moment où le fait de naviguer sur le Bayou m'octroyait un sentiment de plénitude. Je le vis regarder partout ne sachant absolument pas où je nous emmenais, faut dire qu'à ce moment précis nous étions seuls sans la moindre habitation aux alentours. Sa réaction me fit craindre une chose, il était un gars de la ville, habitué aux bruits alors que moi j'aimais mon calme et mon isolement, il n'appréciera sûrement pas ma façon de vivre de vivre ni le lieu, si tel était le cas il devra me le dire de suite et je l'installerais dans un hôtel de la ville.

Ben bifurqua rapidement et s'engagea dans un chemin secondaire, j'observais les alentours désertiques en me demandant où nous mènerait ce trajet et je le vis soudain entrer dans une sorte de hangar perdu au milieu de nulle part. Ben se gara et coupa le moteur avant de descendre, j'en fis autant avec surprise !

On est arrivé ? Demandais-je en observant les lieux.

Ben me sourit et me dis :

Non c'est juste une étape. Et il ouvrit la porte du fond.

Alors je vis une immense étendue d'eau que m'avait caché le bâtiment jusqu'ici ainsi qu'un quai où attendait plusieurs petites embarcations, Ben se dirigea vers l'une d'elle avec naturel sans se retourner pour voir si je le suivais et commença à s'afférer dessus, je restais immobile pour ma part, tétanisé presque en observant le tristement célèbre bayou. S'il comptait se foutre de ma poire, il s'en donnait les moyens !

Alors, tu viens ? Demanda-t-il soudain interrompant mes pensées.

T'es sérieux là ? Le bayou ?

Très ! A moins que tu ne préfères n'y aller à la nage mais je ne te le conseille pas, les eaux ne sont pas très accueillantes par ici.

J'avançais vers le bateau avec un rien d'appréhension et Ben sourit de nouveau, visiblement amusé.

Alors que j'étais en colère contre ses bouffonneries il y a peu, voir sa réaction à la vue du bateau et de mon Bayou me mit en joie, il avait visiblement peur comme beaucoup de gens quand il était question de ce lieu et j'avais soudain envie de jouer avec ça. Je sais que c'était pas bien mais le malaise de Randy me faisait rire intérieurement, lui qui faisait son fier à bras il y a peu, d'un coup ressemblait plus à un ballon de baudruche partant en vrille dans le ciel. Je montais dans mon bateau le scrutant du coin de l'œil, il me suivit mais son malaise se lisait facilement le pauvre, je tenais là une petite vengeance à laquelle j'allais prendre un malin plaisir. Je mis le moteur en marche et direction la maison, le trajet durait à pleine vitesse 12 minutes mais cette fois j'allais la jouer touriste, je ne voulais pas que mon visiteur manque quoi que ce soit ça serait ballot. Au fil de l'eau je le voyais qui guettait partout, scrutant l'eau à la recherche visiblement de ses habitants réguliers, son visage était grave, sa frousse prenait de l'ampleur et comme un gamin je voulais en jouer après tout chacun son tour de faire le gosse.

- Qu'est-ce que tu zyeute comme ça Randy?

- Heu rien du tout, c'est calme dis donc.

- Tu t'attendais à quoi, une arrivée en fanfare ?

- Non c'est juste que...

- Que quoi?

- Bah le Bayou a pas une bonne réputation comme les Everglades de Floride, si tu vois ce que je veux dire.

- Oh tu veux sans doute parler des crocos, si tu as de la chance ils pourraient se décider à sortir pour te saluer.

- J'ai pas franchement envie, ils sont bien où ils sont.

Je rigolais à cette remarque et de sa trouille de plus en plus évidente, sa respiration augmentait, ses yeux étaient partout à l'affut du moindre mouvement, son corps était figé bref il en menait pas large la Vipère. Alors qu'il regardait sur la droite je lui lança d'un ton anodin :

- Tiens regarde Randy quelqu'un te salue !

- Quoi? Où?

- Bah là il y avait ce que tu recherches depuis 10 minutes un magnifique alligator. Waah celui-là c'était un gros ! Tu ne l'as pas vu ?

- Tu plaisante là Ben sérieux, c'est pas drôle.

Il avait fait un bond dans le bateau ce couillon, il regardait partout comme une girouette essayant de voir si l'alligator dont je parlais été toujours dans le coin, c'était limite s'il faisait pas pipi dans son pantalon, la vache je mordais l'intérieur de ma joue pour ne pas exploser de rire, je devais rester le plus calme possible sinon j'allais finir à la flotte, mais l'envie de le titiller était trop forte alors je rajoutais:

- Tu l'as raté, il a dû replonger pour emporter sa proie sous l'eau et la laisser se décomposer avant de la manger. Pas grave tu auras surement la chance d'en voir un de près pendant ton séjour t'inquiète pas. Tu devrais quand même arrêter de t'agiter comme ça et rester immobile, car ton agitation pourrait donner des idées à ses petits copains, tu ferais un bon repas pour eux, une offrande aux dieux du Bayou qui comblerait leur appétit pendant quelques jours.

Je me tenais droit comme un i au milieu de mon banc, après que Ben m'ait demandé d'éviter de trop m'agiter pour ne pas attirer l'attention des alligators et autres saloperies qui n'attendaient qu'une chose, faire de nous leur petit-déjeuner, je m'étais totalement immobilisé et je ne tenais pas compte de la douleur sourde de mes muscles ainsi tétanisés, j'avais même placé l'élancement épuisant de mon épaule en arrière-plan, seuls mes yeux se déplaçaient pour épier tout mouvement.

Ce type était un vrai malade ! Venir s'installer dans le bayou alors qu'il aurait pu vivre dans n'importe quelle grande ville d'Amérique ! Il devait vraiment avoir un problème cérébral, un coup trop fort en match à tous les coups ! Il faudrait que je lui suggère de passer une IRM assez rapidement quand nous serions sortis de ce marécage à la noix! Pourvu qu'il ne vive pas sur un vieux rafiot en prime ! Ça serait bien son genre tiens ! S'il m'annonçait maintenant qu'il entretenait une bande de piranhas en guise de chien de garde, je ne m'en étonnerais même plus mais je serais bien fichu de sauter en route de son bateau pour regagner l'aéroport dard-dard en évitant si possible le croco géant qui préférait toujours dévorer les petits nouveaux que les habitants du bayou, une histoire d'offrandes qu'ils avaient tous fait, j'avais douté sur le coup mais l'air très sérieux de Ben m'avait convaincu, il faudrait que je lui en reparle un peu plus tard !

Ben navigua ainsi silencieusement pendant une vingtaine de minutes avant de ralentir et de se diriger vers les berges, je cherchais un bateau quelconque mais ne voyait rien d'autre qu'un ponton auquel il vint s'amarrer, allons donc, qu'est-ce qu'il allait me sortir maintenant, une balade à dos de mulet ? Malgré tout, je l'aidais à attacher le bateau en observant les alentours du coin de l'œil, Ben récupéra mon sac et me fit faire demi-tour alors nous montions une petite colline sur quelques mètres avant que je ne vois apparaître une maison un peu plus loin et Ben se dirigea immédiatement vers elle, au moins j'avais échappé à la péniche moisie ! Pensais-je en le suivant. L'habitation grandit jusqu'à être parfaitement visible dans la végétation et je m'arrêtais une seconde pour l'admirer, surpris une fois de plus tandis qu'un sourire se dessinait sur mes lèvres.

C'était une maison en bois sur un étage, totalement asymétrique, la partie nous faisant face était plus ou moins rectangulaire mais le 1er étage surplombait son rez-de-chaussée par une sorte de coursive qui le ceinturait, une immense baie vitrée donnait directement sur le bayou suivant l'angle de notre arrivée, elle permettait de laisser passer la lumière et je comprenais totalement son utilité en voyant le reste de cette partie plongée dans la pénombre de la végétation dense et luxuriante qui entourait la propriété. Un arbre immense surplombait par ailleurs le 1er étage et la passerelle qui y menait directement en reliant deux bâtiments par-dessus l'étendue d'eau du bayou qui passait derrière la maison, elle était presque totalement entourée d'eau.

Une autre baie vitrée, plus petite en comparaison fermait la façade du rez-de-chaussée qui semblait étrangement moins haut que son 1er étage, parfaisant le côté dissymétrique de la demeure par un toit, presque plat à un seul pan.

La seconde partie de la maison formait une avancée par rapport au reste mais là encore, la coursive en faisait le tour. Un second arbre aussi massif et imposant que le premier m'en cachait en partie la vision à mon arrivée, mais pour ce que j'en vis, elle semblait plus étendue que la 1ère partie, plus large, plus longue mais toujours dans le même style, bois plus fenêtre. Des balustrades aux colonnes en passant par les murs et les fondations, tout était en bois et cette maison était absolument magnifique, elle ressemblait tellement à Ben !

Sauvage, retirée, imprévisible mais soignée et surtout finie, elle n'avait pas ce goût d'inachevé qu'ont souvent ce type de maison et je sentis le regard appuyé de Ben sur moi, il attendait ma réaction et je m'éclaircis la voix en disant :

C'est magnifique Ben ! C'est vraiment chez toi ici !

Oui c'est chez moi, c'est mon coin de paradis et tu y seras le bienvenu aussi longtemps que tu respecteras les consignes.

J'acquiesçais à son rappel sévère et nous contournions ensemble la maison par un chemin presque invisible dans la végétation, je m'aperçus que l'autre côté de la maison était bâti sur pilotis. Le garage, fermé pour le moment, donnait directement sur une autre partie du Bayou. Ce côté-là de la maison comportait moins de fenêtres au premier mais une large ouverture au rez-de-chaussée illuminait l'intérieur, tout en bois lui aussi. Cet étage contenait une belle pièce à vivre ainsi que la cuisine, une cheminée centrale à foyer ouvert donnait sur une seconde salle plus petite mais confortable, meublée de fauteuils et d'un écran plat, touche de modernité dans cet ensemble un peu rétro. Ben m'emmena à l'étage, un couloir intérieur suivait le même parcours que la coursive pour desservir les pièces, salle de bains, WC et enfin les chambres, il commença par m'indiquer la mienne qu'il me montra brièvement, elle était plus spacieuse que la disposition des lieux ne laissait imaginer et un grand lit à l'allure des plus accueillantes, d'autant plus après ce long vol de nuit, trônait en son centre, le lit était prêt, la chambre était impeccable, preuve que Ben avait veillé à tout prévoir pour mon arrivée et je le remerciais en déposant mon sac au pied du lit. Il me montra ensuite la porte de sa chambre, domaine privé sur lequel je ne posais aucune question, Ben me conduisit alors jusqu'à la passerelle que j'avais remarqué à notre arrivée et qui desservait le second bâtiment qui m'était caché jusqu' ici par la végétation et une petite colline, il s'agissait de sa salle d'entraînement, toute équipée et il m'expliqua que c'est ici que nous passerions le plus de temps.

Si tu pensais te vautrer dans le lit pendant 6 semaines façon grosse feignasse, tu peux déjà renoncer à cette idée !

Je ris doucement en observant les lieux, médusé, je n'aurais jamais imaginé Ben vivre dans le bayou et pourtant en voyant les lieux, je trouvais ça d'une logique implacable. Tout cet endroit était signé Ben et il confirma mes soupçons en m'expliquant avoir totalement rénové cette maison en ruine, son coup de cœur, chose que je comprenais parfaitement !

Notre visite s'acheva par le garage et je découvris avec soulagement que la maison avait également un accès à la route. Ben sourit à ma réaction avant de pincer les lèvres, un peu agacé :

Tu n'es pas prisonnier ici si c'est ce qui te stresse et je te rappelle que tu as demandé mon aide, pas l'inverse, tu es libre de partir.

Non merci Ben, j'y suis, j'y reste aussi longtemps que tu me le permettras, j'aime beaucoup ta maison !

Ben sourit de nouveau et je regardais autour de moi, une moto ancienne, rutilante de propreté et de rénovation attendait sur sa béquille et je m'extasiais devant la beauté de l'engin ayant moi aussi une passion pour les motos. Ben et moi parlions technique un long moment tandis que je l'examinais sous toutes les coutures. Je désignais alors la bâche qui recouvrait un second engin en disant :

Et ça ?

Sa cadette. Me répondit-il en la découvrant.

Il offrit alors à mon regard une autre Harley Davidson des années 80 en pièces détachées, il avait visiblement commencé à la retaper elle aussi et je bavais d'avance en l'imaginant totalement finie, c'était une moto mythique et Ben avait vraiment de l'or dans les mains !

J'étais super content que Randy aime ma maison, c'était l'un de mes joyaux je l'avais découverte complètement à l'abandon et dans un sale état, ni une ni deux je l'avais achetée et remise à neuf même mieux qu'avant, elle me correspondait en tout point et j'en étais fier. Deuxième bonne surprise il aimait comme moi la moto, voir briller l'admiration dans ses yeux devant mon travail me bouleversa, c'était l'une de mes passions j'achetais des motos en ruine, les mettais en pièces, les remontais et leur redonnais vie avec ma touche, je faisais tout de A à Z, il semblait impatient de voir à quoi ressemblerait la 2ème une fois fini, simple elle me ressemblera et sera à mon image. Je voyais bien que malgré sa joie il était épuisé et qu'il souffrait mais je décidais de ne rien dire après tout il l'avait cherché, il était temps qu'il prenne enfin de bonnes habitude et un bon rythme de vie chose que j'allais aussi lui enseigner. Fini les soirées beuveries, sorties en boite jusqu'à plus d'heure, tout ça c'était du passé, je n'allais pas l'enfermer loin de là mais avec son planning il ne penserait vite plus à ses soirée endiablées. Nous retournions à la maison où un bon repas nous attendait, j'avais cuisiné pour lui avant d'aller le chercher et j'espérais que la cuisine d'ici lui plairait, pendant le repas je fis une pause pour lui signaler les règles.

- Bon à partir de maintenant ta vie va changer, nouvelles règles, nouveau mode de vie pour au final obtenir un nouveau Randy.

- C'est le but de ma venue alors vas-y, dis-moi tout coach.

- Tout d'abord la chose principale que je te demande c'est d'obéir, tu suis mes consignes et ne rechigne pas, je vais pas me la jouer tortionnaire mais dorénavant tu calqueras ton rythme sur le mien. Réveil à 6h, petit déj et ensuite entrainement, pause déjeuner et retour au boulot. On va y aller par étapes, d'abord améliorer ton endurance, puis améliorer tes capacités pour finir par te rendre plus rapide et redoutable.

- Ok.

- J'ai une question quand même, comme tu as pu le voir j'ai tout à portée de main mais je veux savoir si notre isolement te pose problème si tel est le cas tu peux t'installer à l'hôtel sans soucis.

- Non j'avoue que ça me perturbait un peu mais maintenant que je suis là je ne veux pas être ailleurs, je reste soit en certain.

- Bon ce soucis étant réglé, je t'annonce que jusqu'à ta guérison complète, tu te contenteras de simplement courir, il est hors de question que tu aggraves une blessure qui n'aurait pas dû être là, donc tant que ton épaule n'est pas remise c'est footing pour toi.

- T'es pas sérieux là, tu veux que je ménage mon épaule mais au cas où tu l'aurais oublié elle sera en mouvement aussi quand je courrais, alors je peux tout aussi bien m'entrainer pleinement.

- Tu commences déjà à te rebeller, c'est de ta faute si tu es restreint au footing, et tu ne seras pas obligé de mettre ton épaule à l'épreuve si je te l'immobilise. Je peux te bander le bras autour du torse c'est pas un problème, quand j'ai été blessé pour la mienne c'est comme ça que je courrais alors tu vois chaque problème à sa solution.

- Je suis sûr que tu n'hésiterais pas en plus, mais attend je vais faire quoi moi le reste du temps ? Te regarder ?

- Tu feras ce que tu veux, prendre du repos, guetter si des alligators ne montent pas sur le ponton, bref en dehors de ton footing, tu as quartier libre. Ma maison devient ta maison, tu es libre de circuler et faire ce que tu veux, tu fais comme chez toi.

- Et toi pendant ce temps-là?

- Moi je m'entrainerais, je ne suis pas en repos, mon planning a reprit je dois donc préparer mes combats. Quand tu seras remis complètement, c'est ensemble qu'on s'entrainera, le prends pas mal, je ne veux pas te braquer mais tu as agis bêtement en te mettant en danger, si t'avais suivi le plan tu ne serais pas blessé, ton improvisation retarde le bon déroulement du programme. Si cette fois tu fais ce que je dis, il ne te faudra pas longtemps pour être remis et passer à l'étape suivante.

- Tu m'en veux toujours hein ! D'accord j'ai improvisé, j'ai laissé parler mon instinct et j'ai merdé comme un con, mais tu ne peux pas me reprocher d'avoir agi ainsi.

- Si je peux, te fier à ton instinct c'est bien mais faut le faire au bon moment, c'était pas le cas, quant à l'improvisation c'est aussi une partie de notre métier, mais là encore tu ne l'as pas fait au bon moment. Tu apprendras ça aussi au fil du temps t'inquiète pas, agir prudemment et consciencieusement donne de bien meilleurs résultats encore. Pour le moment tu termines ton repas et après tu monteras déballer tes affaires, pendant que moi j'irais bosser pour mon prochain match.

Je revins dans la salle d'entraînement quelques minutes plus tard, installer mes affaires ne m'avait pas pris beaucoup de temps, je n'avais pour ainsi dire rien emporté et j'avais bien vu Ben tiquer devant la petitesse de mon bagage, j'avais du linge pour quelques jours et mon nécessaire de toilettes, rien d'autre, je ne venais pas en vacances ici et je ne voulais surtout pas donner l'impression que je m'installais, j'étais prêt à repartir au moindre signe de Ben montrant qu'il souhaitait mon départ même si je tenais plus que tout à son enseignement et qu'il me manquerait beaucoup si je devais sortir définitivement de sa vie. Je n'arrivais pas à comprendre d'où me venait cet attachement que j'avais pour lui alors que j'avais depuis longtemps oublié ce que c'était d'apprécier quelqu'un alors l'aimer n'en parlons pas !

J'avais donc rangé ma pile de linge dans le placard et posé ma trousse de toilettes à côté avec mes deux serviettes, puis j'avais observé la chambre et la vue qu'elle donnait sur le bayou pendant une minute supplémentaire. Ben ne m'avait donné aucune autre consigne que de m'installer et de ne pas m'entraîner aujourd'hui. Notre petite joute verbale un peu plus tôt m'avait appris ce que j'avais besoin de savoir. Ben décidait et il s'attendait à ce que je respecte ses ordres à la lettre et il ne semblait pas à court de solutions pour me contraindre si je refusais. Son regard était ferme, tout autant que son ton quand il m'avait annoncé que pour moi, ça serait footing et rien d'autre tant que mon épaule ne serait pas guérie, ok, il me faisait payer directement mon écart de la veille, ça commençait bien ! Quand j'avais voulu joué au malin, il s'était empressé de faire disparaître mon sourire provocateur en me disant qu'il pouvait facilement m'immobiliser l'épaule si j'insistais. J'avais aussitôt battu en retraite, ça ne me tentait pas du tout et il le savait, Ben était un petit malin lui aussi, comme son coach, j'avais intérêt à me méfier un minimum si je ne voulais pas perdre plus que je ne gagnerais à jouer avec lui.

Alors, n'ayant rien d'autre à faire de toute façon et refusant d'aller me reposer et lui montrer ma fatigue et ma douleur dès mon arrivée, je le rejoignis à la salle d'entraînement en passant par la passerelle et j'entrais doucement dans la pièce, le trouvant en plein échauffement. Il avait forcément dû sentir ma présence tout comme j'étais constamment conscient de la sienne depuis mon arrivée à l'aéroport, je me demandais s'il percevait la mienne de façon aussi intrusive que moi. Il nous faudrait sûrement du temps pour nous y habituer, peut-être le temps qu'on trouve nos marques et qu'un lien moins instable et tendu nous unisse !

Ben enchainait les mouvements de force, les pompes, les abdos mais le tout compliqué par des appuis différents, il effectuait ses pompes en appui sur trois doigts, les bras tendus devant lui pour forcer ses muscles à travailler différemment et je compris instantanément d'où venait son buste magnifiquement sculpté, j'avais moi-même des muscles saillants et dessinés mais pas comme Ben, ils n'étaient clairement pas aussi puissants ! Quand Ben fut parfaitement chaud, je le vis se diriger vers une barre fixe au fond de sa salle et il commença les choses sérieuses. Il commença par une série de tractions rapides avant de ralentir le rythme, décomposant le mouvement comme s'il gravissait des escaliers en même temps, puis il commença à se hisser sur la barre, se propulsant vers le haut avant de frapper dans ses mains derrière son dos et de se rattraper à la barre pour mieux recommencer, il travaillait par série de 20 à chaque fois et j'étais conscient des efforts titanesques qu'il devait produire à chaque fois pour ça. Soudain, il passa ses jambes au-dessus de la barre et posa ses genoux dessus avant de lâcher ses mains, il se retrouva suspendu la tête en bas et commença une longue série d'abdos, l'exercice était compliqué par le mouvement de balancier qu'il exerçait sur la barre mais ça ne semblait pas le gêner et je restais bouche bée devant sa maîtrise totale de son corps.

Ben tendit les bras vers le sol, il restait 30 bons centimètres entre ses doigts et le plancher mais il libéra ses jambes de la barre et se réceptionna sur les mains, se plaçant en position d'ATR, il fit quelques pas sur les mains pour s'éloigner de la barre puis souleva l'une de ses mains pour toucher son épaule opposée et la reposer ensuite à sa place, pour soulever la seconde et reproduire le même mouvement, là encore il effectua une série de 20 avant de rebasculer sur ses pieds.

Wah ! Tu m'apprendras ça dis ?

Oh là ! Faut d'abord t'apprendre à marcher avant de vouloir essayer de courir !

J'eu une petite moue déçue mais je hochais de la tête pour lui montrer que j'avais compris, il était trop tôt pour le moment mais je voulais apprendre à faire ça moi aussi ! Même si ça demandait une maîtrise et un calme que j'étais loin de posséder, je voulais y arriver et la volonté était capable de beaucoup de choses ! Le reste de l'après-midi passa ainsi, je restais difficilement assis dans un coin tandis que j'observais Ben s'entraîner, je ne ratais aucun de ses gestes, l'apprentissage par le visuel était très efficace lui aussi, en attendant que Ben me donne le feu vert pour le rejoindre, j'avais vraiment hâte que mon épaule se remette et je me mordais déjà les doigts de ne pas avoir suivi ses consignes à la lettre, l'engueulade que j'avais pris à mon arrivée n'était rien elle, Ben devait déjà avoir compris qu'elle n'aurait aucune prise sur moi tandis que les restrictions qu'il m'imposait me posaient d'énormes soucis et je luttais tant bien que mal contre ma nature impulsive pour rester en place et ne pas attiser davantage sa colère.

Le reste de la journée se passa relativement bien, j'avais bien vu que Randy ne voulait qu'une chose, venir me rejoindre et apprendre à faire comme moi, je l'avais charrié sur ça mais si par la suite il voulait vraiment le faire alors pas de soucis. Ses yeux ne m'avaient pas quitté une seconde, ils brillaient d'émerveillement devant ma performance et ça me toucha, je restais malgré tout concentré sur mes mouvements. Alors que j'avais presque fini, il me proposa doucement de préparer le diner, son ton était calme et doux, il ne voulait sans doute pas me déranger alors tout en continuant je lui répondis que ça serait gentil avec la même teinte vocale, un dernier sourire et il partit presque sur la pointe des pieds. Quand j'eu finis et prit ma douche je le retrouvais finissant le repas et je mis la table, c'était assez troublant de constater que c'était déjà presque naturel de compléter ce que faisait l'autre, on parla de la réaction de McMahon à l'annonce de la blessure de Randy et un fou rire nous prit, il nous fallut un bon moment avant de nous calmer et une fois fait, on essuya chacun les larmes qu'on avait aux yeux. Je débarrassais la table et fit la vaisselle et une fois de plus le duo était en place, je lavais, il essuyait, c'était quasi normal comme si on vivait ensemble depuis un moment et j'aimais vraiment ça. Une fois fini, le temps d'aller se coucher vint et chacun regagna sa chambre pour une bonne nuit de sommeil, après un « bonne nuit » nous refermions nos portes doucement. J'étais allongé dans mon lit repensant à notre journée haute en découvertes, d'abord notre brouille à son arrivée, puis sa peur sur le bayou, sa découverte de ma maison et de ma passion pour les motos, passion que nous avions en commun comme beaucoup de choses d'ailleurs. Puis vint mes recommandations, sa tentative avortée de rébellion, mon entrainement sous ses yeux admiratifs et notre petit moment de délire aux dépends de son boss. J'avais le sourire aux lèvres en revivant ces moments, nous étions différents mais semblables en beaucoup de points, le coach avait raison, c'était un peu comme si Randy était l'autre partie de moi qui manquait. D'ailleurs en parlant de moitié, je l'entendais marcher de long en large dans sa chambre depuis tout à l'heure, les lieux était peut-être trop calme, la déco ne lui plaisait probablement pas ou bien il redoutait de se coucher de peur d'être bouffé durant la nuit par un croco, à cette pensée j'explosais de rire, putain je m'en remettrais pas de ça. Je me calmais pour écouter ses mouvements et j'entendis sa porte s'ouvrir et ses pas le mener vers ma chambre, mais oui je suis con je lui avais pas fait de câlin avant qu'il aille au lit, j'étouffais mon rire sur l'oreiller, fallait vraiment que j'arrête mes âneries moi, je repris mon calme au 1er Toc Toc.

- Entre Randy.

Je poussais timidement sa porte de chambre, il m'avait fallu plus d'une heure avant de me décider à venir le voir, il ne m'avait pas montré sa chambre à son arrivée, juste la porte, ce qui m'avait fait hésiter encore plus, je ne voulais pas envahir son territoire mais j'étais incapable de dormir. Il était beaucoup trop tôt pour moi d'une part et puis par rapport à ce que je faisais chaque jour en entraînement, je n'avais rien foutu aujourd'hui, j'avais pris l'habitude de travailler jusqu'à l'épuisement totale depuis deux semaines, alors je m'effondrais dans mon lit. Et puis, ici c'était beaucoup trop calme !

Ben, je ne te dérange pas ?

T'arrive pas à dormir hein, trop calme pour toi sans doute.

Y a pas un bruit ici, ce calme-là, c'est limite flippant, pas de klaxon, pas de circulations ni de cris à 4h du mat, comment tu fais?

Tu vas t'y habituer, et puis quand tu reprendras l'entrainement crois-moi que le silence tu n'y prêteras plus attention. Tu veux que je te chante une berceuse ? ça pourrait t'aider tu sais !

Euh, quelque chose me dit que tu dois chanter aussi faux que Taker et Vince réunis !

Je vais te balancer à Taker tu vas voir, je t'attacherais même à une chaise et lui demanderais qu'il chante jusqu'à ce qu'il n'ait plus de voix.

Je me disais bien que tu avais des instincts de psychopathe!

Psychopathe non, joueur oui et j'avoue que mon idée me plait vraiment, t'as pas le numéro de Taker par hasard?

Bien au chaud au fond de mon portable, aucune chance que je te le donne, va falloir que tu t'en empares si tu le veux.

C'est un défi ça non?

Je suis très joueur moi aussi, ça m'amuserait beaucoup de te voir essayer.

Défi accepté petit scarabée, avant la fin de la semaine j'aurais le numéro.

Je te signale qu'on est vendredi.

Je le sais, il me reste 2 jours, reste sur tes gardes surtout hein.

Randy me sourit avec un air narquois, l'étincelle de défi brillait dans son regard, il m'amusait énormément à jouer avec le feu, il n'avait pas encore compris qu'il n'avait aucune chance !

ça marche, on prend les paris, personnellement la joie de te voir perdre me suffira comme gain mais toi?

Tu devras te jeter tout nu dans le Bayou si j'y arrive.

Tu fais monter les enchères à ce que je vois, je devrais sûrement demander une meilleure récompense en cas d'échec, très probable de ta part!

T'as raison c'est pas assez, non seulement tu devras te jeter nu dans le Bayou mais après ça tu devras être à mon service toute la journée et m'appeler Monsieur. Ah pour le saut dans la flotte on attendra le soir, je suis sûr que ça te détendra.

Hum, tu sais que je suis assez barge pour tenter le risque?

Mais j'espère bien, tu voudrais pas me décevoir dis?

Aucune chance! Mais si c'est toi qui perds, tu devras me servir toi aussi toute la journée et en tenue de soubrette, je suis sûr que les crocos vont adorer quand tu sauteras à l'eau le soir!

Tenue de soubrette hein petit coquin, mais top là marché conclu.

Randy me rejoignit pour me taper dans la main en disant :

Tu as jusqu'à dimanche 23h59 !

Pas de souci !

J'observais sa chambre à la dérobée, c'était le domaine de Ben, ça m'aiderait à le connaître mieux, surtout après ce défi que je venais de lui lancer, j'avais enfin trouvé un adversaire à ma hauteur pour mon côté joueur, à moi de l'emporter ! Dans un coin de sa chambre, j'aperçus soudain une magnifique guitare et je lui demandais :

Tu en joues ?

Non c'est pour faire style, à ton avis gros bêta?

J'allais la chercher sous son regard vigilent et la lui tendit précautionneusement, Ben semblait encore plus maniaque que moi ! Il n'y avait pas un grain de poussière dessus et elle était vraiment magnifique. Je m'assis en tailleur à même le sol et Ben plaça sa guitare sous son bras pour commencer à jouer un morceau pour moi. Je souris dès les premiers accords, je connaissais cette magnifique chanson des Scorpions, send me an angel, elle avait bercé quelques-unes de mes nuits agitées et j'attendais impatiemment d'entendre Ben chanter. Il jouait bien déjà et la mélodie seule m'apaisait mais lorsque sa voix s'éleva des frissons me parcoururent. Son timbre était un peu plus rauque que celui du chanteur des Scorpions, elle avait un côté rocailleux que j'adorais, elle était aussi unique que lui, il ne me regardait pas et la profondeur de son regard me manquait un peu mais il était nettement compensé par ce morceau qu'il jouait pour moi, sa voix monta légèrement pour suivre les sonorités originelles de la chanson et je fus totalement conquis, il ne cesserait jamais de me surprendre mais pour l'heure, je me laissais emporter par son chant, oubliant même où nous étions. Ben joua les derniers accords et le silence qui régna me parut encore plus pesant mais je ne pouvais pas lui demander de jouer pour moi toute la nuit, je n'étais pas un gosse et je ne voulais pas lui montrer que j'étais mal à l'aise ici et que le bayou m'effrayait.

Waah, Ben, tu peux m'attacher sur une chaise et jouer et chanter autant que tu veux, je risque pas de m'en plaindre ! Le complimentais-je de façon détournée.

Ben me sourit doucement et attaqua un nouveau morceau mais sans le chanter cette fois, je connaissais également cette musique, elle me surprenait venant de Ben mais je ne pus résister et me mis à chanter à mon tour sur la mélodie.

J'appréciais ce moment de calme, de complémentarité encore une fois, rares étaient les fois où j'avais joué et chanté pour quelqu'un, la dernière personne pour qui je l'avais fait c'était ma mère, chaque année j'allais sur sa tombe pour son anniversaire lui jouer sa chanson préférée c'était jusque-là la seule à avoir entendu mon timbre de voix. Voulant continuer ce moment j'enchainai sur une autre mélodie et là c'est moi qui fut surpris et agréablement en plus, non seulement Randy connaissait aussi cette mélodie mais cette fois ce fut lui qui chanta les paroles. Si ma voix était légèrement rocailleuse, la sienne était douce et envoutante, alors que mes mains agissaient d'elles même pour faire jaillir de ma guitare la chanson I WANT TO KNOW LOVE IS de FOREIGNER, mes yeux ne quittaient pas Randy eux, il avait les yeux fermés, un beau sourire sur le visage et vivait la chanson comme moi j'avais vécu la mienne. C'était surprenant pour deux gaillards comme nous d'entamer des chansons aussi romantiques et significatives mais c'était sans nul doute notre part de fragilité qui ressortait de là, pas de faux semblant juste de l'émotion à l'état pur. Quand le dernier mot surgit, le dernier accord remplit la chambre et un silence apaisant nous entourait, bon dieu que ça faisait du bien, malgré l'heure je n'avais pas envie que ce moment se termine et j'espérais au fond de moi qu'un jour peut-être nous referions cette expérience.

- Bah dis donc je suis pas le seul à avoir un talent caché dis-moi, tu chantes magnifiquement bien tu sais, c'était merveilleux de t'écouter.

- Merci je suis touché. Tu sais tu es le seul devant qui j'ai osé chanter, je ne l'ait jamais fais devant qui que ce soit avant toi.

- Je suis très honoré, c'est un très beau cadeau et j'espère que c'est pas la dernière fois que j'aurais la chance de t'entendre.

- Seulement si tu joues et que toi aussi tu me rechantes des chansons.

- Pas de problème on se refera ça.

- Tu dois faire un malheur en soirée karaoké toi.

- Je ne fais pas ce genre de chose, en fait tu es seulement la 2ème personne à m'entendre jouer et chanter.

- Sérieusement? Pas de doute que la fille pour qui tu chanter à dus vite te tomber dans les bras avec une voix comme la tienne.

- C'était ma mère et effectivement elle me prenait à chaque fois dans ses bras après.

- Je suis désolé Ben pardon je ne voulais pas te rappeler de mauvais souvenirs

- Rassure toi, c'est pas le cas ces souvenirs-là sont les plus beaux que j'ai alors ça va.

- D'accord, encore une fois merci pour ce moment et pour m'avoir fait ce précieux cadeau, merci vraiment je suis honoré à sa juste valeur. Je vais te laisser dormir maintenant après ça je ne vais avoir aucun mal à dormir à présent. Bonne nuit Ben.

- Bonne nuit Randy.

Il sortit doucement de ma chambre et alla se coucher, je remis ma guitare en place et me recoucha, la chambre baignait toujours dans cette atmosphère de douceur et c'est avec l'esprit léger et le sourire aux lèvres que je commençais à m'endormir. Je sombrais peu à peu avec dans la tête la voix de Randy chantant sa chanson un vrai beau moment qui m'avait apaisé comme rarement je l'étais, sa voix était un baume à elle toute seule.