Bonjour à toutes et toutes, c'est reparti pour une nouvelle publication de nos aventures qui montent d'un cran supplémentaire. (Et j'en fais toujours les frais, je me demande si je vais pas faire comme les filles moi et prendre du repos.) Tu le feras pas t'es trop accro à mon corps chou, bon alors la suite tant attendu est là. (Parce que t'es pas accro au miens peut être? Allez avoue Benny t'es raide love de MOI.) J'avoue quedal à part que je vais encore m'amuser dans ce chapitre. (Tu sais que je me vengerais de tout ce que tu me fais subir hein tu le sais ça?) T'arrête pas de le dire mais bon jusque là tes plans ont fini à la flotte tous comme toi bientôt t'as prévu ta bouée canard j'espère? (Pas besoin de bouée et puis c'est pas moi qui va finir à l'eau rien à faire.) C'est beau de rêver, enfin voilà quoi avec la validation de nos auteurs nous vous offrons ce nouveau chapitre avec 1 jour d'avance. (Oui un cadeau de Noël avant l'heure profitez.)

Nous vous souhaitons à tous et toutes un très bon réveillon et plein de beaux cadeaux. Pour nous faire plaisir bah facile: on veux plein de reviews.

Joyeux noel tous le monde. Lilou, Titoune, Ben et Randy.

Chapitre 23 le Bayou

Après le magnifique moment qu'on avait passé hier soir qui nous avait permis de nous découvrir un peu plus, la nuit avait été calme, reposante et je me levais de bonne humeur, de très bonne humeur même. Le réveil affichait 4h30 du mat mais j'avais une mission, il fallait que je balise la piste pour que Randy puisse courir sans se perdre, ni une ni deux je m'habillais et descendis doucement au garage récupérer les panneaux et en route. Au fur et à mesure du balisage, je rigolais comme un couillon à la tête qu'il ferait quand il découvrira leur signification, je le voyais déjà battre des records de vitesse, dépassant même la rapidité de Bip Bip. Je lui faisais un bon parcours, lui assurant un footing convenable. Par ci par là je mettais les panneaux convenant à chaque endroit, près de l'étendu d'eau le petit panneau: Fosse aux crocos, sur les bords du chemin broussailleux: Plantes carnivores, près du Bayou qu'il allait longer: Alligator enragé ne pas approcher, et pour finir je plaçais le dernier près des abords du chemin de sable: Danger sable mouvants. J'avais fait c'est panneaux moi-même il y a un moment pour foutre les jetons à des journalistes trop curieux venus d'états différents m'assurant ainsi ma tranquillité, car jamais aucun n'avait approché de ma maison. Aujourd'hui je les replaçais pour rigoler, histoire de pimenter un peu l'entrainement de Randy, j'adorais le taquiner, il marchait au quart de tour, là il allait courir et à une vitesse qu'il n'aurait jamais atteinte sans mon aide. Ce petit balisage fini, je regagnais la maison en courant, j'étais tout content de ma connerie, avait hâte de voir sa réaction mais aussi je profitais de ce moment pour me dépenser un peu car ma journée allait être chargée et je n'aurais pas autant de temps que d'habitude pour m'entrainer. J'atteignis la maison pile au moment où le soleil se levait sur le Bayou, je restais sur les marches un petit peu admirant la vue puis je montais prendre vite une douche, il était temps que je réveille mon dormeur, son footing l'attendait. A 6h du matin précisément j'entrais doucement dans sa chambre et le regardais, il était allongé sur le ventre la tête tournée vers moi, un petit sourire s'affichait signe que sa nuit avait était bonne pour lui aussi. Je m'approchais et le réveilla en douceur, je n'étais pas un adepte des réveils brutaux alors pas moyen que je lui fasse, à moins d'être en colère je préférais la manière douce, il sortit peu à peu des brumes, ouvrit les yeux doucement et me sourit.

- Allez debout c'est l'heure

- Il est quelle heure?

- 6h.

- Quoi attend Ben t'étais pas sérieux le soleil est à peine levé !

- J'étais très sérieux et à cette heure-là le spectacle vaut le coup d'oeil je t'assure.

- Mouais.

- Sinon tu as bien dormi?

- Comme un bébé, t'avais raison je commence à me faire au silence par contre le réveil à l'aube pas sûr que ça passe.

- Tu t'y feras aussi, allez bouge ton petit cul, habille toi ton footing t'attend.

- Tu viens avec moi ? Faudrait pas que je me perdre.

- Je viens de faire le mien feignasse et le chemin est balisé tu pourras pas te tromper. Allez go t'es pas en vacances.

Je sortis de sa chambre, sachant ce qu'il l'attendait je n'aurais pas tenu plus longtemps avant de rire, je me réservais ça pour après. Je descendis en bas et moins de 15 minutes plus tard, il descendit à son tour habillé et prêt pour son premier footing dans le Bayou. Je lui réitéra les consignes auxquelles il acquiesça, l'accompagna sur le porche et lui montra le chemin à suivre, après un joyeux: « A tout à l'heure Ben », il partit en petite foulée, moi je regagnais la cuisine en ricanant. C'était pas le tout mais j'avais moi aussi un planning, je lui préparais le petit déjeuner avant de partir pour la ville non sans lui avoir laisser un mot signalant mon absence, son récit et ses impressions devront attendre.

Je partis en petite foulée dans le bayou, regardant le soleil se lever sur ce décor des plus étranges pour moi mais Ben avait raison, c'était magnifique sous l'aube, l'eau avait des teintes roses et orangées, j'aurais presque pu oublier l'aspect menaçant des lieux mais je revins rapidement à la réalité. Ben m'avait indiqué de prendre à droite au premier embranchement, me disant que le reste du parcours était signalé et que je ne risquais pas de me perdre, il m'avait rappelé ses consignes de prudence également et j'avais acquiescé avant de me mettre en route le sourire aux lèvres. Mais dès la première indication de Ben, j'avais déchanté, un large panneau noir indiquait fosses aux alligators à côté d'une espèce de marécage boueux totalement opaque, j'avalais ma salive nerveusement et passait sur la pointe des pieds de peur qu'ils ne m'entendent avant de détaler comme un fou. Je ne ralentis que lorsque la fosse fut loin derrière moi mais je rencontrais alors un nouvel obstacle sur mon chemin, un petit pont de bois surplombait un courant d'eau plus clair, un autre panneau mettait en garde contre un « élevage de piranhas » et je freinais des 4 fers en hésitant à poursuivre cette dangereuse traversée mais je n'avais de toute façon pas le choix et Ben serait très déçu que je rentre sans avoir accompli mon unique entraînement de la journée alors je pris mon élan pour franchir le pont sans balustrades d'un grand bond, je roulais dans la boue à l'atterrissage sans m'en préoccuper et poursuivit ma route en accélérant de nouveau, footing qu'il disait, à ce train-là, j'allais faire un marathon de la vitesse ! Je frôlais la crise cardiaque face au panneau suivant, danger alligator enragé, j'aperçus une forme sombre bouger lentement le long de la berge et il n'y avait pas d'autre chemin ! Le soleil n'était pas encore assez haut pour éclairer cette partie du chemin et je tremblais de peur à l'idée de glisser et de finir tout droit dans les mâchoires de ce monstre, d'autant que ça courrait vite ces machins-là, même si j'arrivais à ne pas glisser dans l'eau, il suffisait qu'il lui prenne la lubie de me courser et j'étais mort, merde Ben, c'est quoi ce plan pourri, je fais comment moi ? Grognais-je à son attention. Je fais demi-tour ? D'un autre côté, pour rejoindre la maison, il fallait que je repasse tous les obstacles précédents, ce n'était peut-être pas une bonne idée non plus. J'hésitais encore une seconde avant de me relancer dans le sprint de ma vie, je suis sûr que j'étais en train de pulvériser le record du 200 mètres et haut la main ! Malgré tout je gardais l'œil sur la forme dans l'eau qui ne semblait pas bouger à mon grand soulagement et atteignit une zone sableuse tout à fait inattendue, la maison semblait juste derrière, j'avais une envie folle de couper par là quand un autre panneau m'arrêta net, « attention sables mouvants ! » Ok, va pour le grand tour alors ! Mais quel pays de dingue, comment pouvait-il vivre là-dedans, à risquer sa peau toutes les 4 secondes, entre les crocos, les piranhas et les sables mouvants, qu'est-ce qui allait surgir après ce tournant ? Un ravin et un pont suspendu ? Un fleuve de lave ? Plus rien ne m'étonnerait pour maintenant. Je franchis donc le dernier virage pour me retrouver de nouveau dans une sorte de jungle géante aux fleurs étranges et c'est alors que j'aperçus le dernier panneau de Ben me prévenant cette fois de la présence de plantes carnivores ! J'aurais dû y penser, il ne manquait plus que ça dans ce tableau de rêve ! Je fonçais ventre à terre en m'efforçant de rester le plus au milieu possible du chemin et atteignit enfin la maison, hors d'haleine avant de m'effondrer sur la terrasse en cherchant mon souffle, j'avais très certainement dû le laisser quelque part dans cette course d'obstacles, footing il avait dit ? Faudra que je lui apprenne la définition des mots pendant mon séjour ici. Je me relevais et virais mes baskets avant d'entrer dans la maison impeccable de Ben en l'appelant.

Mais je n'obtins aucune réponse, j'avisais alors le petit-déjeuner sur la table accompagné d'un petit mot dont je m'emparais. « Parti faire des courses, je reviens dans deux heures, je t'ai fait le petit-déj. A tout à l'heure Ben »

Je grommelais de plus bel à l'idée de rester seul ici et regardait ma montre, Ben ne reviendrait pas avant une heure au moins encore alors j'attaquais le petit-déj en espérant qu'il avait mangé lui aussi, je ne me sentais pas à l'aise du fait de manger chez lui alors qu'il n'y était pas mais le message semblait clairement sous-entendre que ce repas m'était destiné alors je m'installais et dévorais de bon appétit, cette course effrénée m'avait ouvert l'appétit. Je fis ensuite ma vaisselle, l'essuyant et la reposant sur la table de Ben, ne voulant pas fouiller dans ses placards et je montais me prendre une douche, bien nécessaire après ce périple dans gadouville.

J'avais repris le bateau direction le quai pour reprendre ma voiture, j'allais en avoir besoin cet après midi, une fois le port atteint, j'amarrais mon bateau, Willy était là fidèle au poste comme toujours, il prenait soin de mon bateau durant mon absence, nous discutâmes un petit moment de tout et de rien, il prenait à chaque fois des nouvelles de mes combats, de mes blessures et était heureux d'apprendre que j'étais là pour un moment, un dernier salut et hop direction le hangar, une fois fais je partis en direction de la ville pour quelques préparatifs de dernière minute et surtout l'achat d'un cadeau de bienvenue pour Randy, après ça c'était sur il allait me tuer et me jeter aux crocos mais je ne pouvais pas m'en empêcher. Mes courses faites, mon cadeau acheté, je repris la route de la maison en regardant l'heure, quand je serais arrivé en principe Randy sera revenu de son footing et j'allais enfin savoir comment ça c'était passé j'espère que mon balisage lui aura était utile.

5 min plus tard, je me garais devant le porche et sortis mon présent sous le bras faisant attention à ce que Randy ne le voit pas ça gâcherait ma surprise et sa réaction, surtout sa réaction. C'est donc à l'affût du moindre bruit me signalant sa présence que je m'engouffrais dans la maison, le rez de chaussée était désert, un petit coup d'œil et je vis que sa petite course lui avait ouvert l'appétit son petit déjeuner avait disparu, j'étais heureux qu'il l'est fait, il avait put reprendre un peu de force. Je gravis sur la pointe des pieds les marches et j'entendis la douche couler, je me dirigeais donc vers ma chambre laissant la porte ouverte comme à mon départ, il ne devait pas avoir le moindre soupçon de ma présence. J'allais m'asseoir sur le fauteuil dans le coin attendant comme un môme de faire ma prochaine péripétie. L'eau se coupa 10 minutes plus tard et je l'entendis sortir de la salle de bain et regagner sa chambre fermant la porte derrière lui, c'était bon pour que je puisse faire mon offrande mais j'avoue que le voir seulement vêtu d'une serviette le corps couvert de gouttelettes d'eau ne m'aurait pas déplu, mais ce moment là aussi viendra bientôt et quand ça sera le cas il n'y aura pas de serviette. Je devais arrêter mes rêveries pour me glisser tel un fantôme devant sa porte de chambre, y déposer mon colis, regagner ma chambre et cette fois fermer la porte non sans avoir placer dessus le dernier des panneaux indicatifs. Je m'allongeais et j'attendis la future explosion qui n'allait pas louper, c'était impossible qu'il reste insensible face à ma gentillesse, Sérieux Ben prépare toi à être attaqué par une furie! Me dis-je retenant difficilement mon rire, j'avais hâte qu'il ouvre sa porte putain, ça faisait un bail que je ne m'étais pas autant amuser moi, le mode sale gosse était enclenché chez moi, restait à voir quel mode Randy allait quant à lui prendre.

Une fois ma douche finie, je sortis de la salle de bains et retournais m'habiller dans ma chambre, au silence qui régnait dans la maison, je déduisis que Ben n'était pas encore rentré et je pris le temps de me préparer, après tout, selon les consignes de Ben, ma journée était terminée puisque j'étais interdit d'entraînement même si ça me posait problème, je patienterais, pour le moment.

Une dizaine de minutes plus tard, je rouvris ma porte de chambre pour en sortir et reculait en hurlant de peur, un alligator géant se tenait sur le seuil ! Au bout d'une dizaine de secondes, je m'aperçus que l'animal était inerte puisqu'il s'agissait d'une peluche géante et qu'elle tenait une pancarte : « Je monte la garde » Je grognais de colère, là il abusait quand même ! J'attrapais le croco et allait jusqu'à la chambre de Ben, la porte en était désormais fermée et une pancarte, toute neuve elle aussi l'ornait. C'était une pancarte noire avec pour inscription : « Territoire de Ben: interdiction d'entrer aux crocos et à leur maitre » un logo formé par un croco dans un cercle barré la complétait et mon agacement s'amplifia encore tandis que je frappais à sa porte.

Il ne lui avait pas fallu si longtemps que ça avant de finir par sortir de sa chambre, j'avais dû me bouffer le point pour ne pas exploser de rire en entendant son hurlement de demoiselle en détresse, sérieusement je ne savais pas si je devais en rire ou me braquer de sa réaction à la vue de mon cadeau. Il fallait que je me calme car ses pas rageurs se dirigeaient droit vers moi, respire Ben, respire! Me dis-je tentant de maîtriser mon fou rire, un Toc rageur à ma porte m'annonça qu'il venait probablement me remercier, putain fallait que je retrouve ma maîtrise moi, je pris une grande respiration, vérifia dans le miroir que mon visage ne trahissait pas mon amusement et j'ouvris la porte faisant face à un Randy furieux avec sa peluche sous le bras. Je le regardais calmement, puis mon regard alla du panneau sur ma porte à lui et je luis dis le plus calmement du monde:

- Non seulement je dois te former, t'empêcher de te foutre dans des situations pas possible et maintenant je dois aussi t'apprendre à lire va falloir revoir mon salaire à la hausse.

- Très drôle Ben très drôle, tu crois pas que tu abuses un peu là ? Tu fous un alligator en peluche devant ma porte, j'ai eu les jetons quand j'ai ouvert moi sérieux t'es con, j'ai cru qu'il y en avait un qui était entré dans la maison.

- Il serait rentré par où je te signale que les portes sont fermées nigaud. Et puis moi qui penser te faire plaisir en t'offrant un cadeau vlà comment tu me remercies puisque c'est comme ça je t'offrirais plus rien. Je te laisse avec ton garde du corps.

Je referma la porte sur un Randy médusé par mon aplomb, cette fois c'était trop pour moi et j'explosais de rire, je n'en pouvais plus je riais tellement que j'avais les larmes aux yeux, c'était limite si j'allais pas me faire pipi dessus. Mon rire augmenta de plus belle en l'entendant gueuler comme un couillon dans le couloir pour retourner s'enfermer rageur dans sa chambre, j'allais le payer ça c'était sûr mais franchement si c'était à refaire, je le referais sans hésitation, sa réaction valait de l'or en barre !

Je restais un bon moment dans ma chambre pour décolérer, Ben s'était bien foutu de moi sérieux et ça me foutait les nerfs, il avait déjà trouvé une de mes faiblesses dans ma peur de son fichu bayou pour la retourner contre moi et je n'appréciais pas du tout. Malgré tout, j'avais entendu Ben rire comme un gamin pendant plusieurs minutes avant de se calmer et je devais bien admettre que sa farce était bien trouvée même si c'était moi qui en était le dindon, j'allais trouver le moyen de lui rendre la monnaie de sa pièce mais je le ferais à un moment où il s'y attendrait le moins et la vipère ricana au fond de moi à l'idée de se venger !

Au bout d'un quart d'heure, je décidais de rejoindre Ben en bas pour connaître la suite du programme, je n'allais quand même pas passer la journée à bouder comme un gosse de 4 ans !

Je regardais Randy descendre calmement l'escalier le scrutant attentivement, je m'étais calmé mais visiblement lui était toujours légèrement en colère après ma blagounette, je décidais donc d'attendre qu'il se décide à parler en premier ne voulant pas l'énerver encore plus. D'un coup sa voix s'éleva dans la pièce, elle était un peu ferme ce qui me signalait d'entrée que je devais rester tranquille.

- C'est quoi la suite du programme Ben?

- On va bientôt manger, après je monterais faire mon sac car je dois partir dans 2h j'ai un show ce soir.

- C'est vrai que tu bosses encore toi, j'avais presque oublié pardon.

- Pas de soucis, je pars faire mon combat et je rentre demain.

- Tu veux que je fasse le repas pendant que toi tu fais tes bagages, tu as fait le petit déjeuner alors à mon tour.

- Si tu veux je te remercie, je vais pas en avoir pour longtemps, je viendrais t'aider quand j'aurais fini.

- C'est normal, tu as des choses à régler et si je peux t'aider c'est un plaisir.

- D'accord, sinon dis-moi comment était ton footing ce matin, ça c'est bien passé j'espère? Tu n'as pas forcé sur ton épaule hein?

- J'ai pas forcé sur mon épaule non, par contre j'ai explosé le records de vitesse moi !

- C'était pas une course t'étais pas obligé d'aller vite tu sais.

- Punaise Ben y a des panneaux partout autour de chez toi c'est un véritable champ de mine cet endroit.

- Hein? Dis-je faisant mine de ne rien comprendre.

- Des panneaux sur les sables mouvants et présence d'alligators, il y en a partout!

- Bah quoi tu aurais préféré que ça soit pas indiquait peut être, que tu te retrouves enlisé jusqu'à la taille ou encore mieux que tu te retrouves cerné par des alligators en manque de chair fraiche. Si c'est ce que tu veux je peux aller enlever les panneaux de prévention, moi je connais les lieux comme ma poche, je sais où aller et ne pas aller mais toi….

- Euh non tu laisses les panneaux hein, tu fais pas le con, je croyais que tu déconnais moi juste pour me foutre les jetons mais là...

- Je plaisantais pas désolé. Bon maintenant que tu connais les risques tu sauras à quoi t'attendre, la prochaine fois pas la peine d'y laisser tes poumons.

- Oui bah quand même, il y a pas d'autres chemins par hasard ?

- Si mais ils sont plus dangereux encore, celui-là est le plus cool. Bon je vais monter préparer mon sac, l'heure tourne et faut pas que je rate mon avion.

- Vas-y je vais faire le repas.

Ben monta préparer son sac tandis que je m'occupais du repas du midi, j'étais un peu triste qu'il doive partir surtout aussi vite après mon arrivée mais je savais que dans ce genre de métier, les déplacements étaient constants, j'aurais dû lui demander de simuler une blessure lui aussi tiens, même si ça aurait forcément éveillé des soupçons. Je me demandais ce que j'étais sensé faire ici tout seul en son absence, j'aurais nettement préféré venir avec lui mais ça n'était pas au programme, tant pis. Aussi surprenant que ça puisse paraître, il allait me manquer même ses blagues pourries me manqueraient ! Quand Ben redescendit, le repas était presque prêt alors il mit la table pendant que je finissais et on s'installa rapidement, Ben avait peu de temps avant de devoir filer et me laisser seul. Je regardais l'heure filer pendant que nous mangions, moi sans grand appétit d'ailleurs, je n'avais pas envie qu'on doive déjà se séparer, il faudrait que je pense à lui demander son planning complet des semaines à venir pour que je puisse mieux me préparer à ses départs à l'avenir. Je me faisais l'effet de la pauvre petite femme qui regarde son mari partir et je manquais d'éclater de rire en imaginant la scène, la petite femme, ça serait lui pas moi !

Ben et moi faisions la vaisselle ensemble comme la veille, on avait d'instinct trouvé une entente cordiale, on se complétait dans la moindre de nos actions et j'adorais ça. Ben regarda l'heure une nouvelle fois et je soupirais doucement en sachant que cette fois il devait partir.

Il est temps que je file Randy.

Oui je sais

Tu me promets de pas faire de conneries pendant mon absence et de ne pas faire travailler ton épaule ?

C'est promis Ben.

Il hocha de la tête avec satisfaction et saisit son sac, je l'accompagnais jusqu'au garage, il avait visiblement profité de sa virée ce matin pour récupérer sa voiture en plus d'acheter son « cadeau ». Ben, au moins il me tiendrait compagnie en son absence son croco de garde ! Ben mit son sac dans le coffre et je lui demandais :

Sois prudent Ben !

Je le suis toujours.

Je grimaçais, pas convaincu du tout et il me sourit en répondant :

C'est promis Randy.

Merci, fais bon vol alors et euh… je t'attends là.

Ben hocha la tête et monta dans sa voiture, il mit le contact et commença à rouler, je le regardais partir avec un pincement au cœur mais je me gardais de lui montrer ma peine, soudain, il s'arrêta au bout de quelques mètres et sortit la tête par la portière en disant d'un air malicieux :

Ben alors, tu viens chéri ?

D'un coup je vis un énorme sourire s'afficher sur son visage, il partit en trombe chercher sa veste tout content à croire que je lui avais fait le plus beau des cadeaux, plus beau que mon croco, il ressortit en vitesse ferma la porte à clé et se dépêcha de monter dans la voiture au cas où je m'en irais sans lui. Le trajet se fit dans la bonne humeur et bientôt nous arrivâmes à l'aéroport, comme pour son arrivée à peine sortit de la voiture chacun mis soit sa capuche soit sa casquette, célébrités oblige fallait pas qu'on se fasse repérer. Nous nous engouffrâmes dans l'aéroport direction ma porte d'embarquement et je ne pus résister à lui faire encore une blague.

- C'est gentil de m'avoir accompagné chéri, promets-moi d'être prudent sur le trajet du retour, tu te souviens de la route hein?

- Euh...Oui oui je m'en souviens, mais pourquoi m'avoir fait venir avec toi si c'est pour que rentre de suite je comprends pas.

- Je suis désolé j'aurais dû te le dire mais j'aime pas trop laisser ma voiture sur le parking, d'habitude je viens en taxi mais là tu étais là alors voilà. Tu es pas trop déçu dis ? C'est juste qu'il faut qu'on soit prudent tu vois.

- Je vois oui, bon bah dans ce cas tu t'inquiètes pas je prendrais soin de ta maison. Tu fais attention pour ton combat et je suis sérieux Ben et puis tu m'appelles quand tu es arrivé histoire de me rassurer.

- Oui chéri je t'appelle dès que j'arrive et si t'es sage je t'appellerais aussi avant que tu ailles au lit comme ça tu te sentiras moins seul.

- Je suis pas seul j'ai mon garde tu te rappelles ?

- C'est vrai alors pas de soucis.

A cet instant mon vol fut appelé, on se dirigea donc vers la porte d'embarquement, malgré mes taquineries et ses réponses qui se voulaient positives je voyais bien qu'il était encore plus triste que sur les marches de la maison et ça me faisait de la peine. Sur un dernier « Fais attention à toi » de sa part, je sortis mon billet d'avion et m'avança, je le tendis à l'hôtesse et me retourna vers lui en lui montrant un 2ème billet.

- Bah alors tu viens ? L'avion va partir sans nous sinon.

Le pauvre était perdu, il ne comprenait plus ce qu'il se passait mais vint vers moi et à son tour passa les portes d'embarquements, son sourire revint reflétant le mien, même pour quelques heures je ne voulais pas le laisser de côté alors voilà j'avais pris les dispositions pour qu'il m'accompagne durant mon absence.

- T'es nul tu sais, je suis paumé moi avec toutes tes blagues. Mais au fait, j'y pense j'ai rien pris moi, j'ai pas mes affaires tu aurais dû me le dire Ben.

- J'ai tout prévu t'inquiète! Lui dis-je en désignant mon sac.

- Alors toi t'es trop fort.

- Je sais allez go l'avion nous attend chéri.

- Oui mon amour allons-y faudrait pas qu'on se fasse remarquer.

Nous explosions de rire à nos conneries et comme des gamins nous rejoignions l'avion en route pour mon show, je n'avais pas eu autant envie d'y aller depuis un moment, je veux dire par là que j'avais quelqu'un à mes côtés maintenant, quelqu'un qui s'inquiétait et m'encourageait, autre que mon coach, Randy était le premier avec qui je partageais ce moment. Il allait découvrir l'envers du décor de mon univers, ma façon de me préparer et me voir à l'action, nous allions tout partager ensemble et j'aimais vraiment cette idée, qu'il soit là avec moi.

Ben m'avait tendu mon billet avec un autre de ses sourires farceurs, décidément, il adorait se foutre de moi mais cette fois je n'en étais pas fâché, Ben m'emmenait avec lui, il m'avait réservé un billet ! A ma demande à propos de mes affaires, il avait tapoté son sac avec un clin d'œil et j'avais souri largement en retour. Nous étions maintenant dans l'avion, en route pour son match du soir et je voyais Ben se refermer peu à peu, il retournait dans sa bulle d'avant match, celle dont le coach avait parlé en disant qu'il ne fallait pas l'y déranger. La première fois que nous nous étions parlé, je n'avais volontairement pas respecté son besoin mais cette fois, je veillais à me faire aussi petit que possible pour ne pas le déranger, ce qui revenait à asseoir un crapaud sur une boîte d'allumettes vu la petitesse de l'avion et notre taille démesurée à tous deux. Je restais également silencieux, j'observais Ben à la dérobée, j'avais beaucoup à apprendre de lui mais son comportement était la première chose que je devais apprendre à décrypter pour ne pas commettre d'erreurs facilement évitables par la suite. Des erreurs, j'en ferais c'était certain, j'étais loin d'être le gars parfait et je mettais facilement les pieds dans le plat, ça ajouté à ma franchise totale m'avait attiré l'inimité de ma propre famille à bien des reprises, j'étais même devenu persona non grata pour les réunions familiales et je faisais mine de m'en moquer, de toute façon le boulot me prenait bien trop de temps pour que je puisse les regretter. Le vol s'effectua donc en silence et nous atterrissions en milieu d'après-midi.

Dès l'atterrissage, Ben se tourna vers moi et me demanda comment j'allais, il se préoccupa de l'état de mon épaule et j'en fus très surpris, je m'attendais à ce qu'il garde le silence ainsi jusqu'à la fin de cette soirée mais non, Ben était tourné vers moi avec un sourcil levé, il attendait ma réponse et je le rassurais aussitôt, la douleur faisait partie intégrante de notre métier, je pouvais encaisser beaucoup plus et j'aurais aimé que Ben le comprenne même si j'étais touché de sa préoccupation pour moi, ça ne m'était plus arrivé depuis très longtemps avant que Taker ne s'auto-proclame mon gardien attitré.

Nous hélions un taxi et montions direction l'hôtel que Ben avait réservé, je le laissais s'occuper des formalités d'arrivée, n'étant pas au courant de ce qu'il avait prévu et je découvrais avec surprise qu'il avait loué une chambre double, mince Ben voulait vraiment me garder au plus près de lui ! Je n'en revenais pas du soin qu'il avait pour moi compte tenu de son match à venir, j'avais l'impression d'être plus nerveux que lui d'ailleurs, ça le faisait bien rire, je le voyais à sa façon de me regarder tandis qu'il posait son sac sur la table. Ben sortit ensuite son téléphone pour appeler son coach et j'en profitais pour préparer les affaires de Ben à mon tour. J'ouvris le sac et lui sortit une tenue d'entraînement, vérifiais que je n'avais rien oublié pour lui et refermais le sac en souriant devant les affaires que Ben avait emporté pour moi, ma tenue préférée, comment avait-il su ? Il faudrait que je lui demande !

Ben revint quelques minutes plus tard, il observa ses affaires avec un air intéressé et me remercia d'un signe de tête tandis que je quittais la pièce pour lui laisser un peu d'intimité, je gagnais donc la salle de bain où je venais de déposer les affaires de toilettes de Ben et le champion me parla à distance :

Je viens d'avoir mon coach, tout est prêt pour mon match, il nous attend à la salle d'entraînement, je finis de me changer et on y va.

D'accord !

Tu as besoin de quelque chose avant qu'on parte ?

Non, rien merci.

Tu es sûr ? Quelque chose à boire ou à manger, un antidouleur pour ton épaule, j'ai prévu ce qu'il fallait avec !

C'est très sympa de ta part Ben mais ne te préoccupes pas de moi, pense à ton match c'est plus important.

Toi aussi t'es important d'accord, je prends tes médocs au cas où, si t'as mal tu les prendras ok.

D'un signe de tête il me donna son accord, je mis donc ses médicaments dans le sac et nous quittions la chambre direction l'arène, durant le trajet en taxi j'envoya un texto à mon coach qui m'indiqua vers qu'elle porte nous devions nous dirigés et je transmis l'info au chauffeur. Randy ne parlait pas et je sus pourquoi, il avait été surpris que je lui adresse la parôle alors que j'étais déjà fixer sur mon combat mais il était depuis peu comme une partie de moi, je voulais pas parce que je devais mené ma carrière qu'il se sente exclu et je voulais être sur que le trajet en avion n'avait pas réveillé sa douleur voir l'empirer. Le taxi stopa, je le paia et nous descendimes pour atteindre la porte, je frappa deux coups et elle s'ouvrit laissant apparaitre le visage de mon coach qui nous souris avant de nous guider en silence vers ma loge. Une fois à l'abris il me prit dans ses bras et fit pareil à Randy qui le récompensa d'un sourire, les deux étaient visiblement heureux de se revoir. Je déposa mes affaires et me changea pendant que mon coach m'indiqua que la porte d'en face était la 2e salle d'entrainement, je le remercia et demanda à Randy s'il serait bien ici, il me répondit par l'affirmative et je le laissa avec mon coach. je partis donc m'échauffer tranquillement sachant que Randy ne serait pas seul en cas de besoin, cette fois j'étais pleinement dans ma bulle avec quand même une petite faille au cas où mon comparse ait besoin de moi.

Ben quitta la salle et replongea dans sa bulle, j'étais rassuré de le voir de nouveau ainsi, j'avais peur de troubler sa concentration et qu'il rate son match par ma faute, je ne pourrais jamais me pardonner d'être la source de ses soucis ou carrément d'une défaite mais depuis que Ben m'avait laissé avec son coach, il semblait plus distant et à la fois plus rassuré, c'était assez paradoxal mais je comprenais qu'il était plus détendu à mon sujet désormais de savoir que je n'étais pas seul, comme s'il risquait de m'arriver quelque chose de grave tiens ! Une épaule en vrac n'avait jamais tué personne ! D'un autre côté, j'appréciais d'être de nouveau en compagnie du coach Adams, c'était quelqu'un que j'appréciais tout particulièrement et à ma grande surprise, il semblait partager ce sentiment avec moi malgré toutes mes erreurs.

- Alors comment tu vas depuis la dernière fois?

- ça va très bien coach et vous?

- Je vais bien je te remercie. Comment va ton épaule, pas trop dur le voyage en avion?

- On dirait deux papas poules ! Elle va très bien, je pourrais déjà commencer à m'entraîner sans le refus obstiné de Ben.

- S'il agit comme ça c'est pour une bonne raison et tu le sais, l'entrainement qui t'attend est intense et il veut que tu sois au maximum, alors s'il te plait ne te blesse pas inutilement d'accord. T'entêter et vouloir aller trop vite risque de compromettre tout ça, s'il y a bien une fois où tu dois être patient c'est maintenant, Ben sait ce qu'il fait rassure toi, lui aussi a été sérieusement blessé et il a une fois tenté le diable du coup ça a retardé sa guérison et ça lui a servi de leçon crois-moi.

- D'accord, vous devez avoir raison coach, comme toujours, c'est ma faute de toute façon, j'ai encore joué au con et du coup je suis vraiment blessé et c'est vrai le voyage en avion a de nouveau réveillé la douleur, j'ai un peu mal. Rien de grave.

- Tu as pas joué au con, tu as été pris dans l'instant et tu étais désireux de commencer ce nouveau chapitre, ça c'est le Randy qu'on connait intrépide et casse-cou, le Randy en devenir sera bien différent et j'ai hâte de voir ça. Tu as quelque chose contre ta douleur ? Sinon je peux aller te chercher ça.

- Ben a pris ce qu'il fallait avec dans le sac mais c'est bon coach, je vous dis que c'est rien.

- Prends tes cachets, gamin ou je vais chercher Ben.

- Génial, deux pour le prix d'un !

- Te voilà servi, petit veinard.

- Je m'autoriserais bien un petit saut de joie mais j'ai peur que ça fasse déplacé !

- Tu changes pas toi et puis le fait pas hein avec ton bol tu serais capable de te fouler la cheville et j'ai pas envie que Ben m'étripe moi alors prends ton cachet.

- oh! Ben vous étriperez? J'avoue que je suis assez tenté par le spectacle moi !

- Tu seras le suivant sur sa liste donc te réjouis pas gamin, ce cachet ça vient parce que sinon je vais...

- Appeler Ben, je sais, ça va, je vais le chercher, vous êtes comme ça aussi avec Ben ou c'est juste votre parure spéciale pour moi ?

- Je suis comme ça aussi avec lui je te rassure, je prends soin de mes petits et tu en fais parti aussi.

- Mince coach, Ben et vous vous êtes donné le mot pour me faire chialer ou quoi ? Je suis très touché Coach, c'est un grand honneur pour moi, même si je ne suis pas sûr de le mériter, pas pour le moment en tout cas.

- Tu le mérites à mes yeux, tes actions passées pour corriger tes erreurs ainsi que celles pour avoir maintenu mon gamin en vie m'ont suffi. Sinon à part ça comment se passe votre cohabitation, pas trop dur j'espère?

- La vie dans le bayou? Une joie de chaque instant, j'ai laissé mes poumons quelque part dans un marécage à force de courir comme un dératé sur le fameux chemin le plus sûr de Ben pour le footing, sinon entre nous ça se passe bien, beaucoup mieux que je le pensais même s'il passe son temps à me faire des blagues! Entre le croco mis devant ma porte de chambre, la pancarte sur la sienne et ses blagues pour me faire croire qu'il me laissait chez lui, il a pas arrêté aujourd'hui!

- Attend un croco devant ta porte c'est quoi cette histoire?

- Ben trouve tordant ma peur de ses fichus alligators alors pendant que je suis allé faire mon footing de la mort, à 6h du mat, il a de ces idées, jvous jure, lui est allé en ville et il a acheté une peluche croco immense avec une pancarte d'ailleurs, « je monte la garde ». Quand je suis allé me doucher, rien, je retourne m'habiller toujours rien, je sors de ma chambre et le croco m'attendait devant la porte, je crois que tous les crocos du monde m'ont entendu brailler! Et le pire c'est qu'il a réussi à garder son sérieux encore 2 minutes pour continuer à se foutre de moi avant d'exploser de rire comme un gosse.

- Oh mon dieu c'est pas vrai ah ah ah ah ah. Pardon mais là j'avoue qu'il a fait fort, c'est dingue t'as vraiment un effet bénéfique sur lui.

- Bénéfique? Et mon cœur, vous y avez pensé?

- Oui bénéfique, tu te rends pas compte tu le connais à peine mais il est extrêmement rare que Ben se lâche comme ça, il est toujours posé, réfléchi, travailleur, un vrai bourreau de travail. Tu arrives dans sa vie, dans sa maison et en l'espace de quelques heures à peine il redevient le jeune homme insouciant, s'amusant d'un rien, rigolant comme un fou après une blague réussi, ça fait longtemps que je l'ai pas vu comme ça, tu dois être honoré qu'il t'ait montré cette facette de lui malgré le fait que tu sois sa cible. J'aurais bien aimé le voir et j'espère pouvoir le revoir comme ça un jour, merci Randy.

- Euh de rien je suppose coach, j'avoue qu'une fois ma peur et ma colère passées, je l'ai trouvé génial comme ça ! Je l'avais jamais entendu rire jusqu'ici, pour de vrai je veux dire. Le contraste est saisissant, promis, la prochaine fois, vous le verrez comme ça même si je dois encore avoir la peur de ma vie !

- Rassure toi, il ira pas jusque-là mais j'aimerais bien le revoir comme ça la dernière fois remonte à tellement longtemps que je m'en souviens à peine. J'avais raison vous vous complétez tous les deux.

J'étais avec Randy discutant de tout et de rien passant le temps pendant que mon champion s'entrainait, ça me rappelait de bon souvenirs, notre discussion à l'hôpital durant l'opération de Ben qui m'avait fait découvrir un jeune homme attentionné, nos rencontres suivantes, nos conversations qui en avait découlées et le revoir aujourd'hui était bon, vraiment bon. Quand j'avais ouvert la porte pour qu'ils rentrent incognito ce qui m'avait de suite sauté aux yeux, c'était avec quelle harmonie ils se déplaçaient tous les deux, malgré la concentration de Ben, il veillait sur Randy et Randy à sa manière veillait sur Ben, se faisant petit pour ne pas déranger, bon avec sa taille le résultat n'était pas flagrant. Il était toujours aussi têtu, avait mis un certain temps avant de prendre son anti douleur mais quelques mots avait suffi, m'entendre dire qu'il comptait pour moi l'avait vraiment ému, je n'avais rien dis de spécial pourtant juste la vérité, il faisait partit de mes gamins maintenant. Quand il me révéla les frasques de Ben alors là je ne pus qu'être étonné et en rire, il avait remis ses fameux panneaux et Randy était devenu un sprinteur pour son 1er footing, roh quand Ben s'y mettait il n'y allait pas de main morte. Le coup de la peluche aussi était énorme, c'était d'un côté cabochard mais à l'entente de l'explosion de rire de mon gosse à sa connerie je fus ému comme rarement je l'avais été, Ben au contact de Randy semblait retrouver sa joie de vivre, celle qu'il ne mettait que trop de côté au profit du sérieux qu'il dégageait habituellement. Décidément ces deux faisaient ressortir le meilleur comme le pire de l'autre, mais ils semblaient pour le moment dans la partie positive et j'en étais rassuré.

Je venais de finir mon entrainement et pas d'interférence ou d'interruption, j'avais pu mettre mon corps et mon esprit en place pour ma rencontre qui approchait, je regagnais donc ma loge et vis que le coach et Randy parlaient doucement, ils avaient des visages joyeux et cette vue me fit du bien. Randy était pourtant dans mon univers, contraint à rester dans ma loge, caché comme un fugitif et pourtant il semblait parfaitement à sa place. Je me dirigeais vers la douche et là encore ma petite femme avait déjà tout préparé, ma serviette, mon gel douche, et mes affaires étaient en place, personne n'avait jamais fait ça pour moi, il prenait soin de moi comme je le faisais pour lui et ce geste aussi normal soit-il me touchait vraiment. Je profitais de ce moment sous le jet d'eau chaude pour revoir mentalement ma tactique de ce soir, une fois encore j'allais innover, jamais faire la même chose, garder l'effet de surprise, voilà comment je bossais et Randy allait le découvrir. Ma douche faite je m'habillais avant de les rejoindre, mon match approchait et j'allais devoir y aller, tous deux me regardaient agir sans faire le moindre bruit, j'étais déjà en partie sur le ring et ils le savaient parfaitement. L'alarme de mon portable sonna, je l'éteignis il était temps d'y aller Mallone mon adversaire de ce soir faisait son entrée à ce moment précis et je ne voulais pas le faire poireauter. Je me dirigeais donc vers la porte mais avant de sortir j'adressais un ultime regard à Randy, un regard qui voulait dire plusieurs choses, merci pour mes affaires, regarde bien et apprend et surtout fais attention à toi le temps de mon match, une lueur passa dans ses prunelles, un peu comme si il avait compris ce que je ne lui disais pas à haute voix, il tourna la tête vers l'écran et moi je partis rejoindre mon adversaire.

Ben m'observa fixement pendant une dizaine de secondes et je me demandais si j'avais fait quelque chose de travers jusqu'à ce qu'il hoche de la tête avec un léger sourire, son regard était totalement concentré, la force de sa présence était presque étouffante, je me rendais soudain compte que l'intensité que je percevais venant de lui à sa maison était de la rigolade, Ben dégageait une tension bien plus forte désormais. Il quitta la pièce en me lançant un ultime regard et je me tournais vers l'écran pour le regarder entrer en scène et combattre. La loge était très proche de l'arène cette fois et je m'en demandais la raison, Ben choisissait toujours l'emplacement de cette pièce avec soin, pour notre match, il avait demandé à être le plus éloigné possible de l'arène et de la mienne, cette fois, il avait demandé l'inverse, étrange…

J'avais observé le monde de Ben pendant cet après-midi, on était à des milles de mon propre univers mais j'aimais ça, la tension épaisse que dégageait les combattants, la froideur de leur regard et cette concentration intense, c'était hypnotique. Ben monta sur le ring et je me concentrais entièrement sur l'écran, oubliant même la présence du coach que Ben avait là encore laissé avec moi. J'observais chaque geste de Ben, chaque coup porté ou encaissé et je tiquais immédiatement sur quelque chose d'important, il faudrait que je lui en parle quand nous serions de nouveau seuls. En attendant, je ne pouvais m'empêcher de grimacer quand l'adversaire de Ben lui faisait du mal, c'était pourtant le principe de ce métier mais je ne pouvais pas faire autrement, c'était naturel ! Ben laissa voir une faiblesse dans laquelle le type s'engouffra aussitôt et je vis Ben grimacer sauvagement, je bondissais aussitôt sur mes pieds voulant instinctivement me porter à son secours mais le coach posa ses mains sur mes épaules pour me forcer à me rasseoir tandis qu'il me disait de regarder. En une fraction de seconde, Ben se dégagea et porta son attaque finale, le match prenait fin de la façon la plus inattendue qui soit, le type était foutu, Ben porta le tombé et se releva d'un bond presque joyeux.

C'était un piège ?

Exactement et Mallone s'est jeté dedans tête la première !

C'était risqué mais très intelligent.

C'est une tactique à double tranchant, il faut être sûr de soi et connaître son adversaire sur le bout des doigts pour pouvoir la tenter.

J'acquiesçais en silence, regardant Ben signer sa victoire et quitter le ring pour nous rejoindre, le coach partit en avant pour le récupérer et le féliciter avant que Ben ne franchisse la porte, seul. Je m'avançais pour le féliciter à mon tour et il me remercia avant d'aller prendre sa douche, j'observais sa façon de se déplacer jusqu'à cette pièce pour desceller d'éventuelles blessures et Ben se tourna une nouvelle fois vers moi en disant simplement qu'il allait bien. J'acquiesçais et il fonça se doucher pendant que je préparais une nouvelle fois ses affaires de rechange, je récupérais sa tenue de combat pendant qu'il se lavait et rangeait le tout soigneusement dans son sac en respectant l'ordre dans lequel il l'avait rangé en premier, à chacun ses manies pour ça et nombre de catcheurs avaient une façon de préparer leurs affaires dont ils ne dérogeraient sous aucun prétexte, j'en faisais partie et Ben aussi à priori. Ben revint tout habillé, il me remercia une nouvelle fois et donna le signal de départ pour l'hôtel, le coach nous attendait à la sortie et nous serra dans ses bras une nouvelle fois avant de nous laisser filer avec un dernier sourire qui nous était destiné à tous deux.

Comme pour notre arrivée, le coach nous escorta jusqu'à la porte, nous prit chacun notre tour dans ses bras et nous reprîmes un taxi pour rentrer à l'hôtel, tout c'était bien passé, comme je l'avais prévu mon match avait été parfait et Randy avait été en sécurité. Le trajet se fit dans le silence, il était sans doute fatigué et je ne voulais pas le déranger mais je le voyais me regarder furtivement comme après mon retour de match, il s'inquiétait trop, j'avais l'habitude que mes matchs soit rudes, il fallait qu'il s'y fasse. Arrivés à l'hôtel on se dirigea vers l'ascenseur et direction une bonne nuit de sommeil, un silence tranquille régna jusqu'à ce que nous entrâmes dans la chambre, mais voilà ce silence commençait à m'inquiéter, je voulais en avoir le cœur net alors une fois la porte fermée je n'hésitais plus.

- Tu vas bien Randy, tu es silencieux depuis notre départ, ton épaule te fait mal c'est ça?

- ça va Ben j'ai pris un cachet. C'est plutôt à moi de te demander si tu as mal quelque part!

- Tu deviens raisonnable c'est bien et je te l'ai déjà dis tout à l'heure je vais bien, t'inquiète pas pour moi, j'ai l'habitude.

- Je suis très raisonnable tu devrais le savoir non? C'est bien ce qui m'inquiète que tu aies l'habitude. Ton piège était risqué! Fascinant mais risqué !

- Toi raisonnable mais bien sûr ! On va dire que je te crois pour ce soir hein. Je croyais que tu savais maintenant que de mon côté les choses étaient plus brutales que dans le tien, pour mon piège comme à chaque fois tout était calculé, c'était un risque oui mais ma maitrise et ma connaissance m'ont servi, en tout cas je suis content que mon match t'ai plu.

- Tu rigoles? J'ai adoré! Oui je le sais ça change rien au fait que j'aime pas qu'on te fasse du mal. Je sais que je dois d'abord apprendre à marcher avant mais tu m'apprendras ce genre de tour?

- J'aime pas non plus qu'on te fasse du mal tu le sais mais là je ne craignais rien je t'assure. Oui tu dois apprendre à marcher avant de courir et le papa de substitution que je suis t'accompagnera à chaque étape. Quand tu tiendras bien droit sur tes jambes sans flancher je t'apprendrais tous ce que tu veux sois en sûr.

- Papa de substitution? T'es pas un peu jeune pour ça ?

- Y a pas d'âge pour ça. Bon si tu vas bien alors on devrait aller se coucher tu crois pas?

- Oui papa mais avant tu peux m'expliquer un truc?

- Quoi?

- Comment ça se fait que personne ne nous ait repéré?

- C'est généralement comme ça que je fais, si je veux être tranquille et ne voir personne alors je passe en mode fantôme.

- y a jamais d'embuscades de fan ou d'adversaires?

- Dans mes débuts, oui je te le cache pas mais au fur et à mesure mes adversaire n'ont plus osé, pour les fans je vais vers eux autant que je peux mais ils ont eux aussi comprit que parfois la seule chose que je veux c'est rentrer sans être emmerdé.

- J'imagine oui. Je sais que personne ne doit me voir avec toi mais je voudrais pas que ça te pose un problème à la longue de devoir te faufiler comme ça.

- C'est ça ton soucis en fait, tu crois que ta présence à mes côtés m'oblige à agir ainsi eh bah non tu pourras le demander à mon coach, j'agis comme ça tout le temps. Mais si ça te pose problème à toi la prochaine fois, tu peux rester à la maison pas de souci.

- ça ne me pose aucun problème Ben et je préfèrerais t'accompagner si tu le veux bien !

- Alors je continuerais à t'emmener, maintenant au lit Randy !

- Ouais P'pa ! Me répondit-il avec un clin d'œil.

Et merde ! Je sens qu'il va me chambrer souvent avec ça maintenant, pourtant au fond, il avait été ému à cet instant-là, il faisait le malin maintenant pour ne pas me le montrer mais je l'avais bien senti et il me faisait bien rire à chercher à le dissimuler. Lui aussi était un handicapé des sentiments, mon coach avait raison, Randy et moi nous ressemblions décidément beaucoup.

Randy regagna son lit immédiatement et se coucha, sur le dos cette fois. Il ne lui fallut que quelques minutes pour s'endormir, il semblait plus calme et plus détendu que chez moi, il avait eu l'air de beaucoup apprécié le retour en ville et je me demandais si c'était une bonne idée de le garder au bayou avec moi en fin de compte ! Je lui poserais la question demain pour l'heure le sommeil m'attendait moi aussi.