Salut à tous ! je sais que ça fait un sacré bail qu'on a pas publié * regarde la date de la mise à jour et frôle l'arrêt cardiaque* ok ok, là on a carrément changé de siècles entre deux mais disons que des soucis de santé et personnels à répétition nous ont empêché d'écrire pendant très longtemps, pour tout vous dire ce chapitre à été écris en fin 2014 mais je ne voulais pas le publier en l'absence de ma chère acolyte. Elle n'est toujours pas trop présente mais j'essaie de la convaincre de reprendre l'écriture de notre opus et pour ça j'ai besoin de votre aide, s'il vous plait, inondez-nous de commentaires et de demandes de reprises pour lui montrer à quel point vous voulez la suite vous aussi !
Chapitre 27
Le réveil sonna comme tous les matins à 6h et comme tous les matins c'était avec entrain que je me levais, encore une bonne nuit de repos et j'étais en pleine forme, je me levais et m'habillais puis je sorti direction la chambre de mon homme pour le réveiller. Ce petit rituel me plaisait, j'aimais le voir détendu, ouvrir ses yeux lentement et me sourire de sa petite tête endormi, j'ouvris donc doucement la porte mais je me stoppais sur le seuil. Contrairement aux autres matins, il était allongé sur le côté, mais ce n'était pas le seul élément qui me gênait, complètement mort au monde et dépourvu de la moindre réaction, il m'avait donné un détail essentiel, j'allais attendre avant de lui en parler, histoire de voir ce qu'il allait faire ou dire, bien que j'en avais une vague idée. Je fis comme si de rien n'était et je m'approchais pour le réveiller en douceur, au contact de mes doigts, son visage changea et il ouvrit lentement les yeux me regardant encore léthargique de sa nuit.
- Bonjour Miel
- Bonjour Sweety bien dormi?
- Oui et toi?
- Parfaitement comme toujours.
- Bien allez debout, c'est l'heure.
- D'accord.
Je me levais et sortis lentement de la chambre, j'étais un peu chagriné de sa réponse mais nullement surpris en fait, après tout sa réponse était quasi évidente mais nullement vraie et j'en fus un peu peiné malgré tout. Je descendis l'attendre en bas pensant à ce que j'allais lui dire et comment lui dire pour qu'il ne se doute pas de quoi que ce soit, j'allais devoir être subtil sur ce coup-là. Quand il me rejoignit en bas habillé et prêt pour son footing matinal, je m'approchais de lui calmement.
- Bon chéri aujourd'hui tu y vas calmement, tu connais les lieux donc tu y vas mollo !
- T'inquiète pas chou, je fais attention.
- Je sais mais je voudrais que ce matin tu essaies autre chose, tu te concentres sur ta respiration et ton équilibre, rien que sur ça, donc fais le moins de mouvements possibles avec tes bras.
- Euh d'accord mais je te promets rien, pour la respiration je gère et pour mes bras tu sais qu'il est difficile de ne pas les bouger en courant.
- Je sais mais essaie, maîtrise cette partie-là pour perfectionner ton allure.
- T'es bizarre chou ça va?
- Je vais bien t'inquiète pas allez file et fais comme je te dis, respiration et équilibre.
Il me fit un léger signe de tête affirmatif mais ses sourcils étaient froncés, il devait se demander pourquoi d'un coup j'insistais pour qu'il fasse le moins de mouvements possibles avec ses bras. L'idée de l'équilibre m'étais venu et elle n'était pas fausse en soit, privé de la stabilisation de ses bras, il devrait ajuster sa posture pour ne pas tomber, c'était un élément qui pourrait lui servir aussi sur un ring à l'avenir mais pour le moment c'était dans un autre but que cette consigne était donnée. Je le regardais partir trottinant lentement et bien sûr dès les premières foulées visibles à mes yeux, le balancement de ses bras ne m'échappa pas loin de là, j'étais tenté de le suivre mais je retournais à l'intérieur le laissant faire en espérant qu'il y arriverait. J'allais lui préparer son petit déjeuner et je partis dans ma salle m'entrainer à mon tour, j'étais soucieux de son bien-être mais il fallait aussi que je pense à moi, je ne devais pas bâcler mes entrainements ou mes adversaires auraient facilement des ouvertures pour contrer mes actions.
Après mon footing matinal, je fonçais prendre une douche et je rejoignais Ben à sa salle d'entraînement. J'avais enfilé ma seconde tenue de sport, ça faisait 5 jours que j'étais ici désormais et je n'en pouvais plus de passer mes journées assis à le regarder faire, je voulais entrer dans la danse moi aussi ! Si je devais être honnête avec moi-même, mon épaule me faisait toujours souffrir surtout depuis ce matin mais je pouvais le prendre et Ben n'était pas médecin, il ne pourrait pas savoir qu'elle était toujours tendre.
J'entrais dans la salle et saluais Ben comme toujours pour lui signaler mon retour même si je savais qu'il était parfaitement conscient de mon arrivée. Ben me retourna mon salut et se tourna vers moi avant de se figer avec un air interrogateur devant ma tenue.
Je suis prêt ! Lui dis-je d'emblée.
Prêt à quoi ?
A commencer l'entraînement, mon épaule est de nouveau au top, on peut passer aux choses sérieuses.
Ça c'est à moi d'en juger, pas à toi.
Si on attend que tu sois décidé, les 6 semaines de mon arrêt seront finies que je n'aurais toujours pas mis un pied sur le tatami.
Ça ne fait que 5 jours que tu es là, sois patient Randy !
Je le suis, je suis prêt je te dis, on peut y aller !
Randy…
Le ton de Ben était clairement menaçant, la logique et la prudence auraient voulu que je batte en retraite mais je n'étais connu ni pour l'un ni pour l'autre et j'avançais vers lui en souriant :
Oui Ben ? On commence par quoi ?
Ne joue pas à ce jeu-là avec moi, les conséquences ne vont pas te plaire crois-moi !
Quel jeu ?
Ne te fous pas de moi en prime ! C'est ta dernière chance Randy, va t'asseoir à ta place s'il te plait !
Plus maintenant, je suis prêt, je te l'ai dit.
Tu l'auras voulu !
Ben s'avança vers moi, vif comme l'éclair, il passa dans mon dos et s'empara de mon bras gauche pour y porter une prise, je me raidissais aussitôt de douleur mais refusais toujours de capituler, alors Ben plaça son autre main sous ma mâchoire pour me forcer à tourner la tête à l'opposé. La douleur explosa dans mon épaule et cette fois, je tentais de me libérer instinctivement avec brutalité mais Ben ne lâcha pas, il me plaqua brutalement contre son torse pour m'empêchait de m'éloigner et je luttais encore une dizaine de secondes contre la douleur intense avant de tapoter son bras en signe de reddition.
J'en étais sûr il était décidé à me mettre en rogne, je savais qu'il avait mal, qu'il n'avait pas respecté mes consignes, mais qu'il me mente en me regardant droit dans les yeux me faisait mal et m'énervait au plus haut point. Je détestais être dans le mauvais rôle, je n'avais pas eu le choix que d'appuyer sur son épaule et de lui tourner la tête de l'autre côté pour qu'il comprenne que je savais tout, mais tel un gosse il continuait dans sa bêtise, cette bêtise qui repoussait pourtant ce qu'il voulait plus que tout, le début de sa formation. Je le tenais fermement contre mon torse, exerçant suffisamment de pression sans pour autant lui flinguer complètement l'épaule ou le cou, je savais ce que je faisais, mais ses gesticulations avaient pour effet que mon taux de colère montait en flèche, alors quand il me tapa sur le bras pour que je brise la calle, je relâchais un peu la compression, je m'approchais lentement de son oreille et lui indiquais d'un ton dur et tranchant mon opinion.
Tu sais comment j'ai su que tu me mentais sans avoir à vérifier ton épaule? Tu gémissais de douleur ce matin quand je suis venu te réveiller parce que tu dormais dessus. J'ai horreur qu'on me mente Randy ou qu'on me prenne pour un con mais ce que je déteste le plus, c'est quand on persiste dans la connerie alors que j'ai donné plusieurs occasions d'arrêter à temps.
Je le relâchais et parti vers le placard de la salle, il voulait jouer au con on allait jouer, fini la manière douce, vu qu'il n'en faisait qu'à sa tête et envenimait les choses, la manière forte sera dorénavant de rigueur et il n'allait pas apprécier du tout ce que je lui réservais. J'ouvris les portes, rageur et prit ce dont j'avais besoin, je refermais d'un coup sec qui n'inaugurait rien de bon surtout pour lui, quand je me retournais je le vis me regarder, il n'avait pas bougé d'un pouce guettant les signes qui pourrait lui indiquer quelle punition il allait subir. Je m'avançais vers lui et je mis en évidence mes mains et leur contenu, à la vue de la large bande dont j'étais muni son regard m'indiqua de suite qu'il ne s'était pas attendu à ça et qu'il allait tenter d'y échapper, le premier signe était que d'un coup il commença à reculer, mettant un peu de distance entre nous, mais surtout entre lui et sa punition, il ne laissais plus le choix ses conneries et son entêtement me forcer à prendre des mesures que j'aurais préférés ne pas utiliser.
Ah non alors, c'est même pas la peine d'y compter Ben !
Je t'avais prévenu Randy.
Il essaya de fuir mais mes réflexes et ma rapidité étaient supérieurs aux siens, j'étais maître de moi contrairement à lui qui était mort de peur, il avait merdé mais refusait toujours d'assumer ses actes. La seule issue était la porte alors je me plaçais devant, ne lui laissant absolument aucune chance de sortir, il était pris au piège et le savait, il se stoppa et me regarda, voyant que je ne lâcherais rien, il tenta de m'amadouer avec son regard tendre et complice, mais je crispais la mâchoire à cette tentative avortée. Il prit une faible respiration et baissa la tête, allez vas-y essaies autre chose Randy! Me dis-je conscient que bien sûr il était prêt à tout pour ne pas me laisser faire et l'immobiliser, il releva la tête et braqua ses yeux dans les miens, les siens n'étaient que supplique alors que les miens n'étaient que colère et désolation, son refus de m'écouter et de suivre mes consignes me poussait à faire des choses que je n'aimais pas, mais je n'avais plus le choix, il ne me laissait plus le choix.
- Ben fais pas ça, je te jure qu'à partir de maintenant je vais faire gaffe, je ferais ce que tu diras et je resterais sagement assis jusqu'à ce que tu me dises le contraire. Je suis tellement impatient de commencer mon apprentissage avec toi que j'ai fait le con, je le reconnais, te voir faire me donne envie à moi aussi mais tu as raison c'est pas le bon moment alors pas besoin d'aller jusqu'à me bander le bras, je te promets que je resterais sage maintenant.
Je l'avais écouté sans broncher, le laissant sortir sa tirade ne lui donnant aucun indice sur ce que je pensais vraiment de ses paroles, je ne l'avais pas quitté des yeux et ce que je vis augmenta d'autant plus ma colère. Il continuait à me mentir le con, il me regardait dans les yeux et me mentait sans vergogne, putain à croire qu'il le faisait exprès. Je comprenais qu'il voulait apprendre, qu'il était impatient, mais agir comme il le faisait retardait tout et ça il se refusait à le comprendre. Ses yeux et sa posture parlaient pour lui, mais trop prit par sa petite tentative, il en avait oublié de me regarder agir, voyant que je ne disais rien, il tendit la main pour me la serrer en signe de paix et s'avança doucement vers moi la main droite en avant, quand enfin il fût assez près, je lui saisit la main, le poignet gauche et passa la boucle de la bande que j'avais réalisé sans qu'il le voit, il fût surprit de mon action mais il n'eut pas le temps de faire quoi que ce soit pour me contrer, le nœud était serré autour de son poignet et rapidement je passais dans son dos par la droite plaquant son bras fermement contre son torse. Je passa tout aussi rapidement le pan le plus court par-dessus son épaule, l'autre autour de son torse et fit 2 tours, je termina le saucissonnage en reliant le tout par un nœud serré plat, pas trop serré je précise je suis pas sadique, mais suffisamment pour qu'il ne puisse pas le bouger et envenimer les dégâts déjà présents. Il avait eu beau tenté de m'échapper ma prise sur la bande et ma rapidité d'exécution ne lui avait laissé aucune chance d'évasion, il avait perdu encore une fois. Son épaule immobilisée, je le relâchais et il se retourna m'adressant un regard meurtrier, je m'en foutais qu'il soit pas content, qu'il m'en veuille, il ne m'avait laissé aucune autre option alors il devait s'y faire, malgré sa défaite et sa colère il tentait toujours de desserrer la bande, mais elle ne bougea pas d'un pouce et c'était le but justement, au moins comme ça son épaule pourra guérir comme elle le doit.
Ses gesticulations inutiles augmentaient encore plus ma colère, il n'arrêterait jamais hein, d'accord il en voulait plus pas de soucis, j'avais suffisamment de bande, de straps pour le ligoter de la tête aux pieds, je devais même avoir une corde quelque part au cas où. Je me dirigeais rageur vers lui et le chopais par le col de son tee-shirt, mon regard lui signala ce qu'il devait savoir que j'étais furibond mais il continuait à me défier ce qui n'était pas bon du tout, arrivé à l'armoire, je l'ouvris encore plus durement qu'avant, c'est limite si j'ai pas jarreté la porte de ses gonds tellement j'étais furieux et je sortis une bande de strap. Je le déroulais et l'enroula autour du bandage 6 fois, cette fois il ne pouvait vraiment plus bouger du tout le bras, même sa main gauche était prise au piège, plus aucun mouvement n'était possible pour lui, et un saucisson sur patte un. Je le repoussais et claqua la porte du casier avec une force énorme, le bruit se répercuta dans toute la pièce, on pouvait surement l'entendre de dehors à coup sûr, mais je préférais passer mes nerfs sur la porte que sur lui.
- Tes complètement malade ou quoi ? Tu me coupes la circulation avec tes conneries.
- Je te coupe rien du tout alors ta gueule parce qu'il m'en reste suffisamment pour te clouer la bouche, ne me pousse pas trop Randy.
- Ton tripe sado maso c'est pas mon truc alors t'arrête tes conneries.
- Toi tu arrêtes, parce que le maso ici c'est toi, tu aurais dû me prévenir que Mr aimait avoir mal, que la souffrance était sa petite jouissance personnelle, maintenant tu fermes ta putain de bouche.
- T'as cru quoi ? Que j'allais t'obéir comme un petit toutou à son pépère peut être ?
- J'ai cru que t'étais suffisamment intelligent pour voir où était ton intérêt, t'as voulu jouer et voilà le résultat tu paies le prix de ta stupidité. Je t'ais prévenu que je savais que tu avais mal, tu m'as regardé dans les yeux et tu m'as menti ouvertement par stupidité, et tu gueules parce que j'ai dû employer les grands moyens. Si t'avais suivi le plan tu n'aurais pas été blessé, si t'avais écouté mes consignes ton épaule serait déjà presque guérie, mais non Mr n'en fait qu'à sa tête, Mr sait tout mieux que tout le monde et voilà le résultat.
- Ben je suis sérieux enlève moi ça tout de suite, je ferais plus le con mais j'ai besoin de mon bras, ôte moi ce putain de bandage d'accord. Je te jure que je suivrais tes ordres mais extirpe moi de là, me fait pas ça.
- Moi aussi je suis sérieux le bandage il reste là où il est point barre, t'as fait le mariole maintenant assume, et puis je t'ordonne pas je te conseille mais ça c'est une nuance que visiblement tu n'as pas comprise. Tu peux t'en prendre qu'à toi, t'es pas en position de force le cochon sur patte alors tu fermes ton claque merde sinon je m'en charge. Tu vas poser ton cul là où je te l'ais dis et tu y restes, sinon ce rouleau de strap se ne servira pas que pour ton bras tu peux me croire. Va t'asseoir et ferme là c'est clair.
J'étais presque au comble de ma colère, il me tenait tête par ses gestes et ses paroles mais j'étais tellement furieux que j'aurais pu lui en foutre une sur le champ, je devais me maîtriser comme pas possible face à lui. Autant il pouvait me calmer juste par sa présence autant il pouvait avoir l'effet inverse sur moi, c'était blanc ou noir entre nous, pas de demi-mesure non il fallait qu'il joue les fier à bras et j'en avais marre des petits cons sérieux. Mes yeux devaient avoir foncé, ma mâchoire était crispée tout comme mon corps et cette fois il le perçut enfin, pas heureux de mon traitement et des conséquences qui en découlaient, il fit néanmoins ce que je lui demandais et alla s'asseoir là où je lui avais dit d'aller, putain la journée avait pourtant bien commencée, ces derniers jours étaient parfaits, trop parfaits même et voilà que tout était balayé par ses conneries, j'allais mettre du temps moi à me calmer vu mon état.
Je me laissais tomber à l'endroit désigné par Ben sans la moindre grâce, de toute façon avec un bras aussi solidement immobilisé, je pouvais difficilement amortir la descente. Mon épaule me tuait depuis la prise que Ben m'avait portée dessus, j'avais senti la blessure se rouvrir dans mes muscles mais je me garderais bien de le signaler à mon tortionnaire. Le bandage soulageait une partie de ma souffrance mais je continuais à bouillir de rage contre celui qui me l'avait imposé ! Je ne supportais pas ce genre de bandage, j'avais déjà du mal avec une écharpe mais Ben lui m'avait tellement emmailloté le bras que je ne pouvais même pas bouger mon petit doigt et ça me rendait dingue ! Malgré qu'il fût évident que ma tentative pour m'en débarrasser allait provoquer une sanction encore plus sévère ensuite, je n'avais pas pu m'en empêcher. Le strap consolidait si bien son ouvrage que je ne pourrais sortir de là qu'avec son aide et il n'était pas prêt de me faire cette faveur ! Alors je le regardais s'entraîner et évacuer sa propre rage tandis que moi je n'avais d'autres choix que de rester assis à fulminer et de défier Ben à grands renforts de regards furieux chaque fois qu'il posait ses yeux sur moi pour s'assurer que je ne bougeais pas ! A quoi bon ? Son instinct l'en aurait averti de toute façon et diminué comme je l'étais désormais, je n'étais pas suffisamment fou pour tenter ma chance. Mais j'avais bien du mal à me tenir immobile malgré tout, je n'étais pas le genre de gars qui pouvait rester des heures assis sans bouger, en temps normal quand je venais rejoindre Ben ici, je me déplaçais assez fréquemment quand il changeait d'exercices, rarement pendant pour ne pas le déranger et puis la douleur me tenaillait trop désormais, il fallait que je sorte, il fallait que je me libère mais je savais que Ben n'accepterait aucun de mes deux désirs alors je contractais mes doigts prisonniers de son bandage autour de mon flan, le pinçant, le griffant, je détournais mon esprit vers une autre douleur, je ne lui donnerais pas la satisfaction de me voir lui réclamer des soins ou un antidouleur, je refusais de lui montrer le résultat de ses actions pour contrer mon obstination, il ne devait pas savoir.
Ben pouvait s'entraîner des heures en temps normal, je savais qu'il évacuait sa colère de cette façon et tant qu'il ne se serait pas calmé, il ne s'arrêterait pas, la meilleure façon pour moi de sortir d'ici et d'esquiver sa vigilance oppressante était de l'aider à se calmer, en ravalant ma propre colère malgré mon désir de me battre contre lui, rien que pour lui prouver que j'en étais capable, me battre pour qu'il accepte de me libérer mais j'avais compris la leçon, si je tentais quoi que ce soit, j'allais aggraver ma situation. Alors je reculais jusqu'au mur, je prenais appui dessus et faisait mine de m'endormir en refoulant la douleur de mon mieux, la vipère se contracta violemment en moi et j'hésitais un instant à la laisser sortir, elle pourrait prendre le relais pendant quelques temps mais Ben ne méritait pas de subir le côté vicieux de la vipère malgré ma rage à son encontre. Je me surpris à me dire que si elle et moi étions sur la même longueur d'onde, elle pourrait bloquer la douleur pour me permettre de fonctionner normalement mais le risque était bien trop élevé pour que je le prenne même un jour lointain.
Je gisais immobile contre mon mur depuis plus d'une demi-heure désormais, le seul mouvement que j'effectuais consisté à malmener mon flan, désormais en sang, de ma main gauche, celle qui était prisonnière du bandage de Ben, il ne pouvait donc pas s'en apercevoir mais malgré tout, la vigilance de Ben ne se relâchait pas, je la sentais toujours tout autour de moi, comme un étau, elle m'oppressait, me rendant plus nerveux et agacé qu'un homme endormi devait l'être et Ben devait le ressentir lui aussi, je n'avais aucune chance de le duper ainsi ! Mais la souffrance était désormais trop forte pour que je maintienne mon immobilité alors que j'avais l'envie presque insoutenable de hurler de douleur ! Aussi me servis-je de mon bras valide pour me relever, m'attirant cette fois toute l'attention de Ben et son regard colérique qui m'intimait de me rasseoir immédiatement, je lui rendais avec autant de hargne et lui dit d'un ton agressif :
Faut que j'aille pisser, tu veux me la tenir ? Dis-je en montrant ostensiblement mon bandage.
Ben refusa l'invitation d'un geste sec et son ton fut encore plus dur que le mien quand il me répondit en me regardant droit dans les yeux pour mieux appuyer sa menace :
Tu as cinq minutes pour être revenu ici ! Ne m'oblige pas à venir te chercher !
Cinq minutes ? Pas sûr que ça suffise avec cet handicap !
Démerde-toi comme tu veux, cinq minutes, pas une seconde de plus !
J'avais beau faire, je n'arrivais pas à me calmer, mes coups se faisaient plus rapides, plus incisifs, plus brutaux, mais ma colère elle restait toujours aussi forte, la présence et les piètres tentatives de Randy l'alimentaient à profusion. J'avais gardé un œil sur lui presque tous le temps, même quand je lui tournais le dos je ressentais ses mouvements, sa colère, son agressivité envers moi, ses émotions négatives s'accumulaient aux miennes ce qui faisait que je doutais de parvenir à me calmer. D'un coup il se leva et je le toisais méchamment, je ne pouvais plus lui parler au risque de vraiment exploser à un point qu'il n'aimerait pas, il faisait vraiment tout pour que je lui rentre dedans c'était pas possible ça. N'ayant pas le dessus physiquement, il me titilla verbalement, vas-y coco rien à foutre de tes petits pics de merde je suis bien au-dessus de ça et tu le vois même pas idiot, il voulait pisser soit mais qu'il se démerde et seul, pas sûr qu'il réussisse à viser le trou. Je lui donnais 5 minutes pas plus, s'il n'était revenu d'ici là peu importe qu'il n'ait pas fini, qu'il n'ait pas commencé ou que son jogging et son calbut soient à ses chevilles, j'allais le ramener par les cheveux et lui poser son cul sur ce putain de banc.
Je m'étais arrêté regardant l'horloge, à chaque mouvement des aiguilles ma colère augmentait, il était à peine parti que je voulais déjà aller le chercher et le ramener ici, j'appréhendais qu'il continu à me pousser à bout, qu'il tente le contre la montre pour voir ce que j'allais faire ou ne pas faire, vu son comportement je ne serais pas étonné qu'il le fasse exprès. Pour la 1ère fois depuis son arrivé je regrettais d'avoir dit oui, j'étais en colère mais aussi désappointé et chagriné de ces actions, on faisait pourtant le même métier, pas de la même manière c'était évident, mais il devait savoir qu'une blessure mettait du temps à guérir, si on ne tenait pas compte de ça le risque encouru était pire et c'est exactement ce qu'il avait fait, il avait aggravé son mal. Son arrogance, sa bêtise mais surtout son mensonge faisait mal, je pensais qu'on avait dépassé ce stade-là, qu'il me faisait confiance et par conséquent que jamais il n'oserait me mentir mais voilà il l'avait fait et pas qu'une fois, c'est comme s'il m'avait craché à la gueule, qu'il n'avait aucun respect pour moi et cette révélation était un véritable crève-cœur. Le temps de la complicité était fini et pour le moins brutalement, notre bulle avait explosé en emmenant tout sur son passage tel un tsunami, j'avais mal, j'étais en colère, déçu, mais surtout je n'avais plus du tout confiance en lui. Comment continuer avec lui en sachant ça, en sachant que ce qu'il dirait pourra être faux, qu'une fois le dos tourné, il fera n'importe quoi et n'assumera pas absolument pas préférant tout me mettre sur le dos, je n'avais plus un jeune homme cool devant moi, non j'avais un gamin intrépide, menteur, irresponsable que je devrais avoir constamment à l'œil, merde dans quoi je mettais embarqué moi ?
J'avais quitté la salle sans me précipiter, mon équilibre étant altéré par ce maudit bandage mais dès que je fus hors de vue de Ben, je me ruais vers la maison au risque de me casser la figure à chaque pas, je ne perdais pas une seconde avant de m'emparer du sac de voyage de Ben, les cachets contre la douleur devaient encore être dedans et je regrettais soudain de ne rien avoir de plus fort que ça, ils ne seraient pas suffisants pour canaliser ma souffrance cette fois ! Je descendais à toute vitesse dans sa cuisine à la recherche de ciseaux, n'en trouvant pas je m'emparais d'un grand couteau de cuisine et commençais à attaquer le bandage qui immobilisait mon bras bien trop durement pour que je puisse le supporter plus longtemps, mes yeux faisaient régulièrement la navette entre mes gestes et l'horloge, c'était clair que je n'aurais pas le temps de m'en défaire en moins de 3 minutes et même si j'y parvenais, j'aurais encore de plus gros problèmes avec Ben ensuite, j'avais beau savoir que je faisais une connerie monstrueuse, je ne pouvais pas m'en empêcher, j'avais trop mal pour serrer les dents plus longtemps. J'avais d'ailleurs lâché un hurlement une fois à l'abri des oreilles de Ben, il ne devait pas savoir pour ma blessure ! Tout à mes tentatives d'évasion, je n'avais pas vu Ben arriver derrière moi, les cinq minutes étaient belles et bien dépassées !
Je vois que tu persistes dans tes conneries j'en suis pas surpris. Me dit-il d'un ton particulièrement dur mais calme, presque glacial.
Je t'ai demandé de m'enlever ça puisque tu veux pas bah je le fais moi-même.
Je vois ça tu cherches à te mutiler cette fois, tu donnes dans les scarifications extrêmes en plus pffff
Si je me blesse ça sera de ta faute alors promis cette fois je me tiendrais sage mais enlève moi ça s'il te plait.
Tu peux dire ce que tu veux j'ai plus confiance et tu viens encore de me prouver pourquoi, tout ce qui sort de ta bouche n'est que mensonge. si tu veux te couper et te flinguer le bras complètement libre à toi j'en ai rien à foutre, je te laisse à tes petites perversions.
Ben quitta la pièce sans se retourner, je restais ébahi, le couteau en main, oubliant mes vaines tentatives pour me libérer. Je m'étais attendu à tout comme réaction de sa part, à une folie meurtrière, à me faire décalquer en beauté ou à me retrouver saucissonné de la tête au pied, bâillon en prime mais sûrement pas à la froideur dont il faisait preuve désormais, comme si je lui étais devenu indifférent. Ça faisait mal, bien plus mal que sa colère, plus mal que mon épaule même, Ben était la seule personne face à laquelle je me sentais vivant, réel, l'adulation des foules ne me donnait même plus le moindre frisson, j'étais mort intérieurement jusqu'à ces derniers jours. Avec lui, dans ses bras, j'avais redécouvert ce que c'était de se sentir exister, j'avais réappris à rire, à sourire et même à respirer, il était devenu ma flamme vitale et je me sentais de nouveau mourir maintenant que j'avais perdu son regard, sa confiance et même ce début d'affection qu'il avait pour moi. Dépité, je reposais le couteau à sa place après l'avoir nettoyé, mon bandage était à peine entamé et je n'avais plus le goût de le retirer, qu'importait la douleur hurlante de mon épaule désormais, seule celle de mon cœur abandonné résonnait en moi. Je me précipitais derrière lui pour m'excuser, me faire pardonner par n'importe quel moyen et traversait la passerelle en courant, glissant et me rattrapant d'extrême limite à la balustrade sans même pousser un cri de douleur quand mon épaule blessée céda presque sous ce nouveau choc et atteignais la porte de sa salle d'entraînement, je posais la main sur la poignée et appuyais pour ouvrir. La porte me résista, à la 2nde tentative, il fut clair pour moi qu'elle était verrouillée, Ben m'avait banni de son territoire !
Alors je cherchais après lui dans la salle, je m'attendais à le voir occupé à se déchaîner sur son punchingball ou à soulever des poids mais aucun bruit ne me parvenait de la pièce et je finis par le repérer, prostré contre le mur, la tête reposant sur les genoux, une position qui nous était commune quand on allait mal, découvris-je soudain et je pris la réalité en pleine poire. Je n'étais pas le seul à souffrir de cette situation que j'avais connement provoqué, Ben souffrait autant si ce n'est plus que moi de ce qu'il considérait, à juste titre sans doute, comme une trahison. Il m'avait demandé une honnêteté totale, une confiance et une obéissance quasi aveugle, je lui avais menti à deux reprises déjà, trois en comptant mon bobard pour quitter la salle et si mon impatience, mon refus de paraître faible, ma frustration face à l'inactivité étaient d'excellentes raisons de le faire, j'avais aussi eu des tas de mauvais raisons de le faire et j'allais le payer au prix fort, désormais Ben ne me croirait plus, quoi que je dise. Mais la douleur de l'avoir blessé passait au-dessus de tout le reste.
Je me laissais tomber au sol, juste à côté de la porte, refusant de m'éloigner plus de lui tandis que mon cœur hurlait d'agonie face à cette exclusion, je n'avais pas encore mesuré l'importance qu'il avait pris dans ma vie jusqu'à présent, c'était chose faite, s'il décidait de me foutre dehors, je deviendrais bien pire que le zombie que j'étais avant cette mise en scène pour me permettre de le rejoindre.
Ben… Murmurais-je en plaquant ma main contre la porte.
