Vous êtes sur le répondeur de Benjamin Cooper, je ne suis pas disponible pour le moment, laissez-moi un message, je vous rappellerais dès que possible ! Biiip !

Ben ? C'est encore moi, je ne sais pas si tu écouteras ce message, je sais que j'ai vraiment merdé cette fois et je suis désolé, je ferais n'importe quoi pour me faire pardonner, j'irais jusqu'à écouter Taker chanter pendant des heures, tout ! Mais je t'en prie rappelle-moi.

Je raccrochais, il ne rappellerait pas, Ben était parti depuis la veille, j'avais envoyé des sms par dizaine et laissé 17 messages vocaux, il n'avait jamais rappelé et je restais chez lui à me morfondre, à me demander si je devais partir ou rester, s'il valait pas mieux laisser tomber tout ça, mettre fin à cette histoire avant même qu'elle n'ait commencé. Je souffrais, énormément, de mon épaule évidemment, laissée sans soin depuis son départ mais surtout de mon cœur, j'avais mal à l'idée d'avoir tout foutu en l'air, mal surtout d'avoir blessé Ben et mal de solitude, mal tout simplement à en crever.

Ce n'est qu'après son départ que je m'aperçus qu'il m'avait laissé une plaquette d'antidouleurs sur ma table de chevet, je la regardais longuement et décidais de la laisser là, pour le moment, il arriverait un moment où ni ma fierté ni mon besoin de me punir ne suffirait plus à me tenir éloigné de ce remède. Ben m'avait donné quelque chose de plus fort que les premiers jours, il avait pris conscience de la douleur extrême dans laquelle j'étais en me soignant, il m'avait donné de quoi la soulager sans m'en informer, continuant à prendre soin de moi malgré toutes mes conneries. Mon poing immobilisé, lui aussi, vint appuyer sur le pansement qu'il avait posé sur mon flan déchiqueté mais par respect pour lui et son ouvrage, je n'allais pas plus loin, hors-de-question que je me mutile de nouveau, il n'avait pas du tout apprécié sa découverte et même s'il me restait une main de libre pour attaquer une autre partie de mon corps, je ne le ferais pas, je n'avais plus à lui cacher ma douleur puisqu'il n'était plus là pour la voir.

J'avais volontairement fuit ma maison, ma ville, mon refuge à cause de lui et de ses paroles, il avait réussi là où bien d'autres avaient échoué, il m'avait fait mal comme pas possible avec ses paroles, ses mots cruels, cinglants et tellement foudroyant à la fois, il m'avait dépeint d'une telle manière qui était le contraire de moi que ma douleur fut trop forte. J'avais préféré m'éloigner, m'enfuir, me retirer pour ne pas laisser ma colère et ma douleur exploser et faire des ravages que rien ne pourrait réparer, je n'avais jamais reculé devant un combat, préférant foncer au risque d'en sortir amoché plutôt que de renoncer, mais là c'était le cœur brisé que j'avais tourné le dos, un mot de plus, une provocation de plus et j'aurais rendu les coups en pire, il ne méritait pas de me voir affaibli, tout comme je n'avais pas méritais sa haine, sa répugnance et sa cruauté gratuite. C'était perdu dans mes pensées, mes réflexions et ma tentative de trouver une solution que j'arrivais à mon hôtel, j'avais fait la route jusqu'à l'aéroport, pris mon avion et repris la route jusqu'à mon hôtel sans me rendre compte une seule seconde de ce que je faisais, mon corps était passé en mode automatique et l'Invictus avait fait le reste à n'en pas douter. Une fois la porte de ma chambre franchit cette fois, je fus à nouveau seul aux commandes et c'est épuisé moralement et physiquement que je posais ma valise et m'assis sur le bord de mon lit, mes coudes sur mes genoux et laissais tomber ma tête dans mes mains et relâchais la pression, mes larmes coulèrent en silence, de faibles hoquets de douleur sortir de ma bouche, ma respiration était douloureuse comme mon cœur, j'étais meurtri. Après plus d'une heure, j'avais laissais échapper une infime partie de ma souffrance, même si le plus gros de ma peine, de mon chagrin eux semblaient vouloir résolument s'ancrer en moi et ne pas lâcher prise, comme pour ne pas me faire oublier ce qui arrivait quand je baissais ma garde, un rappel de ma négligence absurde, une sorte de punition que mon esprit m'infligeait pour avoir été faible et trop croyant. Je me levais et allais me passer de l'eau sur le visage, quand je croisais mon regard dans le miroir c'est à peine si je me reconnus, j'avais devant moi un visage du passé, le visage d'un jeune homme rompu de douleur, un jeune homme que la vie déchirait de toute part pour en au final en faire un homme retranché et craintif. Cette révélation me fit me crisper de colère, je ne voulais plus être cet homme-là, j'en avais déjà trop pris dans la gueule pour laisser quiconque me rabaisser et me blesser volontairement par pur sadisme, je n'avais pas le choix j'allais devoir remettre mon masque et ne plus l'enlever, j'allais redevenir le lutteur acharné, le bosseur que seul son objectif intéressait, m'entrainer, me battre et gagner voilà ma façon d'être et de vivre, au moins en étant comme ça je préservais le peu de cœur intact qui me restait.

Fort de mon entrain retrouvé, je pris connaissance du nom de mon adversaire du lendemain, je ne fus pas satisfait, il me fallait plus, plus fort, plus redoutable, plus coriace que lui, il me fallait du lourd alors je regarda les noms des autres lutteurs disponible et un nom m'interpella de suite, c'était lui, j'avais le gars qu'il me fallait, face à lui j'allais pouvoir laisser tout sortir sans risques, il était du même acabit que Heathen et c'était ce genre de mec dont j'avais besoin. J'envoyais un texto à mon coach, bref concis et ne laissant aucun doute sur mes envies, j'aurais pu l'appeler mais je n'avais pas la force de parler et puis il m'aurait posé des questions sur le pourquoi j'étais déjà là, pourquoi je choisissais un adversaire brutal qui risquait de m'envoyer à l'hôpital mais surtout il voudrait savoir pourquoi je suis seul et je n'avais pas suffisamment de recul pour lui répondre.

Il avait dû percevoir que quelque chose clochait mais avait néanmoins fait le changement sans rien me demander, il essaierait sans doute demain mais j'aurais eu le temps de la nuit pour me renfermer. Il comprendra de suite qu'aucun mot, aucune explication ne sortirait de ma bouche, j'entrais volontairement dans un mutisme que rien ne pourra rompre, j'allais me renfermer dans ma bulle, me concentrer pour mon combat et ne porter aucune attention à ce qui allait se passer aux alentours, le guerrier reprenait vie. Je payais fortement ma faiblesse d'avoir voulu être moi, erreur stupide que je ne commettrais plus jamais, ma vie était tracée, je n'étais pas destiné à être heureux, joyeux et insouciant, non j'étais destiné à me battre, à être fort et dur, à être le meilleur pour ne pas souffrir, vivre et survivre était le chemin que la destinée m'avait désigné.

Je me levais d'un bond il fallait que je sorte, que j'aille m'entrainer, me préparer pour demain, mais je devais surtout évacuer ma rage qui montait d'un point supplémentaire à chaque Bip de mon téléphone, je ne comptais plus le nombre d'appels en absence, de messages, je n'avais lu et écouté aucun d'eux, mais le simple fait de savoir qu'il continuait à me harceler me foutait en rogne. Je voulais la paix, qu'il me laisse tranquille, il en avait suffisamment fait et dit, et qu'il continu son harcèlements me rendait dingue. Il avait à coup sûr reprit son rôle de petit garçon, de petite femme éplorée qui ne voulait pas être seul, qui avait besoin d'être remarqué, besoin d'être le centre du monde, mais voilà ses revirements me fatiguaient, je l'avais fait passer avant moi et pour obtenir d'être blessé, alors cette fois j'allais me concentrer uniquement sur moi et rien d'autre. Si mon silence passait pour de la cruauté alors soit, ce qu'il avait fait été pire, il était temps qu'il grandisse,

Je me dirigeais vers une salle de sport tout près et c'était parti pour un entrainement intensif, musique sur les oreilles, esprit aux aguets, méninges en ébullitions, je m'enfermais dans ma bulle faisant le vide. Pendant 4h je peaufinais mon d'action, cherchant les prises que j'allais exécuter, travaillant mon corps et l'affutant comme il devait l'être, je ne laissais rien au hasard, tout devait être au point. Quand je fus satisfait de mon travail, mon corps était fatigué, j'avais au moins réussi à épuiser cette partie de moi, la tension de mon corps était partie celle de mon esprit s'accrochait quant à elle et c'était le pire. Je regagnais ma chambre et vérifiais mes messages, j'avais mis mon portable sur silencieux et c'était tant mieux, car les appels et textos avaient augmenté, qu'il me lâche putain, mon silence et refus de lui répondre était suffisamment explicite bordel, comme les précédents, je ne lus rien et n'écoutais rien, seul le texto de validation de changement d'adversaires de mon coach m'intéressais, j'avais au moins réussi à reprendre en main cette partie de ma vie. J'allais me coucher même si je savais parfaitement que le sommeil allait me déserter, sa voix commença à se faire entendre dans ma tête, pauvre connard, se croit meilleur que tout le monde, être méprisable, arrogant, ses mots revenaient en force, non non non ça suffit stop, je n'allais pas le laissé continuer à me faire souffrir, je repoussais violement ces souvenirs et me focalisais sur mon combat, je repris pied peu à peu et sa voix s'estompa pour finir par ne plus être audible, j'avais réussi à le faire taire en partie. Je ne savais pas ce que j'allais faire après mon combat, comment j'allais régler cette situation mais une chose était certaine, j'allais redevenir froid et distant, mon bouclier sera dès demain à nouveau en place.

Alors que je sortais de l'hôtel le lendemain matin, je croisais mon coach qui en fut fortement surpris, il ne s'attendait pas à ce que je sois déjà là, surtout que je ne l'en avais pas averti dans mon sms, je n'avais fait que lui demander ce changement sans plus de précisions. Je hochais la tête à son égard pour le saluer en continuant ma route, je n'étais toujours pas décidé à parler, surtout pas à lui, il se tourna vers moi en m'attrapant le poignet et dit :

Y a un problème gamin ? Je peux t'aider ?

Vous en avez déjà assez fait comme ça !

Je me dégageais sèchement et quittais l'hôtel, laissant mon coach ahuri derrière moi, je savais que je devrais répondre à ses questions tôt ou tard mais autant que ça soit tard.

Depuis sa fuite, mes journées s'étaient résumées à mon footing et mes appels, entrecoupés de rage et de chagrin saupoudrés d'une bonne dose d'apitoiement morbide. Je ne faisais rien d'autre, il m'avait dit footing jusqu'à ta guérison totale, il m'avait ordonné de porter ce bandage aussi jusqu'à cette date, alors c'était ce que je faisais, je courrais, je courrais en longueur de temps. Mes jambes étaient dures des heures passaient à arpenter le bayou de long en large au gré de mes foulées, tantôt calmes et millimétrées, tantôt furieuses et anarchiques, j'avais arpenté chaque recoin de sa propriété de cette façon, je la connaissais par cœur désormais et je pouvais y courir les yeux fermés ou bien occupés à revoir nos souvenirs communs. La vipère se faisait agressif quand je me laissais aller à ce genre de pratique mais je ne l'écoutais pas, j'étais maître d'elle-même si désormais je n'étais plus maître de rien d'autre.

J'avais couru pendant des heures après son départ, couru jusqu'à ce que je m'effondre d'épuisement, couru jusqu'à ce que je regagne la terre dont je m'étais extrait avec rage la veille, après une nouvelle chute, déséquilibré par son bandage. Mais cette fois ma chute n'était pas dû à ça, comme la veille, j'avais recommencé à apprendre à m'équilibrer pour courir. La veille, j'étais rentré furieux après Ben, je l'avais incendié comme s'il était responsable de cette situation de merde, il avait raison, c'était ma faute, uniquement ma faute, j'avais le droit d'être en colère mais je n'avais pas celui de lui en vouloir pour ça, pas après avoir merdé au point de l'obliger à me faire du mal pour que je cède. Il m'avait renvoyé courir et j'avais appris l'exercice qu'il voulait me voir faire le matin précédent, s'équilibrer pour courir en n'ayant qu'un seul bras. J'avais compris comment faire le jour de son départ, aujourd'hui, quand je heurtais durement le sol dans ma chute, le déséquilibre n'y était pour rien, seul l'épuisement en était la cause.

J'haletais au sol, ne trouvant pas la force de m'en extraire, vaincu par la fatigue et le désespoir, les larmes roulèrent sur mes joues pour la première fois depuis des années, je ne cherchais plus à les retenir, je laissais mon chagrin s'échappait à gros bouillon de larmes et de cris de détresse, couché au sol, me roulant par terre, fou de chagrin, un chagrin qu'une seule personne au monde pourrait calmer, celle que j'avais fait fuir et qui ne voulait plus rien avoir à faire avec moi. Pourtant il avait déserté sa propre maison sans me foutre à la porte, c'était d'une illogique totale ! Il aurait dû me balancer dehors avec ma pile de fringues et me dire de ne plus jamais revenir, voilà ce qu'il aurait dû faire dans un monde normal ! Alors pourquoi m'avait-il laissé dans son lit d'amis ? Il avait quitté son havre de paix que j'avais pollué par ma présence nauséabonde en me laissant derrière lui au lieu de me bannir et cette situation m'empêchait de prendre une quelconque décision, partir ou rester ?

Je ne savais plus ce que je devais faire, je voulais tellement avoir des nouvelles de Ben, avoir une réponse à toutes mes questions et il n'y avait qu'une personne qui puisse le faire en dehors de Ben. Sans m'en apercevoir, je sortais mon téléphone, le chagrin avait fini de me vider de mes forces et je roulais sur le dos, portable en main, cherchant le numéro que je n'avais plus composé depuis une autre journée comme celle-ci, une de celle où j'avais perdu le contrôle et où personne d'autre que lui ne pouvait m'aider. Les sonneries retentirent, je les comptais machinalement et à la 3ème la voix tant espérée du coach Adams retentit :

Randy ?

Coach, c'est bien vous ?

Evidemment puisque tu appelles sur mon téléphone !

C'est vrai, je suis vraiment con ma parole.

Comment tu vas Randy?

A merveille, coach !

La vérité Randy comment tu vas réellement?

Hyper mal ! Mais c'est pas l'important Mr, comment va Ben!?

C'est ton épaule c'est ça? C'est pour ça que tu n'es pas là?

Elle est foutue mais... Attendez Ben vous a rien dit?

Comment ça foutu? Ben n'a rien dit non, c'est sans doute ça la cause de son état alors!

C'est rien. J'ai merdé j'le méritais. Mais Ben? Dites-moi pour lui! Il a un match là, faut qu'il aille bien!

Tu as merdé dans quel sens et dis-moi tout après seulement je te dirais ce que tu veux savoir.

Putain coach allez! S'il vous plait!

Surveille ton langage gamin n'oublie pas à qui tu parles donc tu me dis ce que je veux et dois savoir et je ferais pareil sinon je raccroche c'est clair ?

Pardon coach, raccrochez pas pitié! J'vais tout vous dire mais après ça j'serais plus jamais un de vos gamins, j'ai perdu cet honneur.

Qu'est-ce que tu as fait encore Randy?

Des conneries! Une montagne de conneries je suis bon qu'à ça vous le savez!

Crache le morceau parce que je suis à deux doigts de raccrocher là!

Ok ok! J'ai joué au con. J'ai voulu forcer la main à Ben pour pouvoir m'entrainer avec lui. J'en crevais d'envie! J'lui ai menti en disant que j'avais plus mal, Ben savait que si, il m'avait entendu geindre dans mon sommeil mais ça je le savais pas moi. Il m'a mis en garde plusieurs fois mais je me suis obstiné et il a été forcé de me dézinguer l'épaule pour que je lâche l'affaire. Bien fait pour moi vous me direz avec raison... Ensuite il a sorti une bande pour m'immobiliser le bras et j'ai refusé de le laisser faire. Il a gagné bien sûr mais pas sans lutte. Après il m'a dit de plus bouger mais je pouvais pas rester, j'avais vraiment trop mal! Du coup j'ai sorti un autre bobard pour me barrer et Ben m'a donné 5 minutes pour revenir là encore j'ai déconné, j'ai dépassé le temps en tentant de couper son bandage. Ben s'est renfermé et enfermé et on s'est plus parlé. Au soir, il s'est aperçu de l'état de mon épaule et il s'est fâché, il m'en a mis plein la gueule et j'ai pété un câble et je lui ai dit des horreurs. Il est monté se coucher sans un mot et le lendemain, il est pas venu me réveiller pour la 1ère fois depuis mon arrivée. Je suis allé courir avec mon bandage et j'ai passé plus de temps à me vautrer qu'à courir. En arrivant, je m'en suis pris à Ben de colère alors qu'il n'y était pour rien là non plus et il m'a renvoyé courir. Ensuite je suis allé prendre une douche à sa demande et il m'a retiré mon bandage. Après la douche, ben m'attendait pour me soigner et...

Et quoi Randy ?

Non, ça je peux pas vous le dire coach.

Randy, je t'ai demandé de tout me dire non ?

Oui.

Alors accouche !

Ben s'est aperçu que j'étais blessé et il l'a très mal pris.

Blessé comment ? Ton épaule ? Il le savait non ?

Non, coach une autre blessure que j'avais aussi caché à Ben.

Nom de dieu mais combien de choses tu lui as caché au juste hein? C'est quoi au juste cette autre blessure ? Parle.

Quelques-unes coach. Rien d'important, je m'étais juste gratté au niveau des côtes la veille.

Gratté, je sais pas pourquoi mais je sens que c'est bien plus que ça alors je veux la vérité bordel! Maintenant.

Gratté à sang, jusqu'aux muscles d'après Ben et c'était assez infecté.

T'es complètement malade ou quoi, peu importe le pourquoi tu as fait ça, c'est une chose horrible tu t'en rends compte au moins ? Tu fous ta santé en danger, lui balances des horreurs, et tu lui mens pas étonnant qu'il soit dans cet état-là, mon gamin. Je t'avais dit quoi concernant la franchise avec Ben hein? Tu me déçois Randy, j'étais loin de me douter que tu étais capable de faire des choses pareilles, quand je vous ai vu la dernière fois j'avais 2 jeunes hommes complices et heureux mais aujourd'hui tout ça est détruit. Après ta dernière attaque sur sa mère je croyais que tu avais compris, quand tu lui as demandé de l'aide j'étais persuadé que c'était ce que tu voulais et étais prêt à changer, et regarde le résultat, mon dieu, Randy.

Je me sens déjà assez minable comme ça coach, pas besoin de m'enfoncer davantage sauf si vous tenez absolument à ce que je termine le boulot. Bon maintenant que vous me méprisez et détestez autant que lui, vous pouvez répondre à mes questions?

Je ne te méprise pas et ne te déteste pas je suis choqué par tes actions Randy, comment tu as pu faire ça, mettre ta vie en danger aussi bêtement, je comprends vraiment pas. Et ne t'avises plus jamais de me menacer, t'es pas en position de le faire, je peux très bien débarquer et te foutre une raclée petit con va, fais bien attention.

Venez coach, c'est jour de chance, je rends plus les coups !

Ton effronterie commence à me faire regretter d'être intervenu en ta faveur auprès de Ben et de t'avoir conseillé tiens ! Je sais même pas pourquoi je reste en ligne si c'est pour entendre des bêtises et des horreurs pareilles, j'ai passé l'âge de toutes ces conneries, merde !

Pitié coach, me laissez pas, je veux pas vous perdre vous aussi, je suis vraiment désolé, je vais être sage, je dis plus de conneries, c'est promis.

Je t'aime bien gamin mais tu fais beaucoup de promesses et tu en tiens peu qu'est ce qui me prouve que cette fois tu le feras ?

Rien vous avez raison monsieur, je ne suis pas digne de la confiance que vous m'avez offerte.

Je sentais au son de sa voix que le gamin avait mal, il avait fait une connerie plus énorme que la précédente et s'en voulait comme pas possible, je n'excusais pas son geste mais je ne pouvais pas supporter d'entendre une telle détresse dans sa voix, il faisait partie de ma vie comme il faisait partie de celle de Ben mais tant que mon gamin ne sera pas calmé, j'étais la seule personne vers qui Randy pourrait se tourner et je ne le laisserais pas tomber comme il semblait le croire.

Tu fais partie des miens gamin, mais il va vraiment falloir que tu te reprennes, que tu décides ce que tu veux et que cette fois tu t'y tiennes. Arrête tes bêtises tu veux, je sais que tu as mal et ça me fait mal alors s'il te plait, arrête de te détruire, promet-le moi.

Vous ne croyez plus en mes promesses coach.

Je croirais en celle-là alors tu devras vraiment t'y tenir d'accord ? Tu es un jeune homme bien, Randy avec un très fort potentiel ne gâche pas tout, crois en toi, crois en lui et tu verras à vous deux vous ferez des merveilles, mais pour ça, tu dois y croire.

D'accord, alors je vous le promets coach et je m'y tiendrais vous pouvez me faire confiance. Je ferais tout ce que vous me demandez, tout ce que Ben voudra, je partirais même, s'il ne veut plus de moi mais maintenant je vous en supplie coach Adams, dites-moi comment il va s'il vous plait!

Je te crois et te fais confiance pour ce qui est de Ben je me suis douté que quelque chose n'allait pas depuis son arrivée, il n'a pas dit un mot à personne même à moi. Il s'est retranché et ne communique plus, il s'entraine loin de tous et une fois fini, il s'isole loin de nouveau.

Merde, c'est ma faute ça coach, je vous avais promis de vous le rendre aussi joueur et drôle que vous l'aviez vu par le passé et j'en ai refait une machine !

C'est sa façon de faire depuis toujours quand il va mal, il se jette dans le travail et ne fait plus attention à rien d'autre, fait juste attention à l'avenir d'accord. Parce que je veux vraiment voir ce que tu m'as promis, voir mon gamin rire et être heureux comme visiblement toi seul peux y parvenir.

Je le ferais coach, et vous le verrez, vous rirez de nouveau quand je vous raconterais les autres blagues qu'il m'a faites depuis la dernière fois qu'on s'est vu.

J'ai hâte que tu me racontes ça vraiment, même si c'est pas tout rose en ce moment je te remercie encore pour avoir fait ressurgir le Ben joueur et insouciant, merci Randy.

Pas de merci coach, la seule chose que je mérite pour le moment, c'est une bonne raclée !

Pas faux non plus, t'as vraiment de la chance que je doive rester auprès de mon champion toi, sinon c'est une bonne fessée que tu aurais eue tiens et je t'aurais confisqué ta peluche en prime.

Je souriais à cette idée, le coach venant me donner la fessée comme à un môme et je lui répondis en souriant encore :

Aaaah! la fessée ok coach mais pas ma peluche!

Parfaitement ta peluche.

Ah non coach, le petit reste avec papa, il est trop jeune encore pour aller voir papy !

C'est quoi cette histoire de petit, de papa et de papy?

Un jeu entre Ben et moi, le petit est la peluche croco qu'il m'a offert, Ben parle de lui comme de notre gosse pour s'amuser, donc ça fait de nous ses papas, enfin, Ben dit que je suis sa maman évidemment et donc selon toute logique ça fait de vous le papy ! Félicitations d'ailleurs.

Je ne pus m'empêcher d'exploser de rire au téléphone, mon dieu que ça faisait du bien d'apprendre que malgré les tensions des dernières heures, ils avaient continué leurs bêtises surtout Ben, Randy en maman c'était évident bien sûr. Le merdeux m'annonçait comme ça que j'étais grand père d'un croco en peluche et me félicitait, non mais je vous jure ces deux-là n'en loupait pas une.

Et mon petit croco a un prénom je suppose, remarque vous connaissant j'ai peur de demander.

Evidemment, Bendy Junior !

Bendy? Original comme prénom mais ça vient d'où?

Ben et Randy. Be'N'dy, Be pour Ben, N pour l'union et Dy pour Randy, c'était pourtant évident non?

Logique en effet, mon dieu mon champion est papa et moi grand père, quand je te dis que ta présence est bénéfique.

On vous invitera pour le baptême promis coach, vous voulez bien être le parrain?

Y a intérêt que je sois le parrain. Par contre pour le prochain prévenez-moi à l'avance hein, parce qu'avec vous deux si ça continue va falloir que j'installe une crèche dans la salle.

ça serait super ça coach, on a beaucoup de mal à le laisser derrière nous en partant, surtout Ben d'ailleurs, il l'appelle 15 fois par jour pour être sûr qu'il va bien !

C'est un papa responsable, mais à coup c'est la maman que tu es qui a du mal à laisser son petit je me trompe?

J'avoue, Ben me trouve un côté très féminin, je ne sais pas à quoi c'est dû, c'est pourtant lui qui se lave au monoï!

Trop de détails Randy, trop de détails et puis quelque chose me dit que tu n'es pas étranger à ça.

Une autre blague qui s'est encore retournée contre moi, je vous raconterais ça plus tard.

Je vois que vous vous êtes bien amusés, un vrai couple de gamins.

On l'a été coach, notre lien était si… fusionnel, j'ai jamais ressenti ça avec personne d'autre mais c'est foutu tout ça, j'ai encore une fois tout détruit, je devrais partir, partir tout de suite, il faut pas qu'il me trouve dans sa maison à son retour, mes bagages sont prêts de toute façon.

Tu arrêtes tes conneries maintenant et tu écoutes, si tu t'avises de quitter la maison alors que Ben est absent je te garantis que là tu le perdras définitivement, s'il t'a laissé et qu'il est venu seul c'est pas pour rien, s'il avait voulu que tu partes, il te l'aurait dit honnêtement et c'est pas le cas. Il a préféré prendre du recul justement parce qu'il tient à toi et ne voulait pas envenimer les choses, alors à toi de voir, tu restes et tu assumes les conséquences de tes actions et fait tout pour que ça ne se reproduise plus ou tu t'en vas et le perds pour toujours.

Je veux pas le perdre coach mais je veux pas être un fardeau pour lui et c'est tout ce que je suis pour lui.

T'es pas un fardeau loin de là mais tu ne réfléchis pas avant d'agir, tu fais n'importe quoi et c'est une fois que tu prends conscience de ce que tu as fait que tu réalises ton erreur, il faut vraiment que tu fasses un travail sur toi même gamin, réfléchir avant d'agir, agir en adulte et plus en enfant capricieux. Ben sait ce qu'il fait et tu le sais alors fais-lui confiance bordel et arrête tes âneries parce que ça vous fais souffrir tous les deux.

Je suis peut-être pas un fardeau mais je suis de trop quand même, Ben m'ignore totalement désormais, il n'a répondu à aucun de mes messages ni appels, il n'a jamais rappelé non plus, je suis même sûr qu'il les a même pas lus ou écoutés.

Il t'ignore certes mais pour de bonnes raisons non ? Après ce que tu as fait et dit il est normal qu'il réagisse comme ça, laisse-lui le temps de redescendre en pression, de se calmer, il rumine et ce que tu as dit l'a plongé dans le doute, doute sur lui, sur ses capacités, sur sa façon de faire, et ça il faut qu'il le digère. A coup sûr, il évacuera une grosse partie de sa colère sur le ring il le fait toujours, une fois calmé, là ça sera différent il se ré-ouvrira à toi mais tu ne devras plus agir comme tu le fais Randy parce que même s'il ne le montre pas c'est un garçon sensible et votre lien, votre fusion fait que ce que tu dis et fais a un grand impact sur lui.

D'accord coach, je vais attendre sagement et je ferais plus jamais de conneries, je ferais n'importe quoi pour qu'il me pardonne et qu'il n'ait plus mal à cause de moi. Coach vous pouvez me rendre un dernier service ?

Lequel ?

Veillez sur lui, je vous en prie, le laissez pas prendre trop de risques à cause de ce que je lui ai fait.

Je peux le surveiller et veiller sur lui mais tu sais aussi bien que moi que quand il est sur le ring c'est lui seul qui décide de ce qu'il va faire et comment le faire, mais rassure-toi je pense que c'est pour son adversaire qu'il faut s'inquiéter.

C'est vrai coach, merci pour tout ! Faites qu'il rentre le plus indemne possible.

Pas de soucis mais toi de ton côté repose-toi, réfléchis et arrête tes bêtises hein, de sorte que quand il rentrera il sera de nouveau face au Randy qu'on aime tous, promis gamin?

D'accord coach, je vais déjà commencer par me relever, la boue c'est bon pour la peau mais quand même!

Attends, t'es en train de me dire que depuis tout à l'heure au lieu d'être tranquillement assis dans le canapé tu es en fait allongé dehors, sur le sol et dans la boue en prime, Randy faut vraiment que tu arrêtes tes bêtises.

Je suis tombé et la seule chose que je voulais c'était entendre votre voix, après j'ai oublié de me relever mais une seconde, je suis debout.

Rentre à la maison maintenant et repose-toi, je m'occupe de Ben.

J'y vais tout de suite, bonsoir coach, je peux vous rappelez demain pour prendre de ses nouvelles?

Bien sûr que tu peux m'appeler, tu appelles quand tu veux gamin. Allez, je vais voir Ben, toi tu te reposes et tu prends soin du petit, embrasse-le pour moi. A demain Randy.

A demain coach.

Nom de dieu ce que je venais d'apprendre me glaçait le sang, j'avais, enfin je l'espérais, calmer un tant soit peu Randy, mais sérieusement ce qu'il m'avait révélé méritait une sacrée tarte, il avait provoqué verbalement mon gamin mais en plus il avait aggravé sa blessure et s'était mutilé, c'était quoi ce bordel ? A quoi il avait pensé en faisant ça ? Depuis qu'il avait rejoint Ben et que je les avais vu tout semblait correct et là j'apprenais qu'il n'en était rien et cette réalisation me fit peur, les avoir réunis n'était peut-être pas une si bonne idée. Pourquoi d'un coup Randy agissait comme ça, mettre sa vie en danger bêtement n'était vraiment pas digne de lui, le gamin s'en voulait mais il devait bien y avoir une raison pour qu'il agisse d'un coup aussi extrêmement. Il voulait l'attention de Ben, avait tout fait pour être avec lui, semblait heureux d'être à ses côtés, et là il avait visiblement blessé Ben, s'était mutilé et maintenant après coup, il était de retour à la case départ avec la peur d'avoir perdu mon gamin. Je n'avais que les actions de Randy pas ses paroles mais elles devaient être elles aussi cruelles pour que Ben soit partit de chez lui plus tôt, qu'il ait laissé Randy seul, mais bien sûr la voilà la réponse, le pourquoi il avait changé d'adversaire, , le pourquoi il ne m'avait adressé qu'un simple texto sans me signaler qu'il était déjà là, le pourquoi de sa froideur quand je l'avais croisé plus tôt dans le hall et sa dernière phrase, restait plus qu'à connaitre les dires de Randy et j'aurais le puzzle en entier, mais cette partie ne serait possible qu'après le combat de mon champion, et là encore ce n'était pas gagné. Ben était introverti et dans certain cas il gardé tout à l'intérieur, ce n'était pas sain pour lui mais c'était sa façon d'être, je ne pouvais que croiser les doigts pour qu'il sorte le moins amoché possible et qu'il accepte de me parler. Merde les deux étaient dans les extrêmes, soit 100% solidaires soit 100% adversaires, pas de demi-mesure avec eux, mais une chose ressortait de ce coup de fil, Randy avait merdé, il s'en voulait, Ben avait fui et il était meurtri, et moi je devais faire en sorte que les deux sortent sans trop de dégâts de cette histoire.

Bientôt fini la publication des chapitres qui étaient prêts de longue date, ma co-écrivaine reste aux abonnés absents donc il n'y aura sûrement pas de suite mais laissez-nous savoir votre avis sur ces publications ça fait toujours plaisir de savoir que quelqu'un s'intéresse à nos chapitres.