Hello, voici le chapitre 4 :3

Enjoy!


Merci à ma bêta FawkesThePhoenix8 qui corrige toutes mes phrases bizarres :') XXX


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Chapitre4

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25 août 2003

Le 12 Square Grimmaurd était plongé dans le noir. Il n'était que 21 heures, mais si un sorcier était passé devant la maison, il aurait cru que ses occupants étaient endormis ou absents.

Pourtant, Harry Potter était bien là, avachi sur son canapé, l'esprit dans les nuages. Des bouteilles d'alcool vides ou à moitié pleines s'étalaient sur la table du salon devant lui. Le verre qui avait accueilli toutes ces boissons était renversé par terre et un liquide rougeâtre tachait partiellement le tapis.

On sonna à sa porte.

Le bruit réveilla un peu l'Auror, mais son état plus qu'embrouillé ne lui donna pas le loisir de se lever et d'aller répondre. Alors, il fit ce que son corps lui recommandait : ignorer la chose.

Cependant, l'inconnu à l'entrée ne sembla pas vouloir avoir pitié de lui, car il commença à tambouriner contre la porte. Les coups résonnèrent durement dans le crâne d'Harry. Il essaya de les ignorer, mais la personne frappa encore, encore, encore et encore…

D'un effort surhumain, Harry parvint à se lever difficilement et traversa la pièce. Il avança paresseusement, se cogna contre deux ou trois meubles en tentant d'ouvrir les yeux, et réussit finalement à se traîner jusqu'à l'entrée.

Il ouvrit la porte et soupira en reconnaissant la personne devant lui.

Il lui semblait aussi que les Weasley, peu importait lequel, se seraient permis d'entrer sans lui demander son avis. Il était beaucoup plus compliqué pour les autres de pénétrer à travers ses barrières protectrices.

Enfin, sauf pour certains Moldus.

-Yo, Big D, dit mollement Harry en lui cédant la place.

En réponse à son salut, Dudley Dursley lui décocha un regard noir à l'entente du surnom et rentra dans la maison en lui fourrant un sac de légumes dans les mains.

Harry referma la porte derrière lui et suivit lentement son cousin à l'intérieur.

Sans se soucier de l'affreux mal de tête du Survivant ou de ses protestations, Dudley alluma d'un coup sec les lumières du salon. Il leva les yeux au ciel en voyant les bouteilles d'alcool sur la table basse au milieu de la pièce.

-Le rôle de soûlard te va très mal, lui fit-il remarquer avec un léger air dégoûté.

Harry maugréa des paroles incompréhensibles et marcha jusqu'à l'un des divans avant de se laisser tomber dedans. Dudley secoua la tête et prit place face à lui.

-Le petit? demanda le Moldu.

-Il dort, répondit Harry en se frottant l'œil.

Teddy s'était drôlement attaché à son « oncle big D », même si ce dernier était souvent bougon et de mauvaise humeur. Et malgré ses mêmes airs bougons, Harry savait parfaitement que son cousin aimait bien son fils. Il lançait encore des regards noirs au gamin quand celui-ci s'amusait à lui montrer ses dents de loups ou à changer la couleur de ses cheveux, mais il restait plus tolérant que sa mère. La femme poussait un cri indigné et sortait de la maison quand Teddy manifestait ses pouvoirs. Elle ne revenait que plusieurs jours plus tard, après s'être calmée.

-Comment va tante Pétunia? demanda Harry en fermant les yeux et en se massant le crâne.

Dudley haussa les épaules. Il se pencha pour prendre un verre propre en dessous de la table basse et inspecta les bouteilles d'alcool d'Harry pour s'en servir un pas trop fort.

-Elle jardine toujours, d'où les légumes, répondit-il à son cousin en optant pour un vin blanc.

-Hum, merci.

Harry ne savait pas trop comment sa tante et son cousin étaient revenus dans sa vie, alors qu'il s'était juré de les effacer de sa mémoire. Après la mort de son oncle Vernon, il imaginait. Une mort bête, en plus; renversé par une voiture en traversant la rue. Trop préoccupé par son cellulaire, son oncle n'avait pas regardé à gauche et à droite avant. Qui ne regardait pas à gauche et à droite avant de traverser une rue? On apprenait à le faire à 4 ans. Donc oui, ça avait été une mort inutile et stupide. Peut-être qu'Harry et le reste de sa famille s'étaient rendu compte que tout le monde pouvait mourir stupidement. Il ne savait pas. Mais à l'enterrement de son oncle -car il avait été invité, à sa grande surprise- Dudley, sa tante et lui s'étaient regardés, et à travers ce regard, Harry avait su que les choses allaient changer.

Sa tante Pétunia était encore parfois horriblement méchante avec lui, mais au moins, elle ne le traitait plus comme la pire des ordures.

Dudley, quant à lui, s'était simplement assagi. Plus de caprices inutiles, de comportements de roi ou d'intimidation auprès des plus faibles.

La mort de l'un des Dursley. Ça avait vraiment pris cela pour qu'Harry côtoie sa seule famille de sang sans rancœur.

-Et toi? L'entreprise d'oncle Vernon va mieux? s'informa le Survivant.

-Un peu. Les employés commencent à me laisser une chance, soupira Dudley en portant le verre de vin à ses lèvres.

Dudley avait voulu reprendre les affaires de son père à sa mort. Mais ça n'avait pas été aussi facile qu'il se l'était imaginé. L'oncle Vernon avait beau avoir été une ordure envers Harry, il était un bon entrepreneur et son fils n'avait pas du tout son calibre. Dudley voulait être footballeur, il n'avait rien d'un homme d'affaires. Les employés de la compagnie de perceuses avaient alors eu du mal à le trouver crédible dans son rôle.

Harry leva les yeux et observa son cousin. Dudley Dursley avait changé. Il était plus propre, se rasait de près et portait une attention particulière à ses tenues. Il était mois gros également, car dans le business, on aimait les hommes en forme et à la belle apparence.

-Un tatouage? demanda tout à coup son cousin.

Harry fronça les sourcils à cette drôle de question et remarqua que le Moldu avait les yeux rivés sur son bras gauche. Il suivit son regard et paniqua en remarquant le dessin en forme d'arabesques complexes qui ornait l'intérieur de son bras. Par réflexe, il recouvra la marque avec sa main et hésita à prendre sa baguette pour lancer un sort qui cacherait le dessin. Mais Dudley n'allait sûrement pas apprécier. Il se contenta donc de baisser la manche de son pull noir pour le couvrir.

Quand ce qu'il croyait être un tatouage fut hors de vu, Dudley leva durement les yeux vers lui :

-L'alcool, le tatouage. À quand la drogue et les putes?

-Ça fait longtemps que j'ai ce tatouage, essaya de se défendre Harry. Même avant mes...écarts. Je le cache, normalement.

Son cousin lui lança un regard torve, pas du tout convaincu.

-Et je croyais que tu prenais une "potion" pour tes fameux écarts, continua Dudley. C'est quoi l'idée de te noyer dans l'alcool maintenant?

-Il se trouve que j'en n'ai plus, d'accord! commença à s'énerver Harry. Puis je n'abuse pas de l'alcool d'habitude, tu le sais bien. J'ai un petit à élever.

-Justement, tu as un petit à élever! Imagine si je n'étais pas venu! Tu te serais endormi, et le gosse en se levant demain, aurait vu son soi-disant père dans cet état!

Harry ne répliqua pas, sur les nerfs et coupable en même temps. Son cousin avait raison, il ne voulait même pas imaginer quelle aurait été la réaction de Teddy s'il l'avait découvert comme ça le lendemain. Mais il n'abusait vraiment pas de l'alcool habituellement. C'était juste que ces jours-ci…

-Tes écarts… sont toujours à cause de la même raison? demanda Dudley après un silence tendu.

Harry leva les yeux et les deux se fixèrent, la réponse du sorcier n'ayant pas besoin d'être prononcée. Il ouvrit la bouche pour parler, mais quelque chose à côté d'eux les interrompit.

Une lueur argentée survint de nulle part et prit forme près de la cheminée. Dudley sursauta dangereusement en voyant la forme magique et lui lança un regard noir. Il était un peu plus tolérant envers le monde sorcier que sa mère, mais il préférait quand même ne pas être témoins de ce qui sortait de l'ordinaire.

Le Patronus qui venait d'apparaître, un chien berger, s'avança vers eux en fixant Harry. Et c'est de la voix de la secrétaire du département des Aurors que l'animal magique dit :

-Auror Potter, une urgence vient de survenir. Veuillez confirmer votre présence au Ministère demain matin à la première heure, s'il vous plait.

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26 août 2003

-Draco Lucius Malfoy, 23 ans, né le 5 juin 1980. Son père est mort il y a 19 mois et sa mère habite en France depuis l'hiver passé. Ça fait maintenant 5 ans qu'il vit seul avec son filleul de 13 ans dans le clan des Veelas de la forêt d'Aulsch. On a retrouvé le corps de sa fiancée pendu hier soir chez elle à 20h23.

Wilckson, le chef des Aurors du Ministère de la magie, lança le dossier de la vie de Draco Malfoy sur le bureau en face des trois sorciers devant lui. Ronald Weasley, Harry Potter et Laetitia Jones se jetèrent un regard avant de prendre chacun une différente feuille du dossier.

Les trois adultes avaient été appelés alors qu'ils étaient techniquement en congé. « On a une nouvelle enquête, on a du travail », avait répliqué le chef des Aurors à cette remarque. Wilckson ne connaissait décidément pas la définition du mot « congé ».

Harry observa la photo animée sur la feuille qu'il avait en main. Elle représentait le blond avec ses cheveux presque blancs et sa prestance naturelle. Le jeune Malfoy sur l'image regarda l'objectif d'un air ennuyé avant de lentement détourner la tête, non pas par gêne, mais bien par simple désintéressement. Harry ne savait pas quand avait été prise cette photo. Mais si cela s'était passé juste après la mort de sa fiancée, le blond ne semblait pas du tout en être affecté.

-Il n'avait pas déjà deux de ses copines qui s'étaient faites tuer et une autre qui avait fini dans d'affreuses conditions? demanda Laetitia.

-Donna Crevins est morte une baguette plantée dans le cœur en septembre 1998, Katy Roye s'est fait déchiqueter par une mystérieuse bête qui a disparu dans la nature en mai 1999, et Jennifer Thompson s'est fait crever les yeux et endommager le cerveau, assez pour ne plus être capable d'aligner deux mots de façon cohérente, il y a deux ans. Elle est morte trois semaines plus tard.

Le bureau dans lequel les quatre Aurors se trouvaient fut saisi d'un silence rempli d'horreur. Seule une voix, qui s'éleva tout à coup dans le couloir, les sortit de leur mutisme choqué. Laetitia sursauta, et Ron et Harry se re-positionnèrent sur leur siège, mal à l'aise.

-Putain, il porte la poisse… maugréa Ron en fixant la feuille qu'il tenait.

-Ou pas! tonna le chef Wilckson en les refaisant sursauter. La première fois, c'est de la malchance, la deuxième, une coïncidence, la troisième, ça crée des doutes sérieux, et la quatrième, c'est certain: soit Malfoy s'amuse avec ses copines, soit on lui a jeté une sacrée malédiction. Vous trois êtes dessus. Weasley, tu es en charge.

Le roux déglutit, mais hocha la tête, les yeux toujours fixés sur la feuille devant lui. Wilckson n'attendit pas que les autres approuvent avant de tourner les talons.

Habituellement, quand leur équipe était complète, c'était toujours Neville Londubat, le plus posé et réfléchi des quatre, que l'on nommait à la tête de l'équipe. Mais ce dernier avait été emprunté par une autre équipe pour une mission en Nouvelle-Écosse. Harry était de loin le plus fort de tous ses coéquipiers, mais à cause de sa grande puissance justement, il avait tendance à surestimer la capacité des autres à effectuer des tâches « simples », selon lui. Ça les mettait souvent plus en danger qu'autre chose. Laetitia, quant à elle, était considérée comme étant « un peu trop nouvelle » pour cette fonction. Ron était donc le meilleur choix.

-Tous les détails sont dans les dossiers. Je veux des rapports réguliers à compter de demain, dit le chef Wilckson en sortant de la pièce.

Harry se leva d'un bond en voyant l'Auror partir. Les autres le regardèrent bizarrement, mais il ne s'y attarda pas, et s'élança dans le couloir à la suite du sorcier qui venait de franchir la porte.

-Chef Wilckson! appela Harry derrière lui dans le couloir. Je dois vous parler, un moment.

Sans ralentir le pas, Wilckson continua à marcher et lança un regard en biais à son subordonné quand il fut à sa hauteur.

-La conversation a intérêt de se finir avant que je n'atteigne mon bureau, Auror Potter.

-Je ne peux pas faire cette mission.

Cette fois-ci, le chef des Aurors s'arrêta en plein couloir et se tourna vivement vers le brun.

-Pardon?

Wilckson était un homme d'une cinquantaine d'années, grand, costaud, et Harry avait l'impression qu'il avait en permanence les sourcils froncés. Son allure sévère reflétait parfaitement son caractère. Il n'aimait pas qu'on change ses plans et ne mâchait pas ses mots pour le faire savoir. Le monsieur savait ce qu'il faisait et personne ne doutait de lui non plus, car il était un excellent Auror. Il affectait toujours les bonnes personnes aux bonnes places et Harry n'avait jamais rechigné ou défié son autorité.

Mais là, cette fois-ci, il le devait.

-Je ne peux pas faire cette mission, affectez la à quelqu'un d'autre, répéta le Sauveur du monde sorcier.

Wilckson ferma les yeux une seule fois, pour tenter de sortir, Harry le savait, des propos qui resteraient polis. L'homme n'avait pas la patience facile.

-Auror Potter, dit le chef en le fixant dans les yeux. Je sais parfaitement que votre groupe a eu quelques… antécédents avec M. Malfoy, mais vous êtes les trois plus aptes à effectuer cette enquête. Je ne reviendrai pas sur ma décision.

-Je ne peux vraiment pas faire cette mission, chef, insista Harry.

-Et puis-je savoir pourquoi?

Harry serra les poings et chercha un instant les mots les plus adéquats pour convaincre son patron.

-Le passé que j'ai avec Malfoy est très… compliqué. Plus qu'on le raconte dans tous ces livres. Ce n'est pas que je ne veux pas, mais bien que je ne peux pas!

-Potter, dit son Chef en oubliant ses formules de politesse. Je me fiche bien de vos disputes d'enfants d'autrefois. Tu vas me faire le plaisir de mettre tout ça de côté et faire ton bon travail habituel.

Harry s'apprêtait encore à protester, mais Wilckson se radoucit et posa une main sur son épaule gauche.

-Vous serez trois, vous n'aurez qu'à vous arranger pour que tu sois le moins possible en la présence seule de Malfoy, si tu y tiens. Tu es l'un de mes meilleurs Aurors, Potter, et cette mission a de bonnes chances de s'avérer dangereuse. J'ai besoin de tes compétences.

Harry sut tout de suite qu'il ne pourrait pas discuter. Contrairement au reste du monde sorcier, Wilckson se fichait bien que le jeune devant lui ait sauvé la planète entière et soit célèbre. On pouvait bien être l'éboueur du coin ou l'actrice de l'année, mais quand il fallait sauver une vie, il fallait sauver une vie, peu importait quel titre on avait. Le chef des Aurors ne faisait pas du tout de faveurs au Sauveur du monde, bien au contraire. Comme Wilckson voyait son énorme potentiel, il le ménageait même plus durement que les autres.

Le monsieur hocha sèchement la tête quand il vit que son subordonné obtempérait à ses ordres et tourna les talons, le plantant là.

Harry regarda le dos de son patron qui s'éloignait d'un air découragé. Il n'avait pas demandé cette faveur par caprice. Interagir avec Malfoy allait vraiment être une énorme catastrophe.

-Harry?

Il se retourna pour voir Ron et Laetitia s'approcher de lui, les papiers de leur nouvelle enquête en main. Laetitia regarda une seconde la carrure de leur chef qui rapetissait au bout du couloir et posa ses yeux sur Harry :

-Que se passe-t-il?

-J'ai essayé d'éviter cette mission, mais Wilckson est imperturbable, répondit Harry en se grattant mollement la tête. Désolé les mecs, je n'essayais pas de vous laisser tomber, mais je ne peux vraiment pas rencontrer Draco Malfoy en ce moment.

-Sale traître! s'offusqua Ron. Tu allais me laisser tout seul avec la Fouine!

-La Fouine? ricana Laetitia.

Harry la regarda et sourit. Laetitia était une Américaine grande et blonde, avec de mignonnes taches de rousseur sur le nez. Elle avait intégré l'équipe des trois garçons 6 mois plus tôt et s'était adaptée à leurs règles de façon remarquable. La jeune femme était douce et gentille –peut-être même un peu trop pour une Auror- et avait le don d'apaiser les ambiances lourdes.

En commençant ce boulot, elle avait été un peu intimidée de travailler avec trois personnes si célèbres, mais Ron, Neville et Harry s'étaient très vite assurés de la mettre la plus à l'aise possible.

-Vous l'appeliez vraiment comme ça? J'avais du mal à y croire quand j'ai lu les livres, reprit-elle. Ne vous a-t-il pas aidé durant la guerre? J'aurais cru que vos relations se seraient améliorées.

Ron et Harry se jetèrent un coup d'œil avant de grimacer.

-On s'est détestés pendant près de sept ans, soupira Ron. Il a bien aidé l'Ordre, mais pas pour nous, sois-en sûre. Je ne crois pas d'ailleurs qu'il sera très ravi de nous recevoir dans ces conditions.

-Mais voyons! Vous n'aurez qu'à lui faire des excuses et lui offrir un petit cadeau… juste avant de l'interroger sur le meurtre de sa femme! Ça passera comme ça! se moqua Laetitia en claquant des doigts.

-Un cadeau… fit semblant de réfléchir Harry.

-Pourquoi pas, dit Ron en haussant les épaules. Vous pensez que les cercueils sont en soldes ces temps-ci?

Les trois se regardèrent et pouffèrent en même temps à cette blague de très mauvais goût. D'autres Aurors, qui passaient dans le couloir, les fixèrent et secouèrent la tête, habitués à cette équipe un peu trop bruyante.

Finalement, Laetitia se reprit et déclara :

-Bien, allez les gars, on a du boulot.

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