Salut tout le monde

Merci beaucoup pour les reviews, ça fait toujours plaisir! Si vous me posez des questions, à partir de maintenant, je vais essayer d'y répondre!

Bonne lecture!


Merci à ma Bêta FawkesThePhoenix8


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Chapitre5

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28 août 2003

Le train de 13h30 en provenance de Paris arriva enfin à la gare de King Cross. Les quatre journalistes présents sur le quai 6 ¾ se rapprochèrent et fixèrent avec impatience la porte de la classe A, espérant qu'elle s'ouvre au plus vite.

Un employé du train, de l'intérieur, sembla étonné par cet accueil quand il regarda à travers la vitre et hésita un instant avant d'ouvrir la porte. Les photographes ajustèrent leurs instruments et les journalistes vérifièrent leurs micros.

Une première personne sortit.

Cette dernière fut surprise par cette petite foule devant elle, mais réussit à se faufiler entre les journalistes et à s'éloigner en jetant des regards curieux par-dessus son épaule. On l'ignora. Une deuxième personne sortit. Celle-ci était une femme parée de bijoux qui était allée faire ses emplettes dans la ville parisienne, si on se fiait au nombre de sacs qu'elle avait en main. On l'ignora également. Une troisième ainsi qu'une quatrième personne passèrent leur chemin, mais ce n'était pas tout ce monde que les journalistes voulaient accueillir.

Puis, enfin, la personne qu'ils attendaient arriva.

La femme apparut, grande, blonde et si élégante qu'on avait du mal à ne pas la fixer de façon impolie pour l'admirer. Une valise à la main, elle portait une longue robe blanche à bretelles qui lui soulignait divinement le corps. De grosses lunettes de soleil étaient montées sur son nez et son parfum léger emplit le nez de la journaliste la plus proche d'elle.

Elle descendit les marches lentement, pas du tout intimidée par les micros, les flashs des appareils photos et les voix incessantes qui la questionnaient :

-Madame Malfoy!

-Madame Malfoy, comment prenez-vous le meurtre d'Astoria Greengrass?

-Combien de temps comptez-vous rester ici, Madame Malfoy?

-Madame Malfoy, est-ce vrai que vous avez intégré la communauté des Veelas de France?

Tout à coup, une large ombre intimidante se dessina près d'eux.

Un grand monsieur fort et sombre descendit du train derrière la blonde. Il se mit à ses côtés et lança aux journalistes un regard noir qui les fit tous reculer d'un pas. Il possédait une beauté obscure et une aura qui inspirait immédiatement le respect.

-C'est Mme « Chantelière » maintenant, dit l'homme d'une voix grave.

Narcissa sourit pour la première fois. Elle tendit la main vers le nouveau venu qui la saisit, et la tête haute, l'allure fière, les deux traversèrent la foule sans un regard en arrière.

oooOOOooo

D'un geste agacé, Joshua referma son journal où on pouvait y lire le titre « Une petite amie encore tuée; malédiction ou prémédité? ».

Une photo de son parrain rentrant au Ministère de la Magie, sans se défaire de sa démarche digne, était collée en gros sous cette phrase qui semblait tout droit sortir d'un roman policier.

Joshua savait parfaitement que Draco Malfoy n'allait pas… très bien. Depuis le jour où il l'avait rencontré, en fait. Et maintenant, cette affaire de meurtre lui tombait sur la tête. L'adolescent n'avait pas envie que le blond pique une crise devant les journaux. Quoique ce dernier le cachait si bien avec sa maîtrise légendaire que ça ne paraîtrait peut-être pas.

Le brun ferma les yeux en soupirant et appuya son dos contre le dossier du divan dans lequel il était assis. Avec tous ces problèmes, il n'avait pas du tout envie de retourner à l'école dans 4 jours. Qui allait s'occuper de son parrain?

Quelques minutes plus tard, Joshua ouvrit un œil étonné quand la porte d'entrée de la maison, qui se situait un peu plus loin dans le couloir de droite, s'ouvrit. Draco était au Ministère, il ne devait pas rentrer avant le début de la soirée.

On ne se méfiait pas de son entourage chez les Veelas, alors il était rare qu'une maison soit bloquée. Tout le monde pouvait donc passer faire un petit coucou. Plusieurs étaient venus leur rendre visite depuis le meurtre d'Astoria, mais Joshua était un peu épuisé de ces mêmes petites visites. Et Draco, de nature asociale, l'était encore plus.

Cependant, lorsqu'une voix douce qu'il connaissait par cœur s'éleva dans le couloir pour demander « est-ce qu'il y a quelqu'un? », le visage morose de Joshua s'illumina immédiatement. Comme il s'y attendait, une femme divine, à l'aura gracieuse et à la prestance incomparable pénétra le salon.

-C'est la Maaama! s'écria Joshua avec un parfait accent italien.

Narcissa lui sourit chaleureusement pendant que son mari entrait dans le salon à sa suite.

Les premières années où Joshua était rentré dans la vie de son parrain et de la mère de celui-ci, il n'avait pas vu la blonde sourire fréquemment. Elle avait cependant toujours été douce avec lui. Maintenant, le bonheur la rendait encore plus belle qu'autrefois. Ça lui allait bien. Et dire que ses changements étaient à cause de l'homme derrière elle.

Narcissa s'approcha et ouvrit les bras. Joshua sauta sur ses pieds et alla s'y engouffrer en plongeant son nez dans les vêtements parfumés de la femme qu'il considérait comme sa grand-mère. Ça faisait longtemps.

-Bonjour trésor, salua Narcissa dans son oreille.

Joshua lui sourit et se tourna vers Sébastien, le Partenaire de la belle blonde.

-Bonjour Seb.

Sébastien était sombre comme l'intérieur d'une grotte et aussi sévère que McGo. Enfin, à première vue. Car lorsqu'on se mettait à lui parler, il se révélait être très doux et attachant malgré son air froid. Il fallait simplement le connaître.

L'homme lui fit un sourire et mit doucement sa main sur son épaule.

-Bonjour Joshua, comment vas-tu?

La question rappela durement les derniers évènements du moment à l'adolescent. Il s'éloigna d'eux et soupira.

-J'avoue que ça pourrait aller mieux, dit-il en allant s'avachir dans un fauteuil

Narcissa soupira à son tour et alla élégamment s'asseoir sur un divan face au filleul de son fils. Sébastien suivit le mouvement et s'installa à côté de sa femme.

-Encore heureuse que les journalistes ne puissent avoir accès au territoire des Veelas, dit-elle. Où est Draco?

-Au ministère. On le soupçonne de couper la tête de ses femmes, bien évidemment. Ça va trop bien avec son personnage.

Sébastien se pinça l'arête du nez en appuyant ses coudes sur ses cuisses et Narcissa ferma les yeux.

-Que s'est-il passé exactement? demanda-t-elle en les rouvrant.

Joshua n'avait pas trop envie de s'en souvenir, bien qu'il n'ait pas vu le corps.

À la fin de la cérémonie de naissance du premier enfant Fallem, l'adolescent était revenu au petit matin et avait été assez surpris de découvrir la maison vide. Inquiet malgré lui, il avait attendu le retour de son parrain, en espérant que Blaise et lui allaient bien.

Le blond était revenu avec son meilleur ami, plusieurs heures plus tard. Mais le soulagement que Joshua avait ressenti en les voyant s'était vite transformé en horreur en apprenant ce qui était arrivé. C'était le Noir qui lui avait tout raconté, car l'apothicaire était bien trop agité pour narrer quoi que ce soit. En pénétrant la maison, Draco lui avait paru plus frustré que chagrinée, à vrai dire, et s'était contenté de leur hurler de ne jamais quitter leur collier de protection. Il avait ensuite fait une énorme crise cette nuit-là.

Ce n'était pas la première fois, n'est-ce pas, que Joshua était témoin de la perte d'une des copines du blond. Après tout, 3 autres auparavant étaient passées. Mais l'adolescent ne savait toujours pas comment son parrain faisait pour supporter tout ça. Pas nécessairement la mort des femmes, mais bien tout le reste; scandale, enterrement, frustration, interrogatoires, familles haineuses...

La main de Joshua se dirigea fébrilement vers son cou et serra étroitement le collier autour.

-Je ne suis pas vraiment au courant des détails, expliqua-t-il. Nous étions à la cérémonie de naissance du premier enfant des Fallem avec Blaise. Après la cérémonie, je savais que Pa' voulait parler seul à son ami, alors je ne suis pas rentré avec eux tout de suite. Je ne sais pas encore pourquoi ils ont décidé d'aller chez la Vip...

Perturbé, Joshua interrompit sa phrase.

Astoria Greengrass, que pouvait-il dire d'elle? Il ne pouvait que la comparer; Donna était plus présente, Katy plus drôle, Jennifer plus gentille. Astoria n'avait été que cynique et revêche avec lui. Elle ne l'aimait pas et ne se gênait pas du tout pour le lui faire savoir. Combien de fois l'avait-il entendu demander à Draco « on ne vivra pas éternellement avec lui quand même? », « Quand part-il pour Poudlard? », « Il a 13 ans, c'est ça? Tu ne songes pas à le garder sérieusement jusqu'à sa majorité! C'est dans quatre ans! ». Il l'avait nommé Vipère, car à chaque fois qu'elle parlait de lui, même s'il faisait semblant de s'en moquer, elle lui faisait mal comme du venin commençant à se propager dans un corps.

Oui, Joshua n'avait jamais apprécié Astoria Greengrass.

Mais, même si c'était une femme qu'il avait énormément détesté, elle ne méritait plus d'être appelée par son surnom habituel maintenant.

-Je ne sais pas pourquoi ils ont décidé d'aller chez Astoria, reprit l'adolescent. Mais quand je suis rentré, la maison était vide: le meurtrier l'a assassiné chez elle. C'est là-bas qu'ils ont découvert le corps.

Sans se consulter du regard, Narcissa et Sébastien se saisirent la main.

Cela stressait toujours des Partenaires lorsque l'on parlait de la mort d'une personne d'un couple. Ça leur faisait mal de s'imaginer dans la même situation.

-Comment le prend Draco? demanda la blonde.

Narcissa ne détestait pas Astoria. Mais elle ne l'aimait pas vraiment non plus. Depuis qu'elle avait elle-même expérimenté la joie de vivre avec un véritable Partenaire, elle n'approuvait plus qu'un descendant Veela s'unisse à une personne quelconque. La femme ne pouvait cependant rien dire à son fils, ayant elle-même vécu toute une vie avec un autre que son âme sœur.

-À vrai dire..., je ne sais pas exactement, répondit Joshua en baissant les yeux sur ses mains. Je n'ai pas eu l'occasion de lui parler très souvent depuis cette nuit. Il semble… le supporter.

À part sa crise de la dernière fois, il n'avait pas une seule fois vu son parrain peiné de la mort de sa fiancée. Joshua savait parfaitement que le blond ne l'avait jamais réellement aimé, mais ce dernier n'avait même pas versé une larme pour la fille avec qui il sortait, techniquement, depuis près de deux ans. Et maintenant que l'adolescent y pensait, il n'avait jamais vu Draco triste pour ses trois autres défuntes petites amies non plus.

-Fait-il… commença Narcissa en serrant davantage la main de son mari. Fait-il encore souvent des crises?

Joshua ferma les yeux avant de hocher difficilement la tête.

Il ne voulait vraiment pas rentrer à Poudlard maintenant.

oooOOOooo


2 septembre 2003

D'un geste las, Draco s'appuya contre le dossier de sa chaise et observa le plafond miteux au-dessus de lui. Cette stupide petite pièce était sale et affreuse. Faisait-on exprès d'interroger les gens dans des places malpropres pour les décourager? Le blond ne savait pas, mais il avait définitivement passé trop de temps au Ministère et dans cette pièce de mauvais goût.

Draco ferma les yeux.

Ils avaient enterré Astoria Greengrass la veille. Et comme les journalistes ne savaient vraiment jamais quand s'arrêter, ils avaient tenté d'assister à la cérémonie. Mais Sébastien, avec quelques formules bien placées, avait réussi à les chasser en moins de deux.

Tout le monde pleurait sauf, bizarrement, Draco et son entourage immédiat. Blaise se tenait droit, le blond regardait devant lui, Joshua était pour une fois très calme, et Narcissa et Sébastien, de leur prestance habituelle, n'affichaient qu'un visage neutre.

Les gens avaient lancé des regards noirs à l'apothicaire, l'accusant silencieusement du meurtre de sa fiancée. Certains étaient même allés jusqu'à l'insulter, mais le blond n'y avait pas prêté attention. Il n'avait pu cependant ignorer le geste de la mère de son ancienne petite amie.

Mme Greengrass était venue, simplement, et l'avait giflé par impulsion. Draco s'était laissé faire et le bruit de la claque avait semblé résonner longtemps. Il l'avait ensuite regardé d'un air indifférent, semblant lui dire « c'est bon, vous avez fini? ». Voyant que la dame, folle de rage, n'arriverait pas à faire grand-chose de plus en raison de sa fureur qui la paralysait, Draco avait secoué la tête, comme s'il ne voulait pas perdre son temps, et s'était lancé un sort pour enlever la trace de main. Il avait passé sa route, sans rien ajouter, et était parti vers la foule autour du cercueil pour écouter les discours des proches de la défunte.

On avait parlé de beauté perdue, de courage et d'âme qui resterait dans les cœurs à jamais.

Ça avait été long.

Draco entendit, à sa droite, la porte de la salle d'interrogatoire s'ouvrir. Les gonds grincèrent et Ronald Weasley pénétra dans la petite pièce.

L'ancien Gryffondor ne s'était pas encombré de la robe d'Auror bordeaux habituelle. Il était simplement vêtu d'un pantalon noir et d'une chemise ajustée qui ne cachait en rien ses bras musclés et sa carrure costaude. Un autre aurait probablement été intimidé par son allure imposante, mais cela n'avait aucun effet sur l'apothicaire.

-Alors Malfoy, prêt à parler aujourd'hui? s'enquit le roux en remontant ses manches.

Draco soupira. Il aurait pu prendre un avocat, ça lui aurait évité de gaspiller sa salive, mais il était plus intelligent que n'importe quel homme de droit. Il l'avait bien montré avec ses trois autres petites amies.

-Pose-moi les mêmes questions que tu me demandes depuis des jours sous des angles différents et je te répondrai les mêmes réponses, sous différents angles également. Je t'écoute.

Ron jeta un dossier sur la petite table en bois en face de lui. Il s'installa ensuite confortablement sur la chaise de l'autre côté de la table, les mains derrière la tête.

-D'abord la politesse, dit de façon hypocrite le roux en souriant. Comment vas-tu aujourd'hui?

-Pas très bien, vois-tu, répliqua le blond d'une voix traînante.

-Ah, oui? Et comment ça?

-J'en ai plus que marre de voir ta tronche de roux, envoie-moi la blondine.

Ron ricana sincèrement au ton et à la verve typiquement malfoyenne qu'il avait en service.

-Les autres membres sont occupés ailleurs, informa-t-il. Tu devras supporter ma tête de roux.

-« Occupés ailleurs » comme en train interroger les membres des familles de mes autres petites amies, j'imagine? dit le blond en croisant lentement les bras.

Ron se redressa pour appuyer ses bras sur la table de bois entre eux. Il lui fit un sourire mesquin et plongea ses pupilles bleues pétantes dans les siennes :

-Je ne peux rien divulguer. Mais peut-être, qui sait?

-Laissez-les en dehors de cette enquête, dit Draco. Ils me détestent déjà assez comme ça.

-Si on les interrogeait effectivement, ça serait une raison de plus pour aller les voir, tu ne trouves pas? Ils se feraient un plaisir d'aider à incarcérer un meurtrier.

-Je n'ai pas tué toutes ces femmes.

-Pas directement, je l'admets, avoua le roux. Tu avais toujours un très bon alibi. Un trop bon alibi.

Draco le fixa sans répondre. Ça faisait des jours qu'on l'interrogeait pour rien. Il voulait juste rentrer et passer du temps de qualité avec sa mère avant qu'elle ne reparte pour la France. Si l'imbécile devant lui pouvait faire vite, ça l'arrangerait vraiment.

-Grouille-toi et pose-moi ces questions, Weasley, j'ai à faire.

-Ça irait plus vite si tu passais sous Veritaserum.

-J'ai pourtant dit que ça ne sera pas nécessaire.

Il n'était plus dans les droits du Ministère de forcer la prise du Veritaserum à leurs détenus ou leurs suspects. Depuis trois ans, cela faisait partie de la Constitution des Droits Sorciers. Oh, dans les sous-sols sombres et cachés des forces secrètes, on le faisait toujours, bien entendu, mais on essayait de garder bonne figure pour les enquêtes plus "publiques". Et une enquête impliquant Draco Malfoy en première ligne, avait tout pour attirer l'attention. Mieux valait se tenir à carreau.

-Dans ce cas, ne me blâme pas, fit remarquer le roux en se levant. Bien, maintenant, résumons: Draco Malfoy, apothicaire depuis sa sortie de Poudlard, recherche un peu de tranquillité et va s'installer dans le clan des Veelas avec son filleul, alors âgé de 8 ans.

-C'est exact, confirma Draco, ennuyé.

-Tu as une petite amie en 1998, Donna Crevin, qui meurt assassinée une baguette dans le cœur, 5 mois plus tard. Tu assistais à une réunion d'affaires ce jour-là, et on n'a jamais retrouvé le meurtrier. Moins d'un an plus tard, Katy Roye, ta deuxième copine, est retrouvée déchiquetée dans la forêt. On n'a jamais retrouvé la bête et tu étais au travail, cette fois-là. Un an et quelques mois plus tard, Jennifer Thompson, ta troisième copine, se fait attaquer chez elle et perd toutes ses facultés intellectuelles avant de mourir 3 semaines après. On ne retrouve toujours pas l'agresseur et tu étais en France avec ta mère, cette journée-là. Finalement… Astoria Greengrass, ta fiancée, se fait pendre dans sa maison la semaine dernière. On ne retrouve pas son agresseur, évidemment, et tu assistais à une cérémonie de ton clan. Et bien entendu, tu jures n'avoir rien avoir avec toutes ces morts.

-Weasley, si c'est pour me faire un résumé de ma propre vie, je trouve qu'on te paye pour rien en ce moment.

Le roux sourit et commença à faire les cent pas autour de la pièce.

-C'est bizarre, non, que tu aies toujours été le premier sur les lieux du crime avant même que les Aurors arrivent. À chaque fois, tu découvrais le corps de tes copines bien avant les autres, même quand tu n'étais pas dans le soi-disant pays. Normal, si tu avais toi-même prémédité leur meurtre.

-En plus d'être roux et sans manières, t'es bouché. Je te l'ai dit: j'ai d'autres choses à faire que m'amuser à tuer mes copines pour rien.

-Tu ne l'as pas fait « pour rien », Malfoy.

-Je n'avais aucune raison de le faire.

-Ça, je ne crois pas.

Ron alla appuyer son dos contre le mur à côté de lui et lança au blond un regard dur en croisant lentement les bras.

-Ouvre le dossier.

Draco posa ses yeux sur le fameux dossier avant de les braquer à nouveau sur l'Auror. Celui-ci le regardait toujours, l'air imperturbable, guettant la moindre de ses réactions. L'apothicaire ne voulut pas lui donner le plaisir de détecter un faux pas, il garda donc ses pupilles ancrées dans celles du roux quand il se saisit du dossier. Il l'ouvrit d'une main et, enfin, accorda un regard aux papiers qui se présentèrent à lui.

Les feuilles représentaient simplement des photos diverses de 4 hommes dans plusieurs lieux. Selon les angles des photos prises, les quatre sorciers ne devaient pas se douter qu'on capturait leur image.

-Ces visages te disent quelque chose? demanda l'Auror, semblant s'attendre à une affirmation.

L'ancien Serpentard releva les yeux vers lui, et ce fut le tour d'un autre combat visuel. Le blond ne laissa rien paraître, ni qu'il était furieux ou paniqué, ni qu'il semblait reconnaître les visages présentés devant lui. Il fixait simplement le roux, les photographies des quatre hommes en main.

Ron se détacha du mur et commença lentement à s'avancer vers lui, les mains dans les poches.

-Septembre 1998, commença-t-il. Brian Malcom est nouveau au bar "La Fonté". Un soir, comme ça, il rencontre une jolie brune installée au comptoir, nommée Donna. Charmé par elle, il lui fait la cour pendant des heures, mais celle-ci avoue avec regret qu'elle a déjà un petit ami. Les employés du bar nous ont avoué que cela n'empêchait pas la jeune Donna de revenir souvent pour flirter avec Brian et de se rendre avec lui dans des coins réputés pour leurs nombreux hôtels.

Ron sortit une feuille du paquet et la posa directement sur la table. On y voyait la photo d'un grand ténébreux, dégustant une glace dans une rue de Londres. Ron braqua ses yeux sur Draco qui observait la feuille d'un air impassible et n'obtint aucune autre réaction. Alors, il continua. Il sortit une deuxième feuille du paquet de photographie qui représentait cette fois-ci un homme assis sur le banc d'un parc, aux airs malgaches :

-1999! Yaker Volona, simple étudiant en médicomagie, entame sa troisième année à l'Université Sapherwood. Il s'assoit à côté d'une jolie blonde, Katy, son prénom, et elle lui tape dans l'œil à la seconde même. Selon les camarades de classe de Yaker que nous avons questionnés, la chimie était palpable entre eux malgré le fait, qu'elle aussi, avait déjà un copain! Mais apparemment, cela n'empêchait pas la jeune Katy de disparaître dans les dortoirs du jeune Volona de façon assez fréquente...

Ron continua avec une troisième photographie, celle d'un homme au teint basané marchant dans la rue, des sacs d'épicerie en mains.

-lbrahim Cohen débarque en Angleterre vers fin 99 et ouvre une boutique de fleurs l'année suivante. Les femmes aimaient les fleurs, c'était sûrement la principale raison pour laquelle il avait choisi d'ouvrir un tel magasin, nous ont confié ses employés. Les fleurs, c'est aussi beau que les femmes. Un peu comme Jennifer, l'une de ses clientes régulières. Elle rougissait toujours comme une gamine quand le propriétaire la comparait au plus beau spécimen qu'il possédait. "Si son propre petit ami pouvait la complimenter de la sorte", faisait souvent remarquer la pauvre Jennifer! Ibrahim trouvait ça bien triste que ce fameux petit ami la néglige ainsi. Alors, pour la consoler, il lui proposait de venir admirer la collection de fleurs qu'il avait chez lui, au-dessus de la boutique. J'imagine que tu devineras qu'il n'allait pas lui montrer le même type de fleur dans sa chambre.

Draco leva les yeux vers lui, l'air dur. Cela ne dura qu'une fraction de seconde, mais ce fut assez pour Ron: un bref éclair de colère traversa ses prunelles orageuses. L'Auror plongea ses yeux dans les siens en souriant sournoisement et il sortit la dernière photo dont il avait besoin pour son récit.

-Et finalement… Craig Stone, en 2001, tout comme Cohen, à un faible pour la verdure. Il devient donc jardinier et excelle dans son domaine. Il est engagé par Astoria Greengrass pour entretenir son jardin. Femme sèche et hautaine, Stone ne se formalise pas de son caractère, car il est immédiatement frappé pas sa beauté. Mais la femme avait déjà un petit ami, un fiancé même! Alors ses voisins nous ont avoué qu'ils ne comprenaient pas pourquoi il ressortait parfois si tard de chez elle la nuit alors qu'il ne pouvait, bien évidement, plus voir les plantes pour les tailler.

D'un geste sec, Ron referma le dossier et cracha:

-Et maintenant, devine qui était le petit ami de ces quatre femmes!

Ron alla se rassoir et observa l'ancien Serpentard qui ne pipait mot. L'Auror émit alors dans un rire tonitruant.

-Tes performances au lit étaient apparemment à chier, Malfoy, pour que toutes ces femmes aillent voir ailleurs. Mais un petit livre à la bibliothèque intitulé "How to have sex" t'aurait évité de les faire assassiner parce qu'elles t'avaient trompé.

-Pour quatre questions… le coupa Draco.

Le blond avait maintenant les bras croisés et était visiblement énervé. Il plongea son regard d'acier dans les pupilles de l'Auror et lâcha:

-Pour quatre questions spécifiques, je suis prêt à passer sous Veritaserum.

oooOOOooo