Salut!

Désolée pour le retard, les autres chapitres ne prendront pas autant de temps à être publiés (je pense?)!

Anyway, merci beaucoup pour les reviews, ça fait plaisir!

Bonne lecture!


Merci à ma bêta FawkesThePhoenix8 :D


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Chapitre 8

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04 septembre 1996

Elle était imposante.

Cette stupide marque.

Draco Malfoy avait pris des jours entiers durant les vacances, afin de réussir à cacher le dessin gravé sur son bras droit. Les potions habituelles n'avaient pas marché, les sorts de camouflage ne restaient pas. Non, ce stupide tatouage noir en forme d'arabesques courbées voulait absolument se faire voir.

Ça n'avait été que dans un ancien livre du 19ème siècle, découvert dans la bibliothèque de sa mère, que le Serpentard avait enfin trouvé la formule salvatrice qui allait faire disparaître cette satanée marque. Temporairement, s'entend. Car elle rappelait chaque soir, en réapparaissant, qu'il allait devoir la garder pour le restant de sa misérable vie.

Le jeune Malfoy s'était si souvent moqué du clan féérique de sa mère et de ses habitants. Mais voilà qu'il avait la preuve collée sur la peau qu'il était également l'une de ces créatures. Juste sur l'autre bras, comme pour le narguer, car le gauche était déjà occupé.

Et voilà un autre problème.

Cette marque, cette stupide marque était sur son bras droit.

Draco leva lentement les yeux et s'observa dans le miroir de la salle de bain devant lui.

Un homme blond, au regard dur, le fixait dans la glace. Des cernes se dessinaient sous ses yeux et son teint pâle criait de lui-même qu'il n'avait pas beaucoup dormi la nuit dernière.

Parce que sa mère était en danger.

Parce que son parrain allait mourir.

Parce qu'il y avait un Joshua dans le tableau.

Parce qu'il allait être incapable de faire sa mission.

Parce qu'il allait mourir, alors.

Et parce que sa Marque d'Appartenance était sur son bras droit.

Oui...

Son bras droit.

Il était donc le "soumis" de son cher couple.

Draco savait pertinemment que ne marchait pas ainsi chez les Veelas. Les maris étaient très loin de tenir leurs femmes en laisse, ou de leur donner des ordres pour qu'elles les exécutent sans broncher. Mais la base de cette histoire restait la même pour le Serpentard: il y avait le Vir (le protecteur) et la Sän (la pensée). Le corps et la tête, disaient certains. L'un ne pouvait aller sans l'autre.

Pour Draco, ça revenait à dire; celui devant et celui derrière.

Sa marque était sur son bras droit.

Il était derrière.

Déjà qu'appartenir à ce clan ridicule ne l'enchantait pas, mais qu'il ait trouvé son « âme soeur » et qu'il en soit le soumis frisait l'aberration. Il savait que certaines femmes étaient dominantes chez les Veelas. Mais si son Vir avait été un autre homme, au moins, ça serait déjà beaucoup moins honteux.

Sauf que Draco en resterait quand même le soumis. Et que les pénis ne l'intéressaient pas nécessairement. En fait, vraiment pas du tout, quoi.

Le Serpentard serra les poings et son regard se fit plus froid.

Homme ou femme.

Âme-soeur ou pas.

Il n'avait pas le temps de penser à toutes ces âneries!

S'il n'essayait pas de faire quelque chose avec cette armoire...s'il n'essayait pas de faire quelque chose avec Dumbledore...

Comme à chaque fois qu'il stressait en songeant à la mission impossible qu'on lui avait confiée, sa marque se mit à le brûler. Il serra des dents et ferma les yeux pour contrôler ses émotions, mais la douleur, comme toujours, monta le long de son bras jusqu'à lui vriller les tempes. Sa tête se mit à pulser violemment et la lumière de la pièce, même à travers ses paupières closes, fut tout à coup très dérangeante. Une angoisse anormale lui saisit le cœur et il eut l'envie folle de se retrouver dans un endroit confiné.

Tu veux te faire protéger.

Draco ouvrit brusquement les yeux, et ce fut dans un geste brute et précis qu'il fracassa le miroir devant lui avec son poing. Les morceaux de vitre s'enfoncèrent dans sa peau et le sang coula de ses jointures, mais il s'en ficha et ne bougea pas d'un pouce.

Non!

Il n'avait besoin de la protection de personne!

-Draco? entendit-il à travers la porte de la salle de bain.

On cogna à la porte, mais Draco ne répondit pas, le poing toujours enfoncé dans la vitre face à lui, le regard furieux, le souffle saccadé. Après de longues secondes, il éleva finalement son bras gauche pour le placer à côté du droit et les tourna vers lui pour y exposer ses deux marques. Il baissa ses yeux sur elles et les fixa avec haine.

Qu'avait-il fait pour qu'on lui appose ces deux marques sans sa permission? Avait-il déjà clamé haut et fort qu'il voulait faire partie de ceux qui découpaient les gens ou de ceux qui écrivaient des poèmes d'amour en dansant? Non, jamais. On les avait simplement mises là, comme on brûlait des animaux pour dire de qui ils étaient la propriété.

Mais c'était peut-être vrai.

Draco ne s'appartenait pas.

Il ne s'était jamais appartenu.

Il était né et son sort avait déjà été décidé.

-Draco? reprit la voix derrière la porte en cognant à nouveau. Ça va, vieux?

Comme s'il se rendait compte pour la première fois qu'il se trouvait dans la salle de bain du dortoir des Serpentard, Draco se figea. Puis, en se reprenant en vitesse, il se saisit de sa baguette et lança le puissant sort de camouflage qu'il avait appris durant l'été sur les deux marques de ses bras. Il en profita également pour se jeter un sort de rafraîchissement et réparer le miroir avant de sortir de la pièce.

Il ouvrit la porte à volée et Blaise, surpris, se retrouva devant lui. Son meilleur ami ouvrit la bouche pour parler, mais Draco le dépassa en l'ignorant froidement.

On l'avait nommé préfet en chef, cette année. Il avait juste hâte que sa chambre personnelle soit terminée. Il n'aurait plus à supporter cette bande d'incapables le regarder avec curiosité. Ou avec inquiétude, comme le faisait ce Zabini.

Le blond traversa le dortoir des garçons et sortit de l'immense pièce. Il descendit lentement les marches menant dans leur salle commune aux lueurs vertes et à la beauté froide.

Les quelques élèves qui étaient présents levèrent leurs têtes à son l'arrivée, mais tout comme Blaise, le Prince des Serpentard les ignora sans une once de culpabilité.

Il se dirigeait vers la cheminée, dans l'intention de prendre son sac près de là, quand il sentit une main lui parcourir le dos.

Pansy Parkinson se posta lentement devant lui, ses doigts longeant toujours ses épaules.

-Pourquoi es-tu aussi tendu? dit-elle en se collant au blond. À cause du cours de potion qu'on a avec les Gryffondor?

La remarque lui fit amèrement penser à ce gros Slughorn qui l'ignorait et qui préférait avoir l'attention de McLaggen, Bobbin, Stephen ou…

Potter.

Potter, bien sûr.

Toujours Potter.

Tout à coup irrité, Draco ne répondit pas à Pansy et la poussa sèchement pour ramasser son cartable par terre. Mais la brune, nullement offusquée, revint à la charge et lui prit le bras en y appuyant sa poitrine.

-Je pourrais te détendre, tu sais, lui susurra-t-elle à son oreille, en passant une main baladeuse sur son torse.

Cette fois-ci, Draco la repoussa durement et son amie couina à la brusquerie.

-Va faire ta trainée ailleurs, je ne suis pas d'humeur, siffla-t-il.

Il ne se sentit pas du tout mal face au visage décomposé de la fille et sortit du dortoir sous les regards un peu craintifs de ses camarades.

oooOOOooo

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-… j'ai préparé quelques potions pour que vous y jetiez un coup d'oeil, par simple curiosité, dit le professeur Slughorn en tapotant légèrement son ventre bedonnant. Quelqu'un peut-il me nommer celle-ci?

Il s'approcha d'un petit chaudron où un liquide transparent et bouillant s'agitait. Draco, assis à côté d'un Blaise qui lui en voulait, regarda le mélange d'un air impassible.

Du Veritaserum.

-Du Veritaserum, une potion incolore et sans odeur qui oblige une personne à dire la vérité quand elle la consomme.

C'était Granger qui venait de parler. L'insatiable Hermione Granger et ses réponses toutes préparées. Au début, Draco se moquait d'elle quand elle agissait ainsi, mais maintenant, à quoi bon? Il allait s'épuiser en premier, à force.

-Très bien, très bien! s'exclama le professeur de potion avec enjouement. À présent, cell-

-Du Polynectar!

L'homme enrobé n'avait même pas fini de pointer la prochaine potion –qui ressemblait vaguement à de la boue- que la réponse avait fusé. Slughorn regarda la Gryffondor, un peu décontenancé, et, semblant avoir un regain d'énergie, il s'amusa à tester les connaissances inépuisables de la fille en jouant à d'autres devinettes.

Draco regarda l'échange d'un œil morne. Il pouvait bien connaître toutes ses potions autant que la Rouge et Or, mais lui faire compétition n'aurait aucun intérêt maintenant. Il ne voyait plus les cours de Poudlard comme avant, de toute façon.

S'il savait qu'il allait mourir, à quoi bon se taper les classes? Ou, au contraire, s'il croyait avoir une chance de réussir la mission de son 'maitre', pourquoi n'était-il pas en train d'y trouver une solution là et maintenant?

L'armoire à disparaître aurait vraiment été la solution idéale. Dumbledore ne se douterait jamais qu'il chercherait à faire entrer des Mangemorts par ce meuble. Cependant, comme la chance lui souriait ces temps-ci, cette maudite armoire se devait d'être brisée.

Une armoire était à Poudlard et l'autre chez Barjow et Beurk. Montague avait dit s'y être perdu et avoir été coincé à l'intérieur pendant des jours. Selon lui, il avait été capable d'entendre les activités de Poudlard et de la boutique sur l'Allée des Embrumes. Il n'y avait pas de doutes, les deux meubles étaient connectés. Mais comment réparer ces armoires? Et s'il n'y arrivait pas, que ferait-il?

Draco regarda dans le vide en y songeant.

Il y aurait-il d'autres solutions s'il n'arrivait pas à réparer ces meubles? Après tout, il n'était pas obligé de compter sur les autres Mangemorts pour faire sa mission.

Soudain, Blaise, à sa gauche, se tendit. Sortant brusquement de ses pensées, Draco lui jeta un regard interrogatif avant de se rendre compte que toute la classe protestait contre quelque chose que venait d'annoncer le maître de potion. Le blond tourna immédiatement la tête vers l'homme en avant de la classe et écouta ce qu'il était en train de dire;

-...Voyons, voyons! Ça ne sera que pour quelques cours! Vous y survivrez! gronda l'homme rond en sortant un parchemin de son bureau. Vous savez, dans la vie, vous ne saurez peut-être pas toujours avec qui vous travaillerez! Ça sera un bon exercice de gestion du travail d'équipe et des imprévus!

Le Malfoy se tourna vers son ami à côté de lui:

-C'est quoi le problème? Je n'écoutais pas.

Blaise, les bras croisés, lui lança un regard noir qui n'impressionna pas du tout le blond. Au contraire, celui-ci continuait à le fixer, s'attendant à une réponse bien claire.

Le Noir poussa finalement un soupir et détourna le regard:

-Si on réussit la prochaine potion, nous avons des chances de gagner un flocon de Félix Felicis.

-Du Félix Felicis!?

Une vague d'espoir traversa le jeune aristocrate en songeant à cette potion. S'il arrivait à la gagner, peut-être que...

-Oui, mais on doit se mettre en équipe de deux. Et ce n'est pas nous qui choisissons, continua son ami.

-Il a déjà fait les équipes? répéta Malfoy en fronçant les sourcils.

-Alors alors! les coupa le professeur Slughorn en faisant de grands gestes. Comment allez-vous faire pour gagner cette potion magique? Ceci est simple, mes amis! C'est en réalisant le philtre de Mort Vivante, dont les instructions se trouvent à la page 10 du Manuel avancé de préparation des potions. Le niveau est un peu plus corsé que ce que vous faites normalement, alors je ne m'attends pas à ce que vous la réussissiez complètement. Mais ceux qui auront le meilleur résultat pourront se procurer le Félix! Quand je nommerai vos équipes, vous pourrez tout de suite vous regrouper et commencer.

Draco avait eu peur que la potion à réaliser soit le Félix Félicis même, car elle était très épineuse. La population sorcière entière s'en ferait chaque jour si elle était si simple à faire. Cependant, si le maître de potion ne leur demandait que de réaliser le philtre de Mort Vivante, il avait de bonnes chances de le réussir. Il avait déjà aidé Severus à en préparer en quatrième année, la potion n'était pas si difficile.

-Bien! déclara le professeur devant en lisant une feuille dans ses mains. Voici les équipes : Brown/Steven, Dowson/Finnigan, Soy/Crabbe,...

-C'est pas vrai, il a fait exprès de mélanger les deux maisons, ou quoi? chuchota un Nott ennuyé, derrière lui.

Plusieurs lui donnèrent raison en grognant et, vu leurs têtes d'enterrement, les Gryffondor venaient visiblement d'en conclure la même chose. Draco serra la mâchoire et ses yeux se posèrent sur le Trio d'Or.

Comme s'ils l'avaient senti, trois regards se retournèrent vers lui en même temps. Les quatre se jaugèrent durant de longues secondes pendant que Slughorn assignait les autres équipes.

La marque du bras droit de Draco se mit soudainement à le picoter, et sans savoir pourquoi, ses pupilles se connectèrent à celles d'Harry. La couleur de l'habit d'une forêt contre celle de la lame d'une épée.

-Draco Malfoy et...

Chaque syllabe que le professeur prononça amena une tension de plus entre les quatre élèves. Le maître de potion fit une pause, provoquant un suspense désagréable entre le Serpentard et les Gryffondor, et lâcha un "Oh-Ho" enchanté avant de s'exclamer:

-...l'intelligente Miss Granger!

Un peu surpris, Draco dévia sa vue et croisa les yeux marron de la brune à côté du Survivant.

À leur tour, ils se fixèrent sans bouger. Les élèves commencèrent à s'activer autour d'eux et le professeur Slughorn finit d'attribuer les groupes, mais le blond et la meilleure amie de sa Némésis étaient toujours en proie d'un intense combat visuel.

Finalement, Hermione se détourna lentement et les deux autres garçons avec elle lui glissèrent des mots tout bas. La fille fit une moue contrite avant de ramasser ses effets et d'aller chercher des ingrédients sur la table longue devant la classe.

C'est avec une multitude de flacons et d'objets maintenus dans un équilibre précaire entre les mains de la Gryffondor, qu'elle alla rejoindre Draco à son bureau. Le meilleur ami de celui-ci s'était vu casé avec Dean Thomas et il était parti le rejoindre en bougonnant. Hermione prit donc sa place et déposa les ingrédients à côté de leur chaudron commun.

Dès que ce fut fait, elle leva les yeux vers le Serpentard et lâcha, d'un ton sans appel:

-Je ne tolérai aucune remarque déplaisante, Malfoy.

-Je ne prends aucun ordre d'une Sang de Bourbe, répliqua froidement ce dernier.

Un éclair de colère traversa les pupilles sombres de la lionne. Son visage se fit plus dur et elle s'apprêtait à lui faire une remarque bien sentie quand le Blond la coupa:

-Je sais faire cette potion.

L'air d'Hermione changea complètement à cette annonce pour laisser place à un étonnement non feint. Elle ferma la bouche et décida de le laisser continuer à s'expliquer.

-Donc tu vas m'écouter et je ne veux pas entendre ta stupide voix criarde, dit le prince des Serpentard.

La baguette d'Hermione fut dégainée à une vitesse qui impressionna le blond, même si celui-ci ne broncha pas. La fille pointait son arme dans un angle qui ne pouvait être vu aisément par le professeur ou leurs camarades.

« Elle aurait fait un excellent assassin », pensa Draco.

Un autre long silence passa entre eux, les deux élèves se fixant, la baguette d'Hermione toujours pointé sur le descendant Malfoy. Leurs camarades étaient déjà en train de commencer rapidement leur potion, voulant avoir des chances de remporter le prix que leur avait promis leur professeur.

-Tu as déjà fait cette potion? demanda finalement Hermione.

Elle semblait étrangement intéressée par la question et beaucoup moins fâchée qu'auparavant. Le blond ne répondit pas et ils continuèrent à s'observer. À travers ce regard, un commun accord passa entre eux, et sans se consulter, ils commencèrent la potion.

Étonnement, leurs gestes furent fluides et ne s'entremêlèrent pas. Lorsque l'un coupait un ingrédient, l'autre remuait ou en ajoutait un autre à la potion sans avoir besoin de le faire savoir à son coéquipier. Draco ne chercha même pas à vérifier ce que la fille faisait, et ce fut pareil pour Hermione. Elle observait les instructions et taillait, écrasait ou saupoudrait quand il fallait, tandis que le Serpentard, se remémorant vaguement des étapes à suivre, s'afférait à ses affaires de façon tout aussi efficace. Ils ne furent donc pas surpris de voir leur potion échapper des voluptés bleutées, comme le livre l'indiquait, bien avant les autres, malgré le fait qu'ils aient débuté plus tard.

Rendu à une étape supérieure, Draco était en train d'écraser les fèves avec une lame d'argent au lieu de les découper, quand il se souvint de quelque chose. Sa coéquipière saupoudrait délicatement de la poudre de sarrasin et il versa lui-même le jus des fèves dans la potion, avant de dire:

-Ne suis pas complètement le livre pour remuer. Tourne une fois dans le sens des aiguilles d'une montre à chaque fois que tu feras 7 tours dans le sens contraire.

La Gryffondor, la main en l'air, fronça les sourcils au conseil du blond et jeta un coup d'oeil à leur parfaite potion qui venait tout juste de prendre une teinte lilas comme les instructions l'indiquaient.

-Fais-le, lui intima le Serpentard.

-Mais dans le livre, ils disent dans le sens contraire uniquement, répliqua sa coéquipière en vérifiant les étapes de leur manuel de référence.

-Ne t'ai-je pas dit avoir déjà fait cette potion? s'irrita le Serpentard. Ferme-la et écoute-moi.

La fille hésita une seconde avant de repartir à la charge:

-Mais dans le livre-

-Putain que t'es insupportable, siffla son coéquipier. C'est Severus Snape lui-même qui me l'a apprise. Satisfaite?

Bouche-bée, l'air de méfiance qu'elle arborait disparut du visage de la Gryffondor. Bien qu'elle soit loin de le porter dans son coeur, l'évocation du nom de leur ancien professeur de potion sembla la rassurer. Elle hocha la tête et prit la louche dans ses mains.

Comme le blond lui avait dit, elle fit sept tours dans le sens contraire des aiguilles d'une montre et serra les dents quand elle se résigna à effectuer le suivant dans l'autre sens.

À sa grande surprise, la potion devint rose pâle comme le voulait son cher livre.

-Et le temps est écoulé! s'écria le professeur Slughorn devant. Déposez vos baguettes.

Les mains derrière le dos, le professeur vaqua à travers les bureaux. Il jeta un coup d'oeil attentif à diverses potions en hochant parfois la tête ou en lançant d'autres fois des regards désolés.

Quand il arriva aux places plus hautes, il fronçant le nez en observant le mélange de Goyle et Dewel, et posa enfin les yeux sur celui d'Hermione et Draco. Ses pupilles s'illuminèrent et un énorme sourire apparut sur son visage:

-Ho-Ho! s'exclama-t-il, ravi. Mais quel parfait résultat vois-je ici! C'est merveilleux! Je n'en attendais pas moins de vous, miss Granger! Et monsieur Malfoy, vos compétences ne sont sûrement pas à négliger non plus!

Hermione rougit légèrement sous les éloges et se tourna vers son coéquipier, pendant que le professeur de potion continuait à observer les potions des autres. Une lueur de satisfaction brilla dans les yeux de la Rouge et Or et, peut-être sans le vouloir, elle fit un minuscule sourire en coin au blond avant de se retourner vers le reste de la classe.

On leur lançait des regards envieux et la Gryffondor et le Serpentard ne cachèrent pas le fait qu'ils étaient assez fiers de leur performance.

-Mais voyons, voyons! s'écria soudainement le maitre de potion, un peu loin vers le bas. Aurais-je sous-estimé les compétences de cette étonnante classe! Voici un deuxième mélange parfait, ma foi! M. Potter, je vois que vous avez hérité du talent de votre mère!

Surpris, Hermione et Draco braquèrent leurs yeux sur leurs concurrents dans un même mouvement.

Harry Potter, aux côtés de sa coéquipière Millicent Bulstrode, se tenait devant un chaudron à la même allure qu'eux.

Draco savait que Millicent n'était pas très bonne, mais qu'elle n'était pas non plus mauvaise en potion. Par contre, le blond avait toujours cru que le Survivant arrivait à passer le cours uniquement à cause de l'aide de sa propre coéquipière.

Comment avait-il fait pour réussir la potion? Même des actions hasardeuses n'auraient pas pu donner un résultat aussi parfait.

-Oh la la, me voilà bien embêté! dit tout haut le professeur Slughorn, de très bonne humeur pourtant. Je n'ai que deux flacons de Félix Félicis, c'est bien dommage. Alors, dites-moi, pour départir ces deux bonnes équipes, quel est l'ingrédient encore plus efficace que des feuilles de Tetradus pour donner à cette potion une onctuosité quasi transparente?

Des fragments de quartz.

Hermione et Draco se regardèrent, et en même temps, ils levèrent la main pour répondre à la question.

-Est-ce ceci monsieur? entendirent-ils Harry prononcer.

Le Survivant, à leur grande frustration, avait tendu sa main droite et ouvert sa paume devant le professeur. Des petites pierres rosées étaient posées au creux de celle-ci. Puis, d'une audace qui irrita au plus haut point le blond, le Gryffondor ajouta le Quartz dans sa potion et la tourna légèrement. Elle devint d'un rose translucide et épaisse.

Il avait terminé le philtre de Mort Vivante.

Slughorn éclata de rire devant le cran du brun. Il tapa une fois des mains et, tout joyeux, il annonça :

-Effectivement! Les fragments de Quartz ont des priorités plus efficaces que les feuilles de Tedradus pour rendre une potion épaisse et translucide. J'avais apporté une petite quantité, suffisante que pour une seule potion, ne croyant jamais que vous arriveriez à ce stade et devineriez les effets positifs de ces pierres, mais je me suis visiblement trompé! Bravo Mr. Potter, Miss Bulstrode, vous méritez bien ces fioles de Félix Félicis.

Slughorn donna les fioles aux deux élèves. Milicient Bulstrode rangea son prix sans plus d'intérêt que cela, et Harry admira le sien un instant, avant de le glisser dans sa poche.

Hermione poussa un soupir énervé et Draco serra les poings en observant Slughorn continuer à parler au Survivant d'un air fasciné.

Potter.

Potter, bien sûr.

Toujours Potter.

La marque de son bras droit lui fit soudainement mal. Irrité, le Serpentard essaya de l'ignorer, mais comme d'habitude, le tatouage n'en fit qu'à sa tête et augmenta sa douleur. Draco ferma les yeux en poussant un faible juron, et de sa main gauche, il agrippa l'avant de son bras droit en appuyant fortement sur la marque camouflée par une peau lisse.

Et il ne remarqua pas qu'au-devant de la classe, de son bras gauche, Harry Potter fit exactement le même geste que lui.

oooOOOooo


Qui pensait qu'Harry allait faire équipe avec Draco? lol XD Voyons, je n'allais pas faire ce cliché, quand même!

À plus! :)