Salut tout le monde!

Merci pour les reviews AdelheiRei, toundra95, himechu95670, Deponia, Guest (oui je vais continuer « Aux ordres du Sommet », ne t'inquiète pas!) et Marie. Ça fait plaisir :)

Bonne lecture!


Merci à ma Bêta fawkesthephoenix8


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Chapitre 10

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22 septembre 1996

Harry caressait doucement une peau tendre et délicieusement crémeuse. Ses doigts parcoururent le corps nu qu'il avait dans ses bras, arrachant un soupir de plaisir à son propriétaire.

Le Survivant sourit.

Sa main continua à longer le dos du corps assis sur lui et finit par atterrir dans des cheveux doux et soyeux. L'Autre s'approcha de lui, pour coller son corps au sien, et passa ses bras autour de sa nuque en enfouissant sa tête dans son cou.

Harry en profita pour plonger son nez dans les cheveux de l'Autre et respirer son parfum.

Il sentait bon.

Il sentait toujours bon.

Une odeur de menthe et de tilleul.

Le désir d'Harry monta. Ses caresses se furent plus entreprenantes.

L'Autre gémit faiblement sous ses attaques et commença à bouger ses hanches sur lui, en demandant plus à présent.

Harry se plia à cette demande, et doucement, il allongea le corps de l'Autre sur le lit derrière eux. Le Gryffondor leva ensuite les yeux pour tenter d'apercevoir le visage de cette personne qui faisait chavirer son cœur. Le flou se dissipa petit à petit et...

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Harry se réveilla en sursaut, le cœur battant à tout rompre, la sueur au front.

Il reprit sa respiration et soupira, agacé, quand il vit son petit ami entre ses jambes, en garde-à-vous sous les draps.

Le Survivant ferma les yeux pour tenter de se calmer et faire disparaître cette stupide érection.

Il savait qu'à son âge, il était tout à fait normal de penser à des choses un peu plus osées, mais il n'aurait jamais cru le faire à cette fréquence. Il n'aurait jamais cru être autant obsédé par le sexe durant la nuit, alors que le jour, il n'essayait même pas de regarder la poitrine des filles.

Ouais, eh bien, en voilà une chose qui posait problème.

Harry faisait ce genre de rêve depuis cet été. Il ne s'en était pas souvenu la première fois que c'était arrivé, mais après deux-trois nuits, il avait vu un énorme problème dans ces fameux rêves: l'Autre était un homme.

Le Gryffondor n'était pas stupide, après tout. Il ne pouvait pas voir son visage, mais même à travers les images floues, il pouvait quand même sentir ses doigts sur le corps de l'inconnu et en déduire que c'était bel et bien un homme.

Harry en était encore aujourd'hui troublé. Il aimait les femmes. Oui, il aimait les femmes. Mais ce corps revenait toujours, jamais une autre femme, jamais un autre homme.

Le Survivant savait que chez les sorciers, les couples du même sexe n'étaient pas aussi discriminés que dans le monde Moldu. C'était très rare, mais on ne les regardait pas avec dégoût. C'était simplement très rare, point-barre. Un peu comme il n'était pas commun d'avoir les yeux roses chez les sorciers. On ne voyait pas ça souvent, mais on ne lançait des tomates à ces personnes. C'était exactement la même chose avec les couples homosexuels.

Cependant, ça n'empêchait pas le fait qu'Harry n'était pas attiré par la gent masculine. Le corps d'une femme nue le réchauffait. Le corps d'un homme nu le faisait presque grimacer.

Enfin… normalement. Car ce corps, dans ce rêve...

Harry sentit tout à coup un réchauffement au niveau du bas de son ventre. Il s'irrita à la réaction de son propre corps à la pensée de son rêve érotique et se rappela de justesse qu'il n'était pas tout seul dans la chambre. Les autres dormaient toujours et il était inutile de les réveiller pour qu'ils se rendent que le 'Héros National' bandait à côté d'eux. Il n'imaginait même pas les moqueries.

Le Gryffondor se recoucha mollement, en appuyant sur son sexe pour essayer de le calmer, et ouvrit les yeux sur le plafond en réfléchissant profondément.

Cette odeur… cette odeur lui disait foncièrement quelque chose. Mais à chaque fois qu'il voulait chercher là où il l'avait déjà senti, il l'oubliait dans la matinée.

Le temps passa, le soleil se leva et par chance, son excitation se calma. Peu à peu, les autres émergèrent de leurs rêves. Dean, comme d'habitude, ouvrit les yeux le premier. Il parut un peu étonné de voir que le Survivant se soit réveillé avant lui, mais ne s'y attarda pas et le salua avant de se lever pour partir à la salle de bain.

-Yo, grogna Ron quand il se leva enfin une demi-heure plus tard.

Le roux regarda son ami qui avait toujours les pupilles rivées sur le plafond et demanda:

-C'est quoi cette tronche? T'as pas dormi ou quoi?

Harry soupira en fermant un instant les yeux.

-Oui, mais disons que je me suis réveillé tôt à cause d'un... mauvais rêve, bougonna-t-il. J'irai me coucher tôt ce soir.

À cette réponse, Ron le regarda bizarrement:

-Tu n'as pas une retenue ce soir?

Harry écarquilla ses yeux en se rappelant que oui, en effet, il avait une retenue ce soir. Il l'avait complètement oublié.

Putain quelle merde.

Ron ricana un peu à son air et, accablé, Harry enfonça sa tête dans son oreiller en poussant un cri défaitiste qui réveilla les derniers dormeurs du dortoir.

oooOOOooo

Ça ne s'était que passé la veille, mais dès le lendemain, absolument toute l'école était au courant de sa confrontation avec Malfoy en cours de DCFM.

Harry tenta de se faire petit, lui qui n'appréciait déjà pas être fixé tous les jours de sa vie à cause de la cicatrice qu'il avait au front. Là, c'était encore pire.

Ron et Hermione n'avaient pas osé lui poser de question quand il était revenu du bureau du directeur qui avait sermonné Malfoy et lui pendant des heures sur l'importance de la tolérance et l'unité. Beaucoup trop en rogne, le Héros n'avait écouté qu'à moitié le baratin de Dumbledore et ses meilleurs amis n'avaient pas voulu empirer son humeur en exigeant des explications à son retour. Mais là, au milieu de la Grande Salle en cette matinée, Harry devina que la brune et le roux voudraient être un peu plus éclairés sur le sujet.

-Alors, tu nous expliques? demanda simplement Ron en se prenant un muffin aux myrtilles pendant qu'Hermione approuvait d'un vigoureux hochement de tête.

Harry soupira et se passa une main dans les cheveux;

-Quoi exactement?

-Tout! s'écria le roux. Comme cette explosion de pouvoirs que tu as eus en classe.

-Harry, rares sont les sorciers qui arrivent à faire de la magie sans baguette, dit Hermione d'un air grave. Même Dumbledore, je suis sûre, ne le fait pas avec autant de facilité. Ça demande énormément d'entraînements et de nombreuses années avant de pouvoir accomplir de simples sorts.

-Certains y arrivent, car ils ont un don particulier, continua Ron. Un peu comme Cole, un troisième de Poufsouffle, ou les jumeaux Denferd de Serdaigle. Mais c'est normalement héréditaire et on le découvre dès le très jeune âge. Alors que toi, comme ça, tu crées des sorts de bombes du jour au lendemain!

Harry fixa ses amis et ne sut comment leur répondre.

Depuis qu'il avait… cette foutue marque sur le bras, il avait l'impression que plein de choses s'étaient modifiées en lui, dont sa magie. Il avait toujours eu une puissance relativement élevée, mais les manifestations d'hier n'avaient rien à voir.

Il sentait parfois des vagues de magie massives lui parcourir l'échine sans qu'il ne fasse rien. Juste comme ça, de temps en temps. Il avait trouvé ça bizarre, mais tout comme la marque sur son bras gauche, il n'en avait pas informé ses amis.

Puis, d'autres "symptômes" étranges étaient apparus. Il avait souvent l'impression que quelqu'un était censé être à ses côtés, mais manquait à l'appel. Et au hasard, il allait être pris d'un fort sentiment d'anxiété et de panique. Ou alors, sa marque allait commencer à le brûler, sans aucune raison. Ça ne durait jamais très longtemps, mais ces moments étaient souvent d'une grande intensité. Puis, maintenant qu'il y pensait, ses fameux rêves érotiques étaient également arrivés durant la même période.

Ron et Hermione le fixaient toujours, attendant une réponse.

Harry eut un pincement au cœur en les regardant. Ils se connaissaient depuis 6 ans et les trois se disaient tout habituellement. Un tatouage sortit de nulle part, de nouveaux pouvoirs monstrueux, des sentiments d'anxiété… Le Survivant aurait dû informer ses amis de ses secrets depuis longtemps. Surtout que tous ces signes criaient que sa vie était peut-être en danger. Au début, il ne voulait pas les inquiéter, mais maintenant, il avait une tout autre raison de leur cacher la vérité.

La semaine dernière, prenant son courage à deux mains, le Survivant avait songé à montrer à Hermione le dessin qu'il avait sur le bras. Mais à peine avait-il ouvert la bouche que sa Marque lui avait faite atrocement mal. Même si ça n'avait duré que quelques secondes, Harry était resté perplexe, se demandant si ce n'était qu'un hasard. Et lorsqu'il avait retenté l'expérience avec Ron et que la Marque s'était à nouveau enflammée, le Survivant en avait déduit que ce n'était pas de simples coïncidences. Le tatouage sur son bras semblait le prévenir que partager son secret était une mauvaise idée, pour l'instant. Harry avait décidé de ne pas ignorer l'avertissement de la Marque tant qu'il n'avait pas plus d'informations.

Mais mentir à ses amis lui faisait quand même mal.

-Écoutez, j'ai toujours su que je n'avais pas tout le temps besoin de ma baguette pour lancer un sort, mais je n'avais jamais osé jusqu'à présent, inventa à moitié le Survivant. Hier, j'étais tellement furax que c'est sorti tout seul. Mais je ne pense pas être en mesure de bien maîtriser ces pulsions. Ça vient, ça part. Comme en ce moment, si je devais jeter un sort de lévitation, j'ai l'impression que je devrais avoir recours à ma baguette.

Ses deux amis lui lancèrent un regard appuyé en réfléchissant à ce qu'il venait de dire.

-C'est vrai que tu nous avais raconté l'histoire de la fois où tu étais parti au Zoo avec ton cousin. La vitre de la cage du serpent avait disparu par ta faute, dit lentement Ron.

-Je croyais qu'il arrivait souvent qu'un enfant manifeste ses pouvoirs de cette façon, s'étonna Harry.

-Oui bien sûr, c'est d'ailleurs normalement comme ça qu'on découvre qu'un enfant est un sorcier, l'informa Hermione. Mais ce ne sont pas des puissances que l'on peut contrôler. Les pouvoirs d'un sorcier sont normalement canalisés à travers une baguette. C'est pour ça que la première chose qu'on nous demande à notre entrée à Poudlard est d'en acheter une. Nos baguettes seraient inutiles si on pouvait contrôler nos forces avec nos corps.

Harry regarda les deux autres et déglutit difficilement. Était-ce vraiment à cause de la marque qu'il avait sur le bras gauche que ses pouvoirs agissaient ainsi maintenant? Était-elle si mauvaise si elle lui donnait plus de forces? Bon sang, il était sûr qu'Hermione reconnaîtrait vite le dessin sur sa peau et trouverait la réponse en moins de deux. S'il pouvait au moins…

Comme si elle lisait dans ses pensées - et Harry commençait sérieusement à croire que c'était effectivement le cas -, sa marque se remit à le brûler furieusement et le Gryffondor dut se retenir de gémir en plein milieu de la Grande Salle.

Par chance, Ron et Hermione ne semblèrent pas remarquer sa souffrance et la brune finit par pousser un soupir :

-Eh bien, je connais un certain professeur qui aurait une raison de plus pour t'avoir dans son fameux club. Malfoy aussi d'ailleurs. Lui aussi a bizarrement eu cette même puissance que toi hier. Mais bon, pour Malfoy, c'est un peu plus normal...

Le Survivant fronça les sourcils pendant que la douleur de son bras diminuait. Oui c'était vrai, Malfoy aussi avait réussi à faire de la magie sans baguette. Le blond avait même été le premier à réussir cet exploit. Mais pourquoi serait-ce plus normal pour lui?

Harry s'apprêtait à poser la question à la brune, mais au nom de leur ennemi, Ron braqua un regard meurtrier sur Hermione:

-Alors, Hermione, toujours aussi gentil, ton cher Malfoy!?

La fille rosit un peu et se défendit tout de suite.

-Je n'ai jamais dit qu'il était gentil! s'exclama-t-elle. J'ai dit qu'il était un bon coéquipier!

-Et il sera la raison de plus pour laquelle je n'assisterai pas aux soirées de Slughorn, éluda le Survivant, espérant couper court à la dispute qui pointait son nez entre ses amis.

Ron se renfrogna en croisant les bras, mais les yeux de Hermione brillèrent à ce que venait de dire le brun:

-Oh Harry! S'il te plait, accompagne-moi! J'en ai plus qu'assez de m'y rendre toute seule! Tu verras, les soirées ne sont pas si mal!

-Il y a pourtant Ginny, non? hésita Harry.

-Elle trouve toujours un moyen ingénieux de se défiler, mais je n'ai personnellement aucune excuse à donner au professeur! Je t'en prie, viens avec moi! Allons-y ensemble!

Tout à coup, Ron se leva de la table, visiblement en colère. Il attrapa son sac d'un geste sec et balança:

-Vu que je n'ai aucune soirée à me rendre, je suppose que je peux me retirer de cette discussion, n'est-ce pas, Hermione?

La fille le regarda, abasourdie, et Ron ne lui donna pas le temps de répondre qu'il s'éloignait déjà.

Hermione afficha une moue contrariée et baissa les yeux sur la table, son humeur tout à coup bien noire.

Harry ne comprenait pas pourquoi le roux se mettait autant en colère contre leur amie, ces temps-ci. Il avait des sautes d'humeurs inexpliquées et s'en prenait souvent à la brune. Le Héros savait qu'il était en partie jaloux de toute l'attention que le professeur Slughorn leur portait, mais il ne se fâchait pas autant contre Harry.

À moins que ce ne soit…

Harry se claqua mentalement le front.

Bon sang… si c'était à cause de ça, Ron agissait vraiment stupidement.

Harry leva les yeux vers la Gryffondor dans l'intention de lui dire des paroles réconfortantes quand il remarqua que la fille avait le regard rivé sur son avant-bras gauche bandé. Le Survivant eut immédiatement le réflexe de redescendre son bras en dessous de la table en espérant que son amie ne lui poserait pas de question, mais en vain:

-Harry, qu'as-tu réellement sur ce bras? demanda-t-elle en fronçant les sourcils.

-Je te l'ai dit, non? Ce n'est qu'une blessure, répliqua Harry en se sentant mal de lui mentir encore.

-Mais Mme Pomfresh aurait dû pouvoir guérir ceci en moins de deux. Quelle est donc cette blessure?

-Ce… n'est rien, je te promets.

Voyant le ton hésitant de son ami et le mensonge clair derrière celui-ci, Hermione se pencha au-dessus de la table et chuchota:

-Écoute Harry… Je m'inquiète un peu, donc dis, tu ne te…

Elle hésita, un air peiné sur le visage, et poursuivit en baissant davantage la voix:

-Tu… ne te mutiles pas, n'est-ce pas?

Harry s'était attendu à tout sauf ça. Il détesta tout de suite cet air de pitié et d'inquiétude que montra la brune. Ils avaient toujours été plusieurs à essayer de voir chez le Héros National des signes suicidaires ou autres, mais Harry aurait cru qu'Hermione le connaissait plus que ça. Irrité, tout comme Ron, il se leva de table en prenant son sac:

-Oh mais bien sûr, car le pauvre Héros troublé, l'orphelin, le martyr qu'est Harry Potter ne peut trouver aucun autre moyen que ça pour pouvoir supporter la charge de sauver l'humanité! cracha Harry.

Choquée, Hermione le regarda avec de grands yeux avant de piquer un fard et de balbutier:

-Non… Je…

-C'est bon, la coupa Harry en mettant son sac sur son épaule.

Puis, laissant son amie pantoise, il s'éloigna en ignorant les regards interrogatifs que les autres lui lancèrent.

oooOOOooo


Installé dans son bureau, Severus Snape regarda son filleul assis devant lui d'un oeil torve; il s'absentait une seule journée et le blond manquait de tuer le Héros du monde sorcier. Pas que Severus aurait été peiné de cet aboutissement, au contraire, mais disons qu'ils avaient encore besoin de Potter pour sauver la planète.

-Vous auriez pu faire votre guéguerre un peu plus discrètement, soupira l'ancien maitre de potion. Te voilà collé, maintenant.

Le blond haussa les épaules et fusilla le bureau face à lui du regard, semblant vouloir mitrailler une tout autre personne.

-Pourquoi n'étais-tu pas là hier? demanda finalement Draco, voulant apparemment changer de sujet avant de démolir l'innocent meuble devant lui.

-Je suis allé voir quelqu'un.

Draco fonça les sourcils et appuya son dos contre le dossier de sa chaise:

-Le Lord?

-Non, répondit Severus.

Ce dernier vit passer un mélange de curiosité et de méfiance dans les yeux du Serpentard, à sa réponse. Son filleul réfléchit deux secondes avant de demander, d'un air pratiquement contrarié :

-Ton gosse, c'est ça?

-Non plus, soupira le maître des potions.

Severus serait bien allé bien visiter son fils, mais les démarches étaient bien trop longues et compliquées pour un si court laps de temps. Puis, il savait qu'on s'occupait bien de lui là où il était.

Un air sombre passa sur le visage de l'ancien maître de potion.

La guerre approchait et le temps du professeur était compté. Déjà qu'il ne le voyait pas souvent, il était effectivement mieux de passer plus de temps avec Joshua avant qu'il ne soit trop tard.

Quand Severus reporta son attention sur Draco, ce dernier avait les sourcils froncés, s'attendant probablement à ce que son parrain lui dise "oui" d'emblée quand il lui avait posé la question sur son fils.

-Tu n'es pas allé voir ton gamin? Sa mère alors? demanda encore Draco.

-Quelque chose comme ça, oui.

-J'imagine que tu ne veux toujours pas me dire qui c'est. Cette femme doit te tenir en laisse si elle t'oblige à te destituer de tes fonctions en pleine semaine.

Severus ricana faiblement en observant les papiers disposés sur sa table, sans les voir.

Lui, être tenu en laisse? Ça serait plutôt le contraire…

Lorsque le professeur leva les yeux vers son filleul, celui-ci le regardait, étonné par la mine que venait d'afficher son parrain. Ce dernier se reprit en toussotant un peu et expliqua:

-J'ai besoin de la voir de façon assez régulière et vu que l'on s'était manqués cette fin de semaine, j'ai dû me résoudre sauter un cours. Lane était comment?

-Je ne sais pas, répondit Draco en décidant de ne pas faire de commentaires sur le comportement de son parrain. Je n'ai pas pu assister au reste du cours, vu que j'essayais de défoncer le crâne de Potter. Elle nous a envoyé direct chez le directeur.

-C'est elle qui vous a imposé la retenue avec Hagrid?

-Non, l'autre vieux. Mais c'est bien elle qui a décidé de nous coller une semaine de retenue pour deux petits sorts.

-Les sorts n'étaient pas petits, si je me fie à ce qu'elle m'a dit.

Draco haussa les épaules et jeta un coup d'oeil à sa montre, sur son poignet gauche. Il poussa un soupir agacé à l'idée d'aller à une retenue aussi tard et bougonna un « Je dois y aller ». Il s'apprêtait à se lever et à partir quand Severus interrompit son geste:

-Attends… Draco.

Le garçon se re-positionna sur sa chaise et tourna ses orbes gris vers lui. Severus hésita un instant, ne sachant comment aborder le sujet. Puis, il décida d'y aller sans faire de détour:

-Je sais que le Lord t'a confié une mission. Si tu m'en fais part, je pourrais t'aider.

Une personne normale prenait souvent le blond pour quelqu'un de froid, cynique et sans émotion. Et c'était exactement ce que Draco voulait que l'on croit de lui; il prenait bien soin de n'afficher qu'un air neutre à la plupart des situations qu'il rencontrait. Il y avait cependant des privilégiés qui avaient la chance de voir tomber le masque du Prince des Serpentard en leur présence. Severus Snape en faisait partie.

Celui-ci avait espéré qu'avec la confiance que Draco lui accordait, il pourrait aider son filleul dans sa mission impossible. Mais visiblement, l'ancien maître de potions s'était trompé.

Quand Draco enregistra ce que son parrain dit, son regard se fit plus dur et le masque glacé qu'il n'affichait que très rarement avec le professeur se remit en place.

-Ce n'est pas ton problème, dit-il sèchement.

-Draco, essaya encore son parrain. Fais-moi confiance, je peux t'ai-

-NON!

Au même moment, une aura menaçante et puissante sortit du corps du blond et le professeur de DCFM écarquilla des yeux devant ces émanations magiques. Il avait effectivement entendu la rumeur que Draco avait utilisé de la magie sans baguette contre Potter hier, mais jamais il n'aurait imaginé que...

Ses doutes furent horriblement confirmés quand son filleul grimaça soudainement de douleur et agrippa l'avant de son bras droit.

Les mains du Serpentard commencèrent à trembler et il se leva lentement.

-Je pense que je vais y aller, annonça-t-il faiblement.

Brusquement, Severus se leva à son tour et empoigna le bras de Draco d'un geste sec :

-Ça, je ne crois pas, claqua le professeur en pointant sa baguette sur le bras du blond. Ostende te tenebras.

Son filleul fut tellement surpris par la formule qu'employa le professeur qu'il en oublia de retirer son bras. Et à la grande horreur de Draco, un dessin noir, fait de courbes et de points agencés, apparut peu à peu à l'intérieur de son bras droit. Il se dégagea sèchement de l'emprise de son parrain et cacha sa Marque d'Appartenance par réflexe:

-Depuis quand l'as-tu? demanda froidement Severus.

-Je t'ai dit que ce n'était pas de tes affaires! siffla le Blond.

-Mais ça, ça n'a rien avoir avec le Seigneur des Ténèbres, n'est-ce pas!?

Draco s'apprêtait probablement à lui lancer une remarque acide, mais il laissa échapper une plainte de douleur et enfonça ses ongles dans la peau de son bras marqué. Severus le vit fermer un instant les yeux pendant qu'il maudissait ses origines tout bas.

-Tu as mal, pas vrai? murmura l'ancien maître des potions en faisant le tour de son bureau pour s'approcher davantage de l'adolescent.

Ce dernier ouvrit lentement les yeux, mais ne répondit pas.

-Tu as mal justement parce que tu ne devrais pas supporter cela tout seul, dit précipitamment Severus en lui saisissant une épaule. Ta Marque d'Appartenance est sur ton bras droit, ta nature Veela veut donc se faire protég-

-LA FERME! s'énerva immédiatement Draco en repoussant sèchement la main posée sur lui.

Les deux se fusillèrent du regard, leurs mâchoires contractées.

Il était vrai que Severus n'aurait jamais imaginé Draco Malfoy, le fort et froid Draco Malfoy, en tant que Sän dans un couple de Veela, mais cela n'avait pas d'importance. Déjà que Draco avait un niveau magique naturellement supérieur à la moyenne, son union avec son âme soeur ferait d'eux un couple aux pouvoirs surdimensionnés.

Mais le blond ne semblait pas du tout penser de cette manière.

-Je n'ai besoin de la protection de personne, continua ce dernier en fixant son parrain avec une conviction sombre. Personne.

-La Marque d'Appartenance que tu as sur ton bras droit me dit le contraire, répliqua le professeur de défense.

-Et qu'est-ce que tu en saurais, toi, de toute façon!?

Severus le regarda intensément.

Puis, d'un geste sec, il releva la manche de son bras droit et pointa sa baguette dessus de son autre main. Draco écarquilla des yeux quand il vit ce qui apparut dessus.

Car peu à peu, sur la peau de son parrain, se dessina une marque noire en forme d'arabesques et de courbes de tous genres.

-Peut-être parce que j'ai exactement la même Marque que toi, dit calmement Severus.

oooOOOooo


...

*Sifflote*

À plus! ;D