Hellooo !

Désolée, ça fait encore très longtemps. Je suis juste vraiment…vraiment occupée.

En tout cas, merci beaucoup pour toutes vos reviews, ça me fait toujours plaisir ! :D


Merci à ma Bêta FawkesThePhoenix8


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Chapitre 11

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22 septembre 1996, au soir

Harry jeta un coup d'œil à sa montre et fut soulagé de voir qu'il n'était que 19h53. Il avait un peu de temps avant sa retenue.

Marchant d'un pas rapide, il longea un couloir du quatrième étage en ne croisant que quelques élèves ici et là, qui revenaient d'un dîner tardif.

Contrairement à ces mêmes élèves qui vagabondaient dans le château en ce moment, presque tous les sixièmes années étaient en train de travailler sur une dissertation à remettre, un livre à lire ou un sort à maîtriser. Enfin, presque tous en excluant Harry, bien sûr, car il avait une stupide retenue.

Le Survivant arriva enfin à sa destination et ouvrit l'une des doubles portes de la Grande Bibliothèque de Poudlard avant de rentrer à l'intérieur.

Mme Pince, derrière son comptoir, leva les yeux vers lui et lâcha un petit "mpf" hautain, comme si sa décision d'enfin exploiter les méandres de la bibliothèque aurait dû être prise depuis longtemps. Mais Harry ne venait pas étudier. Il cherchait quelqu'un.

Ignorant la bibliothécaire, il traversa le hall et alla se perdre entre les rangées de livres dans l'espoir d'y découvrir la personne qu'il cherchait, assise quelque part.

Il la trouva sur une table, près d'une petite fenêtre. Ne le remarquant pas, elle se gratta le crâne à l'aide de son crayon et marmonna des paroles inaudibles en observant le devoir devant elle.

Harry s'approcha silencieusement. Il resta un instant debout sans rien dire, se disant que l'autre personne allait peut-être se rendre compte de sa présence par elle-même, mais voyant que cette dernière était trop concentrée sur son parchemin, il ouvrit la bouche:

-Hermione.

La fille sursauta dangereusement et se tourna vers lui, les yeux effarés. Mais quand elle le reconnut, son visage se ferma.

-Oui, demanda-t-elle sèchement en retournant à son devoir avec une désinvolture feinte.

Harry soupira et alla tirer la chaise devant elle pour s'y asseoir.

-Hermione… Je suis désolé pour ce que je t'ai dit cet après-midi, dit-il sincèrement en la fixant.

Le Survivant ne savait pas ce qui lui avait pris. Il était loin d'avoir le meilleur des caractères, mais il se savait normalement plus patient.

Cependant, lorsqu'Hermione avait suggéré qu'il se mutilait peut-être, il avait eu une image de lui-même en train d'entailler la marque de son bras gauche, et cette pensée l'avait vraiment mise en colère. Il avait eu l'impression qu'en insultant la marque, on insultait… un concept ou un lien important. Alors Harry l'avait mal pris, sans savoir vraiment pourquoi d'ailleurs. Mais quelque temps plus tard, il s'était senti bien stupide de s'être énervé contre la brune alors qu'elle ne pouvait pas lire ses pensées ou deviner ses impressions.

À ses excuses, le crayon d'Hermione se figea et elle leva les yeux vers lui, la mine un peu plus adoucie.

-Je… Je m'inquiétais pour toi, tu sais ça, n'est-ce pas? murmura-t-elle en re-baissant les yeux.

Harry prit gentiment ses mains posées sur la table entre les siennes et la regarda.

-Je sais, Hermione, dit-il. Et je suis stupide pour ne pas m'en être rendu compte sur le coup. C'est pour ça que je viens m'excuser.

Hermione lui fit un petit sourire et dévia ses yeux sur le bras gauche d'Harry. Elle poussa un soupir las et demanda:

-Tu vas me dire quelle est cette blessure maintenant?

Harry souffla à son tour par le nez et accota son dos contre le dossier en bois de sa chaise:

-Sois rassurée, je ne me mutile pas du tout. L'idée de me couper les veines me donne des frissons. C'est simplement une… blessure que je me suis faite durant les vacances.

-Mais pourquoi ne pas la faire guérir? s'inquiéta Hermione en fronçant les sourcils.

-Au début, j'ai pensé trouver un moyen de la faire disparaître, mais ces temps-ci... Je ne sais pas, je n'en ai plus du tout envie.

-Comme… pour te prouver quelque chose?

Harry hésita et hocha finalement la tête. C'était plus simple de répondre ça pour le moment. Il n'avait pas vraiment grand-chose à se prouver, il savait juste que cette marque était… importante?

Purée, lui-même n'en savait rien.

La fille devant lui ne sembla cependant pas tout à fait rassurée par sa réponse:

-Mais d'où vient-elle?

-Je ne sais pas, je l'avoue. Mais elle n'est pas dangereuse, je te le promets! rajouta précipitamment Harry en voyant Hermione commencer à paniquer.

-Tu ne sais pas!

-Hermione, fais-moi confiance. Elle n'est pas dangereuse en soi, je suis certain.

La Gryffondor se tut, mais conserva un air sceptique. Harry soupira, ne voyant pas comment lui faire mieux comprendre la situation, ne la comprenant pas totalement de son côté.

Il jeta un coup d'œil à sa montre et fit une moue en observant l'heure qui avançait définitivement trop rapidement vers sa retenue commune avec Malfoy.

-Bon, j'y vais, déclara Harry en se levant. Pour l'instant, ce qui est le plus dangereux, c'est cette retenue avec Malfoy qui risque, si on se fie à hier, de bel et bien me tuer.

Cette fois-ci, Hermione ricana franchement:

-Reviens vivant, et vite, tu n'as pas fini ton devoir de métamorphose.

-Je retire ce que je viens de dire; j'ai bien envie d'y rester, finalement, bougonna le Survivant.

Et Hermione, ignorant le « Shhh! » outragé de la bibliothécaire, éclata de rire.

oooOOOooo

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Quand Harry arriva à la cabane d'Hagrid, le blond n'était pas là.

Le Demi-Géant était assis devant son jardin, en train de nourrir une bête inconnue, avec une substance verte et gluante tout aussi inconnue. Il leva la tête quand Harry s'approcha et lui offrit un large sourire:

-Ah, te voilà enfin!

Le Garde-Chasse se releva et lança la substance gluante en l'air. Harry fit un énorme saut quand la bête inconnue, qui ressemblait étrangement à un mélange de chauve-souris et de grenouille, fit brusquement un bond de deux mètres et alla engloutir son repas d'un seul coup de dent.

Harry se détourna de la vue en maudissant intérieurement les créatures bizarres du Demi-Géant, et il manqua de hurler en sursautant vigoureusement une deuxième fois, remarquant la présence derrière lui.

Draco Malfoy venait apparemment d'arriver, l'air sombre, les yeux rivés sur le sol, semblant pensif et préoccupé. Il ne se moqua pas froidement du saut d'Harry, comme celui-ci s'y était attendu, et il ne fit pas non plus de commentaires sur la bête bizarre du professeur de Créatures Magiques qui s'approcha de lui.

Le Serpentard leva les yeux sur la créature et fronça les sourcils d'un air absent, ne semblant pas voir la bête devant lui. Ce n'est que lorsque Hagrid claqua une fois des mains que le blond parut sortir de sa bulle.

-Bien! Malfoy est arrivé, nous allons donc commencer tout de suite.

Il alla au pied de sa cabane et se saisit d'un grand sac en plastique noir ainsi que d'un long bâton de bois courbé au bout. Le demi-géant passa le sac par-dessus son épaule et donna trois coups secs sur le sol avec le long bâton en bois. Hagrid le souleva ensuite pour le diriger vers les deux garçons :

-Accrochez-vous.

Harry s'approcha et tendit la main, mais le blond à côté de lui ne bougea pas d'un pouce en fixant de manière suspecte le bâton :

-Un Transfert? Où allons-nous? demanda le Vert et Argent.

Harry arrêta son geste en plein milieu et leva des yeux interrogatifs vers le Demi-Géant. Celui-ci émit un rire bourru et s'écria :

-Je t'aurais bien donné des points pour avoir deviné la nature de cet objet, si bien entendu, ceci n'avait pas été une retenue! Nous allons faire un tour dans la forêt et faire une petite commission pour le professeur Slughorn.

Le Gryffondor et le Serpentard ne furent même pas horrifiés par cette réponse. En même temps, ils se contentèrent de lancer un regard las au Garde-Chasse, un grand sentiment de déjà vu pointant son nez.

Les dernières fois qu'Harry était allé dans la forêt interdite, il avait manqué de justesse d'être étranglé par la demi-tête de Voldemort, bouffé par des araignées géantes affamées et transpercé par des flèches de centaures en colère. Ce n'était pas qu'il détestait ces bois et les magnifiques créatures qu'ils renfermaient, mais disons qu'il pouvait bien s'en passer.

-Voyons! Ne faites pas ces têtes-là! rassura Hagrid en chassant leur regard d'un revers de main. Cet endroit est tout à fait sécuritaire.

-C'est également ce que vous nous avez dit en première année, avant que l'on voit le Seigneur des Ténèbres se faire un cocktail de licorne, souleva la voix traînante de Draco.

-Eh… Eh bien, répondit Hagrid, un peu mal à l'aise. Je dois avouer que notre destination n'est pas complètement dépourvue de dangers, mais elle est sujet d'une entente de paix depuis des années. Puis, vos pouvoirs ne sont plus les mêmes qu'en première année. Vous pourrez vous protéger, cette fois-ci.

-Je croyais qu'on ne pouvait pas transplaner ou utiliser de Portoloin à partir de Poudlard, fit remarquer Harry.

-C'est vrai, mais ceci n'est pas un Portoloin, mais bien un Transfert. Un canal de transport magique entre deux groupes ayant fait une entente. Le château utilise les ressources du groupe que nous allons visiter depuis des lustres en échange de quelques potions que nous leur concoctons. J'y vais de façon régulière pour aller cueillir des ingrédients, mais vu que je suis occupé ces temps-ci et que je ne suis pas passé par là-bas depuis longtemps, les commandes sont grandes. D'où la raison de votre retenue, vous allez m'aider à ramasser tout ça.

Harry était en train de se demander si ça valait vraiment la peine de commencer cette énorme tâche à 20h30 du soir, mais Hagrid l'interrompit dans ses pensées. Il souleva à nouveau le bâton devant Harry et Draco et leur intima :

-Allons, ne perdons pas de temps, si nous voulons revenir avant minuit! Touchez-le.

Résolu, Harry empoigna le Transfert qu'Hagrid brandissait devant eux de sa main gauche. Le bois était rêche et un peu agréable au touché.

Bon, si l'Élue se fiait à son taux de survie des années précédentes dans les profondeurs de la forêt, il avait de bonnes chances de s'en tirer vivant encore une fois.

Puis, il avait un devoir de métamorphose à terminer. Ou plutôt, commencer.

Le Survivant se tourna vers le Serpentard, resté derrière. Les yeux plissés et les bras croisés, ce dernier regardait toujours le bâton d'un air méfiant, ne voulant pas trop s'en approcher.

-On n'a pas toute la soirée, Malfoy. Fais ta trouillarde à d'autres, lança Harry, irrité.

Sa Némésis tourna lentement sa tête vers lui, et un éclair de colère beaucoup moins calme que son geste traversa ses pupilles. Le blond ne répondit rien, mais l'aura noire et menaçante qui commença à peser tout autour d'eux communiqua parfaitement son humeur.

-Allons-allons, vous n'allez quand même pas vous battre alors que vous n'avez même pas commencé votre première soirée de retenue! fit remarquer Hagrid, quand même un peu mal à l'aise par la puissance anormale que laissait échapper le corps de Draco. À moins que vous ne vouliez une autre semaine de plus, je vous recommande de rester tranquille et de saisir, M. Malfoy, ce bâton.

La menace d'une seconde semaine de retenue sembla calmer le Serpentard. L'air se fit moins lourd et l'héritier Malfoy se décida enfin d'avancer vers eux, sans oublier de lorgner dédaigneusement le Survivant en premier lieu.

De sa main droite, Draco se saisit du Transfert à la gauche d'Harry et ne broncha pas d'un pouce à la texture désagréable que rencontra la paume de sa main.

Et les deux garçons ne s'attendirent pas du tout à ce qui suivit.

La marque d'Harry se mit à bruler férocement, arrachant une plainte de souffrance à son propriétaire. La douleur se répandit à une vitesse fulgurante le long de son bras, lui paralysant les doigts, lui tailladant la tête. Il prit à peine conscience de la légère sensation de décollage et du changement de ses alentours quand leur environnement se modifia.

Lorsqu'il se rendit enfin compte qu'ils se trouvaient à leur destination, tremblant, Harry lâcha immédiatement le Transfert et tomba par terre en gémissant, son bras douloureux serré contre lui.

Sa Marque lui avait toujours fait mal de temps en temps, mais jamais de cette façon. Là, il avait juste envie de couper son bras et de le recoller, peut-être, après, quand la douleur serait partie.

Difficilement, Harry leva les yeux et croisa le regard bizarrement horrifié de son ennemi à sa gauche. Légèrement accroupi, ce dernier tenait également étroitement l'avant de son bras droit, comme pour y apaiser un sentiment quelconque d'inconfort.

Quand leurs pupilles s'accrochèrent, le blond recula d'un pas, les yeux ouverts en grand, l'air toujours épouvanté, et il dit d'une voix blanche :

-Non… Non, c'est… c'est impossible…

-Harry! Malfoy! Que vous arrive-t-il? s'écria tout à coup la voix du Garde-Chasse de Poudlard.

D'un même mouvement, les deux élèves braquèrent leurs yeux vers lui. Hagrid s'était un peu approché et était penché sur eux, une mine soucieuse sur le visage :

-Le Transfert vous a-t-il fait mal?

-Non, rassura Harry en sentant peu à peu la douleur de son bras diminuer. Nous avons juste eu… un méchant choc électrique.

À cette réponse, le blond le regarda comme s'il était le pire des ahuris. Harry se traita aussi d'idiot pour avoir donné ce genre d'excuse bidon, mais à son grand étonnement, un soulagement véritable détendit les épaules du Garde-Chasse.

-Vous m'avez fait l'une de ces peurs! dit-il, une main au cœur. Enfin, c'est normal ce genre de choc la première fois, évidemment! Mais bon, ne tardons pas, sinon, on ne reviendra pas tôt!

Harry hocha difficilement la tête et se leva. Le Serpentard, à côté de lui, n'avait plus l'air épouvanté qu'il arborait tout à l'heure, mais sa mâchoire était maintenant crispée et ses épaules tendues, indiquant au Gryffondor que quelque chose clochait.

-Regardez, c'est à droite, pointa du doigt Hagrid.

Harry et le garçon à ses côtés suivirent la direction qu'Hagrid leur montrait et tombèrent sur un habitat que l'Élu n'aurait décidément pas catégorisé dans les sept merveilles du monde.

Une multitude de toiles noires et déchirées, se rapprochant de la texture d'un cuir, s'entremêlaient entre les arbres pour former des toits et des tapis. Prenant l'air d'un lieu moisi, une drôle de mousse - tantôt bleue, tantôt jaunâtre- faisait office de décoration en étant répandue sur les tissus et les arbres à côté. Le mélange d'odeurs de soufre et de vêtements mouillés laissés trop longtemps confinés n'arrangeait en rien l'aspect douteux de l'endroit.

-Quelles créatures peuvent bien vivre ici? demanda Draco avec dégoût.

-Des goules, mon cher, des goules, répondit Hagrid en posant le sac noir qu'il avait sur l'épaule et le Transfert sur le sol.

-Ces bestioles moches?

Hagrid fit une grimace, semblant vouloir le réprimander pour cette appellation, avant de changer d'avis en voyant que l'élève n'avait peut-être pas tout à fait tort :

-Il est vrai qu'elles n'ont pas le physique...le plus avantageux qui soit, c'est d'ailleurs probablement pour ça qu'elles détestent tant les créatures de beauté, comme les…

Un cri l'interrompit.

Un cri long et aigu, leur faisant dresser les poils de leurs cheveux tellement il était déplaisant à entendre.

Une créature apparut, grande et hideuse. Elle se tenait accrochée à un arbre à l'aide de ses pieds fourchus et de ses ongles acérés. Sa peau était grisâtre et prenait une allure translucide par endroits, lui dévoilant une ossature étrange et déformée. De longs cheveux noirs et entremêlés poussaient sur certains endroits de son crâne et avaient décidé de ne pas le faire à d'autres. Ses énormes yeux globuleux étaient rouge carmin et lorsque la créature ouvrit la bouche, Harry y vit des dents longues et pointues ne semblant jamais avoir connu l'existence d'une brosse à dents.

-Comment oses-tu, Hagrid! cracha-t-elle en se déplaçant lentement vers eux en sautant d'un arbre à l'autre.

D'autres, de ce que Harry avait deviné être des goules, vinrent les rejoindre, chacune perchée sur un arbre différent. Elles fixaient les trois sorciers avec un mélange de haine et de dégoût.

-Que se passe-t-il, Stree? demanda Hagrid, sincèrement confus. N'a-t-on pas averti que nous viendrions en soirée faire une cueillette?

D'un bond, la Stree en question s'envola dans les airs et atterrit devant eux.

-Amener des ennemis sur notre territoire, siffla hargneusement la goule en se redressant légèrement. Quel culot!

Le Garde-Chasse lui lança un regard bizarre, puis il jeta un coup d'œil perdu à Harry et Draco.

-Mais ce ne sont que des élèves, voyons! s'écria Hagrid en se retournant vers la créature nommée Stree.

-Mensonge!

Les autres goules sifflèrent des "Mensonges, mensonges" à leur tour et s'approchèrent lentement d'eux.

-Bon sang! Qu'est-ce qui vous prend! tonna Hagrid en commençant à s'énerver.

-Tu connais nos ennemis! cria Stree. Et tu oses en apporter deux! Honte à toi!

-De quoi parles-tu, Stree? s'irrita Hagrid. Harry et Malfoy ne sont pas des Veel-

Il s'arrêta et se tourna brusquement vers Draco. Ses yeux s'agrandirent et il balbutia:

-La famille Black...j'ai cru que ce n'était qu'une rumeur!

-Il aurait fallu vérifier ça avant, marmonna Draco plus agacé qu'autre chose.

Harry fut aussi étonné par cette information. S'il se souvenait bien de sa quatrième année, l'image des Veela qu'il avait en tête était des femmes à la beauté surnaturelle et aux gestes envoûtants. Il ne savait même pas qu'il en existait des mâles. Il était vrai que Malfoy n'était pas affreux et qu'il avait toujours possédé une certaine aura, mais l'élu n'aurait jamais imaginé qu'il puisse avoir des origines de ces êtres.

Mais maintenant qu'il y pensait, Sirius lui avait bien dit un jour que les Black avaient des liens avec ces créatures. Et Narcissa Malfoy n'était-elle pas née Black? Harry ne s'était jamais vraiment attardé sur le fait que son ennemi aussi puisse avoir du sang de Veela.

Les goules, menaçantes, les entouraient maintenant. Elles montraient leurs dents et crispaient leurs griffes, comme si le désir de mettre quelque chose en lambeau les démangeait.

-Tuons-les, siffla l'une d'entre elles pendant que les autres approuvaient.

-Tuons ces satanées Veelas! hurla une autre.

Stree fixait toujours Hagrid qui s'offusquait de plus en plus par la tournure des événements.

-Allons donc! beugla-t-il.

-Hagrid, nous t'épargnerons, annonça Stree en plissant des yeux. Car tu ne savais visiblement pas la nature détestable de ces élèves, et que nous t'apprécions, Dumbledore et toi. Mais pour eux, nous n'aurons aucune pitié...

-Comme si j'allais accepter une telle chose! En plus, Harry n'a rien à voir là-dedans! tonna Hagrid.

-Les Veelas ou leur Partenaire, c'est du pareil au même! siffla une goule sur leur droite.

Harry fronça les sourcils.

À quel point les goules détestaient-elles les Veelas pour vouloir s'en prendre à leurs simples camarades? Malfoy et lui n'étaient même pas amis, bien au contraire.

Il se retourna vers Hagrid et Draco qui avaient deux réactions complètement opposées.

Le Demi-Géant perdait patience en tentant de ramener les créatures en face de lui à la raison, mais Draco était devenu blanc comme neige.

Le Serpentard regardait la goule d'un œil lointain, une pure épouvante imprégnée sur le visage. Lentement, il recula d'un pas en secouant légèrement la tête dans un déni quelconque.

Sa réaction fit penser à Harry celle que le Serpentard avait eu un peu plus tôt en venant ici. Pourquoi en avoir une telle maintenant, alors qu'il ne semblait pas être plus impressionné que ça lorsque les goules les menaçaient tout à l'heure? Prenait-il soudainement conscience qu'ils étaient en danger ou ne voulait-il pas accepter ce que la goule venait de dire?

Draco répondit brusquement à sa question quand il hurla:

-VOUS DITES N'IMPORTE QUOI!

Hagrid et Harry sursautèrent au cri et les goules se mirent à s'agiter et siffler de fureur.

Le blond ignora la manifestation de colère des créatures devant lui, et contre toute attente, il braqua des yeux complètement affolés sur Harry.

-Ça ne peut pas… ça ne peut pas… dit-il en continuant à fixer le Survivant d'un air paniqué.

-Mensonge! cracha une goule.

-N'essaie pas de le cacher! vociféra une autre.

-Non, ce n'est pas… continua Draco en faisant voyager ses yeux entre les goules et, bizarrement, Harry.

-MENSONGE! MENSONGE! MENSONGE! hurlèrent plusieurs goules à tour de rôle.

-LA FERME! cria à son tour le Serpentard alors qu'une vague magique s'échappa de son corps et alla percuter des goules près deux.

Horrifiés, Harry, Hagrid et Draco regardèrent les goules vaciller ou carrément tomber sur le sol suite à la décharge magique que le blond avait lancé sans le faire exprès vers elles.

Trop choquées, un silence confus envahit la place et les goules ne réagirent pas tout de suite. Puis, d'un coup, la tension qui se forma fut aussi épaisse qu'un mur de béton et l'air sembla se charger d'électricité.

La réaction des créatures ensuite fut virulente. Elles hurlèrent en même temps de colère et leurs cris résonnèrent au milieu de la nuit et dans le cerveau d'Harry. Et sans tarder, elles chargèrent vers eux avec une puissance qui impressionna le Survivant.

Puis la suite de ses actions, Harry ne les comprit pas.

Absolument pas.

Mais quand les goules attaquèrent, son premier réflexe fut de se mettre devant Draco Malfoy.

Un violent sentiment de protection lui brûla le corps et c'est avec cette même violence qu'il créa un bouclier lumineux autour du blond quand deux goules voulurent l'attaquer sur le côté.

Les deux créatures percutèrent durement le bouclier et furent projetées contre des arbres à l'opposé. Étonné, Draco leva les yeux sur le Survivant et Harry soutint son regard. Un étrange air de satisfaction passa sur le visage du Serpentard quand il constata que le bouclier qui l'avait protégé venait d'Harry. Puis, semblant se rendre compte de son comportement, le blond se reprit aussi vite et se détourna pour lancer un sort rouge de la main qui paralysa aisément trois goules.

Alertées par les bruits du dehors, d'autres goules sortirent la tête de leur habitat fait de tissus noirs plus loin derrière. Quand elles virent le combat et les sorts qu'on lançait à leurs sœurs, elles hurlèrent et coururent immédiatement dans leur direction, dans l'intention probable de se joindre à la bataille.

-LE TRANSFERT! hurla tout à coup Hagrid à côté d'eux.

Harry tourna la tête vers le Demi-Géant. Celui-ci se projeta vers le bâton qu'il avait laissé sur le sol avant de pointer l'objet dans la direction des deux autres élèves pour qu'ils s'en saisissent le plus rapidement possible. Harry et Draco se regardèrent une seconde, et en même temps, s'élancèrent vers le professeur.

Harry, sans savoir encore une fois d'où lui venaient ces gestes protecteurs, s'assura que son ennemi était devant lui et qu'il avait bien saisi le bâton lorsqu'ils arrivèrent à la hauteur d'Hagrid, avant de s'en emparer lui-même.

Et le dernier souvenir qu'Harry eut des goules cette nuit-là, fut leurs visages déformés par la colère et leurs cris de fureur fouettant les arbres de la forêt.

oooOOOooo


Voyons, Draco, pourquoi réagis-tu comme ça? :(

À part le fait que ton âme sœur soit un autre homme, un Gryffondor, ton pire ennemi et celui que ton maître veut couper en morceau, vois le bon côté des choses...:

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