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Chapitre 13
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27 septembre 1996
Ça faisait quatre jours.
Depuis cette nuit avec Potter.
Ça faisait quatre jours, et chaque instant, chaque heure, chaque seconde, la Marque d'Appartenance sur le bras droit de Draco Malfoy ne cessait de lui rappeler qu'il aurait dû être avec sa moitié, qu'il aurait dû être à ses côtés, qu'il aurait dû terminer l'union qu'il avait commencée avec le Gryffondor, cette soirée-là, dans le champ près de la cabane d'Hagrid.
C'était hilarant, non? C'était hilarant parce qu'au final, le Serpentard n'allait même pas se faire tuer par le Seigneur des Ténèbres, ses Mangemorts, ou sa guerre. Il n'allait même pas se faire tuer par l'Ordre, le monde Sorcier ou son ministère. Non, Potter et ses yeux trop verts, Potter et son odeur, Potter et le souvenir de ses caresses allaient le faire bien avant.
Draco n'en pouvait plus. Il n'allait pas faire l'année à ce rythme-là. Sa Marque était insupportable. Elle lui enflammait le corps avec encore plus de virulence qu'autrefois et donnait l'impression de lui gruger le coeur petit à petit. Deux jours auparavant, le Serpentard avait eu un vertige monstrueux et se serait sûrement évanoui si le cri d'une fille ayant vu une grosse araignée dans le couloir ne l'avait pas aidé à retrouver ses esprits.
Le blond avait d'ailleurs maintenant atrocement du mal à garder ses émotions neutres devant les autres. C'était à peine s'il arrivait à ne pas gémir de douleur quand sa Marque décidait de le torturer sans pitié. Mais ses camarades ne semblaient pas trop le remarquer… pour le moment. Le seul à ne pas avoir été dupe depuis le début était Blaise, ce cher Blaise bien sûr, qui l'avait coincé lorsque le blond se croyait seul et qui avait exigé des explications quant à son comportement bizarre. Draco l'avait durement renvoyé, irrité d'être découvert ainsi, et lui avait craché de se mêler de ce qui le regardait.
Comme si Draco allait lui dire que Harry Potter était son Partenaire… et qu'il n'était même pas censé se soucier de ça, car il devait trouver une solution miraculeuse pour réussir à tuer son directeur et sauver ses parents par la même occasion… Et qu'au lieu de s'en préoccuper, il roulait la pelle du siècle au Survivant derrière la cabane miteuse du garde-chasse de Poudlard…
Au milieu du cours de Slughorn, alors que tous les élèves s'affairaient à concocter leur potion du jour autour de lui, les mains de Draco se mirent à trembler. Il les crispa sur la table, en dessous du chaudron de son équipe, mais cela ne diminua pas l'intensité de ses secousses.
Le Serpentard ferma les yeux et respira par le nez. Il avait appris, aux nombres de crises qu'il faisait, que ces dernières passaient plus vite s'il se concentrait afin de garder son calme. Mais plus il voulut le faire, plus il se mit à penser à cette nuit… à ses mains… à ses lèvres…
Son cœur se mit à battre avec vigueur, le tremblement de ses mains augmenta.
Son corps disait oui, son esprit disait non. Et même si dans un monde farfelu Draco aurait sincèrement voulu être avec Potter, il ne pouvait pas! C'était tout simplement du suicide, que ce soit pour lui ou pour le Gryffondor.
Les battements du cœur du Serpentard commencèrent à lui faire mal et les sentiments d'étouffement et de tournis habituels qu'il avait quand trop d'émotions le chamboulaient le saisirent peu à peu. S'il n'arrivait pas à se calmer tout de suite, il allait stupidement tomber dans les pommes…
-Assis-toi, dit une voix à côté de lui.
La voix douce sembla avoir le pouvoir d'apaiser le coeur du blond. Il arriva à mieux faire passer l'air par son nez et la douleur insupportable de son bras baissa graduellement.
Tout de même reconnaissant envers cette voix, le Serpentard ouvrit calmement les yeux et tourna la tête vers la personne qui la possédait.
Hermione, sur sa droite, ne le regardait pas. Elle écrivait des notes sur leur devoir d'équipe qu'ils avaient à rendre dans deux semaines. Leur potion était terminée depuis des lustres, même si la moitié du temps alloué pour la réaliser n'était pas encore passé.
"Vos futurs devoirs et tests sont déjà établis selon votre coéquipier actuel. Si vous tenez absolument à changer d'équipe, dorénavant, il faudra venir me voir à mon bureau le 25 septembre vers 22h40" avait dit le professeur Slughorn.
Certains étaient allés le voir, mais la plupart des élèves avaient gardé les mêmes équipes. L'heure de consultation était ridiculement tard, les devoirs à remettre dans les autres cours étaient nombreux et l'adolescence était souvent synonyme de paresse. Hermione et Draco ne s'étaient même pas consultés afin de savoir s'ils voulaient changer d'équipes ou non, vu que la réponse était assez évidente. Ils se supportaient et n'avaient que des Optimals ensemble.
Hermione était bien contente de ne pas avoir à faire 95% de la potion pour recevoir son Optimal désiré (car la contribution de plus de 5% de Ron, Harry ou Neville s'avérait souvent être un total fiasco), et Draco, quant à lui, ne voyait pas avec qui d'autre il se serait mis. La seule et unique personne qu'il supportait habituellement assez pour se mettre en équipe avec elle était son meilleur ami, mais il n'en pouvait plus du Noir en ce moment. Au moins, la Gryffondor était calme, et surtout, elle ne posait pas de questions.
Hermione lui jeta un rapide coup d'oeil et le surprit en train de la dévisager de façon impénétrable. Ses joues prirent une légère teinte rosée et la brune s'éclaircit la gorge avant de balbutier:
-En-enfin… fais ce que tu veux. Mais peut-être que tu devrais t'asseoir pour… lire les instructions de notre devoir.
Sans rien dire, Draco suivit le conseil et s'assit calmement sur la chaise derrière lui. Il ne prit pas la peine de faire semblant de lire les "instructions du devoir", par contre. Il les connaissait, et sa coéquipière le savait parfaitement.
Un silence paisible s'installa. Hermione continua à écrire sur sa feuille et Draco, l'air fatigué, regarda vaguement devant lui. La douleur de sa Marque s'était estompée, même si elle pulsait encore avec vigueur. Il respirait également mieux, mais le Serpentard avait toujours cette désagréable sensation de pouvoir tomber dans les pommes d'une minute à l'autre.
-Tu sais, l'efficacité des sorts de rafraîchissement s'estompe si on en abuse trop, lança tout à coup sa coéquipière.
Draco leva les yeux vers elle.
Celle-ci ne le regardait pas, continuant d'écrire sérieusement sur sa feuille.
-Tu devrais dormir plus, poursuivit-elle, le regard toujours rivé sur leur devoir.
-De quoi je me mêle, la lionne? dit Draco d'un ton las, plus fatigué que fâché.
Draco ne pouvait pas dormir, pas après ce qu'il avait commencé à faire dans sa chambre à la suite de ce qu'il aimait appeler "l'abominable accident Potter".
L'odeur du Survivant avait semblé le suivre jusqu'à sa chambre après la fin de sa deuxième soirée de retenue. Il sentait le boisé et l'agrume, et le Serpentard n'arrivait pas à se l'enlever de la tête. Il avait presque couru jusqu'à sa chambre pour se changer les idées, mais à peine avait-il refermé la porte qu'il s'était rendu compte avec horreur qu'il bandait.
Il avait eu une érection foudroyante en embrassant Potter, mais elle s'était calmée quand les deux s'étaient rendu compte de leurs actes et après l'arrivée d'Hagrid.
Et aux confins de sa chambre personnelle, Draco n'avait pas compris pourquoi il avait une telle réaction. À cause de l'odeur de Potter qui planait autour de lui? À cause du souvenir de ses caresses? De ses lèvres douces…? De la sensation de sa carrure de dos sous doigts…?
À ses pensées, avant même que son cerveau n'en donne l'autorisation, il avait baissé sa braguette et s'était branlé, à son grand désarroi. Il avait été horrifié par ce qu'il faisait, mais la main sur son sexe et les images du baiser échangé avec son ennemi que formait son esprit ne voulaient pas s'arrêter.
Il avait joui, comme il ne l'avait jamais fait, en répandant sa semence sur sa chemise d'école et sur sa main.
Puis, en se rendant encore une fois compte de ce qu'il venait de faire, complètement enragé, il avait saccagé sa chambre en fracassant tout ce qu'il pouvait avoir en main contre un mur et en frappant de son pied tout ce qui avait le malheur d'être sur son chemin. Sa Marque avait ensuite décidé de le remettre à sa place en le faisant tellement souffrir qu'il avait fini par tituber vers son lit avant de sombrer dans l'inconscience.
Pathétique soirée, oui.
Alors non, il ne dormait pas énormément. Sans oublier qu'il devait, à un moment donné, trouver un moyen d'assassiner Dumbledore.
Comme pour ajouter une couche de plus à son malheur, le bras droit de Draco se remit à lui chauffer atrocement. Il lâcha une minuscule plainte qu'il avait voulu silencieuse, mais Hermione, à son grand agacement, l'entendit;
-Ça va? demanda la Gryffondor en tournant sa tête vers lui, les sourcils froncés.
Le blond ne répondit pas, sa main gauche entourant son bras douloureux, se crispa sur sa Marque cachée.
-Ton teint est inquiétant et je suis sûre qu'il est pire sans ce sortilège de glamour.
-Ferme-là, Granger, siffla son coéquipier. T'es ma putain de mère, peut-être? Mêle-toi de tes oignons!
Hermione fit comme si elle n'avait pas entendu sa remarque (elle était habituée et avait développé un don flagrant pour filtrer ses méchancetés) et se pencha vers lui pour l'examiner de plus près.
-T'as l'air malade, en plus, diagnostiqua-t-elle en tendant une main vers lui.
-Ne mets pas tes sales pattes sur moi, prévint le Serpentard en plissant les yeux.
Elle l'ignora.
Une main douce et chaude se posa délicatement sur son front. Draco se laissa faire avec une moue ennuyée. Il aurait eu le temps de se dégager mille fois ou de la rembarrer avec une insulte acerbe, mais il ne le fit pas. Comme il ne faisait plus grand-chose de bien méchant avec elle ces temps-ci, à part l'insulter de temps en temps. Tous ses problèmes de vie le ramollissaient, apparemment.
-Tu n'en as pas l'air à cause de ce satané sortilège dont tu abuses, mais tu es brûlant. Va voir Mme Pomfresh après le cours, dit Hermione en fronçant les sourcils.
-Ne me donne pas d'ordre, la lionne, répliqua mollement Draco en repoussant sa main.
Hermione leva les yeux au ciel en secouant la tête comme si elle avait affaire à un gosse de 5 ans et retourna à son travail après avoir rajouté "va la voir quand même".
Draco ne prit pas la peine de lui répondre et promena lentement son regard sur le reste de la classe de manière désintéressé.
La potion à faire cette journée-là, une essence de fleurs danseuses, était relativement simple, mais elle ne permettait aucune erreur. Sinon, elle pouvait devenir granuleuse comme la potion la potion de Dowson et Finnigan sur leur droite, verte au lieu de transparente comme celle de Goyle et MacDuff, ou dure comme de l'acier comme la potion de Neville et Greengrass.
Tout à coup, Draco croisa les yeux de Ron Weasley qui le fixait d'une intensité déconcertante, plus bas, vers les bureaux du devant. Il lui lançait un regard si noir et rempli de rage que même le blond s'en étonna. Le roux serrait les poings sur sa baguette, comme s'il allait à tout moment lui lancer un sortilège mortel. Le Serpentard adorait effectivement mettre Weasley en rogne… mais quand il savait pourquoi, au moins. Draco leva un sourcil et demanda à sa coéquipière:
-Ton petit ami va exploser ou quoi? C'est quoi son problème?
Hermione, ne s'attendant pas du tout à ce genre de remarque, se mit à écrire sur son parchemin avec beaucoup plus de vigueur et vira au rouge écrevisse:
-Ce-ce n'est pas mon petit ami!
-Pourquoi tu prends aussi l'allure d'une tomate? Tu veux lui faire compétition?
-La-la ferme!
Elle se mit à rougir davantage et jeta un rapide coup d'œil à son ami roux, toujours furax. Puis, Draco comprit: Hermione venait de le toucher et rougissait deux minutes plus tard. Ça pouvait effectivement laisser place à de mauvaises interprétations.
Le blond lança à nouveau un regard à son ennemi et remarqua qu'il fulminait maintenant et que la main sur sa baguette tremblait, semblant vouloir extérioriser sa sombre colère à travers un sortilège bien senti.
Misère…
-Vous deux faites peine à voir, marmonna Draco en levant les yeux au ciel.
-Quoi?
-Ri-
Draco interrompit sa phrase, car il se sentit tanguer. Son crâne devint lourd, et une douleur pire que mille migraines envahit sa tête. Il aurait probablement émis une plainte de douleur s'il n'avait pas été aussi déboussolé par sa vision qui se rapprochait drôlement du sol.
-Malfoy! s'écria sa coéquipière.
Elle se saisit de son bras gauche pour l'empêcher de tomber par terre face première, mais ce qu'elle dit par la suite pour tenter de le garder conscient, Draco ne l'entendit pas.
La douleur s'empara de lui.
Les bruits de la classe cessèrent.
Ses repères se flouèrent.
Et la dernière chose qu'il vit avant que tout devienne noir, fut deux émeraudes vertes qui le regardaient avec une intense panique au fond d'elles.
oooOOOooo
L'ambiance dans la salle commune des Gryffondor était drôlement affectée par la mauvaise humeur d'Harry Potter et de Ron Weasley.
Les deux jeunes avaient une période libre après le cours de potion, alors ils avaient décidé de faire des devoirs dans leurs dortoirs avant leur prochain cours. Cependant, depuis plus d'une demi-heure, ni l'un ni l'autre n'avait écrit un mot sur leur travail. Hermione n'était pas là pour les aider, de toute façon. Et le pourquoi elle n'était pas là était ce qui rendait leur humeur si sombre.
Ce ne fut que plusieurs minutes plus tard qu'Hermione, la mine soucieuse, se faufila dans leur salle commune silencieusement. Quand elle remarqua ses deux meilleurs assis par terre et le regard noir qu'ils lui offraient, elle leur lança un coup d'œil interrogatif :
-Qui a-t-il?
Ron renifla dédaigneusement et la regarda de haut en bas.
-Alors, Hermione, cracha-t-il. Tu t'es bien occupé de ton de prince charmant?
La fille se mit à rougir furieusement, et Ginny, qui se tenait avec une amie près d'eux, lança un regard soutenu à son frère :
-Ron! Tu sais très bien qu'elle n'a fait que l'accompagner à l'infirmerie!
Harry sentit une bouffée de jalousie lui monter dans la poitrine avant qu'il ne puisse faire quoi que ce soit.
Il avait eu la peur de sa vie quand le blond s'était évanoui. Un sentiment de panique et un besoin intense d'aller prendre soin du Serpentard dans les bras d'Hermione l'avaient saisi avec violence. Pris par une impulsion soudaine, il avait voulu s'élancer auprès de Malfoy avant que tous ces Serpentard inquiets le fassent avant lui, mais Ron lui avait retenu le bras, le ramenant à la réalité.
Blaise Zabini avait fini par prendre son propre meilleur ami dans ses bras pour l'amener à Mme Pomfresh, suivi de près par le professeur Slughorn et, au grand agacement de Ron en ce moment, d'Hermione. Le professeur avait ordonné à tous ceux qui voulaient les suivre de rester en classe et de continuer leur potion. Cependant, étant donné que le travail d'Hermione était terminé depuis longtemps (et qu'il avait un faible pour les élèves brillants), Slughorn n'avait vu aucune objection à ce qu'elle les accompagne.
À son grand embarras, lorsqu'il avait observé ces trois personnes amener le Serpentard se faire guérir, Harry s'était surpris à penser que ç'aurait dû être à lui de le faire. Il avait ensuite vivement secoué sa tête à cette idée.
C'était cette marque sur son bras gauche qui lui créait de tels sentiments, il le savait.
Mais ça ne l'avait pas empêché de s'inquiéter pour le blond pendant les quatre jours suivants la nuit pendant laquelle ils s'étaient embrassés. Draco Malfoy n'allait pas bien. Les autres élèves ne le voyaient peut-être pas, mais Harry pouvait le sentir.
Son évanouissement durant leur cours de potion ne faisait que prouver que le Gryffondor avait vu juste. Et le fait que d'autres personnes aient pris soin de Malfoy l'irritait affreusement.
Enfin…ce n'était pas qu'il aurait tant voulu le faire lui-même...
Bordel, il ne savait plus.
-Elle n'a fait que l'accompagner, tu dis? Tous les Serpentard voulaient lui venir en aide! répliqua son frère en lançant un regard noir à la rousse avant de se retourner vers son amie. Tu n'avais pas besoin de te lever pour le faire!
-Ron! Je ne peux pas voir une personne s'évanouir à côté de moi et la laisser à d'autres sans savoir ce qu'il se passe. Je voulais juste m'assurer! se défendit Hermione, maintenant irritée.
-Mais tous ces Serpents s'étaient proposés pour l'accompagner! Pourquoi es-tu allée, toi?
-Car je viens de te dire que si je ne le fais pas moi-même, je m'inquiète!
-Tu t'inquiètes pour Malfoy?!
-Oui!
-C'est Malfoy!
-ET ALORS?!
Tout le monde se tut. Hermione Granger pouvait s'énerver ou s'agacer rapidement, mais elle ne haussait pas le ton très souvent. Harry savait néanmoins que la patience d'Hermione s'effritait de plus en plus avec le roux qui lui faisait des crises de nerfs à tout bout de champ.
Harry avait également remarqué depuis longtemps qu'au fond d'elle, Hermione ne semblait plus du tout détester leur ennemi. Quand Ron l'insultait gratuitement, Harry voyait bien qu'Hermione se retenait parfois de prendre la défense du blond. Ce dernier insultait pourtant toujours la Gryffondor. Mais il était aussi vrai que le Survivant n'avait plus entendu le mot « Sang de Bourbe » depuis le premier cours de potion de cette année. Puis, maintenant qu'il y pensait, auparavant son ennemi adorait humilier sa meilleure amie devant tout le monde, mais ces temps-ci, aucun épisode de ce genre n'était arrivé.
Hermione ferma un instant les yeux pour se calmer en respirant profondément par ses narines. Après de longues secondes, où Ron était toujours choqué qu'elle se soit énervée ainsi, Hermione replaça son cartable sur son épaule et leva le menton.
-Je vais à la bibliothèque, lança-t-elle finalement en tournant les talons.
Et elle sortit de la salle commune des Gryffondor, sans un regard en arrière.
oooOOOooo
Les couloirs du château de Poudlard avaient un air sinistre en cette heure tardive de la nuit. La faible lueur des torches produisait des ombres inquiétantes et le moindre bruit semblait suspicieux. Mais Harry Potter, maintenant trop habitué à se promener durant des heures interdites, ne s'en préoccupait plus depuis longtemps.
Il tourna un couloir et, malgré la cape d'invisibilité qui recouvrait son corps, se plaqua au mur quand il crut entendre la voix de Rusard dans les environs.
Les voix étaient quand même assez lointaines, alors au bout d'un moment, Harry reprit sa course et parvint enfin jusqu'à l'infirmerie.
Il poussa lentement la porte, priant pour qu'il n'y ait aucun sort de sécurité, et pénétra à l'intérieur de l'infirmerie à pas de souris. Voyant qu'il ne déclenchait aucune alarme, Harry s'autorisa à souffler et enleva sa cape d'invisibilité.
Les rideaux des grandes fenêtres de l'infirmerie étaient grands ouverts, laissant aisément pénétrer la lueur de lune qui brillait dehors. L'endroit avait toujours ce même air apaisant habituel et, par chance, il n'y avait qu'un seul patient sur un lit à la gauche d'Harry.
Draco Malfoy avait les yeux fermés et respirait de façon régulière. Il était sur le dos, la tête légèrement tournée sur le côté, et il avait une main docilement posée sur son ventre. Les éclats de la lune se reflétaient sur ses cheveux blonds presque blancs, et le visage du Serpentard arborait un teint tellement blafard qu'Harry s'approcha de lui immédiatement.
Sans vraiment penser à ce qu'il faisait, Harry s'assit doucement sur le bord du lit et se mit à observer son occupant.
Le Serpentard avait des cils presque transparents, mais maintenant qu'Harry les observait de plus près, ils étaient très longs. Son nez était fin et délicat et ses lèvres… ses lèvres étaient roses et envoûtantes. Elles en avaient pourtant dit des injures et des insultes à son égard.
Harry baissa ses yeux sur la main du blond qui reposait sur son ventre. Les doigts du Serpentard étaient pâles et longs. Ils n'avaient rien de l'aspect plus rugueux de ceux d'Harry. Ce dernier avait de nombreuses fois vu son ennemi se servir de sa baguette et Harry devait avouer que les mains de Malfoy avaient toujours eu un air rempli de mystère et de sensualité lorsqu'il maniait son arme.
Avant que son cerveau ne le prévienne des risques de son geste, Harry se saisit de la main du Serpentard, sans y penser, pour l'observer. La peau de sa Némésis était douce et Harry retourna la main du Serpentard vers lui pour voir sa paume. L'intérieur était encore plus blanc. Le Serpentard avait vraiment un teint pâle.
Et quand les pupilles du Survivant se levèrent vers le visage du blond, celui-ci avait les yeux grands ouverts.
Harry se figea et lâcha la main qu'il tenait.
Les aiguilles de l'horloge de l'infirmerie furent les seules à être entendu durant de longues secondes pendant lesquelles les deux pires ennemis de Poudlard se fixèrent sans bouger. Le Serpentard n'avait aucune expression sur son visage; ni dégoût, ni fureur ou agacement. Il fixait simplement son camarade comme s'il l'étudiait.
Finalement, Draco se redressa lentement pour se mettre assis, les yeux toujours figés sur le Sauveur du monde.
Ils restèrent encore quelques secondes ainsi avant que le Serpentard décide d'élever sa main droite vers le visage d'Harry.
Ce dernier ferma les paupières, s'attendant à un vigoureux coup de poing, mais au lieu de ça, une main douce et un peu froide se posa gentiment sur sa joue. Surpris, Harry ouvrit les yeux et remarqua que Draco le fixait encore avec cet air vide.
-Je te déteste Potter…souffla le Serpentard.
Il n'y avait aucune haine dans ses paroles, mais Harry eut quand même l'impression de se faire planter un couteau dans le cœur. Le Serpentard ne se soucia cependant pas de son expression et continua :
-Je te déteste Potter. T'es qu'un mec arrogant qui se croit tout permis. T'es qu'une loque aux mauvaises notes qui n'a même pas la décence de se coiffer les cheveux pour compenser. T'es qu'un connard qui croit qu'avec de jolis mots, tu pourras sauver toutes les âmes perdues de la planète. J'adore t'insulter, j'adore te rabaisser, j'adore te faire mal…
La main sur la joue d'Harry se crispa et il put enfin voir un soupçon d'émotion dans les pupilles du Serpentard quand elles devinrent plus brillantes :
-Alors pourquoi…? murmura le Serpentard, sa voix légèrement brisée.
Harry ne répondit rien et les doigts posés sur sa joue se mirent légèrement à parcourir les contours de son visage dans une douce caresse.
-Pourquoi toi…?
Les doigts du blond atterrirent sur ses lèvres. Draco baissa ses yeux et les fixa un instant.
Le cœur d'Harry se mit à battre à la chamade. Il sentit une chaleur monter dans son corps et quand Draco passa une fois de plus son pouce sur ses lèvres, le Gryffondor les écarta. Une lueur de désir passa dans les prunelles du blond à cette vue et il introduisit l'un de ses doigts entre les lèvres de son camarade. Harry le mordit gentiment.
La respiration de Draco s'accéléra. Il retira son doigt de la bouche d'Harry et utilisa sa main pour la glisser en arrière de sa nuque afin de ramener sa tête vers la sienne. Le Survivant se laissa faire et c'est avec une certaine exaltation qu'il sentit les lèvres du blond à nouveau sur les siennes.
Son ennemi commença à l'embrasser doucement, mais Harry avait besoin de plus, et vu la façon dont le baiser du Serpentard se faisait de plus en plus insistant, il devina que ce dernier aussi.
Les lèvres toujours scellées à celle de l'autre garçon, Harry passa une main derrière son dos et l'obligea à s'étendre sur le lit. Le Vert et Argent se laissa faire et écarta les jambes pour que le Héros National puisse se loger entre elles. Harry le fit immédiatement et entreprit d'embrasser farouchement la personne dans ses bras.
Harry n'avait jamais eu tant d'expérience avec d'autres filles, mais avec le Serpentard, il avait une confiance absolue en ce qu'il faisait. Il lui semblait que quelque chose lui disait exactement ce que le blond aimerait et Harry suivait ce drôle d'instinct.
Il entendit Draco gémir et durcir sous lui. Harry sourit à travers le baiser, en constatant qu'il n'était pas le seul dans cet état, et il alla ensuite attaquer la peau pâle de son ennemi.
Draco arqua le cou pour donner plus d'accès à Harry et enfonça ses ongles à travers les le haut de son dos. Le Survivant huma l'odeur du blond, se délectant des soupirs de plaisir qui s'échappaient et mordilla faiblement un point sensible au creux de son cou. Draco gémit une autre fois un peu plus fort, et quelque chose sembla réveiller Harry.
Il arrêta ses baisers doucement et plongea simplement son nez dans le creux du cou du blond, humant son odeur de menthe et de tilleul.
C'était l'odeur de ses rêves.
Oui, c'était lui, l'Autre.
Draco reprit son souffle sans poser de questions sur l'arrêt soudain d'Harry, et ce dernier resserra ses bras autour de lui en fermant les yeux.
-T'es malade, murmura Harry comme seule explication.
Son ennemi ne dit rien et relaxa ses membres à ses paroles.
Les minutes passèrent en silence et un vent doux vint les caresser au milieu de la nuit. Et quand Harry se rappela qu'il risquait d'étouffer le blond sous son poids et qu'il décida de se déplacer, le Serpentard dormait déjà paisiblement.
oooOOOooo
Merci à ma Bêta FawkesThePhoenix8
Oulala, je vous avais dit que je publierais chaque semaine, mais décidément, heu...j'ai menti…
Well, well, well, je vais quand même essayer d'être régulière pendant un moment.
À la semaine prochaine….? (I think so)
Je vous aime!
Review…?
