Salut tout le monde!

Héhé, vous n'avez pas attendu 3 mois, cette fois-ci!

Un gros merci pour vos reviews tinetinetina, Madem0iz-ailes, Elylo, Griffy Viperya, WAHA, KrisIzzy, miruru-sensei, fertza! Je vous adore!

Ok, on est revenu dans le futur pour quelques chapitres, alors je vous fais encore un rappel:

OCs:

Joshua: Le filleul de Draco et l'enfant de Sirius et Snape. Il habite seul avec son parrain dans le clan des Veelas dans le présent.

Laetitia: La collègue blonde de Ron, Harry et Neville au Ministère de la Magie. Elle fait partie de leur équipe d'Aurors.

Renna: La "servante"/ménagère de Draco et Joshua dans le clan des Veelas.

Wilckson: Le boss d'Harry, Neville, et Ron au département des Aurors.

Craig Stone: L'ancien amant d'Astoria.

Sasha : Une Mangemort indienne aux cheveux courts et la chef du Trio meurtrier qu'elle forme avec Vlad et Ange.

Ange : Une Mangemort aux cheveux métallique faisant partie du groupe meurtrier de Sasha.

Vladimir (Vlad) : Un Mangemort russe faisant partie du groupe meurtrier de Sasha.

Autres

Shers: Des animaux habitants dans le clan des Veelas. Ils ressemblent à des sphinx géants et, si des personnes qui ne font pas partie du clan veulent se promener librement dans la communauté, ce sont eux qui doivent les accepter.

Cydelles: D'autres animaux qui habitent dans le clan. Ce sont des oiseaux géants (mélange de faucon et de buse) qui servent souvent de transport.


Résumé des chapitres précédents du futur (en 2003) :

Astoria meurt pendu chez elle et on accuse Draco, son fiancé, de l'avoir assassiné. Harry Ron et leur collègue Laetitia sont chargés de l'enquête et celle-ci est loin d'être simple. Après avoir fait passer du Veritaserum au blond, on apprend qu'il a fait un serment inviolable pour une raison inconnue et qu'il n'a jamais tué ces quatre femmes mortes. Quatre femmes qui l'avaient toutes trompé avec un homme différent. Finalement (au dernier chapitre), Harry lui rend visite dans le territoire des Veelas et malgré la résistance de Draco, les deux finissent par make ouuuuut !


Merci à ma Bêta fawkesthephoenix8


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Chapitre 17 :

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07 Septembre 2003

« Harry »

C'était rare. C'était si rare que Draco Malfoy l'appelle ainsi.

Ça avait toujours été « Potter », « le Défiguré », « Idiot », mais rarement « Harry ». Même à cette époque, à leur sixième année, lors des plus beaux et des pires moments de la vie du Survivant, ce n'était pas souvent que l'ancien Serpentard utilisait son prénom.

« Harry »

Jamais le Survivant n'avait autant aimé son nom que lorsque Draco le disait. Ce dernier l'avait prononcé au creux de son oreille toute la nuit en litanie infinie, comme s'il avait peur que le brun disparaisse s'il ne le faisait pas.

Ils avaient fait l'amour désespérément. Ils s'étaient accrochés l'un à l'autre tels des naufragés à leur bouée de secours, telles des personnes en manque qui avaient enfin pu consommer une drogue après plusieurs mois d'abstinence.

Mais c'était vrai; Draco Malfoy était comme une drogue pour Harry. Dont il s'était privé durant tant d'années.

Les souvenirs qu'il avait gardés de son Partenaire étaient fades par rapport à la nuit de rêves qu'il venait de passer avec lui. Combien son corps, sa peau, son odeur, putain, son odeur avaient manqué au Survivant. Pendant des heures et des heures, celui-ci l'avait montré au blond, jusqu'à ce que vidés, ils s'écroulent sur le lit pour s'endormir.

Toutes ces années…toutes ces années perdues.

Harry ouvrit lentement les yeux.

De faibles rayons du Soleil au-dehors traversaient la fenêtre de la chambre où il se trouvait. La vitre était ouverte et un vent frais vint lui caresser la peau. Le lit était confortable et surtout, la chaleur de la personne qu'il tenait dans ses bras réconfortait son cœur si longtemps meurtri. Il se sentait bien. Il se sentait tellement bien qu'il en aurait pleuré.

Draco, dans ses bras, dos à lui, dormait encore. Délicatement, Harry se détacha de lui et le retourna légèrement en espérant ne pas le réveiller dans le processus. Le blond avait le visage paisible et les traits reposés. Son teint avait pris un peu plus de couleurs que la veille et Harry se demanda si l'ancien Serpentard dormait toujours aussi bien, même sans lui.

Il espérait que non.

Car lui souffrait chaque soir.

Les « écarts » d'Harry avaient pris une ampleur catastrophique la première fois qu'il avait appris que le descendant Malfoy avait une copine. C'était peu de temps après la guerre, Harry n'en revenait pas. Un jour, l'une de ses crises était même survenue devant Ron et Hermione alors qu'il avait simplement vu son Partenaire dans la rue. Le blond ne faisait rien de particulier, Harry l'avait juste aperçu.

Hermione avait paniqué la première en voyant tout à coup le Survivant se mettre à trembler et s'accroupir au sol, une main sur le cœur. Ses meilleurs amis avaient immédiatement pensé à une crise cardiaque. Ce n'était pas si loin de la vérité. Il avait eu affreusement mal au cœur, ce jour-là. Son corps entier voulait son Partenaire et le punissait de refuser de se plier à sa demande.

Ça n'avait été que quelques temps plus tard, lorsque Harry était sur le point de perdre la boule et de forcer l'entrée du clan des Veelas pour récupérer son Partenaire, qu'il avait reçu une étrange fiole un matin.

Il n'y avait eu qu'un simple message avec le colis:

« Prends ça. Ça t'aidera à supporter. DM »

Au début, Harry avait cru que le blond semblait s'inquiéter un peu pour lui, au moins. Jusqu'à ce qu'il se rende compte que non. L'ancien Serpentard voulait simplement que son Partenaire évite de l'importuner.

L'apothicaire faisait parvenir à Harry cette fiole chaque mois. La potion avait l'effet de calmer les douleurs de l'Auror et paraissait apaiser ses envies de réclamer son Partenaire à chaque instant. Après avoir consommé la potion, Harry arrivait même à se dire qu'il était mieux pour tous qu'il se tienne éloigné de sa Sän. Ça avait toujours plus de sens d'être séparé de Draco, à ces moments-là.

Mais en sentant l'odeur du Veela la veille, cette logique était partie en fumée et Harry s'était franchement demandé comment il avait pu croire une seule seconde qu'il était mieux de se tenir loin de son âme sœur. Ça n'avait aucun sens. Les « écarts » qu'il avait plusieurs fois par semaine lui donnaient d'ailleurs raison.

Hermione et Ron étaient continuellement inquiets de ces fameux « écarts ». Mais comme tout ce qui avait rapport avec Malfoy, Harry leur cachait la réelle raison de ceux-ci. Pourquoi? Bordel, Harry ne savait même plus. Après tant d'années d'amitié et tant de dangers surmontés ensemble, on aurait cru que les secrets ne se seraient plus gardés entre les membres du Trio d'Or. Cependant, la langue du Sauveur du monde sorcier ne semblait jamais pouvoir se dénouer quand il était question de son lien avec le blond. Harry s'était longtemps dit qu'il allait leur avouer son secret un jour. Quand il serait à nouveau avec son Partenaire. Bientôt, sûrement.

Mais les années étaient passées, les conquêtes de l'ancien Serpentard s'étaient accumulées, les crises du Survivant s'étaient empirées et la consommation des potions de Malfoy avait augmenté.

Jamais Harry n'aurait cru que son Partenaire irait jusqu'à sortir avec d'autres femmes. Le détestait-il à ce point pour lui faire aussi mal? Harry se méprisait de penser ainsi, mais au plus profond de son être, à chaque fois que l'une des petites amies de Draco Malfoy mourait, il était, oui, complètement soulagé.

Toujours endormi, Draco, sur le lit, sembla tout à coup inconfortable à cause de sa position. Il se tourna davantage vers l'Auror et tâtonna mollement autour de lui avec sa main droite. Quand sa paume atterrit sur la hanche d'Harry, le blond glissa son bras autour du corps du brun en le rapprochant.

Harry sourit.

À l'époque aussi, même s'il ne lui avait jamais avoué de vive voix, le Survivant savait que le blond cherchait toujours sa présence dans son sommeil. Il détestait quand Harry s'enfuyait incognito en le laissant seul dans le lit le matin. Il préférait carrément que son Partenaire le réveille. "Par politesse" disait le blond. Ce n'était pas vrai, et Harry l'avait compris peu de temps après. Se lever sans savoir où était son Vir devait créer un désagréable sentiment d'abandon pour son Partenaire.

Le Survivant laissa l'Apothicaire dormir encore. Après plus d'une heure, il commençait lui-même à s'endormir lorsque quelque chose par terre attira son attention.

Draco et lui avaient commencé leurs ébats amoureux dans le salon au rez-de-chaussée et étaient monté à l'étage supérieur en se déshabillant pour continuer leurs activités. Les vêtements d'Harry traînaient par terre, et dans la poche de son pantalon noir, une lueur bleue brillait faiblement. Sa pierre de communication était à l'intérieur. Il venait de recevoir un message.

Harry se mordit la lèvre.

La lumière était bleue, la situation n'était donc pas urgente, mais il devait être au bureau dans quelques heures. Puis, si c'était Wilckson qui lui envoyait un message pour lui ordonner de venir plus tôt au bureau, le monsieur n'allait pas être content que Harry traîne les pattes.

L'Auror ne voulait pas bouger. Il avait l'impression que s'il le faisait, le moment de pur bonheur qu'il était en train de vivre avec son Partenaire dans ses bras n'allait pas se reproduire de sitôt.

D'un autre côté, non seulement il devait aller au travail, mais il ne savait pas non plus quand reviendrait la servante du blond. Il était sûr et certain que ça ne plairait pas à ce dernier qu'elle les découvre dans cette position.

Résigné, Harry fit mine de bouger, mais par pur réflexe, le bras de Draco émit une résistance pour l'empêcher de se lever et grogna faiblement dans son sommeil.

Le Survivant débattu intérieurement entre se recoucher et profiter de cette ambiance rare, ou se lever pour s'habiller. Il se rappela cependant des raisons qui le poussaient à se mettre debout et sortit lentement du lit malgré le bras de son âme sœur qui voulait le retenir.

Harry enfila son caleçon noir qui trainait quelque part par terre. Il se retourna une fois qu'il l'eut mis et observa Draco sortir de sa torpeur.

Le blond se retourna dans le lit et sa main droite toucha la place chaude que Harry venait de quitter.

Et enfin, il ouvrit les yeux.

L'air toujours endormi, il dirigea sa tête vers Harry en se frottant mollement un œil et tendit son bras marqué vers l'Auror, comme pour lui dire de revenir se coucher auprès de lui.

Puis, le corps de l'Apothicaire se figea complètement. Ses yeux s'écarquillèrent en grand et il se redressa immédiatement.

-Sors de chez moi, siffla-t-il. Maintenant.

La fatigue avait disparu de son visage et le blond arborait maintenant une mine dure.

Les mots de Draco firent l'effet de lames à travers la peau d'Harry. Il s'était attendu un peu à cette réaction, mais être rejeté par l'amour de sa vie faisait extrêmement mal. Lentement, il s'avança vers le lit:

-Drac-

-Ne m'appelle pas comme ça, Potter. Cette nuit était une erreur.

Cette nuit était une erreur.

Non...

Non, ça ne se pouvait pas.

C'était impossible.

Harry savait que Draco lui-même ne voulait peut-être pas de lui, mais quelque part au fond de l'apothicaire, son cœur le réclamait. Il ne se serait pas autant accroché à lui pendant qu'ils faisaient l'amour la veille. Draco l'avait embrassé et caressé comme s'il était en manque. Tant de passion devait signifier quelque chose.

Oui, Harry avait fait une erreur à l'époque. ...mais son âme sœur devait lui laisser une chance.

Le Survivant s'approcha davantage :

-Cette nuit n'était pas une erreur, Malfoy.

L'ancien Serpentard plissa les yeux et allait agressivement répliquer quand ses pupilles descendirent sur le caleçon d'Harry.

L'apothicaire sembla se rendre compte tout à coup que son Partenaire était pratiquement nu devant lui et lui offrait la vue de son corps en spectacle. Draco hésita une seconde avant de détacher ses yeux de son sous-vêtement et décida de les replonger dans ses pupilles vertes. Il parut se reprendre et rouvrit la bouche dans l'intention probable de le renvoyer encore une fois, mais Harry ne le laissa pas faire.

D'un geste, il fut à nouveau sur le lit et plaqua le dos de son âme sœur contre le matelas. Le blond lui lança un regard furibond.

-POTTER! vociféra-t-il. LÂCHE-MOI IMMÉDIATEMENT !

Au lieu de se plier à sa demande, la main gâche d'Harry s'empara de son menton.

Draco arrêta de se débattre et Harry sentit le cœur du blond s'affoler sous lui. Lentement, les doigts du Sauveur du monde remontèrent jusqu'aux lèvres entrouvertes de l'Apothicaire et il put sentir le souffle de celui-ci commencer à s'accélérer.

-Je te touche à peine, Malfoy, murmura Harry en fixant les lèvres de l'homme sous lui. Et tu bandes déjà.

La main d'Harry glissa sur le cou de l'apothicaire et alla longer le côté de son torse et de son ventre.

Draco ferma les yeux et frissonna au contact:

-Pot-

Le début de sa phrase se perdit dans un léger gémissement étouffé quand Harry lui saisit à deux mains les hanches et commença une séance de frottage. Harry sentit le sexe de son Partenaire gonflé contre le sien quand il bougea son bassin contre lui. Il se pencha à son oreille et, tout en continuant à faire ses mouvements, il chuchota sensuellement:

-Tu trembles de désir en observant mon corps.

Les lèvres d'Harry remontèrent sur sa joue jusqu'à la bouche de l'ancien Serpentard. Il prit ensuite plaisir à frôler ses lèvres contre celles de son Partenaire.

Draco avait les joues légèrement rouges et haletait faiblement. Harry pouvait parfois sentir ses hanches monter, comme s'il essayait de résister à la tentation de se laisser aller au plaisir.

-Ton corps veut de moi. Ton être entier veut de moi, continua Harry.

Les lèvres de l'Aurore se déposèrent avec douceur sur la joue droite de sa Sän et il murmura :

-Draco… est-ce que tu m'aimes?

Le souffle du blond s'arrêta immédiatement. Il sembla soudainement se rendre compte de la situation et de ce qu'il venait de faire avec son partenaire, car ses yeux s'agrandirent.

Tout à coup, Harry fut brusquement propulsé hors du lit. Son dos alla frapper le mur du fond de la chambre et le brun grogna légèrement de douleur à l'impact. Quand il releva les yeux, Draco s'était redressé, des vagues de magie jaune tournant autour de sa main droite. Il venait de l'attaquer.

-Je suis peut-être sexuellement attiré par toi, parce que cette satanée marque m'y oblige, siffla Draco avec tout le dédain qu'il avait. Mais ne mêle pas cela à de l'amour, car ça n'arrivera jamais.

Harry eut la foudroyante envie de pleurer, mais il ne dit rien, trop atterré. Draco se leva, le drap du lit entouré autour de ses hanches, avant de s'accroupir par terre pour ramasser les habits du Héros National et de les lui jeter violemment à la figure.

-Maintenant tu te lèves et tu dégages.

oooOOOooo


-Alors, cet interrogatoire était comment? demanda Laetitia.

Semblant complètement épuisé, Ron lui jeta un coup d'œil et haussa mollement les épaules avant de lui tendre son rapport.

Ils étaient rentrés au Ministère tôt ce matin pour poursuivre leur enquête sur les meurtres des copines de Draco Malfoy. Et comme le rapport de la visite de ses collègues chez les Veelas était déjà terminé, Laetitia devina que le roux n'avait pas dû dormir de la nuit pour le rédiger.

Elle fouilla parmi les feuilles en silence et les parcourut en vitesse. Ses collègues allaient sûrement lui expliquer de quoi il en retournait en détail plus tard. Elle s'arrêta cependant sur le paragraphe qui mentionnait un Serment Inviolable et le lut attentivement :

-Un Serment Inviolable? demanda Laetitia en levant un sourcil. Ça a probablement rapport avec tous ces meurtres, non?

Ron était appuyé sur le dossier de sa chaise, les yeux fermés, une main se massant le crâne. Il grogna la question de Laetitia pour lui donner raison.

-Ça nous amène complètement sur une autre piste, tout ça, fit remarquer Laetitia. Mais qu'en est-il des quatre hommes avec qui les petites amies de Malfoy couchaient? Serait-ce lié ou pas?

Ron poussa un soupir à fendre l'âme et se redressa en ouvrant les yeux. Il lança un regard fatigué à sa collègue de travail avant de tout simplement laisser tomber son front contre le bois de son bureau devant lui.

-J'en ai aucune idée, marmonna Ron. Mais cette histoire est définitivement plus compliquée qu'une simple jalousie mal placée. Selon moi, quelqu'un en veut sérieusement à Malfoy et s'en prend à ses petites amies.

-Pourquoi pas directement à lui?

-Qui sait? soupira Ron en se redressant à nouveau sur sa chaise. Peut-être que l'assassin veut voir l'apothicaire souffrir avant. Il pourrait y avoir de nombreuses raisons. Et Malfoy ne peut pas nous les dire à cause de ce Serment Inviolable.

-Tu crois que…

Ron secoua la tête, devinant à quoi elle songeait :

-Ces quatre hommes? Depuis le début, on a émis l'hypothèse que c'était peut-être la même personne. Mais souviens-toi, ils ont tous avoué avoir couché avec les petites amies de Malfoy et leurs tests montrent qu'aucun d'entre eux n'avait été mis sous l'effet de l'imperium ou usé de Polynectar. Ce sont bien quatre hommes différents qui étaient conscients de ce qu'ils faisaient. Mais je mettrais ma main au feu qu'ils cachent tous quelque chose.

Laetitia n'ajouta rien et Ron se mit à réfléchir silencieusement de son côté.

Comme par hasard, Brian Malcom, Yaker Volona, Ibrahim Cohen et Craig Stone avaient engagé les meilleurs avocats du pays. Les quatre. Même Ibrahim Cohen, qui semblait pourtant vivre plus que modestement, avait réussi à se procurer un homme de loi reconnu pour offrir ses services à des centaines de galions l'heure. Ces quatre hommes ne pouvaient clairement pas se payer ce genre de service. Ce service en question leur avait bel et bien épargné d'être dérangés encore par le ministère, mais quand même. Ça avait beau avoir été efficace, ça restait cher. C'était une coïncidence de trop. Quelqu'un avait dû payer pour eux.

On cogna sur le cadre de porte de leur bureau, ramenant la jeune blonde au présent.

Ron et elle levèrent les yeux vers le nouveau venu, s'attendant à voir Harry qui n'était toujours pas là, mais une toute autre personne se tenait devant eux.

Un grand brun, au visage doux et avenant, entra dans le bureau et leur offrit un sourit.

-Neville! dit joyeusement Laetitia.

Elle l'aimait bien. Oh bien sûr, elle adorait ces trois collègues, mais entre eux, c'était Neville qui avait réussi à la mettre la plus confortable à ses débuts.

Harry, Ron et elle avaient été soulagés d'apprendre que leur chef d'équipe habituel allait intégrer l'enquête dès qu'il serait revenu de mission. Ron demeurerait à la tête de l'enquête, mais la présence de Neville les rassurait. Malgré le fait qu'ils se seraient débrouillés sans lui, un cerveau de plus n'allait pas faire de mal.

-Yo vieux, content de te voir! soupira Ron. Comment s'est passée ta mission?

-Pas terrible, répondit Neville en allant s'accoter sur son propre bureau, en face de celui du roux. Mais enfin, ça s'est terminé vite, au moins. Comment ça se passe de votre côté?

-Pas terrible non plus, répondit Ron. Tu as lu les rapports?

-Oui, celui d'hier aussi.

Laetitia sourit. Le brun était efficace, comme toujours.

Harry n'était pas encore là, alors Ron et la blonde en profitèrent pour expliquer de fond en comble l'état actuel de leurs recherches et de l'enquête. Ron prit également la peine de narrer sa soirée de la veille dans le clan des Veelas. Neville hocha de temps en temps la tête et posa quelques questions, mais il sembla immédiatement saisir toutes les informations qu'on lui donnait.

-Trois autres des copines de Malfoy sont également mortes, qu'en étaient-ils de ses enquêtes? demanda Neville en croisant les bras. Avez-vous trouvé des indices sur ces dernières?

-On a rapidement innocenté Malfoy pour le meurtre de ses deux premières petites amies, répondit Ron en se grattant la tête d'un air ennuyé. Ce n'est qu'à la troisième fois que les doutes ce sont formés. Mais sans que personne ne sache vraiment pourquoi, on n'a pas non plus pris beaucoup de temps à l'enlever de la liste des suspects. Je me souviens juste vaguement du cas de Jennifer Thompson, mais pour les deux autres, je n'avais qu'appris leur mort dans le journal. Le ministère était très cachottier là-dessus. Comme si ses enquêtes devaient se faire savoir le moins possible.

-Oui je m'en souviens effectivement, dit distraitement Neville en fronçant ses sourcils. Mais les archives de tous ces cas?

-Elles n'ont servi à rien.

-Trois meurtres sans coupable?

-Ils ont fermé les trois dossiers à une vitesse hallucinante.

Ils se mirent tous à réfléchir en silence et Laetitia fronça les sourcils.

Depuis le temps, Laetitia savait que Draco Malfoy était influent et extrêmement rusé. Aurait-il usé de son pouvoir et de son influence pour changer le cours de ses enquêtes en sa faveur? Il avait beau habiter le territoire des Veelas désormais, mais seule une personne de mauvaise foi affirmerait que l'influence du blond n'agissait plus sur la société sorcière. On le craignait toujours et, peut-être par habitude de l'avoir toujours fait avec cette famille, l'opinion du Malfoy n'était pas prise à la légère par le monde magique.

Il aurait donc possiblement fait taire le Ministère de la Magie. Pourtant, depuis que Kingsley Shacklebolt était au pouvoir, la corruption avait grandement diminué. Alors pourquoi aurait-on considéré les paroles du blond, cette fois-ci? Car c'était Draco Malfoy? Et pourquoi ce dernier se serait-il donné la peine de faire arrêter les enquêtes s'il savait pertinemment qu'il n'était pas le meurtrier? Les Aurors auraient aidé, non?

-Enfin! Te voilà, s'exclama tout à coup Ron au bureau voisin.

Harry venait d'entrer dans le bureau, une aura noire flottant autour de lui. Il avait mis de côté la robe officielle des Aurors pour enfiler à la place un pantalon noir propre et une chemise en lin blanc. Ses cheveux étaient légèrement décoiffés et l'air morose qu'arborait son visage laissait présumer qu'il n'avait peut-être passé la meilleure des nuits.

Laetitia pencha la tête de côté en l'observant.

Pourtant…son visage avait plus de couleurs que la normale et il y avait quelque chose de différent dans ses yeux. Même avec cette tête d'enterrement, Harry avait l'air super en forme, c'était un étrange contraste.

-Salut… Neville, content de te voir, dit mollement Harry en se laissant tomber sur la chaise du quatrième bureau du fond.

Neville sourit en voyant que les paroles de son ami ne reflétaient décidément pas son air bougon.

-Mauvaise nuit?

-Non, trop bonne, répondit Harry à leur grand étonnement. Ce n'est que le matin qui a été vraiment… vraiment brusque.

-Ah? dit Ron curieux. Est-ce que ça a un rapport avec le fait que ma mère ait gardé Teddy hier soir…?

Laetitia aussi aurait bien voulu savoir. Harry faisait-il référence à une bonne nuit de sommeil ou à une excellente séance de baise? Elle était pourtant sûre qu'il n'avait pas de petite amie. Était-il du genre à faire des one-nights? Même avec un môme sous les bras?

Harry balaya néanmoins tous leurs questionnements d'un revers de main.

-Plus tard, dit-il. Neville, on t'a mis au courant?

-Oui, répondit le brun en reprenant son sérieux professionnel. Cette histoire ne m'a pas l'air simple. Surtout que je ne m'y connais pas énormément avec les origines de Malfoy. Je me pose sincèrement des questions là-dessus.

Les trois autres le regardèrent avec intérêt.

-Le fait qu'il soit un Veela ? demanda Laetitia. Tu crois que ça a rapport avec ces meurtres?

-Je n'en sais rien, avoua Neville. Mais qui nous dit que le meurtrier ne se trouve pas dans le clan même ? On n'aurait aucun moyen de l'attraper; les habitants de la communauté ne nous laisseront jamais faire une chasse sur leur territoire.

-Et avec raison, dit Harry. Sirius m'a déjà dit un jour que le lien entre les Veelas est extrêmement fort. Ils sont reliés par une certaine magie, alors les meurtres sont pratiquement inexistants entre eux. Les accuser serait une offense. D'ailleurs, le territoire rejette toutes personnes ayant de mauvaises intentions au sein de la communauté.

-« Au sein de la communauté », justement. Je peux comprendre que les Veelas ne se fassent pas de mal entre eux, mais cela les empêche-t-il de faire du mal aux personnes extérieures? demanda Neville.

Cette fois-ci, Harry hésita et ne répondit pas. Les autres devinèrent grâce à ça que Neville venait de marquer un point.

-J'avoue que cela changerait les choses alors, dit Laetitia en fronçant les sourcils. Ces quatre femmes étaient considérées comme des personnes extérieures, puisqu'elles n'avaient pas le droit d'avoir accès librement au clan. Malfoy devait toujours être avec elles. Cela veut dire qu'aucune d'entre elles n'était la Partenaire du blond et considérée comme un membre de la communauté.

-Partenaire? répéta Neville en fronçant les sourcils. Mais c'est vrai, les Veelas ont des âmes sœurs. Malfoy n'a donc toujours pas trouvé la sienne?

-Non, Sirius et Snape, tu te souviens? dit Ron. Ils avaient un énorme tatouage sur leur avant-bras bras pour dire qu'ils s'appartenaient. Le monde sorcier le saurait si Draco Malfoy était marqué.

-Peut-être qu'il le cache? proposa Neville. Malfoy a de grandes puissances magiques. Sirius et Snape n'avaient pas toujours ce dessin collé au bras. Ils devaient le cacher d'une manière ou d'une autre. C'est d'ailleurs pour cela qu'on ne soupçonnait pas grand-chose sur eux à l'époque.

-On aurait probablement détecté un sort de camouflage durant les tests, réfuta Ron. Et Hermione est catégorique l'a dessus; quand un Veela se lie à sa moitié, c'est pour la vie. Or, Malfoy avait l'intention de se marier avec Greengrass et avait eu trois autres copines avant elle. Puis ça n'avait pas l'air d'être la passion immense entre eux, de toute façon. Il est clair pour moi que Malfoy n'a pas encore trouvé sa Partenaire.

Laetitia vit Harry relever la tête vers son meilleur ami et le fixer intensément, l'air songeur.

-Ou bien… sa Partenaire est furax que Malfoy la refuse et tue toutes ses petites amies par chagrin, suggéra Laeticia. Bellatrix Lestrange était devenue folle quand son Partenaire est mort. Quand il est question de leur moitié, apparemment, les Veelas peuvent faire des choses extrêmes.

Tous la fixèrent, n'ayant pas songé à cette possibilité sous cet angle. Harry parut plongé dans ses pensées, Ron fronça les sourcils et Neville se prit le menton.

-Mais… le tatouage? demanda Ron après un instant.

-Reste à savoir si le tatouage apparaît avant ou après avoir accepté son âme sœur, dit Neville en fixant devant lui, l'air songeur. Et si « être lié pour la vie » suit cette même règle.

Harry n'ajouta rien, semblant tout à coup mal à l'aise pour une raison inconnue, mais Ron hocha la tête, en accord avec ce que venait de faire remarquer son collègue.

Et à la plus grande joie de Laeticia, Neville déclara:

-Peut-être qu'on devrait aussi chercher de ce côté-là.

oooOOOooo

Laetitia sortit du Ministère passé 19 heures. Après leur discussion, la blonde et ses collègues n'avaient même pas pu avancer énormément sur l'enquête. Wilckson était venu en trombe dans leur bureau et leur avait ordonné de se rendre direct en Asie de l'Est pour aller aider un groupe d'Aurors Japonais à capturer une armée de Kami-kiris qui avait décidé d'envahir plusieurs villes. Il y avait énormément de sorciers au Japon, mais vu la vitesse à laquelle prenait la catastrophe, leur ministère de la magie avait eu besoin d'aide des autres régions s'il ne voulait pas lancer un sort d'oubliette à tous les Moldus du pays.

Depuis la fin de la guerre, plusieurs pays avaient formé des alliances. Il était de plus en plus fréquent de voir divers sorciers à travers le monde se promener sur plusieurs continents. Ces ententes plaisaient normalement à son équipe de travail, car ça leur permettait de voyager et découvrir les autres pays. Mais cette journée-là, avec cette grosse enquête sur le dos, ils se seraient bien passés de ce petit voyage. Leur travail n'avançait pas du tout.

Laetitia lâcha un soupir en arrivant aux portes de l'immeuble de son appartement.

Oui, l'enquête n'avançait pas.

Mais bon, d'un côté, c'était peut-être tant mieux pour elle.

-Laetitia, c'est maintenant que tu rentres?

La jeune femme tourna la tête et ses yeux se posèrent sur Mme Lovett qui était en train de planter une magnifique fleur dans le minuscule jardin près de la porte d'entrée de leur immeuble. La vieille femme était sa voisine d'en face et vivait toute seule avec son mari depuis une dizaine d'années dans ces lieux. Le couple était très gentil et lui apportait toujours de délicieuses choses à manger, vu que la blonde elle-même n'avait pas toujours le temps de se nourrir comme il faut.

-Oui, soupira Laetitia. J'avoue que je suis épuisée.

Mme Lovett secoua la tête d'un air désapprobateur. Elle enleva ses gants pleins de terre et se redressa en posant ses mains sur ses hanches d'un air sévère :

-Tu vas te tuer avec ce rythme, j'espère que tu en es consciente, la gronda amicalement la vieille femme. Tu es partie très tôt ce matin, en plus.

Laetitia rigola un peu et observa les fleurs que l'autre femme avait choisies pour décorer un peu l'immeuble de trois étages. Il était quand même tard pour jouer au jardinage.

-De nouvelles fleurs? demanda-t-elle.

Mme Lovett se tourna vers ce qu'elle venait de planter et reporta son attention sur la blonde. Elle posa une main sur sa joue droite et c'est d'un air ravi qu'elle dit :

-Oui, des Carlauses. Ne sont-elles pas magnifiques? Elles poussent normalement dans le clan des Veelas et elles sont très à la mode ces temps-ci. Peut-être à cause de cette affaire avec Malfoy.

Une femme venait d'être sauvagement assassinée chez elle, et d'autres personnes profitaient de la publicité et la popularité du mari de cette dernière pour étendre leur business. Le malheur des uns faisait le bonheur des autres, disait-on?

C'était triste, quand même.

-La verdure doit être extraordinaire là-bas, continua Mme Lovett. N'es-tu pas responsable du dossier Malfoy? Peut-être que tu auras la chance d'aller faire un tour dans le clan?

Laetitia fit un sourire crispé et répondit vaguement un « peut-être ».

Elle n'avait pas le droit d'y aller. La dernière fois qu'elle s'y était essayée, des Shers l'avaient sauvagement attaqué et la magie du clan l'avait expulsé au-dehors.

Satanées bestioles.

La blonde salua la vieille femme et s'excusa pour monter à ses appartements.

Grimper les marches fut une torture, et ce fut avec un certain soulagement qu'elle rentra chez elle. Elle laissa tomber son sac par terre et se dirigea vers la petite table du couloir qui avait été installée en dessous d'un miroir ovale.

Elle appuya ses deux mains sur le rebord de la table et s'observa dans la glace face à elle. Une grande femme blonde avec des taches de rousseur sur le nez et l'air fatigué la fixait.

Elle en avait déjà assez de cette apparence.

Petit à petit, le teint de son visage se fonça légèrement et les taches de rousseur sur son nez disparurent. Ses cheveux prirent un peu plus de volume et, doucement, un gris métallique remplaça le blond de ses mèches.

La femme aux cheveux métallique regarda son reflet dans son miroir; oui, décidément, elle préférait de très loin le réel aspect d'Ange Clairson.

Ange soupira.

Alors comme ça, Astoria Greengrass n'était pas l'âme sœur de Draco Malfoy non plus. Il la cachait bien, le salaud. Mais bon, le jeu n'était que plus amusant ainsi.

C'était dommage, par contre; Greengrass était une très jolie femme. Ange avait presque été attristé d'avoir à la tuer. L'ancienne Mangemort avait néanmoins vite écarté ce sentiment en effectuant son meurtre. La brune s'était plus débattue que les autres, ça avait été rigolo. Puis, après l'avoir torturé longuement, ça avait été sur un coup de tête qu'Ange avait décidé de pendre la fiancée de l'apothicaire. Elle avait d'abord pensé à brûler l'avocate dans sa maison, mais elle avait finalement voulu conserver le physique de la belle brune intact. Greengrass était d'une grande beauté, ça aurait été méchant de la finir ainsi, pas vrai? Ange avait un cœur, quand même.

La femme éclata de rire et se passa une main dans ses longs cheveux gris métallique.

C'était vrai, ce travail était épuisant, mais cette enquête allait l'aider à trouver la vraie Partenaire de Draco Malfoy. Maintenant qu'elle avait donné l'idée à Neville, Ron et Harry, il n'était qu'une question de temps avant qu'ils ne découvrent qui était celle qui avait volé le cœur de l'apothicaire.

La Mangemort avait bien hâte de la tuer.

Oh, comment Ange allait la torturer, cette sale chienne. Comment Ange allait la faire hurler de terreur et faire couler son sang. Comment Ange allait prendre plaisir à lui rentrer un couteau dans le cœur et l'entendre la supplier de l'épargner. La trainée de Malfoy allait même sûrement appeler son âme sœur pour qu'il vienne la sauver. Mais l'apothicaire n'allait rien pouvoir faire. Le blond allait être complètement détruit, après ça. Ange en frémissait d'impatience.

Harry, Neville, Ron et elle allaient la trouver, la Partenaire de Malfoy.

Décidément, rentrer chez les Aurors avait été une bonne idée.

ooooOOOoooo