- Oh, tu es rentré Shikamaru ! Parfait. Viens manger avec nous, dit Mr Nara, joyeusement.

- P'pa, j'suis fatigué. J'vais me coucher.

- Hors de question ! tu as besoin de manger, objecta sa mère, autoritaire.

- Fait chier … murmura-t-il.

Il était juste devant elle. Tétanisée. Sa présence la glaça. Il bougea. Elle savait qu'il allait venir s'asseoir. Elle était si tendue qu'elle le sentait bouger plus qu'elle ne le voyait. Elle sentait son courant glacé se déplacer. Ses poils se hérissaient à mesure qu'il bougeait. Temari baissa la tête sur son assiette, incapable de le regarder en face. En face. En face. Elle réalisa soudain qu'il allait s'asseoir à la seule place libre… en face d'elle ! Son cœur se mit à battre fort, remontant dans sa gorge. Elle sentit la nausée poindre à l'horizon. Ses mains tremblaient tellement qu'elle les cacha sous la table, pas question qu'il voit à quel point il la rendait nerveuse.

Comment éviter cette confrontation ? Impossible d'avoir une pensée cohérente. Toutes les possibilités étaient entrecoupées de flashs de panique. Avant qu'elle n'ait pu décider d'une solution, il était assis en face d'elle. Elle prit alors son courage à deux mains et releva la tête : il regardait son assiette et commença à manger sans mot dire

- La politesse va-t-elle t'étouffer. Ironisa Mme Nara à l'adresse de son fils.

Un grognement lui répondit.

- Tu pourrais au moins dire bonjour à notre invité et être un bon hôte ! C'est pas possible d'avoir un fils aussi malpoli ! Même après tous les efforts que j'ai fournis pour t'élever.

- Bonjour Temari, dit alors Shikamaru après un soupir tout en continuant à regarder son assiette.

Mme Nara roula des yeux vers le ciel et continua à tempêter en silence. Elle s'excusa auprès de la blonde de l'impolitesse de son fils, ce qui arracha audit fils un soupir monumental. Le silence retentit dans la pièce. Temari essaya de se reprendre et de manger à nouveau. Mais la tension restait imprimée en elle. Impossible de se détendre : toute la plénitude avait fui la pièce. Temari ne savait comment interpréter qu'il l'ignore royalement. Elle lui jeta des coups d'œil à la dérobée. Elle ne pouvait plus rien avaler. Le mal-être était si palpable qu'elle sursauta presque lorsque Mme Nara reprit la parole :

- Shikamaru, tu savais que Temari était en vacances ?

- Non.

- Eh bien, maintenant tu le sais. Elle a choisi de passer ses vacances à Konoha, expliqua Mme Nara.

« Faux ! » eut-elle envie de hurler. « Je veux rentrer chez moi ! Claquer la porte et rentrer pour reprendre le cours de ma petite vie. Sans la chaleur de Mme Nara, la gentillesse d'Hinata et surtout sans LUI ! ».

- Le Hokage nous a demandé de bien vouloir l'héberger pendant le temps que durera son séjour. C'est un réel plaisir de t'accueillir ma chérie, ajouta-t-elle à l'adresse de Temari en souriant.

- C'est moi qui vous remercie, répondit-elle en lui souriant timidement.

Un sourire de triomphe se dessina sur le visage de son ennemi. Mme Nara continuait à parler de choses et d'autres mais Temari n'écoutait plus. Elle venait de comprendre qu'il se moquait d'elle. Elle pouvait plus alors s'empêcher de l'observer. Elle ne mangeait plus non plus. La vie continuait son cours mais il n'y avait plus qu'eux qui existaient, lui et elle dans un conflit à mort. « Il ose se moquer de moi ! Après ce qu'il m'a fait, il ose m'ignorer et se moquer de moi. En ma présence en plus ! Ça va pas se passer comme ça ! » fulminait Temari. La colère l'envahissait au fur et à mesure qu'elle prenait conscience de tout ça. Elle pouvait sentir la rage s'insinuer en elle, courir dans ses veines pour prendre possession de tout son corps. Elle bouillait intérieurement lorsqu'une phrase attira son attention.

- Shikamaru, j'espère que tu sauras te conduire comme un bon hôte et divertir notre invité pendant le temps que durera son séjour puisque tu es en repos pour le moment.

« Oh mon dieu ! Tout mais pas ça ! Il ne manquerait plus qu'il me colle aux basques ! ». L'intéressé releva la tête, arborant un sourire sardonique, cruel et froid comme la dernière fois. Il la vrilla de son regard le plus noir et son sourire se fit carnassier. Temari ne savait plus que dire : elle comprenait qu'il voulait lui faire du mal.

- Ne t'inquiète pas maman, dit-il mielleux. Je trouverais bien un moyen de lui faire passer le temps de manière agréable.

C'est à cette seconde qu'elle prit pleinement conscience de l'emprise qu'il avait sur elle. Il lui faisait peur. A ELLE ! Temari no Sabaku ayant peur d'un homme ! Le temps de se cacher était révolu. Il n'était plus temps de fuir ce qu'il s'était passé. Fini de se planquer derrière le sport ou les missions. Son ennemi était devant elle et la guerre ne faisait que commencer. « Ça sera lui ou moi. Et je sais d'avance que ça sera moi. » décida-t-elle. Parce qu'il l'avait humiliée. Parce qu'il lui avait fait du mal. Parce qu'il l'avait trahi. Parce qu'il lui avait menti. Parce qu'il était lui et qu'elle l'avait passionément aimé. Parce qu'il lui avait pris sa virginité avec un mensonge avant de la jeter. Parce qu'elle allait lui rendre tout le mal qu'il lui avait fait. Parce qu'elle allait le détruire. Parce qu'elle allait gagner cette guerre…