Hellooo les amis! :D
Merci pour vos reviews, guys! Love ya!
Ça va vraiment être un (très long) chapitre étrange avec plein de POVs, mais je ne voulais pas faire 2 chapitres...
Merci à ma superbe bêta FawkesThePhoenix8
.
27 mai 1997
Il y avait eu 76 morts.
Un silence pesant régnait dans la Grande Salle. Un silence rempli d'effroi qui envahissait les cœurs et assombrissait l'atmosphère. Les plats et les boissons qui étaient exposés sur les longues tables des quatre maisons ne servaient à rien. Personne n'avait envie de manger.
Dumbledore ne demanda pas une minute de silence pour honorer les morts, puisque personne n'osa prononcer un mot pendant longtemps. Ce ne fut qu'après que le directeur ait fait un discours sur l'espoir et sur un futur moins noir que les élèves reprirent les conversations. Pas trop fort, par contre. Comme si on avait peur d'être les prochains sur cette liste de morts si l'on commentait trop bruyamment cette tragédie. Cette tragédie impossible.
Une Vague du Diable.
Ginny n'arrivait pas à croire que les Mangemorts aient pu avoir recours à une arme pareille. Elle n'existait plus. Elle était censée ne plus exister, du moins. C'était comme dire qu'une épidémie de la peste* ravageait une nouvelle fois le monde, ou que des Dinosaures vivaient encore quelque part sur cette planète.
Le plus inquiétant dans tout cela était de savoir si les Mangemorts avaient encore des réserves de cette Vague du Diable. Sûrement. Si c'était leur seule dose, ils ne l'auraient pas gaspillée ainsi, pas vrai? Ils l'auraient probablement utilisé contre le camp de la Lumière pendant la guerre.
Et si tel était le cas, quand allaient-ils utiliser une seconde dose?
Une peur assourdissante saisit le cœur de Ginny. Mourir semblait si… facile à présent. Il ne suffirait que d'être au mauvais endroit au mauvais moment et de remplir La Condition, puis…
Ginny ferma les yeux pour se calmer et respirer par le nez. Lorsqu'elle rouvrit les paupières, elle tomba sur les visages horrifiés d'Harry, Ron et Hermione qui étaient assis à côté d'elle. La brune et le Survivant avaient le teint blanc comme un drap et le frère de la rousse semblait nauséeux.
-C'est… incroyable, souffla Seamus plus loin, à la gauche d'Hermione, encore sous le choc.
-C'est horrible, tu veux dire! s'exclama Lavande près de lui.
Ce fut à ce moment-là que les hiboux décidèrent de faire leur entrée dans la Grande Salle. Enveloppes, cadeaux et journaux atterrirent près de leurs destinataires et tous les élèves se ruèrent sur les Nouvelles du jour.
Hermione tendit les mains vers le ciel et attrapa son journal avant qu'il n'atteigne la table. Puis, sans un mot, les yeux toujours hagards, elle l'ouvrit à volée entre Ron et elle. Ginny et Harry, qui étaient assis à l'autre côté de la table, se penchèrent vers le journal alors qu'Hermione pointait une phrase du doigt.
-L'attaque a été perpétrée au centre de Norwich et seulement des Moldus et des sorciers de familles Moldus ont été touchés, lut-elle.
L'image que montrait le journal donnait mal au cœur. Sur des mètres et des mètres, on voyait des corps carbonisés sur le sol et des secouristes un peu partout crier des ordres. La police Moldu ne savait pas quoi penser de cette tuerie. Une personne pouvait s'être retrouvée dans une boulangerie ou une autre dans la rue à promener son chien, et le corps des deux était simplement parti en feu. Alors que les rues, les bâtiments ou les objets autour d'eux étaient restés intacts. Il n'y avait aucune explication non-magique pour cela.
-La Condition devait de ne pas être issu d'une famille de sorciers, j'imagine, dit Ron d'une voix un peu tremblante.
-Mais une Vague du Diable est quasiment impossible à faire! s'exclama Hermione confuse. Il faudrait des années pour rassembler ces ingrédients extrêmement rares, un talent en potion hors du commun, et des pouvoirs d'un Être de Beauté pour la réussir! Je ne peux pas croire que les Mangemorts…
La brune ne finit pas sa pensée et secoua simplement la tête, comme si elle n'arrivait toujours pas accepter la nouvelle qu'ils venaient tous d'apprendre.
Ginny déglutit difficilement et se tourna vers Harry. Elle savait que le Survivant n'allait pas bien ces temps-ci, et là, avec cette histoire en plus, il avait tout simplement l'air d'être sur le point de tomber dans les pommes d'une minute à l'autre.
Même avant l'annonce de ces terribles morts, Harry avait eu le regard vide depuis des semaines. On aurait dit qu'une partie de son âme avait été oubliée quelque part et que le Survivant ne l'avait jamais retrouvée. « Sirius » disait Ron et Hermione. « Les examens» disaient les élèves. « La guerre » disaient d'autres. Mais Ginny n'en était pas si sûre. Quelque chose de plus clochait chez l'Élu.
S'assurant que Dean, un peu plus loin sur sa gauche, ne la regardait pas, Ginny éleva sa main droite et la posa doucement dans le dos du Survivant et le lui caressa légèrement. Le brun tourna sa tête vers elle et la remercia d'un sourire triste à sa tentative silencieuse de lui remonter le moral. Ginny lui retourna le même sourire sans entrain. Elle glissa ensuite sa main le long du dos du brun pour aller s'emparer discrètement de sa main sous la table. Harry ne se défit pas de son emprise, allant même jusqu'à serrer à son tour sa main, et le cœur de la petite sœur de Ron se réchauffa agréablement. Oui, elle avait un petit ami qui mangeait à quelques assiettes d'elle, et oui, elle devrait se sentir coupable de profiter de la dépression du brun pour le toucher. Mais au plus profond d'elle-même, la rousse savait qu'elle ne se débarrasserait jamais complètement de son amour pour le Survivant, alors si elle pouvait au moins le consoler quand il en avait besoin, elle allait le faire.
La plupart des élèves étaient toujours penchés sur les journaux, mais Ginny n'avait pas du tout envie de voir d'autres horribles images sur cette histoire, donc elle promena son regard autour de la Grande Salle.
Ses yeux tombèrent sur Zabini, à la table des Serpentard. Il mangeait avec deux filles brunes à la beauté froide et un garçon à la tête rasé. La table des Serpentard était bien plus silencieuse que les autres maisons.
Zabini sembla sentir les yeux de la rousse sur lui et ses pupilles sombres se tournèrent vers elle. Le Serpentard soutint son regard et secoua légèrement la tête à la situation, comme pour lui partager son dégout. Les deux allaient probablement en parler à la prochaine soirée de Slughorn.
Ginny poussa un énorme soupir et s'apprêtait à reporter son attention sur ses camarades quand ses yeux croisèrent un autre regard à la table des Vert et Argent.
Draco Malfoy la fixait d'une telle intensité que Ginny en eut de désagréables frissons.
Car à travers le regard du blond, elle avait l'impression qu'il souhaitait lui transpercer le cœur et la voir se baigner dans son sang.
oooOOOooo
Severus Snape avait toujours regardé de haut ceux qui sombraient dans l'alcool dès que le moindre petit ennui survenait. Au lieu d'avoir un esprit clair pour tenter de résoudre ce fameux ennui, ces imbéciles s'embrouillaient intentionnellement le cerveau et se créaient probablement encore plus de problèmes avec leur peu de jugeote. Ce genre d'individus étaient pathétiques.
Sauf qu'aujourd'hui, même lui avait besoin d'un verre.
Severus avala le Whisky sec d'une seule gorgée et laissa l'alcool lui brûler la gorge. Il devait effectivement avouer que, pour un bref instant, ça faisait du bien.
« Triple idiot! » avait été la première chose qui était sortie de la bouche de professeur lorsque son filleul luiavait avoué avoir fait un Serment Inviolable. Il ne pouvait pas lui dire le contenu -ce qui était probablement dans les règles du Serment-, mais à la vue des événements récents, le professeur pouvait en deviner une partie. Peu importait le sujet exact, le serment impliquait Sasha et sa petite bande, le fait que Dracone puisse pas s'approcher de son Vir… et cette Vague du Diable…
Merlin… toutes ces morts…
Severus avait envie de hurler à pleins poumons sur le blond. Il avait envie de le secouer violemment et lui faire comprendre qu'il recevrait directement un baiser de Détraqueur si on découvrait la vérité. Il avait envie de lui foutre une claque et de lui dire que toutes ces morts allaient être sur sa conscience pour le restant de sa vie.
Mais Severus n'allait rien faire de cela.
Car lui aussi en avait sacrifié, des personnes.
Certainement pas autant en même temps, mais son décompte de morts approchait probablement celui de Draco. Depuis toutes ces années qu'il avait été avec Voldemort, si Dumbledore et l'Ordre du Phénix croyaient vraiment que l'ancien maitre de potion ne faisait que servir le thé pour son faux maitre, ils se mettaient tous le doigt dans l'œil…
Une hésitation créait des doutes. Et le bras droit du Seigneur des Ténèbres devait créer la peur, l'envie, la jalousie ou le respect, mais certainement pas de doutes sur sa fidélité.
Alors Severus n'allait pas engueuler son filleul, sachant pertinemment que Draco avait été obligé de préparer cette potion pour le bien de son Partenaire. Et s'il y avait une personne à protéger dans cette satanée guerre, c'était bien Potter.
Severus, installé sur la chaise de son bureau, soupira en se passant une main au visage.
Draco se tenait assis devant lui, son habituel masque baissé, l'air mort. De gigantesques cernes ornaient ses yeux, sa peau était maladive, et il avait affreusement maigri.
Severus fronça les sourcils en l'observant. Son filleul avait bizarrement les mains crispées sur ses genoux et une étrange lueur dans les yeux.
-Ça va? demanda Severus.
Draco était du genre à tout refouler en lui pendant longtemps avant de confier à quelqu'un ses problèmes. Severus savait que Blaise Zabini réussissait normalement à le faire parler, mais ces derniers temps, les deux garçons s'évitaient comme la peste. Le professeur n'était pas au courant de ce qu'il s'était passé, mais avoir perdu son seul véritable ami n'allait clairement pas être bénéfique pour Draco en ce moment.
Le jeune Serpentard leva les yeux sur son parrain et son visage se ferma à sa question :
-Si ça va? cracha-t-il. À part le fait que ma mère se fasse battre dans notre manoir, que tu sois condamné à crever bientôt, que je doive faire entrer des Mangemorts dans l'école, que j'aie la mission de tuer Dumbledore et que je ne puisse pas m'approcher d'un seul cheveu de mon Vir? Oui, ça va super bien, Severus!
Ledit Severus ferma les yeux en poussant un soupir dépité. Pouvait-on réellement en demander autant à une seule personne sans qu'elle ne sombre dans la folie?
Il rouvrit les yeux et regarda le blond, ayant sa réponse.
Difficilement, décidément. Son filleul était sur le point de craquer.
-Dumbledore est mourant, annonça Severus.
La nouvelle sembla figer l'intérieur du bureau. Tous les bruits cessèrent et même l'horloge parut avoir une soudaine panne inexpliquée. L'expression fermée de Draco changea pour laisser place à une mine profondément abasourdie.
Un temps indéterminé passa pendant que l'information faisait son chemin dans le corps du blond.
Puis, les tic tac de l'horloge se remirent à résonner à travers la pièce.
-Quoi? croassa Draco.
Severus souffla, un peu soulagé de voir un semblant de vigueur chez le blond. Au moins, celui-ci avait toujours certaines réactions. Il n'était pas complètement mort.
-Dumbledore est mourant, répéta calmement Severus. Ta mission de le tuer s'avéra plus facile que tu ne le penses. Même le vieux est au courant. On s'arrangera pour faire croire à tous que tu l'as accompli comme il se doit.
-Comment? murmura le jeune.
-Dumbledore n'a pas encore planifié sa mort dans son planning, tenta de faire de l'humour le professeur, même si ce n'était pas du tout le moment. Mais on avisera en temps voulu. Il a des choses à accomplir avant avec Potter...
Au nom de son Vir, la réaction de Draco fut immédiate. Ses mains se mirent à violemment trembler, et il agrippa fiévreusement son bras droit.
Severus resta silencieux, le temps que son filleul se reprenne. Après un moment, Draco déglutit et détourna le regard pour le fixer sur la table entre eux.
-Severus...
La voix du blond surprit ce dernier. Elle était remplie d'un désespoir si profond que le cœur du professeur se serra immédiatement.
-Je ne sais pas si je vais tenir… continua son filleul en fermant les yeux.
L'élève ne parlait pas de Dumbledore et de la perspective de le tuer. Il parlait de sa séparation avec son âme sœur.
-Non, tu ne tiendras pas, répondit Severus.
Surpris - s'attendant peut-être à ce que son parrain l'encourage à la place - Draco releva la tête vers lui. Et sans attendre, l'ancien maître de potion poursuivit:
-La plupart des Partenaires survivent parfaitement loin de l'autre pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, mais c'est quelque chose qui se travaille avec le temps. Tu viens à peine de te lier avec ton Vir, une coupure aussi drastique va te tuer. Puis avec tout ce que tu vis en ce moment, tu devrais être auprès de ton protecteur et tu fais complètement le contraire. Ça empire ta situation.
-Non, j'ai-
-Tu fais déjà des crises, pas vrai?
Un silence de plomb répondit à la question de Severus. Un tourbillon d'émotion passa dans les yeux de Draco avant qu'il ne baisse ses pupilles sur l'intérieur de son avant-bras droit pour lui lancer un regard meurtrier.
Severus aussi, à l'époque, avait maudit sa Marque d'Appartenance jusqu'au plus profond de son âme. Combien de fois l'avait-elle fait souffrir car il refusait de s'unir à Black? Tant de fois qu'il en avait encore de désagréables souvenirs.
Voyez où il en était maintenant.
Severus avait beau ne jamais avoir regretté sa propre condamnation à mort auprès de son Partenaire, cela ne voulait pas dire qu'il souhaitait la même chose pour son filleul.
C'était l'heure des devinettes.
-Ce Serment Inviolable était avec Sasha, n'est-ce pas? Elle t'a obligé à faire cette potion?
Draco ne répondit rien. Comme Severus l'avait présumé auparavant, le jeune ne pouvait donc rien dire de direct sur le contenu du Serment. Mais l'intensité du regard de Draco sur lui était largement assez pour lui confirmer ses doutes.
-Sasha sait-elle seulement que tu as un Partenaire, ou qui est ton Partenaire?
-Je dois rester loin de mon Vir, Severus, répondit sérieusement Draco.
Et ce n'est pas pour rien.
Si Draco avait le droit de dire ceci sans enfreindre le Serment, cela voulait dire que sa séparation avec son Vir n'était pas une obligation de l'entente. Le blond le faisait par choix.
Sasha ne savait donc pas que Potter était l'âme sœur de Draco.
Le contraire aurait étonné Severus, en fait. Si l'Indienne avait été au courant de ça, jamais elle n'aurait fait de Serment Inviolable. Elle aurait livré Draco à leur maitre et la Grande Guerre aurait été déclenchée à l'heure qu'il était.
C'était à leur avantage; Sasha Ydir n'était au courant de rien et ça devait rester ainsi.
Le professeur de défense se leva sous le regard de son filleul et alla chercher l'un de ses anciens livres de potion dans la bibliothèque qui occupait son bureau. Après avoir mis la main dessus, il revint avec l'énorme volume miteux et se rassit sur sa chaise.
Draco regarda attentivement le livre que son parrain se mit à fouiller. Quand ce dernier s'arrêta sur une page en particulier, on pouvait y voir le dessin d'une potion mauve foncé et fumante dans une drôle de fiole triangulaire. Au-dessus de l'image, il était écrit « L'eau de Kèrln ».
-L'eau de Kèrln, lorsque consommé, est une potion qui a la propriété d'apaiser tous les maux mentaux ou physiques. Elle peut autant effacer la douleur d'un bras cassé que rendre plus lucide un fou.
Avant même que son parrain ne parle, Draco avait déjà les yeux rivés sur la liste d'ingrédients et sur la méthode de préparation de la potion. Tel un expert, depuis quelques années déjà, le blond était capable de deviner l'objectif final et les effets de la potion rien qu'en regardant ce qu'on devait y mettre dedans. Si le jeune ne devenait pas potionniste plus tard –en assumant qu'il survivrait à la guerre- ça serait du pur et simple gâchis.
-Des rosées de Lune et de l'extrait d'Alchémille mélangés ensemble affectent les sens et le jugement, remarqua Draco en fronçant légèrement les sourcils.
-Oui, cette potion a beau être efficace, elle frôle dangereusement la magie noire, c'est pourquoi elle est interdite dans la plupart des institutions, expliqua Severus.
-Mais calmera-t-elle ces stupides crises? demanda le blond en se foutant visiblement de quelle catégorie cette potion venait.
-Elle fera mieux que juste calmer ces crises. Elle t'aidera à tenir éloigné Potter et à garder votre secret. L'eau de Kèrln est une potion d'Influence, Draco. Voilà pourquoi elle est aussi interdite. Celui qui crée la potion peut y ajouter des désirs quelconques chez ceux qui la consomment.
Surpris, Draco regarda attentivement Severus avant de baisser à nouveau les yeux sur le livre.
-Potter aussi aura bientôt ces crises, s'il ne les a pas déjà, continua le professeur. L'éviter ne te sert à rien en ce moment; vous êtes liés, alors il voudra toujours être auprès de toi et assumer son rôle de protecteur. Mais avec cette potion, tu pourras influencer ces actions pour qu'il se tienne tranquille.
Draco ne répondit pas et l'observa comme s'il n'arrivait pas à croire que son parrain lui suggère une telle option :
- Tu veux que je… c'est comme si je droguais mon Vir, Severus.
Ce dernier pinça les lèvres. Il était vrai que dit comme ça, le portrait n'était pas très joli, mais ils n'avaient pas le choix.
-Je ne veux que vous aider à vous protéger, paraphrasa l'ancien professeur de potion.
Draco émit un faible rire sans joie, se laissa tomber contre le dossier de sa chaise et croisa les bras :
-J'ai fait énormément de choses loin d'être nettes, Severus, mais je ne ferai pas ça à mon propre Vir.
-Et Potter voudra te réclamer dans les semaines suivantes! siffla l'ancien maitre de potion.
-Il doit y avoir d'autres solutions pour l'éloigner de moi temporairement!
-Comme laquelle? L'éviter? Ça n'a pas l'air de très bien marcher, vu ton allure.
Draco serra durement la mâchoire et, comme il avait l'habitude de faire chaque fois qu'il était stressé, frustré ou angoissé, il enfonça ses ongles dans sa peau, là où sa Marque d'Appartenance était cachée.
Lentement, Severus se pencha sur son bureau pour s'approcher du jeune Serpentard et le regarda attentivement. Il parla ensuite d'une voix sérieuse:
-La minute où le Seigneur des Ténèbres apprendra qui est ton partenaire, ça sera fini, Draco.
-Tu ne penses pas que je le sais! cria ce dernier.
Le Veela se leva furieusement et commença à faire les cents pas dans le bureau de son parrain. Il se passa ensuite une main au visage avant de répéter :
-Tu ne penses pas que je le sais? Si une âme sait que Potter est mon Partenaire, n'importe quel Mangemort aura juste besoin de me tuer pour tuer Potter en même temps! Et même s'il survit, il sera tellement instable que jamais il ne pourra vaincre le Lord! Je sais tout ça, Severus. Pour lui, je viens même de sacrifier…
Et il ne put continuer sa phrase.
Draco avait beau avoir fait cette Vague du Diable, il ne devait même pas savoir quand cette potion allait être utilisée. Peut-être pensait-il avoir plus de temps. Car ce n'était pas lui qui avait déposé son mélange au cœur de Norwich. Il semblait soudainement réaliser l'ampleur du désastre qui était survenu la veille et son implication dedans.
-Je ne peux rien dire, je ne peux pas m'enfuir, je ne peux rien faire, dit le blond.
-C'est pourquoi l'Eau de Kèrln est ta solution, pressa l'homme aux cheveux noirs. Potter ne gardera pas votre relation secrète très longtemps non plus, Draco. Et nous ne voulons absolument pas que plus de personnes sachent votre lien.
-Il n'a rien dit jusqu'à maintenant.
-Peut-être parce qu'il savait que tu n'approuverais pas, ou peut-être parce que sa Marque D'Appartenance l'en empêche, je n'en ai aucune idée. Mais ça ne restera pas comme ça indéfiniment. Weasley et Granger seront bientôt dans la confidence, crois-moi.
Pendant un long moment, Draco ne dit rien. Il fixa simplement le sol devant lui, comme s'il cherchait encore une autre alternative. Mais Severus savait qu'il n'en trouverait pas. Tuer Potter à travers Draco allait être extrêmement facile pour le clan de Voldemort si quelqu'un découvrait la vérité. Et le seul moyen qu'ils avaient pour éviter ceci était de faire en sorte que leur lien ne se sache jamais en dehors de Severus, Sirius et des deux concernés.
Finalement, Draco prit une dernière grande respiration, et leva ses pupilles grises sur lui.
-Comment ça marche?
Severus soupira de soulagement. Peut-être qu'ils allaient s'en sortir, avec un peu de chance.
-Une potion d'Influence n'oblige pas une personne à faire une action, commença à expliquer le professeur de Défense. Comme son nom l'indique, ça ne fait que fortement l'influencer à la faire. La minute où Potter te sentira, te touchera, il pourra recouvrer ses sens et combattre cette influence.
-Pour qu'il commence à faire des crises ou pour empêcher que les effets de la potion s'annulent, il faudrait déjà qu'il se tienne loin de moi.
Draco avait raison. Les deux garçons avaient 1 ou 2 classes ensemble. L'amorçage des crises de Potter allait prendre beaucoup plus de temps ainsi. Mais si, au moins, il n'y avait aucune interaction entre les deux élèves pendant assez longtemps, ça allait quand même aider à commencer les crises du Survivant.
-C'est ce qui va être le plus difficile : lorsque les crises de Potter débuteront, son premier réflexe sera d'aller auprès de toi pour les calmer et c'est ce qu'on ne veut pas. Il faut que Potter pense lui-même qu'il vaut mieux être loin de toi. Ainsi, lors de sa première crise, il cherchera un autre moyen de la calmer, et c'est à moment là que je lui fournirai de l'eau de Kèrln. Mais tu dois trouver une excuse d'abord.
-Comme quoi? demanda Draco confus.
-Dis-lui qui vous devez rester éloigner l'un de l'autre pour ton bien ou quelque chose du genre.
-Qu-, mais c'est pour son bien!
À ça, le professeur s'impatienta :
-Bon sang, Draco! Tu dois juste lui faire croire que c'est pour toi! Tu connais Potter! C'est marqué "Courage, audace et stupidité" sur son front. Il s'en foutra comme l'an quarante d'être en danger de mort si c'est pour être avec toi et il se fera démasquer en moins de deux!
Le professeur vit les yeux du blond immédiatement paniquer à la pensée que son Vir puisse faire une connerie de ce type à cause de lui.
L'homme aux cheveux noirs poussa un second soupir :
-Tu dois simplement trouver une excuse pour qu'il reste loin de toi de son propre gré pendant un certain temps, et tout se passera bien. Les cours finissent dans quelques semaines. Avec un peu de chance, sa première crise et sa première dose seront juste avant les vacances.
-Et après ça?
-Potter sera dépendant de cette potion. Alors s'il ne te voit pas, tu ne devrais pas avoir de problème avec lui et votre secret durant l'été.
-Merlin, de mieux en mieux.
La perspective d'être éloigné de son Partenaire durant tout l'été sembla donner mal au cœur au blond, mais il ne dit rien. Severus eut particulièrement pitié de lui à ce moment-là :
-Tu devras aussi prendre de cette potion, Draco. Le lien que vous avez va dans les deux sens. Tu créeras la potion et je me chargerai de lui donner lorsque le moment sera voulu. Comme ça, tu n'auras pas à avoir de contact avec lui, mais tu auras la possibilité d'y mettre les influences que tu veux. Qu'il garde votre secret et qu'il reste éloigné de toi devront en faire partie.
Draco se rassit lourdement sur la chaise faisant face à Severus et se passa une nouvelle fois les mains sur le visage :
-Potter va me détester quand il l'apprendra.
-Si tout se passe bien, il sera au moins vivant pour le faire, répondit son parrain.
Draco ne souleva même pas la remarque.
oooOOOooo
Dumbledore était mourant.
Dumbledore savait pour sa mission.
C'était affreux de dire ça, mais ça arrangeait Draco. Car s'ils réussissaient effectivement à faire croire à tout le monde qu'il était la cause de la mort du directeur, le Seigneur des Ténèbres allait l'épargner. Si le Seigneur des Ténèbres l'épargnait, il allait rester en vie. Et s'il restait en vie, Potter aussi.
Mais la mort de Dumbledore n'était qu'un objet dans son coffre à problèmes.
Le blond leva les yeux vers le miroir des toilettes où il se trouvait et il exécra le reflet qu'il y vit. Ses joues étaient creusées, son teint était presque transparent tant il était blanc et des cernes lui défiguraient le visage.
Severus avait raison, s'il continuait ainsi, il allait se laisser mourir.
Les cours étaient devenus des bourdonnements à ses oreilles, la nourriture ne goûtait plus rien et ses nuits étaient remplies de cauchemars sans fin. Il usait tellement de sorts de rafraichissement et de glamour que même les autres, il en était certain, commençaient à avoir des doutes. Comme l'avait montré cette stupide Parkinson ce matin en lui demandant si tout allait bien juste avant que les yeux du Sang Pur ne tombent sur la table des Gryffondor.
Une immense rage monta dans la poitrine du blond en songeant au petit déjeuner qu'il avait eu ce matin. À la façon dont cette fille avait mis sa main dans le dos de son Partenaire. À la façon dont ce dernier ne l'avait pas repoussée.
Le blond agrippa le rebord du lavabo devant lequel il était si fort que ça lui fit mal. Son corps commença à trembler, sa Marque se mit à brûler et il dut se faire violence pour ne pas réduire en pièces ces stupides toilettes.
Potter était…
Potter était à…
Draco ferma les yeux et s'obligea à respirer lentement pour tenter de calmer son cœur qui était en train de se noyer dans des ténèbres malsaines.
Alors c'était ça, de la putain de jalousie...
Elle l'avait frappée sans prévenir et lui grugeait chaque fibre de son corps. Jamais il n'aurait cru… Jamais de toute sa vie il n'aurait cru avoir des sentiments de possessivité d'une telle violence envers quelqu'un. C'était désagréable… Bon sang, c'était désagréable…
-Voyons Draco, qu'as-tu pour être ainsi chamboulé?
Il ne releva pas la tête quand Mimi Geignarde s'approcha de lui. Personne ne venait dans ses toilettes à cause du fantôme pleurnichard, mais elle n'importunait pas tant que ça le blond.
Il venait faire ses crises ici. Car il n'y avait personne à part la Morte pour l'entendre crier sa souffrance.
Mimi ne disait rien pendant ces moments-là. Elle regardait simplement le blond perdre le contrôle et quand il avait terminé, elle s'approchait de lui et essayait de lui parler pour le réconforter. Parce qu'il était mignon, disait-elle.
-Que se passe-t-il? Quelque chose ne va pas? minauda Mimi.
Si quelque chose n'allait pas?
Draco ricana faiblement, sans aucune once de joie dans sa voix.
Il n'arrivait pas à réparer l'Armoire à Disparaitre… Il venait de tuer 76 personnes… Blaise ne le regardait plus… Son parrain allait mourir… Et cette salope… cette salope voulait se taper son Vir.
D'un geste brusque, son poing droit alla fracasser le miroir devant lui. Les morceaux de vitre virevoltèrent et s'enfoncèrent dans la peau de sa main, sans arriver à égaliser le mal que lui faisait ressentir son cœur en songeant à son Potter et cette Weasley. Mimi poussa un cri exagéré, mais Draco l'ignora complètement.
Potter était à lui !
Lui, bordel… Juste lui…
Lentement, il descendit son poing ensanglanté alors que le fantôme à côté de lui continuait à paniquer.
Potter allait-il l'attendre?
Une douleur lui traversa sauvagement la poitrine quand il imagina le Survivant, fatigué de se faire rejeter, s'unir à quelqu'un d'autre que lui. Les mains tremblantes, Draco se ressaisit des côtés du lavabo, le cœur au bord des lèvres.
Il ne devait pas y songer…
Il devait plutôt penser à sa mère en danger, à cette armoire à réparer.
Mais cette fille, cette fille…
-S'il ose… avec cette… poufiasse, murmura-t-il d'une voix qui l'étonna lui-même tellement elle était instable.
Tout à coup, une goutte tomba sur sa main.
Draco la regarda, estomaqué.
Ne pouvant pas croire que cette goutte venait vraiment de lui, il éleva une main sur sa joue. Il ramena ensuite sa main devant ses yeux et regarda ses doigts mouillés, fasciné et horrifié. Il pleurait. Il pleurait.
Ce fut la révélation de trop, la constatation qui l'accabla.
Bordel, il pleurait.
Le Serpentard n'y tint plus et éclata en sanglots. Il tenta de retenir ses pleurs, mais des larmes de plus en plus grosses s'échappèrent de ses paupières. Il hoqueta, se choquant encore plus, et se mit une main devant la bouche pour cesser ce comportement qu'il jugeait inapproprié. Cependant, quand il croisa le regard de Mimi derrière lui dans le miroir qui hocha la tête pour l'encourager, il abandonna ses principes et se laissa aller.
Draco pouvait compter sur ses doigts le nombre de fois qu'il avait laissé des larmes couler sur ses joues blafardes. Mais il était devenu un tueur de masse depuis hier, sa mère se faisait battre, son parrain allait mourir, Blaise le détestait, Voldemort voulait le tuer et son Vir n'était pas là. Il avait juste envie de lyncher son désarroi et de vomir sa frustration.
-S-s'il… ose… renifla-t-il.
C'était si disgracieux de pleurer ainsi. Son visage était tout mouillé et il faisait du bruit. Mais il devait accorder à Mimi que ça le soulageait. Juste un peu.
-Voilàààà, chantonna le fantôme. Je me demandais si tu allais un jour le faire. C'est mauvais pour ton corps de tout accumuler à l'intérieur.
Draco ne lui répondit pas.
Car quand il posa son regard sur le miroir brisé devant lui, quelque chose le figea complètement. Dans l'entrebâillement de la porte derrière…
Le Serpentard croisa un regard vert.
oooOOOooo
Il faudrait des années pour rassembler ces ingrédients extrêmement rares, un talent en potion hors du commun, et des pouvoirs d'un Être de Beauté pour la réussir! C'était ce qu'Hermione avait dit.
Des pouvoirs d'un Être de Beauté.
Comme un Veela.
Un talent en potion hors du commun.
Comme celui de Draco Malfoy.
Le cœur d'Harry se mit à battre à la chamade.
Son Partenaire ne pouvait pas avoir fait une chose pareille, n'est-ce pas ? Le Survivant savait que le blond n'était pas aussi compatissant ou sensible que la normale, mais de là à fabriquer une arme qui tuerait des dizaines de personnes… C'était impossible. Ça devait être une simple coïncidence.
Étant également Veelas, c'était peut-être Bellatrix ou Narcissa qui avaient fait cette potion. Ou bien, les Mangemorts étaient allés pêcher une autre pauvre âme possédant des pouvoirs d'un Être de Beauté et l'avaient obligé à préparer cette potion. C'était peut-être même Snape avec les pouvoirs qu'il partageait avec Sirius ! Rien ne disait que c'était Malfoy qui avait fait cet horrible mélange.
Harry déglutit difficilement, pris d'un affreux doute.
Peu importait quelle était la vérité, il devait la connaitre.
Ce fut pourquoi Harry avait sorti sa carte des Maraudeurs lorsqu'il avait eu un temps libre et qu'il avait découvert que son Partenaire se cachait dans les toilettes de Mimi Geignarde. Le Survivant ne savait pas que le blond connaissait cette place qu'Harry lui-même et ses deux amis avaient empruntée en deuxième année. Au moins, ça allait leur donner le champ libre pour parler honnêtement.
Cependant, quand il arriva près des fameuses toilettes, une bouffée de sentiments négatifs envahit le corps du Survivant. Ils étaient si noirs et si chaotiques qu'Harry se rua immédiatement vers la porte, ne pouvant pas croire que tous ses sentiments sombres puissent réellement venir de sa Sän. Il l'ouvrit silencieusement et son souffle fut coupé par la vue.
Draco se tenait dos à lui, tremblant de tout son corps, les mains férocement agrippées au lavabo, la tête penchée par en avant. Mimi Geignarde était un peu plus loin, assise au-dessus de la porte d'une cabine de toilettes.
-S-s'il… ose…renifla le blond.
Ses épaules étaient secouées par ses sanglots, ses hoquets résonnaient au milieu de ces toilettes malpropres et sa douleur griffait la peau d'Harry. Celui-ci regarda la scène, complètement horrifié.
Putain, il pleurait.
Pourquoi est-ce que sa Sän pleurait?
Comme à chaque fois que son Partenaire se sentait mal, un violent sentiment protecteur saisit le corps d'Harry. Il eut la foudroyante envie de courir vers l'autre adolescent, de le serrer dans ses bras, et d'extraire toute cette peine et cette fureur qui consumaient le blond. Mais avant qu'il ne cède à cette impulsion, Draco releva la tête et croisa son regard dans le miroir.
-Voilàààà, chantonna Mimi. Je me demandais si tu allais un jour le faire. C'est mauvais pour ton cœur de tout accumuler à l'intérieur.
Ni Draco, ni Harry ne firent attention à elle. Leurs regards s'étaient attachés dans le reflet de la glace devant le Serpentard et ce dernier observait son Vir, choqué.
Puis, brusquement, le blond se retourna vers lui, la baguette brandie.
Harry eut tout juste le réflexe de se pousser vers sa droite avant qu'un sort ne fuse dans sa direction, le manquant d'un cheveu. Quelque chose se brisa derrière lui, mais il n'y fit pas attention, car son Partenaire l'attaquait à nouveau.
Le Survivant, n'ayant pas le temps de songer à un sortilège adéquat, leva simplement son bras et créa un bouclier à main nue. Le sort du blond ricocha sur le dôme et alla se perdre au plafond, faisant détruire des pierres au-dessus d'eux.
Draco s'approcha de son Partenaire, une aura noire flottant autour de lui. Harry le regarda et manqua de reculer d'un pas.
De la colère… de la tristesse… du remords… de la rage…
Le blond en bouillonnait, en irradiait.
-Mal… commença Harry.
Une lumière rouge, venant comme un raz de marée, aveugla Harry. Sa protection trembla férocement et des choses derrière lui explosèrent. Sa vue s'éclaircit après quelques secondes et le Survivant put voir Draco avec sa baguette dans sa main droite, et son autre main gauche élevée, entourée voluptés noires et menaçantes. Mimi hurlait à côté d'eux, les sommant d'arrêter leur guerre sur le champ.
Harry, en voyant que ça s'annonçait très mal, arrêta immédiatement sa barrière de protection et leva les bras en signe de capitulation.
- Malfoy, écoute-moi… dit-il.
Harry ne voulait pas éternellement se cacher derrière sa barrière défensive. Ce n'était pas très brave et les deux risquaient de démolir l'étage au complet du château s'ils commençaient une bataille avec leurs nouveaux pouvoirs. Puis, peu importait à quel point le blond s'en prenait à Harry, l'idée d'attaquer son Partenaire rebutait le Survivant. Il n'était pas censé faire du mal à sa Sän, Harry le ressentait dans chaque parcelle de sa peau.
Mais ce n'était décidément pas la même philosophie que Draco, devant lui, avait.
Mimi Geignard hurla encore une fois quand le blond éleva sa main gauche et propulsa de sa paume un éclair de magie vers son Partenaire. Le corps du Survivant s'envola dans les airs et alla frapper douloureusement le bois des cabines de toilettes sur la droite. Celles-ci se détruisirent sous la force et Harry grogna parmi les décombres.
Putain, est-ce que son Partenaire voulait le tuer!?
-MALFOY CALME-TOI! beugla Harry en tentant de se relever difficilement .
Le Sang Pur ne l'écouta pas.
Il semblait totalement englouti par cette colère sourde et cette tristesse aveuglante qu'Harry arrivait à ressentir dans son propre corps.
Tel un bourreau s'apprêtant à exécuter son condamné, le blond s'approcha de lui et ouvrit la bouche.
Puis la suite se passa rapidement.
Ce fut peut-être les émotions noires de Draco qui montèrent trop à la tête du Héros National, mais Harry eut, cette fois-ci, le réflexe de se défendre malgré lui. Et c'est sans vraiment en être conscient que le Survivant hurla la première chose qui lui vint en tête vers son assaillant:
-Sectumsempra!
Le sort n'avait même pas atteint le Sang Pur, qu'Harry regretta d'avoir osé attaquer son Partenaire.
Mais ce sentiment ne fut rien quand le fameux sort atteignit le blond.
Telle une lame découpant ses adversaires sans pitié, la poitrine et le visage du Partenaire d'Harry s'ouvrirent en plusieurs coupures béantes. Du sang en sortit à perfusion et Draco s'effondra comme une masse sur le sol.
Le cœur d'Harry s'arrêta.
-Non… murmura-t-il.
Oubliant ses propres meurtrissures, Harry se leva en chancelant et se précipita vers Draco. Il se laissa tomber à genou dans la flaque de sang, son cœur tambourinant maintenant furieusement dans sa poitrine. Mimi cria au meurtre et sortit des toilettes, mais elle fut en deuxième plan pour Harry.
-Non… non, je t'en prie non…
Délicatement, il se saisit du corps inconscient et ensanglanté, la lèvre tremblante, le regret menaçant de le tuer sur place.
Il n'arrivait tout simplement pas à croire que les plaies sur le corps de son Partenaire étaient là à cause de lui.
Ça coulait… ça coulait…
-Draco…
Les yeux d'Harry s'embuèrent. Il ne pensait pas que quelque chose pouvait égaliser l'affreux sentiment de voir son âme sœur souffrir. Mais quand c'était à cause de lui-même, c'était pire. Chaque battement de cœur du Survivant le déchirait un peu plus au fur et à mesure qu'il réalisait que le sang autour de lui se répandait par sa faute.
Sa Marque lui brula soudainement le bras, comme pour lui dire qu'il avait fait une erreur… grave… Une chose, pire que reprochable… méprisable…
-PUTAIN JE SAIS! hurla-t-il… Je sais…
Désespéré, Harry enserra le corps ensanglanté dans ses bras en murmurant des excuses dans l'oreille de son âme soeur en litanie. Puis Snape, suivi de Mimi, pénétra dans les toilettes quelques instants plus tard.
Le professeur fit une pause, trop choqué par ce qu'il voyait et Harry se retourna vers lui :
-Sauvez… sauvez-le… supplia ce dernier d'une voix brisée… Je vous en prie…
Harry était toujours irrité lorsqu'une autre personne que lui s'occupait de son Partenaire, mais en ce moment, il voulait juste que quelqu'un, peu importait qui, guérisse le blond. Il ne savait pas comment fermer… ces affreuses blessures.
Le cœur et la Marque d'Appartenance d'Harry se remirent à l'enflammer brutalement. Il ferma les yeux, se disant qu'il méritait pleinement d'avoir mal, et il entendit Snape s'approcher.
Snape éloigna Harry de Draco sans douceur et déposa le corps de l'inconscient sur le sol. Harry regarda de loin, paralysé par la peur et le remord, Snape sortir sa baguette et commencer à guérir le Serpentard. Il marmonnait une incantation en parcourant les plaies ouvertes du blond et celles-ci se refermèrent petit à petit. Mimi pleurait bruyamment au-dessus d'eux, mais toute l'attention d'Harry était fixée sur Draco.
Après ce qui sembla être une éternité, le Partenaire d'Harry bougea enfin.
Snape aida Draco, à moitié dans les vapes, à se remettre debout. Harry réagit d'emblée en se redressant également et tendit une main vers sa Sän.
-Je vais…
-Non, coupa sèchement Rogue.
Ce dernier passa un bras autour de Draco pour le soutenir et lança un regard d'un froid polaire au jeune Vìr.
-Où est-ce que vous avez trouvé cette formule? claqua-t-il.
-Dans… un livre… balbutia Harry.
-Alors les formules de magie noires que vous lisez dans des livres, vous les utilisez sur votre Sän pour vous amuser? siffla Snape.
-NON! hurla Harry
Il recula d'un pas, accablé.
-Non, je… continua-t-il en secouant la tête… Je ne voulais pas… Je vous jure que je ne savais pas…
Tout à coup, Draco leva la tête vers Harry. Son regard était rempli d'une sincère incompréhension et cela finit par achever le Survivant. Il ne sentit plus ses jambes et il se laissa tomber par terre, le regard vague sur le sol maculé du sang de son Partenaire.
-Je croyais avoir des doutes, dit Snape. Je croyais que vous n'étiez peut-être pas si indigne que ça d'être le Partenaire de Draco. Mais je me sus visiblement trompé. J'ai eu moi-même des problèmes avec Black en apprenant qu'il était mon Partenaire, mais jamais il ne m'a attaqué de cette façon, même à nos moments les plus houleux. Un Vir protège sa Sän. Je ne sais pas quel genre de Vir vous êtes.
Les mots de Snape transpercèrent l'âme d'Harry de part et d'autre. Et sans se préoccuper détresse du Gryffondor, le professeur tourna les talons avec le blond et sortit de la pièce.
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La nouvelle avait été répandue comme de la poussière s'envolant dans des airs. Mimi avait pris bien soin de raconter en pleurant tout ce qui s'était passé dans les quatre coins du château, et Pansy Parkinson, qui était allée visiter le blond à l'infirmerie, s'amusait à dire les pires horreurs sur Harry à qui voulait l'entendre. Snape avait été beaucoup plus discret, se contentant d'avertir McGonagall de la situation. L'homme sombre l'avait cependant collé jusqu'à la fin du trimestre.
Mais Harry n'en avait rien à faire des rumeurs, des regards haineux ou du match de Quidditch qu'il allait manquer à cause des retenues de Snape.
Non, pour l'instant, tout ce qui comptait était son Partenaire.
L'Élu avait cru que la journée ne se terminerait jamais, et il aurait voulu foutre son poing dans la gueule de tous ces Serpentard qui avaient accouru à l'infirmerie avant lui. Plus d'une fois, il avait failli se rendre auprès du blond, en se disant que ce n'était pas grave si l'on découvrait ses sentiments pour lui, mais Harry s'était ravisé en ne voulant pas que le Veela le déteste encore plus.
Lorsque 1 heure du matin arriva enfin, le Gryffondor se saisit de sa cape d'invisibilité et sortit du dortoir pendant que tout le monde dormait.
Il atteignit l'infirmerie en un temps record et s'engouffra immédiatement à l'intérieur.
Sur le premier lit de droite, son Partenaire était réveillée, comme s'il l'attendait. Le blond tourna sa tête lentement vers son Vir et lui lança un regard sans émotion.
Le Survivant déglutit et s'approcha. Ils étaient les seuls dans l'infirmerie, par chance. Harry ne savait pas à quel point leur conversation allait escalader.
Leurs yeux ne se détachèrent pas, même quand Harry prit place sur une chaise à côté de son âme sœur. Le blond le fixait toujours sans rien laisser paraître, et son Vir, sans aucune raison valable, commença à avoir sérieusement peur.
-Comment… Comment tu te sens ? murmura Harry en voulant se saisir de sa main.
Automatiquement, le blond la mit hors de sa portée. Harry baissa le regard, profondément blessé.
-Mal… tu vois, répondit Draco. Car un certain Partenaire m'a ouvert la peau. Quel Vìr manquerait de tuer sa propre Sän en l'attaquant? Après tu te demandes pourquoi je ne veux pas que tu m'approches.
Son ton était glacial et ses mots l'étaient encore plus dans le cœur d'Harry.
-Malfoy… pardonne-moi, supplia-t-il en levant ses yeux vers lui.
Le regard de Draco devint encore plus dur.
-L'épisode de tout à l'heure n'a fait que confirmer mes doutes. Potter… tu me mets en danger.
L'air se figea. Le souffle d'Harry s'arrêta à ses paroles.
Il mettait tant de personnes en danger. Ses amis, son parrain, les Weasley… Le monde en général était en danger de mort en étant simplement proche de lui. Il le savait et avait toujours éprouvé une certaine peine à ce propos.
Mais cela n'avait rien à voir avec le désespoir qui était en train de le submerger à l'idée que sa Sän ne soit pas en sécurité auprès de lui.
Les yeux d'Harry lui piquèrent et, insensible à son état, Draco continua :
-Que ce soit à cause de Voldemort, les Mangemorts, l'Ordre ou tes propres stupides actions… Quand je suis avec toi, tu ne me protèges pas. Tu me mets en danger. Tu me blesses. Et tu vas finir par me tuer, Potter.
Les larmes silencieuses dégoulinèrent sur les joues d'Harry à la véracité de ces propos. Il avait voulu savoir pourquoi sa Sän le rejetait? Eh bien, il le savait maintenant et c'était pire.
-Draco… murmura-t-il.
L'air de la nuit s'imprégna de son prénom et Harry fit pour la seule et unique fois une déclaration qu'il ne ferait plus jamais par la suite:
-Je t'aime…
Les mots résonnèrent à travers la pièce et Harry se rendit soudainement compte à quel point c'était vrai. Il avait cru que son attraction envers le blond avait commencé seulement à cause de la Marque sur son bras gauche. Mais ce n'était pas vrai. Il avait été attiré par Draco Malfoy bien avant… Bien avant cette année-ci.
Le Serpentard lui lança un regard pénétrant. Le temps s'écoula à compte goutte et l'atmosphère de la pièce s'alourdit.
Puis, finalement, Draco détourna la tête, comme dégoûté :
-Va-t'en Potter.
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Blaise Zabini n'était pas du genre à enfreindre les règlements normalement. Il n'était pas non plus le meilleur pour les sorts de caméléon, mais ce fut apparemment assez pour duper Rusard et sa chatte dans les couloirs de l'école et atteindre l'infirmerie incognito.
Une fois arrivé, il poussa doucement la porte principale.
On était en plein milieu de la nuit. Blaise voulait juste jeter un coup d'œil à son meilleur ami endormi et repartir aussi vite s'il voyait que le blond semblait bien. Il n'avait pas voulu aller visiter le Sang Pur durant la journée, car les deux garçons n'étaient toujours pas en très bons termes, mais le Noir avait quand même stressé pendant toute la soirée en apprenant que Draco avait eu un accident. Alors pour avoir la conscience tranquille, il voulait juste s'assurer que le Veela n'était pas trop amoché.
Blaise fut cependant surpris de voir son meilleur ami assis sur son lit, parfaitement réveillé, les yeux fixés sur un point quelconque devant lui.
Le jeune à la peau sombre hésita, ayant peur que son ami le renvoie, mais l'air qu'affichait le blond l'inquiéta tout de suite. Il oublia leur dispute et s'approcha du Veela.
Draco tourna lentement la tête vers lui et le regarda s'asseoir tranquillement sur son lit.
Pendant un très long moment, pas un mot ne fut prononcé. Les deux garçons n'osèrent pas se regarder et ils laissèrent le silence faire la conversation. Ils en avaient besoin.
Depuis qu'ils se connaissaient, il était arrivé très souvent à Draco et à Blaise de partager des silences et d'être juste… bien. C'étaient des moments où ils profitaient simplement de la présence de l'autre sans avoir besoin de dire quoi que ce soit. Draco Malfoy était d'ailleurs loin d'être un bavard et c'était probablement la raison pour laquelle il supportait tant Blaise. Parce que ce dernier pouvait être avec le blond et se la fermer de temps en temps sans créer d'inconfort.
Blaise leva ses yeux sur son ami. Le Veela avait un air maladif accablant et avait affreusement maigri. Comme le Noir l'avait deviné, son ami utilisait donc des sorts pour améliorer son apparence durant la journée.
-Qu'est-ce que… Que fais-tu là ? murmura tout à coup Draco.
Son ton n'avait rien d'agacé ou de hargneux. Il semblait juste fatigué et las. Draco regardait toujours ses mains et semblait sur le point de se décomposer, de craquer.
-Draco… Je serai toujours là. Peu importe à quel point je suis fâché contre toi et que tu prennes de mauvaises décisions, dit doucement Blaise.
Il fit un faible sourire à son ami quand ce dernier leva ses pupilles orageuses sur lui.
-Je ne sais pas exactement ce qui se passe dans ta vie et à quel point tu dois t'impliquer pour la quête du Seigneur des Ténèbres, mais tu as voulu m'éloigner pour que je ne sois pas mêlé à tout ça, n'est-ce pas? continua-t-il.
Il y eut un autre silence. Puis, enfin, après tous ces mois, Draco prononça ce qui allait enfin les réconcilier:
-Je m'excuse...
Sa voix tremblait, ses yeux se remplirent d'eau.
-Blaise, je suis désolé… dit le blond d'une voix cassée.
Blaise eut un vent de panique en voyant son ami dans cet état. Draco avait l'air d'être sur le point de pleurer et Draco Malfoy n'était pas censé pleurer. La seule notion de l'héritier Malfoy en larmes ne fonctionnait pas dans la tête du Noir.
Ne sachant absolument pas comment gérer un Draco Malfoy émotif, Blaise s'approcha de son ami et le prit instinctivement dans ses bras pour tenter de faire disparaitre son état désespéré. Le Noir fut encore plus choqué quand son ami retourna l'étreinte - chose qu'un Draco normal ne ferait jamais - et qu'il s'accrocha à lui tel un naufragé à une bouée de sauvetage. Affreusement inquiet, Blaise le serra encore plus contre lui.
Draco tremblait, mais Blaise ne sut pas s'il pleurait silencieusement ou si c'était simplement le corps de son ami qui réagissait finalement au stress qu'il avait vécu depuis des semaines. Le Noir était cependant certain que ce qui accablait le Veela était bien plus que leur amitié tendue de ces derniers mois.
Mais Blaise n'allait rien dire. Il n'allait rien demander. Il allait juste se contenter d'être là.
-Je m'excuse, redit Draco une dernière fois.
Le Noir acquiesça.
Mais cette dernière excuse, il ne fut pas sûr si elle était vraiment adressée à lui.
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FAIT SUR L'HISTOIRE
Ce n'est pas très juste, mais oui, une Sän éprouvera beaucoup moins de remords si elle blesse physiquement son Vìr que le contraire. Ce sont plutôt les attaques psychologiques envers leur moitié qu'elles rebutent et malheureusement, c'est exactement ce que Draco fait en faisant souffrir Harry de la sorte. C'est d'ailleurs pour ça que Draco le vit vraiment plus mal qu'Harry.
Draco a pété un câble pour un peu tout dans les toilettes, nommez une raison et elle sera bonne.
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*Je sais qu'il y a la Peste à Madagascar. I was so shocked!
See you next week :D I hope..
