Chapitre 6: Mise au point

Le plafond était à présent parsemé de petites tâches oranges. Le soleil filtrait à travers les persiennes. La fatigue était lancinante comme une douleur de fond. Temari n'avait pas fermé l'œil de la nuit. L'angoisse l'avait maintenu éveillée. Et la peur aussi. La peur qu'il se passe quelque chose….

Le savoir de l'autre côté du mur était insupportable. N'y tenant plus, elle se leva sans faire de bruit. Il fallait qu'elle sorte d'ici. Qu'elle s'éloigne de lui. L'absence de bruit de toute la nuit indiquait qu'il était toujours dans sa chambre.

La blonde enfila des vêtements à la va-vite et ne prit pas le temps de faire ses couettes avant de sortir de la chambre. Elle descendit l'escalier sur la pointe des pieds et se précipita silencieusement dans le jardin. Une fois dehors, elle se mit à courir en direction de la forêt. Son but était de s'éloigner le plus rapidement possible de la maison des Nara. La peur la faisait courir plus vite et le domaine Nara était une vaste forêt.

Après plusieurs minutes de course, Temari s'assit au pied d'un arbre. Elle posa sa main sur son cœur pour essayer d'en calmer le rythme effréné. Elle leva les yeux vers les arbres et se perdit dans le vert tendre des feuilles. Sa respiration s'apaisa lentement. La brise légère agitait la dentelle de soleil filtrant à travers le feuillage. La douce chaleur de ce début de journée la faisait frissonner de plaisir. L'été venait doucement. Bientôt, Suna no Kuni serait écrasé de chaleur. Suna … Quand pourrait-elle rentrer chez elle ? Quand pourrait-elle tout oublier et reprendre son travail ? L'absence de réponses lui serra le cœur et Temari se recroquevilla sous cette violente douleur.

Alors c'est ici que tu te planques ?

Temari sursauta et se retourna. Shikamaru Nara se tenait debout au pied de l'arbre où elle était assise. D'un bond, elle se leva et commença à partir. Elle devait s'éloigner de lui à tout prix. Mettre le plus de distance possible entre eux.

Tu t'enfuis encore ? insista-t-il .

La blonde s'arrêta net. Elle sentit qu'il était temps de mettre les choses au clair une bonne fois pour toute. Elle s'était juré de ne pas perdre face à lui. Elle se retourna et le regarda droit dans les yeux.

Je ne m'enfuis pas, répondit-elle en détachant chaque mot.

Un sourire fendit le visage du brun et un rire s'en échappa. De nouveau, la colère s'insinua en elle. Elle brûlait de l'intérieur, mettant ses veines à vif comme un tsunami ravageur qui ne laisserait que du feu derrière lui.

Tu ne me fais pas peur espèce d'enfoiré, renchérit-elle d'un ton féroce.

Elle cligna des yeux et la seconde suivante, il était là. Il avait traversé les cinquante mètres qui les séparait, l'avait plaqué contre un arbre, une jambe entre ses cuisses pour la maintenir prisonnière. Son visage à quelques centimètres de celui de la blonde. La main du brun remonta sur la cuisse de Temari, effleurant ses hanches et sa taille pour venir se poser sur sa poitrine.

Tu dis que tu n'as pas peur mais regarde-toi ! Ton cœur volette comme celui d'une jeune biche épeurée.

A ce moment-là, un tourbillon de choses se produisit. Comme dans les films, quand un moment semble se décupler. L'entrejambe du brun durci contre la cuisse de la blonde. Son visage se rapprocha. L'entrejambe de la blonde se contracta de désir tandis que sa peau brulait de colère. Son sang se mit à bouillir et son cœur à battre encore plus fort. Alors le genou de Temari partit s'écraser contre l'entrejambe du Nara. Il recula et tomba à genoux sous la douleur. Temari se redressa de toute sa hauteur et lui lança un regard implacable.

Maintenant tu vas m'écouter espèce de petit enculé. Je t'interdis de t'approcher de moi ou même de me parler. On va vivre l'un à côté de l'autre sans jamais se mélanger. On va jouer la comédie seulement pour tes parents. Si tu oses seulement m'adresser la parole en privé, je ne me contenterai pas d'un coup dans les parties. Est-ce que c'est bien clair ?

Shikamaru ne répondit pas. Il était toujours à terre et avait laissé la blonde tenir son discours sans l'interrompre.

Est-ce que c'est bien clair ? redemanda Temari d'une voix plus forte.

Oui.

Sur ce, Temari tourna les talons et partit en marchant à travers la forêt. Son cœur continuait à battre de plus en plus fort. Mais la fierté lui imposa de ne pas se retourner. Ne jamais revenir vers l'ennemi. Si Nara l'avait déstabilisé hier, elle venait aujourd'hui de remporter une bataille.