Chapitre 7 : Déstabilisation
Nara tenait parole. 10 jours s'étaient écoulés et il ne lui avait adressé la parole que pour les salutations obligatoires et uniquement en présence de ses parents. La vie s'écoulait doucement pour Temari et elle finit par se dire que ce séjour allait mieux se terminer qu'il n'avait commencé. Le soleil brillait sur Konoha depuis plusieurs jours et Temari se sentait seule. Elle avait recommencé à courir tous les jours et Mme Nara s'en était inquiété. Elle avait l'air préoccupé à chaque fois que Temari partait dès l'aube pour ne revenir qu'une fois le soir tombé. Elle avait tenté plusieurs fois d'entrer en discussion avec la blonde et celle-ci avait habilement esquivé. Aussi pour ne plus avoir ce genre de souci, Temari courait moins souvent et moins longtemps. L'ennui s'était alors installé petit à petit. Et la solitude qui va avec …
Ce jour-là Temari se leva d'un bond. Il fallait que ça change. Elle allait recommencer à avoir une vie sociale c'était décidé. Dès 9h, elle appela Hinata pour lui proposer de se voir dans la journée. La brune semblait très enthousiaste et l'invita en début d'après-midi à la rejoindre dans le centre de Konoha.
A 13h58, Temari était devant la fontaine sur la place centrale de Konoha. Vêtue d'une robe courte verte maintenue par une ceinture au niveau de la taille, la blonde était nerveuse. Elle n'arrivait pas à savoir pourquoi et ses tentatives pour se raisonner ne démêlait pas la boule qui lui tordait l'estomac. Elle avait l'impression que tout le monde la regardait et elle priait pour qu'Hinata arrive rapidement. La brune étant d'une ponctualité exemplaire, celle-ci arriva à 14H avec un large sourire.
Bonjour Temari. Je suis tellement contente que tu m'ai appelé.
Bonjour Hinata. Je suis ravie de te voir aussi. J'aurais dû t'appeler plus tôt.
Non, non, c'est très bien que tu l'ai fait. Tu veux faire quoi ?
Je sais pas trop … Tu as une idée ?
La brune, débordant d'enthousiasme, sourit de toutes ses dents. Elle attrapa Temari par le poignet et l'entraîna vers les rues commerçantes de Konoha. La blonde comprit alors que son après-midi serait rempli de robes, jupes, top et chaussures.
Plusieurs heures de shopping intensif plus tard, les deux jeunes femmes s'assirent à la terrasse d'un café. Elles posèrent les nombreux sacs de vêtements et autres accessoires qu'elles portaient et commandèrent un thé. Temari leva les yeux vers le ciel et prit le temps de regarder les nuages. Cette vision était reposante après cet après-midi harassant à regarder, juger, choisir, essayer, juger, enlever, réessayer, demander conseil, choisir …
Shikamaru déteint sur toi, lança Hinata d'une voix calme.
Cette réflexion anodine tira immédiatement la blonde de sa rêverie. Un courant électrique la parcourut, crispant ses muscles et nouant son estomac. Ses sens étaient en alerte comme si l'agression pouvait surgir de toute part.
Comment ça ? demande la blonde, le ton plus sec qu'elle ne l'aurait voulu.
Tu regardes les nuages en rêvant. Quoique ça fait longtemps qu'on ne l'a pas vu comme ça, expliqua la brune.
Pas un seul instant, Hinata ne s'était départi de son calme. Elle était comme ça Hinata. Toujours très calme, très observatrice, à sortir des phrases justes au bon moment pour faire réagir son interlocuteur. Sa sagesse était une source d'inspiration pour Temari qui avait tant de mal à gérer son côté sanguin.
La blonde se détendit légèrement et nia en bloc tout point de comparaison entre elle et « ce sale fainéant ». Hinata sourit doucement au-dessus de sa tasse de thé et s'excusa de l'avoir froissé. Le silence revint doucement et les deux jeunes femmes profitèrent de cette pause pour se ressourcer.
Temari était en colère contre elle-même. Comment pouvait-elle être comparée à ce connard. Jamais elle ne devrait agir de manière à ce qu'on l'associe à LUI. Elle était en rage. Mais surtout, elle se sentait humiliée car elle sentait une part de vrai dans ce que son amie lui avait dit. Elle avait côtoyé le Nara suffisamment longtemps pour qu'elle prenne certaines de ses habitudes. Temari refit alors le fil dans sa tête de tout ce qui pouvait présenter un point commun entre eux. Plus elle en trouait et plus sa colère montait.
Elle en était là de ses réflexions lorsqu'une phrase retentit dans sa tête. Cette dernière phrase : « Quoique ça fait longtemps qu'on ne l'a pas vu comme ça ». Qu'est-ce qu'elle voulait dire par là ? Il avait changé de comportement ? Lui, le roi des « j'en-foutiste » aurait arrêté de rêver en regardant ces sacro-saints nuages ? Temari ne prêtait pas attention à Hinata qui continuait à parler tranquillement sur les livres qu'elle avait lus dernièrement. Le temps de finir leur théière et d'un rapide au revoir avec une promesse de prochain rendez-vous, et Temari reprit le chemin de chez les Nara la tête toujours pleine de ses interrogations. Elle commençait à émettre des hypothèses sur le brusque changement de comportement de l'homme qu'elle haïssait sans se rendre compte qu'elle prêtait un peu trop d'attention à une personne dont elle n'avait plus rien à faire.
Les gens passaient près d'elle, comme des fantômes. Elle s'avançait le long de rues, aveugle. Elle reprit pied de manière brutale quand elle sentit une odeur de cèdre passer près d'elle. Elle fit volte-face. C'était le Nara qui venait de passer. Elle aurait reconnu son odeur entre mille. Comme convenu lors de leur entrevue dans la forêt, n'étant pas en présence des parents Nara ou autre personne importante, il ne lui avait pas adressé la parole. Ce n'était pas la première fois qu'il s'absentait le Vendredi soir. Elle l'avait déjà vu partir ces deux dernières semaines à cette même heure. Elle devait en avoir le cœur net.
