Hello…?
Ok-ok, I'm a big fat liar, I knoooow! I'm sorry, I'm sorry, I'm sorry,
Je suis TELLEMENT en retard! Ça fait un mois, j'ai trop honte…
En tout cas, merci milles fois pour vos reviews! I love you people, seriously. Je vais vous nommer, tiens: , PetitLutin22, NiyumeSs, holybleu, Yuuchaan, ofo, sasu-hime, himechu95670, Egwene Al' Vere, merguez, Julia13verseau, Kelewan, Aralorn, Karine, Rik-rak, Badlorchen . BIG HUG! ! :D
Un autre big hug pour ma bêta fawkesthephoenix8 :)
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Chapitre 28
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10 septembre 2003, au soir
Harry était allé trois fois dans le clan des Veelas.
Ses deux dernières fois étaient assez récentes; lorsqu'il était allé interroger Draco Malfoy pour l'enquête et quand il était revenu le visiter le lendemain. Mais la première fois…
C'était quelque temps après la guerre. Durant la période où l'Élu avait cru de tout son cœur qu'avec Voldemort mort, son Partenaire et lui allaient pouvoir vivre heureux ensemble. Mais il s'était horriblement trompé.
À l'époque, il avait appris que Draco Malfoy avait vite fait de déménager dans ce clan mystique. La forêt d'Aulsch? Harry n'en avait jamais entendu parler. Alors il avait attendu que le blond lui fasse peut-être signe avant d'aller s'aventurer chez cette communauté féerique. Mais les jours et les semaines étaient passés et le blond n'avait toujours pas donné de nouvelles. Le Survivant avait donc décidé d'aller chercher ses réponses lui-même en pénétrant le clan des Veelas.
Le rejet de son Partenaire, cette nuit-là, était probablement le pire souvenir d'Harry. Même la guerre et ses représailles ne lui avaient pas donné autant de cauchemars par la suite. Son cœur avait été flagellé à un point tel qu'Harry s'obligeait toujours à ne pas trop penser à cette fameuse nuit, au risque de retomber automatiquement dans une dépression cuisante.
Alors, se retrouver pour la quatrième fois dans le clan des Veelas, dans la maison de Draco, à attendre que le propriétaire revienne chez lui, sans savoir quel serait le dénouement de cette soirée, était un supplice pour Harry. L'Auror ne croyait pas qu'il serait capable de supporter un autre rejet. Même si ce rejet était dans le but de le protéger contre cet assassin qui rodait autour d'eux.
-Que puis-je vous servir, Maître Harry?
Harry leva les yeux sur l'adolescente aux cheveux noirs qui le regardait avec un sourire. Elle était vêtue d'une longue robe violette en voiles avec une traine derrière. Ses cheveux étaient coiffés en un chignon torsadé et agrémentés de toutes petites perles blanches. La jeune fille avait l'air d'une princesse, pas d'une servante. À bien y penser, en traversant l'habitat des Veelas, l'Auror n'aurait jamais pu deviner qui était pauvre ou riche, qui pouvait être un noble ou un simple paysan. Tout le monde était naturellement éclatant. Comme Renna.
Assis sur les canapés en cuir du salon de Draco, Harry fit un sourire crispé à la servante de son Partenaire en espérant que son stress ne se montrait pas trop.
Il avait pourtant dit à la jeune fille de l'appeler juste « Harry », mais celle-ci l'avait formidablement ignoré. Le Survivant ne la connaissait pas énormément, mais Renna semblait être du genre à n'en faire qu'à sa tête… et elle avait l'air d'être bizarrement heureuse de l'appeler « Maître Harry ».
-Merci Renna, mais ça va aller.
La fille conserva son sourire en faisant la sourde oreille :
-Du vin, du jus, du thé ou de l'eau?
Harry hésita, pendant que la servante le regardait, ne lui donnant pas le choix.
-D'accord, d'accord, de l'eau, capitula Harry.
-Parfait ! Je reviens tout de suite! sourit la jeune Veela avant de sautiller hors du salon.
Harry soupira en se passant une main dans les cheveux. Ses yeux tombèrent sur les pierres blanches et raffinées entourant la cheminée du salon, et un instant plus tard, les pupilles vertes du Survivant parcoururent les autres murs et leur décoration. La maison respirait la classe et la simplicité en même temps. Elle était très élégante, quoique plus froide que chez l'ancien Gryffondor.
Oui, c'était beau chez Draco Malfoy.
Tout comme le clan. Il avait l'air d'y faire bon vivre.
Si tout se passait bien et qu'ils réussissaient à capturer l'assassin sans se faire tuer dans le processus, Harry avait décidé qu'il ne donnerait pas le choix à Draco d'être avec lui. Mais après ceci, l'Auror ne savait pas exactement où ils habiteraient. Le Survivant se surprenait à aimer le clan des Veelas, mais pourrait-il réellement abandonner le 12 Square Grimmaurd? Ce précieux héritage que Sirius lui avait légué ? Serait-ce facile pour Teddy? Bien sûr, le petit n'allait rien dire comme toujours, mais Harry n'était pas du genre à ignorer ses sentiments à cause de cela.
-Et voilà ! s'éleva la voix de Renna en sortant l'invité de ses pensées.
La jeune servante revenait avec un plateau soutenant une carafe d'eau en cristal et un verre. Elle offrit un énième sourire au brun avant d'installer sa charge sur la table basse devant lui. Elle se saisit ensuite de la carafe d'eau et servit le Survivant.
-Maître Draco ne devrait pas tarder. Il a dit qu'il reviendrait à la maison tout de suite après son dîner avec le jeune Maitre Joshua. Il devrait être là d'une minute à l'autre.
Le cœur Harry se serra désagréablement à la mention du nom du fils de Sirius.
Harry considérait la relation -ou plutôt l'inexistence de relation- qu'il avait avec le fils de son Parrain comme l'une des plus grandes défaites de sa vie. Draco avait été désigné comme le gardien légal de Joshua, et comme le blond avait tout fait pour fuir son Vir et qu'il s'était terré dans le clan des Veelas, l'Auror n'avait jamais eu l'occasion d'énormément interagir avec Joshua.
-Joshua… commença le brun d'une voix moins stable qu'il l'aurait souhaité.
Renna leva les yeux sur lui en lui tendant son verre d'eau. Harry s'en saisit et se racla la gorge avant de continuer :
-Est-ce qu'il… Est-ce que Joshua va revenir aussi ?
Comme si elle savait les sentiments du Survivant, Renna lui lança un regard légèrement peiné et sourit tristement :
-Malheureusement, le jeune maître retourne à l'école tout de suite après. Il a eu l'autorisation de sortir du château uniquement pour cet après-midi. Maitre Draco sera donc seul à revenir au clan.
Harry essaya de repousser la déception qui le saisit et prit une gorgée d'eau pour se distraire. Il se souvenait que la première fois que Sirius lui avait avoué avoir un fils, il s'était senti trahi de plus d'une façon. Le Survivant en avait particulièrement voulu à son parrain parce qu'il avait manqué 6 ans de la vie d'un enfant qu'il aurait pu considérer comme un petit frère adoptif. Mais même 7 ans plus tard, Harry n'avait jamais pu être présent pour ce petit frère adoptif en question. Il ne pouvait s'en vouloir qu'à lui-même, maintenant.
-Comment est-il ? Joshua, je veux dire, demanda doucement le Survivant
Renna ricana légèrement en mettant l'une des mèches de ses cheveux sombres derrière son oreille gauche:
-Le jeune maitre est comme un petit soleil excité qui t'éclaire même quand tu as envie d'être à l'ombre.
La Veela s'assit dans le fauteuil faisant face à Harry et fixa son regard sur le sol, le sourire aux lèvres, avant de poursuivre :
-C'est un gamin mesquin et malin! Le jeune maître a également un physique avantageux et l'utilise parfois pour amadouer les autres, même s'il sait pertinemment qu'on voit clair dans son jeu. Et je ne vous parle pas du nombre hallucinant de lettres de Poudlard que nous recevons à cause des 400 coups qu'il fait à l'école!
Renna se pencha vers le brun, comme pour lui confier un secret, et dit avec un clin d'œil amusé :
-Et bien sûr, son passe-temps favori est d'embêter Maître Draco et de le rendre dingue! Maitre Draco à une imagination débordante pour les insultes maintenant!
Harry se mit à rire, reconnaissant un peu le côté de Sirius chez le gamin. Il semblait être un vrai phénomène à la façon dont Renna le décrivait. Le Survivant aurait tant voulu le connaitre plus tôt.
-Mais il est bon pour Maitre Draco, murmura la jeune fille, le regard vague.
L'atmosphère devint plus sérieuse et le Survivant se calma aussitôt, s'attendant à entendre des confessions moins drôles.
-Maitre Draco ne va pas toujours bien, mais c'était encore pire avant, dit Renna. Certaines fois étaient tout bonnement horribles; il faisait des crises catastrophiques et se renfermait sur lui même sans prononcer un mot pendant des jours. Le Maitre à tendance à se créer d'épaisses carapaces et ne donne l'autorisation à personne d'entrer. On ne peut pas savoir ce qui se passe de l'autre côté de cette forteresse et ça m'a toujours inquiétée.
Harry resta silencieux et regarda les yeux de Renna se détourner pour se concentrer sur les flammes du feu dans la cheminée devant eux.
-Je me dis souvent que sans Maître Blaise et le jeune Maitre Joshua, Maitre Draco aurait emprunté un chemin bien plus noir que je ne veux même pas m'imaginer, continua la Veela. Cependant, contrairement à Maitre Blaise qui laisse le temps à son meilleur ami de se confier à lui tranquillement, le jeune Maitre Joshua à une méthode bien plus brusque. Quand il voit que son parrain ne va pas bien, le jeune Maitre Joshua s'accroche à lui jusqu'à ce qu'il aille mieux. Même quand Maitre Draco hurle de le lâcher, son filleul n'en fait rien. Il s'impose jusqu'à ce qu'il juge que la situation s'est améliorée. Maitre Draco dit toujours que ça le rend fou -ce qui est probablement vrai- et qu'il ne supporte pas l'adolescent, mais dans le fond…
-Draco l'aime beaucoup, compléta Harry.
Renna lâcha un faible rire :
-Des fois, je me demande s'il s'en rend compte lui-même! Peut-être bien que oui, mais jamais il ne l'avouera de sa vie!
Le Survivant sourit doucement et observa à son tour les flammes dans le foyer. Le feu brûlait calmement et dégageait une chaleur qui semblait envelopper son corps et ses pensées.
Alors comme ça, Joshua avait été présent pour son Partenaire pendant qu'il n'était pas là.
Au lieu de jalouser l'adolescent comme Harry avait l'habitude de faire quand il voyait qu'une autre personne que lui s'occupait du blond, il éprouva une certaine gratitude envers Joshua. Ce n'était que maintenant que l'Auror apprenait que Draco avait également souffert de leur séparation, et savoir que plus d'une personne avait été présente pour le soutenir soulageait intensément le brun.
Harry ne sut pas combien de minutes silencieuses Renna et lui partagèrent, mais l'ancien Gryffondor sursauta quand la jeune fille s'exclama soudainement :
-Il est là !
Le cœur d'Harry se mit à battre férocement dans sa poitrine et il suivit le regard de la Veela aux cheveux noirs qui fixait la fenêtre de gauche. À travers celle-ci, on pouvait distinguer une Cydelle qui venait d'atterrir près de la maison chevauchée par un blond que le Vir reconnaitrait partout. Renna se leva immédiatement et se tourna vers Harry. Elle se pencha vers lui et lui saisit les mains :
-J'espère de tout cœur qu'après ce soir, vous appeler « Maitre Harry » et vous servir sera chose quotidienne pour moi.
Puis, sans en ajouter plus, la jeune Veela se précipita hors du salon. Quelques secondes plus tard, Harry entendit la porte d'entrée s'ouvrir et se refermer.
Le Vir n'osa même plus regarder par la fenêtre, l'appréhension de cette rencontre lui serrant désagréablement le ventre. Il se contenta d'observer, comme avant, le feu devant lui et son cœur fit un bond douloureux dans sa poitrine quand il entendit une nouvelle fois la porte d'entrée s'ouvrir et se refermer. Harry espérait presque que c'était Renna qui revenait lui annoncer que ce n'était pas Draco Malfoy qui était là finalement, mais une tout autre personne.
Cependant, quand il distingua des pas s'approcher lentement du salon, L'Auror sut tout de suite que c'était ceux de son Partenaire. L'âme du Survivant lui criait d'aller s'unir à celle qui s'approchait et Harry ferma les yeux pour se calmer.
Le bruit de pas s'arrêta à la porte du salon et l'ancien Gryffondor essaya de recouvrer son courage pour avoir la force d'ouvrir ses paupières et de lever les yeux sur son âme sœur. Mais avant qu'il ne puisse faire quoi que soit, Draco fit quelque chose qui le prit complètement de court :
« Potter… »
La voix résonna dans la tête d'Harry, calme, et un peu incertaine.
Parler à travers les pensées était un don que peu de Partenaires arrivaient à développer. Depuis combien de temps l'ancien Serpentard et Harry n'avaient-ils pas usé de ce moyen de communication? Si longtemps. Ils ne l'avaient fait qu'une seule fois. Cette journée-là, à la guerre de Poudlard. Ayant tout à coup l'affreuse envie de pleurer, Harry ouvrit les yeux et tourna finalement son visage vers le blond.
Le teint de l'apothicaire avait beaucoup plus de couleurs que la dernière fois qu'Harry l'avait vu. Il avait l'air plus en forme.
Il portait un t-shirt gris sous une veste ajustée marine qui faisait magnifiquement ressortir la couleur de ses yeux. Les pupilles métalliques du Veela brillaient intensément et étaient figées sur lui.
Harry déglutit et se leva lentement avant de faire complètement face à sa Sän. Les yeux de Draco suivirent chacun de ses mouvements.
Ils se contentèrent de se fixer de longues secondes, en silence, leur cœur battant à tout rompre, leurs émotions chamboulées vaquant au-dessus de leur tête.
-Tu as deviné, non? murmura finalement le blond.
Tout à coup, comme un raz de marée qui le frappait, des sentiments inconnus envahir le corps d'Harry. Une angoisse étrangère s'ajouta à la sienne, une peur aiguë se mêla à son appréhension, et une tristesse embrassa sa propre peine. Draco partageait avec lui ses sentiments.
Harry résista à cette nouvelle vive envie de prendre l'amour de sa vie dans ses bras et de ne plus le lâcher, et se força à se concentrer sur leur problème présent.
-Premièrement, Draco, qu'est-ce qui te met en danger à propos de ce Serment? demanda Harry.
Ce dernier ne voulait absolument pas répéter l'épisode à Sainte-Mangouste, quand le blond avait failli se tuer devant lui en essayant de détourner le Serment et de lui dire un peu de son contenu.
-Ne prends pas de risque, s'il te plait, continua Harry.
-Je ne peux pas parler du Serment, mais tu peux deviner, ça ne m'affectera pas, répondit Draco en conservant ses yeux gris sur le brun.
Harry hocha sèchement la tête et prit une grande respiration, ses mains commençant à devenir moites.
Il devait réfléchir attentivement. L'Auror savait pertinemment que l'histoire dans laquelle était mêlé son Partenaire était plus grosse que ce qu'il croyait, alors ses théories pourraient très bien aller dans toutes les directions.
Le Survivant décida donc de commencer par ce qui n'avait pas de sens.
Il fronça les sourcils en observant soigneusement le blond devant lui et essaya de s'imaginer à sa place
Qu'aurait-il fait s'il avait été dans la peau de Draco et que quelqu'un essayait de tuer sa moitié? Simple; il l'aurait averti, il serait resté auprès d'elle et il l'aurait protégée. Or, son âme sœur n'avait rien fait de tout ça.
Harry savait maintenant que le Serment Inviolable avait empêché Draco de faire le numéro 1; l'avertir. Mais le Veela aurait pu opter pour les deux autres aspects; rester avec lui et le défendre contre l'assassin.
Bien sûr, ce n'était pas du tout le devoir de Draco de le protéger, au contraire. Mais Harry savait que le blond ne se limitait pas du tout aux rôles des Veelas dans un couple et qu'il aurait au moins essayé de le faire s'il tenait vraiment à lui. De plus, les pouvoirs de Veela de l'apothicaire étaient puissants et ce dernier avait toujours été extrêmement confiant en eux.
-Tu n'as pas le droit de me protéger… d'aucune façon, élucida l'Élu.
Au regard intense de Draco, Harry sut qu'il avait vu juste.
-Toute cette enquête, ça a toujours été moi la cause principale, continua Harry avec empressement. L'assassin recherche ta Partenaire, mais il ne sait pas que c'est moi. De ton côté, à cause du Serment, tu n'as jamais eu le droit de m'avertir d'une quelconque façon et tu ne pourras pas me protéger s'il me retrouve, j'ai bien pigé?
Draco ne pouvait rien confirmer de son plein gré, mais Harry n'eut pas besoin d'un « oui » à voix haute. Les battements du cœur de son Partenaire répondaient pour lui.
-Il… Il est proche de moi? hasarda Harry.
L'angoisse du blond que ressentait l'Auror à travers lui augmenta légèrement, même si l'apothicaire prit bien soin de garder un visage neutre sans donner de réponse concrète.
Ok, donc, l'assassin était dans l'entourage d'Harry.
-Et tu ne peux pas le dénoncer j'imagine? demanda-t-il.
Le Survivant songea qu'il devait vraiment arrêter de poser des questions, car Draco ne pouvait clairement pas y répondre sans risque, mais à sa grande surprise, le blond déclara librement sans se tordre de douleur :
-Il y a ça, effectivement, mais je ne sais carrément pas qui c'est. C'est une métamorphomage, elle a pris un autre visage.
-Attends, c'est une fille?
Le détail étonna Harry plus que nécessaire. Évidemment, son équipe et lui n'avaient jamais écarté l'idée, mais le brun s'était toujours personnellement représenté l'assassin comme un homme.
Draco ne répondit pas à sa question. Il lui lança un regard indéchiffrable avant de le dépasser et de se diriger vers le mur à la droite de la cheminée. Il y avait un porte-bouteilles richement rempli accroché au mur un peu plus vers le fond. Sans un mot, Draco prit une bouteille au hasard et l'ouvrit avec la facilité d'un habitué à l'aide d'un tirebouchon qui pendait au meuble. Pendant un moment, Harry le regarda se saisir d'un verre posé sur le dessus d'un rebord, puis demanda :
-Est-ce que c'est à cause de toute cette histoire que tu as déménagé dans le clan des Veelas?
-C'est plus facile de supporter l'absence de quelqu'un dans ta vie si tu ne la vois pas déambuler dans les rues constamment, répondit tranquillement Draco en versant le liquide rouge dans sa coupe. Puis, forcément, moins tu me voyais, moins tu avais de chances de m'approcher.
-Justement Draco, comment a-t-on fait pour survivre cette séparation aussi longtemps? demanda Harry en songeant à cette étrange force intérieure qui lui avait toujours dit de rester loin du blond. Fleur a dit que c'était impossible pour deux Partenaires d'être éloignés l'un de l'autre pendant des années.
Les épaules de Draco se tendirent. Harry ressentit le cœur de l'apothicaire battre plus vite à travers sa propre poitrine.
-Qu'est-ce qu'il y avait dans la potion que tu m'envoyais? continua l'ancien Gryffondor.
Au lieu de répondre à son Vir, Draco apporta la coupe de vin qu'il avait en main à sa bouche et l'engloutit en quelques gorgées. Il passa ensuite discrètement une langue sur ses lèvres et se resservit un autre verre sans pour autant répondre à la question d'Harry. Cette fois-ci, cependant, le blond ne but pas le contenu de sa coupe et se contenta de la fixer.
Après un long moment, l'apothicaire parla enfin :
-Ça s'appelle de l'eau de Kèrln. Elle peut apaiser n'importe quel type de douleur -comme nos crises- et elle peut aussi avoir la propriété d'influencer les actions de la personne qui la consomme.
Le cœur d'Harry se refroidit.
-Les créateurs de la potion ont le loisir d'y ajouter des désirs quelconques chez ceux qui la boivent, continua Draco. J'ai donc fait en sorte qu'elle t'oblige, ou plutôt, te « suggère fortement » d'être éloigné de moi et de garder notre secret. Elle crée aussi une vive dépendance, voilà pourquoi tu devais avoir l'impression que tes crises s'empiraient quand tu n'en consommais pas pendant un certain temps.
Comme un puzzle qui venait enfin d'être terminé, presque toutes les questions qu'Harry s'était toujours posées se résolvaient en même temps. Il avait cru être le pire ami de la planète quand il avait caché sa relation avec Malfoy à ses proches. Toutes les fois où il avait menti encore et encore et encore à propos de ses crises, de ses dépressions, ou de ses cauchemars n'avaient pas été ses propres décisions. Parce qu'il avait simplement fait confiance à son Partenaire et qu'il avait bu cette étrange potion qui soulageait ses maux sans se poser de questions. Sa Sän n'aurait sûrement jamais mis quelque chose qui le nuirait à l'intérieur, n'est-ce pas? C'était ce qu'Harry avait cru, du moins.
-Tu m'as manipulé, en fait, dit l'Élu.
Draco ne répondit pas et aucun pli de son visage ne changea, mais Harry sentit une vague de remords le traverser de la part du blond.
Le Survivant ne parvint pas à faire baisser la colère qui montait petit à petit en lui. Il se sentait affreusement trahi.
-Pendant plus de 5 ans, tu vas me dire que je n'ai jamais été totalement maitre de mes actions, dit lentement Harry en tentant de contrôler sa colère. Sais-tu à quel point les effets de ta potion ont rendu ma vie misérable!?
-Je n'avais pas le choix, répondit finalement Draco entre ses dents, évitant toujours le regard de l'Auror.
-Tu aurais pu-
-Faire quoi?!
Draco avait brusquement déposé son verre sur le haut de la cheminée et s'était enfin retourné vers son Vir. Il ne donna pas le temps à Harry de répondre et poursuivit avec fougue :
-Faire quoi, Potter, hein? Dis-moi! Mes mains étaient liées! Tu m'aurais écouté, peut-être, si je t'avais dit de rester loin de moi sans te donner une putain de raison? Ou peut-être que tu aurais préféré que j'ignore le danger qui pesait sur toi et qu'on vive le parfait amour pendant deux semaines avant qu'on ne te retrouve pendu au chandelier de ta chambre!
Bouche bée, Harry resta silencieux, commençant à être honteux par sa bouffée de rage. Il savait pertinemment que Draco avait été obligé de le manipuler pour son propre bien. L'ancien Serpentard n'avait pas fait cela dans le but de le blesser, mais le fait que la Sän de l'Auror se soit jouée de lui faisait quand même mal.
-Tu n'étais pas le seul à faire des crises, dit encore le blond en se calmant. Et la plupart des miennes n'étaient pas parce que tu n'étais pas là.
Harry comprit l'allusion. Tout comme lui se sentait le pire des déchets quand il n'arrivait pas à protéger physiquement son Partenaire, Draco avait dû se sentir horrible de faire souffrir émotionnellement son Vir.
-Excuse-moi, Draco, murmura ce dernier. Je sais que tu as fait ça pour me sauver.
Draco étudia longuement Harry avant détourner le regard et de le plonger dans les flammes du foyer.
Malgré les excuses de l'Auror, d'autres sentiments noirs qui n'étaient pas les siens traversèrent le brun. Inquiet, le Survivant voulut s'approcher de l'autre homme :
-Dra-
-J'ai fait bien pire que te manipuler pour te sauver, Harry.
L'entente de son prénom de la bouche du Veela n'apporta pas la même joie habituelle qu'Harry ressentait les rares fois où son âme sœur le disait. Draco lui avouait un truc trop sérieux.
-Tu as tué, devina l'ancien Gryffondor.
L'apothicaire ne dit rien en reprenant sa coupe sur le haut de la cheminée, confirmant les doutes de son Partenaire.
Harry fit un minuscule sourire sans joie. Tout le monde avait tué durant la guerre. Même Hermione, même Neville. Ils n'avaient pas gagné contre le Voldemort à coups de « Stupéfix ». La plupart d'entre eux avaient encore des séquelles de cette période sombre, mais ils étaient tous passés par là.
Cependant, de toutes les personnes qu'Harry aurait cru que ça affecterait le moins, l'apothicaire se retrouvait en tête de liste. Draco Malfoy n'avait jamais été le plus sensible du monde, alors l'Auror était sûr que ce n'était pas la mort de quelques ennemis qui l'aurait autant touché. Il avait fait pire que juste tuer des ennemis. Et Harry su immédiatement c'était quoi.
-C'était toi les Vagues du Diable, souffla l'Élu.
Pour toute réponse, Draco se remit à boire de son vin. Et le monde autour d'Harry devint plus lugubre.
Au fond de lui, le Survivant avait toujours su que c'était son Partenaire qui avait concocté ces potions si meurtrières, mais en avoir la confirmation était pire qu'il ne pensait. Il avait tenté de nier ce doute toutes ces années, car l'idée lui était trop affreuse.
Cette potion avait tué 76 innocents à Norwich durant leur 6ième année, puis des vingtaines, des trentaines, tant d'autres durant la Grande Guerre. Harry ferma douloureusement les yeux.
Il avait mal au cœur.
-Cette potion, tu as été obligé de la faire pour me protéger, n'est-ce pas? Tu as tué tous ces gens par ma faute, dit Harry d'une voix peinée.
Draco leva abruptement les yeux sur lui, un air de surprise peint sur le visage, comme s'il ne s'attendait pas à ce que son Vir s'accuse lui-même. Il déposa à nouveau sa coupe sur le dessus de la cheminée et fit quelques pas en direction du Survivant :
-J'ai tué pour toi. J'ai énormément tué pour toi. Mais ça ne sera jamais de ta faute, Harry.
Harry secoua la tête à ces paroles.
Il avait encore l'impression d'avoir horriblement failli à son rôle de Vir. Car c'était bien parce qu'il n'avait pas été présent, à un moment donné, que Draco avait été obligé de faire ce Serment Inviolable, de tuer autant des gens, et de souffrir seul pendant toutes ces années. Harry n'avait pas été là, ce jour spécifique, pour protéger Draco et l'empêcher de faire toutes ces choses.
Puis le fait que l'Élu soit lui-même lié à toutes ces morts était probablement ce qui le terrorisait le plus. Déjà, quand il avait compris que 4 femmes avaient été assassinées à sa place, il avait été horrifié. Mais maintenant, il apprenait que des centaines de personnes étaient mortes pour lui.
Il avait vraiment mal au cœur.
-Tu n'aurais jamais dû faire ça pour moi, Draco, dit difficilement Harry, une boule se formant dans sa gorge.
-Ce n'était pas juste pour toi, répondit le blond. Je suis égoïste, Potter, et je n'aime pas qu'on touche à ce qui m'appartient. Alors si je dois tuer pour protéger les miens, je le fais.
Harry plongea ses yeux dans ceux du Veela, se demandant ce qu'il devait penser de cet aveu.
-Je ne suis pas un Saint, poursuivit Draco. Et je ne le serai jamais. Tu as peut-être une parfaite âme blanche, mais ce n'est pas parce que tu es mon Partenaire que je vais aussi devenir un ange.
-Mais jamais je ne t'aurais demandé de faire une chose pareille! dit Harry d'une voix désespérée.
-Si tu crois vraiment que j'attendais ton autorisation.
-Peut-être que j'aurais voulu savoir que des gens mourraient pour protéger ma peau!
-Pour faire quoi? Si tu avais su, tu n'aurais pas accepté qu'on sacrifie ne serait-ce qu'une seule âme pour toi.
-Évidemment! Ces Vagues du Diable ont pris bien plus qu'une âme, Draco! Il y en a eu plus de 200, bon sang!
-Et c'était nécessaire!
-Tu me répètes encore ça! « Je n'avais pas le choix! », « C'était nécessaire »! Comme si ça excusait tout! Comme si leur mort ne faisait rien! Comme si leur vie valait moins que la mienne!
-Elles valaient moins que la tienne pour la guerre, Potter!
-Comment peux-tu dire ça!
-Parce que c'est vrai! Ta survie n'était pas juste importante pour notre petit couple! Le putain de monde sorcier au complet comptait sur toi! Si tu étais mort à cause du lien que tu partageais avec moi, le Seigneur des Ténèbres règnerait sur cette planète et aurait tué bien plus que ces 200 personnes! Le sort du monde valait ces sacrifices!
-Tu ne peux quand même pas penser comme ça! Merlin, Draco, même toi tu ne peux pas penser comme ça!
-JE T'AI DIT QUE JE N'ÉTAIS PAS UN SAINT !
Tout à coup, la coupe que Draco avait laissée sur le haut de la cheminée et plusieurs pierres lumineuses éclairant la pièce explosèrent brutalement. Les deux jeunes hommes arrêtèrent leurs hurlements et se calmèrent immédiatement. Harry ne s'en était pas rendu compte, mais leurs pouvoirs de Veela s'étaient apparemment manifestés durant la discussion.
Un silence tendu s'installa entre les deux hommes. Harry savait néanmoins qu'ils n'avaient pas fini de parler. Ce fut d'ailleurs Draco qui reprit la parole, plus calmement, cependant :
-Ça a toujours été ça la différence entre Gryffondor et Serpentard, tu sais. Vous seriez incapable de pousser à la mer la personne qui pourrait sauver tous les autres, et vous condamnerez le bateau au complet ainsi. Tandis que les Serpentard le feraient sans hésiter, aussi cruel que ça puisse paraître.
Harry déglutit difficilement, la boule dans sa gorge ne s'étant pas estompée, puis répondit :
-C'est vrai, mais ça montre au moins qu'on a plus de cœur.
Draco regarda attentivement son Vir pendant de longues secondes et Harry se demanda s'il avait été blessé par sa remarque. Mais l'apothicaire hocha une fois la tête en détournant le regard, comme s'il acceptait cette vérité et ne pouvait rien y faire.
-Pour l'instant, Potter, je me fiche bien que tu me juges ou que tu me détestes.
Draco se passa une main dans les cheveux et parut tout à coup extrêmement épuisé :
-Severus avait raison; tant que tu es vivant pour le faire, le reste m'importe peu.
Harry était perdu. Il ne savait pas comment se sentir. Des émotions intenses et complètement contradictoires faisaient des ravages dans son être. Il était épouvanté par plusieurs des aveux de son Partenaire, et probablement par Draco lui-même, mais il se surprenait à avoir de violents élans d'amour pour le blond qui se trouvait devant lui. Le Survivant ne savait pas comment des émotions si opposées arrivaient à être présentes dans son cœur, mais elles se battaient férocement comme dans un ring.
Lentement, il s'approcha de Draco. Ce dernier le regarda s'avancer vers lui, et quand son Vir fut assez près pour le toucher, il n'avait pas détaché ses pupilles grises de celles émeraude de l'Auror. Harry éleva doucement sa main vers le visage de son Partenaire. Ses doigts se posèrent délicatement sur sa joue droite, semblant avoir peur que le blond se casse sous lui.
-Tu es fou, Draco, murmura Harry d'une voix tremblante.
Le Survivant pensa soudain à cette nuit à l'infirmerie, 6 ans plus tôt, quand il était allé voir sa moitié après qu'il lui ait jeté cet affreux Sectumsempra.
Désespéré, Harry se souvenait qu'il avait dit à Draco qu'il l'aimait, et il n'avait jamais été plus convaincu d'une vérité que celle-là. Après cette déclaration, le blond l'avait durement renvoyé, cette nuit-là.
Mais depuis 6 ans, Draco Malfoy lui avait répondu « moi aussi » de la plus effrayante des façons.
-T'es complètement fou, répéta le brun.
Puis, sans un mot de plus, il scella ses lèvres à celles de son Partenaire.
Draco répondit d'emblée au baiser et ouvrit les lèvres pour donner accès à Harry. Le Survivant sentit leur cœur s'accélérer d'un même rythme et il passa un bras autour de la taille du blond pour le serrer plus contre lui. Ils auraient dû faire ça depuis le début.
Le baiser devint vite fougueux, presque violent, tant cette passion qu'ils avaient si longtemps contenue voulait être dégagée. La langue d'Harry dansait avec celle de Draco, bataillant un peu pour dominer le baiser. Mais bientôt, le Vir montra qu'il pouvait se montrer obstiné et Draco finit par capituler dans un gémissement.
Ils commencèrent à se toucher, se laissant emporter par leur désir bouillonnant.
Leurs gestes étaient fébriles et demandant, comme si le fait de s'être enfin avoué la vérité après tant d'années les soulageait tellement que leur âme entière en tremblait. L'Auror ne sut pas exactement quand ils se retrouvèrent près d'un mur, mais lorsque le dos de Draco s'y cogna, Harry frotta son érection brulante sous son pantalon contre celle du blond, pour lui montrer à quel point il le voulait.
« Harry… » lui souffla mentalement Draco.
Ledit Harry délaissa un moment les lèvres rougies de l'ancien Serpentard pour aller lui dévorer le cou. L'odeur du Veela enivra les sens du brun et sa chaleur sembla guérir son être entier.
Plus jamais.
Plus jamais Harry n'allait laisser sa Sän loin de lui désormais.
Draco parut trouver qu'ils étaient trop habillés pour leurs activités, alors il entreprit de déshabiller le Survivant. La chemise de l'Auror se retrouva vite par terre, mais lorsque l'apothicaire s'attaqua à sa ceinture, il s'arrêta un moment. Harry, qui était toujours occupé à embrasser le cou de son Partenaire, cessa également ses douceurs et baissa le regard pour voir ce qui préoccupait le blond.
Une lueur orange sortait de sa poche droite, là où il avait laissé sa Pierre de Communication. Harry n'avait même pas remarqué qu'elle s'était mise à chauffer.
Comme la lumière était orange, le message n'était pas urgent, mais ça voulait tout de même dire qu'il était important.
Cependant, important ou pas, Harry n'avait pas du tout l'intention d'y répondre maintenant. Il allait dire à Draco de ne pas faire attention à la Pierre et recommencer à l'embrasser, mais l'apothicaire avait bizarrement l'air submergé par la lueur.
-Ça doit être la Belette. Granger l'a fait, murmura le Veela.
-Qu… De quoi tu parles? s'enquit Harry, en se demandant comment l'apothicaire pouvait savoir l'expéditeur du message et quel était le rapport avec Hermione.
L'ancien Serpentard releva ses yeux sur son Vir avant de rapprocher son corps au sien et plongea son visage dans son cou.
-Je crois que la meurtrière est au Ministère et Granger doit m'aider dans mon plan pour la démasquer, murmura Draco contre sa peau.
Étonné, Harry repoussa gentiment les épaules du blond pour voir son visage et plongea ses orbes verts dans les orageux du Veela.
-Quel genre de plan? demanda l'Auror.
-Le genre que tu n'aimeras sûrement pas, répondit Draco.
Le Veela se mit à embrasser l'épaule droite de son Partenaire, et cette fois-ci, il réussit à défaire la boucle de la ceinture du brun sans être interrompu et ouvrit son pantalon pour l'abaisser. Mais Harry avait les sourcils froncés, tournant dans sa tête ce que Draco venait de dire et se demandant qui Diable au Ministère pourrait en vouloir à sa vie.
-Plus tard, Harry, souffla Draco en le sortant de ses pensées.
Il venait de passer une main sous le caleçon du Survivant et caressait tendrement son membre dur et avide d'attention, semblant lui dire qu'il avait une activité bien plus intéressante à faire que de se préoccuper du Ministère. Comme faire l'amour à son homme.
Alors Harry sourit et s'y appliqua.
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17 septembre 2003
Carolina, la réceptionniste de la porte centrale du Ministère de la Magie, haussa les épaules à la question muette de Ron quand elle lui tendit le formulaire.
-Un nouveau protocole? demanda Ron, confus.
-Pour aujourd'hui, en tout cas, répondit la grande brune. Le Ministre Shacklebolt a demandé à ce que toutes les personnes du département des Aurors, entre autres, apposent leur signature magique sur ce genre de formulaire.
-Pourquoi ça? s'enquit Ron en sortant tout de même sa baguette.
Carolina poussa un soupir avant de se passer une main dans les cheveux, n'en ayant visiblement rien à faire des raisons du Ministre :
-Peut-être que quelqu'un essaie de reproduire des documents falsifiés avec vos fausses signatures et qu'il veut les comparer, ou peut-être qu'il veut voir si vous venez vraiment tous au travail, qu'est-ce que j'en sais? Allons donc, cette signature.
Ron maugréa dans sa barbe pour la forme, mais agita quand même sa baguette au-dessus du formulaire. Des lettres courbées et dorées se posèrent sur la feuille, et le roux fit un dernier signe de tête à la grande brune avant de se diriger vers les ascenseurs. Ce n'était pas la première fois que Kingsley leur demandait de faire des choses sans s'expliquer. Si vraiment ses employés devaient être au courant, il allait leur dire.
Lorsque le roux arriva à son étage et que les portes de l'ascenseur s'ouvrirent, il vit sa femme dans le couloir en train de s'éloigner dans le sens opposé. Ron sortit rapidement et courut vers elle pour la rattraper avant qu'elle ne tourne l'angle de gauche.
-Hermy, dit son mari en lui attrapant l'épaule. Où étais-tu passé?
Depuis le matin, elle avait disparu. Elle était rentrée au Ministère bien plus tôt que Ron, prétextant avoir des choses à régler avant de les rejoindre dans la salle d'interrogatoire. Elle disparaissait d'ailleurs très souvent depuis quelques jours.
Quand la brune se retourna, elle fit un sourire mystérieux à son mari, puis lui indiqua le couloir du menton pour qu'ils continuent à marcher. Ron s'exécuta et fronça les sourcils quand il remarqua que la jeune femme à côté de lui tenait une pile des mêmes formulaires en main que celui qu'il venait tout juste de signer. Il y avait cependant plusieurs signatures différentes sur chaque feuille.
-Désolée, je t'avais dit que je devais régler quelques petits trucs, pas vrai? répondit Hermione à son mari. Je devais aider un vieil ami.
-Un vieil ami? s'étonna le roux. Qui ça?
Malheureusement, avec le cerveau de sa femme, plusieurs hommes de tous les métiers demandaient souvent sa compagnie. Si Ron devait être jaloux à chaque fois, il se serait épuisé depuis très longtemps, mais ça ne voulait pas dire que ça lui plaisait énormément non plus.
-Oh, tu ne le connais pas, dit Hermione. Il s'appelle Damien et je l'avais rencontré dans un cours de langue celtique. Il voulait que je l'aide à traduire un texte. Dis, tu as signé le formulaire?
-Oui, d'ailleurs, à quoi ils servent? Et pourquoi tu les transportes?
-Je ne sais pas non plus pour quoi ils sont, mais j'aide Kingsley à les ramasser. Il veut peut-être les étudier.
-Tu pourras être là à temps pour l'interrogatoire? Ça devrait commencer dans une minute.
-Oui bien sûr. J'avais fini de toute façon. Carolina pourrait apporter les autres formulaires au Ministre.
Hermione sortit sa baguette et l'éleva avant de l'agiter légèrement. Les formulaires s'envolèrent tout seuls dans les airs et partirent dans le couloir pour aller rejoindre, probablement, les bureaux de Kingsley.
-Allons-y, les autres sont sûrement déjà avec Malfoy, déclara Hermione en rangeant sa baguette.
Ron hocha la tête et ils se dirigèrent tous deux vers le couloir des salles d'interrogatoire de l'étage, leur démarche ferme, leurs pas synchronisés.
C'était la femme de Ron, bien sûr, qui avait découvert que Draco Malfoy avait une Partenaire. Elle l'avait dit à son mari lorsqu'ils étaient chez eux, quelques jours plus tôt. Le roux s'était empressé de prévenir à son équipe et ils avaient fixé une date pour encore interroger Malfoy. Ce dernier, à leur grande surprise, avait accepté, même s'il n'avait pas su la raison de cette nouvelle convocation.
Comment Hermione avait-elle pu percer le secret de cet aristocrate prétentieux? Ron n'avait pas compris toutes les explications sur les émanations magiques et les formules du 19ème siècle que sa femme lui avait dit. Il avait néanmoins saisi que Malfoy cachait sa marque sous de puissants sorts anciens difficiles à détecter et qu'Hermione avait quand même pu sentir une instabilité sur sa peau lorsqu'elle lui avait touché le bras. Signe qu'il cachait quelque chose. Comme une Marque d'Appartenance.
En tout cas, Hermione en était sûre. Et si elle était sûre, et bien, c'était presque toujours vrai.
Ils atteignirent la salle d'interrogatoire B11. Hermione ne prit pas la peine de cogner pour signaler leur présence et se saisit de la poignée avant d'ouvrir la porte.
Draco Malfoy était assis sur une chaise, face à une large table carrée, en plein milieu de la salle. Il portait une chemise ajustée verte et un pantalon noir qui semblaient tout droit sortir du magasin du dernier designer à la mode du pays. Et il affichait, comme toujours, ce même air glacial et hautain qui le caractérisait tant.
Harry, Laetitia et Neville, quant à eux, étaient debout, de chaque côté de la salle. Laetitia se trouvait près de la porte quand Ron et sa femme arrivèrent, Neville se tenait devant Malfoy et Harry était derrière le blond, appuyé contre le mur du fond. Ils n'avaient pas enfilé leur robe officielle d'Auror et semblaient simplement attendre les derniers venus tranquillement.
-Mais quel accueil! cracha sarcastiquement Malfoy en voyant Hermione et Ron entrer. Autant inviter le Ministère au complet tant qu'on y est!
-Ravi de te revoir aussi, Malfoy, dit Ron en s'approchant de lui.
Hermione alla se placer à la droite d'Harry, derrière le blond, prenant soin de ne pas croiser le regard du Veela. Ron comprenait; elle devait se sentir mal de l'avoir dénoncé de cette façon.
Malfoy avait raison sur un point. On n'interrogeait pas un suspect à cinq normalement. Mais pour ce cas-ci, le chef Wilckson leur avait donné la permission. Ça étonnerait Ron qu'ils puissent interroger Malfoy en toute liberté après aujourd'hui.
Ron s'assit devant le blond et Neville vint le rejoindre en prenant place sur la chaise à sa droite. Le roux ne savait pas si son meilleur ami et sa femme avaient fait exprès, mais comme ils étaient toujours derrière le Veela, ça allait être facile pour lui d'avoir leur opinion silencieusement au fur et à mesure que l'interrogatoire allait se dérouler sans que cette fouine le sache. Ron espérait vraiment qu'ils allaient coincer Malfoy, cette fois.
-Nous allons commencer, dit Laetitia sur leur gauche, qui remplaçait Michelle pour cette fois-ci, la femme de Droit qui les avait accompagnées dans le clan des Veelas.
Laetitia sortit sa baguette et jeta un sort sur le magnétophone magique posé à l'extrémité de la table. Un déclic retentit, indiquant que leurs paroles étaient maintenant enregistrées :
-Nous sommes ici présents pour la suite de l'interrogatoire de Draco Malfoy en lien avec les meurtres de Donna Crevins, Katy Roye, Jennifer Thompson et Astoria Greengrass, récita Laetitia.
-Il sera possible pour toi Malfoy, si tu en sens le besoin, de suspendre cette séance et d'avoir recours à un avocat, ajouta calmement Neville à côté de Ron.
-Je n'en ai pas besoin, dit l'ancien Serpentard de sa voix trainante en appuyant son dos sur le dossier de sa chaise. Alors, qu'avez-vous découvert de si intéressant!
Hermione, derrière le dos du blond, regarda son mari et lui fit un signe de tête pour l'encourager à dévoiler ce qu'ils savaient maintenant :
-Tu as une Partenaire, pas vrai? dit simplement Ron en étudiant son ancien ennemi de Poudlard.
Malfoy ne répondit pas, se contentant de fixer durement le roux. Il ne démentit pas non plus les propos de l'Auror, donnant raison à sa femme. Le blond avait une Partenaire. Enfin, Ron et son équipe le tenaient à propos de quelque chose. Un peu fier, Ron recommença à parler :
-On y avait pensé, tu sais Malfoy, à cette théorie que le but de la meurtrière était peut-être de simplement tuer ta Partenaire. Mais tu n'avais pas de Marque, tu avais passé nos tests de détection de camouflage à l'aide d'un moyen inconnu -car nous savons que tu as une Marque d'Appartenance-, et le plus important, tu sortais avec d'autres femmes! Et ce dernier point va à l'encontre du principe d'« âmes sœurs » des Veelas, pas vrai? Alors, nous avons un peu mis cette théorie de côté. Jusqu'à ce qu'on apprenne, il y a quelques jours, que tu avais bel et bien une Marque d'Appartenance. Tu nous la montres, dis?
Sans se départir de son air de glace, Malfoy croisa lentement les bras sur sa poitrine, signe que le roux pouvait bien aller se faire foutre avant qu'il lui montre sa Marque. Ron sourit à son attitude et reprit :
-En tout cas, avec ça, on en a déduit que tu essayais de refaire ta vie loin de ta Partenaire pour ne pas qu'elle soit en danger en restant avec toi. Probablement à cause du Serment Inviolable que tu avais fait dans le passé. Puis, tes petites amies, voyant que tu ne te donnais pas à elles -avec raison- allaient batifoler ailleurs. Malheureusement pour elles, le meurtrier croyait toujours qu'elles étaient potentiellement ta vraie Partenaire et se faisaient tuer à sa place. Oui décidément, on avait plusieurs mystères résolus. Mais j'ai pensé à Zabini, hier, pendant la nuit.
Ron prit une pause et un silence envahit la pièce. Seul le son du magnétophone posé au bout de la table tranchait la lourdeur de l'atmosphère. Le roux n'avait pas eu le temps de faire part de ses doutes à ses collègues et sa femme, car il avait formé sa théorie durant la nuit, donc il vit les autres tourner vers lui des yeux curieux.
Malfoy n'avait toujours pas fait le moindre geste pour trahir ses émotions. La mine imperturbable, il se contentait de scruter intensément l'Auror devant lui, les bras encore croisés.
Après qu'il eut jugé que son intro s'était suffisamment ancré les corps des personnes dans la pièce, Ron poursuivit :
-Après le meurtre de Donna, ta première copine, je me demandais vraiment pourquoi les autres filles avait risqué leur vie pour être avec toi, car tu n'avais vraiment pas l'air de prendre des précautions pour protéger tes proches du danger. Enfin, C'est ce que je croyais! Car quand le meurtrier a attaqué Zabini, une chance qu'il avait ce collier de protection que tu lui avais donné depuis 6 ans! Si ça n'avait pas été de sa réputation de coureur de jupons, on aurait même pu croire que c'était lui ton Partenaire! Merci, Merlin, pour Zabini, tu as été prévenant! Maintenant, dis-moi, Draco, sachant que le meurtrier recherchait ta Partenaire si avidement, comment se fait-il que tu n'aies jamais fourni à tes petites amies, celles qui étaient inévitablement les plus à risque de se faire assassiner, ces mêmes colliers si efficaces, hm?
-As-tu… fait exprès? souffla Neville à côté, comprenant où s'en allait Ron dans son idée.
-J'ai examiné une photo de ta mère dans le journal qu'on avait prise d'elle il y a deux semaines, quand elle venue ici te voir, ajouta Ron à Malfoy. Et elle avait exactement le même genre de collier protecteur autour du cou. Ça serait facile pour nous de découvrir si ton filleul et ta servante ont également ces colliers sur eux. Et s'ils en ont effectivement tous, eh bien, on pourrait se demander si tu ne voulais pas attirer l'assassin avec ses « copines » vulnérables.
Ce fut la première fois que les traits du visage du Veela changèrent. Les commissures de ses lèvres se relevèrent légèrement en un petit sourire narquois et il leva un peu les sourcils, comme si Neville et Ron venaient de résoudre une énigme complexe et que l'apothicaire était amusé que ça leur ait pris autant de temps.
Et Ron se rendit compte avec cette expression que le blond ne faisait que confirmer ses dires.
Sans se départir de son petit sourire, Malfoy décroisa les bras et se releva un peu de son siège. Il mit ensuite son coude droit sur la table devant lui et appuya son menton dans sa main, les yeux toujours plantés sur un Ron en colère.
-Voyons, vous me croyez vraiment capable d'une telle chose?
"Insensible" était le mot qu'avait employé Suzanne Roye, la sœur de Katy Roye, la deuxième victime, pour décrire Malfoy. Le roux avait été parfaitement d'accord avec la femme. À Poudlard, alors que Ron et son groupe consolaient une petite en pleurs, aidaient un première année à ramasser ses cahiers tombés par terre, ou amenaient un camarade blessé à l'infirmerie, Malfoy passait toujours devant ce genre de personnes sans leur accorder le moindre regard. C'était écrit sur son visage qu'il se croyait au dessus de tout ça et n'avait pas le temps de s'en préoccuper. Comment pouvait-on autant manipuler et exploiter son entourage et se soucier aussi peu de lui en retour? Le roux se posait déjà la question à l'époque, mais là, c'était pire. Utiliser ses copines de cette façon. Pouvait-on être plus détestable? Il en doutait.
Ron serra les poings et cracha au blond assis:
-Tu utilisais ces femmes comme de vulgaires appâts.
-C'est une intéressante théorie… très réaliste même, susurra le blond.
Ron fut sûr à cet instant que chaque personne dans la pièce savait que cette fameuse théorie était vraie.
Malfoy se re-laissa tomber sur sa chaise et croisa une nouvelle fois les bras, son assurance toujours en place :
-Ou bien peut-être que le Serment Inviolable que j'ai fait m'interdisait de protéger mes amoureuses, mais pas mes autres proches, qu'en savez-vous? Ou encore, peut-être que vous faites complètement fausse piste et que l'histoire est tout autre! Je ne peux malheureusement rien dire, à cause du Serment! Comme c'est dommage! Mais dans un cas ou dans un autre, selon les faits, je n'ai tué aucune de mes copines, n'est-ce pas ? Je l'ai même avoué sous Veritaserum. Je suis juste sorti avec des femmes qui ont eu le malheur de finir en mauvais état. Va-t-on me foutre en prison pour ça?
-Tu crois t'en tirer comme ça? Je te conseillerais quand même de prendre un bon avocat, siffla Ron.
-J'aurais bien pris Astoria, mais on l'a enterré il y a deux semaines.
Ron pinça durement les lèvres, l'envie de foutre son poing dans la gueule du blond le démangeant violemment. Il n'avait jamais bien connu Astoria Greengrass. Elle avait l'air sèche et hautaine, les rares fois où il l'avait entendu parler dans des soirées mondaines. Mais Merlin, Ron était certain que même elle n'avait pas mérité ce qui lui était arrivée à cause de l'homme sans cœur devant lui. Aucune des quatre anciennes victimes n'avait mérité ça.
-Ta Partenaire, qui est-ce? demanda Ron d'un ton tranchant.
-Ce ne sont pas de tes oignons, dit lentement Malfoy.
Furieux, Ron abattit son poing sur la table entre eux, faisant légèrement sursauter Neville à côté.
-Oui ça l'est! éructa le roux. Et ça l'est aussi pour toutes ces femmes qui sont mortes à cause de sa protection!
Malfoy continua à le fixer sans rien dire tandis que les autres retenaient leur souffle.
Laetitia, quant à elle, s'était un peu rapprochée de la table et elle ne lâchait pas le Veela des yeux, une lueur étrange brillant dans le fond de ses pupilles.
-QUI EST-CE? répéta Ron.
Le silence les envahit, pesant. On aurait pu en entendre les battements de cœurs de chacun dans la pièce, anticipant la réponse du blond.
Une seconde passa.
Une deuxième.
Puis enfin, Draco Malfoy tourna faiblement sa tête à l'attention des gens dans son dos et dit:
-Demande-lui, elle est juste derrière moi.
oooOOOooo
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Je suis terriblement désolée les amis, mais je dois vous prévenir tout de suite : je ne suis plus capable d'écrire du smut.
I…I just can't anymore!
Je ne sais pas! Est ce que les auteurs ont deux types d'insparations? ? Une pour écrire du plot et l'autre pour écrire du smut!? J'en ai aucune idée, mais moi l'écriture du sexe ne me vient plus du tout!
Enfin bref, désolée pour ce manque de moment sexy, vous l'auriez bien mérité normalement mais rien à faire…
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Je suis vraiment curieuse de voir ce que vous pensez de ce chapitre! :3
HA! La fin de l'histoire est bientôt-bientôt!
À plus (Dans pas longtemps, I hope...)
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