A/N : L'histoire est centrée sur Michael, ses émotions envers l'Humanité et ses prises de consciences à propos de certaines choses.
Rating : G
Genre : Gen
La vue était surprenante. Michael s'était installé en haut d'une colline et l'air faisait se mouvoir les pousses de blés qui l'entouraient. Tout était calme et paisible, quelques oiseaux planaient sous le soleil doré qui le réchauffait d'une manière jamais expérimentée auparavant. Le même soleil qu'au paradis mais à un endroit différent, un endroit où il se sentait libre. Et lorsque le cœur se sent libre, le soleil semble plus puissant.
En effet pour la toute première fois Michael venait de poser ses pieds sur la nouvelle création de Dieu, sur la Terre. Et tout cet étendu vide et apaisant faisait découvrir à l'archange une sérénité toute nouvelle. Le Paradis était l'endroit où il avait toujours grandit, mais pour la première fois il découvrait un nouvel endroit où nul ne l'observait, où nul ne venait lui demander conseil. Un endroit où nul ne vivait encore.
Le bruit des branches et des feuilles aux alentours l'accompagnaient dans sa découverte. Il n'avait jamais vu d'étendues si vaste là-haut. Cet inconnu l'effrayait principalement, mais au vu de sa beauté Michael se jura de faire de son mieux pour le protéger, lui et ses futurs habitants.
Il retourna sur Terre une seconde fois plusieurs siècles plus tard. Dieu avait créé les Humains pour l'habiter. Michael n'avait jamais vu d'Humains et pour la première fois son regard se posa sur une jeune femme qui tentait de récupérer de l'eau dans un panier. Michael trouva ce nouvel être magnifique. L'eau était encore pure et la femme semblait si douce. En ce temps-là, les habitations Humaines étaient bâties de sable, de pierre ou de paille. Michael commença donc à observer ces Humains d'un œil bienveillant. Il les vit construire de nouvelles maisons afin d'y créer un foyer et une communauté, il en vit d'autres parcourir de longs et longs chemins dans un désert de sable immense et puissant. Parfois, lorsqu'il s'apercevait que ces nomades commençaient à manquer d'eau, Michael faisait apparaitre en plein désert une petite étendue de ce liquide incolore donc les Humains avaient besoin pour survivre. Puis il la faisait disparaitre une fois la troupe partie.
C'était devenu une obsession pour lui. Il finissait parfois par passer plusieurs semaines loin du Paradis. Son Père avait immanquablement remarqué son absence mais ne lui en tenait pas rigueur, après tout Michael se devait de les protéger et pour cela il lui fallait approfondir sa connaissance sur eux afin de mieux les servir. Seulement le Seigneur voyait que Michael était bien trop préoccupé par eux pour les laisser vivre simplement. C'est pourquoi Il le convia à Lui afin de demander à son fils de ne plus les aider d'une quelconque façon. « Tu comprends, mon fils, je ne souhaite pas les voir mourir mais telle est leur Destinée à tous, ne t'acharnes pas à tenter d'en sauver. De plus je souhaite voir s'ils réussissent à subsister seuls, en t'impliquant tu déstabilises l'ordre que j'y ai créé.
- Mais ne devrais-je pas les protéger au contraire ?
- Ne discute pas Michael. » Mais la voix de Dieu avait été trop brutale. Peut-être avait-il eu peur que l'influence de son ancien frère Lucifer ne l'ait touché. C'est pourquoi elle se radoucit et ce fût avec calme qu'elle prononça « Lorsque l'heure de la mort sonne, laisse donc la Destinée accomplir son devoir, mon fils. »
Ainsi Michael avait arrêté de venir les voir. Les siècles passaient et les guerres faisaient rages. Il ne les observait plus que de loin et fût terriblement désolé lorsqu'il s'aperçût du chemin que ces êtres autrefois si magnifiques prenaient. La destruction, l'iniquité, l'intolérance. Ils avaient beau construire plus haut et plus fort, ils avaient beau aller encore plus loin et faire des progrès, Michael les voyaient s'acharner à commettre les mêmes erreurs encore et encore.
Pendant un instant, aussi court fût-il, la pensée que Lucifer avait toujours eu raison lui traversa l'esprit. Puis il la balaya. Leur Père se faisait de plus en plus âgé et la Terre qu'il s'était juré de protéger était menacée d'une fin du monde.
Mais il ne pouvait s'empêcher de penser que c'était son Père qui avait créé l'Humanité comme elle était. Lorsqu'il lui avait posé la question, Il avait tout simplement répondu « c'est le libre arbitre qui donne un résultat comme cela, mon fils. Beaucoup considèrent que le choix est la chose la plus importante qu'il faille acquérir. Mais comme tu peux le constater, à trop avoir de choix on en finit par tout détruire. »
Michael n'avait rien répondu mais il avait senti son cœur se serrer. Ce choix dont il parlait, ce libre arbitre, c'était ce que Lucifer avait toujours cherché, c'était pour cela qu'il s'était tant battu et qu'il en avait même chuté. Le choix de faire quelque chose de différent, de désobéir. Il avait tenté d'obtenir cette liberté et avait été puni pour cela.
À ce moment-là, Michael eut la désagréable impression que Dieu n'avait créé les Humains que pour leur faire comprendre, à lui et à Lucifer, que ce libre arbitre leur était interdit et qu'il ne pouvait conduire qu'à de mauvaises choses. Et ainsi cela se finirait : lui contre son frère, un seul survivant pour que la paix s'instaure de nouveau. Car telle était leur Destinée.
Mais Michael se posa une question : la paix était-elle vraiment plus importante que la liberté ?
END
