Et voilà, le chapitre 2 est prêt !
Et avant de commencer, merci à ceux qui m'ont laissé des reviews ! Oui je l'ai déjà dit en mp, oui je me répète, mais ça me fait plaisir !
Bonne lecture :) !
Le repas se termina dans une atmosphère tout aussi… disons habituelle. Les amis se séparèrent ensuite, chacun retournant à ses activités, n'oubliant pas au passage de saluer Zoro et de le féliciter pour sa nouvelle apparence. Il ne resta vite plus que Sanji qui s'occupait de la vaisselle, et le bretteur qui l'observait, assis dans la cuisine. Faisant d'abord mine de ne pas le voir, le cuisinier finit par demander :
— Qu'est-ce que tu veux ?
—Moi j'ai apprécié ton travail, dit Zoro en ignorant la question.
— Vraiment ? demanda Sanji, surpris, en se retournant.
Sa rougeur caractéristique commença à poindre, mais seul le vert s'en aperçut. Il hésita entre le faire remarquer, se moquer ou se taire. Il ne put cependant se retenir :
— J'aime bien quand tu rougis…
— Quoi ?! Qu'est-ce que tu racontes ?
— J'ai envie de t'embrasser.
C'étaient deux simples vérités, énoncées sur un ton calme et désinvolte, comme s'il n'avait fait que prononcer la première chose qui lui était passée par la tête. L'ennui, c'est que parfois, la vérité ne plait pas à tout le monde. Pourquoi croyez-vous qu'il y ait tant d'hypocrites ?
Sanji le regarda avec stupeur. Son camarade devait être en train de péter les plombs. Accumulation d'alcool ? Ça ne pouvait être que ça, n'est ce pas ? Mais par conséquent, il était dangereux : ils étaient seuls dans la cuisine, il pouvait abuser de lui s'il le désirait. Le blond devait tout de suite remettre les choses au clair, et surtout se débarrasser du bretteur avant que celui-ci s'imagine qu'il était consentant à sa folie :
— Oulala regarde l'heure ! Il est temps d'y aller ! s'exclama le cuisinier alors qu'il était à peine 16h. Allez, je te raccompagne à la porte, viens.
Sanji poussa le vert qui se maudit d'avoir parlé aussi franchement. Celui-ci tenta de passer à la salle de bain, simplement pour récupérer ses affaires, mais le cuisinier ne lui en laissa pas l'occasion :
— Non, pas par là ! Par ici, voila.
— Mais…tenta Zoro.
— Pas de mais, le coupa Sanji, j'ai plein de choses à faire tu sais, le temps passe si vite…ça m'a fait plaisir de te voir, aurevoir, lâcha-t-il à toute vitesse avant de refermer la porte et de s'effondrer contre elle.
Il recommença alors à respirer normalement. Cette journée ne s'était vraiment pas déroulée comme il l'espérait, à l'instar de celle d'avant… et de celle avant où il s'était engueulé avec Nadia sans s'imaginer qu'elle le quitterait le lendemain… et de celles d'encore avant où la jeune fille n'avait cessé de l'exaspérer davantage. Mais c'était de sa faute… si seulement il avait été plus compréhensif, plus aimable, plus galant, moins taciturne, meilleur amant… Non quand même pas… Il ne pouvait pas dire ça, il savait qu'il assurait ! Néanmoins, quelle perte énorme était Nadia. Il se souvenait de tous les bons moments qu'ils avaient passés ensemble, de son caractère doux, de son rire cristallin, de son innocence et sa fragilité. Il se rappelait les câlins, les embrassades, les mains courant sur sa peau. Il se rappelait les formes, les sensations, les saveurs. Il se rappelait les cris, les hurlements et les disputes. Il se rappelait son visage rouge déformé par la rage, la vaisselle brisée et les pleurs quand elle savait avoir tort, des pleurs auxquels il était incapable de résister. Il se rappelait… les infidélités dont il n'avait jamais parlé et sur lesquelles il avait fermé les yeux.
De l'autre côté de la porte, également adossée contre elle, Zoro avait écouté la respiration du blond se stabiliser. Il déplorait de l'avoir effrayé ainsi. Il savait qu'avec le blond, il faudrait peut-être s'y prendre plus en douceur, mais il n'avait jamais, ne savait pas agir ainsi. Et pour le moment, il valait mieux le laisser se reposer. Il allait partir lorsqu'il entendit la respiration redevenir irrégulière. Ses sens étaient affutés et la porte ne put l'empêcher de percevoir un reniflement, puis… un sanglot ? Ce n'était tout de même pas à cause de lui que Sanji était dans cet état ? Il voulait le voir, le constater par lui-même et si possible le rassurer. Il pourrait défoncer la porte mais il savait que s'il le découvrait ainsi, la fierté du blond serait brisée. Foutue fierté ! Toutefois, il pouvait le comprendre : il avait la même, voire plus importante encore. C'est donc le cœur serré qu'il rentra chez lui. Chahuter le blond oui, le faire rager passe encore, mais pleurer… il n'avait jamais souhaité cela.
xXx
Sanji avait repris ses esprits… et rapidement constaté qu'il avait commis une erreur non négligeable en empêchant Zoro de récupérer ses affaires. Celui-ci allait forcément vouloir venir les récupérer. Et qui serait là, vulnérable, en guise de bonus ? Flirter avec un marimo… Impossible, dégoûtant, inimaginable ! Il devait les lui rendre avant. Quand le bretteur est-il le plus inoffensif ? Quand il est encore endormi bien sûr. Sanji était encore bon pour un réveil aux aurores et une expédition dans l'appartement du vert au matin. Ça ne l'enthousiasmait pas vraiment, mais quels autres choix avait-il ? Charger quelqu'un de faire la commission ? Ses amis ne manqueraient pas de poser quelques embarrassantes questions.
Fort de sa conviction, le lendemain matin le cuisinier effectua le même manège que la veille. Et Zoro se réveilla une nouvelle fois en présence du blond. Interloqué, il crut d'abord à une illusion. Après ce qu'il s'était passé entre eux, il ne s'attendait pas à revoir Sanji de si tôt. Et le voilà qui débarquait dans son appartement, paraissant tout sourire :
— Salut ! Comment ça va ? Je passais juste te rendre les vêtements que tu avais oub… laissé dans mon appartement.
Encore embrumé, le bretteur aperçut néanmoins ses habits entre les bras de Sanji, lavés et repassés ! Et il l'avait viré en prétendant qu'il avait plein de choses à faire, ce petit blond ne parvenait même pas à mentir correctement. Alors que, amusé, il allait lui faire la remarque, il perçut une pointe de stress dans le regard du cuisinier. Ce dernier ne devait pas encore être passé au dessus de sa remarque de la veille. Et en effet, celui-ci s'empressa de s'excuser :
— Bon c'est pas tout ça mais j'ai du pain sur la planche. Enfin, figurativement… et aussi littéralement d'ailleurs. Figurativement et littéralement. Bref, je vais y aller, je te laisse dormir.
Il se dirigea à grand pas vers la porte et tendait la main vers la poignée lorsque Zoro le rappela :
— Sanji ! Attend… Tu sais ce que j'ai dis hier, c'était pour plaisanter hein ?
Le blond se retourna, le regarda d'un air intrigué, surpris, mais surtout assez incertain.
— Ben ouais pour m'amuser un peu quoi. J'adore te foutre les boules, ajouta-t-il avec un sourire moqueur. Mais bon là, ta réaction à dépasser les bornes, petite nature.
Finalement convaincu par l'explication du bretteur, Sanji grogna. Son ami laissa échapper un éclat de rire, ce qui provoqua bien évidemment le blond :
— T'es con putain ! J'ai vraiment eu peur moi. On a pas idée de faire des blagues pareilles.
Zoro ria franchement cette fois, et le cuisinier rougit de colère. Il se précipita vers le lit pour tenter de faire tomber le tas de muscle et ainsi l'empêcher de rire, mais un tas de muscle, par définition, c'est lourd. Et comme Sanji n'avait pas pris la peine de bien assurer ses appuis, c'est lui qui tomba sur le lit, sa tête n'étant séparé des parties intimes de Zoro que par la couette, ce qui provoqua quelques pensées chez ce dernier.
* Mais c'est pas vrai ! J'essaie de lui faire gober qu'il ne m'intéresse pas et tout ce que cet abruti trouve à faire, c'est se jeter dans le même lit que moi ! Il est vraiment si naïf ? N'importe quel homme normalement constitué serait traversé de pensées lubriques avec un tel canon dans son lit. *
Puis il réalisa ce qu'il venait de penser. Un canon? Quand même pas. Enfin oui il le désirait. Oui il était pas mal foutu. Et il avait un beau visage. Et de beaux cheveux. Et surtout de putains d'yeux bleus ! Et il devait être bon amant. Il avait déjà vu des femmes et des hommes se retourner sur son passage, il suffisait de se souvenir de ceux du bar. En fait, il semblait bien correspondre à la définition d'un canon. Ou d'une bombe. Oui peut-être.
Et merde, il commençait à sentir un membre se réveiller à son tour, plus au sud. Le blond n'allait pas tarder à s'en rendre compte également s'il ne bougeait pas. D'ailleurs pourquoi ne bougeait-il pas ? Zoro décida de prendre les choses en main et, de sa jambe, le repoussa par terre.
— Aïe ! s'exclama Sanji.
— Enfin réveillé ? Tu m'expliques pourquoi tu squattes mon lit ?
— J'suis tombé…
— Merci j'avais remarqué. Mais pourquoi t'es resté planté là comme un con ?
— Je réfléchissais.
— Tu réfléchis toi maintenant love-cook ? Et à quoi, je te prie ?
Cette réponse là l'intéressait vraiment. A quoi pouvait bien penser le blond alors qu'il se retrouvait dans son lit ? Si Zoro était un train de rêver, probablement qu'il serait en train d'envisager une quelconque petite gâterie. Mais là c'était la réalité, et il se doutait bien que Sanji n'était pas disposé à lui accorder une telle faveur.
— Oh… à tout et rien, rien de bien important.
Tout et rien en effet : Nadia nue sous les draps épousant ses formes généreuses, son rire, ses gémissements lorsqu'il la touchait, la danse envoûtante que lui évoquait l'acte charnel… et puis l'après, des heures cachés sous la couette à refaire le monde…
Chaque rupture lui inspirait cette même mélancolie, mais même si leur amour n'avait duré que 7 mois, Sanji avait eu l'impression d'avoir finalement trouvé la bonne… La douleur n'en était que plus forte. Il avait cru cette femme faite pour lui, il avait cru à leur bonheur éternel. Il avait voulu se réveiller chaque matin auprès d'elle, jusqu'à la fin de ces jours. C'était peut-être cette soudaine envie de se caser définitivement, de cesser de chasser pour la gloire (oh bien sûr il continuait de draguer les belles filles qui passaient, mais ça s'arrêtait là), qui était la cause de cette tristesse irrépressible et de ces moments d'égarements. Il voulait trouver la femme de sa vie bordel !
Tout à ses pensées, Sanji ne s'était toujours pas relevé, ce qui ne manqua pas d'interpeller Zoro. Celui-ci se pencha au dessus du lit et capta le regard perdu du blond. Il soupira. Il commençait à comprendre qu'il n'était pas le seul responsable de sa morosité :
— C'est ça, fous-toi de ma gueule. Non mais allez sérieusement, qu'est-ce qui t'arrives ?
Soudainement furieux, le cuisinier se releva et s'écria :
— Mais tu me fais chier putain ! J'ai dis rien du tout alors c'est rien du tout ! Je me casse.
Zoro, stupéfait, le regarda déguerpir à toute vitesse. Il n'avait rien fait pour une fois ! On a plus le droit de s'inquiéter pour ses amis maintenant ? Lui qui le reprochait d'être insensible, maintenant il voulait la paix. C'était le monde à l'envers.
xXx
Quelques jours avaient passés depuis que Sanji, enragé, avait quitté son appartement en trombe, lorsque Zoro reçu un texto de Nami
— Qu'est-ce qu'elle me veut encore, cette sorcière ? grogna-t-il.
Il lu le SMS, ayant presque l'impression d'entendre la voix autoritaire de la rousse dans sa tête :
Chers amis, bons à rien, fainéants…
J'ai l'honneur de vous demander (enfin ne rêvez pas trop, vous n'avez pas le choix non plus) de me consacrer une après-midi ce weekend dans le but de vous présenter mon nouveau copain (oui j'ai réussi à le chopper entre hier et aujourd'hui, il semblerait que la photo avec Zoro ait porté ses fruits, merciiii Zoro).
Court instant de pause. La sorcière lui faisait des remerciements ? C'était peut-être juste une hallucination… Et ben, comme quoi tout peut arriver. En tout cas, ce n'était pas cette nouvelle qui allait rendre son sourire à Sanji, bien au contraire. Il imaginait déjà les plaintes de ce dernier… Il reprit sa lecture.
Je pensais à aller au restaurant, japonais il adore ça, et à ce que je sache vous aussi. En plus comme ça, on arrête un peu d'exploiter Sanji tous les jours.
Il s'arrêta à nouveau. Comme il le connaissait, le blond allait très certainement prendre ça comme une critique : " Comment, ma Nami chérie n'apprécie plus ma cuisine ? Elle préfère celle d'un autre ? Ma vie est un désastre…"
Alors qu'est-ce que vous en dites ? Samedi ça vous va ? Ceux qui ne peuvent pas, je vous préviens, vous avez intérêt à avoir de très sérieuses objections.
Votre très chère Nami
Qu'est-ce qu'il lui avait pris d'écrire son message sous forme de lettre, elle pétait les plombs elle aussi… Enfin bref, il allait y aller, sinon il risquait de se faire défoncer. Il répondit un simple "Ok" et ne réfléchit qu'ensuite s'il n'avait rien de prévu. Heureusement, non. Il se demanda un court instant à quoi pouvait bien ressembler le nouveau mec de Nami… Il en conclut simplement qu'il devait être plein aux as. Il réfléchit ensuite à l'opportunité qu'il lui était offerte de revoir Sanji. Étonnamment, il souhaitait passer de plus en plus de temps en sa compagnie. Sûrement un nouvel effet de son désir, passager il l'espérait toujours. Il priait pour que le blond se déride un peu pendant cette après-midi… du moins il l'aurait fait s'il avait la moindre foi.
Le jour attendu arriva bien vite. Nami leur avait donné rendez-vous dans un parc près du restaurant. Zoro se présenta en compagnie de Luffy, c'était triste à dire mais il avait besoin de lui pour ne pas se perdre. Mais aussi, il appréciait la compagnie du petit brun, son meilleur ami depuis toujours. Ami hein, pas question de désir là. Enfin, c'est exactement ce qu'il pensait de Sanji il n'y a pas si longtemps, mais ces deux là étaient bien différents. Sanji avait tout d'un bon amant, alors que Luffy… Ah Luffy. Pour être honnête, la première fois qu'il l'avait vu, il l'avait pris pour un complet abruti. C'est le cas d'ailleurs. Mais ce qui l'a le plus étonné, c'était ses manières familières à son encontre : il ne semblait pas avoir peur de lui. Il l'avait même traité de branleur peu après leur rencontre. Bizarrement, ça avait plu à Zoro et, de fils en aiguilles, ils étaient devenus inséparables. Le bretteur avait alors ressenti le besoin de le protéger de tout ce qui pouvait lui arriver, et donc principalement, il faut le dire, de sa connerie.
Lorsqu'ils arrivèrent, Robin était déjà là, forcément, toujours en avance, ainsi que Usopp et Chopper qui semblaient jouer à qui sera le plus ridicule, sous l'œil amusé de la brune. En les voyant rire ainsi, Luffy se précipita vers eux.
— Salut les gars, salut Robin, soupira l'épéiste avant de s'installer sur un banc près de la jeune femme.
Ils entamèrent une discussion interrompue par l'arrivée du cuisinier :
— Salut les mecs, salut Robin… Salut Zoro.
Ce dernier tilta. Pas de Robin-chwan ? Et surtout, que lui valait cette démarcations des autres gars ? Il lut dans le regard de Sanji comme une excuse pour son comportement passé. Il aurait pu en rire mais il aurait alors anéantit toutes ses chances de revoir un jour ce regard. Et à vrai dire, il le trouvait plutôt à croquer.
A ce moment, ils durent calmés Luffy, Chopper et Usopp qui eurent subitement l'idée géniale d'envoyer le petit brun valser d'arbres en arbres, faisant ainsi peur aux passants. Une fois l'incident réglé à renfort de coups sur la tête, ce qui décida les spectateurs à fuir cette place définitivement, Zoro constata que le blond avait recouvré son attitude insolente et arrogante.
— Et bien, plutôt facile de vous retrouver, j'ai vu un tas de gens partir en courant en passant, déclara Nami en faisant son apparition, seule.
— Nami-Swan ! Comme tu m'as manqué ! Et comme tu vas me manquer ces prochains jours… Je dépéris sans toi à mes côtés ! Je n'arrive pas à imaginer que tu puisses fréquenter un autre homme, tu veux me faire souffrir ? Tu vas passer de plus en plus de temps avec lui, tu nous verras moins et tu nous oublieras. Comme c'est triste, non vraiment, tu aurais mieux fait d'accepter mes avances…
— Ben alors, où est le mystérieux jeune homme ? demanda Robin sans relever la remarque.
— Il avait un dernier truc à régler, on le rejoint au restaurant. Ne me faites pas honte !
Sanji marmonna un truc dans sa barbe mais ne voulant pas déclencher la colère de la rousse, s'abstint de préciser sa pensée. Le bretteur, lui, s'en tapait royalement :
—Nous, te faire honte ? Tu nous connais mal.
— Je déconne pas Zoro, gronda Nami d'une voix menaçant. Il est classe lui, et cultivé… et il sait se tenir !
— Et ben, ça promet. Il a l'air d'un emmerdeur de première.
— Hé ! se plaignit Robin.
— Roh, non mais to,i c'est différent, se reprit-il. Tu t'entends bien avec nous. Alors que lui, s'il peut pas nous blairer c'est son problème. Moi j'vais pas changer pour ce, sûrement passager, prétendu amour de Nami, perso.
— Nan tu vas juste fermer ta gueule, clama la rousse en lui lançant un coup de poing dévastateur.
Le bretteur s'étala au pied de Sanji, qui lui trébucha dessus. Celui-ci en effet avait été très intéressé par l'échange, bien qu'il se soit bien gardé d'intervenir. Cependant, une fois n'est pas coutume, il était d'accord avec son ami : il voyait déjà d'un très mauvais œil l'arrivée de ce nouvel homme dans leur groupe (oubliant subitement qu'il avait tenté de faire de même avec Nadia) mais si celui-ci se permettait en plus de les critiquer, il allait vite le remettre à sa place, avec l'accord de Nami ou non. Mais pour l'instant, c'était Zoro qu'il devait remettre à sa place :
— Putain, tu fais chier. Tu peux pas marcher droit comme tout le monde, bretteur du dimanche ?
— Bien sûr que non, ça serait trop simple. Un peu de challenge, voyons mon cher !
Quoi ? Pas de réplique ? Pas d'insultes ? En revanche de l'ironie... Ce n'était pas dans les us et coutumes du sabreur. A vrai dire, cela déconcertait un peu Sanji. Il lui jeta un regard interrogateur auquel l'autre répondit avec un sourire en coin.
Nami, quant-à-elle, fut ravie. Commençaient-ils enfin à se comporter en tant qu'adultes raisonnables et bien éduqués ? Ça serait génial ! pensa-t-elle avec mauvaise foi, n'admettant pas que leurs incessantes disputes lui manqueraient rapidement. Enfin s'ils pouvaient éviter de se conduire en sauvages et se taper dessus lorsque Marc serait là, ça serait toujours un bon point.
Ils arrivèrent rapidement au restaurant, situé à une centaine de mètres de leur point de rendez-vous, et rencontrèrent enfin le fameux nouveau copain de leur amie. Il avait plutôt fière allure, drapé dans un costume à faire pâlir d'envie Sanji, une montre clinquante au poignet. Pas aussi musclé que Zoro ou même Sanji, il n'en restait pas moins désirable. Une barbe finement entretenue lui accordait un petit air viril. Il avait de jolis yeux verts mis en valeur par ses cheveux bruns. Un grand sourire béat s'étalait sur son visage : il avait l'air vraiment heureux de les voir. Sanji, à sa grande peine, le trouvait plutôt bien présenté, tandis qu'il était trop sérieux au gout de Zoro, qui redoutait toujours que le nouveau venu puisse les ennuyer.
— Enchanté, je suis Marc. Vraiment ravi de vous rencontrer.
Et en plus il parlait bien, il ne manquait plus que ça ! Les deux rivaux commençait à désespérer mais pour des raisons bien différentes. Ce sentiment s'accrut lorsqu'il s'approcha de Robin pour lui offrir un baisemain élégant :
—Mademoiselle, vraiment charmante.
Sur le coup, Sanji du rassembler tout son self-control pour ne pas l'étriper vivant. Comment osait-il, après avoir séduit SA Nami, se montrer aussi enjôleur avec SA Robin. Il ferma les yeux pour se contenir et les rouvrit sur Zoro, lequel lui adressa un nouveau petit sourire en coin. Moqueur. Depuis quand le marimo ne profitait pas d'une occasion de l'embarrasser ? Décidément, quelque chose clochait.
Si le blond et le vert avait quelques réserves à propos de Marc, ce n'était pas le cas de leurs compagnons. Luffy l'adopta tout de suite lorsqu'il lui proposa de payer son plat : tous tentèrent de l'en dissuader mais il s'obstina. De plus, il semblait avoir eu l'occasion de découvrir le monde, et le récit de ses voyages plut beaucoup, le côté cocasse et aventurier pour Usopp et Chopper, celui culturel pour Robin.
Le repas se fit donc très joyeux, la nourriture était excellente et en quantité suffisante pour que même Luffy puisse être rassasié (certains de ces compagnons ayant accepté de lui laisser leurs restes devant son regard implorant), et cette joyeuse entente entraîna comme conséquence direct une invitation du gentleman dans son "humble demeure", qu'il disait. Ils acceptèrent bien évidemment. Zoro était curieux : quel type de maison pouvait-il bien possédé ? Il était toujours persuadé qu'il pesait gros financièrement, sa tenue actuelle en étant une preuve assez ostensible.
— Et bien voilà qui est réglé, déclara Nami heureuse. Hum pas demain, on a des choses de prévu, dit-elle avec regard équivoque à son amoureux qui fit pâlir le pauvre cuisinier délaissé, mais pourquoi pas samedi prochain ? Tu pourras emmener Nadia bien sûr Sanji !
Le bretteur fut étonné, elle devait vraiment être de bonne humeur pour accepter, et surtout encourager, la présence de la jeune femme. Seulement, cet élan de tolérance tombait mal. Sanji déglutit et grogna à voix basse, si bien que personne ne comprit sa réponse. Croyant venir à son secours, Zoro s'indigna (Comment leur amie pouvait-elle faire preuve de tant de stupidité et de cruauté ? Cherchait-elle à blesser le blond plus qu'il ne l'était déjà ?) :
—Inviter Nadia ? Mais tu es folle Nami ! Il ne va pas inviter son ex !
— Son ex ? s'exclamèrent plusieurs personnes en se tournant vers Sanji, lui-même regardant avec désespoir l'imprudent.
Oups… Avait-il fait une bourde ? Apparemment oui, déduit-il de la blancheur qui s'abattait sur le visage de son ami.
— Pourquoi tu ne nous as rien dit ? demanda Robin… Enfin si tu ne veux pas en parler, y'a pas de problèmes…
—Oui je vais plutôt me rafraichir dans les… dans la salle de bain, informa Sanji.
Et il quitta sa chaise lentement, et sans se retourner se dirigea vers les toilettes. Tous se mirent alors à fixer Zoro, avec un regard vaguement accusateur.
— Je vais, hum, le rejoindre… voir comment il va, bafouilla celui-ci.
— Fais donc ça, rétorqua Nami, menaçante.
Le bretteur se leva donc et retrouva son ami dans les toilettes, penché au dessus d'un lavabo, s'aspergeant le visage d'eau. Il toussota pour signaler sa présence :
— J'suis, hum, désolé. Je pensais qu'ils étaient au courant. 'Fin oui j'aurais du m'en douter quand Nami a parlé de Nadia, mais tu sais que… enfin j'suis pas très rapide quoi.
— C'est pas grave, j'aurais du leur annoncé un jour de toute façon, répondit Sanji difficilement. J'aimerais bien… hum… rester seul.
Mais Zoro perçut une tristesse infini dans sa voix, et ne supportant pas d'en être responsable (ça ne faisait aucun doute cette fois), s'approcha du blond et releva, aussi délicatement qu'il put, son visage de la main. Celui-ci avait retrouvé une forte couleur rouge, à laquelle s'accordaient ses yeux. Il avait (ou allait) pleuré. Le bretteur, n'ayant jamais vécu de telles situations, ne savait comment réagir… Il fit donc la première chose qui lui passa par la tête.
Lorsqu'il sentit les lèvres de Zoro se poser sur les siennes, Sanji ne réagit pas immédiatement. Elles étaient douces, et agréables… alors pourquoi se rebeller ? Parce que c'est un homme, lui dicta sa conscience. Et soudainement, il le poussa à terre de toutes ses forces :
— Putain mais qu'est-ce que tu fais ? Je croyais que c'était une blague, ton élan de la dernière fois ! Tu me dégoûtes…
Puis, encore plus triste et énervé qu'en arrivant dans les toilettes, il quitta le restaurant, sachant qu'il ne pourrait pas revenir près de ses amis et se calmer dans cet état…
Chapitre un peu différent (moins de dialogues, plus de descriptions des sentiments). Alors, mieux ou moins bien :D ?
