Coucou ! Me revoilà ! Comment ça, du retard ? Bon d'accord ça fait presque deux mois que j'ai pas publié^^. Je pourrais utiliser l'excuse de "avec la reprise des cours, l'envie d'écrire redescend en flèche" mais j'en aurais sûrement encore besoin. Et oui, je suis malheureusement bien moins prolifique en période scolaire :p.

EDIT AND WARNING : Ce chapitre contient une scène problématique, qu'on peut apparenter à un viol, sur laquelle je m'expliquerais plus en détail à la fin. La version originale date de 2013, mais j'ai décidé de la réécrire en 2018, car mes convictions et façons de voir le monde ont évoluées. Le but était de la rendre moins choquante mais elle ne me convient toujours pas. Je précise que bien entendu, je ne valide pas forcément le comportement de mes personnages, surtout dans ce cas là.


— Ben alors, Sanji n'est pas avec toi ? demanda Luffy à Zoro alors que celui revenait s'installer à table.

— Pour préciser sa question, peux-tu nous expliquer pourquoi, avec tant de hâte, a-t-il quitté le restaurant, sans même un geste d'aurevoir ? grogna Nami avec la même menace sourde dans la voix.

— Il avait… hum… des choses à faire, tenta maladroitement le bretteur.

— C'est ça, prends-nous pour des idiots. Et ben devine quoi, tu vas également avoir des choses à faire ce soir…Comme avoir une petite discussion avec notre cher cuisinier, par exemple, renchérit la rousse.

— Quoi ? Pourquoi tant d'intérêt soudainement ? Qu'est-ce que ça t'apporte ? A part passer pour la gentille petite femme parfaite ?

— Zoro, tu risques tellement de le regretter, t'as même pas idée.

— Comme si j'avais des ordres à recevoir de toi.

— Tu ferais mieux de m'écouter, soupira-t-elle en levant les yeux en l'air.

Leurs camarades observaient cet échange en silence. Marc semblait retenir son souffle, fasciné par cette confrontation entre deux forts caractères, deux immenses égos. Il connaissait un peu Nami, son assurance et son autorité… mais justement, n'avait jamais rencontré quelqu'un d'assez obstiné pour lui résister.
Les autres étaient un peu interloqués. Ils ne comprenaient pas les réactions de leur amie rousse. Elle ne paraissait pas réellement menacer Zoro, elle semblait plutôt vouloir l'avertir, voire même le mettre en garde envers quelque chose, quelque chose qui n'était pas en leur connaissance.

— Je suis encore libre de mes décisions à ce que je sache, grommela finalement le jeune homme. Je lui parlerais si j'en ai envie, ou si j'en ai besoin, c'est tout.

— J'espère que tu feras le bon choix, rétorqua Nami en haussant les épaules.

La conversation générale reprit alors, un malaise pesant d'abord, mais les plaisanteries et les gamineries de Luffy en vinrent rapidement à bout

xXx

La nuit commençait à tomber. Zoro était de retour chez lui, allongé sur son lit, fixant un point au plafond. Il ne se sentait pas très bien, et cela depuis quelques heures. Il avait l'impression qu'un mal le rongeait de l'intérieur. Ce n'était pas vraiment très dérangeant, mais pas non plus très agréable. Cela lui retirait l'envie de s'amuser, et même d'écumer les bars pour trouver un beau cul avec lequel s'envoyer en l'air, c'était dire ! Plus les heures passaient, plus il sentait ce mal s'épaissir. Serait-ce une pointe de culpabilité ? Il y était pourtant rarement sujet. Cependant, il n'avait réussi à trouver aucune explication plus plausible.

Son ordinateur était allumé, ouvert sur sa page Facebook. D'où il se tenait, il parvenait clairement à voir que Sanji était connecté. Son cœur cogna dans sa poitrine. Il soupira. Il avait conscience d'avoir agi d'une manière que l'on pouvait qualifier d'assez égoïste, et plutôt inconvenante. Il n'était cependant pas disposé à aller présenter ses excuses, comme semblait le souhaiter Nami, mais savait qu'il se devait de faire le premier pas. Ne serait-ce que pour l'humilité dont Sanji avait fait preuve en débarquant dans sa chambre avec ses vêtements repassés et lavés, le matin dernier ; ou même pour le regard d'excuse qu'il lui avait lancé en le saluant, le jour même. Et c'était pour des actes pour lesquels Zoro n'aurait jamais eu la moindre idée d'essayer de se faire pardonner. Alors que là, celui-ci était allé jusqu'à révélé le statut de célibataire du cook à tous leurs amis puis, prétextant tenter de le réconforter, l'avait embrassé sans son accord alors que le blond était au plus bas.

Zoro soupira une nouvelle fois, vint s'assoir à son bureau et ouvrit une fenêtre de conversation. Comment pouvait-il tourner ça ? Il opta pour un simple " Salut, ça va ?" qui lui permettrait de jauger rapidement de l'état d'esprit de son ami. Il se sentit particulièrement stupide en envoyant ce message banal. Il ne faisait nul doute que l'autre allait gentiment lui proposer d'aller se faire foutre.

En effet, on n'était pas loin.

— Qu'est-ce tu veux ?

Agressif, mais ça laissait une opportunité de réponse pendant laquelle il pouvait tenter d'accaparer son attention.

— Ben rien de spécial, juste te parler des mes derniers entretiens… Je pensais que ça pouvais t'intéresser, après le mal que tu t'es donné.

— Va te faire foutre, connard.

On y était. Zoro était tenté de répondre : "avec plaisir, tu m'accompagnes ?" mais avec leurs récents différends, ça risquait de ne pas passer. Il pouvait aussi essayer : "toujours les nerfs en boules, fillette ?" mais il ne ferait qu'en créer de nouveaux. Il resta sur un neutre :

— Okay, autant pour moi.

Il vit avec agacement Sanji se déconnecter. Il retourna s'allonger sur son lit en tentant d'apaiser son sentiment de culpabilité. Il avait fait le premier pas, l'autre l'avait rejeté, tans pis. Il avait fait ce qu'il devait, maintenait il pouvait se reposer en paix. Il ferma les yeux. Il se réveilla quelques heures plus tard et réalisa qu'il avait reçu un message. Plusieurs, en fait :

— Bon allez, raconte.

— Allo, t'es là ?

— Putain, espèce de connard, répond !

— Je vais te défoncer, mec.

Zoro ne put s'empêcher de sourire : le blond avait cédé à la curiosité finalement. Et elle semblait si bien le tirailler qu'il était toujours connecté, probablement en attente de sa réponse. A l'instar de Sanji quelques heures auparavant, il prit tout son temps pour répondre, avec un plaisir espiègle non dissimulé.

— Hé, du calme, je faisais juste un petit somme. Tu devrais prendre du prozac, ça te rendrais plus cool.

La réponse ne se fit pas attendre :

— La ferme, enfoiré. Alors ?

Zoro savait qu'il le tenait : le cuisinier voulait absolument avoir la confirmation que son travail avait porté ses fruits.

— Faudrait savoir, tu veux que je parle ou que je la ferme ? Faut faire un choix, sourcil en vrille !

— Je t'emmerde. Tu vas me raconter oui ou non ?

Le bretteur sourit. Il imaginait très bien l'état d'exaspération dans lequel se trouvait son ami. Il ne le fit pas languir plus longtemps.

— J'ai pas été pris

— Quoi ? Pourquoi ? Ils se foutent de ma gueule, je vais aller les voir moi, on va avoir une petite discussion.

— Juste parce qu'ils m'ont refusé un job ? Je sais que tu m'aimes trop mais c'est un peu abusé là, tu crois pas ?

— Mec, tu me fais tellement chier, t'as même pas idée. Je suis sûr que c'est à cause de toi que ça a capoté en fait. Tu sais pas te tenir, c'est un truc de dingue. Avoue tu les as fait flipper, avec ta putain de tête de tortue ninja psychopathe.

— C'est ça… J'ai absolument rien fait, j'ai répondu à toutes leurs questions poliment, je me suis bien comporté, je vois vraiment pas où est le problème.

— C'est ta tête je te dis. T'avais postulé pour quoi ?

— Ben des jobs peinards : secrétaire, vendeur, même caméraman. Des trucs pas trop fatiguant, quoi.

— Secrétaire ? Sérieusement, toi, secrétaire ? Tu m'aurais dit livreur, passe encore… Quoique non, faut pas abuser non plus. Enfin je comprends mieux le problème maintenant : tu vois, pour ces jobs, il faut un minimum de QI, ce qui n'est malheureusement pas à la portée de n'importe quelle algue marine. Toi, en l'occurrence, tu devrais p'tet te contenter d'autres boulots comme agent de sécurité, garde du corps… Des trucs réalisables par les idiots les plus profonds, quoi. Et encore, il faut savoir se tenir en public… Mais bon c'est ce qui correspond le plus à tes capacités, je pense.

— Merci pour tous ces compliments sous-entendus dans ce joli petit discours. D'ailleurs tu pourrais faire plus court la prochaine fois, c'était tellement chiant que j'ai décroché à plusieurs reprises.

—C'est sûr que ça a du te griller 2 ou 3 neurones. Et sache que je ne sous-entends rien, je l'affirme clairement. Après ça ne tient plus qu'à toi d'appliquer mes conseils.

— Ouais, on verra si je trouve quelque chose d'intéressant… Ça m'emballe pas de rester debout toute la journée pour surveiller des gens.

— Et pourquoi pas barman, avec ton physique ça passe tout seul, on n'ira pas t'emmerder.

— Tu déconnes ? Beaucoup trop fatiguant… et énervant : tous ces gens, plus ou moins polis, à qui il faut répondre courtoisement sans cesse vont finir par me saouler.

— Putain, plus fainéant que toi, ça existe pas. Tu m'étonnes que tu trouves rien. Ah et puis il ne faut pas écarter l'hypothèse que tu ais "un petit problème de comportement", ça doit jouer beaucoup.

— Je vois pas de quoi tu parles.

— Alors au choix : de ton regard : "je vais tous vous découper en tranche si vous me cherchez", de ta tête " ne m'adresse pas la parole ou tu vas comprendre le sens du mot douleur" ou de ta démarche "je suis un gros bourrin incapable de compter deux par deux". Ah et j'ai oublié tes sabres " Mon but dans la vie est découper plus de femmes que Jack l'Eventreur". Tu ne les amènes quand même pas d'ailleurs ?

— Ben ça dépend si j'ai kendo après ou avant. Et excuse moi, mais je tranche plus proprement que ce vieux Jack.

— Que… quoi ? Dis-moi que c'est une faute de frappe ! Je ne peux pas croire que tu puisses donner un surnom presque affectueux à cette ordure, à cette abomination, ce vandale de la grâce féminine. C'est monstrueux…

— C'est bon ero-cook, je plaisantais, be cool !

— Comme peux-tu plaisanter sur une atrocité pareille… Tu es inhumain.

— Putain qu'est-ce que tu manques d'humour quand t'es en rogne...

— BREF, pour en revenir au sujet initial… COMMENT PEUX-TU EMMENER TES SABRES À UN ENTRETIEN D'EMBAUCHE ? C'EST TOTALEMENT REDHIBITOIRE ! Et tu espères réellement obtenir un poste ainsi ?

— Ben quoi ? Ils doivent m'accepter comme je suis, non ?

— Oh non, pauvre petit brocoli… T'as pas encore compris la vie toi, hein ? Dans le monde du travail, c'est toi qui dois te plier en quatre pour eux, courber la tête et accepter les critiques avec humilité… et certainement pas le contraire. Ils ont le pouvoir, sur toi et ton avenir, et toi tu suis les règles, c'est tout.

— Tu veux que mette ma fierté de côté ? Mon chou, c'est toi qui comprends pas, ça n'arrivera jamais.

— Et ben t'as plus qu'à trouver un job dans lequel on acceptera cet état d'esprit. Et là je vois que garde du corps, et encore, il faut que ton patron soit assez coulant pour accepter ton égo surdimensionné.

—Et ben voilà, c'était pas si dur de trouver.

—Sauf qu'il y'a pas 50 000 offres pour garde du corps ! Ça risque d'être long de trouver, surtout si tu ne gardes pas d'issues de secours sous le coude.

— Ouais… On verra bien. Bon c'est pas que tu me fais chier (enfin un peu quand même), mais j'ai envie de dormir. A plus.

— C'est ça…

Sanji soupira en éteignant son ordinateur. Pourquoi faisait-il tout pour aider cet abruti alors que celui-ci lui avouait clairement se ficher royalement de ses conseils ? Il menait un combat perdu d'avance. Ce marimo était un bon à rien, et il faudrait un miracle pour qu'il arrive à ses fins. Il est vrai que le cuisinier était le mieux placé pour accomplir ce genre de miracle, mais lui-même pouvait se sentir dépassé par l'ampleur de la tâche, tâche qu'il n'avait pas forcément l'envie d'accomplir, là tout de suite.

xXx

Une semaine passa ensuite, de façon très banale. Zoro et Sanji ne s'étaient pas reparlés depuis leur conversation virtuelle, mais ils s'apprêtaient à se retrouver, sous la surveillance anxieuse de leurs amis qui étaient bien loin d'avoir oublié l'altercation du restaurant (à l'exception évidente de Luffy). Tous se rejoignaient pour découvrir enfin "l'humble demeure" de leur nouveau camarade Marc. Zoro envisageait cette visite d'un œil narquois, et il ne fut pas déçu. "L'humble demeure" ressemblait en effet plus à un manoir qu'à une chaumière. Luffy, qui comme toujours, accompagnait le bretteur, lança une exclamation d'enthousiasme à sa vue.

Ils furent accueillis à la grille par un interphone. Zoro s'attendait presque à ce qu'un valet vienne les mener au hall d'entrée, mais il n'en fut rien. A l'intérieur, Sanji et Robin étaient déjà là (toujours ponctuels) ainsi que Nami, bien évidemment. Le reste du groupe ne tarda pas et Marc leur fit une rapide visite guidée avant de leur proposer une collation.

Sanji était entrain de tirer la chaise de Robin, comme à son habitude, lorsqu'il s'aperçut que quelqu'un manquait à l'appel : Zoro naturellement. Il comprit rapidement la situation et hésita à laisser le bretteur se débrouiller. Malheureusement, il n'était pas le seul à avoir remarqué cette absence et un échange de regard sans équivoque avec sa déesse rousse le convainquit de partir à la recherche de l'imprudent. * Ne pas donner l'image d'une bande d'incapables au nouveau petit ami de Nami *. Il s'éclipsa discrètement.

Alors qu'il se trouvait dans le hall, il tenta de se mettre à la place de cette algue marine. Où pouvait-il bien être allé se perdre ? Dans l'endroit le plus incongru et le plus éloigné du salon évidemment, soit la cave ou le grenier. Rester au rez-de-chaussée devait être bien trop compliqué pour ce k'so marimo, par conséquent, il était probablement au grenier. Sanji entreprit donc l'ascension des différents étages de la maison.

Il ne pouvait plus monter. Le cuisinier se trouvait dans une pièce très sombre, renfermée dans le silence le plus complet. Il n'appréciait guère l'atmosphère qui régnait dans ce lieu et ne souhaitait que s'en tirer au plus vite. Il s'apprêtait à appeler son rival lorsqu'une masse lui tomba dessus.

C'était pas trop tôt. Zoro commençait à en avoir marre d'attendre dans cette pièce peu accueillante. Pourquoi ne la quittait-il pas ? Et bien, s'il restait ici, il ne faisait nul doute que Nami finirait pas envoyer le cuisinier le chercher, alors pourquoi n'en profiterait-il pas ? A l'instant où il avait recroisé ce regard bleu azur, à l'instant où il avait reposé ses yeux sur ces lèvres dont la douceur se rappelait à son esprit, le désir avait refait surface. Et à vrai dire, quand le désir s'exprimait, il était bien le dernier à le refouler. Le fait que Sanji souffre encore de sa rupture avec Nadia n'était plus qu'un détail, sans importance. Pour une fois, c'était intentionnellement qu'il s'était perdu. Bon, honnêtement, il se serait probablement perdu de toute façon, mais cette pièce en particulier, il l'avait choisie. Il se doutait que de toute manière, le blond allait sous-estimer ses capacités de réflexion, et qu'il finirait donc naturellement ici. Il risquait cependant de le regretter.

Voila que quelqu'un pénétrait dans le grenier, justement. Zoro avait vu juste, c'était bien le cuisinier. Celui-ci se dirigeait insouciamment vers le milieu de la pièce, c'est-à-dire juste en face de la cachette de l'épéiste. Celui-ci lâcha son fameux sourire carnassier. Ce petit blondinet était si ingénu. Alors que ce dernier se tournait dans son sens, Zoro s'élança brutalement sur lui. Profitant de l'effet de surprise, il plaqua Sanji contre le mur d'en face, les poignets prisonniers d'une main au dessus de sa tête, les jambes bloquées par celles du bretteur, le poids d'un torse contre le sien. Le vert ne lui laissa pas même le temps de réaliser ce qui lui arrivait qu'il fondait sur sa bouche. Les yeux fermés, il savourait son bonheur.

Sanji, hébété, reprit ses esprits lorsqu'il perçut une tentative d'intrusion entre ses lèvres. Il provoqua une secousse de tout son corps pour se déloger, mais la masse du bretteur rendit cette tentative totalement inefficace. Une poigne de fer vint d'ailleurs enserrer sa hanche pour mettre fin à toute résistance.

Zoro s'écarta un peu, sans relâcher sa prise, pour contempler, dans un moment d'allégresse, les joues rosies par la colère de sa proie. Celle-ci en profita d'ailleurs pour rompre le silence :

— Espèce d'enfoiré, t'as intérêt à me relâcher tout…

Le dit enfoiré le coupa d'un nouveau baiser fougueux. Immédiatement, il rencontra une nouvelle opposition. Cette dernière le rendait fou. Il était frustré, sa peau réclamait davantage la douceur de celle du blond, sa bouche voulait la goûter, son nez s'enivrer de son odeur, ses yeux l'observer dans la jouissance, ses oreilles se délecter de ses gémissements… Mais ce n'était pas en son pouvoir. Il commençait à comprendre ce que signifiait "expérimenter l'enfer des sens". Il tenta de forcer l'accès à la bouche, mordant, assez rudement, les lèvres gardiennes du fruit désiré, compressant de plus en plus Sanji, resserrant sa prise sur les poignets d'une main et faisant glisser l'autre sous le tissu de son pantalon.

Celui-ci recommença à se trémousser. Ouvrant les yeux, il aperçut le visage de Zoro, si près du sien, lui lançant des œillades suggestives alors qu'il s'amusait aux dépends de ses lèvres. Ne pouvant supporter ce spectacle, il referma aussitôt les yeux. Le dégoût le submergeait et la main insidieuse se figeant près de son derrière n'y était pas pour rien. Jamais un homme n'avait osé poser ses lèvres sur les siennes ! Jamais un homme ne l'avait acculé ainsi, aussi facilement de surcroît ! Et surtout… jamais il ne s'était trouvé dans une telle position de soumission, aussi incertain et craintif par rapport à un avenir proche, vraiment très proche. Il n'avait jamais cru qu'il aurait tant à craindre de Zoro un jour, et c'était pourtant le cas. Si ça avait été en sa capacité, il aurait voulu l'étriper vivant, là tout de suite. Comment osait-il se permettre une telle promiscuité ? Comment osait-il s'approprier son corps ainsi, en faisant totalement fi de son accord ? Il ne l'avait même pas mis en garde, il l'avait piégé, ici, bien trop loin pour qu'il puisse appeler à l'aide. Aucun de leurs amis ne se donnerait la peine de partir à la recherche. C'en était fait de lui, mais il refusait tout de même de céder les armes aussi facilement. Il avait son honneur…

Le bretteur, semblant étrangement las de batailler, s'écarta à nouveau pour recevoir une nouvelle plainte. Mais au moment où Sanji ouvrit la bouche, Zoro se précipita de plus belle et s'infiltra enfin entre l'interstice de ses lèvres. Il affermit sa prise d'une compression et se laissa enfin aller à la découverte de l'autre. Du moins, il aurait pu si la langue de son vis-à-vis cessait de se retirer, de se soustraire à son emprise. Il tenta d'aller la chercher plus loin mais une fois encore, elle mettait tout en œuvre pour lui échapper. Non, Sanji n'avait pas baissé les armes. Il aurait probablement été plus efficace de mordre l'intruse, mais la main immobile près de son intimité l'en dissuadait efficacement. Assurément, elle aurait matière à se venger. Il préféra continuer son petit manège.

Ainsi, d'un côté, Zoro se désolait de ne pas encore avoir pu profiter des talents de sa proie et voyait l'instant où il devrait se retirer pour reprendre sa respiration approcher à grands pas ; de l'autre, Sanji subissait les assauts répétés de la langue du bretteur mais aussi de sa main, qui, ayant compris qu'il n'avait pas l'intention de le mordre, était remontée sous sa chemise et se distrayait sur les abdos bien dessinés, déposant des caresses alliant la rugosité des mains rendues calleuses par l'usage des sabres, à la douceur d'un mouvement délicat. Cette alliance n'était étrangement pas désagréable. Il commençait à faire chaud tout d'un coup. Sanji rouvrit les yeux et la vision du visage de Zoro aussi près du sien ne lui semblait plus si insoutenable. Il sentait sa volonté faiblir mais ça ne l'effrayait pas autant que ça le devrait. Et c'est ça qui l'alarmait. De plus, le manque de souffle lui faisait tourner la tête et il n'arrivait plus à réfléchir correctement.

Zoro se détacha finalement, un air relativement irrité sur le visage. Il soupira, le regarda droit dans les yeux et déclara :

— Plus vite tu cèderas, plus vite ça sera fini.

Et il retourna à la charge, ne rencontrant aucune opposition. Sanji réfléchissait. Il ne se sentait pas les capacités de mener ce combat encore bien longtemps. Zoro n'avait pas réalisé le changement qui se propageait en lui, et il ne voulait pas lui donner la satisfaction d'être parvenu à lui provoquer le plus infime plaisir possible. Il préférait céder de par sa volonté, sous couvert d'une autre excuse.

Zoro, constatant que le blond ne lui opposait plus aucune résistance et étant las de garder son bras en l'air, libéra finalement les mains du cuisinier. A sa grande surprise, celles-ci vinrent glisser sensuellement le long de ses épaules puis s'agripper délicatement à son cou. Sanji enroula ensuite sa langue autour de celle de son dominant et répondit enfin, ardemment, au baiser. Lui qui prenait lourdement appui sur le mur de derrière inversa subitement la tendance et se projeta en avant. Le bretteur, ne s'attendant guère à ce revirement, fut entraîné aisément et finit par trébucher et se retrouver à terre. Il fut momentanément sonné par sa chute. Sanji se redressa, lui lança un regard de pur dégoût et jeta un papier se trouvant dans sa poche à ses pieds. Puis sans un dernier regard, quitta furieusement la pièce.

Zoro resta un moment assis, un étonnamment grand sourire aux lèvres. Et voilà, il l'avait enfin réveillée, la fougue de son ami. Cet ombre de baiser, cet éphémère moment de luxure, lui avait rappelé pourquoi il aimait tant chasser. Et cette chasse était de loin la plus belle qu'il n'ait jamais menée. Il en était maintenant certain, il ne pourrait oublier la peau de Sanji, avant d'avoir regoûter à ses délices et l'avoir, le temps d'une nuit, enfin marquer sienne. Il attrapa le papier. Une annonce d'entretien d'embauche pour garde du corps. Il aurait probablement du se sentir coupable, mais ce n'était pas le cas. Il ne pouvait se sentir coupable de s'offrir de tels plaisirs. Et le fait que Sanji ait pensé à lui alors qu'ils étaient en conflit, il trouvait ça plutôt mignon, et cela le confortait dans l'idée que le cuisinier était incapable de lui en vouloir réellement.

xXx

Cette fois, Sanji n'avait pas fui. Il avait juste pris le temps de reprendre ses esprits et était redescendu, comme si de rien n'était. Il avait vu Zoro revenir mais l'avait ignoré royalement. Il n'avait même pas cherché à lire l'expression de son visage pour savoir quels sentiments, tenant plus de la satisfaction ou de la déception, habitaient ce scélérat. Il ne voulait juste plus entendre parler de lui.

Il resta dans cet état d'esprit toute la journée, mais alors qu'il se recroquevillait au sein de son lit, après avoir pris une très longue douche, il constata qu'il était tout simplement incapable de s'endormir. Il était submergé par la rage en présumant, à juste titre, que son corps nu figurait dans les rêves du bretteur. Une telle chose ne pouvait, ne devait, se reproduire. Il savait cependant que Zoro ne s'arrêterait pas si facilement.

Il ne commettrait pas l'erreur de penser s'en sortir simplement en l'ignorant. Il pouvait se débrouiller pour ne jamais se retrouver seul avec lui, mais le bretteur finirait sans doute par trouver une solution. Il envisagea trente secondes l'idée d'en parler à leurs amis, mais ils étaient hors de questions que ses déesses apprennent ça, et surtout ce qui lui était arrivé… Personne ne devait jamais apprendre ça ! Et puis, il n'allait tout de même pas se plaindre, ce serait comme aller annoncer à Zoro qu'il lui faisait peur ! Impensable. Il ne restait plus qu'une possibilité. A vrai dire, il l'envisageait depuis le début, mais il la redoutait. Il lui fallait confronter l'épéiste et lui expliquer clairement qu'il n'avait aucun droit de poser ses mains sur son corps. Ça allait être dur. Nadia lui manquait encore plus dans un moment pareil. Lorsqu'elle était là, il était intouchable. Jamais Zoro ne se serait permis de tels actes. D'ailleurs, les réactions qu'il avait su lui provoquer étaient probablement dues à ce manque. Ça ne pouvait être que ça, n'est-ce pas ?

Enfin bref, il fallait qu'il trace un trait sur tout ça, et le plus tôt sera le mieux. Maintenant qu'il avait pris cette décision, il ne pouvait plus patienter. Prenant son téléphone en main, il constata que Nami les invitait boire un verre chez elle le lendemain soir. Il devait donc agir à ce moment. Fort de cette résolution, il partit se coucher, et s'endormit après quelques heures d'insomnie.

xXx

Zoro se leva à son habitude, tard, et sans se presser. Il était à moitié éveillé, lourd, avait les gestes hésitants et la vue trouble. Il partit prendre une douche. Il ressortit avec un caleçon propre, bien mieux réveillé, et se rendit dans la cuisine manger la première chose qui lui tomberait sous la main. Enfin il attrapa son portable et réalisa qu'il avait reçu, d'une part, un message d'une ancienne de ses conquêtes lui donnant rendez-vous le soir, d'une autre, un message de Nami lui donnant rendez-vous le soir. Dilemme ? Pas pour lui. Il avait toujours privilégié une partie de jambes en l'air (sauf cas exceptionnels), à une simple causette avec ses amis qu'il voyait tous les deux jours au moins, surtout quand il était plus ou moins en état de manque comme ces derniers temps.

Sauf que… Sauf que l'un de ses amis était justement en train de devenir un peu plus que cela. Il avait hanté sa nuit, sexy comme jamais, entièrement à sa merci, les yeux embués et le visage rougi par la jouissance. Zoro s'était d'ailleurs réveillés à plusieurs reprises, en proie à une érection plutôt douloureuse. Il voulait désormais plus que tout concrétiser ce rêve. Mais sûrement ne le pourrait-il pas aujourd'hui, il n'allait probablement rien se passer, surtout que le gamin devait être sur ses gardes après les événements de la veille. Pouvait-il se passer de tirer son coup juste pour voir comment avançaient les choses avec sourcil en vrille ?

xXx


WARNING : Début d'une scène d'agression sexuelle


Il avait 15 min de retard. Cette imbécile d'algue défraîchie s'était probablement perdue. Encore. Existe-t-il pareils boulets ? Il avait apparemment demandé à Luffy de ne pas l'attendre mais sans lui dire s'il comptait venir ou non… ou le petit brun avait probablement oublié tout simplement. Il ne brillait pas par sa mémoire ni son intelligence, c'était peu de le dire. Mais il était tout de même attachant, bien plus qu'un certain bretteur du dimanche, sadique et dépravé.

30 min. Sanji commençait à s'impatienter. Il participait aussi activement que possible à la conversation, et se retenait de jeter des coups d'œil trop fréquents à son portable ou autour de lui, de peur qu'on lui demande ce qui le perturbait ainsi. En revanche, il ne cessait de vider verres sur verres : pour se donner du courage, se justifiait-il. Heureusement, personne ne remarqua son petit manège.

50 min. Il n'était toujours pas là. Le cuisinier était alors franchement irrité. La face de pelouse oserait-elle leur poser un lapin, sans même le prévenir ? Cet abruti de brocoli allait lui payer cher. Soudain, il vit surgir une horrible chevelure verte. Zoro était subitement là, devant lui.

Il avait en fait décidé d'aller aux deux rendez-vous, avançant le premier et demandant à son amant de le déposer chez la rousse ensuite : s'il s'était perdu, il aurait été bien trop en retard. Le cook lui lança un regard courroucé mais ne fit aucun commentaire. L'autre avait salué tout le monde puis s'était mis à le fixer, là, au milieu de tout le monde, sans gêne. Sanji en devint rapidement mal à l'aise, il baissa la tête vers son verre qu'il se mit à siroter lentement. Il tint à peine dix minutes avant de se lever pour aller aux toilettes. Il se doutait que le bretteur allait le suivre, histoire de s'amuser un peu, mais il était prêt à le recevoir. Ainsi, il patienta à la porte des toilettes. Celles-ci se trouvaient dans un couloir opposé au salon, et il n'entendait presque plus les autres parler. Plusieurs minutes passèrent. Mais que faisait-le Marimo ? S'il attendait encore, ses douces beautés allaient penser qu'il était en train de faire la grosse commission. Ce serait humiliant. Alors qu'il s'apprêtait, dépité, à retourner près du groupe, Zoro arriva enfin, poussant la porte des toilettes sans un regard pour Sanji.

Ce dernier le regarda avec stupéfaction. Il ne savait pas comment réagir. Le bretteur n'était-il pas censé lui sauter dessus, comme chez Marc ? Coller ses horribles lèvres sur les siennes ? Tenter de le caresser en douce ? Rien ne se passait comme il l'avait imaginé. Médusé, il resta planter là, à l'attendre pendant qu'il faisait son affaire. Puis le Marimo sortit, et se tourna vers le blond. Voila qui était prévu ! Le cook s'exclama :

— Ah ! Je le savais ! Je te préviens, il est hors de question que tu m'approches. Je ne suis pas ta chose et tu n'as aucun droit d'expérimenter tes idées perverses sur moi, espèce de détraqué sexuel !

Zoro s'immobilisa et le fixa avec un drôle d'air.

—Hein ? Mais t'es parano mon pauvre, je passais juste au toilettes… comme toi, ça t'as pris du temps d'ailleurs.

— Quoi ? Mais non... tu essayais de m'agresser sexuellement !

Soudain, un sourire carnassier.

— Ah mais si c'est ça que tu veux, il suffisait de demander.

Et il s'élança sur le pauvre blond, le poussant vers une autre porte, qui s'avérait être celle de la chambre de Nami. Le blond, surpris de se retrouver dans la chambre de sa princesse, ne réagit pas jusqu'à ce que Zoro verrouille la porte à clef. Alors, il continua de l'engueuler, tout en reculant vers le bout de la pièce, se demandant comment s'en sortir. Le bretteur était plus fort que lui, et même sans ses sabres, il restait dangereux. Il se retrouva alors acculé aux pieds du lit. Zoro lui lança alors la lampe de Nami, que Sanji, étonné, s'empressa d'attraper pour ne pas casser les affaires de la belle rousse. Profitant de cette distraction, le bretteur n'eut qu'à pousser légèrement le blond pour que celui-ci tombe sur le lit. Il s'empressa alors de neutraliser les jambes puissantes du cuisinier en les écrasant avec les siennes.

- Qu'est-ce tu fous bordel ? Relâche-moi où je t'étrangle.

Zoro se contenta d'étouffer ses cris avec sa main, puis lui glissa à l'oreille

- Cesse de faire tant de bruits, tu ne voudrais pas que les autres nous surprennent dans cette position.

Une sueur froide coula le long de la tempe de Sanji. En effet, il ne pourrait supporter la honte qu'on le surprenne dans un lit avec le Marimo. Qu'allaient imaginer les autres? Et ses Mellorines ? Non, il en était hors de question. Le cuisinier tentait de se débattre, mais ses jambes étaient solidement écrasées par celles de Zoro, et ses deux mains furent immobilisés par ce foutu sabreur lorsqu'elles tentèrent de le frapper.

— Enfoiré, relâche moi tout de suite !

— Sanji...

Le fait d'entendre son nom dans la bouche du vert calma le cuisinier aussitôt. Malgré la violence de la situation, il ne pouvait qu'être intrigué par ce changement de comportement.

— Laisse-toi une chance d'apprécier ça. Laisse-moi essayer de te faire plaisir. Est-ce que tu aurais... peur ?

— Je n'ai pas peur, connard de Marimo, je sais simplement que je ne veux pas. En plus, on va rien faire ici, on est dans la chambre de Nami bordel de merde !

— Chuuuut, tu es encore trop bruyant, le reprit Zoro en posant un doigt devant sa bouche.

Sanji lui lança un regard haineux mais la remarque fit son effet. Zoro dénoua l'écharpe qu'il avait pris soin d'emporter, et lia les poignets de Sanji avec, devant le regard affolé de celui-ci, qui tentait vainement de se débattre.


Edit : Vous voyez maintenant la scène problématique se dessiner. Bien que réécrite, et l'action déplacée dans un autre lieu (pour ceux qui ont lu la version précédente), elle ne me satisfait toujours pas. Même si en règle général, je ne suis pas contre l'écriture de scène de viol, je trouve cette situation très problématique dans une relation d'amitié. A l'époque je me suis pas posée trop de questions en l'écrivant, maintenant mes convictions ont évoluées mais je ne pouvais pas la supprimer sans changer toute l'intrigue, alors je fais le choix, questionnable, de la garder.