Aaaah, je suis un peu en retard. I'm a little bit late. Ich bin ein bisschen zu spät... Je vais m'arrêter là. Désoléééée. C'est le moment de sortir l'excuse que je gardais : perte d'inspiration due à la reprise des cours ! Sans compter les révisions !
Non plus sérieusement, désolé pour le retard, surtout que la moitié du chapitre était déjà écrit, mais la période scolaire n'est vraiment pas ma période la plus prolifique. Et oui les vacances sont passées par là ensuite mais j'ai bossé sur mon OS pour le concours "Amour pirate" et il faut encore que je lise les fictions des autres concurrents (je le conseille aussi pour ceux qui ne l'ont pas encore fait, il y a de très beaux textes, ça vous fera patienter^^). En plus, j'ai bien envie d'écrire un OS ou un TS (ça se dit ça ?). Enfin tout ça pour dire que je ne sais malheureusement pas quand la suite arrivera :p. Encore désolée.
Enfin bon, je vous ai suffisamment fait attendre comme ça, alors bonne lecture !
Zoro se retourna dans son lit, encore une fois, plaquant son oreiller sur sa tête. Les gémissements de son ami se faisaient de plus en plus insistants, ils le mettaient au supplice. Qu'est-ce qu'il n'aurait pas donné pour lui fournir une bonne raison de gémir ! Des milliers de pensées perverses lui passaient par la tête et il brûlait d'infliger à ce foutu cuistot un traitement de son crû. Il comprit enfin qu'il ne pourrait dormir tant que le blond ne se serait pas calmer, seul… ou avec son aide. Non, il ne pouvait pas, ne devait pas faire ça. Il venait tout juste de remonter un petit peu dans l'estime de Sanji et devait reconnaissance à ce dernier pour lui avoir accordé l'hospitalité. Se laisser aller à ses ardeurs remettrait tout en question, une nouvelle fois.
Zoro se releva. Il devait s'éloigner de cette tentation, appel à la débauche et à la luxure. Il décida de retourner devant la télé, mais d'abord, un petit passage aux toilettes. Alors qu'il se lavait les mains, il constata que la bouteille de savon était vide. Naturellement, il ouvrit l'armoire pour en chercher une nouvelle. Il tomba alors nez à nez avec différents flacons de désinfectant. Il en saisit un au hasard et lut la description : "Efficace et sans douleur" remarqua-t-il. Il grogna. Cet enfoiré de cook s'était bien foutu de sa gueule.
Sans réfléchir, avec l'impulsivité qui le caractérisait, Zoro se retrouva sur le matelas du blond, le corps de celui-ci entre ses jambes, prêt à lui faire tâter de son poing pour obtenir sa vengeance. Il baissa le regard sur le visage de Sanji et remarqua la rougeur étendue sur ses joues. Alors, il réalisa (enfin). Il se trouvait juste au dessus du cuistot, très émoustillé. Mauvaise position, très mauvaise position… Il fallait qu'il se casse de là, très vite. Doucement, pour ne pas réveiller son camarade, il souleva sa jambe la plus proche du mur et la ramena vers lui.
Alors qu'il pensait s'en sortir, Sanji l'empoigna soudainement par le col et le tira vers lui. En équilibre précaire, Zoro lui tomba brutalement dessus. Il se figea : des mains se glissaient dans son dos pour resserrer leur prise mais le blond n'ouvrit pas les yeux. Le bretteur s'en trouva interloqué, il était conscient de sa masse et ne comprenait pas comment le cuisinier ne pouvait pas se réveiller en recevant un tel poids sur son corps frêle.
Il n'eut néanmoins pas le temps de se poser davantage de question. Là, près du corps de Sanji, il était à nouveau saisi de désir pour cette peau délicate et parfumé ; et il sentait que son érection n'allait pas tarder à se réveiller. Il n'avait pas le choix, il allait devoir tirer le blond des brumes de son sommeil. Il redoutait cependant un peu l'explication qui allait forcément s'ensuivre.
Avec sa délicatesse habituelle, Zoro secoua l'homme endormi sous son corps qu'il interpella :
— Hey, Sanji… Réveille-toi… Réveille-toi et lâche-moi putain ! ajouta-t-il plus brusquement.
Le cuisinier refit enfin surface, ouvrit des grands yeux stupéfaits et le repoussa avec rage. Du moins, il essaya, mais le peu d'amplitude que lui offrait sa position ne lui permit que de contraindre Zoro à se redresser, le faisant ainsi asseoir sur ses jambes.
— Mais qu'est-ce que tu fous là, bordel ?!
— Mais c'est toi là, bordel ! Tu m'as attrapé et tiré à toi, comme l'aurait fait une chienne en chaleur.
— Ben oui, bien sûr, j'suis venu te chercher dans ton lit, là-bas, et je t'ai traîné jusqu'ici, sans problème, dans mon sommeil ? Et bien entendu, il ne t'est pas venu à l'idée de m'en empêcher ? Ou peut-être n'étais-tu pas assez fort pour me retenir ? ironisa le cook
— Il ne me viendrait jamais à l'idée de faire un truc pareil, sourcil-en-vrille.
Sanji rougit alors que l'épéiste était installé sur ses genoux. Celui-ci l'observait, presque attendri. Vraiment trop craquant, pensait-il. Toute envie de s'échapper l'avait abandonné.
— Quand est-ce que tu vas te décider à bouger ? balança le blond, agressif.
— Quand tu m'auras expliqué pourquoi il y a une dizaine de désinfectants inoffensifs dans ta salle de bain.
Le cuisinier se raidit. Il ne pensait pas que le sabreur le découvrirait. Une fois n'est pas coutume, il ne savait que lui répondre, et s'en trouvait d'autant plus mal-à-l'aise. Zoro sourit. Il avait envie de jouer, définitivement, mais il ne savait pas encore jusqu'où ce jeu le mènerait. Il se pencha au dessus du corps de son camarade et posa ses mains autour de sa tête.
—Et si j'oubliais tout ça, ça te dirait ?
Sanji réfléchit quelques instants. Il flairait le piège à des kilomètres, mais que pouvait-il faire d'autre qu'acquiescer ? Dans la position dans laquelle il se trouvait, Zoro pouvait lui infliger tout les sévices qu'il souhaitait.
— Okay… répondit le cuisinier, hésitant.
— Bien, se satisfit son interlocuteur. Alors... Dis-moi un peu ce qui te faisait gémir ainsi.
— Quoi ? Je ne gémissais pas ! Se défendit Sanji, gêné.
— Te fous pas de ma gueule ero-cook, ça fait quinze minutes que tu m'empêches de dormir, j'ai jamais entendu un mec se chauffer autant, pour un simple rêve en plus.
—Raconte pas n'importe quoi, je faisais un rêve tout à fait banal !
— Mec, c'est bon quoi, tu m'as déjà parlé de nanas 100 000 fois, et des rêves érotiques hétéros ne me sont pas si étrangers.
Le blond ne savait plus où se mettre. Oui, il aurait probablement tout déballé… s'il s'agissait de nanas. Mais comment avouer à Zoro qu'il s'était imaginé dans ses bras, à nouveau, d'abord résistant puis totalement consentant ? Comment lui expliquer qu'il avait rêvé de le trouver ainsi posé sur lui, lui imposant caprices et caresses ? Il ne le pouvait tout simplement pas : son honneur l'en empêchait… ainsi que la peur, pour être honnête.
— Je t'assure, vraiment, c'était rien.
Le bretteur tilta enfin. Il se releva un peu pour fixer Sanji de haut, ce dernier fuyant honteusement son regard. Se pouvait-il que… ? Non, ça ne pouvait être ça… Si ?
— Dis-moi, si tu ne veux rien me raconter… Ce n'est pas parce que je suis concerné, par hasard ?
— Absolument pas ! Se récria le cuisinier.
Mais il frissonnait, avait la chair de poule, se mordait la lèvre, sans compter qu'il ne parvenait toujours pas à soutenir son regard. Tout ceci tendait à conforter Zoro dans son idée. Il rapprocha ses genoux des abdos de Sanji, se trouvant ainsi au dessus du bassin de Sanji
— Donc, si je fais ça, ça ne te fais rien ? demanda le bretteur, souriant en frottant ses fesses rebondies sur l'érection suscitée par le rêve du blond.
Sanji écarquilla les yeux, cessa de respirer et plongea finalement son regard dans celui de l'homme qui le dominait. La chaleur, qui l'avait quitté après la sueur froide provoquée par le réveil du bretteur, se rerépandait dans son corps, en partance du bas-ventre. Il n'avait qu'une envie : celle de s'y abandonner.
— A.. arr..ête, … s'il… te plait, supplia le cuisinier.
—Vraiment ? T'es sûr ?
Il redoubla l'intensité de ses caresses, resserrant les jambes et appuyant davantage sur la virilité de son camarade. Il savait que si celui-ci trouvait la force de lui demander de cesser à nouveau, il serait forcé d'obtempérer, sous peine de se voir reprocher un viol le lendemain. Il ne pouvait donc pas s'offrir le luxe de prendre son temps. Il se baissa pour déposer un baiser dans le creux du cou de son vieux rival et en profita pour changer l'axe de ses mouvements.
— Hum, gémit Sanji, ses mains se posant sur les épaules du bretteur, sans savoir si elles devaient le repousser ou l'attirer.
— Excuse-moi, tu peux répéter ? J'ai mal entendu… lui susurra Zoro avec un sourire sadique en s'allongeant sur son corps pour faire rencontrer leurs érections brûlantes.
Le pauvre cook était excité au possible, la torture était intenable. Son esprit, autant que son regard, était embrumé par le désir. Il ne savait plus ce qu'il devait penser, ce qu'il devait dire, ce qu'il devait faire. Il savait juste qu'il avait terriblement envie de sentir ce foutu Marimo plus près de lui. Il agrippa l'épaule sous ses doigts comme un aigle saisirait sa proie. Zoro lâcha son fameux sourire carnassier, il sentait qu'il avait gagné la partie. Il se rapprocha du visage de Sanji, se figea à quelques centimètre, et demanda :
— Qu'est-ce que tu dis ?
Le blond détaillait le visage devant lui, découvrait chaque trait, s'attardait sur chaque cil. Il voulait le saisir pour l'attirer à lui, briser la distance entre eux, mais lorsqu'il tendit la main, elle fut saisit au passage par une jumelle et plaquer contre le matelas.
— Zoro, gémit le cuisinier, une plainte dans la voix.
— Mais encore ? Insista le bretteur sans bouger d'un cil.
Sanji se trémoussait sous lui. Ces lèvres le rendaient fou. Il voulait qu'elles se posent sur son corps, qu'elles parcourent sa chair et l'embrassent comme dans sans pudeur : il voulait qu'elles lui montrent le chemin de la luxure. Mais elles s'entêtaient à rester loin de lui, lui refusaient leur caresse. Impitoyables, elles attendaient quelque chose :
—Zoro… Continue.
Alors l'épéiste recommença à se mouvoir, lentement. Mais le blond en voulait plus:
—Embrasse-moi, putain !... Je t'en supplie, lâcha finalement Sanji.
Zoro retrouva son sourire carnassier et accéda enfin à la requête. Alors leurs langues entamèrent un ballet endiablé auquel Sanji contribuait réellement cette fois, bien que facilement dominé par son partenaire, du fait de sa position. Le cuisinier avait finalement glissé ses mains dans le cou du bretteur, le serrant comme s'il ne voudrait jamais le libérer, de peur qu'il ne s'échappe.
Le blond n'en comprenait les raisons mais le fait d'être dans un lieu aussi familier le mettait en confiance, bien plus que dans les toilettes du bar de la dernière fois. Il ne se posait plus de question, se laissait aller à ses envies. Peut-être le fait de ne pas être attaché y jouait un rôle, ou alors se contentait-il simplement de satisfaire un besoin qui attendait, depuis trop longtemps, de s'exprimer.
Qu'importait le motif, toujours en était-il qu'il était drôlement audacieux ce soir. Ce fut lui qui rompit le baiser pour aller titiller l'oreille du bretteur de sa langue, faisant ainsi tinter ses boucles d'oreilles. Le jeune homme laissa échapper un râle de contentement et le cuisinier sourit en retour. Un sourire et une initiative qui convainquirent Zoro de partir à la découverte du corps de son vis-à-vis.
Il lui retira rapidement son haut de pyjama et entreprit de recommencer la douce torture qu'il lui avait infligée au bar, l'autre jour. Le cou, la clavicule, les tétons, puis le ventre. Bien entendu, les réactions de son supplié furent bien plus importante cette nuit là. Gémissements, voire cris, cambrements, avec une once de retenue, mais aussi baisers et caresses en retour.
Il était tellement canon, ainsi abandonné à son plaisir. Canon… Un mot qu'il avait hésité à employer, il n'y a pas si longtemps. Maintenant, le bretteur en était sûr, canon décrivait parfaitement le cuisinier. Canon, désirable, sublime… appétissant. Il retira le bas et le caleçon de Sanji avec impatience. Les doutes refirent surface chez ce dernier alors que le sabreur évaluait la chose, d'un œil connaisseur. Il s'apprêtait à se saisir de la virilité éveillé lorsque le blond fit entendre ses incertitudes :
— Euh… Zoro…
Mais l'épéiste acheva son geste et entama un mouvement sur la verge tendue tout en murmurant, d'un ton qu'il voulait rassurant :
— Chut, laisse-toi faire.
Il effectua quelques va-et-vient lent, peu appuyé, pour achever de détendre le cuisinier. Ça fonctionna si bien que ce dernier en devint vitre frustré de ne pas le sentir plus et il ne se gêna pas pour l'exprimer à voix haute :
— Putain Marimo, plus vite.
Celui-ci sourit : il était prêt. Zoro retira sa main, déclenchant un grognement désapprobateur du blond qui mua en un cri de surprise lorsqu'une langue vint se poser sur son gland, s'enrouler autour, lécher le frein, puis glisser tout le long de la hampe, qui trouva le moyen de gonfler plus encore, avant de rejoindre les bourses pour les taquiner. Puis des doigts prirent le relais sur la base tandis que la langue refaisait le chemin inverse, avec une délicieuse lenteur. Enfin, la bouche engloutit le membre fier, et le cuisinier lança un couinement étranglé, bien moins fier.
Sanji était complètement égaré, ses pensées n'étaient même plus cohérentes, tout ce qu'il savait, c'est qu'il prenait son pied. Littéralement… ou pas. Etait-ce une expression littérale ? Oh, et puis il s'en foutait, après tout. Les yeux fermés, les mains cramponnées au matelas, le corps cambrés au possible, il voulait juste ressentir le plus de plaisir possible. Et il était bien parti, au vu de ses gémissements licencieux qu'il ne cherchait même plus à retenir. Sa réserve avait fondue comme neige au soleil.
Des mouvements rapides, brusques, profonds, des lèvres et de la langue, puis lorsque le plaisir était trop important, un stop. Seule la langue bougeait, s'enroulant autour de la virilité, douce, joueuse. Alors Sanji recouvrait ses esprits, du moins assez pour se plaindre, mais avant qu'il ne puisse ouvrir la bouche, le manège recommençait, et le blond repartait haut dans les cieux.
Zoro voulait que son vieil ennemi n'oublie jamais cette fellation, et on pouvait dire qu'il y était déjà parvenu. Le cuisinier n'en avait jamais connu de telle, aussi précise, méticuleuse : il lui semblait que Zoro avait fait ça toute sa vie. Depuis combien de temps Zoro était-il gay ? Il ne s'en souvenait plus… des mois, des années, une éternité peut-être. A vrai dire, il ne venait de réaliser ce que ça signifiait vraiment… que maintenant, alors qu'il s'engouffrait dans les abysses de la jouissance, sans même se rendre compte qu'il hurlait le nom de son camarade.
Ce dernier, le cœur en fête, se faisait une joie d'emmener son blondinet au paroxysme du plaisir. Il ne s'épargnait aucune peine, enfonçant Sanji au plus profond de sa gorge, usant de mouvements rapides et fluides, la langue toujours active. Et lorsque le cuisinier, tenta de repousser ses épaules, il persista et avala avec gratitude la semence récompensant ses efforts.
Alors Sanji, se sentant étrangement heureux d'être accepté dans son entièreté, l'attrapa par le cou pour rapprocher leur visage dans un tendre baiser. Mais sa respiration, encore trop saccadée, les força à se séparer et le blond constata finalement que le bretteur était toujours habillé. Honteux de n'avoir pensé qu'à son propre plaisir, il le poussa sur le côté, le débarrassa de son T-shirt et s'apprêtait à lui procurer le même plaisir qu'il lui avait fait endurer lorsqu'une main vint l'en empêcher. Sanji leva des yeux étonnés.
— Je t'assure qu'il n'y en a pas besoin, lui expliqua Zoro.
Alors il rallongea le blond et redescendit en bas. Sanji connaissait la prochaine étape bien sûr… et il réalisa subitement tout ce que cela impliquait. Il stressa, un blocage fit par conséquent son apparition, bien plus important que les derniers. Il commençait à paniquer. Zoro s'en rendit compte alors qu'il s'humidifiait lui-même les doigts pour le préparer, se doutant que le cuisinier ne tenait pas vraiment à le faire. Il vit le regard anxieux et tenta de l'apaiser :
— T'inquiète pas, ça va aller.
Il posa sa main sur la cuisse.
— Zoro… Je suis pas sûr… lui répondit le blond, hésitant.
Il le caressa doucement.
— On va y aller doucement, je te ferais pas mal. Enfin… le moins possible.
— Vraiment, je crois pas…
— Fais-moi confiance.
— Je te fais confiance, mais je ne peux pas...
— Mais si, c'est un peu dur au début mais ça ira tout seul ensuite, tu verras.
— Zoro, je suis pas prêt ! commença à s'impatienter Sanji, élevant la voix.
— Tu crois pas qu'il est trop tard pour réaliser ça ? demanda Zoro, un peu agacé.
—Je sais, je suis désolé… Vraiment… mais je ne peux pas, j'suis pas capable, pas maintenant. Désolé…
Il avait dit tout ça à voix basse, presque un murmure, teinté du désarroi d'être incapable de satisfaire l'homme qui lui avait offert tant de plaisirs, et de la peur de sa réaction, qu'il tentait de cacher.
Zoro se redressa, clairement dépité. Il lui lança un regard un peu dur mais se résigna. Il ne pouvait lui imposer de faire quelque chose dont il n'avait pas envie. Enfin si, mais pas ça. Pour une première fois, il devait être totalement consentant. Il devait brûler de la flamme du désir, brûler de lui faire l'amour. Le sabreur, lui, en brûlait. Mais il ne voulait pas lui forcer la main, il n'avait plus envie de se battre.
Il se leva, désenchanté, et se dirigea vers la porte. Sanji s'assit brusquement sur le lit et, la main tendue vers lui, lui demanda, la crainte vrillant sa voix :
— Tu vas où ?
— A ton avis ? Dans la salle de bain, j'ai un petit problème à soulager, si tu vois ce que je veux dire…
Ah oui, bien sûr. Le cuisinier laissa retomber sa main. Il avait eu peur que l'autre le quitte, se casse pour ne plus revenir. Il voulait partager d'autres moments avec lui, l'embrasser, le sentir près de lui… et surtout, il adorerait dormir entre ses bras musclés. Il ne pouvait offrir à Zoro ce qu'il désirait pour le moment, mais sans doute en serait-il capable plus tard. Il tenait à lui, voulait apprendre à le connaitre… et oui, il avait confiance en lui. Alors ce n'était plus qu'une question de temps, n'est-ce pas ?
Allongé dans son lit, il attendait que son ami… son amant peut-être maintenant, revienne afin qu'il puisse se blottir contre lui. Il en mettait du temps dans cette salle de bain… Enfin non, c'était surtout lui qui ne voyait pas le temps passer, à force de s'inquiéter. Il hésitait à aller le rejoindre. Se serait accepté de… de quoi au juste ? De l'aide à régler son problème de taille probablement. Ça ne devait pas être bien dur après tout, il connaissait ça.
Sanji se leva, enfila son caleçon et rejoignit son camarade. Celui-ci, assis sur le rebord de la baignoire, le regarda arriver avec des yeux surpris. Que venait-il donc faire ? Il le vit baisser ses yeux vers sa virilité tendue. Le bretteur avait à peine commencé son affaire, il avait pris le temps de se rafraîchir avant. Il attendait que le cuisinier lui explique les raisons de sa venue pour entreprendre quelque chose.
Sanji était toujours figé sur sa verge. C'était… plutôt très gros. Et il fallait que ça rentre… là ?! Il avait p'tet bien fait de refuser, après tout. Il releva son regard vers les yeux verts. Le bretteur semblait attendre une réaction. Lui rendre la fellation ? Il hésitait… Il ne savait pas s'y prendre, allait faire n'importe quoi et était un peu intimidé par le nombre de personnes, sûrement bien plus talentueuses que lui, qui l'avait précédé.
Puis il avisa la main de Zoro. Après tout, être branlé par un autre est toujours plus agréable que de le faire soi-même non ? Et une branlette, ça, il en était capable. Il s'approcha et tendit la main, sous le regard incertain du sabreur. Allait-il vraiment le faire ? se demandait celui-ci. La réponse lui fut donnée lorsqu'une poigne enserra son sexe gonflé. Alors il sourit enfin, pour encourager le blond. Celui-ci fut étonnamment rassuré par cette réaction banale et commença à bouger.
Sa main descendait rapidement le long de la hampe dressée, resserrant sa prise à la base, et caressant le gland du pouce à chaque passage. Zoro pencha alors la tête en arrière, s'appuya solidement sur les bords de la baignoire et se laissa aller, l'encourageant de soupirs d'aise puis de petits gémissements rauques, sans s'embarrasser d'essayer de les retenir.
Il était si beau, remarqua Sanji pour la première fois. Le front haut et fier, les traits bien définis, la mâchoire ferme, tout en lui respirait la masculinité. Son cou offert, le torse puissant, les abdos gravés dans la roche à la pioche, il était subitement saisi de l'envie d'y goûter. Goûter son corps, il aurait pu, s'il avait accepté sa demande. Pour l'instant, il devrait se contenter des lèvres charnues. Alors que le bretteur laissait échapper un soupir rauque, Sanji fondit simultanément sur ces lèvres et dans son regard d'émeraude.
Il l'embrassa passionnément, passant une main dans son dos pour l'attirer, l'autre ne cessant ses caresses. Zoro l'agrippa par les hanches, et alors qu'il était sur le point de jouir, le blond ralentit la cadence. Il répétait le petit jeu que le sabreur lui avait infligé juste avant, récompensé par un son qu'il n'aurait jamais cru obtenir de son rival : un gémissement de frustration suivi de son nom. Sous le coup de la surprise, Sanji raffermit sa prise, faisant ainsi venir son partenaire sur le caleçon qu'il avait enfilé. Il s'écarta lorsqu'il sentit le liquide couler le long de sa jambe et Zoro se mit à rire.
— Bah alors ero-cook, on n'arrive plus à se retenir ?
— N'importe quoi, c'est toi là ! rougit le cuisinier.
Mais était-ce vraiment le bretteur ? Il concevait que la vision du sabreur en débauche aurait aisément pu le faire bander, pourtant sa virilité était calme. Il avait été si concentré sur le plaisir de son ami qu'il n'avait même pas prêté attention aux éventuels mouvements de son membre. Se pouvait-il que le simple spectacle d'un Zoro au bord de la jouissance l'ait amené à se vider également ? Non, quand même pas… Peut-être…
— Aller viens gamin, on va se coucher. On lavera demain, ajouta-t-il
— M'appelle pas comme ça, grogna le blond alors que le sabreur le tirait vers son lit, imaginant que son camarade ne lui permettrait pas de squatter le sien dans l'état dans lequel ils se trouvaient.
Sanji se sentit alors projeter sur le matelas dur, peu confortable, et surtout prévu pour une personne seulement. Ce qui n'empêcha pas une masse de s'abattre près de lui et de se blottir contre son dos, un bras autour de ses hanches. Le cuisinier resta immobile quelques instants avant de se tourner vers Zoro et de se racler la gorge. Celui-ci ouvrir un œil vert en grognant :
—Qu'est-ce qu'il y a ?
— Tu me libères pour que je puisse changer de caleçon ?
— Hum… T'as qu'à retirer celui-là
— Je veux changer de caleçon !
— Putain t'es chiant, se plaignit Zoro en retirant son bras.
Sanji se leva sans un mot, se changea dos au bretteur, celui-ci en profitant pour mater son derrière. Puis il se laissa tomber dans son propre lit. Voila encore autre chose, soupira l'épéiste. Il n'était quand même pas vexé parce qu'il l'avait traité de chiant ? Non quand même pas, il en avait entendu d'autres. Alors quoi ? Le caleçon n'était peut-être qu'une excuse pour s'éloigner ? Il venait probablement de réaliser qu'il avait fait une erreur ? Zoro le vivrait mal mais il devrait l'accepter. Echoué si près du but…
— Marimo, qu'est-ce que tu fous ?
Et lui, qu'est-ce qui lui prenait ? Quelle question stupide…
— Ben, je dors, quoi d'autres ?
—Ah… bah si ça te plait de dormir seul sur ce matelas pourris, tant mieux.
Il comprit enfin où le blond voulait en venir. Il se leva, heureux, et revint se blottir contre Sanji. Ce dernier ne put retenir un sarcasme :
—T'es long à la détente, tronche de petit pois.
—Ta gueule…
xXx
Sanji cuisinait depuis une bonne heure mais son esprit était ailleurs. Le réveil dans les bras de Zoro avait été rude… et un peu effrayant. Il s'était vite extirper du lit puis s'était rendu dans la salle de bains pour effacer les preuves de leur débauche de la veille. Il s'était ensuite assis sur une chaise pour réfléchir, mais ses mains avaient besoin de s'occuper. Alors, il cuisina encore et encore, s'accordant quelques pauses pour profiter d'une cigarette. Enfin, profiter était un bien grand mot : il tirait simplement machinalement sa bouffée en tapant nerveusement du pied.
Il attendait le réveil de Zoro avec impatience, mais aussi avec crainte. Il avait passé une nuit tellement agréable mais… et la suite ? Allaient-ils devoir faire comme si rien ne s'était passé ? Impensable, inimaginable, tout bonnement impossible. Il serait incapable de le regarder dans les yeux, encore moins d'échanger des coups. Alors s'afficher comme un couple ? Avec le marimo ? Quelle horreur ! Que diraient Nami et Robin ? Sans compter qu'ils seraient bien incapables de se supporter...
Le bretteur émergea enfin. Il huma le doux fumet s'échappant de la cuisine, se leva et s'habilla rapidement avant de rejoindre Sanji. Il se posa une chaise et Sanji lui apporta une multitude d'assiettes devant lui. Il finit avec une tasse de café, bien noir, et s'assit en face de lui, une cigarette au bec alors qu'il ne fumait d'ordinaire jamais à l'intérieur :
— Bon appétit, lâcha-t-il, semblant n'avoir aucune intention de toucher à l'un de ces plats.
— Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Zoro, bien que se doutant des préoccupations de son ami.
Sanji répondit avec une autre question :
— Qu'est-ce qu'on va faire maintenant ? Enfin, je veux dire, pas maintenant tout de suite, mais… après ?
Le bretteur soupira. Il savait qu'ils devraient avoir cette conversation, mais il avait espéré la retarder au maximum... Le cuisinier ne lui en avait pas laissé l'occasion.
— Qu'est-ce que tu veux, toi, qu'on fasse ?
— J'ai posé la question, tu réponds.
— J'ai posé une question avant.
— Et j'y ai répondu. A ton tour.
—C'était une réponse ça ?
— Oui ! Répond maintenant putain.
Zoro se passa la main dans les cheveux et soupira une nouvelle fois.
— Tu sais très bien que je n'aime pas m'enfermer dans une relation, et même si je me fous du regard des autres, je ne suis pas du genre à m'étaler en public. Mais oui, j'aimerais bien… aller plus loin.
Il savait avoir été clair, mais il avait peur que Sanji lui demande une chose : l'exclusivité. Il doutait de pouvoir lui accorder, bien que le blond en vaille la chandelle. S'il pensait que ce dernier était capable de faire l'impasse sur le romantisme (l'avantage d'être un homme), pourrait-il lui accorder la liberté qu'il recherchait ?
Sanji se rapprocha.
— On n'en parle pas aux autres alors ?
— Est-ce utile ?
— Pas de mots doux et de grandes déclarations ?
— … j'préfère pas.
— Juste du sexe en fait ?
Zoro releva la tête :
— Exactement.
Silence
—Qu'est-ce que t'en dis ? reprit l'épéiste, dans l'incertitude.
— Que c'est parfait, répondit le blond en souriant.
Puis il se pencha sur les lèvres, pour sceller leur "accord" en un doux baiser. Puis il se redressa :
— Mais tu me laisses le temps, hein !
Et Zoro le fit taire d'un nouveau baiser.
Et voila, ce chapitre est enfin terminé ! J'essaie de poster le prochain au plus vite, mais je ne veux pas promettre une échéance, si je ne suis pas certaine de pouvoir m'y tenir. Alors à bientôt !
(Et n'oubliez pas, une review fait toujours plaisir, elle peut me booster à écrire la suite plus vite :p )
