Deux mois d'attentes tout pile (enfin 2 mois et un jour mais le chapitre était prêt depuis hier ). Au départ, j'ai compté un mois, j'étais plutôt fière. Puis j'ai remarqué qu'après mars, il y avait avril... Et seulement après mai. Et j'étais bien moins fière de moi. Alors désolééééeeee (encore).

Avant de vous laisser lire, puisque j'ai tant tardé, quand même le plus important : merci pour vos reviews, mention spéciale pour celles qui sont là à tous les chapitres, ça fait chaud au cœur, merci beaucoup !


Le cook l'avait forcé à manger tout ce qu'il y avait sur la table. "Moi vivant, pas de gâchis de nourriture, jamais !" avait-il dit. Zoro était plein de chez plein. Et le frigo vide de chez vide. Pour tromper son impatience, son blondinet avait en effet cuisiné tout ce qu'il avait sous la main. Et ses réserves n'étaient pas inépuisables, au grand malheur de Luffy.

Le bretteur était allongé tout le long du canapé. Il releva lentement la tête pour observer son ventre : quand est-ce que celui-ci allait exploser ? Son seul réconfort était que Sanji n'était guère en meilleur état. Ce dernier était parti sous la douche pour se rafraîchir. Zoro attendait son tour : il avait bien proposé à son hôte de la partager, mais celui-ci avait refusé. L'épéiste se demandait bien pourquoi. Foutue pudeur !

Il en mettait du temps. Une vraie minette, comme se plaisait à soutenir le bretteur. Et ce n'était pas demain que ça allait changer, tendance homosexuelle ou pas.

— C'est bon, tu peux y aller, annonça finalement Sanji en libérant la pièce.

— C'est pas trop tôt, soupira Zoro en se levant avec difficulté.

— Marimo, tu squattes déjà mon appart, mon lit, ma cuisine et ma salle de bain, tu vas pas non plus te plaindre ? Parasite !

— Etre chiant est un sport à pratiquer tous les jours mon vieux. Et puis pour la cuisine, vraiment, j'ai pas insisté.

— T'aurais préférer crever de faim ? grogna son interlocuteur.

— Dois bien y avoir un restaurant qui sert de la bouffe décente dans le coin, non ? Avec un beau serveur, aimable et serviable. Hmm.

Il referma alors la porte sur lui. Sanji lança une chaussure contre celle-ci :

— Crétin ! Perpétuel insatisfait ! Frustré ! Le provoqua-t-il.

— LA FAUTE A QUI ? beugla une voix à travers le mur.

*Ah oui, c'est vrai* Se rappela le cuisinier. Il ferait mieux de surveiller ses insultes avant de les balancer. C'était également ce que pensait le bretteur, fulminant, alors qu'il se glissait dans la baignoire :

* L'enculé… Ah non, pas encore. Il a de la chance que je ne vienne pas m'occuper de son cas, là tout de suite, je me ferais un plaisir de lui montrer ce que "frustré" m'inspire. Abruti*

xXx

Les deux jeunes hommes étaient sur le chemin du supermarché, ensemble, Zoro étant de corvée "porteur de course", puisque par sa faute, il ne restait plus rien à manger. Par sa faute oui, c'est ce que lui avait assuré Sanji. A contrecœur, l'épéiste s'exécuta : il lui devait bien ça.

Ils empruntaient une ruelle, déserte, lorsque soudainement, le bretteur fut pris d'une pulsion et, saisissant son compagnon, le plaqua contre le mur. Alors qu'il s'apprêtait à l'insulter et à le repousser, une bouche vint se coller à la sienne, et Sanji en oublia toute son irritation. Il rendit les armes en moins de temps qu'il en fallait pour dire " Marimo".

Dieu qu'il embrassait bien ! Et dieu qu'il voulait le sentir proche, plus proche ! Sanji passa ses mains dans le dos de l'épéiste et l'attira vers lui. Alors qu'une de ses jambes se glissaient naturellement entre celles du bretteur, celui-ci se dégagea et, les yeux baissés et le souffle court, posa son front contre celui de son blondinet.

Il sentait cette douce chaleur qui l'avait envahi se muer en feu ardent, et il ne savait que trop bien où celui-ci le mènerait. Dieu que ce foutu cook l'excitait ! Il aurait voulu le prendre ici, contre ce mur, et défoncer son petit cul bien comme il fallait. Mais non, il fallait qu'il se retienne, encore ! Mais jusqu'à quand en serait-il capable ?

— Quand est-ce que tu seras prêt ? demanda-t-il, concis comme à son habitude.

Sanji frémit. Quand, quand, quand ? Il le voulait tant. S'il écoutait son cœur, il dirait maintenant. Mais s'il écoutait sa raison, ce serait jamais. " Le cœur a ses raisons que la raison ne connait point" : Blaise Pascal connaissait bien son affaire.

Zoro releva la tête et le fixa dans les yeux. Il attendait une réponse. Sanji lui donna la première qui lui passa par la tête :

— Quand tu cesseras de me le demander.

— Quand j'irais voir ailleurs ? Si ce n'est que ça, ça peut s'arranger, rétorqua le bretteur.

—Crétin.

Zoro déposa un baiser chaste sur ses lèvres puis le libéra et reprit la marche. Le blond le rattrapa et, sans réfléchir, lui prit la main, saisi d'un besoin impérieux de le sentir là, avec lui. Le bretteur lui lança un regard étrange mais ne dit rien, et surtout ne se retira pas.

— Foutu cuistot.

L'interpellé sourit et serra la main plus fort. Se pourrait-il que ? Non, ce ne se pouvait pas. Serait-ce possible ? Serait-il en train, doucement mais sûrement, de faire fondre le cœur de Zoro, l'insensible Zoro ?

— Allez, la vie n'est pas si dure, déclara Sanji.

—Moi parcontre, je le suis, répliqua immédiatement son compagnon.

— Oui, je… Hein, quoi ? Mais t'es con !

— Qu'est-ce que t'allais dire ? le taquina Zoro.

— Rien !

— Mais…

— Rien, j'ai dis !

— C'est ça.

Ils allaient sortir de la ruelle. Avec peine, même s'il ne voulait pas le montrer, le cook lâcha la main de son ami. Le public, le regard des autres, toujours aussi puissants.

Alors qu'ils approchaient du supermarché, Sanji entendit hurler son nom et lorsqu'il se retourna, reçut une jeune femme entre ses bras. Il se sentit défaillir.

—Sanji ! Comme ça me fait plaisir de te voir !

— Ah, c'est... c'est toi ? Quelle surprise !

— Tu m'as tellement manqué.

— Toi aussi, tu m'as manqué Nadia...

Il jeta un coup d'œil à Zoro qui venait de se figer, les traits durs, alors qu'il reconnaissait enfin la jeune femme. Elle était devenue blonde. Ça collait bien avec son caractère superficiel, trouvait-il. Nadia recommença ses minauderies, sans sembler vouloir relâcher le jeune homme :

— Sanji, Sanji, si tu savais, je pense à toi tout le temps : à chaque fois que je passe devant le miroir maintenant !

Zoro eut un rictus dédaigneux. Ainsi elle pensait parfois à autre chose qu'à elle-même ? Il peinait à le croire. Par contre, croire qu'elle passait tout le temps devant le miroir, aucun problème !

— Ah oui, ta couleur te va très bien d'ailleurs, la complimenta le cuisinier.

Le revoilà, le Sanji mièvre, effacé, qui l'agaçait tant. Cette satanée pimbêche avait toujours cet ascendant sur lui. Il démangeait Zoro de la dégager à coup de pied au cul mais sans doute que son camarade n'apprécierait guère. Foutue galanterie !

— Sanji tu sais, c'était vraiment une erreur. La plus grosse de ma vie. De te lar… laisser je veux dire.

Ne pouvait-elle simplement cesser de répéter son nom ainsi ? Elle l'exaspérait tellement. Et il avait peur de comprendre où elle voulait en venir. Enfin, il se doutait de cela, mais il craignait surtout la réponse du cook. Celui-ci ne savait vraiment rien refuser à une femme, mais il le devait aujourd'hui, ce ne pouvait être autrement.

— Hmm mais Nadia…

—Je suis vraiment désolée ! le coupa-t-elle. Je changerai, je te le jure. Laisse-moi une chance je t'en supplie, je serai gentille !

— Nadia…

Zoro le sentait, l'assurance de Sanji était en train de fondre… Allait-il fléchir ? Et surtout, que pouvait-il faire pour l'en empêcher ? Il n'avait en fait pas son mot à dire, selon les règles qu'il avait personnellement voulu établir. Il devait s'en remettre au cuisinier, et putain qu'est-ce qu'il détestait ça !

— Réfléchis bien, le pria la jeune femme.

Sanji lui jeta un regard douloureux. Et Zoro comprit. Il avait été con d'espérer. Bien sûr que le dandy n'allait pas le préférer à une femme. Il lui offrit un dernier air dédaigneux puis s'en alla simplement, sans se retourner.

— Ben alors, qu'est-ce qu'il a Zoro ? demanda Nadia, totalement inconsciente de ce qui venait de se jouer devant ses yeux.

— Rien…

Sanji regarda son ami s'éloigner, le cœur serré. Mais à quoi Zoro s'attendait-il ? Il avait dit lui-même ne pas vouloir s'enfermer dans un couple. Il savait très bien que le blond aimait les femmes, les aimerait toujours. Et c'était Nadia ! Il l'avait tellement regrettée. Comment pouvait-il lui dire non, elle était si adorable, si belle, si parfaite. Une reine… Sa reine. Tout le reste n'était qu'une passade. Et le fait d'avoir été bloqué avant de franchir le pas, c'était un signe ! Il n'était simplement pas un homme comme ça… comme Zoro. Il déplorait simplement que cette passade ait blessé son rival.

Rival pas amant. Comment aurait-il pu en être autrement ? C'était inimaginable, contrenature, ils n'étaient juste pas faits pour s'entendre. Le bretteur s'en remettrait, il était fort. Et puis si ce dernier n'avait pas forcé le destin, ils n'en seraient pas là. Quelque part tout était de sa faute, lui n'était qu'une victime. Sanji espérait juste être encore capable de soutenir le regard de Zoro. Et dire qu'il l'hébergeait, son retour à l'appart risquait d'être joyeux. Mais il aurait tout le temps de voir ça plus tard. Là, il devait profiter de l'occasion que lui offrait la vie, qui sûrement ne se présenterait pas deux fois. Il saisit Nadia par les épaules et s'en retourna.

xXx

Sanji se sentait moins assuré que jamais alors qu'il tournait à l'angle du palier. Il avait préféré les escaliers pour monter, bien que ses bras soient chargés de courses, dans le simple objectif de retarder le plus possible l'inévitable moment de l'affrontement. Il était seul ; il ne commettrait pas l'affront de se pointer avec Nadia devant le bretteur. Dire qu'il allait devoir le virer : ils ne pouvaient plus cohabiter après ce qui s'était passé entre eux. Il espérait que Zoro serait compréhensif. Zoro compréhensif... Avait-on déjà vu plus bel oxymore ? A quoi pensait-il ?

Personne devant sa porte. Il n'était pas encore arrivé. Tant mieux, l'attente l'aurait rendu encore plus hargneux, et il n'avait vraiment pas besoin de ça. Sanji remarqua alors que sa porte était entrouverte. Il s'approcha et la surprise le cloua. L'enfoiré avait défoncé le bois pour ouvrir la porte de l'intérieur ! Comment avait-il pu faire ça ? Il devait être vraiment, vraiment furieux. Le cuisinier n'osait imaginer l'état de ses poings.

Sanji rentra, ne constata aucun désordre mais s'emporta. Zoro avait laissé la porte sans sécurité, il aurait été si aisé de le cambrioler pour n'importe quel voyou passant dans le coin. Heureusement, tous ses objets de valeurs étaient à leurs places. Sanji était cependant fou de rage. Le bretteur avait récupéré ses affaires et l'avait quitté, comme ça, sans lui laisser aucune chance de s'expliquer. D'accord, il n'avait aucune explication valable à donner, mais le sabreur aurait tout de même pu l'affronter ! Et puis il l'avait hébergé, soigner et nourri, Zoro aurait tout de même pu lui dire aurevoir comme il fallait. Mais non. Putain d'égoïste.

xXx

Zoro avait quitté l'appartement sans un dernier mot pour son hôte. Ce n'était pas la gêne qui l'y avait poussé, ni la peur de se retrouver face à Nadia, loin de là, mais plutôt celle de foutre une raclée monumentale à Sanji. Il n'allait pas mentir, il avait mal pris sa décision. Mais elle était faites, et ni l'un ni l'autre n'allait revenir dessus. Leur histoire s'était fini comme elle avait commencé : brusquement.

Zoro séjourna quelques jours chez Luffy, à qui il expliqua qu'un entrainement avait mal tourné. Son ton ne souffrait aucune contradiction et ne laissait place à aucune question, Luffy n'en formula donc pas. Il réintégra ensuite son appartement qui avait été mis sens dessus dessous par les gars qui l'avait blessé : ils avaient apparemment foutu un bordel pas possible dans tous le quartier mais s'était finalement décidé à partir lorsque la police entreprit d'intervenir. Celle-ci avait déjà abandonné l'affaire : c'était un quartier chaud, ils avaient l'habitude de ses règlements de compte, le retour de Zoro se passa donc dans l'indifférence générale.

La vie repris son cours pour le bretteur : entrainement, sorties, entre amis principalement : il avait bien essayé de recommencer à écumer les bars à la recherche de partenaires d'une nuit, mais ceux-ci ne le satisfaisant plus, il avait laissé tomber l'idée. Il gardait quand même quelques plans culs sous le bras, mais même ces privilégiés le trouvaient plus morne et réservé que de coutumes.

Néanmoins, avec ses amis proches, il restait le même. Luffy continuait de l'attendrir, Nami de l'agacer. Il ne parvenait par contre toujours par à apprécier Mark, la faculté de celui-ci de prendre toute critique avec le sourire l'irritait prodigieusement.

Il avait finalement trouvé un travail. Vigile. Sans doute Sanji serait-il fier, mais il ne voyait guère plus celui-ci. Peu de temps après le départ de Zoro, le cuisinier avait voulu faire l'effort d'accepter de le revoir, de soutenir son regard, mais lorsqu'il s'était retrouvé face au bretteur, il avait simplement pris la fuite, sans explications. Leurs amis avait tentés d'obtenir des renseignements sur cet étrange attitude mais Zoro a simplement déclaré " Cette fois, ce n'est pas de ma faute". Il n'avait pus que le croire. Depuis, Sanji n'acceptait de sortir avec les membres du groupe que s'il était certain que Zoro serait absent. Ne cautionnant pas ce comportement, ils ne changèrent nullement leurs habitudes. L'avantage était de ne pas avoir à supporter Nadia.

xXx

Un jour de liberté, Zoro, Usopp et Chopper squattaient chez Luffy. Ils se faisaient une journée entre gars. Le bretteur avait accepté d'y participer, besoin de décompresser, ses compétitions se passaient mal, son entraîneur en devenait dingue, colérique et brutal. Zoro s'en foutait, il avait la tête ailleurs, son coach s'en rendait compte et ça ne lui plaisait pas. Il savait que son prédécesseur parvenait à se faire respecter sans même hausser la voix, mais il n'arrivait à en faire de même. Auparavant, Zoro passait outre ce manque d'autorité, n'ayant en tête que de progresser, mais, depuis quelques semaines, n'était plus guère attentif.

Bref ce jour là, bière à la main, il ne pensait qu'à s'amuser. Ils avaient commandé des pizzas : rien à voir avec la bouffe de Sanji, mais il devait s'en contenter. Pareil pour le sexe… Il devait l'avouer, la perte de son ami avait pas mal changé sa vie. Tout lui paraissait terne sans leurs engueulades quotidiennes. Mais c'était le jeu, il avait perdu, Nadia avait gagné, c'était comme ça.

Zoro vidait une nouvelle bière lorsque la porte s'ouvrit sur un blondinet qu'il connaissait bien. Celui-ci, des paquets à la main, se dirigea vers la cuisine sans même leur jeter un regard. Puis se dirigea vers le salon où ils se trouvaient.

— Luffy, je t'ai apporté des gâteaux, tu m'en diras des nouvelles ! T'as intérêt à les dégus…

Alors que Luffy se précipitait vers lui pour le remercier, Sanji aperçut finalement Zoro. Il se figea net. Puis il saisit Luffy vers le col et le poussa dans la cuisine. Le cuisinier parla d'une voix basse, mais pas assez pour qu'on ne puisse l'entendre :

— Tu m'avais dit qu'il ne serait pas là !

— Qui ça ?

— Zoro abruti !

—Ah oui, j'avais oublié !

Mais son regard le démentait clairement.

— Tu vas me le payer cher, gronda le cuisinier.

— Alors blondinet, comme ça tu me fuis ?

Le cœur de Sanji fit un bond dans sa poitrine au son de cette voix qu'il reconnaîtrait entre mille. Il relâcha Luffy qui s'empressa de s'éclipser. Il n'avait pas besoin de voir l'épéiste dans son dos pour deviner qu'il avait fait signe à leur ami de sortir. Il entendit la porte se refermer, ils étaient seuls dans la cuisine.

— Tu ne crois pas que si y'en a un qui a une raison de fuir l'autre ici, c'est moi ?

Sanji se retourna. Le bretteur était assis à la table, à une distance raisonnable, et il ne semblait pas avoir l'intention de l'approcher. Ça ne lui permit pas de se calmer : son cœur battait à toute allure, sa respiration était effrénée et il se savait rouge de gêne. Zoro le fixait sans ciller, n'exprimant aucune émotion.

—Tu pourrais répondre quand je te parle, face de citron !

Il commençait à s'énerver. Sanji savait le mériter mais ça ne l'empêchait pas de répondre sur le même ton :

— Je sais pas quoi dire !

— Je m'en fous !

— Alors qu'est-ce que tu veux !?

Zoro se leva et haussa la voix :

— Que tu assumes ! Assume ce que t'as fait et cesse de te comporter comme une victime !

— J'ai rien fait de mal ! se récria Sanji en se rapprochant.

—Raison de plus pour assumer alors !

Sanji le repoussa sur sa chaise, la hauteur lui donnant de l'assurance :

— Et toi ? T'as fracassé ma porte ! T'as pensé aux cambrioleurs ?!

— Je m'en tape des cambrioleurs ! Assis ou debout, Zoro ne se démontait pas.

— J'aurais pu perdre beaucoup !

—Je m'en tape, je te dit !

Zoro repoussa violemment son rival. Celui-ci buta contre le plan de travail :

— T'es vraiment un putain de connard d'égoïste !

— Moi ? Tu crois pas que toi, t'as été un vrai connard ?

— Mais non ! NON ! T'as pas de sentiments, tu ressens rien, t'es inhumain ! Comment aurais-je pu faire quelque chose de mal ! T'es fait de pierres Zoro, entièrement de pierres.

Le bretteur se prit une grande claque dans la gueule. Figurativement. Vraiment ? C'était ce que le cuisinier pensait ? De la pierre ? Alors ils n'avaient plus rien à se dire. Avec un calme inquiétant, Zoro répondit :

—Casse-toi.

— Avec plaisir. Je ne veux plus jamais te revoir.

Et il s'en alla, claquant la porte. Les autres déboulèrent dans la cuisine et questionnèrent le bretteur du regard. Il haussa les épaules et partit à son tour.

xXx

Ce soir Sanji ne voulait pas voir Nadia. Il ne voulait voir personne. Il ressassait les événements de la journée sans cesse. N'était-il pas allé trop loin ? Il avait utilisé les mots dans le dessein de blesser, et en tant qu'homme sensible, il savait qu'ils étaient parfois des armes beaucoup plus puissantes que les coups. Il avait senti la peine dans la voix de Zoro. Putain quel con ! N'en avait-il déjà pas fait assez en l'abandonnant pour Nadia, il fallait en plus qu'il l'insulte. Tels un tourbillon dément, les remords le tourmentaient.

Il devait s'excuser maintenant, non ? Ce n'était pas vraiment son truc… En plus c'était Zoro, c'était juste hors de question ! Lui aussi s'était comporté comme un connard, et ne s'était pas excusé…

Ah si, devant sa porte l'autre jour... Il avait oublié. Mais le bretteur y était forcé, sûrement ne l'aurait-i pas fait sans ça, si ?

Sanji ne pouvait demander pardon. Foutue fierté ! Mais faire le premier pas, c'était encore possible. Il alluma facebook et rit jaune en voyant leur dernière conversation. Ce jour-là, c'était lui le vexé et Zoro le fauteur. Merde qu'il aurait voulu revenir à cette époque. Tout aurait pu être différent.

Le bretteur était connecté, comme souvent, mais était-il devant son ordinateur ? Il avait tendance à laisser sa session ouverte même durant ses absences. Peu importe, Sanji devait essayer :

— Zoro ?

La réponse ne se fit pas attendre :

— Va te faire foutre.

Le cuisinier soupira. Il aurait du s'en douter. Au moins, il aurait tenté le coup. Zoro ne voulait pas parler, tans pis pour lui. S'il croyait qu'il allait se traîner à ses pieds pour se faire pardonner, il allait être déçu. C'était mal le connaitre. Le bretteur voulait faire la gueule, qu'il la fasse, de toute façon Sanji ne voulait plus le voir ; il continuerait à l'éviter, ça marchait très bien comme ça. Luffy avait voulu s'en mêler, Dieu sait pourquoi, et il n'avait fait qu'empirer la situation. Mais on lui avait rien demandé à celui-là !


Chapitre un peu plus court, mais je pense qu'à un moment ça ne sert plus à rien d'essayer de le prolonger.

So, what do you think about all that ? Une petite review pour me donner votre avis ? Ou simplement m'encourager pour la suite ? Vous qui m'avez mis en follow mais ne faites pas signe, j'aimerais beaucoup vous connaître :) !