L'abattoir

«Regardez tout ce sang! » dit Pansy.

Son visage avait perdu toutes ses couleurs et ses bras entouraient son estomac comme s'ils essayaient d'empêcher son dîner de ressortir.

« Que quelqu'un le détache, » gémit Ginny.

« Tu es folle ? Je ne touche pas le corps ! » dit Draco. «Ce sont des preuves. »

« Bien, mais nous ne pouvons pas le laisser se balancer comme ça! » dit Ginny, regardant autour d'elle après une chaise. Elle tira la chaise en bois loin du secrétaire.

«Harry, vient m'aider. » Elle prit équilibre sur la pointe de ses orteils. «Attrape lui les jambes et soulève-le que je puisse enlever la corde de son cou. »

« Ginny, » dit Harry, saisissant les jambes Blaise. "Peut-être que Malefoy a raison. Le corps est une preuve et Je pense nous ne devrions pas y toucher."

Ginny l'ignora et continua à se démener afin de retirer la corde. «Je n'arrive pas à l'enlever. Il est trop lourd. »

«Tiens », dit Neville, en s'abaissant pour récupérer une chose brillante sur le sol. « Coupe-là avec ça. »

C'était le couteau qu'Harry avait reçu plus tôt comme cadeau. Il était collant de sang et la lame était curieusement pliée.

«Abruti, Londubat! » dit Drago. «C'est probablement l'arme du crime et maintenant tes empreintes sont partout! »

Neville laissa tomber l'arme sur le plancher et s'essuya les mains sur son pantalon.

« Dé… Désolé! » bégaya-t-il. « Je n'ai pas pensé ... »

«Tu ne réfléchis donc jamais, hein ? » dit Malefoy, roulant ses yeux. «Tu es vraiment l'homme le plus stupide que j'aie jamais rencontré ! »

« Tais-toi, Drago, »dit Pansy.

« Fermez-la tous ! » dit Ginny, sciant la corde. Il cassa soudainement et le corps de Blaise dégringola sur Harry, qui s'effondra sur le sol.

« Enlevez-le de là ! » gémit Harry, tentant désespérément de se dégager du corps lourd. « J'étouffe! »

Hermione et Neville accoururent à son secours. Ils firent rouler Blaise qui atterri dans un bruit sourd sur le plancher près d'un Harry en état d'hyperventilation.

« Est-ce que tout va b... » commença Hermione lorsque quelque chose accrocha son regard. « Le revolver ! » dit-elle en rampant jusqu'au lit.

«Ne le touches pas! » l'averti Drago.

«Donne-moi une taie d'oreiller, » dit Hermione.

Drago dépouilla sur le champ un oreiller moelleux de sa housse et la lui tendit.

« Sois prudente, » dit-il. « Le coup pourrait partir. »

Hermione glissa délicatement sa main dans le soyeux tissu noir et tira lentement le révolver de dessous le lit. Elle se tourna et s'assit dos contre châssis en laiton, l'arme posée sur ses genoux reposant sur la taie d'oreiller.

« Qui le veut ? »

Quelque part au loin un faible coup de tonnerre retentit, annonçant l'approche d'une nouvelle tempête.

Harry l'attrapa et l'examina.

« Le cran de sûreté est verrouillé et, » il vérifia la chambre. « Deux coups ont été tiré. »

« Il y avait seulement cinq balles, vous vous souvenez ? » demanda Hermione en se frottant les tempes. « Donc, il n'en reste plus que trois ? »

Sa tête était douloureuse. Et pourquoi sentait-elle soudainement un parfum de fleur ? Est-ce qu'elle perdait l'esprit ? »

« Oui, et nous pouvons clairement dire qu'une balle a été tirée dans la… dans la tête de Zabini. »

Harry déglutit, ferma les yeux, pris une grande inspiration et réussit à se contrôler.

« Soit il a tiré sur le tueur, soit on lui a tiré dessus plusieurs fois. »

Chacun tourna lentement la tête et regarda le pauvre corps ensanglanté de Blaise couché face contre le sol de bois dur.

« Et bien, je n'irai pas vérifier ! » dit Pansy en secouant violemment la tête. « Pas question ! »

« Malefoy ? » demanda Harry. « C'était ton ami. »

Drago n'avait aucune envie d'examiner un cadavre, mais devant le manque de courage collectif, il n'eut pas vraiment le choix.

« Très bien, peu importe. »

Il essaya de feindre l'indifférence, mais lorsqu'il retourna Blaise et vit que son cerveau fuyait littéralement par le trou dans sa tête, il faillit faire dans son pantalon.

« Euh… Donnez-moi quelque chose, que j'enlève tout ce sang. » dit-il, priant pour que le contenu de son estomac reste à sa place.

Hermione lui lança l'autre taie d'oreiller. Le sang commençait à coaguler, devenant difficile à essuyer. Ce n'était qu'une souillure.

« Tout ce que je peux voir jusqu'à présent, ce sont les blessures au couteau. Il y en a sur son torse et sur ses jambes. »

Les entailles étaient très profondes et il supposa que la lame s'était pliée en percutant un os.
Drago tourna le corps.

« Rien de ce côté. Les plaies sont seulement sur le front. »

Il ôta la corde de son cou. Elle avait été serrée si fort qu'elle avait coupé sa peau. Il nettoya le sang sur le visage violacé de Blaise. Ses yeux étaient exorbités, s'en était presque comique. Salangue était pratiquement mordue de moitié.

« Qui diable ferait une chose pareille ? » demanda Pansy. « C'est monstrueux ! »

« Et bien… Potter avait le couteau, non ? » demanda Drago.

« M'accuserais-tu d'avoir fait ça ? » dit Harry en désignant le cadavre mutilé. « Je ne sais absolument pas comment cette dague est arrivée ici ! Je l'avais laissée sur la table de nuit, à côté du lit. »

« Tu étais seul, Potter. Tu aurais très bien pu te faufiler hors de ta chambre, traverser le hall, tuer Blaise et ensuite utiliser le passage secret jusque dans la chambre de ta femme. »

« C'est vrai ! » s'exclama Pansy. « Ginny a dit que l'intrus l'a caressée et qui aurait pu faire cela si ce n'est son mari ? »

« JE N'AI TUE PERSONNE ! » gronda Harry. « Pendant que j'étais dans la salle de bain, n'importe qui aurait pu entrer et prendre le couteau. » Il fixa Drago haineusement. « Et toi Malefoy, tu avais ce révolver ! Peut-être que tu l'as tué ! »

« Ah ! » dit Drago en secouant son index. « J'étais avec Hermione tout le temps, et par ailleurs, Blaise m'a pris l'arme juste avant d'aller dans sa chambre ? »

Tout le monde regarda Hermione dans l'attente d'une confirmation.

« C'est la vérité. Blaise voulait le révolver pour se défendre car il savait que quelqu'un voulait le tuer. »

Elle regarda Harry essuyer le révolver et le mettre dans la ceinture de son pyjama.

« Drago n'a jamais quitté la pièce, ce n'est pas lui. »

Le visage d'Harry sembla se détendre.

« Dans ce cas, qui cela pourrait-il être ? J'ai longtemps cru qu'AUCUN d'entre nous ne serait capable de commettre un acte aussi violent. »

Drago déposa doucement le corps sur le sol et le recouvrit avec le drap récupéré sur le lit.

« Si nous jetions un œil dans la chambre ? Peut-être trouverons-nous des indices. »

« Tu te prends pour un grand détective, Malefoy ? » demanda Harry.

Drago lui fit un clin d'œil : « J'ai été connu pour avoir un œil vif pour les détails, et je suis sûr qu'avec ton courage face au danger et l'intelligence de Granger, nous pouvons découvrir ce qui se passe ici. »

« Es-tu en train de dire que je ne peux pas contribuer à résoudre le mystère de ce meurtre ? » souffla Pansy.

« Non, » dit Drago sans même la regarder. « Tu peux descendre aux cuisines et voir si les elfes ont entendu ou même vu quelque chose d'inhabituel. »

« Je n'irai nulle part toute seule ! »

« Je t'accompagne, Pansy, » dit Neville.

Drago ricana.

« Evitez de faire des détours par les placards pour vous tripoter à certains endroits particuliers, si vous voyez ce que je veux dire. »

Il fronça les sourcils d'un air dégouté.

« Revenez ici le plus vite possible, il semblerait qu'il y ait un tueur fou en liberté. »

Pansy et Neville se regardèrent nerveusement. Neville lui prit la main et l'entraina vers la porte. Il s'arrêta, constatant qu'elle était verrouillée de l'intérieur.

« Cela signifie donc que le tueur a utilisé le passage secret. »

« Eureka ! Tu as résolu l'enquête, Londubat ! » lança Drago d'un ton sarcastique.

Neville, rouge d'embarras et de colère, tourna le verrou et tira Pansy hors de la pièce en claquant la porte derrière lui.

Les quatre personnes restantes dans la chambre tournaient en rond, cherchant quoi que ce soit susceptible de les éclairer sur ce qui s'était passé.

« Regardez ! » s'écria Ginny. « J'ai trouvé quelque chose ! »

Ils se précipitèrent vers elle et la trouvèrent pointant du doigt un endroit à mi-hauteur du mur, là où une balle s'était visiblement logée.

« Ce mur est perpendiculaire au lit et à côté de l'entrée du passage, » dit Drago. « Blaise était probablement allongé sur le lit quand le tueur est entré. »

« Il s'est assis, a tiré, a manqué sa cible et là, le tueur a pu se jeter sur lui, » ajouta Hermione.

« Il a arraché l'arme des mains de Zabini, l'a peut-être même poignardé dans le feu de l'action. » Harry examina le lit. « Mais il n'y a pas de sang sur le lit. » Il parcouru le sol, réfléchissant à toute allure. « Les seules traces de sang se trouvent là où le corps était suspendu. » Il s'arrêta à côté de la mare de sang séché. « Il y a quelques éclaboussures sur le mur avec de la matière cervicale et de minuscules échardes de crâne, mais ça c'est normal. »

« Le tueur peut lui avoir pris l'arme des mains et l'a peut-être assommé avec la crosse ou autre chose, » Ginny se tourna vers Drago. « As-tu remarqué d'autre blessure sur sa tête à part l'impact de balle ? »

« Je n'ai pas vraiment regardé sa tête, son cerveau ressemblait à de la gélatine et… »

Ginny s'approcha, s'accroupit et regarda le corps.

« Sa tête est fendue à l'arrière. C'est la seule blessure en plus du trou dans sa tempe. »

« Donc, » dit Hermione, faisant les cent pas les mains jointes derrière son dos. « Le tueur l'a assommé et les preuves laissent supposer qu'il a été pendu d'abord et poignardé ensuite. Ai-je raison ? »

« Mais à quel moment lui a-t-on tiré dessus ? » demanda Drago. « Ca a dû être fait avant qu'il ait été pendu. »

Harry prit le révolver hors de son pantalon et le tourna encore et encore dans ses mains tout en réfléchissant.

« Il a été assommé, ça nous le savons. Ce qui est étrange, c'est qu'il devait être debout lorsqu'on lui a tiré dessus, à cause de la hauteur des éclaboussures. »

« Tu ne penses quand même pas qu'on l'a forcé à se tirer dessus lui-même ? » demanda Hermione, horrifiée. « Et le tueur l'aurait ensuite pendu avant de le lacérer ? » Elle regarda les autres. « Quel genre de détraqué ferait une chose pareille ? »

L'espace d'un instant, elle crut voir Drago tressaillir, mais ça devait juste être son imagination.

Ils s'imaginèrent silencieusement ce que Blaise avait dû endurer lorsqu'un éclair illumina la pièce et un bruit assourdissant de tonnerre retentit. Toute les lumières de la maison s'éteignirent soudainement, les plongeant dans le noir total.

Neville et Pansy traversèrent rapidement le hall. Tout ce qu'ils voulaient c'était aller aux cuisines et ensuite rejoindre les autres aussi vite que possible.

« Penses-tu que Malefoy a quelque chose à voir avec ce qui est arrivé à Blaise ? » demanda Neville dans un chuchotement. « Il est le seul que je pense capable de faire quelque chose dans ce genre. »

« Tu l'as entendu, il n'avait pas le révolver. Par ailleurs, il n'aurait jamais eu assez de cran pour tuer qui que ce soit. » Pansy gloussa doucement. « Tout le monde pense que Drago est un salaud sans aucune conscience, mais en réalité, ce qu'un gros trouillard. »

« Tu as entendu ça ? » demanda Neville tirant sur sa main pour arrêter Pansy.

« Je n'ai rien entendu du tout. »

« Shut… Ça vient de là-dedans. » Il désigna la chambre de Ginny. « Tu crois que le tueur… »

Il y eut un coup et un cri étouffé. Pansy s'accrocha à Neville et ils tremblèrent, effrayés de bouger le moindre muscle.

« Nous devrions vraiment aller vérifier, » dit Neville, cherchant désespérément à se convaincre lui-même de ce qu'il disait. « Nous avons laissé Ron ici. Qu'arriverait-il si le tueur le trouvait ? »

« Je me fiche royalement de savoir si un clown tueur assassine Weasley là maintenant. Je n'entrerai pas ! »

Elle s'agrippa si fort à son bras que ses longs ongles rouges s'enfonçaient dans sa chair.

« Je ne veux pas mourir. »

Neville était assez dégoûté de constaté que Pansy n'était qu'une trouillarde.

« Fais comme tu voudras, Pansy, mais je dois aller voir. Ron est mon ami et je suis sûr qu'il en ferait autant pour moi. »

« Si ça peut t'aider à te sentir mieux, vas-y et crois à ça. Mais Weasley ne se soucie que de lui-même , et éventuellement de Potter. Si tu veux mon avis, j'ai toujours pensé que ces deux-là étaient plus qu'amis. »

« Tu me déçois, Pansy. »

« Il semble que je déçoive beaucoup de personne. »

Neville roula des yeux, dégagea son bras et se dirigea lentement vers la porte. Par-dessus son épaule, il foudroya Pansy du regard en saisissant la poignée. Il la tourna et entre-ouvrit la porte.

« Ohé ? » appela-t-il d'une voix tremblante en passant sa tête à l'intérieur. « OH MON DIEU ! » dit-il en ouvrant grand la porte et en se précipitant à l'intérieur.

« Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda Pansy au bord de l'hystérie. Elle commença à avancer mais s'arrêta.

« Neville ? »

Pas de réponse.

« NEVILLE ! »

« Il y a du sang partout ! » répondit-il.

« Est-ce que c'est Weasley ? » demanda-t-elle, trouvant enfin le courage d'aller vers la chambre. Elle entra à l'intérieur et s'arrêta net. Tout avait été éclaboussé de sang le sol, les murs, les meubles. « On dirait un abattoir ! » dit-elle en tournant en rond. « Où est Weasley ? »

« Je ne sais… »

A ce moment-là les lumières s'éteignirent.