Ombre et Lumière

« Hermione, te reste-t-il des allumettes ? » demanda Drago quelque part à côté d'elle dans l'obscurité.

« Oui, mais je les ai déposées lorsque nous sommes arrivés. »

Elle essaya de se souvenir de l'endroit où se trouvait l'entrée du passage secret, mais dans le noir, c'était difficile à dire tant tout semblait avoir changé de place.

« Je n'y vois absolument rien ! » dit Harry. « Qui est-ce ? »

« C'est ma main que tu essayes de prendre, Potter ! Et au cas où tu te poserais la question, je ne suis pas de ce bord-là »

Harry retira sa main rapidement, heureux que Drago ne puisse pas le voir rougir.

« Même si tu étais de ce bord-là, tu n'es pas mon genre, Malefoy ! »

« Et c'est quoi ton genre, Potter ? Petit et stupide avec un accent irlandais ? "Ma maman m'a fait ma première fellation quand on est allé visiter la Pierre de Blarney, et elle m'a ramené tout de suite à la maison et elle m'a fait une soupe de pommes de terre ! Après, on est allé à la chasse aux lutins. " » imita Malefoy avec un très bon accent irlandais. « Finnigan ! Beurk ! A quoi pensais-tu, Potter ? »

« Je la bouclerai si j'étais toi, Malefoy. » l'avertit Harry. « J'ai une arme, tu te souviens ? »

« Est-ce une menace, Potter ? »

« Vous avez fini de vous disputer tous les deux ? » grogna Ginny. « Ce n'est ni le moment ni l'endroit pour se quereller ! »

Elle plissa les yeux dans l'obscurité.

« Hermione, peux-tu essayer de trouver ces allumettes ? »

Hermione mis ses mains devant elle, prit le chemin qu'elle pensait être le bon et avança lentement.

« Aie ! » lança elle en se cognant les orteils contre un meuble.

Elle continua à avancer à pas de bébé, ne rencontra aucun obstacle et continua son chemin.

« Je crois savoir où je vais, si je ne me trompe p… »

Elle glissa sur quelque chose et s'écrasa au sol, l'arrière de sa tête heurtant violemment le sol dur dans un bruit effrayant.

« Hermione ? Est-ce que ça va ? Bon sang, où es-tu ? « demanda Drago, tâtonnant dans le noir vers l'endroit où il pensait la trouver.

« Si seulement je pouvais utiliser ma baguette ! » dit-il avec colère. « Abruti de Blaise ! Lui et ses idées stupides ! Je n'arrive pas à croire qu'il ait désactivé nos putains de baguettes ! »

Il fit quelques pas en avant.

« Hermione ? Réponds-moi, bon sang ! »

Son pied heurta quelque chose et il se pencha en avant. Son cœur battait à toute allure dans sa poitrine. Il avait l'étrange pressentiment que c'était le cadavre et il il ne voulait pas mettre les mains dans le cerveau dégoulinant de Blaise.

« Tu l'as retrouvée ? « demanda la voix de Ginny quelque part à proximité.

« J'ai trouvé quelque chose… » dit-il en tendant une main tremblante.

Il s'attendait à sentir le drap sanglant sous ses doigts et fut soulager de toucher la chemise de nuit d'Hermione à la place.

« C'est elle, » dit-il. « Hermione ? »

Il la secoua légèrement.

« Elle a dû glisser sur le sang et se cogner la tête, parce qu'elle ne bouge plus. »

« Est-ce qu'elle respire ? » demanda Harry, une panique évidente dans la voix.

Drago pencha la tête vers le bas et posa son oreille contre sa poitrine. Il pleura presque de joie lorsqu'il entendit son cœur battre et la sentit respirer légèrement. Il chercha son visage et l'embrassa doucement sur les lèvres.

« Elle est vivante ! »

Il mit un bras sous son cou, l'autre sous ses jambes et la souleva.

« Nous devons sortir d'ici, » déclara-t-il.

Soudain, il y eut des cris terrifiants et un bruit de verre brisé.

« C'est Pansy ! » dit Drago.

Chacun se tourna vers le bruit, se serrant les uns contre les autres dans la crainte.

« Je déteste le noir ! » dit Pansy en frissonnant et en agrippant si fort le bras de Neville qu'elle lui coupait la circulation sanguine. « Pas toi ? »

« As-tu oublié à qui tu parles ? J'ai peur de tout, tu te souviens ? »

Neville tremblait dans ses pantoufles. Il semblait évident que quelqu'un d'autre avait été tué et, plus évident encore, que le tueur se trouvait toujours avec eux dans la pièce. Il était mort de peur mais il savait qu'il devait protéger Pansy. Après tout, il avait déjà fait des choses courageuses dans sa vie, non ?

« Que fait-on ? » demanda-t-elle.

Il réfléchit un instant.

La porte est restée ouverte. Nous pouvons nous frayer un chemin jusque-là et une fois dans le couloir, nous pourrons rejoindre les autres. Ou alors, nous pouvons simplement reprendre le passage secret. »

« Je ne retournerai pas dans ce tunnel ! Il y a des rats là-dedans ! »

« Bon sang, il y un meurtrier ici, Pansy ! » dit-il en soufflant d'exaspération. « Fais un choix ! »

Nous pourrions simplement retourner dans le couloir et rejoindre les autres, » dit-elle d'une voix suppliante. « Le tueur se cache sans doute dans le passage secret impatient de nous couper la tête ou autre chose de ce genre. »

Neville admit qu'elle avait raison. Ils avaient entendu le tueur quelques instants plus tôt dans la chambre. Où avait-il disparu ? La seule réponse probable était : le passage secret.

« Tu as raison, allons jusqu'à la porte. »

Ils réussirent à rejoindre le mur et le suivirent en direction de la porte. Ils n'entendaient que leur respiration et le sang qui leur battait les tempes. Leurs doigts et leurs mains passaient le long des murs et des étagères.
Pansy frôlait un immense miroir lorsque Neville l'arrêta.

« Attends ! » chuchota-t-il en tirant Pansy en arrière. « Tu n'as rien entendu ? »

Pansy essaya de se concentrer.

« Non, je n'entends rien. »

« C'était peut-être mon imagination, » déclara Neville, priant pour que ce soit vrai.

Ils firent quelques pas de plus et se figèrent. Cette fois, il n'y avait plus aucun doute possible : il y avait bien quelqu'un ou quelque chose qui se dirigeait vers la chambre. Ils pouvaient entendre ses pas et sa lourde respiration.

« Qu'est-ce que c'est ? » demanda Pansy, la voix grinçante et au bord de l'hystérie.

« Je ne sais pas, » déclara Neville. « Chut. Reste calme et essaye de ne pas bouger. »

Il la tenait contre le mur.
Le bruit se rapprocha et le cœur de Neville se mit à battre plus vite. Il savait qu'il devait faire quelque chose, mais quoi ?

La chose entra dans la pièce, Pansy et Neville fermèrent les yeux très fort et essayèrent de rester immobile. Pansy, le visage rempli de larmes de peur, serra la main de Neville comme un étau.
Il y eut un bruit, comme si quelque chose était tombé et l'autre main de Pansy, qui tenait fermement le bas de sa chemise de nuit, fut léchée.

Elle sursauta, choquée et effrayée, hurlant à pleins poumons.

Quoi que cela puisse être, ça sauta sur elle, l'envoyant valser contre le mur. Elle heurta le miroir qui s'écrasa sur le sol où il se brisa en mille morceaux dans un bruit de verre brisé. Il y eut un gémissement et l'intrus fila hors de la pièce.

« Je ne veux pas mourir ! Je ne veux pas mourir ! « hurla-t-elle encore et encore.

Neville l'attrapa et la bâillonna avec sa main afin de la faire taire. Elle se tortillait, donnait des coups de pied et essayait de lui mordre la main.

« Calme-toi, Pansy ! » dit-il ? « Ce n'était que le chien ! »

Elle se débattit une seconde de plus puis s'arrêta. Neville retira lentement sa main et Pansy commença à pleurer en se jetant sur son torse.

« Mon Dieu ! Vous croyez qu'on l'a tuée ? » demanda Ginny.

« On ne peut que l'espérer, » dit-Drago, sarcastique.

« Comment peux-tu dire cela ? » demanda Harry. « C'est la mère de tes enfants ! »

« Je suis pratiquement sûr que Scorpius n'est pas mon fils, mais qui sais ? Avec la garce qu'il a pour mère, cela pourrait être n'importe qui. »

« Oh ! Mais tu vas la fermer ! » lança Ginny. « Il faut aller l'aider ! »

Il y eut encore un cri et ensuite le silence. A leur grand étonnement, quelques instants plus tard, une lueur apparut dans le passage secret.

« A ton avis, qui est-ce ? » demanda Ginny, retrouvant Harry dans l'obscurité et se cachant derrière lui.

« Je ne sais pas, mais je suis prêt à l'accueillir. »

Il sortit le révolver , le pointa devant lui, déverrouilla le cran de sureté et visa en direction de la lumière.

« Le chien ? » demanda Pansy en essuyant ses larmes.

Elle commença à rire.

« Le chien. » dit Neville en riant lui aussi.

Pansy s'écarta de lui et son pied frappa dans un objet, le faisant glisser sur le sol.

« Aurais-tu entendu le chien lâcher quelque chose avant de me lécher la main ? »

Neville ne se souvenait pas.

« Je suis sûre d'avoir entendu quelque chose tomber. »

Elle s'abaissa et rampa vers l'objet qu'elle venait de heurter.

« Qu'est-ce que c'est ? » demanda-t-elle en ramassant la chose et en appuyant sur le bouton situé sur le côté.

Soudain, la pièce s'éclaira.

« Une lampe de poche ! » s'enthousiasma Neville. « J'en ai vu en photo ! »

Pansy tourna la lampe vers elle, la lumière droit dans les yeux.

« Eblouissant, tu ne trouves pas ? » demanda-t-elle temporairement aveuglée.

Neville se mit à rire, heureux que Pansy ait brisé le miroir et ne puisse pas se voir en cet instant. Son rimmel avait coulé et son visage était à présent zébré de coulées noires séchées. Son rouge à lèvre rouge vif avait barbouillé le côté gauche de son visage et ses cheveux, pour le moins qu'on puisse en dire, était complètement décoiffés.

« Pourquoi ris-tu ? » demanda-t-elle en le regardant d'un air suspicieux.

Elle illumina son visage.

« Je ne vois… »

Elle aperçut son reflet dans un éclat de miroir sur le sol.

« Oh ! Je ressemble à un monstre ! »

Elle laissa tomber la lampe de poche qui roula aux pieds de Neville.

« Tu auras tout le temps de te remaquiller plus tard, » dit-il en ramassant la lampe.

Il roula des yeux alors que Pansy se démenait pour enlever les traces noires avec l'ourlet trempé de salive de sa chemise de nuit.

« Allons-y ! Il faut rejoindre les autres. »

Il s'approcha et la décolla littéralement du sol.

« Au cas où ça t'aurait échappé, Pansy, mon amour, il y a encore un tueur en liberté qui, lui, n'en a strictement rien à foutre de l'état de ton eyeliner ! »

« Ce que tu peux être salaud, Londubat ! » dit Pansy. « Je ne veux pas que les autres me voient comme ça ! »

« Il fait noir, idiote ! Ils ne peuvent pas te voir ! Il suffit de ne pas approcher la lumière de toi et il n'y a aucune chance qu'ils voient que tu ressembles à Cookie le Clown ! »

« Comment oses-tu ? Tu n'as pas le droit de m'insulter comme ça ! »

« Si j'ai le droit, et maintenant tu vas bouger ton cul de sale petite prétentieuse et entrer dans ce tunnel ! »

Il lui saisit le bras et la poussa dans le passage secret.

« Je serai juste derrière toi. »

Pansy se dégagea de sa poigne douloureuse.

« Dès que nous sortirons d'ici, je ne poserai plus jamais les yeux sur toi ! »

« Ça me va. »

Ils marchèrent lentement le long du passage, les rats et la vermine fuyant la lumière. Plus d'une fois, Neville dut forcer Pansy à avancer. Elle gémissait à chaque fois qu'elle voyait une araignée et avait même refusé de traverser une flaque d'eau parce qu'elle était sale. Elle devenait une véritable épine dans son pied et il se demanda ce qu'il avait bien pu voir d'aussi attirant en elle.

Finalement, ils aperçurent la fin du tunnel et pressèrent le pas, heureux d'être à nouveau en sécurité près des autres.

La main d'Harry ne tremblait pas : il était concentré sur son objectif. Il ne voyait rien hormis la lumière et n'entendait rien d'autre que sa respiration calme. Il était prêt à défendre ses amis contre ce qui venait dans leur direction, quoi que cela puisse être.

« Ça se rapproche ! » dit Ginny anxieuse.

« Tire maintenant ! » cria Drago.

Harry appuya sur la gâchette.