Un bbq façon Pansy
Ils crièrent tandis que la balle ricochait sur le mur de pierre. Pansy se recroquevilla sur sol et se couvrit la tête lorsque des morceaux de roches volèrent vers eux.
« Arrêtez de tirer ! » hurla Neville alors qu'un autre coup de feu retentit.
La balle le toucha à la main et il lâcha la lampe de poche, la maudissant tandis qu'elle roulait un peu plus loin.
« Je n'en peux plus ! Je n'en peux plus ! » répéta sans cesse Pansy.
Les mains sur les oreilles, elle se balançait d'avant en arrière.
« C'était Neville ? » demanda Ginny, trouvant le bras d'Harry et lui faisant baisser son arme.
« Neville ? » cria Harry dans le tunnel.
La voix de Neville lui répondit :
« Oui, c'est moi ! Je crois que j'ai été touché ! »
« Restez où vous êtes ! » cria Drago. « On arrive ! »
Tous se dirigèrent vers la lumière, Drago portant toujours Hermione, inconsciente. Ils marchaient rapidement, Ginny devant et Harry fermant la marche et leur tournant le dos, l'arme en joue. Il franchit l'entrée du tunnel et referma la peinture derrière lui.
Pansy était toujours recroquevillée sur le sol, murmurant un charabia incompréhensible telle une folle.
Neville tenait la lampe torche dans une main, l'autre, dégoulinante de sang, pendait mollement le long de son corps.
« Oh mon Dieu ! Je t'ai tiré dessus ! Est-ce que ça va ? » demanda Harry, arrachant la lampe de la main de Neville.
Il examina la plaie.
« Bon sang ! Elle est passée à travers ta main ! »
L'estomac d'Harry était tout retourné.
« Trouvez-moi quelque chose pour envelopper sa main ! »
Ils regardèrent tous autour d'eux tous les hommes étaient torse nu et ne portaient qu'un pantalon de pyjama et des pantoufles, ou étaient pieds nus. Hermione était inconsciente et Pansy ne risquait pas d'être en mesure de les aider.
« Ginny ! J'ai besoin de ta chemise de nuit ou de ta culotte, quelque chose, quoi ! »
Harry put imaginer l'air choqué et méfiant sur le visage de sa femme.
« S'il-te-plaît Ginny ! Il saigne à mort ! »
« Oh, très bien ! » dit-elle sèchement et après une seconde passée à se démener, elle remit sa chemise de nuit à Harry.
« Je vais retourner à l'autre chambre, là où nous avons laissé Ron ! »
Elle bouscula Harry.
« Tu n'iras nulle part ! »
« Et je ne resterais pas ici en soutien-gorge et en culotte, c'est plein de courants d'air ! Je vais aller chercher quelque chose à me mettre ! »
« Nous irons tous ensemble ! Granger devient de plus en plus lourde ! »
« Par l'enfer ! » s'écria Drago. « Que s'est-il passé ici ? »
Il déposa Hermione sur la partie la plus propre du lit qu'il put trouver.
Harry illuminait la pièce de sa lampe de poche et ils furent tous choqués par la quantité d'éclaboussures sanglantes et de verres brisés.
« Où est Ron ? » demanda Harry en se tournant vers Pansy.
Elle sanglotait dans ses mains.
« Je… »
« Où est Ron, Pansy ? » demanda à nouveau Harry. « Vous avez dû passer par ici pour prendre le passage secret, vous l'avez forcement vu ! Maintenant, dis-moi où il est ! »
Il l'attrapa et la secoua violemment.
« Il est mort ! Il est mort ! Mort, mort, MORT ! » hurla Pansy. « Et nous sommes les suivants ! On va tous mourir ! »
Soudain, sa tête partit en arrière tandis qu'Harry la giflait.
« Contrôle-toi ! Ce n'est pas le moment de devenir hystérique ! » lui hurla Harry.
Il repoussa Pansy et se tourna vers Neville.
« Que s'est-il passé ? »
«Nous étions sur le point de descendre les escaliers pour aller aux cuisines, comme vous nous l'aviez demandé, quand nous avons entendu des bruits venant de cette chambre. »
Neville déglutit, se souvenant de la peur paralysante qu'il avait ressentie.
« Nous… J'ai ouvert la porte après quelques minutes et j'ai vu ... »
Il était sur le point de craquer, comme Pansy, il le sentait !
«Il y avait du sang partout! »
Harry regarda en direction de Ginny : ses grands yeux terrifiés brillaient dans le faisceau lumineux de la lampe torche.
« Avez-vous vu Ron ? » demanda-t-il.
« Non, il n'était pas ici. Nous n'avons vu que du sang et ensuite les lumières se sont éteintes. »
« D'où vient la lampe torche ? » demanda Drago.
« C'est le chien qui nous l'a apportée. Nous pensions que c'était le meurtrier, mais il a sauté sur Pansy et elle s'est cognée sur le miroir. »
Drago haussa les sourcils.
« Comment diable le chien a-t-il fait pour vous l'apporter ? Ça semble un peu étrange, non ? »
« Tout semble étrange ici, Malefoy ! » craqua Ginny. « C'est ton chien, non ? Tu ne lui as jamais appris à aller chercher tes pantoufles ou autre chose ? »
Elle était là, debout, essayant tant bien que mal de recouvrir sa poitrine et sa petite culotte en grelotant de froid.
Drago était sur le point de répondre avec une réplique bien cinglante lorsqu'Hermione commença à gémir.
Il se précipita vers le lit.
« Hermione ? »
Il l'aida à s'asseoir, la soutenant délicatement afin qu'elle ne tombe pas.
« Que s'est-il passé ? » demanda-t-elle, sa main sentant une bosse grandir à l'arrière de son crâne.
« Tu as glissé dans le noir et tu t'es cogné la tête, » dit Harry. « Malefoy t'a porté tout au long du passage secret. »
Il remarqua qu'ils se tenaient par la main et se regardaient de façon intime.
« Ron, ton mari, » dit-il en insistant sur le mot mari, « a apparemment disparu. »
« Disparu ? » demanda Hermione.
Elle haleta sous le choc lorsque la lampe torche d'Harry balaya la pièce, dévoilant les éclaboussures pourpres et les flaques visqueuses de sang.
« Mon Dieu ! Que s'est-il passé ici ? »
« Aucune idée, » répondit Drago en haussant les épaules. « Londubat et Pansy ont trouvé ça comme ça. Du sang partout et Wealsey absent. »
Hermione regarda Pansy qui était blottie dans un fauteuil et qui sanglotait doucement, les jambes pliées contre sa poitrine et les cheveux collés au visage.
« C'est quoi son problème ? »
« Elle est devenue dingue et pour ma part, je suis très agacé d'entendre ses cris incessants, ses pleurs et ses murmures incompréhensibles, » dit Drago. « Quelqu'un devrait l'achever. »
Pansy releva la tête et fixa Drago haineusement.
« Ça te plairait, n'est-ce pas ? » dit-elle. « Tu as déjà réussi à te débarrasser de Weasley et maintenant tu veux ma mort ! »
Elle se leva, le visage déformé par la colère.
« C'est un de tes sales petits complots pour nous mettre tous hors de ton chemin afin d'avoir ta précieuse Granger ! »
« Si j'avais voulu te tuer, Pansy, j'aurais pu le faire à de très nombreuses reprises, » cracha Drago. « Plusieurs fois, j'ai pris mon oreiller et je l'ai mis sur ta tête, souhaitant que tu étouffes en dormant, mais je ne l'ai pas fait. »
« Je ne vais pas rester ici et écouter tes foutus mensonges, Drago, je sais que tu es derrière tout ça, » déclara Pansy, debout sur ses jambes chancelantes.
Elle regarda tout le monde comme un clown qui venait de se prendre une bombe en plein visage.
« Je ne vais pas rester là et attendre qu'un meurtrier viennent me tuer. »
Elle arracha la torche des mains d'Harry et sortit de la pièce, les plongeant à nouveau dans les ténèbres.
Ils l'entendirent sangloter le long du couloir et ensuite claquer une porte.
« Quelqu'un devrait aller près d'elle, » déclara Neville, ce qui signifiait que ce quelqu'un, ce ne serait pas lui.
Il soutenait sa main bandée et titubait dangereusement.
« J'y vais, » dit Ginny. « De toute façon, il faut que je trouve quelque chose à me mettre. »
« Ginny, il est hors de question que tu sortes de mon champs de vision. Tu restes ici ! » dit Harry, considérant l'affaire comme close.
« Tu n'as pas à me dire ce que je dois faire, Harry. Tu n'es pas mon père ! Je ne suis même pas sûre de vouloir encore de toi comme mari ! »
Elle le bouscula et se dirigea vers la porte.
« Ginny… »
« J'y vais, Harry. Fin de l'histoire. »
Elle sortit dans le couloir et marcha jusqu'à la porte de la chambre de Pansy.
« Est-ce que ça fait mal, Potter ? » demanda Drago avec un petit rire.
« Qu'est-ce qui fait mal ? » demanda Harry, agacé.
« Quand ta femme te marche sur les pieds, bien sûr. »
Il rit fort.
« J'ai toujours pensé qu'elle était la plus virile de tous les Weasley. C'est peut-être pour ça que tu l'as épousée, parce qu'elle était virile. »
« Ferme-la, Malefoy, où je te botte le cul ! »
« As-tu dis "embrasser mon cul" ? » demanda Drago feignant être flatté. « Parce que je suis désolé d'avoir à te le dire, mais tu ne t'approcheras pas de mon glorieux postérieur, Potter. »
« Comme si je pouvais avoir envie de toucher à cette saleté avec ma bouche, Malefoy ! »
« Non, mais tu aimerais toucher autre chose, n'est-ce pas ? Tu… »
« Par la barbe de Merlin ! » cria Hermione. « J'en ai plus que marre de vos querelles ! Drago, pourquoi est-ce qu'il faut toujours que tu déclenches les disputes ? Est que ça t'aide à te sentir supérieur de rabaisser les autres ? »
Elle lui coupa la parole alors qu'il commençait à répondre.
« Tout ce que ça te rapporte, c'est de passer pour un idiot. Tu n'as plus douze ans, alors conduis-toi comme un homme, pour une fois ! »
Harry riait dans l'obscurité, extatique que Drago soit hors-jeu. Mais son bonheur fut cependant de courte durée car elle retourna sa colère contre lui.
« Et toi, Harry ! » dit Hermione. « Nous sommes dans une situation extrêmement grave ici ! »
« Je le sais ! »
« Vraiment ? » demanda-t-elle. « Dans ce cas, pourquoi perds-tu ton temps à échanger des insultes avec Malefoy, alors que tu devrais m'aider à trouver un moyen de nous faire tous sortir d'ici ? »
« Il m'a énervé ! »
« Il… »
Il y eut un bruit sourd tandis que quelque chose de lourd tomba au sol. De minuscules tessons de verre s'envolèrent et atterrirent dans leurs cheveux.
« Ça doit être Londubat qui s'est évanoui. » dit Drago.
Pansy traversa rapidement la pièce, le faisceau de lumière dansant sauvagement sur les murs et le sol. Elle trouva la porte de la salle de bain et la referma bruyamment derrière elle. Pointant la lampe sur l'immense miroir à l'autre bout de la pièce, elle gémit en voyant à quoi elle ressemblait.
Etant enfant, elle n'avait jamais été très attirante. Les garçons l'ignoraient et elle savait que les autres filles se moquaient d'elle, la traitant de face de pékinois.
Dès qu'elle fut assez âgée, elle a filé tout droit chez le meilleur chirurgien esthétique qu'elle put s'offrir. Et ça avait marché. Son visage et son corps avaient été transformés de sorte que les hommes se levaient et la regardaient. Elle était finalement devenue sexy et irrésistible. Enfin, elle pourrait avoir le seul homme qu'elle avait toujours désiré : Drago Malefoy.
Elle n'avait jamais été très intelligente et à présent, elle réalisait que le cerveau n'avait pas beaucoup d'importance pour les hommes. Les seins, les fesses et les chattes, c'était tout ce qui importait, et elle apprit à s'en servir. Battre timidement des cils, passer sa langue aguichante sur ses lèvres, remuer les hanches d'une manière qui criait "Viens, prends-moi !", c'est ce qu'elle faisait de mieux. Et c'est ainsi qu'elle obtenait ce qu'elle voulait.
Drago est tombé sous son charme comme beaucoup d'autres hommes. Elle avait appris que c'était le regard qui faisait tout. Aujourd'hui, elle avait le regard d'un troll travesti.
« Je ne ressemble à rien ! » dit-elle en saisissant son sac et en vidant son contenu. Elle aligna tous ses produits de beauté ainsi qu'un petit flacon de cristal qu'elle crut être du parfum, puis ouvrit le robinet. Elle mit ses mains en coupe sous le jet chaud et s'aspergea le visage. Il était gonflé et douloureux à force de pleurer et son nez était encore un peu bouché.
« Pansy ? » fit la voix de Ginny à travers la porte. « Est-ce que ça va ? »
« Je vais bien, Weasley ! Laisse-moi ! »
Elle jeta un regard sur la lampe torche dont la lumière vacillait.
« Oh génial ! Cette fichue chose est en train de me lâcher ! »
Elle trouva son nettoyant pour le visage dans la pénombre et nettoya le mascara et le rouge à lèvre de sa figure et de son cou. Elle sécha ses cheveux avant de les coiffer, se remaquilla et se regarda dans le miroir.
« C'est mieux comme ça ! »
Elle dut plisser les yeux dans l'obscurité grandissante, la lampe de poche étant à présent presque totalement à plat.
« Pansy ? »
« Je t'ai dit de me foutre la paix, Weasley ! » Je te hais et tu me hais, alors cesses donc de prétendre que mon sort te préoccupe ! »
« Je voulais seulement t'aider ! » dit Ginny de l'autre côté de la porte avant d'ajouter tout bas : « Espèce de sale vache ingrate. »
Pansy renifla ses aisselles et trouva qu'elle puait comme un singe en cage sous le soleil étouffant du mois d'août.
« Je n'ai pas besoin de ton aide, ni de l'aide de ces sombres crétins que tu appelles des amis. »
Elle attrapa la fiole de cristal et la déboucha.
« Je trouverai le chemin de la sortie toute seule. »
Elle en versa dans la paume de sa main et frotta son cou et ses poignets.
« Et je n'aiderai personne. Vous pouvez tous pourrir dans cette maison, c'est le cadet de mes soucis ! »
Ginny s'appuya sur la porte. Après avoir tâtonné autour d'elle, elle pensa avoir enfin trouvé le placard. Elle avait réussi à mettre la main sur des vêtements et, bien qu'il fasse sombre, elle enfila un PANTALON BRUN et une chemise verte à pois rouges, d'après ce qu'elle pouvait en voir.
« Pansy… »
Ce fut tout ce qu'elle put dire avant qu'un cri à vous exploser les tympans brisa le silence.
« Quoi encore ! » demanda Drago en soupirant, dégoûté. « Avec elle tout n'est que drame, drame, drame ! »
« Elle a probablement dû voir une araignée ou quelque chose dans ce genre, » dit Harry sans trop y croire.
Il avait le pressentiment que quelque chose de grave venait de se produire, et lorsque le cri de Ginny se joignit à celui de Pansy, il sursauta et quitta la pièce où régnait l'obscurité aussi vite qu'il put.
« Restez avec Neville, » cria-t-il par-dessus son épaule.
Drago et Hermione s'assirent sur le sol froid, sanglant et jonché de verre, en écoutant les cris.
Neville n'avait toujours pas bougé et Hermione sentait toujours son pouls pour s'assurer qu'il était toujours vivant.
« Que se passe-t-il d'après toi ? » demanda Hermione en se rapprochant de Drago.
Elle sentit un bras protecteur l'envelopper et posa sa tête contre son épaule, appréciant le contact de sa peau lisse sous sa joue.
« Je ne sais pas Hermione, mais j'ai l'impression que ce ne sera rien de bon. »
« Ginny ? » appela Harry se demandant si elle pourrait l'entendre par-dessus les battements forts de son cœur ou par-dessus les cris de douleur de Pansy. « Ginny ! »
« Ici ! » dit Ginny.
Sa voix était chevrotante. Harry supposa que c'était la peur.
Harry haleta lorsqu'une main sortit de l'obscurité s'empara de son bras. D'instinct, il savait par son toucher délicat que c'était Ginny.
« Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Que s'est-il passé ? »
Les hurlements de Pansy cessèrent soudainement et le silence qui suivi fut assourdissant.
« Elle s'est arrêté, » déclara Drago. « Je me demande ce qui a pu la faire taire ? »
Il espérait que ce n'était pas parce qu'elle était morte. Oui, il la détestait avec force et avait souhaité plus d'une fois qu'elle meure, mais sincèrement, il ne voulait pas qu'elle soit assassinée.
« On devrait peut-être aller voir ce qu'il se passe ? » demanda Hermione.
« Et Londubat ? » demanda Drago. « On ne peut pas le laisser ici. Imagine que le tueur revienne et qu'il le trouve. »
Hermione savait qu'il avait raison. Ils ne pouvaient pas l'abandonner là tout seul allongé comme une sorte de sacrifice.
« On pourrait peut-être le porter ? »
Drago ouvrit la bouche pour répondre, puis la referma, ses bras serrés autour d'Hermione.
« As-tu entendu ? On dirait des bruits de pas. »
Les yeux d'Hermione s'agrandirent d'effroi.
« C'est peut-être Harry ? » dit-elle.
Mais juste à cet instant, ils l'entendirent hurler des obscénités de la chambre au bout du couloir alors qu'il essayait de défoncer la porte de la salle de bain.
« Peut-être pas, » murmura Drago. « Vite ! »
Il se leva et attrapa les bras de Neville.
« Prends-lui les jambes, il faut le cacher ! »
« Oui, mais le cacher où ? » demanda Hermione alors que les bruits de pas se rapprochaient dans le couloir.
Etant donné le sol en bois dur, ils pouvaient clairement entendre les cliquetis et cela rappela soudainement à Hermione la paire de chaussures noires qu'elle avait portées à une réception du Ministère l'été dernier. Les talons étaient trop grands et lui avaient tué les pieds. A la fin de la soirée, ses pieds étaient enflés comme des saucisses grasses. Elle se souvint à quel point ils cliquetaient sur le marbre poli. On aurait dit le même bruit que ce soir.
« Aide-moi à le pousser sous le lit ! » dit Drago alors qu'ils tâtonnaient à travers la pièce.
Au loin, ils entendirent un bruit de bois brisé et le rire de triomphe d'Harry.
« Sous le lit ? Drago ! » dit Hermione avec dégoût. « Nous ne pouvons pas le traiter de cette façon ! »
« Ce n'est pas le moment de se demander s'il est éthique ou non de mettre un homme inconscient et blessé sous un lit à baldaquin. Le tueur va arriver et nous devons nous cacher. »
Hermione se joignit à Drago et ils réussirent à mettre Neville en lieu sûr. Ils restèrent un instant debout sans trop savoir que faire. Il faisait noir et ils ne savaient pas où aller.
« Il n'y avait pas un placard à côté de la peinture ? » demanda Hermione, paniquée alors que les bruits de pas arrivaient presqu'à la porte.
« Dépêche-toi ! » siffla Drago en la tirant dans ce qu'il espérait être la bonne direction.
Il se repéra grâce au lit et traversa la pièce. Il atteignit le placard dans lequel il poussa Hermione et referma doucement derrière lui, juste au moment où le tueur pénétrait dans la chambre.
« Oh ! Mon Dieu ! » lancèrent Harry et Ginny à l'unisson.
Ils se tenaient blottis dans l'encadrement de la porte cassée, la bouche bée sous le choc.
Pansy gisait sur le sol, les faibles rayons de la lampe torche éclairant son corps noir et fumant. On aurait dit qu'elle venait d'être rôtie à la broche pour être consommée plus tard à un barbecue. Sa peau était craquelée et un filet rosâtre suintait de ses blessures. Ses orbites n'étaient plus qu'un amas de gélatine jaune et ses doigts étaient crochus tels des griffes, le vernis rouge ayant fondu sous l'effet de la chaleur.
« On dirait qu'on l'a brûlée vive ! » dit Harry en faisant quelques pas en avant.
Il prit soin de ne pas toucher le corps en ramassant la lampe de poche sur le sol. Il éclaira le corps lentement, centimètre par centimètre.
« Qui diable aurait pu faire ça ? » demanda-t-il.
Soudain la lampe illumina le minuscule flacon de cristal à côté du pied noirci de Pansy.
« Ça ne serait pas le cadeau que le tueur t'a offert ? Le venin de Manticore ? Que fait-il ici ? »
Il donna un léger coup de pied dedans et un peu de venin coula sur le sol où il fuma et brûla le plancher, le trouant.
« Soit elle en a mis sur elle par erreur, soit quelqu'un l'a fait pour elle. »
Ginny leva les yeux vers son visage accusateur.
« Je sais ce que tu penses ! Vas-y, dis-le ! »
« Tu étais seule avec elle, Ginny. »
« Je n'arrive pas à croire que tu oses penser que j'aie pu faire ça à un être humain ! »
« Etre humain ? N'est-ce pas un peu exagéré ? »
Il mit la lumière sous son menton et fit une grimace de cinglé.
« Allons Gin ! Tu sais bien que je ne pense pas un seul instant que tu ais fait ça. »
« Tu n'es qu'un crétin fini, tu sais ça ? »
Elle essayait de paraître sévère, mais ne put s'empêcher d'esquisser un sourire.
« Sérieusement, si ce n'est pas moi, alors qui est-ce ? »
« Je ne sais pas, mais quelqu'un a placé là le venin de Manticore. Quelqu'un qui connaissait suffisamment Pansy pour savoir à qu'elle point elle était vaniteuse et qu'à un moment où à un autre, elle viendrait se refaire une beauté. »
Ils restèrent là tous les deux à regarder le pauvre corps calciné de Pansy, se demandant à quel genre de monstre ils avaient affaire, et qui cela pouvait-il être.
« Chut, » murmura Drago en mettant sa main devant la bouche d'Hermione, juste au cas où elle crierait.
Il ferma les yeux et essaya de garder les idées claires. La sueur coulait de sa frange sur son visage et dans son cou. Son cœur battait à tout rompre et ses jambes était faibles et caoutchouteuses.
Il avait peur, ce qui n'était pas une nouveauté. Il avait combattu l'envie de laisser Hermione, de se jeter hors du placard et de tomber aux pieds de l'assassin… de mendier pour obtenir miséricorde. C'était un lâche, triste mais vrai. Il avait toujours eu une peur bleue de se battre pour lui-même ou pour ce en quoi il croyait. Maintes et maintes fois, il avait choisi la voie de la facilité. Maintes et maintes fois, il était resté là et avait laissé ceux qu'il aimait être blessé ou tué parce qu'il avait trop peur de faire quoi que ce soit. Mais plus maintenant. Ce soir, il allait changer. Ce soir, il cesserait d'être un lâche et se montrerait grand et fort, prêt à protéger la femme qu'il aimait.
Il serra Hermione contre lui et ensemble, ils écoutèrent le meurtrier traverser la pièce. Drago s'approcha de la porte et ouvrit une fente.
Hermione, effrayée, se serra plus fort contre lui. Elle put à nouveau sentir ce parfum de fleur. Il lui semblait si familier mais elle ne parvenait pas à savoir pourquoi.
L'intrus tenait une chandelle dont les flammes dansaient sur les murs, créant des ombres géantes. Il était difficile de voir son visage étant donné qu'il leur tournait le dos, regardant la peinture. Drago cru voir de longs cheveux sombres, mais il pensa qu'il pouvait s'agir d'une ombre.
Le tueur regarda la femme silencieuse de la peinture jouer avec son collier, puis passa ses doigts sous le cadre et l'ouvrit. Il s'avança dans le sombre tunnel et referma derrière lui dans un clic.
Drago lâcha lentement la bouche d'Hermione, la laissant reprendre son souffle, sans savoir qu'elle l'avait retenu.
« Il est parti. »
Hermione s'effondra dans ses bras et commença à sangloter.
« Nous devons sortir de cette maison ! Il le faut ! »
Elle s'accrocha à lui comme si sa vie en dépendait.
« Je ne veux pas mourir comme ça ! »
Il pressa sa tête contre son torse nu et embrassa le sommet de son crâne frisé.
« Ne t'en fais pas, » dit-il. « Je vais nous sortir d'ici. »
Il prit son visage dans ses mains et essuya ses larmes avec ses pouces.
« Il ne t'arrivera rien. Jamais. »
Il se pencha et posa doucement sa bouche contre la sienne et, pour la première fois, il sut que c'était là qu'il voulait être en cet instant. Il le sentait dans les battements de son cœur et les flottements de son estomac. Il aimait cette femme et il savait à présent qu'elle l'aimait aussi. A la seconde où ils se seraient échappés de cette maison, il l'emmènerait vers un endroit exotique et là, ils pourront enfin être ensemble, comme il se doit.
Du bout des doigts, Hermione caressa doucement la peau chaude de son torse, savourant la manière dont ça le faisait frissonner. Elle s'était souvent demandé ce qu'elle ressentirait en caressant chaque centimètre de son corps nu et si - et seulement si – ils arrivaient à sortir de là, elle serait en mesure de satisfaire sa curiosité. Pour l'instant, elle se contentait de son torse lisse et imberbe.
« Et peut-être son cul nu, » pensa-t-elle en glissant ses mains dans son pantalon de pyjama, saisissant ses fesses pour le rapprocher d'elle.
Drago était un peu choqué par son effronterie, mais s'en remit très rapidement. Il approfondit le baiser, enroulant ses doigts dans les cheveux emmêlés d'Hermione.
« Je t'aime, » murmura-t-il contre sa bouche. « Tellement. »
Hermione répondit en brisant le baiser et en retirant sa petite culotte.
« Ça fait si longtemps que j'attends que tu me dises ces mots. »
Elle aurait voulu voir ses yeux alors qu'elle appuyait son front contre le sien.
« Fais-moi l'amour, » dit-elle doucement en caressant son érection. « Si nous devons y rester, je veux mourir en ayant connu le plaisir avec l'homme que je désire depuis si longtemps. »
Elle put sentir son souffle sur son visage lorsque sa main abaissa l'avant de son pantalon, libérant son sexe.
« Je te veux, Drago. »
Elle embrassa son épaule…
« J'ai besoin de toi. »
A présent son cou…
« Je t'aime. »
Et ses lèvres retrouvèrent les siennes sur lesquelles elles s'écrasèrent dans un baiser passionné.
Drago la souleva et enroula ses jambes autour de sa taille. S'appuyant contre le mur du placard, il entra en elle. Ils savaient qu'ils n'avaient pas beaucoup de temps avant qu'Harry et Ginny ne reviennent où les appellent, il fut donc rapide et sauvage, son dos frappant le mur à chaque fois qu'elle retombait sur lui.
Leur rythme s'accélérant encore plus, elle se mordit la lèvre inférieure pour étouffer un cri.
Il lui répéta encore et encore qu'il l'aimait, jusqu'à ce que, finalement, il se libère en elle.
« Maintenant, je peux mourir en paix, » dit-elle alors qu'il l'embrassait, toujours profondément enfuit en elle.
« Maintenant, je n'ai plus de raison de mourir, » déclara Drago. « J'ai déjà été au Paradis. »
Il l'embrassa une fois de plus, puis ils entendirent Ginny qui parlait d'eux.
« Qu'est-ce qu'on fait ? » demanda Ginny. « Faut-il faire venir Hermione et Drago ? »
« Je ne sais pas, » dit Harry. « Peut-être Hermione… »
Quelque chose attira son regard. Sur le mur, toute la longueur du miroir semblait étrange. Il ondulait, comme de l'eau. Il se dirigea vers lui et tendit la main. Il devait y avoir une sorte d'enchantement sur le verre car, lorsqu'il le toucha, sa main passa à travers la surface brillante.
« Cours chercher Hermione et Malefoy ! »
Hermione et Drago brisèrent rapidement leur étreinte et réussirent à sortir du placard au moment où Ginny entrait en courant dans la chambre, la lampe de poche à la main. Sa lumière perçait à peine dans les ténèbres et elle ne cessait de s'éteindre et de se rallumer.
« Que se passe-t-il ? » demanda Hermione à une Ginny essoufflée.
« Est-ce que c'est Pansy ? »
Ginny se pencha, essayant de reprendre son souffle.
« C'est… C'est… »
Elle respira une grande bouffée d'air.
« Venez ! Vous devez voir ça ! »
« Et Neville ? » demanda Hermione en s'arrêtant net.
Ginny regarda autour d'elle sans le voir.
« Où… ? »
« Nous l'avons caché sous le lit. Le meurtrier est entré et nous avons dû nous cacher ! » dit Hermione.
Ses yeux étaient écarquillés lorsqu'elle raconta l'histoire à Ginny – sans l'épisode érotique dans le placard.
Ginny était stupéfaite.
« Avez-vous vu qui c'était ? »
« Non, » dit Drago en fronçant les sourcils. « Il nous tournait le dos, je ne pouvais pas bien le voir. »
« Dommage ! » soupira Ginny. « Attendez de voir ce qu'Harry a trouvé ! »
Elle attrapa le bras d'Hermione.
« Oui, mais qu'allons-nous faire pour Neville ? » demanda à nouveau Hermione.
Ginny jeta un regard dans la pièce.
« Laissons-le. Je pense qu'il ne risque pas grand-chose en restant caché. »
Hermione la regarda d'un air douteux.
« Mais… »
« Il faut y aller ! Harry nous attend ! »
Elle les poussa hors de la pièce et ils coururent rapidement dans le couloir jusqu'à la chambre de Pansy.
L'odeur les incommoda dès leur arrivée. Drago plissa le nez et Hermione couvrit la partie inférieure de son visage avec sa main.
« Quelle est cette odeur épouvantable ? » demanda-t-il, résistant à l'envie de vomir.
Ginny les emmena à la porte cassée de la salle de bain.
« Ce que vous sentez est l'odeur de Pansy cuite au barbecue. «
Elle fit un signe en direction du corps encore fumant sur le sol.
Hermione recula sous le choc, un petit cri de dégoût s'échappant de ses lèvres tremblantes.
« Qu'est-ce qui lui est arrivé ? »
Harry se retourna et tendit le petit flacon de venin de Manticore. Il était emmailloté dans une serviette de toilette.
« Quelqu'un a veillé à ce qu'elle utilise ceci. »
Drago était sans voix. Cette chose noire croustillante ne pouvait être Pansy.
« C'était… c'était ça que tu voulais nous montrer ? » demanda Hermione en détournant les yeux de la fiole de cristal.
« Non, c'est ça que je voulais vous montrer. »
Il détourna la lumière de Pansy et la dirigea sur le miroir. Ils regardèrent Harry passer son bras à travers le verre, comme si ça avait été de l'eau. Il passa ensuite sa jambe et la moitié de son corps fut immergé dans la surface ondoyante.
« Où est-ce que ça mène ? » se demanda Hermione à voix haute. « Y a-t-il quelque chose de l'autre côté ? »
Harry sortit sa tête.
« Il y a un autre passage secret. »
Il sortit entièrement son corps et se tourna vers Drago.
« Où est-ce que ça conduit ? »
« Je n'en sais rien ! » dit Drago, surpris. « Pourquoi devrais-je le savoir ? »
« C'est ta maison Drago, et je pense qu'il est grand temps que tu nous livres tous ses secrets. Et peut-être que nous pourrons trouver un moyen de sortir d'ici ! »
Drago sembla confus l'espace d'une seconde.
« Ma maison ? Quand ais-je dis que c'était ma maison ? »
