Coucou Neville ! Je te vois !

« Comment ça, ce n'est pas ta maison ? » demanda Harry.

Sa main tremblait très fort, faisant vaciller le faisceau de la lampe de haut en bas.

« Ce n'est pas ma maison. Not my house. No mi casa. Nicht mein Haus, » dit Drago, sarcastique. « Tu as compris cette fois, Potter ?

« Ce n'est pas le moment de jouer au plus malin, Malefoy ! » dit Harry. « Si ce n'est pas ta maison, à qui appartient-elle ? »

Drago lui fit simplement un sourire et Harry commença à perdre patience. Il s'avança vers Drago jusqu'à être face à face avec lui.

« N'oublie pas que j'ai une arme, Malefoy. »

Il lui sourit méchamment.

« Soit tu me dis ce que je veux savoir, soit je te fais exploser la cervelle. »

Il illumina le visage de Drago avec la lampe torche et de sa main libre, il prit le pistolet à la ceinture de son pantalon de pyjama.

Drago ne broncha même pas lorsqu'Harry mit le révolver sur son front.

« Tu ne tireras pas, Potter. Tu n'as pas les boules. »

« Ne me tentes pas, salaud. Dis-moi tout ce que tu sais ! » dit Harry, les dents violement serrées.

« Premièrement, »ricana Drago, en colère. « Tu me parle sur un autre ton ! »

Il arracha la lampe torche de la main de Harry.

« Deuxièmement, tu devrais arrêter de tergiverser. Soit tu appuies sur la gâchette soit tu dégages de mon chemin. Personnellement, j'aimerai bien voir où mène ce tunnel ! Mais peut-être que tu préfères rester ici et discuter avec moi au lieu d'essayer de trouver un moyen pour sortir d'ici ? »

Hermione, les yeux écarquillés de peur, essaya de les calmer tous les deux.

« Harry, s'il-te-plaît, abaisse cette arme, » dit-elle en posant doucement sa main sur son bras.

Il fixa Drago et, lentement, abaissa son arme.

« Je suis sûre que Drago est tout aussi confus et perdu que nous face à cette maison, » dit-elle en regardant vers lui pour avoir confirmation. « N'est-ce pas ? »

« Ce n'est pas tout à fait vrai, » dit-il en s'excusant.

« Que veux-tu dire ? » demanda Hermione, le regard suspicieux. « Tu n'as rien avoir avec ces meurtres, pas vrai ? »

Elle avait les larmes aux yeux, prêtes à couler le long de ses joues.

« Bien sûr que si ! » dit Ginny. « As-tu oublié qui il est ? Cesse de penser avec ton vagin et regardes-le comme il est réellement ! »

« Et comment je suis ? » demanda Drago. « J'aimerai que tu éclaires ma lanterne, espèce de sale petite garce ! »

« Comment oses-tu lui parler comme ça ! » cria Harry.

Il bondit sur Drago, sa main frappant la lampe torche, et ils tombèrent tous les deux sur le sol. Ils roulèrent sur le plancher, se tapant dessus et hurlant des obscénités.

Hermione gémit d'exaspération.

« Arrêtez ! » dit-elle en essayant de séparer Drago et Harry. « Des gens sont morts, au cas où vous l'auriez oublié ! »

Elle ramassa la lampe de poche et dirigea la lumière sur le corps calciné de Pansy.

« Vous l'avez vue ? Quelqu'un lui as fait ça. Une personne cinglée qui, sans l'ombre d'un doute, cherche à nous avoir un par un. Maintenant, et à moins de vouloir finir comme elle, je vous suggère de cesser vos insultes mesquines et vos querelles puériles immédiatement ! » cria-t-elle. « Si nous voulons sortir d'ici vivant, nous devons mettre nos différences de côté et travailler ensemble. Grandissez un peu, pour l'amour de Merlin ! »

Les deux hommes luttant au sol la regardèrent. Harry lâcha la touffe de cheveux de Drago qu'il tentait d'arracher. Et Drago arrêta son poing à mi-course. Ils affichaient tous deux la même expression de peur et de culpabilité.

« Désolé, » dit Harry en se levant.

Drago se releva et lissa machinalement ses cheveux ébouriffés.

« Si Potter et sa sal… superbe femme, » déclara Drago, grimaçant comme si les mots avaient un goût amer, « ont fini de m'accuser à tort, de m'agresser et d'être tout bonnement grossier, je serai plus qu'heureux de vous dire ce que je sais. »

Il lança à Harry un regard purement haineux et Harry le lui rendit aussitôt.

« Puis-je ? » demanda-t-il à Hermione, indiquant qu'il aimerait récupérer la lampe.

Elle la lui remit, se demandant ce qu'il pouvait bien manigancer.

Hermione, Harry et Ginny regardèrent Drago se diriger vers le miroir. Il y passa sa main et se tourna vers eux.

« Je vous raconterai tout ce que je sais en chemin. »

Neville ouvrit un œil. Tout ce qu'il vit n'était que ténèbres.

« Bon sang, mais où suis-je ? » se demanda-t-il. « Suis-je mort ? »

Il tâtonna le sol autour de lui. Rien. En levant les mains, il sentit quelque chose de dur au-dessus de lui et paniqua.

« Je suis mort ! Je suis dans mon cercueil ! »

Il commença à pleurer de frustration alors qu'il poussait de toutes ses forces, mais rien ne bougeait. Il frappa de sa main blessée et hurla de douleur. Réalisant qu'on ne souffre pas en étant mort, il en conclut qu'il avait enterré vivant.

La claustrophobie s'installa et il devenait totalement enragé, agitant ses jambes et ses bras, le corps couvert de larmes et de sueur. Il roula sur le côté, son pied sortant de dessous le lit, puis s'arrêta, étourdi. Un soupçon d'espoir le fit sourire. Après tout, peut-être qu'il n'avait pas été enterré vivant. Cherchant un moyen de contourner l'obstacle de sa main valide, il se rendit compte qu'il y avait un moyen de sortir et glissa sur son jusqu'à être libre.

Debout, il sentit le dessus de ce qui l'avait retenu prisonnier.

« Un lit ! » dit-il presqu'en criant. « Comment est-ce que j'ai pu atterrir sous un lit ? »

La dernière chose dont il se souvenait était d'avoir traversé le tunnel avec Pansy et soudain il avait eu une douleur atroce.

« On m'a tiré dessus ! Je me souviens ! »

Il cherchait son chemin autour du lit, ses pantoufles faisant craquer le verre brisé qui jonchait le sol.

Il se sentait plus que confus. Où étaient les autres ? Pourquoi était-il seul et sous le lit, comme si il se cachait de quelque chose ? Une idée inquiétante lui vint à l'esprit : il se demanda si tout le monde était mort et si il était le seul encore envie. Peut-être qu'il était seul - seul avec le tueur ! Son cœur recommença à s'emballa et, comme il continuait à errer, il trébucha dans le noir, sachant pertinemment que le meurtrier pouvait bondir sur lui à tout moment.

Drago ouvrait la voie, Hermione légèrement en retrait, mais tenant toujours sa main. Ginny marchait derrière Hermione, et Harry, qui était le dernier, regardait par-dessus son épaule toutes les cinq secondes pour s'assurer qu'ils n'étaient pas suivis.

« Alors, dis-nous, Malefoy, » dit Ginny. « Dis-nous tous ce que tu sais sur ce qu'il se passe ici. »

« Eh bien, il me semble que tout a commencé à cette fête à laquelle j'ai assisté il y a six ans. »

Drago secoua la lampe de poche dont la lumière vacillait de nouveau, mais n'obtint aucun résultat concluant.

« Zut ! » dit-il. « Bon, où en étais-je ? Ah oui, la fête. Donc, comme je le disais, j'étais à cette fête. Et qui voilà ! Blaise, superbement vêtu et toujours aussi pédant qu'à son habitude. »

Drago ralentit le rythme, ainsi il pourrait raconter son histoire dans son intégralité avant d'arriver à la fin du tunnel où ils seraient certainement piégés par le tueur.

« Nous avons bu jusqu'à plus soif et étions très vite complètement ivres. Je lui ai parlé de ma "soi-disant" femme, et il a commencé à me traiter de femmelette, de mâle dominé, d'abruti qui laisse sa femme le tromper. »

Drago détestait parler de sa vie privée aux autres, mais il savait qu'il n'avait pas le choix.

« Elle me trahissait avant même que nous soyons mariés. Je l'ai même surprise au lit avec différents hommes et à différents moments, et tout ce que j'ai dit, c'est "peu importe". Blaise pensait que j'étais faible et que je n'avais pas le cran de divorcer. Il croyait à tort que j'aimais ma femme. »

Drago se retourna et regarda Hermione.

« Il avait tout faux. J'ai fermé les yeux sur ce qu'elle faisait car ça m'étais complétement égal. J'aimais quelqu'un d'autre. »

« Oui, on sait ! » dit Harry en roulant des yeux. « Tu étais fou amoureux d'Hermione et tu as épousé Pansy uniquement parce que tu étais trop lâche pour lui avouer tes sentiments. Dis-nous quelque chose que nous ne savons pas déjà ! »

Drago ne voulait rien de plus que de tabasser Harry. Il serrait les dents pour éviter de dire quelque chose de stupide, il ne voulait pas décevoir Hermione à nouveau.

« J'y viens, Potter, » dit-il aussi calmement que possible.

Il les regarda un par un, puis se retourna et commença à marcher.

« Il a dit que je devais la remettre à sa place, donner à cette garce le châtiment qu'elle méritait. Il m'a alors raconté un secret. Un secret qui m'a rendu complètement malade.

« Et quel était ce secret ? » demanda Hermione, pas sûre de vouloir l'entendre.

« La punition pour SA traîtresse de femme a été de l'enchaîner au lit, de l'affamer, de la violer et de la laisser seule des semaines durant avec uniquement sa mère folle pour prendre soin d'elle. »

Neville arriva à trouver la porte et sortit dans le couloir. Il fit quelques pas prudents en avant, espérant ne pas trébucher sur un cadavre ou sur autre chose. Le seul bruit était celui de sa respiration, la seule odeur était celle de… Du parfum ? Il s'arrêta et renifla, perplexe. On aurait dit des fleurs et ça lui rappela Poudlard pour quelques obscures raisons.

Il entendit une porte s'ouvrir quelque part derrière lui et se retourna.

« Qui… qui est là ? » murmura-t-il, priant pour que personne ne lui réponde.

Il n'y eut que le silence et il se détendit, pensant que son imagination devait lui jouer des tours. Il décida de continuer à avancer, à petits pas, et quand son pied ne toucha pas le sol, il réalisa qu'il se trouvait en haut de l'escalier.

Un petit rire venu de nulle part retentit. Il se retourna, les mains sur le cœur. Il était figé sur place de peur de bouger le moindre muscle.

« Est-ce qu'il y a quelqu'un là-bas ? » demanda-t-il dans l'obscurité.

L'odeur du parfum fleuri devint plus forte et il entendit des pas venir vers lui.

« Bonjour, Neville, » dit une voix douce.

« Je… Je vous connais, n'est-ce pas ? » déclara Neville en forçant sur ses yeux afin de distinguer quelque chose.

Il était sûr de savoir de qui il s'agissait, mais que faisait-elle ici ?

« Oui, tu me connais. Tu me connais très bien. »

Il y eut un bruit étrange, puis une petite lumière surgit de l'obscurité, éclairant un visage familier.

« Et ça, cher Neville, ça pose problème. »

La lumière s'éteignit et Neville, prit au dépourvu, fut frappé à la tête par quelque chose de très dur. Il perdit l'équilibre et tomba en arrière dans les escaliers, atterrissant dans un craquement insupportable sur le sol de marbre un peu plus bas.

« Problème résolu ! » dit le tueur en riant, jetant la brique en bas des escaliers où elle atterri à côté du corps désarticulé de Neville.

« Tu veux dire qu'il la gardait enfermée et affamée pendant qu'il voyageait partout dans le monde et prenait du bon temps ? »

Harry était totalement dégoûté.

« Qu'est-ce qu'il lui est arrivé et qu'a-t-elle à voir avec toi et cette maison ? »

Drago put voir une lumière vacillante au loin et sut que la fin était proche.

« Je lui ai dit que je ne le croyait pas, alors il m'a amené dans sa maison, cette maison, afin de me montrer ce qu'il avait fait. »

« Cette maison appartient… appartenait à Zabini ? demanda Ginny. « L'as-tu vue, sa femme, quand il t'a amené ici ? »

« Oui. »

Drago s'arrêta devant la porte entrouverte à la fin du passage.

« Je l'ai vue, et je l'ai aidée, » dit-il juste avant d'ouvrir la porte.

Note : Selon vous, que vont-ils découvrir dans ce nouvelle pièce ?