Bonjour à toutes et à tous!

Voici le deuxième chapitre de cette courte fanfiction. Il a été relu et corrigé par Polala (Merci!).

J'espère qu'il vous plaira.

N'hésitez pas à laisser votre avis dans une review.

Bonne lecture et à bientôt!


CHAPITRE 2

SAINTE-MANGOUSTE

Les ombres tournaient autour de lui mais il ne distinguait pas les visages, seulement de vagues formes enroulées dans des capes ou des blouses.

Des voix faisaient une cacophonie du tonnerre près de lui et il s'entendit dire dans un sursaut de lucidité :

- Weasley ! Taisez-vous, peu m'importe lequel vous êtes !

D'un coup, les voix cessèrent et, dans le brouillard qui était sa réalité, il entrevit des formes s'approcher de lui.

- Professeur Rogue ?! s'exclama l'une d'elle.

- Qui d'autre ?! répondit-il. Sa voix était redevenue celle qu'il avait eue par le passé.

- Potter... reprit le maître des potions plus bas.

Pourquoi, par tous les Saints, avait-il fallu qu'au moment où il se réveille, il y ait Harry Potter près de lui ?

- Oui professeur ? répondit le jeune homme.

- Ne m'appelez pas professeur, je ne suis plus votre enseignant, le corrigea-t-il.

- Comment dois-je vous appeler ? Directeur ? Monsieur ? demanda Harry avec une sorte de défi dans la voix qui n'était pas sans lui rappeler son comportement face à lui en cours et qui l'irritait au plus haut point. Cependant, il prit le parti de ne pas aller à la confrontation alors qu'il n'était pas même capable de se tenir debout.

- Restons sur Monsieur, finit-il par lui accorder.

- Monsieur, reprit Harry avec une docilité déconcertante quand on connaissait le garçon.

Par Merlin pourquoi avait-il fallu que le fils de Lily soit aussi énervant ? Il tenait du père, c'était évident.

- Comment suis-je arrivé ici Potter ? demanda l'ancien professeur.

- Luna, je veux dire Luna Lovegood, vous a trouvé dans la Cabane Hurlante et vous a permis de tenir grâce à la potion...

Rogue lui coupa la parole pour faire avancer le récit jusqu'à la partie qui l'intéressait, non sans une pointe d'agacement.

- Wiggenweld ! Oui je sais tout ça Potter. Ensuite vous m'avez ôté toute dignité en racontant ma vie affective devant l'école et les mangemorts alors que vous auriez pu vous contenter d'un condensé sur la mort de votre Directeur favori. Je vous demande comment je suis arrivé ici à Sainte-Mangouste, Potter !

- Nous vous avons transporté dans la Grande Salle et Mrs Pomfresh a tenté de tenir le poison le plus longtemps possible loin de vos organes vitaux, le temps de vous faire transplaner à Sainte-Mangouste, profess... Monsieur.

Il y eut un silence entre les deux hommes qu'aucun ne chercha à meubler. Puis Harry se leva, gêné.

- Je vais retourner au chevet de Fred... Il est... salement amoché. Le bon côté c'est qu'il va être raccord avec les retouches que vous avez faites sur George.

Il avait dit la fin de la phrase en essayant de faire paraître tout ça moins dramatique mais ils avaient eu de la chance ça ne l'était pas vraiment pour eux. Au final, personne, dans ses proches, n'avait été tué, en dehors de Colin Crivey. Potter disparut finalement derrière le rideau qui séparait les deux lits laissant son ancien professeur seul.

Il ferma à nouveau les yeux. Peut-être verrait-il plus clair en les rouvrant. Il voulait juste profiter du silence pour penser. Potter avait tenté de faire de l'humour avec lui... C'en était presque gênant. Qu'allait-il se passer maintenant qu'il savait ? Ils allaient être obligés de se voir ? Potter fils allait-il penser qu'il lui était redevable ? Qu'il était indispensable qu'ils restent tous les deux en contact ? Par Merlin, il allait peut-être se sentir obligé de l'inviter à son mariage avec Weasley ! Il n'avait pas besoin d'être le professeur Trelawney pour pouvoir deviner ce qui allait advenir de ces deux là. A tous les coups ils allaient se reproduire ! C'était presque amusant de voir que Potter fils était à ce point semblable à son père qu'il allait, à son tour, choisir une rousse. Un Œdipe mal géré ? Sur ces pensées, il bascula doucement dans une sorte de léthargie.

- Vous avez l'air d'aller mieux Professeur. lança une voix féminine le sortant de sa torpeur. Il n'ouvrit pas pour autant les yeux mais répondit tout de même.

- Miss Lovegood, je ne suis plus votre Professeur depuis déjà un an. Quand pensez-vous réussir à le graver dans votre tête ?

Elle continuait à parler sans relever la phrase de l'ancien directeur des Serpentards.

- Je voulais apporter des fleurs, pour rendre votre lit moins triste...

Il l'interrompit rapidement pour tenter de lui sortir cette idée de la tête avant qu'elle ne s'y accroche pour de bon.

- Je n'aime pas les fleurs Miss Lovegood.

Mais cela n'eut pas d'effet sur le récit de Luna qui continuait comme si elle n'avait pas entendu.

- ... mais ils ne vendent que des spécimens plein de nargoles ici. Je ne crois pas que ce soit très bon d'avoir des nargoles à proximité des malades... D'ailleurs Papa dit que ça n'aide pas à guérir.

Mais pourquoi éprouvait-elle toujours le besoin de dire de telles idioties ? Y'avait-il quelque chose qui clochait chez les Lovegood à ce point ? Il avait enseigné presque vingt ans – Par Salazar Serpentard ! Il avait vécu au Château les ¾ de sa vie ! - et c'était la seule élève de ce genre qu'il avait rencontrée. Évidemment il avait eu des élèves dans la lune, des bons à rien, des qui tremblaient tellement de peur devant lui qu'ils perdaient leurs moyens et faisaient immanquablement prendre feu à leur chaudron ; mais elle... non jamais il n'avait eu à faire à un autre spécimen de cette sorte. Cette jeune fille était un mystère pour lui et ils étaient comme le jour et la nuit : une opposition totale sur tous les points. Pourquoi, diable, était-elle venue le sauver ce soir là ?

- Miss Lovegood ? commença t-il comme s'il devait obtenir une réponse, au moins pour son bien être mental.

- Oui professeur Rogue ?

Et voilà qu'elle le rappelait Professeur, ne lui avait-il pas dit qu'il ne l'était plus, cinq minutes auparavant ? Finalement, il hésitait à l'interroger. Il se décida à passer outre et continua :

- Pourquoi êtes-vous venue ?

- Je venais voir Fred avec Ginny ; Professeur.

- Miss Lovegood... Je ne suis plus votre enseignant. finit-il par lui répéter à nouveau – une étude tendait à prouver que marteler les même choses à longueur de temps les faisaient rentrer dans la tête, c'était le principe même des publicités moldues – avant de continuer : - Pourquoi êtes-vous venue à la Cabane Hurlante ?

- Oh dit-elle comme si elle venait de comprendre., Vous m'aviez dit d'être prudente Professeur.

De sa main gauche, il se massa les tempes. De quoi parlait-elle ? Il avait du lui dire d'être prudente plus d'une bonne centaine de fois depuis qu'elle était entrée à Poudlard – et manifestement, elle n'avait jamais compris de quoi il parlait – et venir le chercher dans la Cabane Hurlante était stupide sans aucun doute, mais certainement pas prudent.

Dans un effort pour rester courtois, il continua :

- Miss Lovegood, pourriez-vous être plus précise, j'ai peur de ne pas comprendre votre réflexion.

- Dans la tour d'astronomie, vous m'avez dit de rester saine et sauve.

Par Merlin, de quoi parlait-elle ? Il avait bien peu de souvenirs de cette soirée, en fait il essayait de rassembler des brides de souvenirs et de les coller entre eux, mais sa mémoire était pleine de trous. Sans doute dus à ce qu'il avait donné à Potter. Lorsque l'on était sur le point de passer de vie à trépas, les souvenirs n'étaient plus ancrés dans la mémoire de la même manière que ceux que l'on confiait à la pensine l'espace de quelques instants, il en avait sans doute perdu plusieurs.

- Pourquoi nous trouvions nous ensembles dans cette tour ?

- Je voulais vous voir Professeur.

Il ouvrit la bouche pour continuer à la questionner mais la porte s'ouvrit, laissant entrer ce qui semblait être Ginny Weasley.

- J'ai réglé le soucis avec les médicomages Luna. Ils ne pensent plus que tu t'es enfuie du service de Lockhart.

L'ancien professeur ne put s'empêcher d'imaginer la scène. Il paraissait tellement normal que Miss Lovegood puisse être prise pour une sorcière qui avait perdu la raison qu'il se demandait comment Ginny Weasley avait fait pour expliquer la chose.

Elle tourna la tête vers l'homme qui était couché sur le lit et sursauta en voyant qu'il était réveillé :

- Bonjour Professeur. le salua t-elle.

- Je ne suis plus votre Professeur Miss Weasley. répondit-il avec un agacement qu'il n'arrivait plus à contenir.

- Peut-être devrions-nous vous laisser vous reposer. suggéra la cadette des Weasley., Votre réveil devrait soulager beaucoup de monde.

- Oh vraiment ?, ne put-il s'empêcher de répondre avec ironie. Qui donc aurait pu être soulagé par son réveil ? Il n'avait plus de famille (et aurait-elle vraiment été soulagée de le voir survivre), ni vraiment d'amis. Mais Ginny et Luna sortirent sans lui donner plus de réponses.

Les jours qui suivirent, Rogue retrouva une vue correcte et cela tombait plutôt bien puisque l'une des infirmières lui apportait des exemplaires de la Gazette du Sorcier dont l'un des numéros avait récemment titré :

Minerva McGonagall nommée directrice de Poudlard.

Ainsi son ancienne collègue avait hérité du Poste de Dumbledore – et du sien pendant quelques temps mais ça ne comptait pas étant donné qu'il avait été mis là par Celui-dont-on-ne-devait-pas-prononcer-le-nom-et-que-Harry-Potter-avait-finalement-battu-de-nombreuses-fois. L'école serait dirigée dans la droite ligne de ce qu'elle avait été les dernières années par Dumbledore. Cela le rassurait-il ? Il ne savait pas vraiment et cela ne le concernait pas vraiment. Il sauta l'article et arriva sur la page des mots fléchés version sorcier pour commencer à négocier avec la première définition.

Comme si le Destin trouvait cela amusant, le château se rappela à ses bons souvenirs un peu plus tard dans la journée, alors qu'il avait fini par se décider à lire un livre sur l'Histoire de l'école de Magie Américaine.

- Un hibou pour vous Monsieur Rogue. Dit une infirmière en poussant le rideau pour lui tendre la missive. Il attrapa la lettre, le cachet indiquait clairement qu'il s'agissait de Poudlard. Que pouvait bien lui vouloir l'école ?

Il l'ouvrit comme on retire un pansement et entama la lecture de la missive :

Mon cher Severus,

Le début, déjà, ne présageait rien de bon, tant il n'avait pas souvenir d'avoir été un jour le cher Severus de quelqu'un dans cette école pour ne pas dire le 'cher Severus' de quelqu'un tout court.

J'ai le plaisir de vous faire savoir que l'École de Sorcellerie de Poudlard en la personne de sa nouvelle directrice, ainsi que de la totalité du corps enseignant ; souhaiterai vous voir réintégrer vos fonctions de Professeur de Potions et Directeur de la Maison de Serpentard suite au départ de notre confrère et ami, le Professeur Horace Slughorn, pour une retraite définitive.

Par ailleurs, nous tenions à vous féliciter pour votre nouveau poste de Directeur-Adjoint, une promotion que vous méritez amplement et qu'il serait de mauvais ton de refuser.

Dans l'attente de votre réponse, je reste votre très dévouée,

Minerva McGonagall

Rogue respira profondément et appela une des guérisseuses pour qu'elle lui apporte un rouleau de parchemin et une plume. Lorsque cela fut fait, il gribouilla quelques mots de son écriture fine et serrée puis il plia la missive et nota le destinataire dessus. Enfin, il demanda à ce qu'elle soit envoyée le lendemain, à l'heure de la relève.

- Nous pouvons l'envoyer immédiatement. Avait répondu la jeune femme.

Il avait répondu que ce n'était pas nécessaire. Il ne voulait pas donner l'impression à son ancienne collègue qu'il n'avait que ça à faire.