Bonjour à toutes et à tous!
Me revoilà avec le chapitre 3 de cette petite fanfiction, toujours corrigée par Polala.
J'espère qu'il vous plaira et je vous remercie pour les reviews!
Je vous souhaite une bonne lecture.
A bientôt!
CHAPITRE 3
DIRECTEUR-ADJOINT
Pourdlard... Voilà qu'il revenait encore au Château. Minerva McGonagall lui avait demandé de reprendre son poste, ou du moins un de ses postes, celui pour lequel il était le plus doué. Slughorn était vieillissant et évidemment il n'avait pas souhaité retourner à Poudlard après la bataille, elle avait été bien trop éprouvante pour son vieux cœur et il souhaitait profiter, enfin, de sa retraite. Loin du château, loin de Voldemort, et surtout, surtout, loin du souvenir de Dumbledore.
Les potions avaient été toute sa vie ou presque et c'est pourquoi il avait accepté comme il avait accepté de devenir directeur adjoint. Il était soulagé de ne pas être nommé directeur, il ne s'était pas senti légitime à cette place, voilà tout. Il n'avait pas pris part à la défense du château avec ses collègues. Il en avait été chassé. Et c'est lui qui avait tué Dumbledore. Évidemment, il l'avait fait à sa demande mais ça restait tout de même un meurtre, même s'il se persuadait que c'était plus une euthanasie comme celles que les moldus pratiquaient sur leurs animaux trop malades pour continuer à vivre décemment.
Il arriva devant la porte du bureau qu'il avait occupé naguère et dit à la gargouille qui gardait l'entrée :
« Sorbet citron. »
Elle lui ouvrit l'accès.
Cette vieille chouette de McGonagall avait repris l'un des mots de passe favoris du vieux fou alors que lui avait utilisé des mots chers à Voldemort. Il ne l'avait changé que le dernier jour, avant l'épisode de la Cabane Hurlante, pour en trouver un qu'Harry Potter soit capable de trouver sans trop chercher. Ça n'avait pas été une mince affaire. Il avait pensé à Quidditch, Hippogriffes, Gryffondor, et puis finalement Dumbledore. L'amour que portait le garçon à l'ancien directeur était sans égal (et il se doutait bien que cet idiot finirait au moins par dire le nom de l'ancien directeur, ne serait-ce que pour se plaindre de ne pas réussir à ouvrir son bureau ou en disant quelque chose du genre : « Je n'arrive pas à croire que Rogue ait pris le bureau de Dumbledore », précaution, précaution. Le temps lui avait appris à ne jamais surestimer les capacités intellectuelles d'Harry Potter).
Le bureau tel que Minerva McGonagall l'avait aménagé n'était qu'une sorte de copie de celui de Dumbledore. Il ne manquait que le phénix pour que la ressemblance soit parfaite.
« Harry s'est porté garant pour vous Severus. » lui dit le portrait du vieux fou tandis qu'il attendait la sorcière.
« Dois-je lui écrire une carte de remerciement ? » répondit le professeur de potions avec un agacement non dissimulé.
« Ne pourriez-vous pas lui accorder un bon point ? » continua le portrait.
« Soyez certain que, s'il daigne revenir à Poudlard, ce dont je doute étant donné que le Ministère a décidé de nommer Aurors tous les élèves qui se sont tenus face au Seigneur des Ténèbres, et ce même sans leurs ASPIC, je l'accepterais dans mon cours de potions malgré ses résultats décevants aux BUSE et sans l'aide de mes manuels personnels. N'est-ce pas honnête ? »
L'arrangement lui paraissait on ne peut plus convenable quand on voyait Potter.
« Vous ne changerez jamais Severus.» soupira le portrait de Dumbledore. « Il est temps de passer à autre chose vous ne croyez pas ? »
Le professeur de potions ne répondit pas, pour lui, la conversation était close. Il se tenait debout, droit, immobile au centre de la pièce, les mains jointes derrière son dos, le menton levé, évitant soigneusement de regarder un portrait qui aurait pu lui parler de quoi que ce soit en rapport avec Potter.
La gargouille de l'entrée s'anima soudain et il entendit les pas dans l'escalier.
« Ah Severus ! » dit la sorcière qui enseignait les métamorphoses. « Je voulais vous parler. »
« Je n'en doute pas Minerva puisque c'est sur votre invitation que je suis là. »
« C'est toujours un plaisir de converser avec vous. » dit-elle d'un air pincé.
Rogue ne releva pas la pique.
« Je vous ai fait venir par rapport aux courriers qu'il faudra envoyer aux étudiants. En tant que Directeur-Adjoint, il est de votre devoir de les rédiger. »
Joignant le geste à la parole, elle sortit de l'un des tiroirs du bureau une quantité impressionnante de parchemin, un encrier vert ; et une plume.
« Je vous ai épargné la peine de courir après tous vos collègues en regroupant ici la liste des ouvrages qu'ils utiliseront. Vous avez également la liste des Préfets et Préfets-en-Chef de chacune des maisons et les badges qui vont avec. Le professeur Slughorn vous a mis quelques suggestions pour vos Serpentards, mais vous pouvez, bien évidemment, nommer qui vous voudrez. »
Elle se tût un instant, regardant son collègue comme si elle souhaitait voir s'il avait pris note de chaque chose qu'elle venait de lui dire. Estimant sans doute que c'était le cas, elle continua :
« Je tenais, par ailleurs, à vous dire qui j'avais nommé professeur de Défense contre les Forces du Mal,... »
Rogue l'interrompit soudain, en proie à une soudaine inquiétude :
« Par Melin, ne me dites pas qu'il s'agit de Potter ?! »
C'était bien le genre de la directrice et de Dumbledore que de nommer Harry Potter à ce poste uniquement parce qu'il avait battu Voldemort a plusieurs reprises. Lui n'avait rien fait d'autre que d'espionner le Seigneur des Ténèbres au péril se sa propre vie plusieurs années durant, mais ça ne comptait pas.
« Non, Mr Potter n'a pas... l'expérience nécessaire, je dirai, pour le poste. C'est Olivier Dubois. »
Dubois ? Un grand, brun, pas très doué en potions d'après ses souvenirs... Il ne l'avait pas revu après les BUSE... Ancien gardien des Gryffondors, un grand ami de Potter et des Weasley. La seule idée d'être assis à la table des professeurs près de lui l'agaçait prodigieusement. D'autant plus que, le Seigneur des Ténèbres mort, il n'y avait pas de raison pour que la malédiction qui collait jadis au poste ne continue et il allait sans doute devoir le côtoyer quelques année..
« Vous voulez mon avis sur lui ou votre décision est déjà prise Minerva ? »
« Je ne vous demande pas votre avis Severus. »
« C'est ce que j'ai cru constater. » marmonna le directeur des Serpentard.
Ne tenant pas compte de cette interruption, la directrice reprit :
« Olivier a montré qu'il était apte en participant à la Bataille de Poudlard et il m'a prouvé à maintes reprises qu'il était un homme de confiance qui faisait passer sa tâche avant tout. Il sera parfait et je compte sur vous pour l'épauler s'il en a besoin. »
« Je suppose que vous ne me demandez pas mon avis non plus là dessus ? »
« Vous avez raison Severus. »
La vieille sorcière le regarda au dessus de ses lunettes en demi-lune. Elle lui rappelait étrangement Dumbledore et Rogue en vint à se demander si ce n'était pas une caractéristique des Gryffondors de croire qu'ils pouvaient tout obtenir sans rien offrir en échange mais il n'en dit rien.
« Vous avez sans doute vu l'état du château... »
« J'ai cru constater qu'il n'était pas dans sa meilleure forme. » réplique le Serpentard. C'était un euphémisme devant l'état de dévastation du lieu.
« J'aurais souhaité que vous fassiez un état des lieux de vos salles de potions : dégâts matériels, gros œuvres, fioles, chaudrons, besoin en ingrédients ; pour que nous puissions tenter d'accueillir les élèves dans les meilleures conditions possibles. »
Il avait hoché la tête, emporté les kilomètres de parchemins et d'enveloppes ainsi que le sceau de l'école, les plumes, et l'encre verte ; puis il était descendu dans ses cachots.
Le Hall d'entrée et la plupart des gros axes de circulation de l'école avaient déjà été dégagés des débris, les elfes de maison faisaient un travail remarquable depuis plusieurs mois, à n'en pas douter. Mais, dès qu'il commença à s'enfoncer dans les profondeurs des cachots, il ne put que constater l'étendue des dégâts.
Les couloirs étaient jonchés d'éclats de pierres, parfois de verre, ou de fer. Il voyait les supports des torches sur le sol. Quelques gargouilles et autres armures gisaient encore dans certains coins, attendant qu'on vienne recoller les morceaux.
Enfin, il arriva dans ce qui avait été ses quartiers, puis ceux du professeur Slughorn les deux années précédentes.
Ici aussi, la bataille avait fait des dégâts, mais c'était minime. Rogue s'approcha de ce qui avait été un bureau et pointa sa baguette dessus : « Reparo ». Les bouts de bois reformèrent un meuble et il posa tout l'attirail que lui avait donné McGonagall dessus avant de regarder la pièce.
Il soupira en regardant ce qui restait de la plupart des meubles. Il allait devoir passer sa soirée à les réparer pour rendre l'endroit confortable mais d'abord il devait... Oui, d'abord il devait faire les lettres pour les élèves puisqu'il semblait que Minerva doutait de sa capacité à y parvenir.
Il installa les parchemins, l'encrier et les enveloppes soigneusement puis il posa la plume sur la pile et pointa sa baguette magique dessus. La plume tressauta puis alla se tremper dans l'encrier avant de commencer à rédiger la première des lettres dans une écriture petite et serrée, mais lisible : il faisait un effort pour que ses pattes de mouche habituelles soient un peu plus propres qu'à la normale. Il sourit, satisfait, avant de se replonger dans le cœur de son problème : remettre en état son vieux bureau qu'il avait mis plusieurs années à mettre totalement à son goût : noir, sombre, et sinistre. Le but était de rendre l'endroit habitable en attendant de refaire son propre appartement et ses salles de potions.
Le lendemain il avait remonté ses couloirs pour se rendre au bureau de la directrice et lui faire son rapport.
« Il semble que les cachots aient échappé à l'hécatombe globale du château. Du moins en terme de murs. La plupart du matériel devra être racheté, ce qui implique de gros frais pour certains ingrédients... » annonça-t-il au Professeur McGonagall – il était hors de question de l'appeler directrice alors qu'elle enseignait toujours les métamorphoses – droit comme un « i » devant le bureau qu'il avait occupé quelques mois. « Je vous ai fait une liste. » Il sortit de sa poche un parchemin et le posa sur son bureau. « Par ailleurs voici les lettres pour les futurs élèves. » Il agita sa baguette et les enveloppes apparurent. « Il ne reste qu'à les poster. »
« Vous vous en chargerez Severus. Les hiboux sont dans la volière. Nous avons remplacé les... pertes. »
Severus ne laissa rien paraître de l'agacement que la perspective de devoir distribuer le courrier aux hiboux provoquait en lui et il s'acquitta de sa tâche.
Que la cérémonie de répartition avait pu être longue cette année là. Déjà parce qu'en acceptant le poste de directeur-adjoint il avait oublié un très léger détail : c'est qu'il allait devoir accueillir les premières années à la sortie des barques, leur faire un petit topo sur la conduite à avoir pendant la cérémonie et à l'école, puis traverser la Grande Salle derrière lui – ce qui, en soit représentait déjà un effort surhumain pour sa personne – mais il avait également oublié que ça serait à lui de poser le choixpeau magique sur leurs têtes. Il repensait à cette lettre qu'il avait reçu à Sainte-Mangouste et où la directrice nouvellement nommée lui avait dit qu'elle ne voyait personne d'autre que lui, Severus Rogue, pour être Directeur-Adjoint de Poudlard, que ce poste lui revenait puisque c'est elle qu'on avait nommé directrice ; et qu'elle n'accepterait pas un refus de sa part. Il était sûr que l'idée venait de Dumbledore, ou de son portrait ; ça ne pouvait être que ça. Ce vieux fou avait dû trouver très drôle l'idée de le voir poser le choixpeau sur chaque nouvelle tête. Et la nouvelle directrice n'avait pas pu s'empêcher de faire un discours incroyablement long sur le mérite, le courage, en la mémoire de tous ceux qui avaient péri dans cette guerre, histoire d'enfoncer un peu plus le clou.
Enfin, la Grande Salle se vida et il rejoignit enfin ses appartements dans les cachots.
C'est en passant devant son bureau pour s'y rendre qu'il aperçu une fiole sur le sol avec une fleur glissée à l'intérieur. Il soupira et murmura :
« Je déteste les fleurs. »
