Bonjour à toutes et à tous!
Je tenais à remercier les lecteurs de cette fanfiction de leurs reviews et de la suivre.
Je rappelle qu'elle est sans prétention aucune et que c'était juste pour m'amuser avec une très courte fanfic.
J'espère qu'elle vous plaira et je vous laisse avec le quatrième chapitre!
Bonne lecture et à bientôt!
CHAPITRE 4
UNE BIEN DROLE DE PLANTE
L'année n'avait pas commencé depuis un mois que déjà le Professeur de potions regrettait d'être revenu à son poste même s'il n'avait aucune idée de ce qu'il aurait bien pu faire d'autre. Les potions étaient toute sa vie et leur enseignement était sans doute ce qu'il réussissait le mieux, malgré les critiques sur ses méthodes disciplinaires (fallait-il donc tout laisser passer à cette nouvelle génération sans rien dire et les laisser glisser vers une décadence semblable à celles des moldus?). Et voilà qu'il corrigeait des copies sur l'art de faire une potion anti-furoncles qu'il avait du donner en punition à la classe des premières années Poufsouffles- Gryffondors après que la moitié ait fait flamber leurs chaudrons parce qu'ils étaient tout bonnement incapables de lire une consigne correctement et les Gryffondors avaient prétexté que c'était mal écrit... Non mais ! Lui, mal écrire ? Oui c'était un peu petit, mais pas encore digne d'un médicomage, si on ne savait pas lire son écriture à 11ans, qu'est-ce que cela allait être à 17 ?! Bref, c'est lui qui se retrouvait à s'abîmer les yeux ce soir en lisant les torchons de ces gamins dont il ne semblait rien y avoir à sauver...
Il était plongé dans une copie particulièrement mauvaise lorsque l'on frappa à sa porte. Sans prendre la peine d'attendre la réponse du professeur, on franchit le seuil.
« Que voulez-vous Miss Lovegood, il me semble que nous n'avons plus cours ensemble. » soupira t-il en voyant la longue crinière blonde de la Serdaigle.
« Effectivement Professeur. Nous n'avons plus cours ensemble. » répondit-elle en haussant les épaules.
Il posa sa plume et regarda la jeune femme – car elle n'avait plus grand chose d'une jeune fille – qui observait le bureau en souriant l'air complètement ailleurs.
« Vous êtes donc venue admirer l'architecture de cette pièce Miss Lovegood ou votre visite a t-elle un autre but ? »
Elle reporta son attention vers lui et demanda :
« Professeur, avez-vous retrouvé vos souvenirs ? »
« Je vous demande pardon ? » dit-il irrité. Comment pouvait-elle savoir qu'il avait d'importants passages à vide dans sa mémoire. Il se souvenait juste l'avoir questionnée à Sainte-Mangouste mais son état aurait pu laisser penser à un choc post-traumatique et non à une amnésie plus définitive.
« Je vous ai apporté une plante. » continua t-elle fièrement en fouillant dans son sac pour en sortir des six tiges minuscules plantées dans un bocal fermé. « Ou peut-être que c'est un plante ? » ajouta t-elle soudain pensive.
« Les plantes n'ont pas de genre Miss Lovegood. » soupira t-il « Avez-vous également échoué à votre BUSE de Botanique ? » continua t-il avec mépris.
La jeune fille répondit comme si il avait s'agit d'une question normale dans une conversation:
« Oh non. Mais j'ai toujours préféré les cours de Soins aux Créatures Magiques. »
« Merveilleux... » ne put s'empêcher de commenter le professeur, qui tenait toujours sa plume dans sa main dans l'espoir de pouvoir terminer de corriger ses copies, avec un certain agacement « Merci donc de m'avoir offert ce bocal de... pousses... »
Comment aurait-il pu qualifier ce qui se trouvait dans le bocal que lui avait déposé son ancienne élève. La plante – ou le plante ? Il s'empressa de chasser cette pensée vraiment ridicule - était composée de longues tiges dont les couleurs oscillaient entre le marron et le vert. Il ne voyait pas même à quoi cela pouvait bien correspondre une fois arrivé à maturité.
Cependant, il l'avait remercié, c'était de la politesse élémentaire, et il espérait que la conversation s'arrête là et que la jeune femme s'en aille mais ce ne fut pas le cas. Luna Lovegood ne semblait nullement décidée à partir. Pire encore, elle semblait vouloir continuer à lui parler et elle se pencha vers le bureau pour lui dire sur le ton de la confidence :
« Je crois qu'elles ont des propriétés spéciales. »
Rogue soupira, à tous les coups elle lui avait trouvé des plantes aphrodisiaques moldues trifouillées à coups de sortilèges comme cet idiot de Fearsney, le professeur de Défense contre les Force du Mal qui enseignait en 1982 lui avaient suggérés d'acheter pour « se décoincer un peu » pensant que « ça ferait du bien à tout le monde ». Cette année là, il avait largement contribué à la non reprise du poste par cet énergumène qui taillait désormais des flûtes de pan magiques en Patagonie.
Pourvu que Miss Loveggod n'est pas eu cette brillante idée. Il ne savait pas ce qui le désespérait le plus en elle entre le fait qu'elle semblait constamment dans la lune et le fait qu'elle ne semblait pas comprendre la plupart des conventions sociales élémentaires. Néanmoins, il se décida à répondre en prenant le parti de ne pas donner à ce plant de gingembre magique des vertus qu'il n'avait peut-être pas :
« Comme beaucoup de plantes. Si vous aviez suivi attentivement vos cours de potions, que ce soient les miens ou ceux de mon collègue, nul doute que vous l'auriez appris... Et j'ose espérer que Mrs Chourave vous l'a évoqué également en Botanique. »
A nouveau, elle ne sembla pas saisir les reproches dans les paroles de Rogue.
« Elle, ou il, pourrait vous aider à aller mieux. »
Il se raidit et dit, plus bas que sa conversation habituelle, mais pour la première fois sans ironie, ni mépris :
« Qu'insinuez-vous Miss Lovegood ? »
Il n'allait pas mal. Il était un peu contrarié par ses nouvelles responsabilités de directeur adjoint, par le travail de remise en état de sa partie de l'école, par ses appartements qui ressemblaient à un camp humanitaire moldus de l'ONU au Kosovo, par sa perte de souvenirs mais cela ne l'entravait pas dans ses fonctions... , peut-être un peu également parce qu'il ne savait plus trop quel sens il devait donner à sa vie ; mais il n'allait pas mal donc il n'avait pas besoin qu'on l'aide à aller mieux.
La jeune fille lui répondit d'un ton toujours aussi détaché :
« Que vous avez gardé des séquelles de ce qui c'est passé dans la Cabane Hurlante. »
Comme le professeur ne répondait rien à sa remarque Luna continua à parler :
« Cette plante pourrait être la solution. Le voyageur qui me l'a vendue a dit... »
Le maître des potions l'interrompit soudain :
« Vous voulez dire que vous avez acheté cette plante à un étranger dont vous suivez les conseils aveuglement ? Par Merlin, vous êtes inconsciente ! Il pourrait tout aussi bien s'agir d'un filet du diable ! Ou d'une plante démoniaque qui pourrait tenter de tuer n'importe qui ! Sainte-Mangouste regorge de cas de ce genre. »
Ne se formalisant pas de l'interruption, elle continua :
« ...qu'elle pouvait permettre de retrouver la mémoire. »
« Ma mémoire va très bien Miss Lovegood, tout juste un petit symptôme post-traumatique. Maintenant, si vous le voulez bien, je voudrais pouvoir continuer de corriger les torchons de vos camarades de premières années avant la Saint Glin-Glin. »
« Bien sûr professeur. » dit la jeune femme. « Il faut lui donner de l'eau et un peu de lumière pour qu'elle grandisse. »
« Évidemment. » marmonna t-il tout en se demandant où il allait pouvoir poser ce bocal dans son cachot pour que la plante puisse s'épanouir à son aise et à sa guise... Avec un peu de chance cette plante était venimeuse et il pourrait s'en servir pour se débarrasser de quelques cancres en les envoyant faire des séjours plus ou moins longs à l'infirmerie. Merlin ! Quel fou avait bien pu faire de lui un professeur !
Luna finit par prendre congé et il retourna à ses copies. Il raya la première et mit une retenue à son auteur sans d'autre raison que de passer ses nerfs. Il aurait voulu pouvoir retirer cinquante points à Serdaigle pour le cadeau de Luna mais depuis l'avènement de Minerva McGonagall à la tête de Poudlard il devait justifier de tous les points qu'il retirait – bonjour la confiance – et il ne voyait pas comment justifier ça par autre chose que : « Miss Lovegood a jugé bon de m'offrir une plante en mettant en doute ma mémoire. ». La rumeur ne manquerait pas de courir dans les couloirs et, à 38 ans, il ne voulait pas que toute l'école pense qu'il était atteint d'Alzheimer ou d'un Oubliette qui aurait mal tourné comme celui de Lockhart.
Il prit le pot dans lequel était la plante et la regarda un instant pour voir de quoi il pouvait bien s'agir mais rien ne lui vint à l'esprit alors il la reposa. Il vit apparaître un pot de terre magique et, à l'aide d'un sortilège informulé, il plaça les pousses dedans.
« Tu seras plus à l'aise. » finit-il par dire.
Par Merlin voilà que lui, Severus Rogue, la terreur de cachots de Poudlard, et le très respecté directeur de Serpentard, parlait à une plante. Il avait clairement besoin d'une bonne nuit de sommeil après une journée éprouvante mais avant de partir rejoindre ce qui était censé être ses appartements il nettoya le pot dans lequel était arrivés les pousses et fit apparaître des flammes à l'intérieur.
« C'est tout ce que pourrait t'offrir en terme de lumière. » prononça t-il à nouveau avant de se dire que décidément, il avait soit un gros manque de compagnie, soit un gros manque de sommeil pour parler à des tiges qui auront crevés le lendemain.
Il plaça le tout sur une étagère et quitta son bureau. Les torches s'éteignirent lorsqu'il passa la porte.
Cette nuit-là, alors qu'il se préparait à sombrer dans les ténèbres reposantes du sommeil, ses pensées le ramenaient à Luna Lovegood. Comment savait-elle qu'il n'avait pas retrouvé la mémoire ? Après tout, lui-même ne s'ené tiat pas formalisé... Qu'avait-il bien pu se passer dans cette tour d'astronomie pour que Luna Lovegood lui prête autant d'attention ? Que voulait-elle dire par aller mieux ?
Et est-ce que cette chose dans ce bocal pouvait vraiment lui être utile ? C'était ridicule. Lui qui détestait les fleurs le voilà qui regardait une pousse avec l'espoir d'en tirer quelque chose alors qu'elle lui avait été offerte par la personne la plus étrange qui ait fréquenté cette école depuis Albus Dumebledore. Ridicule. Il se maudit lui-même avant de s'engouffrer sous sa couette et de maudire tous les noms qui lui passaient par la tête...
Maudit était-il d'y avoir cru... Maudit était ses parents de l'avoir laissé devenir ce qu'il était... Maudit était Dumbledore de l'avoir entraîné dans tout ça... Maudit était Voldemort de ne pas l'avoir achevé proprement d'un simple Avada Kedavra... Maudite était Lily...
