Bonjour ! Me voilà avec la suite de Forget-me-not ! Comme vous vous en douter, tout appartient à J.K. Rowling et un peu à Shonda Rhimes, je dois l'avouer.
Le lendemain matin Lily se réveilla avec la ferme conviction d'aller trouver les deux joyeux lurons d'hier soir, qui ce matin ne devaient pas être si joyeux que ça… L'oncle de Sirius lui avait légué un appartement sur le chemin de Traverse. Il était de taille moyenne mais suffisant pour que Lupin et Black y habite. Compte tenu de sa position délicate, Lupin avait été jeté de toutes les résidences qu'il avait eu le grand malheur de visiter. Black lui avait donc proposé de devenir son colocataire. Lily plaignait sincèrement Remus qui devait supporter Sirius et ses blagues d'un goût douteux à toutes heures du jour et de la nuit. L'appartement était placé à côté de la boutique Zonko, qui devrait bientôt refaire l'intégralité de ses stocks d'après la jeune sorcière.
Evans frappa trois fois avant qu'un Sirius, en boxer, à moitié endormi ne vienne lui ouvrir la porte.
- Evans, pourquoi t'es là ? Il doit être huit heures… faut vraiment que…
La jeune fille le poussa et rentra prestement dans l'appartement :
- Déjà, Black, si tu avais pris la peine de regarder l'heure, tu saurais qu'il est bientôt midi. Et je suis là parce que j'ai besoin d'aide. Le genre d'aide que seul toi et Remus peuvent me donner. Voilà… comment dire… Merlin, c'est gênant !
- Lily-Jolie bien que tu sois très attirante, je ne dis pas le contraire, faire un plan à trois avec Lunard ne m'enchante pas plus que ça… et puis il y a Marlène, tu sais la fille avec qui je sors… Bon on rompt tous les deux jours, mais quand même c'est une de tes amies !
- Sirius Black, tu es un idiot doublé d'un des plus grands esprits mal tourné que je connaisse, soupira Lily…
-Salut, Lily, la salua Lupin qui passait avec une tasse de thé au citron à la main.
- Bonjour ! Tu tombes bien j'ai aussi besoin de toi !
Remus la conduit jusqu'au salon, qui était étonnamment lumineux, pendant que Sirius allait se vêtir d'une façon plus décente. Assise sur un fauteuil, en face d'un canapé bordeaux, Lily Evans avait l'impression qu'elle allait subir un interrogatoire.
- Bon, Evans de mon cœur, tu devais nous demander quelque chose ?
- Sirius, le réprimanda Remus, laisse la tranquille. Elle parlera quand elle se sentira prête.
Lily remercia Lupin d'un mouvement discret de la tête et se décida à commencer.
- Alors, voilà, c'est à propos de quelqu'un. Quelqu'un qui me connait suffisamment bien pour savoir que ma mère est fleuriste et qui sait que, par extension, je connais le langage des fleurs. En deuxième année, cette personne m'a offert des tulipes diaprées, pour me dire qu'elle trouvait que j'avais des jolis yeux parce que la veille, Potter, les avait comparés à la couleur d'une grenouille ou un truc comme ça.
- La poésie de Cornedrue était à son apogée, soupira distraitement Black…
- Vous vous rappelez quand j'ai gagné le prix de potions ? On m'a offert du sycomore ! Et pour l'épisode du lac des pétunias et des soucis ! Toute ma sixième année, des bouquets de fleur qui exprime l'attachement amoureux. Et pour finir cette année j'ai reçu du myrte ! Du myrte !
- Evans, je sais que toutes tes amies sont parties en vacances mais en quoi pouvons- nous t'aider ?
- Hier soir, je vous ai rejoint au bar. Ce n'était pas accidentel.
- Ça, Lily, on s'en doutait, la rassura Lupin.
- Il se peut… Je dis bien, il se peut que James Potter m'ai plus ou moins poussé à venir vous voir… Enfin le voir…
- Ah, sacré Corny ! Mais plus on est de fou, plus… Attends, QUOI ?
Le voir comme dans : le-voir-parce-que-j'en-ai-envie-et-pas-parce-que-j'y-suis-forcée-d'une-certaine-manière ?
La jeune fille piqua un fard avant de se cacher la tête dans les mains.
- Sirius, soupira Remus, laisse la tranquille.
S'adressant à Lily, il demanda :
- Pourquoi tu voulais le voir, hier soir ?
- Sur le quai, il m'a prise à part pour me parler. Et il m'a glissé une fleur dans la main avant de me dire de ne pas l'oublier et de me faire la bise de façon ambiguë. Et je suis quasiment sûre que les fleurs, c'est lui qui me les offre depuis tout ce temps, débita Lily le plus vite possible, la tête toujours dans les mains.
- Et, l'encouragea à continuer Sirius…
- Et il se peut que j'ai ressenti quelque chose.
- Evans, ne me fait pas prier…
- Bien ! J'ai ressenti quelque chose de très fort…
- Et…
- Et, quoi, Black ?
- Et tu lui as dit hier soir, s'impatienta Black ?
- J'aurais bien aimé mais le crétin congénital qui se trouve être ton meilleur ami m'a laissé seule comme une âme en peine dans la rue !
- Mais dans l'absolu, si lui avait dit…
- Black, tu m'emmerde ! Mais dans l'absolu si j'avais pu lui dire ce que je devais lui dire, je lui aurai dit.
- Evans, je sens que je vais pleurer… Enfin !
- Sirius, arrête de faire ta drama queen, le supplia Lupin…
- Mais enfin, Lunard ! Elle l'aime, elle l'aime ! Tu sais depuis combien de temps j'attends ça ? Cinq ans ! Cinq ans à consoler James, à le conseiller et à, je l'admets, mourir de rire dès que Lily lui lançait à la figure une réplique cinglante. En sixième année, il était désespéré… Il a arrêté d'être arrogant, chiant et immature…Et ça a enfin payé !
- Black, je n'ai jamais dit que j'étais amoureuse de James…
- Lily-Jolie, si je résume bien, James à de forte chance d'être la personne qui t'offre des fleurs depuis notre seconde année. Et d'après ce que j'ai compris tu es amoureuse de cette personne. Et en plus, depuis l'année dernière, toute l'école a pu voir que vous vous êtes rapproché.
Lily rougit de nouveau et ne trouva rien à corriger dans la démonstration de Sirius.
- Donc, Evans, j'ai raison ?
- Oui.
-Oui, j'ai raison ou oui, tu es amoureuse de James Potter ?
- Black, si je développe la réponse je risque de mourir de gêne. Et un cadavre dans ton salon risque de faire suspect.
Lupin pris la relève :
- Vas lui parler, Lily, lui conseilla-t-il.
La jeune femme se sentait affreusement mal à l'aise mais au fond d'elle elle savait que parler à ces deux-là avait été une bonne idée.
- Merci. Sincèrement.
- On est là pour ça, Evans, lui répondit Sirius. Sans nous, Potter Junior n'existera pas…
- Black ? La ferme !
Devant la porte d'entrée de l'appartement de James Potter, à Godric's Hollow, Lily se rappelait de ce que sa mère lui avait dit un jour :
" Ma chérie, si un jour tu aimes quelqu'un, dit le. Je t'aime, je ne veux pas vivre sans toi, tu as bouleversé ma vie… Dit le. Fais des projets, donne toi un but, travaille pour l'atteindre… Mais de temps en temps, regarde autour de toi, regarde et profites-en. Parce que c'est maintenant ou jamais… Demain tout sera peut-être fini… Tout est éphémère…"
Elle était une Gryffondor, et normalement, si le Choixpeau avait vu juste, elle avait en elle au moins une once de courage. À ce moment précis, tout son courage était sapé par son inexplicable, et pourtant omniprésente, peur. Elle dû se rappeler ce que McGonnagal avait dit aux septièmes années de sa maison : " Le courage n'est pas l'absence de peur, mais la conviction que la peur n'est pas le plus important. "
La sorcière sourit en repensant au discours de l'enseignante de Métamorphose de la veille avant que tous les élèves ne partent pour la gare. Cette chère professeur McGonnagal… Elle allait lui manquer… Sauf si comme prévu, Lily entrait dans l'Ordre du Phénix. Mais rien n'était encore joué.
Se préparant mentalement à l'apparition de James, elle frappa à la porte, bloquant inconsciemment sa respiration et attendit pendant ce qui lui sembla une éternité.
Soudain une voix derrière elle l'interpella, la faisant sursauter :
- Lily ! Mais qu'est-ce que tu fais devant ma porte ?
- James, je… je, euh…
- Tu…
Le jeune homme attendit avant de se résigner, voyant qu'il n'obtiendrait aucune réponse :
- Tu veux renter, demanda-t-il ?
- Je… Oui, ce sera plus simple que de faire ça dehors.
Entrant dans l'antre de James Potter, Lily eut soudain l'impression de faire une énorme erreur. Et si Remus et Sirius s'étaient trompés ? Et si James se moquait d'elle depuis le début ? Et si… ? Toutes ces questions sans réponses lui donnaient le tournis.
- Tu veux du thé ?
Cette question la tira de ses pensées et elle mit dix bonnes secondes à répondre.
- Oui, du thé noir s'il te plait.
- Earl Grey ? Lady Grey ? Russian Earl Grey ?
- Du Lady Grey ce serait parfait, merci.
S'accoudant au bar qui séparait la cuisine de la salle à manger, elle se surprit à observer le jeune homme. Elle lui trouvait un charme fou avec ces lunettes à monture carré qu'il remontait constamment, ses yeux noisette qui brillaient d'un éclat de malice, ses cheveux incoiffables qu'il tentait d'arranger en passant sa main dedans et son adorable jean qui lui allait parfaitement bien. Peut-être un peu trop bien pour la santé mentale de la jeune fille. Sortant de sa rêverie avant d'en être tirée par l'objet de son désir, Lily décida d'observer l'habitat de cet être fascinant qu'était James Fleamont Potter. La cuisine était peinte en blanc, les meubles étaient de la même couleur, et le plan de travail était en granite. Au-dessus de l'évier, il y avait une étagère rempli de tasses de tout genre. Cet ensemble hétéroclite ne détonnait pas dans le décor, établissant un mystérieux équilibre dans la pièce. James déposa une tasse de thé brûlant devant l'observatrice et s'installa en face d'elle.
- Tu devrais boire tant que c'est chaud, lui dit-il avant de suivre son propre conseil.
Un silence pesant s'abattit dans la pièce tandis que Lily cherchait désespérément un moyen de lancer la conversation et que James buvait son thé à petites gorgées.
- Tu sais, James si je devais t'offrir des fleurs, je commencerais par un brin de noisetier. Pour te dire que je ne t'en veux plus. Quoique tu aies pu faire. Et que je veux me réconcilier avec toi.
- Et bien, merci, j'imagine, lui répondit James.
- Ensuite je t'offrirais du lierre. Parce que cette année, pour la première fois, je t'ai considéré comme un ami. Après ça aurait été de la menthe verte ou poivré. Je n'ai pas vraiment réfléchit à cela… Tout ce que je sais, c'est qu'en dernier je t'aurais offert une orchidée blanche.
- Lily… je crois que tu ne t'es pas remise de ta cuite d'hier. Tu ferais bien de rentrer chez toi, lui conseilla le jeune homme.
- Quoi ? Non, je vais très bien ! Je suis venue ici pour te parler en espérant que cette fois tu ne disparaisses pas je ne sais où et que tu m'écoute !
- Et bien vas-y Evans, je suis toute ouïe.
- Pourquoi tu m'as dit ça hier ? Sur le quai ? Et pourquoi tu m'as caché pendant cinq ans que c'était toi qui m'envoyais des fleurs ?
- Parce que c'était ridicule, Lily, soyons réalistes, si tu l'avais su plus tôt que c'était moi ça n'aurait rien changé.
- Mais ça aurait tout changé, James ! En cinquième année, peut-être pas mais les autres années j'aurais compris que tes paroles n'était pas seulement des paroles jetées en l'air !
- Et ? Tu te serais jetée dans mes bras comme dans un conte de fée ? Je ne crois pas, Evans, si tu avais su que c'était moi qui connaissais sur le bout des doigts le langage des fleurs, tu m'aurais jeté un Chauve-Furie inoubliable.
-James, supplia la jeune femme…
- Lily, tu te fais des idées. Tu ne m'aime pas, et moi je suis un fou amoureux.
- James…
- Tu devrais partir, Lily. Et ne plus me parler pendant un petit bout de temps, le temps que j'oublie…
- James Potter, tu vas me laisser parler maintenant ! hurla-t-elle. Un jour quelqu'un m'a appris quelque chose d'important. Et aujourd'hui je vais moi-même t'apprendre quelque chose d'important. Je t'aime. Et si tu aimes quelqu'un, tu lui dis. Même si tu as peur que ce ne soit pas la bonne chose. Même si tu as peur que cela cause des problèmes. Même si tu as peur que ça te gâche la vie, tu le dis, et tu le dis haut et fort. Donc je te le dis James Potter. Je t'aime, et ce n'est pas prêt de s'arrêter car apparemment je suis incapable de me passer de toi plus d'une demi-journée. Compris ?
Devant le discours de la sorcière, James resta sans voix.
- Bien, reprit-elle. Maintenant, je t'ai dit ce que j'avais à dire. T'en fais ce que tu veux. La balle est dans ton camp.
Le jeune homme ne répondant toujours pas, Lily tourna les talons et se dirigea vers la sortie. Elle n'avait pas déposé un pied dehors, qu'elle sentit que quelque chose la retenait à l'intérieur. La dernière sensation que son cerveau pu enregistrer était celle des lèvres de James sur les siennes. Sensation tout à fait enivrante qui ne s'arrêta que lorsque James s'éloigna d'elle dans le but de respirer. Les poumons de la jeune femme aspiraient de grandes goulées d'air, tandis qu'elle observait son botaniste, dont elle connaissait enfin le visage.
- Ne deviens jamais fleuriste, James. D'un point de vue esthétique, tes bouquets de fleurs sont absolument horribles…
- Tu viens de recevoir le baiser le plus extraordinaire de ta vie et, toi, tu critique mes talents artistiques, plaisanta le jeune homme.
La jeune fille sourit et lui rétorqua :
- Pour dire qu'il était extraordinaire, il en faudrait un autre, tu ne crois pas ?
James s'exécuta avec joie et ajouta, alors qu'il était à quelques centimètres des lèvres de Lily :
- Moi aussi je t'aime. Ne l'oublie pas…
Qu'en avez-vous penser ? A la semaine prochaine pour la suite !
